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Full text of "Bulletin de la Société botanique de France"

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SOCIÉTÉ 



BOTANIQUE 






1^- 



DE FRANCE 




BULLETIN 



Y. 10 



DE LÀ 



SOCIÉTÉ 



BOTANIQUE 




vT-/. 



DE FRANCE 



FONDÉE LE 23 AVRIL 1854 



TOME DIXIÈME 




^ ^ r-^ t . 



PARIS 



AU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 

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tUB DB GRENELLE-SAINT-GERMAIN, 84 



1863 



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LISTE DFS NEMBRKS 



ADMIS DANS LA 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE 



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PENDANT l'année 1862. . 



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« ' 



ANDERSSON, professeur h TAcadémie de Stockholm (Suède). 



BABINGTON (Gharles-Gardale), professeur 5 rUniver^iité de Ciinbndge 

(Angleterre). 
BRINGUIER (Antépior), doclcur en médecine, rue Saint-Guilhem, 27, i 

Montpellier. 



• 

CONSTANT (Alexandre), banquier, à Aulun (Saône-el-Lolre), 



DELOYNES (P.), avocat, rue des Cordeliers, 15, 5 Poitiers. 
DESCROIZILLES FILS, docteur en médecine, rue Louls-le-Grand, 5, à Paris. 
DUJARDIN-BEAVMETZ, docteur en médecine, rue Saint-Dominique, 8, i 
Paris. 



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BOTANIQUE 



« 



GARROUTE (Pabbé), professeur à TEcole de Saint-Capi 

Garonne), 
GAUTIER (Gaston), hôtel des Bains, à Narbonne (Aude). 




LABALBARY, docteur en médecine, à Bourg-la-^eine (Seine). 

LARCHER, chef du bureau de l'instruction publique à la Préfecture de la Seine, 

place Lacépède, 9, à Paris. 
LOMBARD (Armand), propriétaire, au Vigan (Gard). 





MARTIN (Joseph de), docteur en médecine, médecin-adjoint de Thôpital de 

Narbonne (Aude). * ^ . * 

MARTIN (Louis de), étudiant en médecine, rue Barlhez, 6, à Montpellier. 
. MOVILLEFARINE (Edmonp), rue de la Chaussée-d'Antin, 38, à Pans. 



4 



PAlfOT (Vénance), naturaliste, à Chamounîx (Haule-Savoîe). 
POSTH (J.), associé de la maison Vilmorin-Andrieux, avenue Victoria, 11, à 
Paris. 



RAVAIN (rabbé), professeur d'histoire naturelle au collège de Combrée (Maine- 
et-Loire). 

REMY (Jules), ancien voyageur du Muséum d'histoire naturelle, à Louvercy, 

par Châlons-sur-Marne. 
RODIN (Hippolyte), chef d'institution, à Beau vais (Oise). 
BOGET DE BËLLOGUËT (MAURICE), rue Saint-Dominique, 71, à Paris. 



TOURNIAIRE (Joseph-Étienne), rue Montorgueîl, 51,^ S Paris. 



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LISTE DES MEMBRES. vij 



Admis comme membres à vie 



Malinvaud (Ernesi). 

Guilloteaux-Vatel. 

Babington (Charles-Cardale), 

Remy (Jules). 

Gastello de Paiva (le baron de) 



llenilires décédés* 



PoucHET (Eugène), juillet 1861. 
Van-den-Bosch, 18 janvier 1862. 
Menière (Prosper), 7 février. 
Basseville, février. 
MiGHALET (Eugène), février, 
Desmâzières, 23 juin. 

w 

Marst (de), 23 juin. * 

GiRAUDY (Honoré), novembre. 
Jamain (Alexandre), 12 décembre 



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SOCIEÏÉ BOTANIQUE 



DE FRANCE 



* *' I 



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SÉANCE DU 9 JANVIER 1863. 



PRESIDENCE DE M. AD. CHATIN. 



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M. Eug. Fournier, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de 
la séance du 26 décembre 1862, dont la rédaction est adoptée. 



Dons faits à la Société: 



1° De la pari de M. Alph. De Candolle : 

Etude sur l'Espèce y à l'occasion d'une révision de la famille des 



Cupulifères. 



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* f 



T De la part de M. Œrsted : '" 

Acta Societatis hisiorico-na'tMktlis hofniensis^ 1861, 

3" De la part de M. Henri Emery : ' 



Avtice sur les recherches de physiologie végétale de Joseph Priestley. 

* * 

A*' Bévue françaisCy t. IV, n° 1. 

5° En échange du Bulletin de la Société': 

Pharmaceutical Journal and transactions, janvier 1863. 
EInstitutj décembre 1862 et janvier 1863, deux numéros. 



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Confoi 



Gommissio 



nommées par le Conseil, pour l'année J863, dans sa séance du 



dernier 



comp 



T. X. 



1 



/ 




9 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



1° Commission de comptabilité^ chargée de vérifier la gestion de 

M. le Trésorier: MM. de Bonis, Moquin-Tandon et Ramond. 

2" Commission des archives, chargée de vcrifier la gestion de 
M. l'Ai-cliivistè : MM. Eug-. Fourniér, Lasèsue et Le Maout. 

3° Commission permanente du Bulletin: MM. Ghatin, Duchartre 

et Grœnland. 

A° Commission permanente des gravures : MM. Decaîsne, J. Gay 

et Moquin-Tandon. 

5*" Commission chargée de recueilHr les opinions émises relati- 
\ement à la tenue de la prochaine session extraordinaire, et de for- 

w 

muler une proposition sur le lieu et l'époque de cette session : 
MM. Boisduval, Gosson, J. Gay, le comte Jaubert et de Schœnefeld. 
6° Comité consultatif, charge de la détermination des plantes 
de France et d'Algérie soumises à l'examen de la Société : MM. Bes- 
cherelle, Cordier, Gosson, Eug. Fourniér, J. Gay, Grœnland et 
Roussel. 

M. le Président annonce que, par suite du tirage au sort fait le 
12 décembre dernier, les membres du Conseil sortant cette année 
sont : MM. Brice, Bureau, Fermond et Le Dien. 

M. le Président annonce en outre que, par suite de la perte bien 
regrettable de M. A. Jamain,- archiviste de la Société, il y a lieu de 
pourvoir à son remplacement. 



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On procède ensuite à l'élection du président pour Tannée 1863. 

M. Ernest Gosson, ayant obtenu 177 suffrages sur 185^ est pro- 
clamé président de la Société pour 1863. 



La Société nomme ensuite successivement : 



i 



Vice-présidents: MM. Moc^uin -Tandon, Ramond, Le Dien et 



Fermond. 



Archiviste : M. Duchartre, en remplacement de M. A. Jamaîn, 



décédé. 



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V\ 



Secrétaire: M. A. Gris, en remplacement de M. Duchartre, 



ajipelé aux fonctions d'archiviste. 



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Vice-Secrétaire : M. Ed. Bureau, en remplacement 3e M. Gris, 



nomme secrétaire. 



Membres du Conseil: MM. Gubler, Ghatin, J. Gay, le comte 



Jaubert et Paul 



4 T 



SÉAiNCE DU JANVIER 1803. 



3 



Il résulte de ces nominations que le Bureau et le Conseil d'admi- 
nistration de la Société se tr(%vent composés, pour Tannée J863, 
de la manière suivante : 



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Président. 

- 

M. Ernesl Cosson 



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V. 



Vice-présidents . 



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. Ferra ond, 
Le Dien, 



MM. Moquin-Tandon, 

Ramond. 



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V 



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Secrétaire géhéraL 

M. de Schœnefeld. 



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Secrétaires. 

r 

MM. Eug. Fournîer, 
,. A. Gris. 



Vice-secrétaires. * 

MM. Bureau, 



Prillieux. 






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9 



Trésorier. 

M. Fr. Delesscrt. 



Archiviste. 



M. Duchartre. 



- 4 



Membres du Conseil. 



MM. P. de Bretagne, 

Brongniart, 



Chatin, 
Decaisne 

* 

J. Gay, 
Gide, 



i 



MM. Gubler, 



■ M 



le comte Jauberi, 

Ma 

Lasègue, 
A. Passy, 
T. Puel, 
E. Roze. 



\ J" 



Avant de se séparer, la Société vote des reraierciments unanimes 
à M. Ad. Cliatin, pour le dévouement avec lequel il a bien voulu 
diriger ses travaux pendant l'année qui vient de finir. 



- / 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE I-RAISCE. 



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SÉANCE DU 10 JANVIER 1863. 



^ *v 



PRESIDENCE DE M. E. COSSOX. 



W. le Président , en prenant place au fauteuil, s'exprime en ces 



termes 



Société 



ses 



pendant 



Messieurs et chers confrères, 

F 

Uaus votre dernière séance, vous avez voté des remercîmenls unanimes à 
M, le professeur Chatin, pour le dévouement et l'exactitude qu'il a apportés 
dans ses fonctions pendant toute la durée de sa présidence. Nous devons un 
égal tribut de gratitude à W. le professeur Duchartrc qui» successivement 
secrétaire, vice-président, président, veut bien continuer à donner à la So- 
ciété son concours si utile, en se chargeant, comme archiviste, de diriger le 
classement de nos coUeclions, qui de jour en jour, par des legs ou des dons, 
acquièrent une nouvelle iiuporlance. 

En m^appelant a Tinsigne honneur de présider a vos travaux pendant la 
présente année, vous avez bien plutôt tenu conipte de mon dévouement à la 
science et aux intérêts de la Société que de mes titres scientifiques et de la 
valeur des travaux publiés par moi jusqu'ici. Je ne saurais trop vivement vous 
exprimer toute ma reconnaissance, et soyez persuadés que Thonneur que 
vous me conférez est pour moi en même temps une bien douce récompense 
de mes efforts et un puissant encouragement à les continuer. Du reste, je 
n'aurai (pi'à suivre l'exemple donné par mes honorables prédécesseurs, 
qui tous, quelle que fût leur haute position sociale ou scientilique, n*ont 
jamais négligé aucun des devoirs que leur imposait le mandat décerné 
par votre confiance. ^ ■ ^ 

M. Eug-. Fournier, secrétaire, donne lecture du procès-Yerbal de 
la séance du 9 janvier, dont la rédaction est adoptée. 
M. le Président annonce une nouvelle présentation. 



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Dons faits à la Société : ' 

i' Par M. Éd. Bureau : 

Notes .^ur les Bîgnonùœées de la Nouvelle-Calédonie. 

T De la part de MM. Montagne et Millardel : 

ri 

Notes sur l'île de h Réunion (Annexe O : Botanique, Cnjptogamiey 
Algues). 



SÉANCE DU 16 JANVIER 1863. 5 



N 



3» De la part de M. Lindeberg : ^ . 

Jœ'fmossornas byggnad utbredning ocli sysfematiska uppstœllning. 

h° En échange du Bulletin de la Société : 

l'Imtituly janvier 1863, un numéro. 

i ■ . , . . . , ^ 

M. J. Gay fait hommage à la Société, de la part de M. Lindeberg, 
d'une monographie synoptique .du genre Sphagmim (en sué- 
dois) (1). 

M. Eug. Fournier fait à là Société la communication suivante : 



SUR LE GENHE liRAYA, par U. Eiigéno FOURKIER. 



On se plaint généralement aujourd'hui de la facilité avec laquelle sont 
écrites un certain nombre de diagnoses spécifiques nouvelles; on serait en 
droit de s'élever également contre l'établissement trop fréquent de types gêné- 

b ■ 

rîques nouveaux. On a souvent oublié le vieil adage linnéen : Character non 
facit genuSy que justifiaient pourtant les succès des fondateurs delà nomencla- 
ture, et Ton a même créé des genres qui n'ont plus de caractère du toutl 
Dans ce dernier cas , quand l'erreur est reconnue, un réformateur survient, 
qui modifie les caractères du genre inconsidérément admis, mais en conserve 
le nom, et y introduit des espèces qu'en auraient exclues la diagnose 
primitive; de là résultent une confusion fâcheuse dans la classification, et des 
obscurités que peut seul éclaircir uii scrupuleux examen des textes origi- 
naux. La famille des Crucifères nous présente plusieurs exemples de ces créa- 
tions génériques mal fondées et plus mal échafaudées ; j'en signalerai un par- 
ticulièrement aujourd'hui à la Société ; il nous est offert par le genre Braya. 
Le genre B7^aya a été établi par Sternberg et Hoppe dans le premier 
volume des Denhschrifteh dcr K. Baicr,~'hotan. Gcselbchaft in Regensbnrg 
(1815), pour une plante que AL Hoppe venait de découvrir dans les Alpes de 
la Carinthie supérieure, et qui est aujourd'hui encore généralement connue 
sous le nom de Broya alpina; il n'est pas question de l'embryon dans la 
description ni dans la ligure que les auteurs donnèrent de leur plante. De 
Candolle, qui ne la coniiut gucie mieux, plaça le genre Broya dans les 
Pleurorrhizées auprès des Arahh. Plus tard, parût la planche des Icônes 
Florœ germanicœ et helveticœ^ t. II, tab. 56 ; elle représente deux em- 
tfryons du /?, alpina, dont l'un a la radicule dorsale, et l'antre presque laté- 
raie; mais Rob. Brown, en 182^1, dans le CIdoris melvilliona, sir W.* 



(4) A la suite de cet opuscule, M. Lindeberg annonce la découverte d'une nouvelle 
huile essentielle {^Hlherokum ïïcpalîcarum^ qui lui a été fournie parli(*uH«Memenl par 
le Madciheca ïœvignta. - 



6 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Hookcr, clans XExûtic Flora, tab. 121, et surtout M. J. Gay, dans les 
notes qu'il a fournies à M. Monnard (1), ont suiabondaniment établi que 
l'embryon de la plante dont il s'agit est parfaitement notorrhizé. 

Ce point une fois connu, le genre Braya ne différait plus du Sisymbrium, 
type de la tribu deslNotorrhizées, que par ses valves uninerviéps et ses graines 
bisériées, ainsi que l'a fait remarquer Koch dans son Synopsis florœ germa- 
riicœ, en faisant passer dans le genre Btwja les Sisymbrium supinum et 
5. pinnatifidum. Mais il existe nombre de Sisymbrium à valves uninerviées, 
par exemple les 5. Sophia, S. canescens Nutt. , S. cinereum Nutt. < ' 



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eddell a 

Icatifoli 



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germ. II, tab. 72). Ce caractère est variable dans plusieurs espèces du 

^ ■ 

groupe Sophia. M. Weddell a insisté sur ce point dans une note manuscrite 
qu'il m*a communiquée ; d'après l|ii, il y a , dans les Sisymbrium des espèces 
à siliques plus ou moins développées, où les graines sont tantôt uni- et tantôt 
bisériées; et il y a d'ailleurs toute une section de Sisymbrium exotiques, 
ayant pour type \e Sisymbrium myriophyllum^ à siliques longues ou courtes, 

I 

dont les graines sont encore plus constamment bisériées que dans les Braya ^ 
et cependant on n'a jamais eu l'idée de les y rapporter. Il y a plus, car dans 
le Braya alpina lui-même, les graines sont quelquefois unisériées, comme le 
fait remarquer IVL Joseph Hooker dans le nouveau G^n^ra/^/an/arw/n (p. 83) ; 
enfin cet auteur, en décrivant le genre Sisymbrium, lui reconnaît des 
graines quelquefois bisériées. ,. , 

Le genre Braya n'a donc pas de raison d'être, 11 ne pourrait subsister que 
fondé sur des considérations de port et d'habitat qui me paraissent insuffi- 
sautes, puisque les plantes alpines tendent à prendre le même port , à quelque 
famille qu'elles appartiennent; mais on a tenté de le conserver en le modi- 
fiant. Les uns , se fondant probablement sur la place donnée au Braya dans 
le Prodromus, ont réservé ce nom générique pour certaines espèces de Nas^ 
turtiumh radicule exactement latérale^ par exemple \ts Nasturtium asperum^ 
iV. Boissieri^ iV. microspermum, etc. Cette manière de procéder n'était 
pas logique, puisque le Braya alpina, sur lequel a été établi le genre, offre 
une radicule dorsale, et que d'ailleurs je Nasturtium asperum et ses voisins 
avaient été placés par 3L Spach dans une division particulière, Sisymbrella,^ 
que l'on pouvait conse|:jer. D'un autre côté , M. AVeddell a pensé qu'il pour- 
rait restreindre lé genre Braya aux espèces de Sisymbrium dont le calice 



• (1) Observations sur quelques Crucifères décrites par M. De Candolle dans le pre- 

iier volume à/* ann SitÉfîtAmn fAnnî ttanat^'kiiio n^t- i _ï> \t^.^»»»4 «^:„^:„^i j.. --n '_„ 



de Nyon, avec des notes de M. J. Gay {Ann. se. nat. 1" série, t. YII) 







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SÉANCE DU 10 JANVIER 1863. 7 

j 

pereiste jusqu'à la maturation du fruit, et son Braya calycina {Chl. and. 
pi. 85) témoigne de cette idée qu'il a abandonnée depuis, reconnaissant 
rînconsfance de ce caractère. Dans le Gênera plantammAonl]id parlais plus 
haut, M. J. Hooker a séparé, pour les faire rentrer dans les Sisymbrium, les 
Braya siipina et B. pinnatifida, qui diffèrent par le port des autres Braya, 

*T + 

et qui ont le fruit plus allongé ; puis il a r^uni aux espèces restantes celles 

r ^ 

qui composent les genres Platypetalum R. Br., Aphragmits Andrz. et i^w- 

d^ma Humb, et Bonpl. Voici la dja^nose nouvelle qu'il en donne,: 

# Sepala brevia , basi aequalia. Stamina edcntula, libéra. Siliqna ovata, 
» oblonga, linearis, teres vel compressiuscula ; valvis convexis, 1-nerviis v, 
>) coslatis; seplo integro, pertuso v. o; replo basi lato, ^accato; stylo brevî 
)) V. elongato; stigmate capîtato. Semîna 2- (rarîus 1-) seriata, ce v. pauca^ 

» immarginata; funiculis setaceis, liberis. » 

Il est facile de remarquer que cette diagnosc ne répond plus u celle de 
Hoppe, et qu'elle est extrêmement vague. Les plantes qu'elle renferme n'ont 
guère d'analogie que par leur port alpin, raison qui, comme je l'ai dit, ne 
me paraît pas suffisante. Les espèces qu'on y a groupées appartiennent en 
effet, soit au genre Sisymbrium, soit à quelques autres genres voisins, comme 
je vais essayer de le démon trer« ' .^ ' î / ' p 

Les Braya alpina Sternb. et Hoppe, B. stipina Koch, B, ptnnatifida 
Koch, B. siltguosa Bunge {Index êemimim Horti dorpat. 1839, p. 7), B.. 
LimosellaBunge [Delect. sem. dorpat, 18A1), et B. verskolor Turci. (Led. 
Fl^ ro$s. 1, 196) ne s'éloignent pas à nies yeux du genre Sisynibrhim^ auquel 
M. Weddell a ramené lui-même son .5, calycina, ainsi que la plupart des 
autres espèces américaines, qu'il avait d'abord placées dans ce dernier genre, 
et étiquetées en conséquence dans l'herbier du Muséum. Je pense que le 
Braya falcata Hochst. est également un Sisymbriumy mais je n'en ai pas vu 
le^ fruits mûi^s; cetiç espèce d'Abyssinie n'est d'ailleurs pas décrite dans. 

^ ■-" 

l'ouvrage d'Ach. Richard. ti 

- Le Braya pur pur ascem Bunge ( Led. FL ross. 1, 195) n'est que le Platy- 
petalum piirpurascens R. Br, i^Parry*s first voy. app. p. *2Q7) , et jç genre 
Platypetalum diffère assez do Sisymbriurn par la forme du fruit pour qu'il 
nous paraisse devoir être conservé. Le B.? pilosa Hook. {FL bor.'americ. 
I» P- 65» tab. 17) , quç SOH auteur ne plaçait qu'avec doute dans le genre 
Braya, nous paraît également^ par la largeur du fruit et la convexité, def» 
valves, devoir être rapporté au Platypetalum. Le B. rosea Bunge {/nd. $em. 
H, dorpat. 1839, p. 7) s^^tg nommé Platypetalum capitatum par Turczani- 
now et rapporté avec doute au PL dubîum R. Br. par Ledebour IFL ro$s, 
I, 195), à cause de son ovaire ovoïde, qui le place en effet dans ce dernier 
gçiîre ; cufin, le Brayançma Bunge ( Dekçt. $em. dorpat.^ absque diagnosi) 
est le Platypetalum nanwn Tuixi. 

Le Braya athroocarpa W'edd.jde la chaîne des Andes, se rapproche des 



8 



bStaniôue 



espèces du genre Smelotoskia par sa cloison incomplète et ses feuilles a laci- 



niures très- étroites. 



Le Braya œnea Bunge [Delect. sem. H. dorpat. p. 8 ; Led, /. ?. I,' 
195), diffère encore du genre Sisymbrhim par son ovaire ovoïde; sa position 



Platypet 



limbe 



\ 



à peine distinct de Tonglet. ♦ 

Quant au Braya involucrata Led. /. c. I, i9U{Platypetalum involucratum 

Bunge, Enwn. ait. p. 58), le fruit mûr n'en ayant pas été vu, même par Fau- 
teur qui l'a décrit, on ne sait où le placer. 



'En résumé, tous les Braya qui me sont connus ont leur place dans les 
genres 5?5ym6rmm et Platypelahim^ selon que leur fruit est linéaire ou 
renflé, et rien n'autorise à conserver le genre qui repose sur une observation 
incomplète de Hoppe. . 



M. Éd. Bureau présente les observations suivantes : , 



*h 



v^ 



/ 



M. Eug. Fournier vient d'entretenir la Société d'une espèce de Crucifère 
qui présente des graines, disposées, dans chaque loge, tantôt sur une seule 
rangée longitudinale, tantôt sur deux rangées, et dont la largeur du fruit varie 
en conséquence- lî est curieux de rencontrer exactement le même fait dans 
une famille bien éloignée, mais dont le fruit présente avec celui des Crucifères 
la plus grande analogie: c'est la famille des Bignoniacées. Les principales mo- 
difications offertes par le fruit ^ans Tune de ces familles se retrouvent dans 
Tautre, et il ne serait pas difficile de disposer les Crucifères et les Bignoniacées 
en deux séries parallèles, d'après les caractères tirés de la fructification. 
"Tour ne parler aujourd'hui que du fait signalé par IM. Fournier, je dirai 
que les genres Tanœcium et Pàchj/ptera, parmi les Bignoniacées, le présen- 
tent aussi. Des deux fruits de Tanœcium prœlongum Miers qui sont dans la 
collection des.fruits du Muséum, l'un a une seule série de graines dans chaque 
loge, et l'autre en a deux séries. Le fruit de Pachyptera foveolata DC. de 
l'herbier général du Muséum, que j'ai fait figurer pour ma Monographie 
des Bignoniacées, n'a qu'une série de graines dans chaque loge ; le fruit de la 
même espèce, appartenanc à l'herbier Delessert, en a deux séries ; c'est celui 
^i a seni à Aug.-Pyr. De Gandolle pour l'établissement du genre. 

Dans les cas en question, qu'il s'agisse des Crucifères on des Bignoniacées, 
et que les graines paraissent disposées sur une ou sur deux séries longitudi- 
nales, il n'y en a pas moins deux rangées d'insertions par loge; les graines 
s'insèrent en effet alternativement sur le bord droit et sur le bord gauche de 
là cloison. Mais, en «'avançant vers le centre du fruit par suite de leur 
accroissement, les graines peuvent se comporter de deux manières : dans 
certains cas, elles se rencontrent sur là ligne médiane de la loge, viennent 




m 



SÉANCE DU 16 JANVIER 1863. 9 

buter, en quelque sorte, celles du côte droit contre celles du côté gauche, 
et présentent un obstacle mutuel k leur développement transversal; il y a 
alors deux séries. D'autres fois elles se glissent les unes entre les autres; 
ciiacune d'elles occupe alors toute la largeur du fruit, et elles semblent ne 
former qu*une seule série. Les deux plantes dans lesquelles j'ai remarqué la 
première de ces deux dispositions, ont des graines coriaces et épaisses qui 
doivent réussir difficilement à se glisser dans les intervalles de la série opposée ; 
lorsque les graines sont minces et insérées sur deux rangées dans chaque loge, 
comme cela a lieu dans les genres Arrabidœay Cuspidaria, Pyrostegia, etc., 
elles se développent sans se faire mutuellement obstacle, chacune d'elles 
occupe la largeur entière de la cloison, et cela devient alors un caractère 
générique constant. 

'Dans les Bignoniacées pléostictides, c'est-à-dire qui ont au moins deux ran- 
gées d'insertions de graines sur chaque bord de la cloison (au tnoîns quatre 
rangées d'insertions par loge), on observe quelque chose d'analogue. Dans 
certains genres, les graines appartenant aux rangées d'un côté se glissent entre 
les graines appartenant aux rangées de Tautré côté [Millingtoniay Incarvil- 

i 

Ica^ etc.)^ Dans d'auties genres, les graines des rangées de droite d'une part,^ 
celles des rangées de gauche d'autre part, ne dépassent pas la ligne médiane 
de la loge, mais ici cela tient ordinairement t un obstacle présenté par une 
saillie de la cloison {Spathodea, Sparaftospermà), ou par une convexité inté- 
rieure de la ligne médiane des valves {Amphilophhtm). 

La disposition des graines dans les Bignoniacées pléostictides n'est donc 
plus exactement comparable à ce qu'on voit dans les Crucifères. 



A -r 



M. J. Gay dit que c'est à tort que Ton a créé le genre Diplotaxis, 
qui ne diffère du genre Brassica que par ses graines bisériées. 
i M. Gosson dit que la distinction qu'on a établie entre les genres 
Arahis et Turritis n'est pas meilleure, car YArabis Pseudoturritis 
Boiss. ressemble complètement par ses cai^actères extérieurs au 
TiiîTîtis (/laôra, dont il ne diffère que par dés graines unisériées. 
M. Gosson ajoute que la famille des Crucifères présentant (comme 
celle des Graminées et comme la plupart des autres grandes familles 
naturelles) une assez grande variabilité dans les caractères qu'on a 
regardés comme ayant une valeur de premier ordre pour l'établis- 



sement des senrcs 



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des 



coupes fondées sur l'observation de caractères nouveaux. 

^_ -■- * 

M. J. Gay met sous les yeux de la Société àii pain de Bouleau, 
avec des échantillons des écorces qui servent k sa fabrication. H fait 
remarquer que ce prétendu pain ne constitue pas un aliment 



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10 



SOCIÉlë BOTANIQUE DE'FRAKCE 



nutritif, et if ajoute que des paysans finlandais qui n'avaient 
d'autre nourriture sont morts de faim aux environs d'Helsinfffors. 



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g. Fournier, secrétaire, donne lecture de la commùnici 
. adressée à la Société : ^ 



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NOTE SUR QUELQUES PLANTES CRITIQUES DU FLORA MONSPELIENSIS DE LLNNE. 



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pai- M. tP. DUVAIi-JOUYE (1) 

^Strasbourg, 29 novembre 1862.) 
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Ces jours derniers, après la lecture d'un ouvrage de géographie botanique^ 
je cherchais à me rendre compte de ce que Linné avait fait et provoqué sur 
celte partie de la science, lorsque mon attention fut arrêtée par un document 
entièrement relatif à la flore de France. C'est une thèse soutenue, sous la 
présidence de Linné, le 15 juin 1756, par Théoph.-Erdm, Nathiiorst. 

Elle a pour titre : Flora monspeliensis, et se trouve réimprimée dans 
Aînœnùates academicœ^ IV, n** Ixx, pp. 468-Û95. Elle est antérieure de 
SIX ans à VHortus monspeliensis d^ Gouau et de neuf ans au Flora monspe* 
liaca du même (2). , . ' 

Après avoir, au début de sa thèse, exposé l'importance de la géographie 
botanique et des secours que doit prêter à cette élude la simplicité de la 
nomenclature linnéeiTnè, Tauteur donne une description fort exacte des envi- 

i 

rons de Montpellier. En effet, avant de venir écouter les leçons de Linné et 
recevoir à l'Académie d'Upsal le bonnet de docteur, Nathhorst, « germanus 
» silesiensîs » , a pendant plusieurs années étudié à Montpellier; il a beaucoup 

herborisé aux environs, il y a même constaté la disparition de certaines plantes, 



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jEscu 



1 \ 



)) tem Pessulaftum ejusquealumnas plantas suis usurpaverit ofculis. » (p. hlQ.) 
Il a d'abord déterminé ses plantes avec les ouvrages de Magnol et de Sau- 
nages; îl les a, de plus, soumises à ce dernier, lès a contrôlées ensuite sur les 
observations contenues dans les lettres de Sauvages à Linné, et que celui-ci 
avait mises à sa disposition (p. klk)\ et enfin ses récoltes et ses dénomina- 



Sp 



an- 



tarum. Ajoutons que l'auteur a imprimé en caractères différents les espèces 
gropres au Languedoc et celles qui se retrouvent en Suède, rappelons-nous la 
part que Linné prenait aux thèses inspirées et présidées par lui, et qui, dans 



^r - - 



(1) Dans le cours de cet article, suivant le désir de M. Duval-Jouve, les noms de 
plantes sont reproduits^ tels qu'ils sont imprimés dans la thèse de Nathhorst, et non 
toujours conformément à Forthographe habiluellëment en usage dans notre recueil. 



'{Note de la Commission du Bulletin,) 



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(2) La thèse de Nathhorst mentionne 1463 espèces vasculaîres. Le Flora monspe- 
Ua4:a de Gouan en décrit 17i3, plus 107 Cryptogames vasculaîres; en tout 1850 espèces. 



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SÉANCE DU 16 JANVIER 1863. 11 

riiîsloire de la botanique, les fait comprendre dans ses propres Ira vatii (1), 
et nous verrons que toutes ces cîrconstauces réunies donnent à cette Flore 
une valeur toute particulière, qui permettra peut-être de reconnaître à quelles 
plantes de Montpellier répondaient, pour Linné du moins, quelques-uns de 
ses types qui ont été et sont encore embarrassants et douteux. Je vais en citer 
quelques exemples, pris dans les familles que j'étudie plus spécialement, les 
JoncéesJesCypéracées, les Graminées et \es Cryptogames vasculaires. 
. Xes JoNCÉES mentionnées par Nathliorst sonf les suivantes (2) : 

Juncus acutus, J. glomeratus (sic), J. effusus^ J. inflcxus, J. squarrosuSy 
y. articulatus, J. bufonius^ 3. campeslris, J, niveus/ . ' ■'. 

Jancus nivens. — Cette plante ne figure dans la première édition du 
Specîes pîantarum que comme variété p du Juncus pilosus, avec la syno- 
nymie de Scheuchzer. C'est dans la thèse de Nathhorst qu'elle paraît d'abord 
comme espîce, six ans avant la deuxième édition du Species pîantarum ^ où 
elle figure avec l'habitat c Monspelii » ;et le nom princeps de cette espèce, 
au lieu d'être Juncus niveus L. Sp. pL edit. 2, p. 468, doit être : «/. mveus 
Xé. FL monsp. in Am. acad. IV, p. fi81. 
^«'Juncus inflexiis. — La détermination du type ^innéen a donné lieu à de 
nombreuses discussions, et ce nom, adopté d'abord, n'est plus cité, même 
comme synonyme douteux, dans la Flore de France. C'est pourtant de France 
et de Montpellier, par Sauvages , que venaient lés premiers individus décrits 
par Linné, comme l'indiquent la synonymie et l'habitat de la 1'^ édition du 
Specîes. C'est encore de France et de Montpellier que lui viennent les nou- 
veaux exemplaires sur lesquels il reconnaît Tidentité de sa plante. Dans les 
deux éditions du Species, Linné donne son Juncus inflexus comme identique 
avec la plante de Sauvages, avec le Juncus acumine reflexo aller Scheuchzer, 
p. 3/i5, et comme plante de l'Europe méridionale. On sait, en effet, que cette 
plante, si commune dans le midi de la France, ne croît pas en Suède (Fries 
Summ. veg. Scand. p. 65). Or Nathhorst impriïiie le nom de sa plante, soumise 
à Linné, avec le caractère réservé aux plantes languedociennes et non sué- 
doises, et la mention en caractère différent des Juncus conglomeratus et e/fu- 
suSy également recueillis à Montpellier, prouve en même temps, contre Smith, 
que Linné distinguait parfaitement son Juncus inflexus de ses deux autres 
espèces. D'autre part, la synonymie de Scheuchzer ne permet aucun doute^ 
Ce consciencieux descripteur signale avec soin ce caractère tout particulier a 
l'espèce « medulla nivea, în quaedam veluli diaphragmata distincta », là cou- 



(1) Sprengel, faisant allusion à la thèse qui nous occupe, l'attribue si complètement 
à^ Linné qu'il ne nomme même pas Nathhorst {Bist. rei herb, II, p. 478) ; M. Ch, Mar- 
tins {Pairia.f. 491) et M. Pritzel {Thés, lit. bot, p. 403) en font autant. 

(2) Un * désignera les espèces qui ne sont pas dans le Flora monspeliaca de Gouan. 
Les caractères italiques indiquent, comme dans le texte de Nathhorst, les plantes com- 
munes au Languedoc et à la Suède. 



12 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

kurdes gaines « ex atro spadiceo resplendentibus et nitidis », ses stries, sa 
ténacité, « tenacîtatem exinûam », l'usage qu'en font les jardiniers ; en un 
mot, l'erreur était impossible pour Linné , et son Juncus inflexns est bien la 
plante de Scheuchzer et de Sauvages, près de quî Nathhorst avait fait ses 
récoltes. Aussi les botanistes avaient-ils reconnu la plante de Linné et conservé 



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Ù29; 
U il. 



Leers, FL herborn. p. 87 ; Villai 
germ. II, p. AOO; Lamarck, Encycl. méth. III, p. 265; Hoffmann, DeutschL 
'/^/. 1'^ édition, p. 124 et T édition, p, 165 ; Schkuhr, ^o/. Tasch. I, 
p. 301, etc), jusqu'au moment où, sur une expression de la dîagnose lin- 
lîéenne, ce nom fut repoussé par les raonographcs. 

Dans le midi de la France, ainsi que je l'ai constalé moi-même, il n'est pas 

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rare de rencontier des tiges sur lesquelles la bractée qui simule une prolon- 

e 

gation du chaume, après s'être desséchée de très-bonne heure, se courbe sur 
la panicule, en prenant plus ou moins l'apparence d'une feuille (voy. Poiret, 

Encycl. méth. suppl. III, p. 155, et Schkuhr, Bot. Tasch\ II, p. 301). 
C'est fce que G. Bauhin et Scheuchzer avaient exprimé par « acumine 
w reflexo «, Sauvages par « culmo paniculam arcuaiim tegente » ; c'est ce que 

L 

plus lard constata Villars en ces termes trop exclusifs : « la partie de la tige 
», qui surpasse les fleurs est aplatie et élargie; elle se courbe un peu, d'où est 
» venu son nom. ^[Dauph. II, p. 231.) Pour désigner ce caractère toutacci- 

^ 

dentel, qui manque généralement dans le nord et n'existe dans le midi ni sur 
toutes les touffes, ni sur tous les chaumes d'une même touffe, Linné employa 
l'expression malheureuse « apicc niombranaceo ». Elle dérouta les mono- 
graphes, tous habitants du nord de l'Europe. Rostkovîiis s'en exagéra la 
portée, et dit du Juncus înflexvs L. : « Planta mihi ignota. Differt a J. effuso 
j) et glauco apice culmi piano et foHi instar dilatato, 'i et il rapporta au Juncus 



glaiicvs Ehrh. 



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Linné (/?<? Anco, p. 8, 1801). E. Meycr après avoir, dans son Jwnc/gfenms 
monographiœ spécimen^ p. 33 et suîv. , 1819, exposé qu'il n'a aucun moyen 
de reconnaître « ex herbarîo »> sur quelle plante Linné a établi son type, 
ajoute que ce qu'il y a de plus sûr est « recipere nomen ehrhartianum et 
» delere linnaeanum »; ce qu'il fit alors et plus lard encore dans son Synopsis 



Jiimorum, pp. 13 et 1^, 1822. En 



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l. , ajoute : « Planta valde dubia, cujus synonyma a Linnaeo citala ad 
»i/. glaucum spectant (1), » \EngL /?. I, p. 161. Du doute permis on passa 



(1) n semWe, cl*aprè5 ce texte un peu ambigu , qu'il faudrait rapporter la plante 
d*Ehrhart au Juncus inflexns L.; mais, s'il faut en croire E, Meyer {Monogr. p* 39 et 
Syn. Junc. p. 13), Smith aurait deux fois commis Terreur de confondre le J, inflexns L. 
avec le J. effusus L. On comprend alors qu*il ne restait plus à Smith qu'à rapporter 
les synonymes de Linné à la plante d'Rhrhart, au lieu de rapporter, sur ces synonymes, 
la plante d'Ehrhart a celle de Linné. 



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SÉANCE DU 16 JANVIER 1863. 13 

brusqucmeulà la négation complète, el, en 1825, Laliarpc, dans su Mono^ 
graphie, ne mentionne même plus le synonyme linnéen. La plupart des 
floristes modernes ont suivi son exemple, a rexccption toutefois de Koch, qui 
dit très-expressément, après la description du Juncus glaucus Ehrh. : 
« / inflexus Leers, Herfj. p. 87, et nwlt. aiict. , et, ut videlur, etiam 
Linnaei. » {Syn. edit. 3% p. 631.) Le texte de Nathhorst nous montre que 
Koch a pleine raison ; ce texte aurait levé les scrupules d'E. Meyer et de 
lloslkovius, et, ainsi que nous proposons de le faire, ces auteurs auraient 
conservé à la plante de Linné son nom princcps : Juncus inflexus L. Sp. 
edit. l\ p. 326(1). 

* •- + 

CYPÉRACÉES. * 

Cyperus longus, C. esculentus, C. flavesccns, C. fuscus. 

Scliœnus Mariscus, S. aculealus, S. mucronatus, S. nigricans. 

Eriophorum polystachyum. 

Sci7'pifs palustris^ S. holoschœnus, S. lacustris^ S. mucronatus, S. mari- 

timus, S. sylvoticus. 

Carex leporina^ C. vulpina^ C. muricata, *C\ atrata^ C. pseudo-cypei^us^ 

1 ^ 

C. arenaria, *C. dioicay C. flaoay C, acuta. 

Cjperiis esculentus. — Cette plante, récoltée à Montpellier et nommée 
par Linné, montre que M. Godron a eu raison d'adopter l'opinion de 
AL Soyer-Willemet, qui ne rapporte pas (comme l'avaient fait a tort Rœmer 
t Schullcs et Kunth) notre C'^/jê-î'^/s méridional au Cyperus rotundusL. y 

et de voir dans !e Cyperus olwarîs Targ.-Tozz. le Cypei'us escuienfus L. 
{FI. de Fr. III, p. 359). Rappelons en passant que Linné lui-même indique 
comme habitat de son Cyperus esculentus « Monspelii inque Ilalia>', et, 
avecGouan, Villars et Desfontaines, conservons à la plante de 31ontpellier son 
nom prînceps : Cyperus esculentus L. Sp. edif. 1% p. Ii5. 

Carex atrata et €are:v dloica ne Croissent point aux environs de IMont- 
pellier. D'où les tenait Nathhorst? ' 

Le Carex arenaria n'y Croît pas davantage. Il est de toute évidence que 



j 



(1) Resterait à examiner si le nom linnéen ne se rapporte pas à la forme J. panicu- 
latus Hoppe, qui croît en abondance à MontpeUier, avec la forme J, glaucus Ehrh. Mais 
si Ton considère qu'on ne différencie ces deux formes que par l'ampleur de la paniculc 
et la couleur plus ou moins foncée des capsules, que, du reste, tous les détails de Tor- 
ganisalîon sont identiques, que tous les intermédiaires de j^randeur se trouvent souvent 
sur les panicules d'une môme touffe, et tous les intermédiaires de coloration à mesure 
qu'on s'avance en altitude ou vers le nord, et que d'ailleurs ces différences de colora- 
tion se retrouvent sur la plupart des espèces de Joncs (J. alpinus, J. Xamprocarpus^ J. 
silvaiicuSj J. buWosus, elc ), suivant qu'on les observe dans la plaine elle midi, ou dans 
les régions plus froides du nord et des montagnes, on sera amené à ne voir au-dessous 
de ces différences, sensibles seulement sur des sujets extrêmes, qu'une seule espèce et un 
seul type, 'comme M. Godron l'a fait pour les J. bulbosus L. et J. Gerardi Lois. (FL 
Lon\ 2*= édit. p. 272), et M. Cosson pour l'espèce qui nous occupe (FL Alger, p. 2bh). 



lu V SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

la plante mentionnée sous ce nom et que Gouan indique à Maguelonile [FL 
tnonèp. append. p. /i73), est le Carex divisa Huds., soit la grande forme, 
soit la petite forme C. setifolia Godr. ; et qu'ainsi Linné comprenait sous son 
Carex arcnaria plusieui^ espèces distinguées aujourd'hui. 



GRAMINÉES. 



Anthoxanthum odoratimi. 

*Nardus gangitis, *ÎV. articulatus. 

Phalarîs canarîénsis, Ph. utriculala, Ph. arundinacca, PL phleoides. 

*Panicum glaucum, P. Crus galli, V. sanguinale, P. Dactylon. 

Alopecurvs geniculatus^ A. pratensis^ A. monspeliensis. 

Pàleumpratense^ Ph. nodosum. 



lonifi 



pillaris- 



fl^ 



A. caryophyllea. 
Melica nutanSy M. ciliato. 



angustifolià, *P, setacea, P. Eragrostîs, P. pratensis^ 



.y^ 



P. annua^ P. compressa^ P. bulbosa. 
Briza maxima, B. media^ B. minor, B. Eragrostis. 

Dactylis glomçrata. 



F ^ 



F*, ovina, *F. hirsula, F. fl 



pamceus 



Bromus secalinm, B. arvensis^ B. sterilis^ B. squarrosus, *B. nutàns, 
B. teciorùm, B. pinnatus^ B. distachyos. 
Stipa pennata, S. juncea. 

Avena datior^ A. fragilis, A. nodosa, A. pratensisy A. fatua^ À. flaves- 
cens. 



~"'> M-^RT.^»? 




Jr ri- 



Lagurus ovatus. 

Arundo phragmites^ A. Caîamagrostis^ A. Douax, A. arenaria. 
Lolium (emulentum ^ L.perenne. 

Hordeum murinum, ' ' ' 

Elymus arenarius. 

Triticum monococcum, 1\ repens, *r, junceum, T. tenellum. 

Andropogon Ischaemum, A. Gryllus, A. distachyon. 

Holcus lanatm. 

Cenchrus capitatus, G- racemosus. 
Jigilops triuncialis, BL. ovatus, M. incurvus. 

Kardtis «angitls. — Y a-t*il Que plante sur laquelle il y ait eu plus 
d'opinions diverses ? 



N ardus 



aristata{Syst. veg. edit, XIV, p, 102}. 



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SÉANCE DU 16 JANVIER 1863. 15 

Smith la regarde comme une espèce du genre Rottbœllia [Act. Soc. Linn. 

lond. T, p. 216). 

"Willdenow se range à l'opinion de Smith, en ajoutant que la synonymie 
du Species se rapporte au Festuca spadicea^ et que Linné s'est trompé en 
citant la figure de Morison (iS)?. pL edit. 1% p. 316); enfin, il fait du Nardus 
Gangitis L. un synonyme douteux de son Rottbœllia cylindrica (op. c. 

p. 464). . - ' - ■' \ 

Lamarck et Poiret l'identifient avec le Nardus scorpioides Lam., plante 

d'Amérique {EncycL méth. IV, p, 430, et suppl IV, p. 61). Rœmer et 

Schultes le conservent comme espèce propre, Monerma Gangitis, tout en lui 

donnant pour synonyme le Nardus scorpioides Lam. [Syst. veg. II, p. 800). 

Kunth le rapporte au Cteniiim americaniim Spreng. , qu'il identifie d'ail- 

leurs avec le Campuloa monostachya Rœm. et Sch. et le Monerma Gangitis 

des mômes [Enum. pL I, p. 274). Steudel est du même avis [NomencL bot.), 

ainsi que Richter [Cod. linn. p. 67, n" 445). Ce dernier appuie son opinion 

sur l'autorité de la figure de Morîson citée par Linné, ajoutant : « Planta vix 

» a Linnaeo visa... » (op. cit.) . "" 



Enfin Trinius, 



point 
,piou 



le Rottbœllia monandra {Clav. agrost. ant. pp. 347 et 348). 

Ces opinions, si diverses en apparence, se réduisent en définitive à quatre. 
La plante de Linné serait : 1** Psilurus nardoides aucl. récent.; 2° Lepturus 
cylindricus auct. récent.; 3° Monerma Gangitis Rœm. et Sch. qui le rame- 
nent au Ctenium americanum Spreng.; et 4° Linné n'aurait pas vu sa 
plante. ^ . -' 

A cette dernière' assertion de Rîchter et de Trinius, Linné s'est lui-même 
chargé de répondre dans la préface du SpecieSy en disant expressément : 
» NON VISAS plantas heic omîsî , loties elusus ab auc(f>ribus, ne dubia certîs- 
» simis miscerem. »j (p. 6.) Il est vrai que dans la première édition du même 
ouvrage, Linné avait placé après la diaguose du Nardus Gangitis le signe f 
qu'il emploie, dit-îl (préf. p. 6), « si quando contîgerit non sufficienter in- 
» spexîsse plantam, vel specînicn imperfeclum obtinuisse. » Mais, dans la 
seconde édition, après la communication des récoltes de Natbhorst, il a fait 
soigneusement disparaître le f, ce qui prouve qu'il était satisfait de l'examen 
de la plante. Une autre preuve que, même longtemps avant la première édi- 
tion du Species^ Linuê avait vu son Nardus Gangitis» c'est que dans son 
Flo7^a lapponica, edit. 1% p. 25 (1737), il dit, après avoir décrit le Nardus 
stricta: « Nardi nomen huic graraini imposui, dura génère convenit cura 
» Nardo spuria narbonensi C. B. » Il avait donc vu ce qu'il croyait être le 
Nardus de G. Bauhin ; il en avait même étudié et reconnu les organes assez 
nettement pour y voir une Graminée, en distinguer le genre , et il ne pouvait 
avoir fait cette étude que sur la plante elle-raênie et non sur la figure de 



16 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

De Lobel, qu'il cite eu syuouymie, uou plus que sur la descripliou du même 
auteur, car la figure de De Lobel ue représente que la base de la plante, çt 
son texte, comme nous le verrons bientôt, ne dit rien des organes de repro- 
duction, ni même de la fleur. , 

j 

r 

• La plante de Linné est donc bien une plante de la France méridionale, cou- 
trôlée et vérifiée sur les récoltes de Nathhorst, et dès lors elle ne peut être le 
Monerma Gangitis Rœm. et Sch. {Ctcnium americanura Spreng.) comme 
l'ont pensé Kuntb, Steudel etRichter, puisque celui-ci est une plante améri- 
caine qui ne croît pas aux environs de Montpellier. Reste doue à examiner si 
le Nardus Gangitis L. se rapporte à Tune des deux autres plantes précitées 
ou à une autre Rotlbœlliacée française. 

Or, qu'il ne puisse être le Psilurus nardoides^ c'est ce qui ressort évi- ' 
déminent du texte de la deuxième édition du Species^ où Linné donne, à côté 
(tu Nardus Gangitis et sous le nom de Nardus aristatus, cette plante qu'il 
avait reçue de Gouan, et que Nathhorst n'avait pas trouvée à Montpellier. 
Cette espèce est ensuite conservée sous le même nom de Nardus aris^ 
tatus^ et toujours à la suite du Nardus Gangitis, dans tous les ouvrages de 
Linné, avec la synonymie de Scheuchzer, qui en donne une figure parfaite, 
Agrost. tab. 2,figi 7, K. Les termes de la diagnosc linnéenne « spica 
» rccurva » forcent encore d'éliminer le Lcpturus cylindricus «a épi roide, 

■m 

») subulé, dressé ». 
Restent encore deux espèces françaises de Lepturus. Il faut éliminer tout 

'm 

d'abord le Lepturus incurvatus, qui figure dans la première édition du 
Species et dans le catalogue de Natlïhorst, sous le nom de Nardus articu- 
iatusa^'ech synonymie de Scheuchzer, nom qui, dans les travaux postérieurs 
de Linné, est remplacé par celui A'/Egilops incurvata. Il ne reste donc que 
le Lepturus filiformis, dont Tépi est aussi souvent flexueux que droit; plante 
répandue aux environs de MontpelHer, où Jussieu Tavait récoltée pour la 
communiquer à Scheuchzer [Agrost. p. 45). Gouan n'a pas distingué cette 
plante du Lepturus incurvatuSjûiïû que le démontre sa synonymie (/7. 
momp, p. 132) ; ce qui d'ailleurs est bien permis, puisque des auteurs très- 
graves ne veulent voir dans les Lepturus incurva tus et filiformis que deux 
formes d'un même type (Ânderss. Gram. Scand. p 10); ce qui explique 
en même tenips pourquoi Gouan n'a point , dans son Flora monspeliaca^ 
mentionné le Nardus Gangitis L. Je croîs donc que le Lepturus filifoi^mis 
Trin. et récent, auct. a pour nom princeps : Nardus Gangitis L. Sp. pi. 

edit. 1% p. 53. 

Mais pourquoi procéder par élimination et par conjecture? Et, puisque 

Linné cite pour son Nardus Gangitis la synonymie de De Lobel, pourquoi 

ne pas recourir au texte de cet auteur et y rechercher les caractères du 

Nardus Gangitis? C'est ce qu'a fait Triuius dans son Çlavis agrost. antiq. 

pp. 3Z»6-3/48, et ce qui l'a conduit à dire : « Itaquc Lobelii gramen... in veraia 



-; 












i 



I - 



JSÉANCE DU 16 JAiNVlER 1863. 



17 



^ Rottbœlliam nionandi'am abit. » (p. 3/j8.) C'est aussi ce que nous avons 
voulu faire. 

Ce qui nous a tout d'abord frappé^ c'est que De Lobel et G. Bauhin, au 
lieu de comprendre leur iVarG??/5 Çan^^/^/^ spuria narbonensis parmi leurs 
Graminées, le placent entre les Cyperus et les Jimcus. Ensuite, les figures 
que De Lobel en donne [Icon. p. 84, et Advers. nova, p. 43) n*ont aucun 
rapport avec une Graminéc et surtout avec une Rotlbœlliacée. Voici une ira- 
duclion du texte de De Lobel, Advers. nova, p. 43 (1) : 



s 



Nardus Gangitis spuria Norbonx 



« Dans la Gaule narbonaise, et à sept milles environ du bourg de Ganges, 
se trouve une montagne fort agréable et fort haute, oii croissent en abondance 
les plus belles plantes, ce qui lui a valu le nom A'Hort de Dion ou Jardin de 

± 

Dieu. Sur le versant qui regarde le midi ou la Méditerranée, cette plante se 
montre en grande quanlité aux endroits humides et couverts de mousse. La 
racine en est petite et consiste en quelques fibres grêles et dures; il s'en élève 
de petites tiges portant épi, grosses comme le petit doigt, d'un brun pâle et 

r 

presque de la hauteur d'un palme, non tout à fait terminées en pointe , mais 
comme .tronquées vers leur sommet. Elle a des feuilles vertes, roides, yowcî- 
formes^ presque hautes d^un pied^ nombreuses, et qui, naissant contre, la 
racine, s'élèvent au-dessus de l'épi chevelu qui entoure le haut de la tige. 
Plusieurs pieds enlacés en gazon serré offrent l'aspect d'un seul. Toute la 
plante est inodore, à 1 exception des filaments de l'épi (beaucoup plus gros que 
ceux de l'espèce indienne), et qui ont l'odeur du Muschus Quernus vel ter- 
restris. Elle enfonce donc un peu sous terre des filaments chevelus, desquels 
s'élève un chaume grêle^ luisant^ Jonciforme, assez semblable à ce qu'on 
appelle Eipha ; il est haut d'une coudée, et du milieu au somynet il porte 
des gousses herbacées {herbaceœ siliquœ), alternantes, assez petites, et de ces 
calycules sortent des filaments enroulés (apicidis) assez semblables à la Heur 
du Schœnanthus ou à un Géranium en graine et à un Cotylédon. Cette plante 
me paraît se rapporter au Gakgitis de Dioscoride (2). » 

Trinius cite ce texte in extenso et, arrivé à ces mots « cubilumaltus », il 
interrompt sa citation pour s'écrier : « Ilucusque, (|uis est qui Festucw spadi' 
» cear descrîptionem non agnoscat? » J'avoue qu'après la lecture de celle 

r n 

description j'ai été de ceux qui n'y rcconnaissenl pas celle du Festuca spa- 



(1) Le litre complet est : Lilucidœ simplicium medicameniorwm cxplicaiiones et siir" 
pium adversarîa nova, auct. E. Pena et M. De Lobel. Londinî, 1605. 

(2) Dioscoride, dans la description des diverses sortes de KarduSy dit qu'un de ceux 
de rinde croît près du Gange, d'où vient qu'il l'appelle Gangitis (lib. 1, cap. VI, edil. 
Saraceni, 1598); ainsi le nom de De Lobel et de Linné n'esj qu'une reproduction de 
celui de Dioscoride , au lieu d*être lire du nom de la ville de Gangcb, comme Ta dit De 
TUéis {Gloss. bot. p. 310), 



T. X. 



2 




SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE* 

dicea. Eiifm Trînius ajoute : « Sed seqacniia' rêvera cum Rottbœllia potius 
congruuiiL « J'avoue encore que je n'ai pu rien voir de semblable ni dans 

les figures de De Lobel qui représentent seulement la partie inférieure de la 
plante, ni dans la description de ce long épi formé de peCiles « siliquîe her-^ 
» baceœ» , rappelant par leur ensemble Tépi du Cotylédon, et par leurs détails 
l'appareil floral des Géraniums après la chute des pétales , et il m*a semblé 
exact de penser, non plus avec Trinius, que Linné n'avait pas vu son Nardus 
Gangitîs, mais qu'au contraire, il avait si bien vu la planté à lui adressée et mal 
à propos rapportée au Nardus de De Lobel, qu'il s'élait certainement dispensé 
de lire et de citer le texte des Adversaria de cet auteur. Dès lors il a été 
avéré pour moi que laGramînée de Linné n'avait rien de commun avec le 
Nardus de De Lobel. 

Restait à savoir quelle était celle dernière piaule, et, pour cela, on pouvait 
sortir de l'interprétation de la figure et du texte ël recourir à la réalité. Avec 
l'indication exacte et détaillée de l'habitat du Nardns de De Lobel, je 

V 

m'adressai au savoir et à la complaisance de notre confrère M. le docteur 
Diomède Tuezkiewicz (du Vigan), et le priai de rechercher à l'Ilort de Dioii, 
et le texte de De Lobel sous les yeux, quelle plante croît '< uberî proventu, 
» muscidis et udîs Iraclibus.,. folio rigido,juncco, vix pedeus alto, numcroso, 
» quod ab îma radice ortum trans spicam, etc. » — Voici sa réponse: 



y. 



r^ 



«Le Vigan, 17 oclobre 1862. 



n Monsieur et cher confrère. 



» Ayant trouvé dans les Herborisations de Gouan le Nardus Gangiiis L., indiqué plu- 
sieurs fois dans des localités sèches et sablonneviscs, où croît abondamincïit le Psilnrus 
nardoides, j'avais jusqu'à ce jour partagé Topinion commune, et regardé le Nardus 
Gangitis de Linné et de De Lobel comme synonyme du Psilurus, Mais, après avoir étudiç 



le texte de De Lobel, je suis convaincu que son Nardus Gangiiis spuria Norbonœ est le 
Triglochin palustre^ qui croît abonftamment à THort de Diou dans les endroits humides. 
Examinez cette plante pendant Tanthèse, et vous trouverez la description de De Lojbel 
exacte de tout point ; ses « apiculis e calyculis » sont les stigmates réfléchis et barbus ; 
raspect général de l'épi répond assez bien à celui de VUtnbilicus penduiinus ; la gros- 
seur de la souche, les feuilles radicales, la hampe joncîforme, tout concorde parfai- 
tement. ' ** j 
» L'Hortde Diou est un vallon placé près du sommet et sur le versant méridional de 
l'Aigoual, à 1500 mètres d'altitude, à 40 kilomètres de Ganges. Suivant la tradition 
populaire, les prêtres romains s'y rendaient de Nîmes pour y récolter les plantas médi- 
cinales, etc. » 



Si a ces précieux renseignements on ajoute cette circonstance que les 
figures de De Lobel [Icon. p. 8Zi et Advers. noya, p. hZ) représentent très- 
convenablement la partie inférieure du Triglochin palustre^ toutes les incer- 
titudes cessent, et il est permis d'affirmer que le NardusGangitis L n'a rien 
de commun avec le Nardus Gangitis spuria Norbonœ^ que De Lobel avait 

T ^ - . ^ '- - ^'i 

mis parmi ses Joncs, et que ce dernier nom doit être reporté en synonymie a 

une Joncaginéc, au Triglochin palustre h. ,j 

Mais maintenant, conuuent Linné a-t-il pu prendre les singulières figures 



.] 



4 



>' 



SÉANCE BU 16 JANVIER 1863. 19 

de De Lobel pour celles d'une Graminée? Rien de plus siïnple el de plus 

r ' J 

facile à expliquer que celte erreur. De Ldbel a eu l'idée bizarre d'aligner les 
unes contre les autres cinq bases de IViglochin avec un fragment de hampe 
sortant des feuilles radicales (voy.ylrfwrs. nova^ p. hZ^ et Icônes, p. 86). Or 
la souche du Nardus stricta L. , plante du nord, offre rangés en ligne, comme 
sur la figure de DcLobcl,des faisceaux de feuilles radicales, du centre desquels 

•H 

s'élève lecliaume. Cette disposition, jointe au nom de De Lobel, a induit Linné 
en erreur : il a cru y voir naturellement la base d'un Nardus, et, comme il 
avait reçu de Sauvages quelques-unes de ces extrémités de chaume que les 
anciens botanistes se contentaient de récoker, un brin îrtfcomplei venant de 
la Gaule narbonaise, il le rapporta dans son Species au ISordus Gangitii 

F 

spuria Norbonœ de De Lobel, en l'affectant du signe f , qu'il fit disi)araître 
plus tard, après avoir mieux vu sa plante sur les récoltes de Nathhorst, et 
oublia la figure de De Lobel. 

Melica ctUata. -^ Linné n'a pu voir du Languedoc que le Melica Ma-- 
gnolii G. elG. , ou le Melica nelrodensis Parlât., qu'il ne dislînguaft pas 
du Melica ciliata des contrées septentrionales. 

Poa sctacea, Festuca hirsula, Bromus nulaus. — Il CSl impossible de 

conjecturer à quelles plantes avaient été appliqués ces noms , qui ont disparu 
des ouvrages postérieurs de Linné. 

Avena nodosa. ^ — Ce nom n'a pas été conservé par Linné pour désigner 
la forme tuberculeuse de VAvena elatiov. 

Arundo Caïamagrostis. — Scbrader prétend que la plante décrite sous 
ce nom ne se rapporte point au Calamagrosfis lanceolata Roth {FL germ. 
I,' p. 214). Le texte de Nathhorst semble lui donner raison contre l'opinion 
générale, car je ne crois pas que le Calamagrosfis lanceolata croisse aux 
environs de Montpellier. 






i; 



CRYPTOGAMES VASCULAIRES. 



""Equisetum sylvaticum, E. arveme, E. fluviatile, E. hycmalc. 
- Ophioglossum vulgatum. 

Osmunda Lunarîa^ 0. regalis^ 0. Spicant^ *0. crispa. 

Acrostichwn septentrionale^ A. T/ielypteriSy A. pulchrum. 
Pteris aquilina, 

Asplenium Scolopendrium^ A. Ceterach^ A. Trichotnanes, A. Adiantum 
nigrum, A. Hiita muraria^ A. onopteris. 

\ Pohjpodium vulgare^ P. Filix mas, P. Filix fœmina» P. aculeatum, 
Pé rhœlîcuni, P. foiitanum, P. fragile^ P. Dryopteris. 

Adiantum Capillus 9. 

Marsilea nalans. • 

Equisetum sylvalicunt, Equisetum liyemule^ Oamuada ' crispa< 



4 



^-à 



20 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE 



Le doute est permis sur la présence de ces espèces aux environs de Mont- 
pellier. La seconde n'est probableraenl que VFginsettim ramosissimum Desf , 
forme à tige simple; la dernière habite les Cévenncs et les Pyrénées, et, avec ^ 
beaucoup d'autres plantes pyrénéennes , figure à tort comme croissant à !Mont- ^ 

'm 

pellier. ^ 

Acrojstichuni pulclirum 9 Asplenium Adîauluui nigrum» Âsplenium 

Onopferis. — Ces troîs espèces figurent dans la première édition du Species, 
mais, dans la seconde édition, Linné a fait disparaître la première et la der- 
nière, et en rapporte la synonymie a VAsplenium Adiantum nîgrum, Ldi 
première en était une forme à lobes entiers, « pinnulis indivîsis »; dans la 
description de la troisième, « pinnulis lanceolatis înciso-serratis » , il est 
difficile de^ ne pas reconnaître la variété p Serpentini Kocb, reprise plus 
tard comme espèce sous trois ou quatre noms différents. Est-il bien sûr qu'on 
eût mis la même ardeur à rendre a celte forme les bonneurs de l'espèce, si, 
au lieu de faire un m/Zt/, on eût simplement repris le nom à'Asplemum 
Onopteris L. (1) ? ' , 



M. Ém. Bescherelle fait à la Société la communication suivante : 



BIW'OLOGIE PARISIENNE. 



NOTE SUR LES MOUSSES DES ENVIRONS DE RAMBOUILLET 



r 

(SELNE-ET-OISE), par M. Emile BEISC'lIEBEIiliC:. 



Dans plusieurs noies insérées au Bulletin (2), nous avons, M. Roze 
et moi , essayé de compléter la géographie bryologique des environs de 

j h 

Paris, et, indépendamment des localités nouvelles pour des plantes rares*, 
déjà décrites dans les flores de Chevallier et deMérat, nous avons fait connaî- 
tre plusieurs espèces ou variétés intéressantes qui n'avaient pas encore été 
signalées dans la région parisienne. Nous sommes arrivés ainsi, depuis la 
publication de ces notes, à inscrire vingt nouvelles espèces dans le catalogue 
de nos environs. 



(1) Dix-neuf ans après la thèse de Nathhorst, un autre document, qui n'est pas sans 
importance dans riiisloire de la flore de France, nous venait d'un autre élève de Linné. 
En 1761, Forskal partait avec une commission de savants pour visiter l'Arabie. Leur 
navire dut relâcher à Marseille, et Forskal en profita pour visiter le quartier de TEsla- 
que. Il y récolla 264 espèces, « Cum dies vix unus huic negotîo superfuit » (?îiebuhr in 
prîBf. Forsk. Fi. (pg. arab. p. 15), et en dressa une liste sous le titre de : florula 
£STACENSis seu Flovula liltoris Galliœ ad Eslac prope Massiliam. Elle comprend les 
douze premières pages du Flora œgypliaco'arabicoj et renferme un grand nombre 
d'observations intéressantes sur des plantes que Fauteur croyait des types linnéens et 
dont néanmoins il signale les différences. Ainsi, à Faide de ses remarques, on reconnaît 
Xrès-hien qn"\\ a veuconiTé Y Agroslis verlicillataj Y Aira Cupaniana^ \e Dactylls hispa-. 
nica^ etc., qu'il rattache aux Agroslis stoloniferay Aira caryophyllea , Dactylis glo- 
wera/a, clc. Ce travail sera toujours consulté avec fruit par ceux qui s'intéressent à 
Fhistoire de la flore de France. 

(2) Voyez t. Vil, p. 433 ; t. VIII, pp. 82 et 444 ; U IX, p. 448. 



SÉANCE DU 16 JANVIER 1863. 21 

M. îlozc vous a entretenus récemment de sa récolte près de Beauvaîs (1); 
je vous demanderai aujourdMmi la permission de vous donner un aperçu 
des Mousses qui croissent dans les environs dp Rambouillet et de Saint- 
Léger. 

Depuis bien longtemps cette région est explorée par les botanistes parisiens, 

et, si la ' phanérogamie se trouve amplement représentée à Saint-Léger, la 
cryplogamie, et surtout la bryologie, n*est pas moins bien partagée sous ce rap- 
port. Les terrains à Sphagnum sont, en effet, les localités de prédilection de 
certaines Mousses et Hépatiques, et ceux dont je m'occupe ont de tout temps 

h 

attiré l'attention des botanistes qui ont étudié plus particulièrement cette 
partie de la science des végétaux. Malgré la luxuriante végétation de Sphag- 
num qu'on y trouve, on est étonné, quand on consulte les Flores de Cheval- 
lier et de Mérat, ainsi que le catalogue qu*a publié dans le Bulletin notre 
honorable collègue M. Le Uien, de voir seulement une dizaine de Mousses 
signalées à Saint-Léger. Cette stérilité relative nous avait toujours paru sus- 
pecte, et il était à supposer qu'un si petit nombre d'espèces ne s'y étaient pas 
seules donné asile, à Tcxclusion de tant d'autjes qui viennent ordinairement 
dans les terrains analogues. 

C'est donc dans le but de contrôler les recherches de nos devanciers que 
nous avons, M. Roze et moi, exploré au mois de juin dernier, les maraîd 
tourbeux situés entre Rambouillet, Poigny et Saint-Léger. MM. Richard et 
et Lefèvre (de Chartres) avaient bien voulu se joindre à nous, ainsi que 
M. Cintrât (de Paris). 

Lorsqu'on a quitté 5 Saint-Léger l'auberge classique où se donnent rendez- 
vous tous les botanistes parisiens, on rencontre a peu de distance du village 
de très-grandes plaines marécageuses oiX chacim va récolter les gracieuses 

espèces du genre Drosera, Là se trouve amplement leprésenlé le groupe des 
Sphognum. D'abord ce sont des touffes de Sph. cymhifolium Dill. ,aux tiges 
épaisses, garnies de feuilles largement concaves et surmontées de grosses cap- 
sules sphéri([ues d'un roux noirâtre. A côté se développe le Sph. acutifolium 
Ehrlï. , dont les tiges empourprées sont plus débiles et plus allongées. Au mi- 
lieu de ces touffes chargées de capsules plus petites qile dans l'espèce pré- 
cédente, croît Vllypnum stramineum Dicks. , aux longues tiges filiformes, 
qui contraste par sa couleur vert pale et le luisant doré de ses feuilles avec là 
teinte glauque des Sphaignes sur lesquels il s'appuie. Le Sphagnœcetis corn- 
munis Nées [Jungermannia Sphogni Hook. } se trouve également associé aux 
Sphaignes. 

A quelques mètres de là croissent en abondance, sur des mottes de terre 
formant comme de petits îlots dans ces marais, de larges touffes à'Aula^ 
comnium palustre Schwa^r. , chargées de nombreuses fructifications et 



(1) \oyez le Bullrlin, t. IX, p. 3CG. 






+ 



V- 



* 

22 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

de roscltcs niùles qui entr'ouvraient leurs feuilles périgoniales et laissaient 
Toîr les authéridîcs. 

VHypnum aduncum se développe aussi non loin de là, et plusieurs touffes 
portaient quelques rares capsules. 

Un peu plus loin et près de l'endroit où croît V Helodes palustris Spach, 
on récolte le Sphagnum cuspidatum Ehrh., espèce très-voisine du Splu acu- 
tifolium Ehrh., mais qui ne présente jamais la teinte rosée, quelquefois 
pourprée, qu'on remarque dans cette dernière espèce, et qui s'en distingue en 
outre, a l'œil nu, par des feuilles ondulées. Celte Mousse, assez rare c\ans nos 
environs, était en très^bel état de fructification. 

-^ Nous avoDS retrouvé, dans le même endroit, le Sphagnum molluscum 
Bruch , jolie petite espèce que j'ai déjà signalée en 1861, et qui mon- 
Irait encore ses belles peiites capsules sphériques, d'un rouge orangé, dont les 
spores étaient déjà disséminées; tandis que Içs autres espèces, beaucoup plus 
grandes, laissaient à peine entrevoir leurs capsules noirâtres, recouvertes encore 
de leur coiffe. 

- ' ' » - » > * * 

. Le Sphagnum subsecundum Nées et Hornsch. est également assez abondant 
dans le marécage de Saint-Léger, mais on y trouve encore plus fréquemment 
la variété contortum^ qui se fait remarquer par ses rameaux contournés et ses * 
feuilles rainéales tellement imbriquées de toutes parts, à l'état sec, qu'on ne 
saurait confondre cette variété avec les espèces du même genre. 

Une dernière espèce de Sphagnum se trouve aussi à Saint-Léger : c'est le 
Sphagnum rîgidum Schimp., que les flores parisiennes ne citent pas. Cette 
espèce, qui garnit presque tous les rebords des rigoles pratiquées dans ces 
marécages et les parties d'où l'eau s'est retirée, ne peut être confondue avec 
ses congénères, dont elle se distmgue par ses feuilles dressées et par ses touffes 
de 10 à 15 centimètres de hauteur, très-compactes et d'un blanc laiteux. Là 
aussi, dans les rigoles, viennent abondamment le Webera nutans Hedw., et, 
comme Hépatiques, les C heiloscyphus polyanthus, [Jungermannia crenu- 
lataet Calgpogeia Trtchomanes. > 

Nous avons cherché en vain le Sphagnum sguarrosum Pers., signalé 
dans les flores, etVBypmim trifarium Web. et Mohr, qui, pour Chevallier, 
n'est qu'une variété de VHypnum stramineum Dicks, dont je viens de parler* 
Il était réservé à notre honorable confrère qui vient de quitter la présidence de 

notre Société de récolter, quelques jours plus tard, dans sa localité classique, 
le Splachnum ampullaceum L. (1), que les herbes non encore coupées en 
juin avaient dérobé à nos recherches. 

En quittant les parties stagnantes, nous nous trouvâmes sur un terrain tour- 
beux, mais desséché, qui nous offrit une véritable forêt ^e Polytrichum com- 
mune L, ayant des tiges de 20 à 25 centimètres de hauteur. Cette espèce, 



(1) Voyez le Bulletin, t. IX, p. 399. 



' .- * 



/ ' 



SÉANCE DU 16 JANVIER 1863. 23 

auisi que M. Rozo l'a très-bJen*fait remarquer dernièrement, a jusqu'ici été 
confondue avec le P. fôrmosufn Heày/. y. donl elle se distingue aisément, 
même a l'œil na, par son opercule conique plus court et par ses capsules cu- 
biques à arêtes vives, tandis que le P. formosxim offre toujours un opercule 
assez long égalant très-souvent la capsule qtiî est elle-même plus allongée, 

r 

quelquefois arrondie et le plus souvent a 5 ou 6 plis longitudiuAtîx.: 
. Je n*ai jusqu'ici trouvé le P, commune L. qu'à Saint-Léger, Malesherbes 
et Montmorency, tandis qtie j'cii vii un peu partout le P. forfnosuîn Hedw. 
C'est, en effet. Ce dernier qu'on rencontre dans tous les bois sablonneux à 
Meudon, Chaville, Versailles, Fontainebleau, Viliers-Cotierels, etc. , etc. 
L'herbier de iMérat, conservé au Muséum d'histoire naturelle de Paris, «erenr 
ferme qu'un seul échantillon de P. commune L., récolté à Montmorency, .et 
encore ses longues tiges, de plus de 35 centimèlres, sont-elles stériles. ïou$ 
les autres échantillons jxirisiens de l'herbier de Mérat se rapportent au P. 



!î*r _:__; ■' *ji» 



formosum Hedw. , quoiqu'ils portent la dénomination de P. commune. 

. J*ai cherché vainement, sur les indications de M. Le Dieu et d'après un 

échantillon récolté par M, Tabbé Daeneii , le DicranuW, Schradèri Schwàegr. , 

que réminent auteur du ^ryo/o^ym europœa indique dans les régions monta- 

w 

'gueuses et subalpines. Tous les échantillons de /?icranwm que j'ai récoltas 
dans les marécages se rapportent au Dicranum palustre La Pylaie. Ceux que 
j'ai trouvés un peu plus haut, entre les bruyères, en regagnant Poigny, n'of- 
frent que les caractères du Dicranum spurium Hedw. (stérile), que M. Le 
Dien indique seulement à Villers-Cotterets et que j'avais déjà récolté en bel 
état de frucliûcaiion, à Fontainebleau, dans une excursion faiîe au mois d'avril 
dernier avec MM. Grœnîand, Roze, Dalirnîer et de Mercey. J'avais quelques 
raisons de douter de l'existence du Dicranum Schradèri Schwaegr. dans nos 
environs. Aussi, voulant m^assurer de son identité,* ai-je prié 3L l'abbé 
Daenen, qui a, indirectement il est vrai, fait ajouter cette Mousse à notre flore, 
de m'envoyer un des échantillons qu'il avait récoltés à Saint- Léger. • 

J'ai le regret de déclarer que Téchanlillon adressé par notre honorable col- 
lègue de Dreux se rapporte à VAulacomnium palustre Schwaegr., de même 
que celui qui se trouve dans Therbier de notre coIlè(;ue M. Lefèvre, et qui 
lui avait été donné par M- l'abbé Dœnen. Cette jolie Bryacée croît, en effet, 
très-abondamment dans les marais de Saint-Léger; mais elle diffère sous plus 
d*un rapport du Dicranum Schradèri Schwœgr. qui, jusqu'à de plus heu- 

■ * 

reuses recherches, devra être rayé de la flore parisienne. 

En rentrant à Ptambouillet, nous nous sommes dirigés sur l'étang du Seri- 
saye, mais l'heure avancée ne nous permit pas cette fois d'explorer avec soin 

cette localité. Je signalerai cependant, en passant, quelques espèces intéres- 
santes que j'ai récoltées sur les bords de cet étang. Nous y avons retrouvé les 
Sphagnum molluscum et rigidum déjà cités plus haut, et un Cnmpylopus nou- 
veau pour notre flore, le Campylopus torfaceus Hy. et Sch. , dont les touffes 



bf 



u 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE 



étaient mêlées a une jolie petite Hépatique, Te Jungermannia setacea, que je 
n'avais pas encore rencontrée dans nos environs. Sur les talus fraîchement 
remués des rigoles de drainage, se développaient les individus mâles du Dicra^ 
iiella riifescens Schimp. qui se distingue du Dicranella varia Schimp. par sa 
teinte roussâtre, sa capsule dressée, symétrique, et par ses feuilles falciformes 
tournées du même côté. Nous arons trouvé encore en cet endroit de jolis 
èch2Lu\i\lons de Pleur idiu m nitidum Br. et Sch., dont les petites capsules 

subaxillaires étaient encore recouvertes de leur coiffe. 
ù Mais nos boîtes et nos poches étaient pleines d'une riche récolte, et l'heure 
avancée nous obligea de ne pas pousser plus loin nos recherches et de termî- 
ner une journée dans laquelle nous avions découvert quatre plantes nouvelles 
pour notre flore, et constaté de nouvelles localités pour d'autres Mousses assez 
rares déjà signalées dans les catalogues parisiens. 



et,. «_f 



r 

M. Le Dien dit que, s'il a cité le Dm^anum Sch^aderi à Ram- 
bouillet, c'est sur la foi de M. Schimpér, à qui avaient été soumis 

w 

les échantillons qu'il a examinés dans l'herbier de M. Cosson. 
Quant aux Polytrichiim commune et P. form^osum^ il dit n'avoir 
jamais observé que l'une des deux espèces aux environs de Paris. 

M. Bescherelle dit que Mérat a appelé Polytrichum commune var. 
pailidisetumle vrai P. formosum^ qui est beaucoup plus commun 
aux environs de Paris que le P. commune. 

M. Roze rappelle que le P. commune^ qui forme d'énormes 



^ * * 



touffes ^ dans les marais tourbeux, présente une urne à quatre 
angles énormes, tandis que le P. formosum^ beaucoup plus spora- 
dique, mais très-répandu dans les terrains sablonneux, offre une 
urne à A-6 angles. ,..,„. 

L 

, M. Ed. Bureau, vice-secrétaire, donne lecture de la communica- 
lion suivante, adressée à la Société ; 



4 



. NOTICE DE M. Tabbé MIl'XiiCIVIIiliE; SUR QURLQIIES PLANTES RÉCOLTÉES 

DANS LES HAUTES- PYRÉNÉES EN 1860-1862.^ 



(Notre-Dame de-Garaison, 29 novembre 18G2.) 



L - - 

r 

M. J. Gay, après avoir élabli le fait de la croissance spontanée de son Ajax 
muticm aux Pyrénées, à la montagne d'Esqniérry, termine ainsi sa commu- 
nication insérée dans notre Bulletin (1) : « Ceci prouve, pour le dire en pas- 
» sant, que les Pyrénées n'ont pas dit encore leur dernier mot, et qu'elles ne 



/ 






(1) Voyez le Rullelin, t: H, p. 279. 




H 



SÉANCE DU 16 JANVIER 1863. 25 

» sont pas encore épuisées, malgré les nouveautés nombreuses qu'elles ont 

» fournies à notre science depuis les publications de Lapejrouse. » Tout porte 
à croire que Téminent botaniste est dans le vrai, et que nos montagnes ren- 
ferment encore quelques richesses végétales qui ont échappé à tant d'explora- 
tions dont elles ont été l'objet. Mes récoltes de Tannée peuvent en servir de 
démonstration péremptoire. J'ai à ma disposition des plantes qui m'intéres-^ 
sent au suprême degré. Quelques-unes me paraissent être des formes spéciales 
et non signalées jusqu'à ce jour parla science, à ma connaissance du moins, 
d'espèces connues depuis longtemps. Il y en a d'autres qnî, sans être nouvelles 
pour la flore française, pourraient être de vraies nouveautés pyrénéennes. 
J'ose espérer que dans le nombre il se trouvera d'heureuses découvertes qui 
ne seront peut-être pas sans quelque valeur. C'est le motif qui me détermine 
h envoyer à notre Société ces raretés florales, avec une esquisse aussi abrégée 
que possible du résultat de mes études. 

Mais, avant d'entrer en matière, il ne sera pas hors de propos d'exposer le 
programme dans lequel j'ai Tintention de me circonscrire. Ce programme 
m'est tracé par un savant article de M. le docteur Gubler, inséré dans le Bul- 
letin de notre Société (1) : « Si je crois devoir protester, après d'illustres de- 
» vanciers, dit l'éminent confrère, contre l'introduction d'un grand nombre 

d'espèces nouvelles dans le catalogue de nos flores, je me garderais bien 

j 

• d'ailleurs de demander la suppression de toutes les formes décrites. Ces 
»> formes, je les accepte sans peine, à la condition de les catégoriser et de 
» leur assigner leur véritable rang dans la nomenclature. Les considérer 
» comme non avenues, ce serait nier les résultats de l'observation ; les ranger 

* purement et simplement sous une dénomination spécifique commune, ce 
^.serait, selon nioî, établir la confusion sous prétexte de faire de la synthèse. » 
^i Je crois, avec M. Gubler, que bien des espèces de création moderne doivent 

descendre à l'humble rang de simples variétés. » Je crois, avec M. le comte 
Jaubert, que « remanier indiscrètement les anciennes espèces pour en tirer de 
» prétendues nouveautés à l'aide de différences impalpables, c'est s'appauvrir 
» sous prétexte de perfectionnement (2j. » Je crois, avec l'un et l'autre, à la 
légitimité du cri d'alarme poussé par d'honorables confrères, à la vue des dévia- 
tions téméraires où vont se perdre tant d'amateurs de savantes minuties. Je croîs 
que cette tendance exagérée, inaugurée par la systématique Allemagne, à di- 
viser et à subdiviser indéfiniment les types linnéens, est un danger sérieux 
pbur notre belle science. Mais, s'il faut admettre, avec MM. Decaisne et Gubler, 
-que « les véritables espèces sont noyées dans ta multitude des mauvaises », 
il faut aussi admettre, avec tout le monde, que les grands législateurs de la 
science, Tournefort et Linné, et tous les partisans exclusifs de leur école, 



(1) Voyez le BuUelin, t. IX, p. 198. 

(2) /Wd., t. V, p. 9. 



26 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

coiifondenl « dans une même dénomiqation certaines bonnes espèces parfaite- 
» inent distinctes >v II faut.adnieltie qu'à ce point de vue la botanique dès- 
cri^tive attend une amélioration, et que le mouvement analytique qui la pré- 
pare, au Jieu d'être enrayé, doit être maintenu, à la condition d'être gouverné 
par les régies d'unç.pge synthèse qui en prévienne les écarts. Il me semble- 
rait que la méthode la plus sûre consisterait à fondre les principes vrais des 
deux écoles, de l'école ultra-analytique et de l'école ultra-synthétique, en re^ 
jetant ce qu'elles ont.d'.exagéré. La. vérité est comme la vertu ; elle a peur des 



» / W^ " • ' " ■ r 



extrêmes. 

Qu'il me soit aussi permis de faire observer que, si j'adopte des noms 
particuliers pour les plantes litigieuses ou inconnues, ce n'est que dans le but 
d'éviter la confusion Ji laquelle unç distinction purement numérique m'expose- 
rait. On voudra bien n'y voir que des Jalons qui doivent me diriger dans mon 
travail. Je n'entends nullement présenter comme définitive une nomenclature 
^ui n'est pour moi qu'u}\,sçc;ours provi^oÂre. .,, , 

, Ouant à l'ordre de mes éludes, il m'est indiqué par la série des familles 
naturelles généralement adoptée. 




,. *^^^ *^.^w 



^ *- 



'-* C- 



1 \ 



, 1 r • 



ï. — C'est dans la ville de Cauterets, si renommée pour la vertu de ses 

r 

eaux thermales, que j'ai récolté à la fin d'avril et au commencement de mai 
les végétaux dicotylédones qui vont m occuper d'abord. . ^b 

En première ligneparaît leCAPSELLA alpesïrjs, dont je retracerai les carac- 
tères distinctifs. Pourvue d'une corolle une fois plus longue que le calice gla- 
bre, uni à la base, à sépales lâches et purpurins, notre Crucifère a les anthères 
ovales. 5a grappe frqçtifère, assez courte, se compose d'un nombre assez res- 
treînt de pédoncules filiformes, dressés à angle aigu. Le style, d'abord saillant, 
l^'est jamais dépassé par les lobes die la silicule à peine échancrée au sommet, 
et prçsque aussi large qti^ longue. Les feuilles radicales, péliolées, pennati- 
fides-dentées, à lobes internes triangulaires-aigus, et à lohe terminal briève- 
ment ovale, se déploient en rosette élégante et plus ou moins diffuse. Les cauli- 



.^ 



> > 



naires, pennatifides ou dentées, embrassent la tige par deux oreillettes aiguës. 
C'est une planiç.^r^/e,.de 2-8 centimètres, d'un vert terne ^i j aunâtre ^ mol- 
lement velue, à tige simple, à racine filiforme en fuseau. ^ 

Sans parler de son style inclus, de sa silicule d'un tiers plus longue que 
large, assez profondéi^ieut échancrée, de sa grappe fructifère c/m/'<7<?e de pédon- 
cules étalés à angle rfro?7,^ çlçs oreillettes courtes et arrondies de ses feuilles 
caulinaîres, etc., on dirait que le Copsella Bursa pasioris de nos auteurs dif- 
fèrç, surtout ue notre C. atpestris par la lortgueur de sa tige de 2-k décimè- 
tres et par le type,de,sa physionomie luisante et verte. ,, / *" 

Ce dernier caractère n'abandonne jamais la plante de Mœnch, résistant en 
toute saison et en tout lieu, en hiver comme en été, dans les plus hautes ré- 
gions comme dans les terres basses, à ce perpétuel mouvement dé polymor- 



^_'_rtfi 



« 



SÉANCE DU 16 JANVIER 1863. 27 

phie qui n'épargne aucune de ses parties élémentaires. Je l'ai vue aussi fraîche, 
aussi succulente dans les vallées de la chaîne centrale de nos montagnes que 
dans lés champs et les prés du bassin sous-pyrénéen. De son côté, le Cop- 
sella alpestris, d*une imperturbable invariabilité dans sa stature, ne change 
ijamais de forme. Nulle différence ^ntre mes exemplaires de la vallée de Lu- 
tour et des bords du lac de Gaube, et mes échantillons recueillis le 17 avril 
beaucoup plus bas et à Cauterets môme, soit près du Mameloa-vert, soit entre 
la rue et le pont de la Raijlère. Nos plantes végètent pêle-mêle dans ces deux 
dernières localités, et elles tranchent si bien par leijr port, leur taille et leur 
aspect, que l'esprit doit se faire une sorte de violence pour souscrire à leur 
identité. Je viens donc prier mes savants confrères de Parisd'examiner si la 
petite Crucifère doit rester dans le modeste rang de forme, ou si elle mérite 
d'être élevée à la dignité d'espèce. Pour mon compte, j'aurais surtout voulu 

comparer leurs graines ; mais, leurs fruits n'étant pas mûrs lorsque je dus 
ijttkter Cauterets, cet élément a manqué k mon analyse, f. - . \ 

.- A côté du Capsella alpestris croît à Cauterets le Valerianella fusilla. 
Cette épithète rend à merveille l'exiguïté de sa taille et l'élégance de son 
port. La première vue de cette Mâche me fit croire que j'avais sous la mi^în un 
trésor précieux pour la science. Une étude plus attentive me confirma bientQt 
dans cette idée. Il me fut impossible, après l'avoir maintes fois analysée, de la 
rattacher nettement h aucune des espèces décrites dans les Flores qu'il m'est 
donné de consulter. Comme il fallait se décider et que je ne pouvais me per- 

i. 

suader qu'une plante aussi commune eût échappé à tant d'habiles explora- 
teurs de nos montagnes, je firfîs par la désigner «vec doute sous le nom de 
Valerianella olitoria. M. Bouteiller , professeur à Provins (Seine-et-Marne), 
vient de m'écrire qu'?7 n'y a rien de moins certain que cette dénomination. 
3'adhère volontiersà Topinion de ce savant botaniste; je conviens avec Inique 
le synonyme hasardé se trouve faux. Qu'est-ce donc que notre Valerianella 
piisilla? Je l'ignore complètement. Pour parvenir à une détermination 
sûre, à line distinction positive dés espèces de ce genre, il faudrait un rigoureux 
examen du fruit dans son entière maturité. Ne le possédant pas, je ^uis 
forcé d'ajourner cette opération à une époque plus opportune. Lis amateurs 
seront cependant bien aises d'en retrouver ici une description prise sur le vif. 
Le F<7/mane//a />W5///a est une plante de 3-8 centimètres, d'un vertlendrev 
a fleurs blanches légèrement lavées de bleu. Son inflorescence consiste en 
corymbes serrés et plans, à rameaux dressés et peu divergents. Sa tige, un 
peu hispidulée sur les angles, n'est rameuse-dichotome qu'au sommet; çt çp 
caractère, d*une persistance inaltérable, sépare déjà noire Valérianée de la 
plupart des Mâches connues en France. Quoique le péricarpe, à peine formé et 
vu à la loupe, m'ait paru ovale et lisse, il serait téméraire de se prononcer sur 
ce point. Les bractées sont peu étalées, linéaires, arrondies au sommet, ciliées 
et scarieuses à la base. Les feuilles sont entières et glabres ; les radicales rétré- 



28 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

r 

cies en large pétiole et ovales en spatule, plus courtes et plus obtuses que celles 
du Valerianellaolitoria; les caulinaires inférieures, plus étroites, linéaires- 
spatulées; les supérieures, linéaires-elliptiques, rarement dentelées à la hase. 
Le Valerianella pusilla abonde au printemps dans les prairies qui bordent la 
route de la Raillére. C'est là que je le découvris, le 17 avril, en compagnie du 

Myosotis nana. 

Le Myosotis is ana est une Borragînée de 2-6 centimètres, hérissée-soyeuse. 
Ses fleurs forment une courte grappe, nue ou feuillée, un peu lâche après 
l'anthèse. Le pédicelle fructifère inférieur est quelquefois plus long que le 
calice, les autres l'égalent ou en sont dépasses; plus ou moins appliqués 
contre Taxe de la tige, ils sont tous couverts de longs poils étalés. Le tube de ^ 
la corolle concave excède le calice fendu presque jusqu'à la base et chargé de 
soies courbées en hameçon dans le bas, droites dans le haut. Une membrane 
fineetpliée en dedans borde dans leur moitié supérieure les carpelles verts, 
luisants, presque aigus. Les feuilles sont àhm vert jaunâtre et très finement 
tuberculeuses ; les radicales, obovées, brièvement et largement rélrécies en 
pétiole; les caulinaires et les florales oblongues, plus ou moins spatulées. La 
tige est droite, roide, simple ou rameuse ; la racine est fibreuse, extrêmement 
ténue, et annuelle. > 

Dépourvu de leurs caradères-types, le Myosotis nana ne peut être soumis 
à une étude comparative avec les M. silvatica, alpestris et pyrenaica. Les 
seules proportions de leur Corolle plane font de ces trois derniers une catégO- 
rie à part. Le 1\L nana est loin de réunir les éléments constitutifs du M. in- 
ierrnedia ou du M.hispida. Il se rapproche sans doute de l'un et de l'autre, 
par l'exiguïté et la délicatesse de ses fleurg, comme il se rapproche du M. ptj- 
renaica par sa lige droite et inflexible, par ses longues soies étalées et blan- 
châtres. Mais leur stature de 2-6 décimètres, le tube de leur corolle dépassé 
par celui de leur calice, les feuilles d'un vert sombre du premier, d'un vert 
gai du second, forment un contraste significatif avec les éléments correspon- 
danls de leur congénère. L'exiguïté de sa taille invariablement n«me, le carac- 
tère propre de sa physionomie et son extrême villosité éloignent le M. nana 
de tous les autres Myosotis de nos montagnes. 11 ne ressemble en rien au 
M. nana Villars. Les carpelles de la plante des hautes Alpes du Dauphiné 
présentent quatre faces à quatre angles, et les angles latéraux sont souvent 
hérissés d'un rang d'aiguillons. Une simple bordure lisse couroime les car- 
pelles du J/. nana des Pyrénées. Je ne serais point étonné que la science se 
décidât tôt ou tard à l'admettre comme espèce. 

Les botanistes ne s'entendent guère au syjet d'un Primula que je nom- 
merai Primula pyrenaica. Cette belle plante se mêle aux Myosotis nana et 
au Valerianella pusilla dans toutes les prairies basses de Cauterets. Je l'ai 
maintes fois observée dans les prairies des vallées d'Isure et du Louron ; je 

sais Qu'elle surabonde dans celles de Rarréores et de r.ainnan n'anrès rert;iîns 



\ 



SÉANCE DU 1(5 JANVIER 1863. 29 

botanistes, elle ne serait point distincte du Pvimula officinalis. On ne peut 
être de leur avis lorsqu'on met en regard les exemplaires du P. pyrenaica 

r 

et ceux du P. officinalis type, ou de sa variété ampliala Koch. Son calice, au 
lieu d'être ouvert et très-enflé, est simplement campanule et lâche. Je pense 
pour celte raison, avec !\L Bouteiller, que la plante des Pyrénées nest certain 
nement pas la plante provinaise ou parisienne. Celle-ci a d'ailleurs les fleurs 
petites et très-odorantes, tandis que le P. pyrenaica les a peu odorantes cl de 
forme moyenne; 

D'autres prétendent que c'est le Primula suaveolens Bertol. , ou, ce qui 
revleni au même, le P. Columnœ Tcnore. Ils assurent que d'habiles bota- 
nistes, ayant comparé la plante des Alpes à celle du Tirol, en ont reconnu 
l'identité. Mais la corolle de cette dernière, très-différente de la corolle de la 
nôtre, rend cetie identité inadmissible. Dans le P. pyrenaica^ le tube de la 
corolle dépasse évidemment celui du calice. Le contraire a lieu dans la plante 
de Tenore et de Berloloni; car on lit dans Bertoloni [FI. itaL U II, p. 376) : 
limbus corollœ parvus, concavus ; et dans Tenore {Syn. p. 88): corollis 
calyces maxime inflotos suhœqmmtibus. Or ces caractères ne vont point à la 
plante des Pyrénées ; ils nous ramènent au P. officinalis. 

Enfin, M. Bouteiller m'écrit que « ma plante, n'ayant pas le calice enllé du 
» Primula officinalis, ne pouvait pas être évidemment prise pour le/*. Tom- 
» masinii, et que pour lui, s'il lui était permis d'émettre une opinion, il la 
» considérerait comme le P. elotior, à cause de sa corolle plane, de son 
» calice appliqué, vert sur les angles, blanchâtre et transparent dans les inler- 
» valles, a dents lancéclées-acuriiinécs. Seulement, ajoute-l-il, je trouve ces 
» dernières plus courtes et moins longuement acuminées, comme vous le ver- 
» rez aux échantillons provinais que je vous adresse. « Je répondrai respec- 
tueusement au savant botaniste de Provins que le vrai P. elalior, qui 
abonde dans nos monlagnes, se distingue par son calice très-vert^ à peine 
blanc dans les intervalles^ très-serrê contre la corolle, et k dénis tres-^ 
longues et très-aiyuës. Or ces caractères sont peu saillants dans le P. pyre- 
naica, qui a en outre les fleurs plus petites et d'un jaune bien plus foncé, les 
feuilles plus vertes et plus allongées. Ces plantes constilueront toujours deux 
espèces bien tranchées pour quiconque les contemplera et les étudiera sur 
le vif. 

Quant aux raisons qui font douler M. Bouteiller de l'identité du Primula 
pyrenaica 2^Qc\t P. ^Tommasinii de la Flore de France, elles sont d'au- 
tant plus puissantes pour moi que les feuilles du premier n'ont point avec 
celles du P. ofj^cinalis celte conformité assignée comme caractère spéci- 
fique à sa plante par M. Greniet (de Besançon). A la niêmc époque et sur le 
bord du scnlier du Camp-Bascou, presque au point où ou le quitte pour faire 
l'ascension du Monnc, fleurit à Caulerets une autre Primevère qui réunit 

exactement rinflorescence du P. pyrenaica et la feuillaisoa du P. offici- 



30 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

nalis (1). Vraisemblablement, c'est la plante de notre pic de Lhéris, publiée, 
sous la dénomination de P. Tommasinit^ par réminent botaniste que je 
viens de désignei^. - 



■C'i 



4 ; - - 



En face de tant d'opinions diverses et de difficultés sérieuses, j'ai cru qu'il 
était de l'intérêt de la science d'éveiller sur ce point l'attention des botanistes 
français. Je prie en particulier mes honorables confrères de Paris de donner 
à noire Primevère une détermination définitive qui mette fin à nos incerli^ 
tudes. La dernière des phrases de M. Bouteiller que j'ai eu l'honneur de citer 
insinue déjà à la science qu'elle pourrait être une bonne espèce, intermédiaire 
an Primula officinalis et au P. elatior. » ^ 

"'Avant d'en finir avec les plantes de Cauterets, qu'on veuille bien me per- 
mettre de nouniier une petite Véronique que je trouvai le 2 mai dans l'im- 
mense et sauvage vallée de Lutour. Cette jolie plante, très-commune aux 
Pyrénées, se tient généralement dans les régions élevées. Cette année encore, 
je l'ai revue pour la cinquième ou sixième fois dans le beau plateau qui se 
déroule au pied du cirque de Trémouse, à 6 kilomètres environ de la cha- 
pelle de Notre-Dame-dc-Héas. Ses tiges,' couchées et radicantes dans toute 
leur longueur, rameuses et pourvues de radicelles axillaires; ses feuilles rap- 
prochées et presque orbiculaires; ses fleurs réunies en grappe courte et serrée, 
blanches et rayées de bleu, plus grandes et moins nombreuses que celles du 

Veronicà serpyllifoliay nous disent déjà qu'il s'agit du Veronica tenella 
Allioni. Des auteurs du premier mérite la mentionnent seulement comme 
une forme du K serpylUfoUa. D'autres, non moins distingués, subjugués par 
l'importance des caractères que je viens d'exposer, ne peuvent s'empêcher d'y 

H 

voir une excellente espèce. Si je ne me trompe, il y a bien autant de diffé- 
rence entre le V. tenella et le V. serpyllifolia qu'entre le Viola alba et le 
K hirta^ le Sedum Telepliium et le S. Fabaria^ VArtemisia Villarsii et 
VA. spicafa^ etc. Il me semble qu'on devrait replacer notre planté dans le 
poste d'honneur que lui avaient assigné Allioni, Lapeyrouse et tant d'autres. 






/ 1 



{La suite au prochain numéro.) 



- \ 



M. Duchartre rectifie et complète de la manière suivant 
m qu'il afailOj dans la séance du 28 novembre dernier 
laricus edulis gigantesque : 



1 \ i 



Ce n'est pas M. Chevreul (comme on Té imprimé par erreur), mais 31. Ro- 
bhiet qui a fait connaîfre h la Société impériale d'Agriculture que M"*^ Mil- 
let, sa sœur, à trouvé dans une vigne à Genillé (arrondissement de Loches, 
Indre-et-L(^re) un Agaricus edulis présentant les dimensions suivantes : 



(1) Je n'en possède qu'un seul exemplaire. 

(2) Voyez le Bulletin, t. IX, p. Û47. 






I 



SÉANCE DU 16 JANVIER 1863. 31 

; ' Hauteur du pédicule. 1\ . .1 .'..,... . O"",!.^ T 

Circonférence du pédicule. .......... )3'",i8 ... 

Diamètre du chapeau. . 0™,35., 

* ; Circonférence du chapeau. l'^,OÔ 

. ^ Poids ...,.....,•-.,..■. .■ 1 kilogr. 

M. Eugène Fournier, secrétaire, donne lecture de la communi- 
cation suivante, adressée à la Société ; 



¥■ ' X I j ^_ 



■^ « 



»? 



^ J 1 * 



SUn LES ORGANES DE LA FRUCTIFICATION DU NITELLA STELLÏGEM Bauer, 



par M. Alph. de ROCHEBRUilîE. 

(Angouléme, 39 octobre 1862.) 



* r- "^1 



Le Nitella stelligera Baner , par la présence d'étoiles d'un blanc d'ivoire 
situées aux articulations les plus inférieures des tiges, étoiles constituées par 
l'avortcinent des ramuscules des verticilles soudés en une masse crustacée (1) , 
avait vivement captive l'aUention des botanistes a cause même de cette con- 
formation assez rare chez lesCharacées, et que cependant des études ultérieures 
ont établie comme caractéristique, avec certaines modifications toutefois, de 
plusieurs espèces, spécialement dans le genre Chara[T), 

Lès stations du N. stelligera sont situées sur un assez vaste rayon, d'après 
les indications mêmes de Waiiman, qui le signale en France, en Allemagne, 
en Bohême, en Russie, etc. (3)- 

Cependant, malgré ces stations nombreuses et surtout son extrême abèn- 
dancedans les localités qu'il affectionne, eaux stagnantes profondes, fleuves et 



rivières à courant tranquille, le N. stelligera n'est encore aujourd'hui que 
très-imparfaitement connu, car les organes de la fruclificaiion, dans lesquels 
résident des caractères essentiels, ont été ou mal décrits par les auteurs qui les 
ont vus, ou bien ontécbappé aux recherches des explorateurs. 



-*if rA ^JT '> t A' 



Les anthéridies, dont nous ne trouvons que quelques mots les concernant 



(1) Coss, et Gérai, de S^-P. FL par. édit. 1, p. G81. / j^j, ^r- j 

(2) Les différentes notes de M. Durieu de Maisonneuve publiées a\iBuUelin. t. VI, 
p. 179, et C. VÏI, p. 627, ont démontré la présence de bulbilics sur utr assez grand 
nombre de Characées. Ces buîbilles sont ou simples ou composSs ; simples nolaniment 
chez le Chara aspera Willd.; composés chez le Chara fragifera DR., qui, par excep- 
tion, en présente parfois de simples mélangés avec les composés. 

Le Chara aspera était jusqu'à présent la seule espèce connue présentant uniquement 

des buîbilles unicellulés sans mélange de buîbilles composés ou buîbilles normaux. 

Nous devons signaler une seconde espèce présentant le môme fait. Le Chara alopecu' 

roides ! Del., que nous avons découvert ily a deux années dans les marais salants de la 

Charente-laférieure, de même que le Chara aspera^ présente uniquement et toujours 

une innombrable quantité de buîbilles unicelluléSy identiques en tous points avec ceux de 
ses congénères. 



î 



..C'est un fait qui nous semble présenter un haut intérêt et que nous nous empressons 
de signaler simplement, en attendant de soumettre à la Société un travail sur cette rare 
etcurieuse espèce. §, 

(3) Wallman, Essai syst. des Characées, p. 34. 



f 



« 



32 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

dans Walhuan [loc. cit.)^ et dont les flores ne disent rien, n'ont jusqu'ici 
jamais été observées sur des échantillons français. Quant aux nucules, tou- 
jours d'après Wallman, le petit nombre d'exemplaires qui ont été découverts 
sont, sans exception, de provenance française, et dans une note {loc. cit.) il 
signale les savants auteurs de la Flore parisienne comme les seuls qui aient 
observé ces nucules. 

Nos recherches quotidiennes sur les Châracées des deux Charentes nous ont 
fourni le moyen de rencontrer, pourvus d'anthéridies et de nucules, d'in- 

r 

nombrables échantillons de N. stelligera. 

D'un côté, les caractères différentiels existant entre les nucules des échan- 
tillons charcutais et les descriptions des auteurs ; de Taulre, la découverte 
d'anthéridies sur les sujets recueillis dans nos contrées, découverte que nous 
croyons pouvoir signaler comme la première qui ait été faite en France, nous 
font un devoir d'en informer la Société et de donner une description succincte 
^e ces organes peu connus. ' 

Anthéridies. — Beaucoup plus grosses que dans les autres espèces (plus 
grosses que leurs propres sporanges), bien plus molles, déforme moins parfai- 
tement sphérique et comme déprimées; le plus grand diamètre existant dans 
le sens de leur équateur presque saillant ; beaucoup plus pâles (rouge brique), 
inégalement colorées et lachelées le plus souvent par le retard que met à 
passer du vert au rouge la couche obchromule en grains qui tapisse la partie 
interne des cellules formant la carapace. 

Le cercle transparent donné par l'épaisseur transversale des cellules de 
Tenveloppe paraît plus étroit que dans la plupart des autres espèces, relative- 
ment 9U diamètre total de l'anthéridie. 

Les flogellum, ou rubans porte-anthérozoïdes, ont une épaisseur égale a 
ceux des anthéridies bien plus petites des autres espèces. 

, ri 

Nous nous sommes convaincu , par des observations faites à diffé- 
rentes époques, que Tàge ii*influe en rien sur la constitution de ces anthé- 
ridies. 

Les anthéridies du N. stelligera, comme on le voit, diffèrent sdus très- 
peu de rapports de celles des autres espèces du genre. Quant à la position 
qu'elles occupent, elle a été très-bien définie par Wallman [toc. cit.), seule 
description du reste qu'il en donne : Antheridiis in divisuris solitariis 
geminisve. . " ' 



WucuLES. — Nous avons établi plus haut qu'il existait des différences assez 
notables entre les nucules des échantillons charentais et celles décrites par 



les auteurs. 



Nu 



striatis, et en cela il semble ne donner qu'une traduction delà diagnose de 
MM. Cosson et Germain de Saint- Pierre {toc. cit.) avec une imperceptible 
modification : Sporanges solitaires au niveau des bractées, ovoîdeSy à 
5 stries, > ... ' 



3 _ 



SÉANCE DU 16 JANVIER 18(53. 






La description de i>J. Boreau (1) est en quelque sorte identique : Sporanges 
soit/aires, presque a 5 suies. 

Les nombreuses nucules observées sur nos échanlillojis doivent être ainsi 
caractérisées : JVuculis soUtariis geminisve, rotundatis 5-S'Slriatis. 

Les nucules du N. stelligera chareniais présentent une forme arrondie 
sphérique^ et non pas ovoïde ; elles sont terniînées par une pointe obtuse, 
géminées très rarement solitaires^ et non pas toujours solitaires au niveau 
des bractées, lesquelles sont presque toujours avortées ; 5-8 stries^ le plus 
généralement 8, et non pas toujours 5 stries. 

Le N. stelligera se rencontre dans la Charente par toufies irès-volumi- 
neuses, dans les endroits les plus profonds, où il forme des îlots parfaitement 
limités et échelonnés sur un espace de 800 mètres environ. 

D'une couleur vert olive intense, il ne présente que rarement de légères 
traces d'incrustation; les organes reproducteurs commencent à se montrera 

ri 

la fin d'avril et subsistent jusqu'à la mi-octobre. 

Un fait qu'il est important de signaler, c'est l'abondance ou la rareté des 
bulbilles stelliformes eu raison de l'abondance ou de la rareté des organes re- 
producteurs. Tous nos échantillons pourvus de ces organes présentent, il est 
vrai, des étoiles, mais en nombre moins considéiable et de forme moins ro- 
buste que les rares touffes non fructifères. De plus, le nombre et le volume 
des étoiles semblent diminuer en raison de l'accroissement et de l'apparition 

^ 

des nucules et des anthéridies. 

Nous avons recueilli des échantillons bordelais couverts de magnifique» 
étoiles sans aucune trace d'organes reproducteurs. 

Nous sommes porté a considérer ce phénomène comme une sorte de ba- 
lancement organique, balancement que l'on peut constater sur d'autres espèces 
de la famille des Characécs. 



(1) Flore du Centre^ édit. 3, p. 754. 



ï. X. 



3 



34 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



^1 



y 



SÉANCE DU 30 JANVIER 1863. 






PRÉSIDENCE DE M. £• COSSOX. 



M. Eug. Foumier, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de 
ia séance du 16 janvier, dont la rédaction est adoptée : 

Par suite de la présentation faite dans la dernière séance, M. lé 
Président proclame l'admission de : ; 

M. Gaudefroy (Eugène) , attaché au ministère de l'intérieur, 

rue de la Montagne-Sainle-Geneviève , 35, à Paris, pré- 
senté par MM. Bescherelie et Rozc. 

' M. le Président annonce en outre deux nouvelles présentations. 

M. le Président annonce aussi à la Société la mort regrettable de 

M. Eugène Poucbct, l'un de ses membres, décédé à Saint-Yon 

(Eure) en juillet J 861; la nouvelle de cette perte n'est parvenue 

que récemment à la connaissance du Bureau. — M. Eug. Fournicr 

donne lecture de Vextraît suivant d'une lettre qu'il vient de rece- 
voir à ce sujet de M. Malbranclie (de Rouen) : 

^ 

.•.M. Pouchet était surtout numismate : il possédait une collection remar- 
quable de médailles, et il était parfaitement au courant de leur valeur. Il 
avait formé un herbier de plantes spontanées et cultivées, au classement duquel 
j'avais beaucoup coopéré. Il se plaisait a herboriser, et se montrait souvent 

É 

infatigable pour de longues et patientes recherches dans les marais et les bois 
qui avoisînaîent sa propriété (marais Vernier et forêt de Bretonne), et dont il 
connaissait les plus secrètes localités. Il cultivait, dans un petit coin spécial de 
son jardin, des plantes rares françaises ou étrangères, qu'il entourait de soins 
particuliers et qu'il montrait avec une certaine satisfaction. Je me rappelle, 
entre autres, le Jeffersonia, qui fructifiait très-bien et qu'il m'apporta pen- 
dant plusieurs années. Vous savez avec quelle affabilité il exerçait l'hospilalilé, 
et combien il était heureux de faire les honneurs des localités botaniques de 

r 

sa contrée. 

Lecture est donnée d'une lettre de M. Ch. Fermond, qui remercie 
la Société de l'avoir appelé aux fonctions de vice-président. 



Dons faits à la Société : 
1*" De la part de M. Al. Braun : 

(feùer die Bedevtung der Morphologie. 



SÉANCE DU 30 JA?sVIEK 1803. 35 



Zivei Deutsche hoëtcS'Artcn. ' ^- ' 

Index seminum Horti botanici berolinensis (suivi à'uwAppen 
De génère Armeriœ dissertotio inauguraiis\ îixxzl. V\\ Petil 

I " h 

2" De la part de M. R. Caspary : . . 

Ueber die Gefœssbuendel der P/lanzen. 

3° De la part de M. Alph. de Rochebrune i 

Observations sur le Cypris fusca. 

A" De la part de M. Todaro : 

Index semimim Horti regii panormitani, 1862. 

5** De la part de M. le docteur P. Sagot ; 

Principes généraux de géographie agricole. 



6° De la part de 



* ■ 



Mi 



T De la part de la Société d'Horticulture de la Ilaule-Garonne : 

Annales de cette Société^ septembre -octobre 1862. 

8° De la part de la Société d'Horticulture et d'Arboriculture de 
la Côte-d'Or : 

Bulletin de cette Société, septembre-octobre 1862. 

r 

L 

9° De la part de la Société Smithsoiiienne : 

t 

Report of the Commissioner of patents (Agriculture) iov 1861. 

10" En échange du Bulletin de la Société ; 

Wochenschrift fuer Gœrtnerei und Pflanzenkunde^ cinq nuiucros, 

j- r 

Journal de la Société impériale et centrale d'Horticulture ^ décem- 
bre 1862. 

Bulletin de la Société impériale zoologique d* Acclimatation^ décem- 
bre 1862. 

H Institut^ janvier 1863, deux numéros. 



M, Éd. Bureau fait à la Société la communication suivante : 



ÉTUDES SUR LES GENRES REYESIA ET MOSTTEA Q. Gaj, ET OBSERVATIONS SUR LA 
TRIBU DES PLÀTVCARPÉES DE M. M1ERS, par M. Edouard BUREAU. 



r 



Ou doit à M. CL Gay la connaissance des deux genres qui font Tobjct prln-, 
cipal de cette notice et qui se composent chacun d'une seule espèce. II les 



36 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRAÎSCE 

décrivit et les figura dans sa Flore du Chili [Historia phijsica y politica de 
Chile, Botanica [Flora (?/n7wa), toiuo cuarlo, 18^7, pp. il 6-418; Atlas 
botanico, lamina 51-52). Ces genres s'y trouvent placés dans l'ordre des 
Bignoniacées, après l'iÇ'ccr^ynoa/r/^^/^; mais l'auteur n'indique pas à quelle 
tribu de l'ordre ils lui paraissent devoir appartenir. 

Il n'existe pas, h ma connaissance, d'autre description des genres Montlea 
et Reyesia que celle du Flora chilena. Les auteurs qui les ont mentionnés 
depuis sont en très-petit nombre, et aucun ne paraît les avoir étudiés sur 

nature. % 

"Walpers", dans ^^^ Annales botamces systematiûœ (t. IIF, 1852-1853, 

pp. 92-93), conserve ces deux genres dans Tordre des Bignoniacées, et les met 
dans la tribu des Eccrémocarpces, sans doute à cause de la place qu'ils occu- 
pent dans l'ouvrage de M. Gay. Mais un point d'interrogation placé devant 
chacun d'eux indique que, pour Walpers, leur place dans la classification est 
loin d'être définitivement fixée. 

M. Miers {Observations ontlie Dignoniacecp, in The Annals and Magazine 
of Natural History, vol. VII, n" 39, p. 166), paraît, au contraire, ne pas 
éprouver d'hésitation pour classer le 3fontlea et le Reyesia ; il les réunit au 
genre Oxycladus^ décrit par lui-même, ainsi qu'aux genres Platycarpum et 
Henriquézia^ pour en former, dit-il, une tribu naturelle de Tordre des Bigno- 
niacées, sous le nom de Platycarpeœ. Le caractère dîstinclif de cette tribu 
serait, suivant M. Miers, d'avoir un ovaire formé de deux feuilles carpellajrcs 
portant des ovules sur leur nervure médiane^ et reunies dos à dos de manière 
à former toi ovaire à deux loges {L c. p. 165). Examinons s'il est possible 
d'admettre une telle hypothèse. 

D'abord cette position des ovules serait quelque chose d'unique dans 
le règne végétal. Toutes les fois, en effet, qu'une loge ovarienne est formée 
par une seule feuille carpellaire et contient plusieurs ovules, on peut remar- 
quer que les ovules sont placés près des bords de cette feuille. C'est là une 
règle très-générale. Je ne connais que deux petits ordres naturels qui y fas- 
sent exception : les Nymphéacées et les Butomées. Eh bien! dans ces deux 
ordres, où les ovules semblent couvrir toute la paroi intérieure du car- 
pelle , et qui se rapprochent ainsi de l'organisation attribuée par M. Miers à 
ses Platycarpées, dans ces deux ordres, dis-je, la nervure médiane du car- 
pelle est précisément dépourvue d'ovules. L'hypothèse de M. Miers me paraît 
donc, comme je le disais, une chose sans exemple en botanique et peu en 
harmonie avec les faits observés jusqu'ici. 

La position relative que M. Miers assigne aux deux carpelles qui forment 
l'ovaire de ses Platycarpées n'est pas moins anoriiale que Torigine supposée des 
ovules sur la nervure médiane de chaque carpelle. The midrils of the carpels 
are disposedback to bach, dit-il : « les nervures médianes des cai^pelles sont 
disposées dos à dos. » Par conséquent, suivant l'auteur que nous citons, les 



,i: 



J 

SÉANCE DU 30 JANVIER 1863. 37 

bords des feuilles carpellaires sont tournés du côté extérieur de la fleur, c'est- 
à-dire que la position qu*occuperaient les carpelles serait précisément l'inverse 
de celle qu'ils ont dans toutes les plantes connues ; Nyniphéacées, Butomées, 
Liliacées, Renonculacées, Malvacées, Eupliorbiacées, Apocynées, Scrofulari- 
nées, Loganîacées, Gentianées, Bignouiacées même (voy. Payer, Traité d* or ^ 
ganogénie comparée de la fteur^ p. 580. pi. 151), etc., etc. Je ne connais 
pas, je le répète, dans le règne végétal tout entier, un seul exemple delà 

structure indiquée ici par M. Miers. 

J'ai même peine à comprendre comment pourrait se former un ovaire de 
celle sorte. Les deux feuilles carpellaires dont il est composé naîtraient- elles 
avec la face, qui naturellement devrait être inférieure, tournée en haut? C'est 

w 

h peine si Ton ose émettre une pareille supposition, tant elle est contraire à tout 

ri 

ce qu'on connaît, et je ne vois pas la nécessité d'invoquer une exception si 
étonnante pour expliquer un ovaire ne présentant en somme aucune différence 
notable avec ceux qui, dans des groupes voisins, sont incontestablement 
produits par des carpelles soudés bords à bords. 

Les feuilles carpellaires se tordraient-elles après leur naissance pour se mettre 
ainsi dos a dos? Mais ces feuilles n'ont pas xle pétiole sur lequel elles puissent 
se tordre, et, si elles se tordent sur le limbe (ce qui ne doit pas leur être facile), 
il devrait rester dans l'ovaire adulte quelque trace de celte énorme torsion. 
Comment, d'ailleurs, admettre ici une torsion spontanée, quand nous voyons 
les feuilles ordinaires montrer une sorte d'antipathie pour cette position ren- 
versée ? Tout le inonde sait que si Ton réussit à maintenir, pendant un temps 
quelconque, une feuille la face supérieure en bas et qu'on l'abandonne ensuite 
ù elle-même, cette feuille ne tarde pas a reprendre sa position habituelle. 

Il ne reste plus qu'une* hypothèse possible pour expliquer la structure d'un 
ovaire tel que le comprend M. Miers ; c'est que les feuilles carpellaires, nées 
dans une situation normale, se recourbent de telle sorte que leur face inférieure 
devienne concave et forme la paroi intépeure de la loge. Mais, dans ce cas, les 
ovules seraient portés par le côté inférieur de la nervure médiane du carpelle, 
ce qui serait encore bien plus anomal que de les voir naître de son côté supé- 
rieur. D'ailleurs, je ne crois pas que M. Miers ait recours à cette explication, 
-poîsqu'il dit formellement que les nervures médianes de ses carpelles sont dos 
à dos [back to back), et que, dans la dernière supposition, elles seraient face 

■ à 

à face. 

Si les lois générales qui président à l'origine et à la situation relative des 
parties constituantes dii gynécée sont contraires, nous venons de le dire, à 
l'interprétation morphologique que donne M. Miers de l'ovaire des genres 
appartenant à sa tribu des Plalycarpées, la comparaison directe de l'ovaire de 
ces genres avec le même organe dans les autres plantes gamopétales n'es 
pas plus favorable à cette manière de voir. 
' I/organogénie florale des gamopétales commeiîce à être assez bien connue, 



f 



3S SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

et cet immense groupe a'présentô une grande uniformité dans la composition 
de l'ovaire. Lorsque J'ovaire est formé de deux carpelles, l'un de ces carpelles 
est placé du cfité de l'axe de rinfloresccnce et l'autre du côté de la bradée. 11 
eh est de môme des loges, lorsque l'ovaire en a deux, puisque, dans ce cas, 
chaque carpelle forme une loge. Il est excessivement rare que les loges de 
l'ovaire soient latérales, comme M. Miers les représente dans ses Platycarpécs. 
Mais, qu'il y ait' une loge ou qu'il y en ait deux, les carpelles se regardent par 
leur face supérieure ; ils sont soudés bords à bords, et leurs sommets^ 
soudés comme le reste, s'effilent pour constituer le style et le stigmate. Celui-ci, 
qui est gënéîalement bilobé ou bilamellé, appartient donc, par moitié, à deux 
Carpelles différents, chaque carpelle formant un des lobes ou une des lamelles» 
La fornie des stigmates traduit ainsi le plus souvent la position des carpelles 

et des loges. 

Or, dans le genre Henriquezia, le stigmate est formé de deux lamelles,* 

l'une du côté de Taxe et l'autre du côté de la bractée ; dans le genre lieyesia, 
il se compose de deux lobes très-différents l'un de l'autre, comme nous le 
verrons plus loin, et ces deux lobes sont encore l'un antérieur et l'autre pos- 
térieur. Dans le Monitea^ le stigmate, n'étant pas lobé, ne peut rien nous 
apprendre, et je n'ai pas vu celui du Platycarpuiriy quoique j'aie pu analyser 
des fleurs de ce genre. 



- Ce premier examen peut donc déjà faire présumer que les carpelles et les 
loges sont anléro-postérieurs, et, en effet, j'ai pu m' assurer que telle est leur 
position dans les genres Platycarpum^ Hènrîquezia^ Monttea et Tieyesia, Je 
n'ai pas observé le genre Oxycladus (qui n'existe pas à Paris), mais il est 
plus que probable, vu son analogie extrême avec le genre Monttea, que son 
ovaire est construit de la même façon. 

- En un mot, le pistil des genres en question ne présente rien qui puisse 
faire supposer que ses carpelles constituants aient une position différente de 
celle qu'ils occupent dans la généralité des plantes gamopétales à ovaire bilo- 
culaire. 

- 'Non-seulement la tribu des Platycarpécs de M. Miers ne se distingue pas 

par une structure particulière de l'ovaire, mais elle est en réalité composée de 

genres qui appartiennent ^ des familles différentes. Les Henriquezia et Platy- 

carpum sont pourvus de stipules, et leur ovaire est infère, quoique le fruit, 

se développant surtout aux dépens de la partie supérieure dé Tovalre, s'élève 
bien au-dessus du calice. 

. M. Seemann [The Ann. andMag. ofNat. ffist. vol. IX, p. 195) a donc eu 
raison de penser que ces genres seraient mieux placés entre les Rubiacées 
et les Loganiacées. Ce sont pour moi de véritables Rubiacées : l'existence 
d'un fruit en partie supérieur au calice' n'est pas, il me semble, une raison 
suffisante pour l'emporter sur le caractère important tiré de l'insertion des 
éiamines et les séparer de cet ordre. 



i 



OH 



SÉANCE DU 30 JANVIER 1863. 59 

Le même fait se présente dans les genres Mi treola et Mitrasacme, que 
j'ai rangés autrefois dans les Rubiacées, et qui forment, comme les deux 
genres en question, un passage des Rubiacées aux Loganiacées. 
: On pourra donc conserver la petite tribu des Platycarpées de M. Miers,' 
mais elle sera réduite aux deux genres Platycarpum et Henriqnezia^ et elle' 
devra être portée dans l'ordre des Rubiacées. Elle sera caractérisée par son 
fruit, en partie supérieur au calice, par l'existence de quatre ovules dons 
chaque loge, et par un caractère singulier qui, je crois, n'a pas encore été 
indiqué : c'est que les fleurs, légèrement irrégulicres, sont résupînées, comme 
celles du genre Logania et des Papilionacées, Le calice a l'un de ses lobes 
tourné du côlé de la bractée, deux lobes (libres dans le Platycarpum, soudés 
dans les Ilenriquezia) du côlé de l'axe, et enfin deux latéraux. Pour là 
corolle, c'est l'inverse : c'est-à-dire que l'un des lobes est en face de Taxe, et 
que la bractée répond à Tintervalle de deux lobes. Enfin les cinq étamines 

sont superposées aux lobes du calice : il y en a une en avant, deux en arrière 
et deux latérales. 

Si !>L Miers, n'ayant pu observer par luî-même quelques-uns des type? 

qu'il a cru devoir faire entrer dans ses Platycarpées, s'est trouvé avoir rétinî 

dans celte tribu des genres hétérogènes, il a rendu cependant un véritable 

V service en montrant l'analogie extrême qui existe entre les genres Oxydadus 



et Monttea, 



de 



du Beyesia; je pense qu'il a voulu dire de V Oxydadus et du Monttea, car 

le Reyesia est très-différent des deux autres genres, quoiqu'il appartienne à 

un même groupe naturel. 
Ce phytographe distingué paraît n'avoir pas non plus étudié sur nature le 

Monttea et le Reyesia. Il ne s'est pas prononcé sur la place qu'ils doivent 
occuper, et les a laissés avec VOxydadiis à la suite du tableau de sa classifi- 
cation des Bignoniacées, sous le titre : Gênera incertœ sedis. 

Plus heureux que la plupart des botanistes qui en ont parlé, j'ai pu étu- 
dier le Monttea et le Reyesia sur les échantillons mêmes qui ont servi à l'éta- 
blissement de ces deux genres, et qui ont été offerts par lM. Cl. Gay aà 
Muséum d'histoire naturelle de Paris. L'incertitude qui régnait jusqu'ici sur 
les véritables affinités de ces genres m'a engagé à en faire un'examcn attentif.* 

J'ai pu ainsi reconnaître quelques détails d'organisation qui n'étaient pas' 
encore signalés, et qui me paraissent de nature à mieux préciser la place que 
doivent occuper le Monttea et \c Reyesia dms la classification naturelle. " 



Le Reyesia chihnsis est une plante d'un pied de haut, à souche épaîsse.f 
ligneuse, très-courte, grisâtre, émettant un grand nombre de rameaux grêles,' 
glabres , entremêlés , parfaitement dichotomes. Les fleurs sont terminales,* 
c'est-à-dire que chaque rameau, h quelque ordre qu'il appartienne, émef 



ko SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

deux branches opposées avant de se terminer par une fleur solitaire. iMais les 
deux rameaux résultant de chaque dichotomie ne sont pas égaux : l'un est 

h 

plus fort et plus long que l'autre, de telle sorte qu'il rejette en avant la fleur 
terminale et donne à son pédicelle l'apparence d'un ramuscule né en dehors ^i 

chaque bifurcation ^| 



de la dichotomie. 



\ 



et toujours du même côté, l'axe résultant de la succession des rameaux les 
plus forts finit par s'incurver, comme le ferait une cyme scorpioïde. Ce mode 
de ramification est, en effet, exactement intermédiaire entre la dichotomie à 
rameaux égaux et la cyme scorpioïde, dans laquelle un des deux rameaux qui 
prennent naissance à chaque nœud est réduit à sa plus simple expression. 
Chaque rameau du Reyesia naît à l'aisselle d'une feuille, mais le plus fort se 
soude avec sa feuille axillante, ou du moins l'entraîne de telle sorte qu'elle 
semble naître à une hauteur de 2 à 5 millimètres au-dessus de la base de ce 
rameau. La feuille à l'aisselle de laquelle naît le rameau le plus faible ne quitte 
jamais sa position normale. Les deux feuilles qui, en réalité, appartiennent à 

une même paire, ne paraissent donc point régulièrement opposées, et semblent 
être portées, au contraire, par des axes d'ordre différent, 
' Ces feuilles sont tellement petites qu'au premier abord la plante paraît en 
être dépourvue. Elles n'ont guère plus de 2 millimètres de long, et sont ses- 
siles, caduques, linéaires-aciculaires, obtuses au sommet, et garnies sur leurs 
bords de quelques rares poils glanduleux, visibles à la loupe seulement. 
Chaque fleur est portée sur un pédoncule long et grêle. Ce pédoncule est 
glabre dans toute sa partie inférieure; mais, dans le haut, il se recourbe en 

_ 4 

avant, et, dans ce point, il porte des poils glanduleux assez longs. 

Le calice est hérissé des mêmes poils que le haut des pédoncules ; il est 
gamosépale, campanule, divisé presque jusqu'à sa moitié en cinq dents à peu 
près égales, linéaires-lancéolées, un peu courbées au dehors, obtuses et légè- 
rement calleuses au sommet. Sa préfloraison me paraît valvaire induplicative. 
La corolle, de 1 centimètre de long (quatre à cinq fois plus longue que le 
calice), est infondibuliforme; son tube est cylindroïde dans ses 3/5 inférieurs 
environ et élargi dans ses 2/5 supérieurs; son limbe est partagé en cinq divi- 
§!ons linéaires-lancéolées, obtuses, 5 bords infléchis et en préfloraison valvaire 
induplicative. Les quatre postérieures sont égales et ont 1 millimètre et demi 

w 

environ de longueur; l'antérieure est d'un tiers au moins plus longue que 
les autres. Toutes les cinq sont dressées. 
L'androcée se compose de quatre étamines insérées sur le tube de la 

, w 

corolle dans le point où il commence à s'élargir. Elles sont glabres, et leurs 
filets sont presque droits. De ces quatre étamines, deux sont d'un, tiers plus 
courtes que les autres et tout à fait incluses : ce sont les antérieures; elles 
sont situées à droite et à gauche du grand lobe de la corolle. Les deux autres 
sont placées entre les lobes latéraux et les lobes postérieurs; elles dépassent 
^ un peu la gorge de la corolle. Il n'y a pas trace de la cinquième étamine, qui 



SÉANCE DU 30 JANVIER 1863. 41 

devrait se trouver entre les deux lobes postérieurs. Les anthères sont intror- 
ses» à deux loges largement ovales, courtes, obtuses, arquées, qui sont unies 
seulement par leur sommet, s'ouvrent chacune par une fente longitudinale et 
sont couvertes de petites papilles qui à la loupe les font paraître chagrinées. 
Ces deux loges sont égales dans les grandes étamines, mais les étamines les 
plus courtes ont la loge postérieure de leurs anthères constamment plus grosse 
que l'autre. 

Les caractères que présente Tandrocée dans le genre lieyesia sont, on le 
voit, fort auon)auv, puisque la didynamie s'y présente en quelque sorle dans 
On sens renversé. Les étamines qui sont les plus courtes dans le Reyeda 
sont habituellement les plus longues dans les plantes à étamines didynames ; et 
les étamines qui sont les plus courtes dans ces dernières sont devenues les 
plus longues dans le lîeyesia. L'inégalité des loges dans les anthères des éta- 
mines antérieures est encore un fait très-exceptionnel. 

Si Ton cherche la cause de ces anomalies, on la trouve dans la forme 
curieuse que prend la partie supérieure de l'organe femelle. 

Le style est simple, grêle, droit et glabre; il s'élargit à sa partie supé- 
rieure en une sorte de spatule membraneuse, concave, ou de cuiller légère- 
ment cordiforme , qui est recourbée en avant, à angle droit avec la partie 
filiforme du style. Le stigmate contribue aussi évidennnent ù former cette 
dilatation, car le bord de la cuiller est garni, dans presque toute son étendue, 
mais surtout en avant, de papilles stigmaiîques, et se continue avec le lobe 
antérieur fort aminci du stigmate. 

Le lobe postérieur est situé au-dessus de 1 echancrure peu profonde qu'on 
remarque à la partie antérieure de la dilatation : c'est une sorte de boulon 
arrondi, obtus, qui termine la partie principale du style, laquelle se continue 
sur le dos de la cuiller et y forme une côte longitudinale très-saillante. Cette 
côte repousse un peu en avant la ligne médiane de la partie membraneuse, 
de telle sorte que la concavité de la cuiller se trouve subdivisée en deux 
légères dépressions latérales. 

En un mot, le lobe antérieur du stigmate et la partie antérieure du style 
contribuent seuls à former la dilatation ; la partie postérieure du style et le 
lobe ix)stérieur du stigmate n'y prennent aucune part. 

Le style, ainsi configuré, passe derrière les étamines antérieures, et, se 
recourbant brusquement en avant, applique sur leurs anthères sa partie dila- 
tée et stigmatique. Tel est certaîuemont l'obstacle qui sVsl opposé à rallonge- 
ment des deux étamines antérieures. Leur brièveté ne doit donc pas être 

attribuée à une tendance naturelle à ravortement; c'est l'effet d'une cause 
toute mécanique. 

Chacune des deux dépressions qui forment la concavité de la cuiller que 
j'ai décrite reçoit le sommet d'une des anthères. Celles-ci se trouvent ainsi 
solidement fixées et ne peuvent échapper, en glissant à droite et à gauche du 



42 SOaÉTÉ BOTANIQUE D? FRANCE, 

Style, à la compression qui agit sur leur âotnmet ; à mesure qu'elles grossis- 
sent, elles se trouvent comprimées l'une contre l'autre, les petites papilles 
qui couvrent leure loges s'enchevêtrent, et ces deux anthères finissent par 

adhérer ensemble. ^ 

. Par une sorte de compensation, les deux étamines postérieures, qui n'ont 

rencontré aucun obstacle, deviennent plus longues qu'elles ne le sont dans 
rimraense majorité des plantes à étamines didynames. Leurs anthères, qui 
n'ont point été serrées Tune contre l'autre, ne sont nullement adhérentes. . 

. Reste à expliquer l'inégalité des deux loges des anthères antérieures. Ici il 
faut , renoncer à faire intervenir une action mécanique. En effet, les loges 
postérieures de ces anthères sont les plus grosses; or ce sont elles qui , dans 
l'hypothèse d'une inégalité causée par la compression, devraient être les plus 
petites, car ce sont elles qui sont appliquées et pressées contre le stigmate; 
les loges antérieures sont presque entièrement en dehors de la cuiller stîgma- 
liqué. 

C'est donc, je pense, à une action physiologique qu'il faut attribuer l'excès 

de volume des deux loges postérieures. Coiffées comme elles le sont par le 
stigmate, ces deux loges doivent servir à la fécondation de la manière la plus 
efficace. La fente par laquelle se fait leur déhiscence est cachée dans la con- 
cavité de la cuiller décrite ci-dessus, et le pollen ne peut s'échapper sans tou- 
cher aux papilles stigmalîques qui couvrent le pourtour de cette cuiller, La 
fente par laquelle s'ouvrent les loges antérieures de ces deux étamines est au 
contraire tout h fait à découvert, située au-dessous du stigmate, et le pollen 
contenu dans ces loges peut s'échapper sans rencontrer l'organe destiné à le 
recevoir. Le volume des loges postérieures est donc en rapport avec l'iraporr 
lance de leurs fonctions ; ce volume ne peut guère avoir d'autre cause que le 
stimulus produit sur cette partie de l'organe mâle par le contact immédiat et 
permanent de l'orgape femelle et la plus grande énergie vitale qui en est Ja 
conséquence. Il est inutile d'établir ici avec des faits pris dans le règrie animal 
une comparaison qui vient naturellement à l'esprit, mais celte réaction de la 

r 

fonction sur l'organe mérite d'eire notée en botanique, car le règne végétal 
en fournit très-peu d'exemples. 

I/ovaîre du Reyesia est glabre , ovoïde , et eutouré à sa base par un disque 
en forme de cupule , dont le bt)rd porte à droite et à gauche une forte protu- 
bérance obtuse. Cet ovaire présente deux loges : Tune antérieure et l'autre 
postérieure. Chacune renferme un placenta axile, assez gros, portant de onze 
à vingt ovules anatropes, formés d'un nucelle et d'une seule enveloppe, 
dressés, avec le raphé en dedans et le micropyle en dehors et en bas. ; 

Le fruit est une petite capsule ovoïde, longue de 2 millimètres 1/2, à 
déhiscence loculicide et à valves par conséquent latérales; mais ces valves, 
qui sont très-minces, se fendent dans leur moitié supérieure ou même plas 
profondément, de sorte que la capsule paraît s'ouvrir par quatre valves. 



SÉANCE DU 30 JANVIER 1863. • 43 

* 

^ La cloison tout entière se sépare du péricarpe et porte sur cbacune de ses 
deux faces un placenta axile, assez saillant, couvert de graines disposées 
comme les ovules. Ces graines sont très-petites, polyédriques et diversement 
comprimées les unes par les autres. Leur testa est aréole, papilleuv. Celles 
que j'ai vues n'étaient pas mûres et ne contenaient pas d*embryon. Je ne sais 
si, dans ce genre, il existe un périsperme. 

D'après les observations que je viens d'exposer, les caractères du genre 
Jieyesia me paraissent devoir être modifiés comme il suit : 



REYESLi 



Cl. Gay FL chilenn, t. IV, p. /il8; Atlas boianîco, îamîha 52. 



\ . 



Calyx campanulatus, 5-partilus; iaciniis subsequalibus, una posiica. Corolla 
infundibuliformis, tubo basi cylindrico, sursuni ampliato; limbo 5-lobato, 
lobis lanceolalis (marginîbus înflexîs et aestivatione înduplicalo-valvatis), posn 
ticis k aequalibus, antico multo longiore. Stamina 4, medio corollac tubp 
inserta, didynama : anlica 2 minora, lateralîa 2 majora, poslîco quînto nuUo. 
Antherae introrsae, 2-loculares, loculis papillosis, late ovalibus , brevibus, ob- 

lusis, incurvis, rima laterali dehisceuiibus. Staminum majorura antherae 
liberae, loculis aequalibus; mînocum autemcohaerentes, loculo postico majore.^ 

Disci cupuliformis ora tuberculo obtuso dcxtra sinislraque superata. Ovarium 
laie ovatum, biloculare, loculis aniico-posticis. Placenta in ulroque loculo 
unica, axilis, ovula 10-20 anatropa, adscendentia gerens, raphe inleriori, 
mîcropyle exteriori et inferiori. Stylus simplex, filiformis, ad apicem antice 
incurvatus ibidem a latere mejnbranacco-dilalatus, nempe in laminam çon- 
cavam, cordatam, verlici et praecipue loculo postico staminum anteriorum 
arcte impositam expansus. Stigma bilobum : lobo postico subrotundato, 
obtuso ; antico tenuiori, transversc producto et cum margine papilloso laminae 
continuo. Capsula ovoidea, 2""™, 5 longa, calyce persîstente inclusa, locu- 
licida, bivalvls; valvis lateralibus, tenuibus, bipaititis, a septo utrinque 
placentam gcrenle perdehiscentiam sejunclis. Semina in utroque loculo pl\i- 

h 

rima, mînutissîma, adscendentia, polygona, înter se varie compressa. Testa 
reticulato-papillosa. An albumen adsit adliuc dubium. Embryo... — Planta 
chilensîs humilis, slirpe crassa, lignosa, grisea, brevissima, ramos numerosis; 
simos, graciles, glabros, înlermixtos, compUuies dichotomos gerente. Cujus-^ 
que dichotomiae ramus alter semper major. Folia mininia , lineari-subulata, 
sessilia, caduca, opposita; sed cujusque jugi alteium liberum, aiteruni cum 
ramî majoris basi connexum. Flores terminales, solilarii, longe peduuculaiî; 

pedunculus autem, rami majoris basi remotus, extra dicbotomiam oriri 
videtur. 

Species unica : Reyesïa chilensîs Cl. Gay I. c. — Crescit in siccîs 
provinciae Copiapo (CI. Gay in herb. Mus. paris.). 



hk SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Le Monttea chilensh est un arbrisseau du Chili, à rameaux opposés, dé- 
çusses, les plus vieux glabres, les jeunes pubescents. Les feuilles sont oppo- 
sées, décussées comme les rameaux, nombreuses, généralement plus courtes 
que les entre-nœuds (qui sont fort rapprochés), glabres, ovales, aiguës au 
sommet et brusquement terminées à la base en un très-court pétiole pubes- 
cent. Ces feuilles paraissent avoir été un peu charnues (M, Cl. Gay, sur une 
des étiquettes du Muséum, les dit difficiles à sécher); elles sont penniner- 
vîées, mais leurs nervures secondaires sont assez peu marquées en dessous et 
presque invisibles en dessus. 

Les fleurs sont solitaires à Taîssellcdes feuilles. Le calice, de 5 millimètres 
de long, est pubérulent, canjpanulé, légèrement oblique, à cinq dents aiguës, 
dont les deux antérieures sont un peu plus longues et dont la préfloraîson est 

r r 

valvaîre. La corolle, longue de H à 12 millimètres , d'un bleu violacé clair, 

I 

est couverte de poils appliqués , d'un aspect soyeux, à poinle dirigée eu bas ; 
sa forme est lubuleuse en dedans du calice, au-dessus elle se dilate graduelle- 
ment; en même temps, elle se courbe un peu sur elfe -même, de telle sorte 
qu'elle décrit une convexité en avant et une concavité en arrière. Le limbe 
est divisé en cinq lobes obtus, à peu près égaux, rantérieur cependant légère- 

w 

ment plus grand. Ces lobes sont disposés dans le bouton en préfloraîson 
cochléaire : les postérieurs, dont l'un est extérieur, recouvrant les latéraux 
qui eux-mêmes recouvrent l'antérieur. A la base de celui-ci, on remarque 
un repli de la corolle formant une sorte de sillon profond, ou de sac allongé à 
concavité extérieure, qui occupe a peu près la moitié de la hauteur du tube. 

b . ' - , - 

L'androcée se compose d'une élamine postérieure rudimeniaire, stérile et 
réduite à un filet court, terminé par une petite lamelle largement ovale, acn- 
minée, et de quatre étamines fertiles, •incluses, didynames, les antérieures 
plus longues. Les filets sont glabres, arqués, et les anthères également glabres, 
inlrorses, formées de deux cellules largement ovales, un peu divergentes, 
attachées par leur partie supérieure, libres inférieurement et s'ouvrant cha- 
cune par une fente longitudinale. Ces étamines sont insérées sur le tube de la 
corolle vers son quart inférieur, la postérieure ou stérile un peu plus bas, et 
les deux antérieures un peu plus haut que les deux latérales. 

L'ovaire est ovale et légèrement comprimé transversalement ; sa surface est 

' un peu chagrinée, et il est entouré à sa base par un disque cupuliforme, 

partagé en cinq lobes obtus à sa partie supérieure, qui est pourvue d'un 

rebord figurant une sorte d'ourlet. A l'intérieur, cet ovaire présente deux loges, 

l'une antérieure et l'autre postérieure. 

Dans chaque loge, il y a un placenta axile portant de six à huit ovules 
anatropes, pendants, le raphé en dedans et le micropyle en haut. Le style 
est simple et le stigmate obtus, nullement bilobé. 

Le fruit a environ 8 millimètres de long. Il est glabre, Ghement chagriné à 

w 

la loupe, elliptique, mais avec un côté plus convexe que l'autre. 



SÉANCE DU 30 JANVIER 1863. 45 

Bien que le péricarpe soit mince et sec, il paraît indéhiscent. On observe 
deux loges dans le fruit comme dans l'ovaire ; celle qui est située du côlé le 
moins convexe a ses parois presque appliquées Tune conire l'autre et ne con- 
tient que quelques rudiments de graines avortées ; celle qui est du côté le plus 
conveîe contient aussi quelques traces de graines avortées et une seule graine 
bien développée, attachée sur la cloison, un peu au-dessus du milieu de sa 
hauteur et remplissant toute la loge. Celte graine est comprimée perpendicu- 
lairement a la cloison, et son point d'attache est marginal. Le tesla est mince, 
flexible et formé d'une rangée de grosses cellules à parois j)oncluées et rayées. 
Il est séparé du tegmen par un assez large espace. Cette dernière membrane 
est à peu près de même épaisseur que le tesla, mais d'une consistance moins 
sèche. Elle renferme un embryon dépourvu d'albumen, dont la radicule est 
supérieure, et qui, en raison de la forme comprimée de la foraine, a, d'après 
ce qu'il m'a semblé, ses cotylédons situés dans un plan perpendiculaire au 
plan de l'ombilic et de la cloison. La radicule est grosse, aiguë à son extré- 
mité, un peu plus courte que les cotylédons, qui sont larges à la base, 
ovales, arrondis au sommet, et parcourus par quelques nervures divergentes, 
dont une médiane. Je n'ai pu voir de gemmule. 

On peut donc exposer de la manière suivante les caractères du genre 

w 

Monttea : 

MOMTEA 

Cl. Gay FL chilena, t. IV, p. 416; Atlas botanico^ lamina 51. 

Calyx oblique campanulalus, 5-dentatus , denlibus aestivalione valvatîs, 
antick pauluium majoribus. Corolla pilis adpressis retrorsis sericeo-velutina, 
inlra calycem tubulosa, supra calycein sensim ampliata, incurva, extus autice 
convexa et sulco externo profundo longiludînali nolala, intus piîis brevîssi- 
. mis glandulosis tecta; limbo 5-lobato, lobis subaequalibus, antico vix majore, 
aeslivalione cochleari dispositis, uno poslîcorum éxterno, antico interno. Sla-' 
mina inclusa, glabra, paulum supra basin lubi corollas inserta : quatuor fertilia 
quorum antica 2 longiora, lateralia 2 breviora. Antherae introrsae, biloculares, 
didymae, loculîs late ovalibus, obtusis, divergentibus, basi liberis, apîcecou- 
natis et filamento aiïixis, rima longitudinal! dehiscentibus. Stamen quintuni 
stérile poslicum, brevissimum, anthera orbalum, apice lamellatum. Discus cupu- 
liformîs, apice margînalus et 5-Iobatus, basin ovarii cingens. Ovarium ovatum, 
transvci'scsubcomprcssum, biloculare, uno loculorum antico, allero postico; 
placenta in utroque loculo unica axilis, ovula 6-8 gerens, anatropa, suspensa, 
mîcropyle supera, rapbe interiori. Stylus simplex ; slîgma obtusum, indivisum. 
Fructus pericarpio cxsucco, tamen (ut videlur) fndehisccns, inaequalitcr ellip- 
tiens, bilocularis : altero loculorum , septo bine repuiso , fere oblitterato, 
vâcuo; altero semen unicum continente, paulo supra médium seplumappen- 
sam loculumque totum împîens, Iransverse compfessum , hilo marginali. 



A6 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Testa tenuis, a tegmine distans. Albumen (ut videtur) nullum. Embryonis 
radicula crassa,apice acuta ; cotyledoiies facîebus seminis parallelœ, basi latae, 
apîce ovato-i olundatae, 3-5-nervîae nervis divergenlibus ; gemmula nulla. 
Arbuscuia chilensis circa 6-pedalis, ramis valde foliosis; foliis oppositis, car- 
nosulis, integerrimis, ovalibus penninerviis, nervis aulem pagina superiore 
fere îndislinclis, peliolo brevîssîmo; floribus axillarîbus solitariis, colore cœru- 
leo-violaceo diluto. 
, Speqies unica : ^Ionttea ghilensis CL Gay I. c. (vulgo Uvillo). 

Crescit rara ad littora rivulorum provinciae Coquimbo. Novembri flore t (CJ. 
Gay in herb. Mus. paris, et herb. Delessert}. 



^ Quelle place doivent occuper le Montteci^et le Reyesîa dans une classifica- ^ 
tion naturelle ? Il est, pour moi, hors de doute que ce ne sont point des 
Bignoniacées. Dans toutes les Bignoniacées, sans exception, les ovules sont 
horizontaux, et il y a dans chaque loge deux placentas parfaitement distincts, 
le milieu de la cloison restant tout à fait nu. Dans le Monttca et le Reyesia^ 
au contraire, il y a dans chaque loge un placenta unique, occupant le miUeu 
de la cloison et portant des ovules dressés ou pendanis. Celte organisation ne 
diffère en rien de celle des Scrofularinées, dont les deux genres en question 
se rapprochent d'ailleurs fort bien par leur port, leurs feuilles simples, leurs 
fleurs irrégulières et leurs étamines didynames. Le Reyesia est d'ailleurs une 

•m 

Scrofularinée par son fruit aussi bien que par sa fleur, et il est même poS' 
sible de lui assigner une place précise dans cet ordre, car son inflorescence 
définie, la prcfloraLson valvairc indupUcative de sa corolle et la brièveté rela* 
tive de» deux étamines inférieures le placent, sans aucun doute, dans la tribu 
des Salpiglossidées, près des genres Daboisia R. Br. et Schwenkia L. 

/ Il est plus difficile de préciser la place du Monttea, car ce genre présente 
deux caractères fort anomaux pour l'ordre des Scrofularinées : la présence . 
d'une seule graine dans le fruit, par suite de l'avortement de tous les ovules 
moins un, et l'absence d'albumen dans cette graine. Faut-il donc, à cause de 
ces caractères oflerts par le fruit, refuser d'admettre le Monttea parmi les Scro- 
fularinées, malgré ridenlilé de son ovaire avec celui des plantes appartenant 
à cet ordre ? Je ne le pense pas. 

. Rien n'est plus variable que le fruit dans les Scrofularinées : sa déhisceuce 
est tantôt loculicide , tantôt septicide, tantôt septifrage; il peut même être 
indéhiscent, comme il me paraît l'être dans le Monttea : c'est le cas du genre 
Duboisia^ que j'ai cité plus haut. Cependant toutes ces diverses sortes de 
fruits proviennent d'ovaires construits sur un plan uniforme. Il est d'ailleurs ^ 

r 

certain que, dans la plupart des ordres naturels, les caractères fournis par 
l'ovaire présentent bien plus de constance que ceux offerts par le fruit; nous 
devons donc, il me semble, leur accorder plus de valeur et les prendre en, 
considération plus sérieuse, quand il s^agit de chercher si un genre appartient • 



l 



SÉANCE DU 30 JANVIER 1S63. A? 

à tel ou tel ordre. En admettant le Monttea dans les Scrofularinées, on ne 
fera qu'admettre dans cet ordre une forme de fruit de plus. Cette forme n'a 
d'ailleurs rien de contraire aux tendances de Tordre , puisqu'elle semble 
n'être autre chose qu'un effet de la tendance à un arrêt de développement qui 

* - . * - 

se manifeste dans toutes les gamopétales irrégulières, de la partie postérieure 

* t f 

de la fleur vers la partie ahiêrieure. Le plus souvent, l'arrêt de développe- 
ment n'est bien visible que dans les trois verlicilles extérieurs; ici, il atteint 
aussi le gynécée ; voilà, il me semble, toute la différence : c'est une différence 
du plus au moins/ 

Reste l'absence d'albumen dans la graine, caractère qui perd bien de sa 
valeur, si l'on considère que, dans le Wightia^ Scrofularinée incontestable, 
l'albumen est réduit à l'épaisseur d'une simple membrane, d'après M. Beu-^ 
tbaai, et manque complètement, d'après Endlicber. ' . 

Le Monttea et YOxycladus, qui ne peut pas en être éloigné, forment donc, 
à mon, avis, une nouvelle tribu des Scrofularinées , tribu qui ne me paraît 
pas se rapprocber des Bignonîacées, mais bien plutôt de la tribu des Anto- 
niées, appartenant à l'ordre des Loganiacces. On trouve, en effet, dans les 
Antoniées, deux genres qui présentent quelques points d'organisation coin- 
muns avec le i/on^/ea et VOxycîadus : le genre Antonîa Pohl n'offre dans 
cbaque loge qu'une seule graine, par suite de l'avorlcment de tous les ovules, 
sauf un seul; et le genre Usteria Willd. présente une fleur irrégulière par un 

arrêt de développement portant, comme ici, sur le coté postérieur de la fleur. 



M. E. Roze dépose sur le bureau de la Société des 
de Sphœrocarpus Michclii Bell., qu'il a recueillis, ave 



dans un charnu en lachère près de 



Oise) 



RI. Roze dit que cette curieuse Hépatique se trouvait Ih en assez grande 
abondance, sur une terre sablonneuse, en compagnie du Riccla glauca L. et 
de VEphemerum serratum Hampe. Il ajoute que Mérat et Chevallier, dans 
leurs flores parisiennes, n'indiquaient cette plante qu'à Compîègne, où 
M. Marcilly l'a effectivement retrouvée après Pillot, et dans les allées du 
parc de Frémilly près Bonray, où M. Gay l'a le premier récoltée dans nos 
environs, en 1815, durant les cent-jours; mais que MM* Roussel et Grœn- 
land l'ont depuis recueillie dans la propriété de M. Vilmorin, à Verrières. Il 
fait remarquer "enfin que les échantillons qu'il a l'honneur de présenter à 
la Société sont encore très jeunes, et que la maturité des fruits de cette 
Hépatique ne doit pas être complète avant le mois de mars ou d'avril. 

M. Moquin-Tandon présente quelques observations sur une poire 
prolifère : 



/ 



hS SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

M. Moqiiin-Tandon rappelle d'abord que le rameau sorti d'un fruit proli- 
fère peut produire une fleur, se continuer en rameau foliacé, ou bien produire 
un second fruit. La prolification est, dans ces divers cas, florîpare, frondipare, 
ou fruclipare. Dans ce dernier exemple, quand il s'agit de poires, on voit une 
deuxième poire sortir de l'œil de la première. M. Moquin-Tandon a vu un 
cas d'une double prolification de cette nature où Ton remarquait une troisième 
poire, qui paraissait sortir de la deuxiènje. 

M. Ducharlre fait observer qu'il y aurait un grand intérêt à faire 
l'étude analytique des monstruosités analogues à celles dont M. Mo- 
quin-Tandon vient de présenter un exemple, parce qu'en général, 
dans ces cas, le fruit inférieur est dépourvu de loges et réduit à un 
renflement charnu. 

h 

M. Moquin-Tandon ajoute qu'en effet , dans plusieurs des cas de 
prolification fructipare qu'il a examinés , le fruit supérieur présen- 

h 

tait seul des loges; mais que quelquefois aussi il y en avait seule- 
ment dans le fruit inférieur, et parfois même dans les deux; ces 
fruits anomaux ne contenaient jamais de graines. 

M. Bureau demande à M, Moquin-Tandon, s'il a observé la proli- 
fication sur des Cryptogames. 

M. Moquin-Tandon répond en citant les observations faites par 
M. Des Moulins sur des Champignons prolifères (l); il ajoute que les 
axes de ces Champignons ne se correspondaient pas. — M. Moquin- 
Tandon donne ensuite quelques détails sur des figues prolifères 

qu'il a observées , avec M. Roussel , au Jardin-des-plantes de Tou- 
louse. 



j 



Dans ces cas, la figue de deuxième génération affectait des positions très 
diverses par rapport à la figue-mère, qui était parcourue dans son centre par 
un axe supportant la seconde figue. M. Moquin-Tandon fait observer qu'il 
s'agit ici d'une inflorescence, et non d'un fruit comme dans les poires qu'il 
vient de citer. Il ajoute que les figues des deux générations étaient l'une et 
l'autre tapissées à leur intérieur par des fruits et des graines normales. 

H 

M. Bureau dit qu'il a vu une fois au jardin botanique de la 
Faculté de médecine de Paris un épi à'Equisetum frondipare. 

M. Moquin-Tandon rapporte une observation faite par lui sur un 
Eryngium dont la racine paraissait traversée par une Graminée. Il 
a reconnu que cette racine avait, dans sa jeunesse, rencontré une 



(1) Voyez le Bulletin, t. V, p. 211. 



f- 



■^ 



SÉANCE DU 30 JANVIER 1863. h9 

pierre, et qu'elle s'était alors divisée en deux branches qui s'étaient 
réunies plus loin, embrassant la Graininée dans l'intervalle dé leur 

écarteraent. 

M. Cordier rappelle que certains Herîcium , dont le développe- 
ment est très-rapide, embrassent quelquefois les tiges des végétaux 

voisins. ' 

M. Duchartre dit qu'il a vu un bourgeon de Pomme-de-terre qui 

h 

avait traversé le tubercule en se développant ; il y avait dans ce cas 
pénétration réelle d'un organe dans un autre. 

M. Moquîn-Tandon entretient encore la Société d'une anomalie 
bizarre qu'il a observée sur des feuilles du Chou : 

w 

t 

Il rappelle à ce propos que, dans les feuilles normales, les faisceaux secon- 
daires s'écartent de Taxe suivant deux modes, tantôt sur le même plan, tantôt 
en divergeant. Dans le Chou qu'il a observé, Taxe primaire se continuait au 
delà du limbe et formait, par la divergence de ses fibres, un petit entonnoir 
foliacé; on remarquait des productions semblables à rextrémité des nervures 
«êcondaires. 

M. J. Gay dit que ces appendices portaient peut-être des forma- 
tions ovulaires. 

M. Duchartre répond que cela n'est pas probable, car les feuilles 
du Chou-frisé des horticulteurs, qui présentent toutes sortes d*ap - 
pendices, n'ont jamais d'ovules sur leurs bords. 

M. Moquin-Tandon dit : 

Que, dans un autre Chou, il a observé des oreillettes foliacées dans les sinus 
des feuilles, disposition qui est normale dans le genre Tournonia, de la famille 
des Basellacées. M. Moquîn-Tandon insiste, à cette occasion, sur cette loi de 
tératologie d'après laquelle tout végétal monstrueux reproduit l'état normal 
d'un autre végétal, loi qu'Etienne Geoffroy Saint-Hilaire avait déjà signalée 
en zoologie quand il disait que les phénomènes téralologiques ne sont que des 
phénomènes physiologiques changés de place. Il cite, comme confirmation de 
ce quMl avance, les fasciations présentées à l'état normal par les rameaux des 
Xyloph^/lla^etaVéldit monstrueux par le Celosia creVa^a de nos jardins, 
dont il a vu des échantillons spontanés, provenant des Indes, munis d'une 
tige grêle et d'une inflorescence spiciforme; dans ce cas la race monstrueuse 
est maintenue par la culture. 

É 

il 

M. de Schœnefeld rappelle la fasciation observée sur un grand 
nombre de pieds de Cichorium Intyhus, voisins les uns des autres, 



T. X. 



k 



ê 



50 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



A Saint-Germain-en-Laye, pendant une herborisation de M. Cha- 
tin(l). 

M. Moquin-Tandon dit qu'il a semé des graines de Cichorium 
Intyhus fascié, et que la monstruosité s'est reproduite sur un 
dixième environ des individus provenant du semis. 

M. J. Gay fait hommage à la Société, de la part de M. Al.Braun, 



d'une thèse soutenue 



présidence du savant pr 



Berhn, par M. Frédéric Pétri, sur le genre Armeria^ considéré 
principalement au point de vue organographique. 

M- Gay fait à la Société une rapide analyse verbale de ce travail, et signale 
rinlerprétatîon que 31. Pelri a donnée de la gaîne qui termine la tige des 
Armeria et qui se trouve rompue et chassée lors de Tcpanouîssement de Tin- 
îîorescence; Tauteur est d'avis que cette gaîne résulte delà soudure des pièces 
d*uniuvolucre. 



M. Cosson dit : 



y 



m — 

Que M. Germain de Saint-Pierre et lui, dans leur Flore des environs de 
Paris^ ont décrit la gaîne des Armeria comme résultant de la soudure de 
pfdôngements des bractées îitt-dessous de leur insertion. Ces prolongements 
des bractées sont analogues au prolongement unilatéral du calice (souvent 
irès-développé chez un assez grand nombre des espèces du genre Armeria) 
qui a fourni à M. Boissier d'utiles caractères pour l'établissement des sections 
du genre. 



M. Eug. Fournîer , secrétaire , donne lecture de la communica- 
tion suivante^ adressée à la Société : 



NOTE SUR LES CARACTÈRES QUE LES ARETES ET LES FEUILLES PEUVENT FOURNIR POIJR 
LA DIVISION EN SECTIONS DU GENRE AVEm, par M. *. DU VAIi« JOUTE. 

(Strasbourjj 15 janvier 1863,) 

Si l'ott ctamîne les ûrctes et les feuilles des espèces françaises et algérîeniles 
du genre Avena [2), on remarque : 

t* Que les atêtes présentent sur leur partie toftîle des dlfférërtces tr*ès-coil- 
Sîdérables d^organisatîon; 



(1) Voyez le Bulletin, t. VÎI, p. 905 et 923; 

(2) Je crois les Arrhenalherum et les Trisetum iridûraent séparés des Àvcna^ mais; 
comme je n'ai point ici l'intention de discuter la Valeur de ces distinctions génériques, W 
présente noté se rapporte ail genre Avena tel ^ue Tont limité MM. Cosson (Bull. Soé. 
bot- de Fr. t, p. 11; et f*/; Ala. p. 104^ et Oodron IFL de Fr. ill. t». 510); i 



SÉANCE DU 30 JANVIER 1863. 51 

2° Qu'à chacune de ces différences en correspond une dans les feuilles; 
. 3° Qu'au moyen de ces différences très-apparentes et l'on ne peut plus faciles 
à constater, le genre se divise en groupes d'espèces bien distincts. 

Ainsi, sur les unes, on trouve que la partie tortile de l'arête, qu'elle soit ou 
non tordue, constitue un cylindre uni et régulier (pi, I de ce volume, fig. A). Si 
avant la maturité ou la dessiccation l'aretc n'est pas encore tordue, on remarque 
vers les côtés, mais un peu plus rapprochées du dos, deux rainures fines et pa- 
rallèles, qui , naissant à la base de l'arête , en suivent toute la partie tortile, 
puis la dépassent et vont expirer plus ou moins loin sur la moitié terminale. Si 
l'arête est tordue, ces rainures dessinent sur la partie tortile, toujours cylin- 
drique^ deux bandes spîralées, parallèles, maïs d'inégale largeur (fig. A), qui 
se continuent en ligne droite, plus ou moins loin, au delà du genou de l'arête, 
sur sa partie non tortile. Si l'on opère des coupes transversales sur celte partie 
tortile, avant ou après la torsion, ou voit que ces rainures si fines ne sont pas 
seulement des rainures ou des sillons superficiels, mais de véritables fissures, 
très-profondes et qui, partant latéralement de la surface, pénètrent en se cour- 
bant presque jusc]u*au dos de l'arête (fig. A 1-A 6). J'entends par dos la 
partie qui, à la naissanciB de l'arête, est la continuation du dos de la glumelle 
(fig. A 6, d) et par ventre la partie opposée, c'est-à-dire celle qui, à la nais- 
sance de l'arête, est contiguë à la partie supérieure et externe de la glumelle 
(fig. A 6, v). Ces fissures partagent donc la surface de l'arête en deux bandes 
parallèles d'inégale largeur, une dorsale plus étroite (fig. A, rf), une ventrale 
plus larçe (fig. A, v). Toute la partie centrale de Tarête est chargée de matière 
verte dans le jeune âge, et (îolorée en brun foncé à la maturité (fig. A 1-A 6). 
Vers le dos se montre un faisceau fibro-vasculaire toujours incolore. Cette 
disposition est parfaitement constante sur toute la section des espèces annuelles^ 
Je l'ai constatée sur les Avena sativa L. (fig. A 1), orîentalis Schreb. (fig. A 2). 
abyssinica HochsL, strigosa Schreb. (fig. A3), brevis Roth, barbata Brot., 
fatuali. (fig. Ai), clauda DR., longiglumis DR., eriantha DR., Ludo- 
viciana DR. (fig. A 5) et sferilisL. (fig. A 6). D'espèce à espèce, elle 
n'offre que d'insignifiantes variations; elle se modifie avec le degré du déve- 
loppement de l'épillet, en ce sens qu'elle est un peu moins courbe et moins 
profonde dans le jeune âge. ta figure A 1 montre une coupe opérée sur une 
arête jeune et non encore tordue de VA. sativa L. 

Sur d'autres espèces, la partie tortile de l'arête n'est plus un cylindre régu-^ 
lier parcouru par deux fines rainures ; avant la torsion, c'est un cylindre un 
peu comprimé par le dos et quelquefois même un peu rentrant sur la ligne 
ventrale, et qui, de chaque côté de la région dorsale assez étroite, offre deux 
cannelures marquées et relativement larges. Il en résulte qu'après la torsion 
la même partie offre comme une vis à deux bandes spiralées, parallèles. Tune 
plus large (fig. B, v), l'autre plus étroite (fig. B, rf) et marquée de deux canne- 
lures, qui, comme dans la section précédente, s'avancent sur la partie no 



52 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

torlile de Tarêlc et expirent avant d'en atteindre l'exirémité. Des coupes 
transversales nous donnent les figures B 1 à B U et permettent de voir un petit 
faisceau fibro-vasculaire vers la partie dorsale. Les arêtes de cette forme ne se 
colorent point vers leur centre en brun foncé comme les précédentes ; leur 
lîssu central est incolore; c'est vers les côtés que sont groupées les cellules à 
chlorophylle qui deviennent rougeâtres ou rarement brunâtres à la maturité 
(fig. B 1-B 6). Celte disposition , moins saillante à première vue et moins 
tranchée que la première, est tout aussi constante qu'elle sur les espèces qu'il 
m'a été donné à'éludiev ^ sdixohsurles Avena pubescens Huds. (fig. B 1), setacea 
Yill. (fig. B 2), fitifolia Lag. , sempervirens Vill. (fig. B 3) et montana Vill. 

(fig. B h). 
Enfin, sur d'autres espèces, se montre une disposition nouvelle. La partie 

r 

tortile de l'arête est aplatie, en ruban épais bordé de chaque côté d'un bour- 
relet blanc dont la double spirale tranche de la façon la plus marquée sur les 
deux faces cqlorées en brun foncé et tordues de bonne heure (fig. C et G 1-C h). 
Ainsi jusqu'à un certain point cette disposition est l'inverse de la précédente, 
en ce que sur celle-ci les cellules incolores et blanches sont sur les faces et au 
centre, et que les plus colorées sont marginales, tandis que sur la troisième 
les cellules colorées sont au centre et sur les faces et que les incolores sont 
marginales. La face ventrale est la plus large, souvent plane ou quelquefois un 
peu rentrante sur la région médiane; la face dorsale, plus étroite, est mar- 
quée, contre les bourrelets marginaux, de deux sillons très-étroits, j'aimerais 

à 

autant dire de deux stries très-fines, qui répondent aux fissures de la première 
section et aux cannelures de la seconde, occupent la même place et se pro- 

■ j 

longent comme elles au delà du genou sur la partie non torlile; elles y sont 
même plus nettement visibles que sur la partie tortile, où la torsion les rétré- 
cit encore. Les coupes transversales donnent un ovale avec deux petites 
échancrures sur la face dorsale contre la bordure calleuse (fig. C 1-G k). Cette 
disposition a été constatée par moi sur les Avenamacrostachya Bal. (fig. Cl), 
pianiçulmis Sclirad., suicaia Gay (fig. C ^)i S cheuchzeri Ail (fig. G 2)^brO' 
moides Gouan (fig. G 4), pratensis L. 

, A ces différences correspondent dans les feuilles des différences très-dignes 
d'attention. Ainsi : 

1" Les arêtes dont la moitié inférieure est cylindrique (fig. A) sont, sans 
aucune exception, accompagnées de feuilles larges, planes, et dont les deux 
faces à peu près semblables sont parcourues par de petites nervures, entre les- 
quelles s'en montrent, à espaces égaux, quelques-unes un peu plus fortes 
(fig. Al'). 

2** Aux arêtes creusées en vis de la seconde section (fig. B) s'unissent des 
feuilles dont les deux faces sont très-dissemblables. L'inférieure est lisse ou 
porte de très-petites nervures; la supérieure est profondément plissée et sil- 
lonnée comme les feuilles de r.4z>a cœspttosa L. et toujours très-rude (fig. B 3 



SÉANCE DU 30 JANVIER 1863, 53 

et B U'). Ces feuilles ont une très-grande tendance a s'enrouler ou à se plier 
suivant leur longueur. VA. pubescens fait seul exception par ses feuilles 

planes, l\ nervures égales sur les deux faces. Il peut donc former un groupe 
à part, qui relie la première section à la seconde, et, si VAvena sesquitertia 
Godr. (an L.?) est une bonne espèce, il prend place à côté de VA. jmbescens. 
3° Knfin, aux arêtes bordées de bourrelets blancs correspondent des feuilles 
toujours munies d'une bordure marginale blanche, tout à fait semblable ù 
celle des arêtes. Les deux faces de ces feuilles sont semblables entre elles, 
soit qu'elles présentent de grosses nervures alternant avec de plus petites^ 
comme VA. macrostachya Bal. (fig. G 1'), soit qu'entre la nervure médiane et 
leur bordure blanche elles n'aient que des nervures fines et égales, comme 

L 

les A. sulcala, bromoides, etc. (fig. G 4'j. 

j 

La concordance du caractère offert par Tarête avec celui que fournissent 
les feuilles permet donc de s'en servir, soit pour établir certaines sections dans 

r 

le genre Avena^ soit pour caractériser avec plus de netteté les sections très- 

w 

naturelles déjà distinguées dans ce genre. Ainsi M. Godron le divise en deux 
grandes sections: Euavena et Avenastrum, différenciées, la première par 

w 

« épillets pendants », la seconde par « épillets dressés o {FL de Fr. III, 
pp. 5i0 et 51 ù). Koch avait déjà indiqué ce caractère comme principe de 
division [Syn. edil. 3% p. 689}. M. Gosson, à qui l'on doit une si excellente 
classification des espèces de la première section, a aussi mentionné le carac- 

+ 

tère tiré de la direction des épillets mûrs, mais en le plaçant le dernier [FL 
Alg. pp. 105 et 114). Il eût, je crois, mieux valu le supprimer entièrement, 
puisque V A. macrostachya Bal., qui appartient à une autre section, a les 
épillets pendants comme les espèces de ia première section. D'autre part, 
W. Godron subdivise la seconde section en deux groupes : « a ligule courte^ 
tronquée; b ligule allongée^ lancéolée. » Ge caractère paraît, en effet, suffir 
sant si l'on ne considère que les espèces françaises (bien que VA. montana ait 
ses ligules de longueur assez variable), mais l'A. macroslachya se trouve, par 
ce principe de division, séparé de ses congénères. Je crois donc qu'il y 
aurait avantage à introduire dans ces divisions les caractères tirés de la con- 
stitution des arêtes et des feuilles, à peu près ainsi qu'il suit : 



Ncctio I. 



) f 



Annc^. Aristae cylindralim torlœ, / ^^^^^i,;^^^, ^'après M. Cosson (voy. Bull. Soc. 

sectione transversali duas fissuras >, , j r t j«\ . ^ •' 

K . r I- 1 [bot. de F r. I, p. 11). 

curvas prœbenles. — Folia utraque 1 » r / 

pagina nec non niargîne conformia. J 

i* Folia utraque pagina nec non margiae con- 
formia; ligula lanceolata. A. pubescens Huds. 
** Folia pagina superiore profunde sulcata et 
scaberrima, inferiore sublaevia; ligula brevis. A. 
setacea Vill., flîifolia Lag., sempervirens Vîll., 
moniana Vill. 



54 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FBANCE, 

* Folia dorsali, intermediis el marginali nervis 

. albis crassis notala; ligula brevis. A. macrostar 

itectio III. i 1, . T>M 

chya Bal. 

Perennes. Aristae compressée cl, ut{ ** Folia marginali sic ut dorsali nervo albo crasse 
folia, margine albo nervoso nolatœ.) notata; ligula lanceolata. A.playiiculmis Scluad., 

sulcala Gay, Scheuchzeri AU., hromoides Gouan, 
.pratensis L., etc. 



VA. piibescens, perses feuilles planes a faces semblables, relie la première 
section aux deux autres (1). D'autre part, VA. macrostachya sert de passage 
entre la seconde section et la troisième ; par ses feuilles à grosses nervures et 
à ligule courte, cette espèce tient un peu de la seconde section, et elle rentre 
dans la troisième par les nervures marginales de ses feuilles et de ses arêtes, 
nervures qui sont moins fortement marquées que sur les espèces du second 
groupe de la même section. 

Les caractères que je signale ne me paraissent pas encore avoir attiré l'at- 
tention. La nervure blanche qui borde les feuilles de la troisième section a 
été mentionnée d'abord par W. Boissier ( Voy. bot. Esp. p. 656), et ensuite par 
M. Willkomm, mais comme propre à une seule espèce, l'A. sulcata Gay, dont 
il dit : a Folia... margine et medio eleganter albinervia » {Ser^t. fl. hisp. ïn 
Flora 1852, p. 525), et encore : « Foliis margine medioque albo-callose 
nervatis » {Prodr. fl. hisp. p. 69). Au même lieu, le même auteur dit aussi 
de VA. albinervis Boiss., qu'il regarde comme une variété de VA. sulcata : 
«Foliis evidentius callose marginatîs », mais il ne mentionne pas ce caractère 
sur les A. Scheuchzeri, hromoides, etc. , qui appartiennent au même groupe 
elle présentent également. Je n'ai nulle part trouvé mention directe ou indi- 
recte du caractère tiré de la conformation des arêtes. Dans la diagnose diî 
genre Avenay Palisot de Beauvoîs emploie l'expression « arista plicata « 
(Agrost. p. 89), mais, dans le Glossaire explicatif des termes placé en tête 
du même ouvrage, on lit, page Ixxj : « PLiCATDS,voy. .£'owc?e », et page Ixvj : 
« Coudé, plicatus, a, wm, épithète donnée particulièrement à l'arête lors- 
qu'elle est pliée et coudée dans son milieu. » Ainsi, pour cet auteur, a^nsth 
plicata signifiait simplement ce que nous désignons par « arête genouillée » 
Go^r.; « arista genuflexa » Koch, « geniculata » Kunth, 



Explication des figures (pi I de ce volume). 

Fîg. A partie tortile de Tarête de VA. slerilis; type de la première section ; '-f . 
Fig. B partie tortile de l'arête de 1'^. montana ; type de la deuxième section ; H 



(1) Bien que cette note soit exclusivement relative au genre Avena réduit à ses 
plus étroites limites, je ne puis m'empêcher de faire remarquer que les arêtes et les 
feuilles de V Arrhenatherum elatius le placent à côté de Y Avena pubescens dans le pre- 
mier groupe de la deuxième section, et que ceHes de 1*4. longifolium Thore (sub,: 
Avena) , ainsi que sa ligule, le placent en tête du groupe suivant, à côté des A . sernpervi- 
rens^ etc., plantes des hautes montagnes qu'il représente sur les coteaux et les plaines 
de Touest. . / 



SÉANCE DU 30 JANVIER 1863. 



55 



Fig. C partie tortile de Farête de VA. sulcala Gay ; type de la troisième section ; ". 

Les coupes des arêtes sont à 25 diamètres et celles des feuilles à 5 diamètres. Les 
espèces d'une même section sont désignées par la même lettre avec un numéro, ainsi 
qu'il suit : ' 

V section, fig. A 1 et A 1' Avena saliva L. (jeune). 

A 2 A. oricntalis Schreb, 



A 3 
A 4 
A 5 
A6 

2« section, fig. B 1 

B2 



A, strigosa Schreb. 
A. fatua L. 
A, Liidoviciana DR. 
A. sterilisL. 

A* pubescens Huds, 
A, selacea Vill. 



n 



B 3 et B 3' yl. sempervirem Viil. 
B 4 et B 4' ^ . moniana Vill. 

3® section, fig, C 1 et C 1' A. macrostachya Bal. 

C 2 A. Scheuchzeri AH, 

C 3 A. sulcala Cay. 

C 4 et C 4' ^. bromoides Gouan. 



\ 



* »■ 




REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



SEPTEMBRE 1863. 

r 

N.-B. — On peut se procurer les ouvrages analysés dans celle Revue cliez M. J. Rothschild, Ubrah*» 
de la Société botanique de France, rue de Buci, 14, à Paris. 



BOTANIQUE DESCRIPTIVE. 



E.A Flore vallalsaune; par M. J.-E. d'Angreville. Un volume in-8° de 
Tlil et 218 pages. Genève, chez Marc Mehling ; Paris, chezJ.-B, Baillière 
et Fils. 1863. Prix : 3 francs. 

Cet opuscule est un simple catalogue des plantes qui croissent dans le 
Valais, dressé, à quelques exceptions près, suivant la méthode de De Can- 
dolle, des Renonculacées aux Champignons. Les espèces y sont énumérées 
dans chaque genre par ordre alphabétique. Quant aux Cryptogames, l'auteur 
a suivi, pour les Mousses, le Catalogue de M. Schimper et la Bryologie de 
Bridel; pour les Lichens, l'ouvrage d'Àcharius; il s'est contenté de recourir 
à Linné pour les Champignons II paraît que ses herborisations ne lui ont 
fait constater la présence d'aucune Algue d'eau douce dans le Valais, car son 
livre n*en mentionne aucune. M. d'Angreville regrette de n'avoir pu consi- 
gner dans son livre des détails sur la constitution géologique du sol vallaisan, 
non plus que sur l'altitude des plantes qu'il indique; il les réserve pour une 
édition ultérieure. 

En parcourant la Flore vallaisanne, nous y avons remarqué comme dignes 

d'une mention particulière les plantes suivantes : Thalictrum dubium Mu- 

rith, Anémone Burserîana L., A. fragifera L. , Jîanunculus Rionii Rion 

(aquatique), Fumaria Laggeri Jord.j Draba sclerophylla Gaud., Shym- 

brium pannonicum Jacq. , Viola montana L. , F. Ruppii Ait. , Polygala sibi- 

rica L,, Alsine herniarioides Rion, Arenaria grineemis ïhom., A. spha- 

gnoides YïŒi\\\. y Cerastium uniflorum Thom., Géranium bohemicum L., 

G. lividum Ait. , Spartium radiatum L. , Trifolium saxatile AlK , Phaca 

lapponica L., Astragalus leiocarpus Shutlleworth, Geitm inclinatum Gaud. 

Scleranthm verticillatus Rchb., dix-huit espèces du genre Semperviviim 

(dont plusieurs sont signées de M. Schniltspahn, auteur d'une monographie 

encore inédile de ce genre), Selinum dimidiatum DC, Ligustîcum pelo- 

ponnesiacum L. , Galium lucidum Ail , Valantiapedemontana Bell. , Asperula 

flaccida Ten,, Scabiosa ffalleri Murilh, Chrysanthemum Halleri Sut., 

Chondrilla sedunensis d'Angreville (foliis inferiorîbus subovato-lanceolatis 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 57 

runcinatis spînosîs, superioribus linearibus integris cilîatis), Campanuîa 
sibirica L., Linaria italicaTrQV., Salvia verticillata L, Nepeta violacea 
Ail. , Galeopsis Reichenbachii Reut. , Thymus pannonîcus Ail. , Plantago 
bidentata Mur., Oxyria reniformis Hook,, Salix Laggeri Wimm., Betula 
Murithi Gaud., B. verrucosa Ëbrh., etc., etc. 

La mention de chacune de ces espèces est accompagnée de l'indication de 
la localité et de l'époque où elle a été rencontrée. L'auteur a fait connaître 
les noms donnés vulgairement à chaque genre, en français, en anglais et en 
allemand. 

D' EUGiNE FOUHNIEK. 



Chlorifit Audina; Essai d'une flore de la région alpine des Cordillères 
de r Amérique du Sud; par M, H. -A. Weddell; t. II, in-i"* de 316 pages, 
avec hi planches lithographiées. Paris, chez P. Bertrand, 1857-1862. 

II y a plusieurs années déjà que noire Revue a rendu compte du premier 
volume de cet Important ouvrage (1), qui ne devait d'abord en comprendre 
que deux et qui s'étendra au moins à trois. Nous continuerons, suivant ce qui 
qui a été fait déjà ici même pour cet ouvrage, d'indiquer les matières qui y 

sont traitées et les nombreuses nouveautés qui y sont décrites, et que nous 
signalerons dans Tordre adopté par l'auteur. Les familles étudiées dans le 
tome II du C h loris sont les suivantes : 

Ordo IL Caiycereae. — 1. Calvcera Cav. (3 spec). — 2. Boopîs Juss. 
(2 spec). — Gamocarpha DC- (1 spec). 

Ordo IIL liObeiSaceae. — 1. Pratia Gaudich. (5 spec) : Pp. oligophylla 
(pi. Zi5, B), Pr. subsessilis, Pr. glandulifera (Lysîpoma glanduliferumSchldl.) 
(pi. û5. A).— 2. Rhizocephalum (Isotoma sect. Rhizocephalum Schldl, 
2 spec) : Rh. Candollii {Lysîpoma laciniatum Alph. DC. , Isotoma? fasciculatum 
Schldl.), Rh. pumilum.' — 3. Lobelia L. (3 spec.) : L. subpubera, L. mo- 
desta. — h* Lysîpoma (6 spec). 

Ordo IV. Vaierianece. — 1. Valeriaua L. (29 spec): V. Bonpiandiana 
(V. decussata Bonpl. msc, non Ruiz et Pav.), V. Grisiana (pi. 69, ^4), V. 
rumicoides (pi. 69, C), V. nivalis (pi 68, A), V. bulbosa, V. micropterina 
(pi. 69, B). — 2. Phyllactis Pers. (16 spec) : Ph. crassîpes (pi 67. A), Ph. 
hispida, Ph. bracteata (Valeriana bracteata Benth.), Ph. aretioides (Valeriana 
aretioides H. B. K.) (pi 67, B)y Ph. densa, Ph. inconspicua, Ph. iMutisiana, 
Ph. cordifolia, Ph. pinnatifida, Ph. macrorrhiza (Valeriana niacrorrhiza 
Pœpp.), Ph. corymbulosa, Ph. Mandoniana. 

Ordo V. SombucineaB. — Sambucus Tourn. (1 spec). 

Ordo VL Robîaccee. — 1. GaliumL. (13 spec): G. quiiense(Rubianitida 
H. B. K.), G. Kunthii (Rubia hirla H. B. K.), G. albicans (Rubia incana 



{%) Voyez le Bulletin, t. V, p. 383. 



V 



58 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGE. 

H. B. K.)» G, flaccidum (Rubia debilis H. B. K.), G. scabrum Wedd. non Host. 
(Rubia scabra H. B. K.). — 2. Mitchella L. (1 spec), — 3, Cruickshankîa 
Hook, fetÂin. (1 spec). — û, Hedyotis Lara. (12 spec): IL rautica (pi. 50, ^ 
B), H. Hartwegiana (H. capitata liVîprs), H. cephalantha. 

L 

Ordo VIL Loganiacesc. — Buddieia L. (6 spec.]. 

Ordo VIIL Aftdepiadeœ. — 1. Pentagonîum Schauer (1 spec). — 2. Lu- 
gonia (1 spec. ) ; L. lysimachioides. 

Ordo IX, Gemianeœ. — Geuliaiia Tourn. (59 spec.) : G. crossolaema, 
G. trichostemma, G*. Donibeyana (G. rotata Domb. msc), G. verticillata, 
G. scopulonira, G. Herrediana Raim-, G. Raimondiana, G. bicolor, G. pu- 

A 

nicea, G. amœna, G. fruticulosa (G. fruticulosa et G. subulata Domb. insc). 
2. Halenia Borkb. (13 speç): H. Dombeyaua (H. gracilis var. p. Dom- 
beyana Griseb.), H. Purdieana (pi. 53, A)^ H. gentianoides (pi. 53, B)y H. ^ 
inaequalis, H. elata, H. major. 

Ordo X. Polemoniaceae. — 1. Collomia Nutt. (1 spec). — 2. Gilia 

Ruiz. et Pav. (5 spec.) : G. Gayana, — 3. Cantua Juss. (1 spec). 

Ordo XL Hjdrophjiiaceœ. — 1. Microgétietes Alph. DC. (1 spec). 
2. Phacelia Juss. (3 spec) : Ph. nana (pi. 53, C). 

OrdoXlL Borraginese. — 1. Eritrichiuiii Schrad. (7 spec): E. pach- 
nophilum, E. Gayannm, E. hurailc (E. humile et E. procumbens DC., E. 
procumbens Clos) (pi. 62, A), E. pygmaeuln (Anchusa pygmœa H. B. K., 
Lithospermum alpinum Willd.), E. lînifolium (Anchusa linifolia tehm., A* 
opposilifolia H. B. K. , Amiphytmn linifolium DC), E. Walpersii (Anchusa 
Kunthii "Walp. , Aniiphytum Walpersii Alph. DC). — 2. Cynoglossum ïourii. 
(1 spec): C Trianaeum. 

Ordo XIII. Solanacese. 

Subordo i. Solanineœ Miers. —\. Fabiana R. et P. (7 spec. ). — 2. Ces- 
trum L. (3 spec.) : C Miersianum. — 3. Salpichroa Miers (5 spec.) : S. Man- 
doniaiium. — k. Dunalia H. B. K. (1 spec). — 5. lochroma Benth. (1 spec). 

6. Fregirardia Dim. emeud. (1 spec.) : Fr. Dûnaliana. — 7. Lonchestigma 
Dun. (3 spec). — 8. Trechonaetes Miers (2 spec). — 9. Solanum Sendln. 
(13 spec) : S. fragile, S. toliinense. 

Subordo il. Atropineœ Miers. — 10. Lycium L. (3 spec.) ; L. oreophilum, 
L. gelidum, L. leiostemum. 

Ordo XIY. ScrofuiariaoesB. — 1. Limoselia L. (1 spec). — 2. Sib- 
thorpiaL. (3 spec) : S. nectarifera (pi. 60, B]. — 3. YeronicaL. (2 spec). 
4. Aragoa H. B. K. (2 spec). — 5. Ourisia Commers. (12 spec.) : O. rupicola, 
O. pulchella, 0. biQora. — 6. Castilleja Mutis (1 spec). — 7. Pedicularis L. 
(Ispec). — 8. BartsiaL. (31 spec): B. trichophylla, B. ciliolata, B. cane- 
sceiis, B. biloba, B. crenoloba, B. filiformis (B. subinclusa Griseb.), B. 
elongata, B. heterophylla, B. euphrasioides, B. inlegrifolia. — 9. Euphrasia L. 
(2 spec). — 10. MimuUis L. (2 spec). — 11. Alonsoa (2 spec). — 12. Cal- 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 50 

ceolaria L. (3^ spec.) : C. parvifolia, C. barlsiifolia, C. elliptica, C. umbel- 
lata, C. glacialis. . . v 

■ 

OrdoXV. Gesaeriacese. — Columnea Plmii. (1 spec.)» 

OrdoXVI. Bignoniacead. — ^ Eccremocarpus Ruiz. et Pav. (1 spec,). 

Ordo XVII. liabîatœ. — 1. Salvia L. (5 spec). — 2. Hedeoma Fers. 
(1 spec.) : H. Mandoniana. — 3, Calamintha Bemh. (1 spec.) : C. caemlescens 
(Hedeoma caerulescens Benth.). — U. Micromeria Benth. (3 spec.) : M. 
pulchella (Soliera pulchella Clos). — 5. Gardoquia Ruiz et Pav. (3 spec). 
6. Stachys I. (2sp^c.). 

OrdoXVIII. Verbenacese. — Verbeiia L, (7 spec.) : V. gynobasis, ovarîo 
usque ad médium quadrilobato. 

Ordo XIX. licntibuiaricas. — Pinguicula ïourn, (2 spec). 

Ordo XX. Piantaginacea;. — 1. Plaiitago (9 spec). — 2. Bougucria 
Dcne (1 spec). — Littorella L. (1 spec). 

Ordo XXI. Myrslnaceœ. — Grammadenia Benth. (1 spec). 

Ordo XXII. Ericaccse. — 1. PeriieUva Gaudich. (3 spec) : P. robiista. 
2. Gaulthieria Kalm. (13 spec): G. tolimensis, G. petraea, G. saxicola. 
3. Gay-Lussaccia H. B. K, (1 spec). — l\. Vaccinium L. (8 spec) : V. aga- 
thosirioides. — 5. Ceratostema Juss. (3 spec) : C. pubiflorum. — 6. Bejaria 
Mutis (3 spec). 

Ordo XXIII. Rhamnacece. — 1. Colletia Commers. (2 spec). — 2. No- 
tophaena Miers (2 spec). — 3. Ochetophila Pœpp. (2 spec). . 

Ordo XXIY. Umbeilifferse. — 1. Bowlesia Ruiz et Pav. {t\ spec.) : B. 
pulchella (pi. 67, B). — 2. Hydrocotyle Tourn. {U spec) : H. isoloba, H. 
gunnerifoHa, II. sphenoloba. — 3. Azorella Lam, (18 spec): A. pulvinata 
(pi. 66, A), A. biloba (Fragosa biloba Schldl.) (pi. 66, 5), A. peduhcularis 
(Bolax pedunculatus Spreng.). — h. Pozoa Lagasca (2 spec). — 5. Laretia 
Gill. et Hook. (1 spec). — 6. Mulinum Pers. (3 spec). — 7. Eryngium 
Tourn. (1 spec).! — 'lO- Oreosciadium (Apium, secl. Oreoscîadium DC. 
Prodr.) (3 spec): 0. djssectum (Petrosehnum dissectiim Benth., Nipho- 
getonandicola Schldl) (PL 69, C), 0. montanum (Apium montanum H. B; 
K., A. ranuncuHfolium, H. B. K.), O. Lingula (pi, 69, B). — 11. Osmor- 
rhiza Rafin. (1 spec). — 12. Oreomyrrhis Endl. (1 spec). 

Ordo XXV. Araliacefe. — Oreopauax Dcne et Planch. (3 spec). 

Ordo XXVI. Saxifragaceœ* — 1. Escalionia Mutis (2 spec) : Esc ma- 
crantha. — 2. WeinmanniaL. (6 spec) : V. Trianaea (pi. 72, B). 
xifraga L. (4 spec). 

Ordo XXVII. Cactaveoï. — Opuntia Tourn. (1 spec). 



3. Sa- 



Rlbesiaceae* — Ribes L. (5 spec) : R. parviflorum, R. 



incarnatum. 



F 

Ordo XXIX. Passifloraceœ. — Tacsonia Juss. (1 spec ). 

OrdoXXX. lioasaccic. ^ — 1. Loasa Adans. (7 spec) : t. coronata GilL 



6t) SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

lusc. (Cajophora toroiiata Hook. et Arn.) (pi. 74). L. heptaniera, L. rosulata, 
L. actiroînata. — 2. Cajophora Presl (1 spec), — 3. Blumenbachia Schrad. 
(1 spcc). : B. Prietea. — U. Acrolasia Piesl (1 spec.}. 

OrdoXXXI. Onagrariaceœ. — Epilobium L. (5 spec). 

Ordo XXXII. Haiorageas.— 1. Myriophylluiii Yaill. (3spec,]. — 2. Gua- 
nera L. (1 spec. ). 

OrdoXXXIIL Melastomaccec. — ^ i. Chaelogaslra Naud. [U spec). 
2. Micomia Ruiz et Pav. (8 spec). 

Ordo XXXIV. Rosaceee. — 1. HesperoQieles Lindl. (6 spec.) : H. pernet- 
lyoides. -^ 2. Spiraea L. (1 spec), — • 3. Rubus L, (8 spec). — U. Potentilla 
Nestl. (1 spec). — 5. GeumL. [2 spec). — 6. Tetrag!ochin Pœpp. (1 spec). 

7. Polylepis Ruiz. ctFav. (6 spec) : P. tomentella (pi. 78), P. sericea. 
8. Acaena L. (Ancistrum et Ac;ena H. B. K. (16 spec.) : A. ochreata, A. sub- 
incisa. — 9. Alchemilla Tourn. (13 spec] : A. frigida, A. Polylepis (pi. 75, A), ^ 
A. Mandonîana, A. erodiifolia, A, stemmatophylla (pi. 75, B). 

Ordo XXXV. Legomlnosce. — 1. Lupiiius (15 spec) : L, lolimensis. 
2. Lolus L. (1 spec). ~ 3. Vicia L. (3 spec). — h. Astragalus DC. (21 spec) : 
A. minutissimus, A. cryptanthus, A. Orbignyanus, A. tarijensis, A. micran- 
thellus, A. modcstus. —5. Phaca L. (2 spec). — 6. AdesmiaDC. (13 spec): 
A. polyacantha, A. rupicola (pi 19biSt C). 

Ordo XXXVI. Polygaiece. — Monnîna Ruiz et Pav. {U spec). 

Ordo XXXVII. Hjpericacese. — HypericumL. (8 spec): H. thesiifolium 
Triana et Planchon msc (H. thesiifolium, H. indecorum, H. uliginosuiii, 
H. silenoides, H. taïquense, H. mulliflorum H. B. K.). 

Ordo XXXVIII. itfai¥aceee. — 1. Malva L. (11 spec.) : M. pygmaea (Sida 
pygmaea Remy, Makaslrum pygmaeum Asa Gray), M. Purdiaei (Maivastrum 
Purdiaei Asa Gray), M. parnassiifolia (Sida pariiassiaefolia Hook,, Maivastrum 
parnassîaefolium Asa Gray), M. rhizanlha (Maivastrum rhizanthum Asa Gray], 
M. Richii (Maivastrum Rîchii Asa Gray), M. nubigena (Sida nubigena Wlprs), 
M. Oriasirum. — 2. Maivastrum Asa Gray emend. (17 spec) : M. borussicum 
(Sida borussica Meyen), M. Orbignyanum, M. longîrostre, M. flabellatum, 
M. Mandonianum, M. Castelnaeanum (pi. 80, A). 

Ordo XXXIX. «eraniaceio.— 1. Gerauium L'Hérit. (11 spec): G. 
rupîcolum, G. canescens, G. - quînquelobum. — 2. Erodium L'Hérit. 
(1 spec). 

Ordo XL. Hjpseocharidenï Wedd. — Hypseocharis Remy (1 spec). 
Ordo XLI. Oxaiideœ. — Oxalis L. (12 spec) : 0. eriolepis, 0. platylepis, 
O. pachyrrhiza, O. pycnophylla. ^ 

Ordo XLII. Bcrberldese. — Berberis L. (13 spec) : B. pichinchensis, B. 
Goudotii Triana el Planchon, msc. (B. rigidifolia Benth. pro parte, non 

H. B. K.}. 

Ordo XLÏII. Ranuncuiaceae. — 1. Anémone L. (Anémone et Hepatica 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. * 61 

DC.) (1 spec). — 2. Ranunculus L. (18 spec.) : R. xMandonianus, Alismam 
natanlem Iiabitu referens, R. psychroplnlus, R. filainentosus, R. palimbifo- 
lius, R. gigantciis (Anémone gigantea Raimondî, flore 10 cent lato, pi. 
82 bis], R. Raimondii (Anémone argentea Raimondi. — 3. Myosurus Dill. 
(1 spec). — U. Caltha Pers. (1 spec). 

Ordo XLIV. Frankcniacccc. — Frankenia L. (1 spec). 

Le volume se termine par des additions dont il a été tenu compte dans la 
présente cnumératîon, et par une table alphabétique des familles et des genres 
qui y sont contenus. L'auteur avertit que c'est seulement par suite d'une 
nécessité typographique que l'exposition de la famille des Frankéniacées suit 
celle des Renonculacécs. 



E. F. 



llliistratious of tlic semis Cnê^eop [Iconographie du genre 

Carex) ; par M. le docteur Francis Boolt, trésorier de la Société Linnéenne 
de Londres. 3*^ partie; un volume in-4**, contenant 21 pages de texte et 
101 planches gravées ou lithographîées. Londres, chez W- Pamplin, 1862. 



Nous continuons à donner le relevé des planches consacrées par M. Boott à 
l'iconographie des Cai^ex. Ce sont les suivantes : 

Tab. (XCXI-CCGXVIII, C. filicina Nées. ïab. CCCXIX-CCCXX, C. 
cruciata Nées. Tab. CCCXXI, C. amœna Boott Tab. GCCXXII, C. ramosa 
Schkuhr. Tab. CGCXXIII, G. vesiculosa Boott. Tab. GCCXXIV-GGGXXV, 
C. Gumingiana Steud. Tab. CCGXXVI, G. impunctata Boolt. Tab. CCGXXVII- 
GCGXXIX, G. selosa Boott. Tab. CGGXXX, C. celsa Boott. Tab. CGGXXXI, 

, L 

G. longifolia R. Br. Tab. GGGXXXIII, G. Raoulii Boot. Tab. GCGXXXIV- 
GGCXXXVII, C. Jamesoni Boolt. Tab. CGGXXX VIII-GGGXL, C. borbonica 
Lam. Tab. GCGXLI-CCGXLIV, C. œthiopica Schkuhr. Tab. CCCXLV- 
CCGXLIX, C. Boryana Schkuhr. Tab. CCGL, C. insularis Carmichael. Tab. 



Wahuen 



GGCLX 



Tab. GCCLXII-GGCLXV, G. alrata L. Tab. GGCLXVI, C. atropicta Slcud. 
Tab. GGGLXVII, G. Bonpiandii Kunlh. Tab. GCCLXVIII-GGCLXIX. G. 
scoparia Schkuhr. Tab. CCGLXX-CGCLXXI, G. lagopodioides Schkuhr. 
Tab. GGGLXXII-GGGLXXIV, C. cristataSchw.Tab. CGGLXXV-CGGLXXVII, 
C. fœnea Willd. Tab. GCGLXXVIII, (\. alala Torr. Tab. CGCLXXIX- 
GGGLXXXIII, G. adusta Boot. Tab. CGGLXXXIV-GCGLXXXIX, G. stra- 
minea Schkuhr. Tab. GGGXG-GGGXGI, G. slipata Wuhib. Tab. CGGXGir, 
C. conjuncta Boott. Tab. GGCXGIII, G. vulpina L. Tab. GGGXGIV, G. 
sparganioides Muchlb. Tab. GCGXGV, G. cephaloidea Dewey. Tab. CCGXCVI- 
CGGXGVIII, G. cephalophora Muehlb. Tab. CGGXGIX-GGGG, G. Muehlen- 
bergii Schkuhr. Tab. GGGCI-GGGGIII, C. Brongniartii Kunlh. Tab. GGGCIV- 



62 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

CCCCIX, C. vulpiiioidea Michx. Tab. CCCCX, C. clisticha Huds. Tab. 
CCCCXI, C. Gayana Desv. 



E. F. 



manicsB 



adjaccntiniu, crgo mctllte Europ«e 5 auctoribus L. Reichen- 
bach et H.-G. Reichenbach lilio, t. XX, décades 9-20. 

k 

* 

•m 

Nous continuons à donner le relevé des planches de cet important ouvrage. 

Décades 9-12. Tab. 1702. Veronica Anagallis L. var. genuina, var. tenella 
et var. anagalloides. 1703. V. urticifolia L. fil., V. scuteilata L. et var. 
pubescens Kit. 170^. V. fruticulosa L. var. stenophylla, V. Chanjaedrys L. 
1705. V. Âîliomi VilL, V. montana L. fil. 1706. V. officinal is L. et var, 
Tournefortii Schmidt, V. Frœlîchiana Rchb. 1707. V, Bauingartenii Rœm. 
et Schult., V. aphylla L. 1708. V. prostrata L. 1709. V. Teucrium L., V. 
mullifida L! 1710. V. Teucrium L. var. angustifolia Bentb., V. austriaca L. 
var. bipinnatifida Kit. 1711. V. austriaca L. var. pînnatifida Kit., V. Ba- 
chofenii Heuff.> V. spuria L. var. ovalifolia. 1712. V. crassifolia "Wierzb. 
1713. V. spicata L. et var. cristata Kit. lllU. V. longifolia L. var. vulgaris 
Kit, var. média Kit. 1715. V. spuria L. 1716. V. alpinaL, , V. bellidioides L. 
1717. V. saxatilis L. , V. fruticulosa L. 1718. V. tenella Ail. , V. serpyllifolia L. 
var. borealis Laest. 1719. V. peregrina L. , V. acinifolia L. 1720. V. verna L., 
V. arvensis L. 1721. V. praecox Ail., V. triphyllos L. 1722. Liniosella 
aquatica L. 1723. Veronica salureioides Vis. Lindernia Pyxidaria L. 1726. 
Bartsia Trixago L. 1725. B. alpinaL. et var. parviflora ; Eufragia latifolia 
Griseb, 1726. E. viscosa Benth. 1727. Bartsia Odontites Huds. et var. litto- 
ralis 1728. B. lanceolata Rchb. fil., B. verna Rchb. fil. 1729. B. lulea Rchb. 
fil., B. viscosa Rchb. fil. 1730. Euphrasia tricuspidata L., E. salisburgensis 
Funk. 1731. E. officinalis L. 1732. E. officînalis L. var montana Fr., var. 
cuprea Jord. , var. nemorosa Fr. , var. micrantha Rchb. , var. gracilis Fr. , 

L 

var. curlaFn, var. retusa Tausch, E. mînîma Schlch. 1733. Melampyrum 
pratense L. 173/i. M* saxosum Baumg., M. silvaticum L. 1735. M. nemo- 
rosum L. 1736. M. arvense L., M* barbatum Waldst. et Kiu 1737. M. cri- 
slatum L. 1738. Alectorolophus mînor Rchb. 1739. A. major var. hirsutus, 
var. médius, var. glabcr. 1740. A. angustifolius Rchb., A. alpinus. 1741. 
Tozzia alpina L. 

\ m 

Décades 13-16, Tab. 1742. Pedîcularis rostrata L. var. genuina, var. Jac- 

■ 

quini. 17ù3. P. Portenschlagii Saut., P. asplenifolia Flœrke. 174^1. P. gyro- 
flexa Gaud. 1745. P. cenisia Gaud. 1746. P. tuberosa L. 1747. P. incar- 
nata Jacq. 1748. P. atrorubens Scbleich. 1749. P. silvatica L., P. palustris 
L; 1750. P. sudetica'Willd. 1751. P. Fridcrici-Augusti ïomm. 1752. P. Bar- 
relieri Rchb. 1753. P. dolichorrhiza Schrènk. 1754. P. leucodon Griseb. 
1755. P. ochroleuca Schloss. 1756. P. foliosaL. 1757. P. comosa L. 1758; 



n 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 63 

P. recutita L 1759. P. rosea, P. OEderi Vahl. 1760. P. Allionii Rchb. fil., 
P. rosea Wulf. 1761. P. acaulis Scop. 1762. P. verticillata L, P. Fridc- 
rici-Augusti Tomm. 1763. P. Sceptrum-Carolinum L. 1764. Latlirœa Squa- 
maria L. 1765. Clandestina rcciiflora Lam. 1766. Phclipsea arenaria Walp, 
1767. Ph. arenaria var. campylaïuha Rchb. fil. 1768. Ph. lavandulacca 
Reut. 1769. Ph. caesia Reut. 1770. Ph. caerulea C.-A. Mey. 1771. Ph. 
MuteU Reut. 1772. Ph. uana Rchb. fil. 1773. Ph. ramosa C.-A. Mey. 
177Zi. Pedicularis exaltata Bess. 1775. P. Hacquetii Graf. 1776. P. fasci- 
culata Bell. 1777. P. Huguenmii Rchb. fil. 1778. Orobanche Rapum 
Thuill. 1779. O. crinita Viv. 1780. O. cruenta Bert. 1781. 0. variegata 
Wallr. 

Décades 17-20. Tab. 1782. Orobanche speciosa DC. 1783. 0. Galii Duby 
etvar. strobiligena. 1784. O. Epithymum DC. 1785. O. platystigma Rchb. 
1786. O. hyalina Sprun., 0. puraiIa{Koch. 1787. 0. procera Koch. 1788. 
O. leucantha Griseb. 1789. O. pallidiflora Wimni. Grab. 1790. O. ïeucrîi 
F. -W. Schultz. 1791. O. Ritro Gren. et Godr. 1792. O. rubensWalIr. 1793. 
O. Laserpitii-Sileris Rafin. 1794. O. elatior Suit. 1795. O. Cervaria Suard. 
4796. O, Picridis F. Schulti. 1797. O. loricata Rchb. 1798. O. flava Mart. 
1799. 0. lucorum A. Braun. 1800. O. Salviœ F.-W. Schulfz. 1801. O. pu- 
bescens d'Urv. 1802. O. laurina Ch. Bonap. 1803. O. Hedcrœ Vauch". 1804. 
O. minorSutt. 1805. O. Crithmi Vauch. 1806. O. amethystea Thuill. 1807. 
O. Buckiaua Kit. 1808. O. cernuaLœfl. 1809. O. cœrulescens Steph. 1810. 
O- Cumana Wallr. 1811. Acanthiis mollis L. 1812-13. A. spiiiulosus Host. 
181Û. A. longifolius Host. 1815. A. spinosissimus Desf. 1816. Globularia 
cordifolia L. et var. nana Camb., G. incanescens Viv. 1817. G. vulgaris L. 
1818. G. Alypum L., G. nudîcaulis L. 1819. Pinguîcula vulgaris. L. var. 
gypsophila Hamp. 1820. P. grandiflora Lam,, R leptoceras Rchb. 1821. 
P. lusitanica L., P. longifolia Ram., P. alpîna L. 

fi. F. 



Ki*yptog;aiiiciiflora vou iSachsicii, cicr Ober-IiausUz^ f bnc- 
riiig;en unct Mord-Bo^tintcn^ mit Beriieèksichtig^nng^ 

der bcnaclibartcii Lœudcr. Ersté Abthcilung: Algen im Wci- 
testeii Sîiine, Lcber-iuid Laubmoose {Flore cryptogamique du royaume 
de Saxe^ de la Lusace supérieure^ de la TImringe et de la Bohême sep- 
tentrionale^ avec des considérations sur les pays voisins. Première partie, 
contenant les Algues dails le sens le plus étendu, les Hépatiques et les 
Mousses) ; par M. le D'^ L. Rabcnhorst. Leipzig, chez Edouard Kummer, 
4863, ^-8*", pp. 653; préambule et table des matières, pp. 20; environ 
200 gravures sur bois intercalées dans le texte. 

L'auteur s'explique, dans le court préambule de cet ouvrage important, 
sur les limites du territoire dont s'occu]>o cette Flore, et il nous apprend à ce 



6à SOCIÉTÉ BOTAMQUE DE FRANCE. 

propos que la partie de son livre relative aux Algues peut être considérée en 
quelque sorte comme une Flore des Algues de l'Allemagne en général, car, 
dit-il, dans une Flore locale, même d'une circonscription minime, on trouve 
représentées à peu près toutes les Algues de TAllemagne entière, on pourrait 
presque dire celles de l'Europe. Cette partie de l'ouvrage contient, comme 
un complément très-précieux et important, plus de deux cents belles gravures 
sur bois intercalées au texte et représentant tous les genres d'Algues mentionnés 
dans la Flore. 
L'auteur a donné l'étendue la plus larçe à la famille des Algues, qu'il 

r 

divise en trois classes: Algœ, Melanophyceœ et Bhodopkyceœ. Les Algues 
proprement dites se subdivisent à leur tour en Diatomaceœ^ Phycochromaceœ 
et C hlorophyllaceœ ^ les premiers contenant l'ordre des DiatomeŒt les seconds 
celui desGlycophyceœetles troisièmes les ordres des Palmellaceœ^ Conjugalœ^ 
Siphoneœ et Confervaceœ. La classe des Melanophyceœ ne contient que Tordre 
des Lemoniaceœ; les Rhodophyceœ se composent de deux ordres : Batra^ 
chospermaceœ et Phyllophoraceœ. 

Les autres classes des végétaux cryptogamîques contenues dans cette 
première partie sont les Characées, les Hépatiques, les Sphagninées et 1^ 
Mousses ou Bryinées. Les descriptions des plantes sont en allemand, et les 
noms des espèces sont suivis de leurs synonymes; l'auteur donne aussi l'éty- 
mologie des noms des genres. La publication de la seconde partie de cet 
ouvrage, qui devra contenir les Lichens et les Champignons, dont les genres 
seront également figurés, est promise pour la fin de Tannée 186^. 

J0HANNE3 GrŒNLAND, 



Bryo]og;ia javaiiica^ seu descriplio Muscorum frondosorum archipe- 
lagî indici, iconibus illuslrala ; aucloribus R.-B. van den Bosch etC.-M. 
vanderSande Lacoste. Vol. II, initium, Lugduni-Balavorum. 

Nous continuons à donner à nos lecteurs le relevé des planches de cette 
importante publication. 

Tab. 131. Rhizogonium piniforme Brucb. 132. R. piniforme Brucli. var. 
elalum v. d. B. et Lac. 133. R. latifolium v. d. B. et Lac. 134. Cyalhopho- 
rum Adianlum 3Iitt. 135. C. parvifolium v. d. B. et Lac. 136. C. tenerum 
▼. d. B. et Lac. 137. H ypopterygium Slrulhiopteris Brid. 138. H. trichocla- 
don V. d. B. et Lac. 139. H. Clianiaedrys v. d. B. et Lac. lùO. H. Vriesii 
V. d. B. et Lac. \k\. H. arislalum v. d. B. et Lac. 142. H. teoellum G. 
Mueli. 143. H. humile Miit. 144-45. Rhacopilum spectabile Rev. et Hornscb. 
146. R. demissum v. d. B. et Lac. 147. Dislichophyllum nigricaule Mitt. 
148. D. nanum Dz et Molk. 149. D. Mittenii v. d. B. et Lac. 150. D. acu- 
minatuni v. d. B. et Lac. 151. D. Montagneanum v. d. B. et Lac. 152. D. 
torlilc Dz et Molk. 153. D. undolatum Dz et Molk. 154. Daltonia longipe- 
duuculataC. Rluell. 155. D. contorta C. Muell. 156. D. mucronata v. d. B. 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 65 

et Lac. 1S7. Hookeria acutifolia Hook. 158. Eriopus rcmotifolius C. Muell. 
159. Aciinodontiiim adscendens Schr. 160, A. rhaphidoslegum v. d. B. et 
Lac. 161. Pterygopbyllum Blumeanmn v. d. B. et Lac. 162. Callicostella 
papillata Mitt. 163. C. Prabaktiana v. d. B. et Lac. I6li. Lepidopilum macro- 
pus v. d. B. et Lac. 165. L. Sumatra nu m v. d. B. et Lac. 166. Chœtomi- 
trium philippinense v. d. B. et Lac. 167. C, horridulum v. d. B. et Lac. 
168. C. ciliatum Dz et Molk. 169. C. torquescens v. d. B. et Lac. 170. C. 
lanccolatum v. d. B. et Lac. 171. C. papillifolium v. d. B. et Lac. 172. 
C. muricatum V. d. B. et Lac. 173. C. acanthocarpum v. d. B. et Lac. MU. 
C. Vricseanum V. d. B. et Lac. 175. Homalia exigua v, d. B. et Lac. 



E. F. 



BOTANIQUE APPLIQUÉE. 



liC Jardin fraitier du iluscnm^ ou Iconographie de toutes les 
espèces et variétés d'a^^bres fruitiers cultivés dans cet établissement^ avec 
leur description^ leur histoire^ leur synonymie^ etc.; par J, Decaisne 
(4^ vol, livn 37-41). Paris, 1860-61. Chez Firmin Didot frères, fils et 
C'% rue Jacob, 56. 

Nous continuerons de faire connaître les variétés de Poires décrites par* 
M. Decaisne, en suivant l'ordre des livraisons de son magnifique ouvrage. 

37* livraison. — Poire G ilôt : fruit d'hiver, gros ou moyen, ventru, 
obtus ; à queue droite, charnue ; à cell enfoncé ; à peau un peu rude, jaune 
du côté de l'ombre, rouge-brun du côté du soleil, terne, parsemée de points 
et de marbrures, et marquée d'une large tache fauve autour de la queue ; 
chair cassante, sucrée ; à cuire. — P. Orange d'hiver : fruit d'hiver, moyen, 
turbiné ou arrondi, ordinairement un peu bosselé ; à queue droite, légèrement 
enfoncée dans le fruit; à peau lisse, jaune, unicolore, marquée de quelques 
petites taches fauves; à chair ferme ou demî-cassante, sucrée, plus où moins 
musquée. — P. Catillac: fruit d'hiver, moyen ou gros, ventru, obtus, 
souvent un peu bosselé ; à queue légèrement oblique, cylindracéc, un peu 
enfoncée dans le fruit; œil grand; peau épaisse, jaune, lavée de rouge au 
soleil, parsemée de points et de taches fauves ; chair cassante, âpre ou sucrée; 
fruit à cuire. — P, Ambrette d'hiver : fruit d'hiver, moyen, arrondi, légè- 
ment déprimé aux deux extrémités, jaune olivâtre, parsemé de points et dé 
nombreuses taches fauves un peu rudes ; à queue droite ou un peu obUque 
et un peu renflée aux deux bouts ; à chair ferme ou demi-fondante, sucrée, 
parfumée. 

38Mivraison. — Poire Bergamottc ; fruit d'automne, moyen, arrondi, 
vert pâle, pointillé, déprimé aux deux extrémités; à queue cylindracée, ren- 
flée aux deux bouts, assez courte, droite ou arquée; à chair fondante, très- 
juteuse, sucrée, parfumée. — /*. Passe-Colmar : [ïyxii de fin d'automne ou 



T. x. 



5 



66 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

d'hiver, piriforme ou ventru ; à peau jaune, lavée de rouge-orangé au soleil, 
parsçmée 4e points et portant autour du pédoncule une large tache jaune ; à 
queue droite, assez courte; à chair fondante, parfumée, un peu citronnée. 
jP. Double-Fleur : fruit d'hiver, ventru, à peau jaunâtre, parsemée de très- 
petits points ainsi que de nombreuses taches ou marbrures fauves, ordinaire- 
ment dépourvue de taches autour du pédoncule; à queue remarquablement 
longue, grêle, légèrement renflée ou accompagnée de petits plis à son inser- 
tion sur le fruit ; à chair cassante, peu juteuse , sucrée , non musquée ; fruit 
àcuirç^ — p. Amoselle: fruit d'hiver, moyen, arrondi, déprimé aux deux 
extrémités i à queue longue, arquée, renflée à son insertion sur le fruit; 
peau épaisse, jaune-verdâtre, lavée de roux au soleil, parsemée de gros points 
fauves; œil enfoncé, à divisions caduc^uesou rapprochées; chair demî- 
cassanle, sucrée, légèrement parfumée. 



39*" livraison. 



h 



queue 



pointillée 



jaunâtre, sucrée, d'une saveur particulière. — P. Lefèvre : fruit d'automne, 
moyen ou gros, obtus aux deux extrémités; à queue assez courte, légèrement 
enfoncée dans le fruit, renflée aux deux bouts ; à peau fine, olivâtre, bronzée, 

^ 

quelquefois lavée de roux au soleil, parsemée de nombreux points grisâtres 
arrondis ; œil à divisions très-longues; chair fondante, très-juteuse et sucrée. 
P. B arïiden : frwi d'automne, moyen, arrondi ou ventru; à queue droite, 
cylindi-ique, insérée au centre d'une cavité régulière ; à peau vert-jaunâtre, 

^ 

parseuiée de points et de taches circulaires lisses olivâtres ; a chair fine, très- 
juteuse, acidulée, très-faiblement musquée. — P. d'Hacon: fruit d'au- 
tomne, moyen, assez régulier, arrondi ou légèrement turbiné, déprimé aux 
deux extrémités ; à queue droite , assez grosse ; à peau jaune-verdâtre lavée 
de rouge, parsemée de petits points verts, dépourvue de taches ou de mar- 
brures fauves ; chair fine, trèsfondante, musquée, 

; fiO*" livraison. — Poire Louise-Bonne d'Avranches : fruit d'automne, 
t»ssçz gros, piriforme, oblong, obtus, à peau jaune-citron vif, lavée de rouge 
du côté du soleil, parsemée de petits points fauves ; à queue assez longue, 
renflée et ordinairement coudée à son insertion sur le fruit ; à chair très-fine, 
fondante. — P. Épine du Mas: fruit d'automne, moyen, piriforme, oblong; 
èpeau jaune, lavée de jaune-orangé ou de rouge-carminé, parsemée dépeints 
et marquée de fauve autour du pédoncule; à queue oblique, assez courte, 
ordinairement insérée en dehors de l'axe du fruit ; à chair blanche, ferme, 
acidulée, parfumée.— P. deFontenay (Vendée) : fruit d'automne, assez gros, 
oblong ou piriforme, à peau verte, marbrée de taches olivâtres ou fauves et 
parsemée de gros points; à queue charnue, droite ou insérée obliquement et 
UD peu en dehors de Taxe du fruit; à chair fondante, juteuse, parfumée. 
A Pomme: fruit d'automne, petit ou raoyen^ à queue droite profondément 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 6t^ 

* ■ 

enfoncée dans le fruit; à peau jaune-verdâtre, presque complètement recou-» 
verte de larges taches fauves, squameuses, rudes ; à chair d'uit blanc jaU* 
nâtre, fondante, sucrée, légèrement astringente. 

^1^ livraison. — Poire Graslin : fruit d'automne, turbiné, oblong ou 
piriforme-ventru ; à péâu très-îisse, jaune et lavée de rose au soleil, pàrke- 

■ 

mée de petits points fauves et quelquefois marquée de petites taches brunes J 
a queue légèrement courbée, plîssée, f<?nflée et charnue à son insertion sut" 
le fruit , avec lequel elle se confond ordinairement ; à châiV fine , fondante, 

j 

sucrée-acidulée , parfumée. — P. Bretonneau : fruit d'hiver, Ventru , Il 
peau jaune-terne, lavée de rouge foncé au soleil, parsemée de points, recou-* 
Verte de nombreuses taches, et portant autour du pédoncule une large 
macule fauve; à queue courbée ; à chair blanc-jaunâtre, assez grossière, cas- 
saule; fruit à cuhe. -^ P, Napoléon: fruit d'automne, moyen, piriforme, 
Ventru, oblong et obtus aux deux extrémités, toujours étranglé vers le milieu; 
h peau lisse, jaune, presque dépourvue de points, parsemée de quelques petites 
marbrures, quelquefois lavée de rose du côté du soleil ; à pédoncule de gros^ 
èeut Variable, ordinalî'èment enfoncé dâtis le fruit ; à chair fine, fondante, 
sucrée-acidulée, plus ou moins parfumée. — P. Èishop^s /«^wô: fruit d'au- 
tomne, moyen, piriforme, souvent un peu bosselé; à peau jaune et rouge- 



foncée. 



petit 



queue droite ou oblique, plus ou moins charnue, se confondant avec le fruit; 
à chair fine, fondante, juteuse, parfun^ée. 



E. F. 



MÉLANGES. 



Œuvres sctentifiqiicis de Gcethe^ analysées et appréciées par 

M. Ernest Faivre. Un volume in-S*" de hkh pages. Taris , chez L. Ha- 
chette et C*% 1862. 

y 

Wos lecteurs nous sauront gré de leur signaler un livre dont rintérèt bota- 
nique ne saurait être mis en doute. Les vues élevées de l'auteur de V Essai 
sur la mclamorphose des plantes, ses théories, entremêlées d'erreurs de détail, 
il est vrai, mais justifiées dans leur généralité par Icô progrès de la gcièticfe 
qu'elles paraissaient prédue, tiendront toujours une grande place dans le sou- 
venir dé ceux qui les ont connues et s'imposeront d'oiles-mCmes à l'étude de 
ceux qui les ignoreraient encore. L'excellente traduction de M. Ch. Martine 
avait déjh initié le public français à une partie des œuvres scientifiques de 
Goethe; M. Faivre a voulu achever le travail, et surtout mettre en lumière 
les découvertes les plus originales du poëte, les circonstances qui îeS ont dé- 
terminées, les doctrines qui en ont été le point de départ ou le résultat, enfin 
les liens intimes qui rattachent aux différentes phases de la carrière de Gœlhe 
ses conceptions scientifiques et philosophiques. Aussi à-t-îl joint à l'analyse 



\ 



68 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

des travaux de bolanique, de zoologie et de géologie de Tauteur de Famt, et 
à la traduction littérale des pièces essentielles de son œuvre scientifique, des 
considérations sur sa vie, ses correspondances, ses doctrines, et spécialement 
sur le caractère original de ce puissant génie. 

Le livre de M. Faivre est destiné à compléter une nouvelle traduction des 
œuvres de Gœthe publiée par la maison Hachette, et due à M. Jacques Por- 
chal. Il débute par une introduction où l'auteur examine Tétat de la science à 
Vépoque où Gœthe a commencé à écrire, et l'influence qu'il a exercée sur 
son développement. Le corps de l'ouvrage est divisé en quatre parties. La 
première étudie la vie et les relations scientifiques du poëte, soit avant son 

+ 

voyage en Italie, soit depuis son retour de ce pays, et nous le montre dans une 
position politique élevée qui lui permet de favoriser les arts et les sciences. 
La deuxième, de beaucoup la plus longue de Touvrage, est relative à ses tra- 
vaux scientifiques; V Essai sur ta métamorphose des plantes est traduit en 
.entier. M. Faivre rappelle ensuite les diverses appréciations qui ont été faites 
de cet opuscule et des doctrines qu'il contient, ainsi que l'influence qu'il lui 
reconnaît sur les progrès de la science ; nous n'msisterons pas sur les détails 
d*anatomie comparée et de géologie dans lesquels il a dû entrer poursuivre 
l'auteur allemand dans ses divers travaux, La troisième partie a pour titre : La 
science dans les écrits littéraires et esthétiques de Gœthe; la quatrième : 
Doctrines de Gœthe en histoire naturelle. Ici, M. Faivre étudie les rapports 
des conceptions philosophiques du poëte avec les doctrines philosophiques de 
Spinoza, Kant, Fichte, Schellinget Hegel; d'après lui, cet homme de génie, 
toujours original dans ses créations, n'aurait pris que peu de chose aux sys- 
tèmes d*autrui; l'idée essentielle que Gœthe exprime toujours en philosophie 
naturelle, c'est que pour pénétrer les phénomènes et les comprendre, il faut 
être avant tout docile 5 l'enseignement des faits, également éloigné d'une ana- 
lyse et d'une synthèse exclusives, de l'abus des expériences et de l'abus des 
théories. Gœthe a développé ces principes dans un discours sur l'expérience, 
considérée comme intermédiaire entre le sujet et l'objet, que M. Faivre a 
traduit in extenso. Il ne croit pas, comme Schelling, que l'observation soit 

r ' - ' ' 

un vain luot, et que la méthode spéculative soit le but unique de la science; 
il ne pense pas, comme Bacon, que notre esprit puisse rester exclusivement 
enfermé dans la région des faits et des inductions. C'est sous l'empire de ces 
principes que Gœthe a conçu le principe d'unité de composition organique, 

plus de vingt ans avant qu'Etienne Geoffroy Saint-Hilaire publiât son Ana- 
tomie philosophique y et l'idée des métamorphoses, dont il a entrevu l'impor- 
tance dans le développement des animaux, après l'avoir démontrée dans celui 
des végétaux. «Aussi, dit M. Faivre, Gœthe doit-il prendre rang parmi les 
» naturalistes philosophes les plus éminents de ce siècle, malgré son ignorance 
» du détail, sa ridicule polémique contre Newton et ses applications fausses ou 
I) exagérées de certains principes. Sa science n'est pas d*un observateur curieux 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 69 

n des faits particuliers, mais d'un esprit généralisaleur qui se place sur les 
^ » sommets pour contempler la nature de loin et de haut. Il n'est pas du 
» nombre de ces savants qui comptent, pèsent, observent, expérimeitent ; il 
» appartient à ce petit groupe d'hommes émiuents, qui méditent, interprètent, 
» indiquent les voies nouvelles, devancent leur époque et préparent les 

» progrès. » ' ' 



B. F. 



BIBLIOGRAPHIE 



Itotaiiische Zeituii^* 



Arlicles originaux publiés dans les troisième et quatrième trimestres 



de 1862. 



F 

Hildebrand {F.). — Ueber einige Faelle abnormer Bluethenbildung (Sur 
quelques cas d'anomalie dans la formation des fleurs) : 1^ Formation anomale 
des fleurs d'un Convaliaria majalis, pi. viii, fig. 1-20; 2* pélorie du 
Viola odorala,f\Q. 21-27; 3** fleur anomale du Sarothamnus seoparius^ 

Og. 28, n« 27, pp. 209-21^. 
Reichenbaçh fiL {ff.-G.). — Neue Orchideen (Nouvelles Orchidées), n**^ 27, 

pp. 2U-215. 
Alefeld. — Nachlrœge zu meiner Monographie der Pirolaceen (Additions à 

ma monographie des Pirolacées), n** 28, p- 217-220. 
Alefeld. — Ueber die Stipulœ bei Lotus^ etc. (Sur les stipules dans le genre 

Lotus, etc.), n°28, p. 220. 
Mo/il (H. de). 



ueber 



(Q 



logiques sur le bois des racines des arbres) ; 1^^ article : Sur le bois des 

racines des Conifères, n°^ 29 et 30, pp. 225, 230 et 233-239. 

Sachs {Julias). — Zur Keimungsgeschichle der Dattel (Histoire de la ger- 
mination du Dattier), n*>» 31 et 32, pp. 241-2^6 et pp. 249-252, îpl. IX. 

Reichenhach ftl. {H, -G.). — Dendrobium Aphrodite^ n** 31, p. 246. 

Sachs [Julius), — Ueber saure, alkalische uud neutrale Réaction der Saefte 
lebender Pflanzenzellen (Sur la réaction acide, alcaline et neutre des sucs 
contenus dans les cellules vivantes, n'' 33, pp. 257-265. 

à 

Teysmann et Binnendijk, directeurs du jardin botanique de Buitenzorg à 
Java. — Ueber das Kaju-Garu, cin wohlriechendes Holz in Indien (Sur le 
Kaju-Garu, bois odorant des Indes orientales) ; communiqué par M. le 
professeur MiqucI; n"> 33, pp. 265 et 266. 

Mohl {H. de). — Einige anatomische und physiologische Bemerkungen, etc. 
(Quelques observations analomiques et physiologiques, etc.); 2* ariicle : 
La racine des arbres feuilK-s (Laubhœizer) , u" 34, 35 et 36, pp. 269- 
278, 281-287 et 289-295. 



I 



70 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Nylander (IF.).— Tylophoron et Paralhelium, %Qi\QVii Lichenum nova, 

'n° 3^, pp. 278-279. 
Nylander [W.). — Circa genus Aporiam Dub. iiotula, ii° 34, pp. 279-280. 
Irmisch. — Notiz ueber die Rubus-Arten (Note sur les espèces du genre 

Ruhus), n" 36, p. 295. 

Buchenau {Franz). — Der Bluetlienstand von Fmpétrum (Inflorescence de 
YEmpetrum), n» 37, pp. 297-301, pi. x, fig. 1-7. 

Schlechtendal {D.-F.-L. de). — Abnorme Bildungen an Pflauzen (Formes 
anomales dans le règne végétal, n*» 37, pp. 301-302. 

Buchenau {Franz). — Einige Beobachtungen aus dem Gebiete der Pflanzen- 
Tératologie (Quelques observations de tératologie végétale), n*" 38, p. 305- 
310: Racines des Daucus Carota^ lonopsidion acaulè, Brassica Rapa^ 
Periploca grœca^ Parnassia palustris, Plantago major, pi. x, fig. 8-20. 

B w 

Mohl {H. de). — Einige anatomische «nd physiologische Bemerkuiigcn, etc. 
(Quelques observations anatomiques et physiologiques, etc.); 3 *' article : 
Sur lés racines, n^" 39 et AO, pp. 313-319 et 321-327. 

Nylander {W.]. — Circa Lichenes ferricoîas notula, n*» 39, p. 319. 

Mueller [Cari). — Additamenta ad Synopsin Muscoruin nova, n''* ûO, ^1, 
h% 43, hh, ii5etû6, pp. 327-329, 337-339, 348-350, 361-362, 373-374, 
381-382, 392-393. 

ïlegel. '• — Noch einmal Betula alba L. und deren Abarten, B. alba verrucosa 
xxnàpubescens (Encore une fois le Betula alba L. et ses variétés, B. alba 
verrucos» et pubescêns), n^ 40, pp. 329-330. 

SolmS'Laubach (Je O^ Fr. de). — Ueber einige behaarte Pezizen (Sur 
quelques Pézizes velues, n° 41, pp. 333-337, pi. xi. 

Alefeld {Friedrich). — In denselben Bluethen norinaliter die Antheren zuni 
Theil liâch înnen, s^um Theil nach aussen âufspringefid (Des anthères qui, 
dans la même fleur, offrent normalement une déhiscence eil partie introrse, 
en partie extrorse), n** 41, p. 339. 

Kabsch (TF.). — Ueber die Einwirkung verschiedener Gase und des luftver- 
duennten Raumes auf die Beweguftgserscheinungen im Pflanzenreiche (Sur 
l'action des différents gaz et de Tair raréfié sur les phénomènes de mou- 
vement dans le règne végétal), n^' 42 et 43, pp. 341-348 et 353-361. 

Dronke. — Abnorme Fruchtbildung bie Prunus Armeniaca (Formation anor- 

H 

maie du fruit d*un Prunus Armeniaca), rf 42, pp. 350-351. 
Alefeld [Friedrich). — Ueber die amphicarpen Vicieen (Sur les Viciées 

amphicarpes), n*^ 43, pp. 362-363. 
Sachs [Julius). — Ueber den Einfluss des Lichtes auf die Bildung des 

Amylums in den Chlorophyllkœrnern (De l'influence de la lumière sur 

la formation de la fécule dans les granules de chlorophylle), iV 44, 

pp. 365-373. 

Schimper {W.-Pk). — Bemerkungen ueber D*" Muellers Bryum Drum^ 



« 



* f 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 7l 

monda (Observations sur le Bryum Drummondii de AJ. le D' Muelier), 
, n** Ixh, pp. 37^-375. ' 

Reichenbach fiL [ff.-G.]. — Cleisosfoma Guiberti Liiid. et Rchb. fil n° hh, 

pp. 375. 
Sollmmin {Aug.). — Ueber die Enlwicklung der Sporen von Sphœrta capî- 

iellata Klotzsch (Sur le développemeul des spores du Sphœrîa capUellata 

Klotzsch), ïf ûS, pp. 377-381, pi. xiL 
Schleclitendal {D.-F.'L. dé)l — Abnorme Pflanzenbilduugen (Des formations 

anomales dans le règne végétal), n*' û5, pp. 382-383. 
Pollender (Aloys). — Chromsaeure, eîn Lœsungsmittcl fuer PoIIenîn und 

Cutin, nebst einer neuen Untersuchung ueber das chemische Verhalten 

dîeser beîden Stoffe (L*acîde chromîque, matière propre à dissoudre la 

pollinine et la cutine, accompagné d*une nouvelle observation sur les 

propriétés chimiques de ces deux substances), n''* 46 et 47, pp. 385-389 
et 397-405. * 

Wiesne)^ [Julîus). — Einige Beobachtungen ueber Gerb-und f arbstoffe der 

' Blumenblaelter (Quelques observations sur le tannin et les matières colo- 
rantes des pétales), n° 46, p. 389-392. 

Wicke [Wilk). — Beobachtungen an Chenopodium Vulmria ueber die 

' Ausscheîdung von Trimethylamin (Observations sur la sécrétion de tri- 
méthylamine dans le Chenopodium Vulvaria), n** 46, pp. 393-395. 

Mueller {Cari). — Ântwort auf D'^ W.-Ph. Schimpers Bemerkungen ueber 
D"^ Muellers Bryum Drummondii (Réponse aux observations de M. le 
D"^ Schimper sur le Bryixm Drummondii de M. le D"^ Mueller), n** 46, 
pp. 395-396. 

Schlecktendal {D.-F.-L. de). «— Abnorme Fruchtbildungen (Formations 
anomales de fruits), n** 47, pp. 40d"406. 

Schacht {Hermann). — Ueber den Stamm und die Wurzel der Araucaria 
brasiliensis (Sur la lige et la racine de V Araucaria brasilicnsis)^ n^* 48 

et 49, pp. 409-414 et 417-423, pU xiii et xiv. 
Phœbus (A). — Das Staudingersche Microtom (Le microtome de M. Stau* 

dinger), n« 49, pp. 424-425. . , 

Jteichenbach fil {H. G.). — Bodriguezia pardina] ïf 49, p. 428. ., 
Milde{J.).— WissenschaflUclie Ei-gebnîsse meînes Aufenthalts bei Meran 

(Résultats scientifiques de mon séjour dans les environs de Mérau), n*** 50, 

51 et 52, pp. 429-U8, 441-454 et 457-460. 
Buchenau {Franz). — Berichligungen zu dem Aufsatze iu n^ 38 Einige 

Beobachtungen ans dem Gebiete der Pflanzenterdtologie (Rectificalions 

au mémoire du u? 38, intitulé : Quelques observations de tératologie 

végétale), n'^ 50^ p. 438. 

Mohl {H. de). — Einige crlaeuternde Bemerkungen zu der von Prof. Schacht 
gegen meine Darstellung des C oniferenholzes erhobenen Reclaraatîonen 



A* 



k ri 



ri ' f ^ 




72 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



(Quelques observations relatives aux réclainalîons élevées par M. Schachl 
contre mon Expositioti de la structure du bois des Conifères), n° 52, 
pp. ^60-Zi62. 

Publications dive^^ses : 

j 
j 

Liste des plantes qui ont résisté en plein air, depuis plusieurs années, au 
jardin botanique de la marine à Brest; par 31, Hétet (^nn. se. mit. 1862, 

t XVI, pp. 379-382). 
Àdditamenta ad Thesaurum litteraturœ botanicœ ditera; index II libroruni 
botanicorum Bibliothecae liorti imperialis botanici petropolitani quorum 
inscriptiones in G. -A. Pritzelii Thesauro lUteraturœ botanicœ et in Addita- 
mentis ad thesaurum illuni ab Ernesto Amando Zuchold editis desîderantur ; 

r 

GoUegit et coraposuit Ernestus de Berg, horti imperialis botanici petropo- 
litani bibliothecarius, Petropoli, 1862. In-8** de 32 pages. 

Guide du botaniste dans le canton de Vaud, comprenant en outre le bassin 
de Genève et le cours inférieur du Rhône en Valais ; par D. Rapîn ; 2*^ édi- 
tion. Un volume in-8** de 772 pages; Genève et Paris, chez Joël Cherbu- 
liez, 1862. 

Trattato délia malattia dominante nella vegetazîonc, ossîa la crittogamologîa 

générale e spéciale délia vite, del gelso e del baco; è rîmedj per redurli allo 

stato normale sano e prospero {T^mté de la maladie qui domine dans la 
végétation^ ou Histoii^e générale et spéciale des cryptogames de la vigne ^ 

du marier et du ver à soie^ avec les remèdes propres à ramener les êtres 



r) 



NOUVELLES. 



M. J. de Seynes, docteur es sciences, a été nommé agrégé près la 
Faculté de médecine de Paris au mois d'août 1863, à la suite d'un brillant 

r 

concours, dans lequel ont été soutenues les thèses suivantes : De la germi- 
nation, par M. J. de Seynes, De la fécondation dans les Phanérogames^ 
par M. Eug. Fournîer, et De la fécondation dans les Cryptogames, par 
M. Léon Vaillant. Notre Revue rendra compte ultérieurement de ces travaux. 

Notre Bulletin a déjà annoncé les travaux de M. Guiseppe Pancio sur 
la flore de la Servie. Ces travaux ont été poursuivis et couronnés de succès, 
car ils ont permis h M. de Yisiani de présenter à l'Institut vénitien V Illustra- 
zione délie piante nuove e piu rare délia Serbia raccolte ed osservate dal 
prof. Guiseppe Pancîo. On sait que IM. Pancio avait déjà publié en 1836 un 
catalogue des plantes phanérogames de la Servie. 



Paris,— Imprimerie de E, Martinet, rue Mignon, î. 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE 



DE 



FRANCE 



T^ 



SEANCE DU 13 FEVRIER 1863. 



• « 



" « * 



PRÉSIDENCE D£ M. £. GOSSON. 



M. Eug. Fournier, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de 

r 

la séance du 30 janvier, dont la rédaction est adoptée. 

A l'occasion du procês-vertal, M. Moquin-Tandon revient sur la 
poire prolifère dont il a parlé dans la dernière séance (voy. plus 
haut, p. AS) , et qu'il a examinée de nouveau d'après les observa- 
tions de M. Duchartre : 



M* Moquin-Tandon a remarqué des lobes calicinaux très-visibles sur cha- 
cun des trois fruits dont se compose réchantillon anomal, et deux ou trois 
loges dans leur intérieur. II ajoute que Ton peut distinguer les cas de vraie 
prolificalion de ceux où la dilatation résulte de l'hypertrophie du pédoncule, 
par plusieurs caractères. Quand il y a prolification, le fruit inférieur est le 
plus gros, et il est formé d'un parenchyme charnu; en outre, la ligne de 
démarcation entre les fruits, qui sont creusés de vestiges de loges, est bien 
tranchée, et elle porte des lobes calicinaux. Quand, au contraire, il y a hyper- 
trophie du pédoncule, le fruit inférieur est le plus petit , et il présente des 
côtes plus ou moins distinctes, formées par les faisceaux fibro-vasculaires du 
pédoncule ; la ligne de démarcation est mal établie, et Ton ne trouve ni rudi- 
ments de loges, ni sépales. Quant à la formation des fruits prolifères, M. Mo- 
quin-Tandon serait porté à croire que du premier fruit est née une fleur, qui 
a produit le second fruit; mais c'est l'analogie qui le guide dans Tinterpré- 
tation du fait actuel plutôt que l'observation directe. 



Ai. Chatin fait remarquer que si Ton n'observait pas de lobes 



de démarcation qui sép 



ppellefaîent 



les fruits proli- 
ges superposées 



de la Grenade et la disposition que Ton a observée dans 



T. X. 



6 



r r 



■■ * - 



74 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

du Pommier de Saint- Valéry y et n'en différeraient ( 
étranglement placé entre ces verticilles. 
Par suite des présentations faites dans la dernière se 

■ - X 

Président proclame l'admission de : 

MM. PoMEL (A.), garde-mines-géologue, à Oran (Algérie), pré- 
senté par MM. Vigineix et Lefèvre. 
ScHONEN (le baron de), rue Saint-Dominique, 32, à Paris, 
présenté par MM. P. Matês et Cosson. 

M. le Président annonce en outre une nouvelle présentation. 



Dons faits à la Société : 



1° Dé la part de M. Molière : 

Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie, t. VIT, 1861-62. 



2° En échange du Bulletin de la Société : 

Nouveaux mémoires de la Société helvétique des sciences naturelles^ 

t. XIX, 1862. ^ 

Compte rendu de la 45^ session de la Société suisse des Sciences 

naturelles y réunie en août 1861. 

Pharmaceuticàl journal and transactions^ févHer 1863. 

Ulnstitut^ février 1863, deux numéros. 

■H 

i 

M. J. Gay annonce à la Société que M. Babington offre de lui 
envoyer une collection de ses Rubi analici. . ■ ■' 

La Société accepte avec reconnaissance Toffre de M. Babington 
M. le Secrétaire général est chargé d'en informer Thonorable pro 
fesseur de Cambridge, et de lui transmettre les remercïments de 1 
Société. 

- M. Ducbartre fait à la Société la communication suivante : 



) 



j 



SUR 



par 



11. P. buchArtrë. 



Un mois d'août 1862, la Société impériale et centrale d'Horticulture reçut 
d'un de ses membres, M. Binot, horticulteur fixé à Pétropolis, près de Rio- 
Janeiro (Brésil), deux pieds d'une Amaryllidée qui se présentait avec des 
caractères exceptionnels à divers égards. Son bulbe avait des dimensiorts con- 
sidérables, puisqu'il mesurait 0°,10 a O^.IS d'épaisseur; eu outre, il se con- 



" ■ ' î. ' 



SÉANCE DÛ 13 FÉVRIER 1863. 75 



* « 



tinuait supérieurement en une sorte de fausse-tige conique , formée par 
l*emboîtement des feuilles dans leur moitié inférieure; celle fausse-tige attei-' 
gnait 0*^/15-0"", 50 de hauteur, et elle était terminée par des feuilles forte- 
ment arquées en faucille/ Dans la lettre trop peu circonstanciée qui accompa- 
gnait cet.envoi, M. Binot disait qu'il avait découvert cette plante sur une 
montagne (dont il n'indiquait ni le nom, ni la situation, mais que je présume 
faire pîirtîe de la Sëba dos Orgaos, ou chaîne des Orgues), que personne 

avie avant lui ; là, elle arrivait à des proportions extraordinaires 
pour une plante bulbeuse, puisqu'elle atteignait 2 et même 3 mètres do 
hauteur, et sa hampe portait à son extrémité supérieure une magnifique 
ombelle ^q huit II douze grandes fleurs. Il ajoutait qu'y ayant reconnu un 
Ammnjllis^ il proposait de lui donner le noiii à' AmarylliS'Impératrice'du^ 
Brésil, 

Vers la même époque, bu un peu auparavant, deux autres pieds, beaucoup 
moins développés, de la même plante, furent envoyés par l'horticulteur de' 

-F ' * ., ^ I 

Pétropolis à M""^ Furtado, qui les fit placer dans l'une des serres de son 
château de Rocquencourt près Versailles (Seine-et-Oise) ; l'un de ceux-ci a 

• - 

produit, dès la fin de janvier dernier, une ombelle de quatre grandes et belles 
fleurs. Instruit de cette heureuse circonstance, je me suis empressé d'aller 
examiner cette remarquable Amaryllidée, en même temps que !M. Riocreux 

■ n 

se rendait de son côté à Rocquencourt pour y exécuter, pour la Société impé- 



r 



h 



iieur de mettre en ce moment sous les yeux de la Société botanique. 
' Comme l'avait reconnu 31. Binot, la plante dont on lui doit la découverte et 
l'envoi en Europe, est une espèce iV Amaryllis de la section Hfppeastrnm. 
Par son port, par ses dimensions, par l'ensemble de ses caractères, elle me 

t * 

semble parfaitement distincte de toutes les espèces de la même section qui 
ont été décrites jusqu'à ce jour. Je croîs devoir lui donner le nom A' Amaryl- 
lis procera, afin de rappeler ses dimensions vraiment extraordinaires, qui 
surpassent de beaucoup celles de V Amaryllis {Hippcastrum) robusta A\h. 
\ Dietrich, la plus grande espèce que Ton connût encore (voy. Allgem. Gar^ 

tenzeitung y 18^ ann. 1850, p. 61), et qui en font le géant du genre. J'en 
resumerai les caractères principaux dans la diagnose suivante: 
' Atviâryllis [Hippeasbnim) procera Dclre : bulbo maximo, în collum 
producto; foliis numcrosîs, dislichis, longissimis, parte supcriorc loratis, fal- 
catis, patulis reflexisve^ parte înforîore erecta longe vaginartlibus', sicque 
psetidocaulem crassum, elalum (1-2 metn), externe vaginîsaridis, brunneis 
obtectuni efficient ibus, apiceobluso angustatis, ulraque pagina striatis, *mar- 
gine integerrimo cartilagineis; scapo centrali ereclo, foliis brcviore, valde 

i 

compressa^ ancipiti ; spatha bîvalvi, valvis lanceolatîs, inaequalibus, altéra 
latîorè, externà , bfcannata, âltcfa angusliore, plana, demum flaccidis, 
deflexis, arescentibus rubescentibusque, ut et bractcœ lineari-ianceolatœ, 




76 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

floribus intermixlae; floribus pluribus (4-12), umbellalis, aniplîs, specîosîs, 
lilacinis , înfundibulato-canipaïuilatis, deflexis : perîaathii 6-partiti sepalis 
pelalîsque oblongis, undulaiis, aequilongis, illis apice crasso-mucronatis; 
staminibus slyloque reclinatis, apice incurvo arrectis, perianthio Wevioribus; 
capsula serainibusque ignotis. 

Qu'il me soit permis d'ajouter à cet exposé concis des caractères distinctifs 
de V Amaryllis procera^ quelques lignes sur les particularités anatomiques 
remarquables que j'ai reconnues dans ses feuilles. 

Les deux faces de ces organes sont marquées de stries longitudinales et 
parallèles, toutes égales entre elles, qu'un examen tant soit peu attentif fait 
reconnaître connue étant alternativement vertes et pâles. Les lignes vertes 
indiquent les saillies ; les lignes pâles répondent aux sillons qui séparent ces 
lignes proéminentes. A cette différence de coloration correspondent diverses 
particularités anatomiques. 1^ L'épiderme ne porte de stomates que sur 
les bandes vertes, et ses cellules y sont a la fois plus courtes et plus larges, 

r 
j 

et moins régulièrement rangées en séries longitudinales. 2° Les cellules 
épidermiques offrant toutes, dans leur longueur, une série de grosses papilles, 
au nombre de six ou huit, en moyenne, pour chacune d'elles, celles qui sont 
comprises dans les lignes vertes ont leurs papilles beaucoup moins prononcées 
que les autres. 3** Le parenchyme à chlorophylle se trouve, comme peut le 
faire deviner la situation des stomates , sous les bandes vertes, et un plan de 
cellules incolores s'étendant dans le milieu de l'épaisseur de ta feuille, il en 
résulie que les cellules vertes forment sous chacune de ces bandes proémi- 
nentes deux masses distinctes et séparées : l'une sous l'épiderme supérieur, 
l'autre sous Tépiderme inférieur de la feuille, U^ Toute l'épaisseur du tissu 
foliaire, dans la portion qui correspond aux lignes pâles de là surface, c'est- 

É 

à-dire aux sillons, se montre dépourvue de chlorophylle et, par conséquent, 
incolore; or, c'est uniquement au milieu de ces mêmes portions incolores 

r 

que se trouvent les faisceaux fibro-vasculaîres, c'est-à-dire les nervures paral- 
lèles de la feuille. Ces diverses particularités anatomiques me semblent 
remarquables; aussi ai-je cru devoir les indiquer dans cette note succincte. 



M. Chatin demande à M. Duchartre quelle est la différence de 



longueur 



& 



observée 



pourrait fonder sur ce caractère l'établissement d'un nouveau 
genre dans la famille à laquelle elle appartient. 

M. Duchartre répond qu'il est déjà difficile de bien comprendre 
les limites des groupes formés aux dépens de l'ancien genre Ama- 
rtjîlis , et qu'on a peut-être , en établissant ces groupes , géné- 
ralisé trop promptement des observations faites sur quelques 
espèces. 



SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1863. 77 

M. Eug. Fournier, secrétaire, donne lecture des communications 
suivantes, adressées à la Société : 



LE NOM DE POA CHAIXl Vill. A LA PRIORITÉ SUR CELUI DE POA SUDE TIC A Hccnkc , ET 
CELUI DE JUNCUS NUTAXS Vill. SUR CELUI DE JUNCUS PEDIFORMIS Chaix in VilL. 

par II. a. DUVAIi-alOUVE. 

(Strasbourg, 5 février 18G3.) 



Des plantes européennes qui n'ont pas été décrites par Linné, les unes, 
ayant des formes bien tranchées ou une aire de végétation très-reslreînte, ont 
joui du privilège d'être reconnues après avoir été décrites une fois. D'autres, 
plus répandues et appartenant à des familles oii genres et espèces sont nom- 
breux et difficiles à caractériser, ont été, vers la fin du dernier siècle ou lo 
commencement de celui-ci, décrites presque simultanément sur plusieui's 
points ; et, plus tard, cette multiplicité de noms, mettant obstacle à ce qu'elles 
fussent nettement reconnues , a engendré des erreurs, des noms nouveaux, 
puis des rectifications erronées à leur tour, en un mot, une synonymie sou- 
vent inextricable. Au nombre de ces dernières plantes se trouve le Poa auquel 
presque toutes nos flores modernes conservent, comme princeps , le nom do 
Poa sudetica Haenke. En effet, cet auteur l'imposa, dès 1791, à cette espèce 
qu'il décrivit dans les Mémoires de la Société royale des sciences de 
Bohême (1). Trois ans plus tard, Mœnch en faisait son Poa rubens [Mellu 
p. 187). Mais, en 1776,PolIich avait décrit le Fesluca silvatica auct. récent, 
sous le nom de Poa silvatica, et , en 1791 , Ehrhart avait donné a ce même 
Fesluca le nom de Poa trinervata. Or ces dénominations furent adoptées 
par Willdenow et, pour cet auteur, « 12 Poa trinervata Ehrh. , 13 Poa 
» sudetica Haenke, ih Poa rubens Mœncb » [Sp. pL I, p. 389, 1797), cou- 

r 

stituèrent trois espèces très-rapprochées, comme l'indiquent leurs numéros 
d'ordre et mieux encore les notes de l'auteur. De Çandolle se guida sur Will- 
denow et, en 1805, publia dans sa FL fr. III, pp. 58 et 59, un Poà triner- 
vata et un Poa rubens, tous deux distincts du Poa sudetica qui se trouvait 
exclu. L'année suivante, Loiseleur-Dcslongchamps reproduisit et cette exclu- 
sion et ces admissions dans son Flora gallica, éd. 1% p. 50. Ajoutons qu'on 
1805, Willemet, dans sa Phytographie encyclopédique ou Flore de Lor- 
raine, I, p. 16, recevait comme nouvelle cette plante à lui dédiée par Godefrin, 
Poa Willemetiana. En 1806, Schrader, après avoir établi définitivement 



(1) Voici le titre exact de l'ouvrage, non mentionné dans le Thésaurus de Pritzel et 
désigné ordinaîremenl par rabrévialion « Fœnke Sudet- » : Beobachtungen auf Reisen 
nach dem Riesengebirge, von Joh. Jrasak , Abbé Gruber, Thad- Hçnke, F. Gerstner, 
veranstalict und hcrausgegeben von der Kœnigl.Bœhai, Gesellschaftder Wissenschâflen. 
Dresden, 1791; in-4^. 



78 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

entre le Poa silvatica PoIL et le Poa trinervata Ehrh. ridcntité qu'il avait 
soupçonnée dès 179/i [Spicil» flor, germ. p. 5), rendit celte espèce an genre 
Festuca, et, d'autre part, il ramena le Poa 7'ubens Mœnch au Poa sudeiica 
Haenke. Sur Tautorité de Schrader, De Gandolle, dans son Supplément de 
1815 , corrigea sa méprise en la remplaçant toutefois par une autre, car cet 
, auteur publiait notre plante sous le nom àe Festuca compressa^ donnée 
comme synonyme de Poa montana Delarb. [FI. fr. V, p. 263), en même 
temps qu'il lui rendait le nom dçPoa sudetica Haenke (op. cit. p. 272), qu'elle 
a conservé depuis. 

Or le nom de Haenke est-il bien réellement le nom prînceps de ce Poa ? 
Dès 1787, c'est-à-dire quatre ans avant la publication de Haenke, .yjUars 
avait donné de cette espèce, qu'il nommait Poa silvatica Ch^ix, une très- 
bonne description et une figure non moins bonne {Hisi. pi. Daupk. II, 
p. 128, pi. III), Mais ce nom, si parfaitement convenable d'ailleurs, était 
déjà employé depuis onze ans par Pollich, comme nous l'avons dit ci-dessu§, 
et, bien que cet auteur l'ait appliqué à une plante d'un autre genre, nous ne 
croyons pas qu'on puisse le reprendre comme nom princepsdu Poa sudetica y 
ainsi que, dans sa Flore d'Alsace^ II, p. 32/i, notre savant confrère, M. Kirsch- 
léger a cru pouvoir le faire. De plus, en remontant la synonymie indiquée 
par Yillars à son Poa silvatica^ on trouve que dans le Catalogue fourni à 
Villars par l'abbé Chaix, le 5 janvier 1785, et imprimé en 1786 dans le 
tome V de Vffisf. despL du Dauph. pp. 309 à 382, Chaix rapportait son 
Poa silvatica, d'une part, à la plante de PoUich [Festuca silvatica) ^ et, 
d'autre part, à la plante n° Il de Gérard {Festuca spadicea). Cette double 
erreur n'avait pas échappé à Villars; il l'avait signalée à Chaix , et ce dernier 
l'avait lui-même reconnue, comme le prouve la note de Villars {Hist pi. -. 
Daupfi. II, p. 128), et ce n'était que par déférence pour spn ami qu'il avait 
conservé ce nom fautif (1). Mais précédemment Villars avait lui-même 
reconnu cette Graminée comme nouvelle, innommée, et, dans son Flora 

delphinalis (2), il l'avait nommée Poa Cliaixiy en accompagnant ce no|p 
d'une description, ainsi qu'il suit : 

« Poa ChaixiTiW. In silvis et pratis alpestribus, Culmus 3-ped. compres- 
» sus, folia ferme viridia carinata obtusa rigida, panicula rigida, spiculae 
» ovatse compressae 1-7-florae rubro nitentes; affinis parum P. compressœ. 
» An P. alpina, sed Zi-plo major. » {FL delpk, p. 7.) 



p 



' -Vi*" A 



t 



(1) Une preuve de rembarras de Villars à ce sujet se trouve dans la manière dont il 
écrit le nom de cette plante dans ses Herborisations : a Poa silvafica Chaixi » {Hist. 
pL Dauph. I, p. 276), C'est le seul nom de cette longue liste qui soit ainsi noté. 

(2) Le Flora delphinalis de Villars fut rédigé en 1783 et 1784 sur les instances de 
Gilibert, qui le fit imprimer en 1785, avec une préface de lui, dans le premier tome de 
son SysLema plantarum Europœ, Le Flora delphinalis était le développement du Pro- 
spectus de Vhist, des pi. au Dauphiné, Grenoble, 1779, et le prodrome de VHisL des pL 

du Dauphiné, 1786, ^ - 



SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1863, 79 

i»:Ce nom imputé par Vill^rs, publié avec description ep 1785, çsl; 4onc 
bien véritablement le nom princeps et à conserver. Il y aura d'abord avan- 
tage à faire disparaître, avec le mot sudetica, une de « ces épithètes qui, 

> empruijtéç§ à des pays ou à des montagnes, quand les plantes ont une vfiste 
«distribution, paraissent peu convenables » (Kirschleger, /7. Als, II, 
p. 325); mais, plus que tout cela, il y aura justice historique et justice scien- 
tifique à rattacher à une Graminée les noms de Villars et de Chaix, qui ont 
si puissamment contribué à la connaissance des plantes du Dauphiné et, en 
particulier, des Glumacées. 

, Il serait hors de propos de mentionner ici toutes les Glumacées; qvie ces 
deux botanistes ont été les premiers à signaler en France, d'autant qu'à une 

époque où les relations scientifiques étaient si difficiles et si réduites, il leur 
est arrivé de décrire et de nommer comme nouvelles des plantes déjà nom- 
mées et décrites dans des publications à eux inconnues. Je me bornerai donc 

h 

fi citer quelques espèces qui leur doivent leur première description et un nom 

ri 

ij|8i a droit à être conservé comme princeps : 

Fe&tuca silvatica Vill, ^^5^ pi. Dauph. I, p, 271, et II, p. 105, 
lab. IL 



-.- J 



Festuca pumila Chaix in Vill. ffist. pL Dauph. I, p. 316, et II, p. 102. 
Festuça (nunc Kœleria) phleoides YilK FL delph. p. 7 ; Hist. pL 
Dauph. I, p. 2^9, et II, p, 95, tab. IL 

Avena calycina Yill. FL delph. p. 10; Hist. pL Dauph. II, p. 148, 

tab. II (nunc Danthonia provincialis DC). 

Avena distichophylla Vill^ Prosp. p. 16; Hist. pL Dauph. II, p. l^ft, 
tab. IV. 

' I r 

î Avena mentana Vill Hist. pi. Dauph. II, p. 151. 

Avena selacea^iW. Prosp. p. 16; FL delph. p. ^\Hist. pL Dauph. II, 
p. 1/iù, tab. V. 

Avena sempervirens Vilj. Prosp. p. 17; FL delph. p. 10; ^ist. pi. 
Dauph. II, p. IZiO, tab. V. 

. Agrostis (nunc Calamagrostis) villosa Chaix in Vill. Hist. pL Dauph. 
I, p- 378, et II, p. 79, 

Agrostis verticillata Vill. Prosp. p. 16; Hist. pi. Dauph. II, p. 74. 

Carex hordeistichos M'AI. Prosp. p- 18; FL delph. p. 107; Hist. pL 
Dauph. I, p. 313, et II, p. 221, tab. VL 

Carex sempervirens Vill. Hist. pL Dauph. II, p. 214. 
t Carex fœtida Vill. Hist. pL Dauph. I, p. 312* Dans la Flore de France^ 
on lit après ce nom : « Vill. Prosp. Ail. Ped. 2, p. 265 », ce qui en attri- 
buerait la priorité à Villars, son Prospectus étant de 1779, et le Flora 
pedemontana de 1785. Mais les savants auteurs de la Flore de France ont 
sans doute été induits en erreur par la note que Chaix a insérée Hist. pL 
Dauph. I, p. 312, et où il dit : « Cum hic citatur Vill. intelUge prospectum 



^ 



80 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

4 

)) delphidense {sic). » Or le Carex fœtida n'est cité ni dans le Prosp. , ni 
dans le FL delph. , mais seulement dans ïffist. pL Dauph, , et, à mon avis, le 
nom d'AUionî a la priorité. Au reste, Tabbé Chaix n'était pas fort scrupu- 
leux à cet égard; à la même page, il commet la même inexactitude au sujet 
du Carex gynohasis Vill, et, pour ce qui le regarde, il se décerne en toutes 
lettres les honneurs du mihi à propos des Carex curvula^ C, humilisy 
€!. vema, C. argenfea {alba Scop.], C. capillaris^ etc., nommés bien 

avant lui. 

Juncus alpinus Vill. Bist. pi. Danph, II, p. 233. 

Juncus (nunc Luzula] spadîceus Vill. Prosp. p. 18 ^ Hist, pL Dauplull^ 
p. 236, tab. VI bis. Ici la priorité appartient bien à Villars, dont on néglige 
ordinairement de citer le Prospectus, 

Juncus (nunc Luzula) nutansYïlL FL delph. p. 34. J. pediformis Chaix 
in Vill. HisL pi Daupk I, p. 318, et II, p. 238, tab. VI. 

L'histoire de cette espèce démontrera jusqu'à quel point l'excellent Villars 
poussait la déférence à l'égard de son ami. Dans son Flora delphinalis^ 
p. 34, Villars avait, dès 1779, donné à cette espèce le nom, parfaitement 
convenable d'ailleurs, de Juncus nutans^ ajoutant : « Chaix pro varietale 
» habuit Linnaei : differre videtur. » Or, dans le Catalogue des herboinsations 
qu'il fournit pour V Histoire des pL du Dauphinê^ Chaix laisse de côté le 
nom déjà imposé par Villars, baptise la plante pediformis^ et Villars, pour 
he pas contrarier son ami, adopte le nom pediformis, mais en rappelant 
toutefois le sîen propre, Juncus nutans, qui est bien le nom princeps et doit 
être conservé. Ajoutons que si Chaix a remplacé nutans par pediformis^ 
c'est que sans doute ce dernier nom aura plu davantage à lui prieur-curé 
des Baux, attendu, comme il ledit, que l'épi de cette espèce est « instar pedi 
» episcopalis [crosse) incurvata» [Hist. pL Dauph. I, p. 318, note 6). Pedi- 
formis signifie donc en forme de crosse, et vient de pedum^ non de pes^ 
comme M. L. Reichenbach paraît l'avoir cru en traduisant cet adjectif par 
« fusslheilig » {DeutschL FL p. 20). 

En résumé, de tout ce qui précède, il nous paraît résulter que la syno- 
nymie du Luzula pediformis doit être établie ainsi qu'il suit ; 



Luzula nutans. 



1779. Juncus nutans Vill. FL delph. p. 34; Hist. pL Dauph. II, 

p. 238. 

1786. J. pediformis Chaix in Vill. Hist. pL Dauph. I, p. 318, et II, 

p. 238. 

Luzula pediformis DC. et omn. auct. récent. 



■ F 

Et que celle du Poa sudetica de nos flores doit être la suivante : 

1785. Poa Chaixi VUL FL. delph. p. 7. 



SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1863. 81 

1786. Poa silvatica Chaix in Vill Hist. pi. Dauph. I, pp. 276, 316 (non 

Poli, et excl. omn. syn.), et II, p. 128, tab. IIL 
1791. P. sudetica Hœnke Sudet. p. 120. 

1794. P. rubens xMœnch MetL p. 187. 

1800. ? P. montana Delarb. FI. Auv. II, p. 699. 

1805. P. Willemetiana Godefrin în Willem. Phyt. encycL p. 86. 

1805. P. trinervata DC. FI. fr. III, p. 58 (non Ehrh. nec Willd. et 

excl. syn. Poil.), et ejusclum in eod. loco P. rubens y p. 59. 
1815. Festuca compressa DC. FL fr. Y, p. 263, et ejusdem Poa swrfe//ca, 

p. 272. 



r 

NOTICE PË M. rabbé HIÉGEVIIiliE SUR QUELQUES PLANTES RÉCOLTÉES DANS 

: LES HAUTES-PYRÉNÉES EN 1800-1802 (suite et fin) (1), • 



IL — Mes explorations à Cauterets et dans les alentours étant achevées, il 
me fallut rentrer pour deux mois à Garaison. Ce ne fut que le 28 juin que 
j'en repartis pour me rendre à l'antique chapelle de Notre-Dame-dc-Héas, 
dans la vallée de Barréges. Celte chapelle, pour le dire en passant, est située 
sur le territoire et au sud-est de Gèdre, commune du canton de Luz, non 
loin du Mont-Perdu et du Pimené, dans un bassin couronné par les riches 
pâturages du Camp-Long , de l'Aguila et de Groute. Son altitude est de 
1556 mètres. Les montagnes de Héas forment avec celles d*Aure, leurs 
voisines et leurs rivales, la ligne de démarcation de la France et de l'Espagne; 
placées au centre des Pyrénées, elles en sont le point culminant. C'est la 
patrie des plantes qui vont passer sous nos yeux. La plupart sont des végétaux 
monocotylédones de la famille des Cypéracées et de celle des Graminées. 

A propos des Cypéracées, je suis heureux de pouvoir mettre à leur tête 
le Kobresia caricina "Willd. Certains botanistes modernes avaient eu tort 
d'exclure cette rareté végétale du catalogue de la flore des Pyrénées. Je loi 
ai découvert moi-même, cette année, trois gîtes : le premier au sommet des 
crêtes du Camp-Long {\U juillet) ; le deuxième dans la montagne de Vignec- 
Aure, à côté d'un petit lac où prend naissance le Bodet, l'un des quatre 
torrents qui vont former à Aragnouet la rivière de la Neste {k août); 
ie troisième à la base du Gabiédou et sur le bord du courant qu'on descend 
(9 et 13 septembre). Un sagace et persévérant explorateur, M. Bordère (de 
Gèdre), mon ami, Pavait surprise longtemps avant moi aux sources froides 
d'Aspé, entre le port de Boucharo et Gavarnie. Mutel, qui l'avait récoltée au 
Lautaret, dans les hautes Alpes du Dauphiné, la signale en Suisse, à la source du 
Rhône au mont Saînt-Gothard. M. Grenier a eu l'extrême obligeance de m'en 

donner deux exemplaires provenant du Mont-Cenis. On voit par là que le 



(J) Voyez plus haut, p. 24, 



82 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

conditions géographiques et géologiques de sa végétation sont les mêmes dans 

^ " - - * " ■ 

les Alpes et les Pyrénées, En France cori^me en Suisse, le Kobresia caricina 
recherche la source de quelque courant, les grandes altitudes, les rochers 
humides, les expositions boréales. 

A côté du Kobresia caricina s'élève au Gabiédou le Carex biçolor^ Les 
caractères de la plante d'Allioni conviennent parfaitement à la nôtre. Dans 

■ * * 

J'unè et dans l'autre, les trois épillets terminaux, rapprochés et ovales, à la fin 
panachés de blanc et de brun, sont tous femelles, à re^çeption du supérieur, 
piuni seulement à la base de quelques fleurs mâles, ce qui l'a fait nommer 
Carex androgyna par M. Fries et par d'autres botanistes. Les utricuîes fruc- 
tifères, stipités, obovés-piriformes, glabres et obtus, ne portent à leur som- 
met que deux stigmates. La bractée inférieure, entièrement herbacée et par- 
fois plus longue que les épis, est engainante a la base. Je ne puis élever le 
moindre doute sur l'idenlité de la Laiche des Alpes et de celle des Pyrénées; 
je me permettrai de çonglviter qu'ellg^ est partout d'uj^e extrjjiiie rareté. Les 
iloristes qui en parlent ne lui assignent que deux étroites colonies dans les 

w 

jiaules Alpes : Tune au Petit-Galibier, l'autre au Mont-Yiso; personne, que 
je sache, ne consiate sa croissance aux Pyrénées. Lapeyrouse et M. Philippe 
(de Bagnères) ne la nomment point dans leurs ouvrages. Je suis autorisé à la 
considérer comme une découverte intéressante pour la science et en particu- 
lier pour la flore pyrénéenne. : 

; Les montagnes de Héas sont aussi la patrie du Carex rupestris AIL 
•Naissant an voisinage des Kobresia caricina et Carex bicolor^ il se mêle 

■ - - - j 

.dans le$ rochers granitiques du Gabiédou et de Trémouse aux énormes 
.toufies formées par VElyna spicata, L'herboriseur qui ignorerait cette dei;- 

w 

nière circonstance de sa végétation, passerait souvent sur le sol où il abonde 

r 

sans en apercevoir un seul pied. C'est par hasard que je le surpris dans 
les endroits ci-dessus désignés en 1860 et 1861. Le \k juillet de cette 
année, je l'ai retrouvé, pour la seconde fois, confondu avec le Saxifraga 
androsacea^ m point le plus élevé du Camp-Long. Lapeyrouse^ qui Ta décrit 
sous la dénomination de Carex Vufourii , l'avait observé à la Piquette 
d'ErelsIiâ près Barréges, II est probable que, depuis cette époque, aucun 
botaniste ne l'avait revu dans nos montagnes. Plusieurs auteurs affirment a 
bon droit que les utricuîes du Carex rupestris sont souvent noircis et rongés 
par VUredo urceolorum. Tqus mes exemplaires pris, il y a deux ans, dans les 
fissures des rochers de Trémouse portent l'empreinte 4es cicatrices faites paV 
cet agent délétère. 

Les botanisles seront charmés d'apprendre que le Carex capillaris VilL 
croît au Maillet (1), à la source du canal d'irrigation creusé par les habitants 
de Héas, qui parcourt dans toute leur étendue les pâturages de Groute pour 



T 

(1) Je Vy ai récolte le 4 juillet de l'année courante (1862). 



. sÉANC^i: pu 13 ^;|yWER 1863, 83 

aller se précipiter en cascade à travers les rochers du Craboutat et se répandre 
dans les prairies baignées par le gave. M. Philippe (de Bagnères), sur le 
témoignage de Lapeyrouse, lui assigne pour doinicilc les alentours du glacier 
duTalion à Gavarnie. Le vallon du Maillet, séparé du Talion par le Mont- 
Ferrant, le col d'Estaubé et le Pimené, se trouve dans la iflOme zone lopo- 
graphique et géologique. Cette plante, aussi rare dans les hautes Pyrénées que 
dans les hautes Alpes, aime les pentes herbeuses et rocailleuses. 

Le moment est venu d'entretenir la Société botanique de France d'un 
quatrième Carex qui me paraît digne de lui être signalé ; je l'ai découvert, 
le li août dernier, dans la montagne de Vigncc-Aure, autour d'un lac qu'on 

;^ rencontre entre les pâturages de cette montagne et une fontaiqe aiissi fraîche 
qu'abondante, où s'abreuvent pendant Tété les pasteurs et leurs troupeaux. 
Pour procéder avec plus de méthode, j'en esquisserai d'abord la des- 
cription. 

Carex intermedia (non Good.). — Deux ou trois épis rapprochés, ovales- 
obtus; l'épi mâle terminal, solitaire, court (8-10 minimclrés); 1-2 épis 
femelles plus courts (5-7 millimè(res) ; le supérieur sessile, l'inférieur souvent 
pédoncule, rarement gynobasique, et alors porté sur un long pédoncule 

^capillaire. Bractée infé^-ieure herbacée, égaliint Tépi mâle, pourvue de deux 

oreillettes ^ran6?e5, î^ectangulaires, d'un brunnoirâtre^ semi-engamantes à 

W T ^ 

la base et proéminentes au sommet ; bractées supérieures conformes aux 
écailles et à peine plus grandes qu'elles. Ecailles mâles semblables aux écailles 
femelles, d'un pourpre noir foncé, obtuses, mutiques, plus courtes "et plus 
étroites que les fruits, à carène verte et «i la fin blanche, h bordure blanche 



peu apparente. Deux stigmates, Utricules fructifères verts, à la fin d'un blanc 
brunâtre, glabres, ovales-comprimés, à bec presque nul, échancré-bifide. 
Feuilles vertes, roides, brièvement acuminées, à peine rudes aux bords et 
sur la carène. Cames d'un brun assez foncé, se déchirant peu en filaments. 

X ■ - L 

Souche forte y longuement raynpante^ stoloni f ère ^ pourvue de fibres épaisses 
et plus longues que les tiges. Celles-ci dressées, triquètres, à angles aigus et 
presque lisses. Plante de 6-8 centimètres. ' 

Ce Carex a bien quelques rapports avec le Carex bicolor Allioni et le 
C. Goodenoioii G^y^ et il tnc sembla que ce n'est ni l'un ni l'autre. Sa taille, ses 



allures, son chaume trigone, la forme et la blancheur de ses utricules fructi- 
fères, la physionomie de ses épillets, son épillet inférieur parfois gynobasique, 
rapprochent sans doute le C, intermedia du C-. bicolor. Mais le C- bicolor 



^ ^^ ^ # J 



diffère essentiellement de son parent par le petit nombre de fleurs mâles qu'il 
ne porte qu'à la base de son épi supérieur, et par sa bractée inférieure non 

J)i-auriculée, foliacée et engainante. Four ce qui est du C. Goodenowii.sà 
stature plus haute (2 décimètres au moins), ses épîllets plus nombreux (2-6), 
peu écartéSj trois fois plus longs et cylindriques^ toutes ses bractées sûpe- 

'rîeures longues et herbacées^ sa bractée inférieure muiiic 5 la base de deux 



^w^».**j--. i A ^ * ^' 



8A SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

oreillettes à peine visibles^ arrondies et d'un pourpre noir, ses utricules 
fructifères imbriqués sur 6-7 rangs, etc., ne permettent pas de le mettre en 
parallèle avec le Carex intermedia. Par la nature de sa souche et les propor- 
tions des fibres de sa racine, le C. intermedia se trouve à une énorme dis- 
tance du C. bicolor et du C. Goodenoivii. Notre plante n'a, rigoureusement 
parlant, qu'un seul caractère qui lui soit commun avec ses congénères, et ce 
caractère consiste dans les deux stigmates dont ses utricules fructifères sont 
surmontés. Si je me suis hasardé à lui imposer le nom de C. intermedia, la 
raison en est toute simple. C'est que, par la forme de sa bractée inférieure 
semi-amplexicaule, elle se place naturellement entre le C. bicolor dans 
lequel cette bractée est embrassante, et le C. Goodenoivii dans lequel elle 
est libre. 



IIL — Des Cypéracées aux Graminées le passage est tout naturel Celte 
famille est représentée, dans le vallon et les montagnes de Héas, par de précieux 

■ L 

rejetons. Ceux que je me propose de mettre en relief appartiennent aux 
genres Agrostis, Trisetum^ Poa et Festuca, 

Il y a, à Héas, cinq sortes à' Agros fis: VA. vulgaris, variété pumila, 
VA. alba^ variété decumbens, et les A. alpina Scop. , rupestris Allioni, et 

■- 

pyrenaica d'un grand nombre de botanistes de nos jours. On voudra bien me 
permettre quelques observations critiques sur les trois dernières. Ces plantes, 
bien qu'elles aient plus d'un point de contact, ne sauraient être confondues 
sous un même nom spécifique. Pour en juger, il suffira de les soumettre a 
une analyse comparative. 

La panicule de VAgrostis alpina est ovale-oblongue, à pédoncules hérissés 
et rudes. Celle de l'A. rupestris est étroite, oblongue, à rameaux capillaires 
lisses et glabres. VA. pyrenaica ne déploie les rameaux glabres et lisses de 
sa panicule ni pendant ni après la floraison. Les épillets de l'A. alpina sont 
ovales, presque obtus; les épillets ovales de VA. rupestris sont presque une fois 
^ns petits que ceux de ses congénères; VA. pyrenaica les a ovales-cylindin- 
ques, très-aigus. Les fleurs de l'A. alpina, d'un pourpre violet, sont bronzées 
à la maturité; les fleurs de VA. rupestris, d'un violet peu foncé ou Jaune 
verdâtre, sont d'un jaune doré à l'état sec; les fleurs de VA. pyrenaica, d'un 
violet très-pâle, sont à la fm d'un blanc brunâtre. Dans l'A. alpina, la glu- 
melle inférieure est terminée par quatre soies, les deux extérieures plus longues, 
écartées, parfois inégales; dans l'A. rupestris, par quatre soies très-courtes, 
à peine distinctes et toutes égales; dans VA. pyrenaica, par deux soies très- 
longues, contiguës, souvent inégales. La glumelle supérieure des A. alpina 
et pyrenaica est remplacée par un pinceau de soies fines et blanches, dont 
celle de l'A. rupestris est ordinairement dépourvue. L'arête dorsale ne quitte 
jamais, dans les A. alpina et pyrenaica, la base de leur glumelle inférieure, 
tandis qu'elle est toujours fixée entre la base et le milieu de cet organe dans 



SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1863. 85' 

l'A. rupestris. La tîge de l'A. alpina est de 1 à 2 décimètres; celle de 
l'A. rupesfris de 5 à 15 ceatimètres; et celle de l'A. pyrenaica dépasse très- 
seuvent 6 décimètres. 

La station topographiquede nos Agrostîdées n'est point la même. VAgrostis 
rupeshns ne descend guère de la région des neiges. Après l'avoir récolté, le 
h août 1860, au point le plus élevé du Camp-Long, je l'y ai revu le 14 juil- 
let 1862. L'A. pyrenaica ne s'élève point au-dessus de la basse région alpine. 
Il fleurit partout sur les roches et les pentes humides septentrionales, depuis 
Gèdre-Dessus jusqu'au pied des pics de Trémouse et de la Canaou. La zone 
habitée par l'A. alpina est comprise entre les stations territoriales occupées 
par les deux autres. 11 est commun dans les rochei's du cirque de Trémouse, 

r 

à la base du Gabiédou et à l'entrée de la gorge qui conduit au port de la 
Canaou. Je ne l'ai jamais observé plus haut, si ce n'est une seule fois, le 
h août 1860, dans les tours élancées du Camp-Long. 

Les botanistes modernes qui séparent des Agrostts alpina et rupestris 
l'A. pyrenaica^ pour l'élever sous ce nom au rang d'espèce, semblent avoir 
raison. VA. pyrenaica Pourn (A. alpina Scop.) vit dans les Alpes comme 
dans les Pyrénées. Le véritable A. pyrenaica (A, Schleickeri Jordan) parait 
être une plante exclusivement pyrénéenne. 

Je dois, dans l'intérêt de la science, ajouter quelque chose à ma lettre du 
25 janvier 1862, au sujet du Trisetum agrostideum (1). Il importait de bien 
fixer l'époque de la floraison de celte intéressante Gramînée, et ma lettre ne 
contient rien de précis à cet égard. Je l'ai récoltée en pleine fleur dans les 
pentes rocheuses qui bravent le petit vallon du Maillet, le 25 juillet, le 
18 août, le 9 septembre et au commencement d'août, dans les pâturages 
d'Aguila, entre le torrent qui les traverse et la superbe tour de Lieusaoubere 
qui les contemple. M, Bordère (de Gèdre), notre confrère, l'a recueillie en 
échantillons beaux et frais, vers la mi-octobre, dans la partie la plus élevée 
du Camp-Bieil. Les mois de juillet et d'octobre marquent donc les deux 
termes de sa végétation. Il s'en faut bien qu'elle soit aussi rare que je l'avais 
cru d'abord, et que le donnent à entendre la savante note de M. J. Gay (2) 
et toutes mes lettres relatives à cette plante. Il est hors de doute qu'elle abonde 
au Camp-Bieil, à la montagne d'Aguila, dans la partie supérieure du cirque 
de Trémouse, à la base du GabiédoQ et du Mont-Ferrant. Il est probable 
qu'avant longtemps les botanistes lui trouveront quelque autre colonie dans 
la haute chaîne de nos montagnes, et que ta science pourra lui assigner une 
base territoriale très-honorable. 

C'est un fait acquis à la science que le Poa distichophylla Gaud. {P. ceni" 
$ia Ail., P. cinei^en Vill.) croît spontanément aux Pyrénées. Cette belle Gra- 



(1) Voyez le Bunetin. t. IX, p. 40. 
{2J /Wd- t. Vni, p. 449. 






^ , 



86 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DÉ FRANCE." 

rainée n'avait pas échappé a l'œil clairvoyant de Lapeyrousé, qui la signale,* 
dans soft Histoire ah^égée des plantes des Pyrénées, coiftfne une variété ou 
P. anqustifolia Leers. Les auteurs de la Flore de France et celui de la Flore 
des Pyrénées ^\^\n\^\M avec raison sa croissance au ^ic-.lu-I>lidi dé Bigorre, 
sur la foi de Ramond. Ce célèbre naturaliste, explorateur aussi intrépide 
qu'intelligent', l'y avait certainetiierit observée. Les plus hautes tours du 
Gamp-Long et celles <ie îa Canaou me paraissent avoir la même élévation que 

» T w 

ce pic, c'est-à-dire 2935 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans lader- 
ftîëre de ces localités» malgré toutes mes recherches, je ne pus en découvrir 
qu'un seul pied le 14 juillet dernier. Ce n'était pas l'époque de sa végétation, 
ri je ne me tix)mpe, beaucoup plus tardive. Plus heureux le 2 octobre, je la 
récoltai à foison enli'e les deux pics de la Canaou , ou elle brave les glaciers 
éternels et la neige de l'année de sa tête gracieuse, étalant gaiement sa fraîche 
panîcule et ses fleurs parées de tous les organes de la reproduction. Notre Poa 
b'est donc pas la propriété exclusive des Alpes'; les Pyrénées leur disputent 
l'honneur de le poiîâéder. 

Un certain nombre de Graminées du genre Festuca habitent les montagnes 



\_ 



de Héas; on rencontre a chaque pas, depuis Gèdre-Dessus jusqu'à la plus 
haute région alpine , le Festuca rubra , forme réduite et glauque. Le h août, 
en me rendant dans la vallée d'Aure par le port des Aguilous, je m'apcrçiis 
qu'il vivait pêle-mêle avec les Festuca Eskia et ptlosa. Le 2 octobre, il fleuris- 
Sait encore ah soutthet de la crête de la Canaou , bien au-dessus de la région 

des neiges, confondu avec le Poa distichophylla et le Festuca alpina. Je ne 
jpuis, du reste, douter de sa synonymie, puisqu'il a été déterminé par 

' Il 

M. Duval-Jouve (de Strasbourg). L'éminent botaniste m'a écrit que cette 
Graminée était aussi vulgaire dans les Vosges que dans les Pyrénées, en ajou- 
tant qu'il avait été heureux de pouvoir « constater que les formes variables du 

i "^ • , ' * r r ■ - •. 

i> Festuca ignora se retrouvent au pied des Pyrénées identiques avec celles du 
h pied des Vosges. » "^ 

A quelques hectomètres de la chapelle de Nolre-Dame-de-Héas, non loin 
du poiit àe Tard-Vengut, sur le bord du sentier de Touvère, je renconirai, 
à la fin afe juillet, un Festuca qui pourrait bien être le Festuca indigesta 
Boissier. Sans parler des autres caractères qui concordent parfaitement avec 
ceux du F. wdigesta Bom. dans \di Flore de France, h ÎTestuca de Héas,' 
comme celui du Canîgou, a les épîllets « elliptiques , cornprîmés, formés dé 
» 5-7 fleurs lâchement imbriquées; la glumclle inférieure linéaire-lancéolée,' 
» un peu carénée au sommet, dépourvue de nerifures visibles, verte et lui- 
n sahte; muhîe d'une arête de moitié moins longue qu^elle. » Ses feuilles 
^onî bien « d'un vert glauque^ dressées ou courbées en dehors, ^troitemeftî 
«enroulées par les bords et parfaitement cylindriques, non carénées, 
o épaisses, très-roides, piquantes au sommet^ très- lisses ,i> S^s champes 

sont bien « dressés, roides, entièrement lisses, unis, si ce n'est ïh» sommet 



S 



sÉÂNéte DU 13 frêVhïÉR 18él 



8^ 



- h 



» légèrement strié, maïs non anguleux, nus dans jour moitié ou dans leurs 
» deux tiers supérieurs. » Notre plante forme en outre « des gazons épais et 

■ j 

» très-glissants. » Mais elle a un caractère assez saillant qui manque li celle 
de M. Boissier, ou qui n'est pas du moins exposé par l^éminent doyen de la 
Faculté des sciences de Nancy : ses fleurs sont fortement ciliées dans leur 
moitié supérieure. 

îtien de plus facile que de confondre à première vue le Festuca alpina 
tîaudiri ou Suter, et noire Festuca stolotsifera, son compatriote, je dirais 
ptesquë èbîl frère, tarit est grande leur analogie. Le tableau suivant rendra 
leur distinction spécifique palpable : * 



f . 



Festuca alpina Gaud. Sut. 



Panicule à 



peine d'un pouce, roide , étalée pendant et 
contractée après Tanthèse , subunilatérale, 
A peine rude sur son axe. Pédoncules égaux 
aux cpillets ou un peu plus courts, solitaires 
à chaque nœud. Épillets oblongs , coniprî- 
•tnés ^ composés de 3-8 fleurs écartées, 
étroitement ovales, aiguës. Axe de Tépillet 
un peu rude. Glumes linéaires, carénées, 
Irès-aiguës et très-inégales; Tinférieure 
Uiiinerviée et la supérieure trinervîée. Glu- 
melle inférieure linéaire-lancéolée, aiguë, 
carénée au sommet, un peu comprimée 
latéralement , pourvue de cinq nervures , 
les deux latérales confuses, verte, d'un 
gris violet au sommet, étroitement sca- 
rJéuse au bord , terminée par une arête va- 
riable, mais en général équivalente au tiers 
de sa longueur; glumelle supérieure ter- 
minée par deux petites pointes. Caryopse 
ûtale-oblong, élargi au sommet. Feuilles 
radicales fasciculées, filiformes, dressées, 
molles à Tétat frais, vertes, non carénées; 
la cauîinairc conformé, située au-dessous 
du milieu du chaume, à limbe court, à 
ligule courte et bi-auriculée. Chaumes de 
S décimètres, dressés dès la base, verts, 
lisses, un peu anguleux au sommet. Souche 
fortement fibreuse-stolonifère. Rejets dres- 
sés, épais, brièvement stipités, enveloppés 
par les gaines des anciennes feuilles et 
terihîné^ pat* un faisbfeau considérable de 
feuilles. Radicelles fines, flexueuses, noi- 
râtres. Plante formant des touffes épaisses 
et compactas* 



Festuca stoloniferâ. — Panicule oblon-» 
gue, subuailatérale , à rameaux plus courts 
que Tépillet, solitaires à chaque nœud, les 
inférieurs rarement géminés , munis de 
deux épillets, les supérieurs munis d'un 
seul , disliques-étalés pendant l'anthèse. 

Épillets obloiigs, un peu con^primés, formés 

de 2-5 fleurs rapprochées , brièvement 
ovales, presque obtuses. Axes de la pani- 
cule et des éfiillets à peine rudes. Glumes 
ovales, carénées, presque obtuses, peu iné* 
gales ; Tiiiféricure uninerviéc et la supé- 
rieure trinervîée. Glumelic inférieure lar- 
gement ovale, munie de cirtq nervures non 
saillantes (à la loupe et sur le sec) ^ d'un 
violet vif, à peine vert blanchâtre à la 
base, assez largement scarieuse au sommet 
et terminée par une arête courte, égalant à 
peine le quart de sa longueur; la supé-. 
rieure terminée par deux petites soies. 
Caryopse linéaire-elliptique, atténué aux 
deux extrémités, comprimé, plan d'un côté, 
convexe de l'autre. Feuilles vertes, lisses, 
toutes constanwient planes à l'état frais, 

larges de 2 millimètres, jamais fasciculées 
à la base du chaume, pourvues en dessus 
de 3-5 7iervu7'és élégantes , et en dessous 
d'une carène obtuse et lisse ; les deux eau* 
linaîres à limbe court, à languette courte et 
bi-auriculée, la supérieure fixée au-dessus du 
milieu du chaume. Celui-ci , de 1 à 2 dé' 
mètres, courbé à la base, redressé-ascen- 
dant, lisse, violet, finement strié au som- 
met. Souche grêle, fibreuse et longuement 
traçante >, stolonifère. Stolons épais, minces, 
enveloppés par les gaines des ancienne» 
feuilles, très-longs et terminés par un petit 
faisceau de feuilles. Radicelles fines , 
flexueuses, noirâtres. Plante croissant tpès- 
rarement en touffes. - - . 4 



Bien distinct du Festuca alpina^ comme on vient de le voir, le F. stoloni^ 
fera ne l'est pas moins du F. HallerL Voisin de la plante d*Alliorii par son 



88 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

inflorescence , il n*en possède aucun des caractères spécifiques. La glumelle 
inférieure du F. Halleri est pourvue de cinq nervures fines et saillantes^ et 
porte à son sommet une arête plus longue qu'elle ou au moins aussi longue. 
Dans le F. stolonifera^ la glumelle inférieure est toujours brièvement 
aristée, et ses nervures sont si obscures qu'on ne peut guère les saisir que 
sur le sec et à l'aide d'une bonne loupe. Sa panicule à rameaux capillaires et 
très-rudes ; ses fleurs panachées de vert, de violet et Aq jaunâtre ; sa glumelle 
inférieure entièrement scarieuse au sommet jusqu'à la nervure dorsale ; ses 
feuilles fraîches, très-fines^ suhulées et fasciculées à la base du chaume; sa 
ligule oblongue et saillante, etc. , etc. , ne permettent pas de confondre le 
F. pumila Chaix in Vîll. avec notre F. stolonifera (1). Les feuilles et la 
racine du F. stolonifera le séparent totalement , soit du F. pumila^ soit du 
F. Halleri, soit du F. alpina. J'avais déjà constaté le caractère de ses 
feuilles dans les exemplaires récoltés, le 11 septembre 1860, au sommet du 
port de Boucharo, et dans ceux recueillis, le 24 août 1861, au Mont-Ferrant 
Mes herborisations de 1862 n'ont rien ajouté sur ce point à mes observations 
de 1860 et de 1861. 

La partie souterraine du Festuca stolonifera a été, cette année, l'objet 
exclusif de mes explorations. Après lui avoir fait une première visite au 
Gabiédou, le 9 septembre, je lui en fis, le 13, une deuxième dans celle même 
localité et une troisième à l'entrée de la Canaou. Convaincu que le caractère 
que me paraissait offrir sa souche était de la plus haute importance, je voulais 
absolument en connaître la nature et la forme. Je retournai donc au port de 
la Canaou deux ou trois jours après; et, celte fois, la neige qui m'y surprit, 
tombant avec abondance, me laissa à peine le temps de déraciner la plante. 
Toutefois, je craignais encore que le phénomène de végétation tant de fois 
observé ne fût pas assez constant pour constituer un caractère vraiment spéci- 
fique. Il fallut que mes jarrets se résignassent à deux nouvelles ascensions au 
cirque de Trémouse. La première eut lieu le 2 octobre, la seconde le 8, et la 
conclusion fut toujours la même. Le Festuca stolonifera était encore fleuri; 
la gelée et la neige qui formaient son cortège ne l'avaient point altéré. Les 
expositions boréales, humides et glacées sont sa demeure de prédilection. 
Végétant avec le Poa distichophylla et le Festuca alpina, il surabonde dans 
la zone territoriale qu'habite le Trisetum agrostideum. Il s'appellerait à bon 
droit Festuca glacialis, nivalis ou frigida. Si je lui préfère la dénomination 
de F. stolonifera^ c'est parce qu'elle est vraiment scientifique, puisqu'elle 
exprime le caractère essentiel de notre intéressante Gramînée* 



IV. — Je ne puis clore mon humble notice sans parler d'un végétal cryp- 
togame qui ne vient qu'aux limites extrêmes de notre végétation. De doctes 



(1) Le Festuca pumila croît à Trémouse- 



SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1863. 89 



botanistes 



f^ 



rhizome rampant ne s'y opposait. Leur juste appréciation n'a été perdue ni 
pour moi, ni, j'ose le croire, pour la science. A l'instant, je me suis inis en 
train d'étudier le Cystoptcris fragilis type, ou ce que je prends pour tel avec 
lous les herboriseurs de mon pays. Mes observations ont eu pour résultat de 
me démontrer que la souche de cette plante est yraîment traçante et qu'elle 
émet des touffes de frondes continues et assez compactes. Dès lors la Fougère 
de la plus haute chaîne de nos montagnes ne devrait plus intriguer ni dérou- 
ter personne. Il faudrait la considérer comme une simple miniature de celle 
qui encombre nos vallées. Ce qu'il y a de certain, c'est que les nombreuses 
variations des lobes et des lobules, dans l'une et l'autre de ces deux formes, 
sont propres à déconcerter le plus habile botaniste. Ces deux plantes n'ont de 
constant que le vert gai de leurs frondes oblongues-lancéolées dans leur pour- 
tour, la forme et l'arrangement sur les segments de leurs groupes de spo- 
ranges , la disposition alterne et jamais opposée de leurs segments le long do 
rachis, et la propriété traçante de leur rhizome fibreux et couvert d'écaillés 
brunâtres. 



M 



Kobresia caricina dans les Py 



SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1863. 



PRESIDENCE DE M. E. GOSSON. 



r 

M. Eu g. Fournie r, secrétaire, donne lecture du procès- verbal Je 
la séance du 13 février, dont la rédaction est adoptée. ; 

Par suite de la présentation faite dans la dernière séance, M. le 
Président prononce l'admission de : 

M. Fleutiaux, boulevard des Filles-du-Calvaire , 22, à Paris, pré- 
senté par MM. T. Fuel et L. Puel. 

M. le Président annonce en outre une nouvelle présentation. 



(1) Voyez le Bulletin, 1. 11, p. 609. 



T. X. 



7 



vtc 



90 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



Dons faits à la Société : 

■m 

V De la part de M. George Stacey Gibson : 

The Flora of Essex. 

T En échange du Bulletin de la Société : 

Wochenschrift fuer Gœrtnerei und Pflanzenkunde^ 1863, quatre 

numéros. 

Journal de la Société impériale et centrale d^ Horticulture y jan- 
vier 1863 et liste des membres. 

VInstitut. février 1863, deux numéros. 

I 

M. A. Gris fait à la Société la communication suivante : 



DP L'ORGANISATION DU SCUTELLE DANS LE MAIS, ET DE SON ROLE PENDANT LA 



II 



3 



L'embryon du Maïs qui, comme on sait, est latéral et extraire, est accom- 
pagné d'un albumen farineux abondant qui repose sur la partie postérieure et 
charnue d'un api>enclice de la tigelle connu sous le nom de scutelle. 

Le parenchyme de ce scutelle est formé de cellules polyédriques ou sub- 
polyédriques, laissant entre elles de petits méats intcrcellulaires, et dont les 
parois assez fines présentent çà et là des amincissements, ou pores, qui parais- 
sent fermés par une membrane trés-ténue. Ce parenchyme est protégé par 
une couche de cellules épidermiques qui s'allongent perpendiculairement à la 
surface du scutelle dans sa partie convexe contiguë a l'albumen, de manière 
à former une sorte d'épithélium assez remarquable. M. Julius Sachs, qui 
vient de publier tout récemment le résultat de ses intéressantes recherches 
SJrla germination des Graminées, a appelé le premier l'attention sur cette 
particularité anatomique de l'épidermc du scutelle. Maïs ce savant ne nous 
paraît pas avoir analysé aussi complètement qu'il était possible de le faire le 
contenu des cellules pareuchymateuses de cet organe. Selon lui, elles renfer- 
ment de fins granules de matière albumîneuse, des globules de graisse, des 
grains d'amidon et un nucléus sans nucléole. 

J'ai soumis des coupes très- minces du scutelle à l'action de l'eau, de l'huile, 
de ^ glycérine, de i'éther, des réactifs iodés, de l'acide sulfurique. Chacun 
de ces réactifs, pris isolément, n'aurait fourni que des données incomplètes et 
même erronées, maïs la résultante des observations faites par l'intermédiaire 
de chactin d'eux donne des résultats qu'on a tout lieu de cwire satis- 
faisants 

Qu'on place une coupe mince de ce tissu sous l'huile, par exemple. On sera 
immédiatement frappé de voir dans chaque cellule un corps volumineux dont 



I 



■N,-, -, 



SÉANCE DU 27 FÉVRIER J863. 91 



I 



f \ 



la forme n'est pas toujours la même dans toutes les cellules; il est ovale ou 
oblong, ou elliptique, ou même polygonal. Là, il paraît homogène; ici, au 
contraire, hétérogène, mais il est toujours doué d*un certain éclat. Il est 
impossible, en le voyant, de ne pas lui trouver quelque ressemblance avec les 
grains d'aleurone volumineux que M. Hartig a désignés sous le nom de soli- 
taires, comme on en voit dans la noisette, l'amande, etc. Mais, d'un autre 
côié, ce corps prend tout à fait, dans certaines circonstances, la forme d'un 
nucléus muni de son nucléole, par exemple, si on l'observe sous l'eau sucrée, 
la glycérine, etc. 

A côté de celte formation un peu énîgmatique , il y a un grand nombre de 
globules plus petits, à contours arrondis, ressemblant souvent à de petits 
anneaux brillants, d'un blanc bleuâtre, que je considère counne des grains 
aleuriques, et qui sont mêlés à des granulations très-fines. L'ensemble de ces 
formations, qui constituent par leur abondance la base fondamentale 4u con- 
tenu cellulaire, prend une coloration jaunâtre sous les réactifs iodés. 

Tous ces corps paraissent caractérisés par la présence de la matière azotée, 
mais on trouve encore, dans ces mêmes cellules, des formations qui en sont 
complètement dépourvues. Je veux parler de Tamidon, qui abonde surtout 
dans les régions moyennes du parenchyme sous Iq forme de grains sphériques 

■ 

et simples, et de l'huile dont la présence se manifeste aussi bien sous le 
microscope que par rexpérience directe. 

Telles sont les matières qui, par la diversité de leur composition chimique, 
de leur structure, de leur aspect, font du parenchyme du scutelle un appa- 
reii aussi difficile îi bien étudier qu'intéressant au point de vue anatomiquc et 

V 

physiologique. 

Maïs que devient le scutelle pendant la germination, alors que la fécule^ 
dont l'albumen est le réservoir, se résorbe, alors que Taxe et les parties qui 
le terminent se développent et se transforment? 

La partie aleurîque du contenu du scutelle doit subir, dès le commence- 
ment de la germination, une modification profonde si, comme on doit le sup- 
poser, ces tissus sont soumis à l'influence de l'eau. Quoi qu'il en soît, il 
devient dès lors très- difficile de déterminer avec quelque certitude la présence 

h 

ou la manière d'être de ces formations aleuriques. Ce qui paraît certain, 
c'est que dès les premières phases de la germination jusqu'à l'époque où la 
jeune plante, couronnée de trois ou quatre feuilles, plongeant profondément 
dans le sol un axe radiculaire chargé de radicelles, doit vivre par elle-même, 
le parenchyme du scutelle est toujours gorgé d'une gangue finement gra- 
nuleuse, jaunissant par l'iode, et de grains amylacés nombreux et volu- 



f" 



ï mmeux. 



Quel est donc le rôle du scutelle pendant la germination ? 
M. Sachs pense que les produits de dissolution de la fécule périspermiquc 
arrivent à l'embryon à l'état de sucre. Ce sucre a dû traverser le scutelle, et, 



92 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

cl'iose singulière ! M. Sachs avoue lui même qu'il n'a jamais Irouvé tracis de 

L 

sucre dans le parenchyme du scutelle. Il faut remarquer d'ailleurs que ce 

^ 

savant semble irès-compéient dans ces sortes de recherches microchimiques, 
qu'il a lui-même perfeclionnées. Il a donc fallu chercher le mot de l'énigme. 
M. Sachs l'a-t-il Irouvé, lorsqu'il propose d'éclairer de la manière suivante un 
phénomène si obscur ? Selon lui, vers le commencement de la germination, le 
parenchyme du sculelle est rempli d'une grande masse de fécule, dont la 
matière ne peut provenir que de Vendosperme; la matière des grains de fécule 

L 

(sucre) se précipite sous forme de granules (amidon) chaque fois et aussitôt 
qu'elle a pénétré à travers une membrane cellulaire. Les granules nés se dis- 
solvent de nouveau, et de nouveau la solution (sucrée) traverse la paroi voi- 
sine pour se précipiter en granules, et ainsi de suite, u De cette façon, dit 
l'auteur, les produits de solution de l'amidon peuvent bien être du sucre ou 
de la dextrine, mais ces matières ne se trouvent jamais qu'en quantité 
inappréciable ; car, à mesure qu'elles se forment dans une cellule, elles tra- 
versent immédiatement ses parois pour se précipiter sous forme de granules 
dans les cellules voisines. » 

r 

Il faut avouer que c'est là une hypothèse très -ingénieuse, mais aussi que 
le sucre suivrait une marche bien singulière et bien laborieuse pour arriver 
jusqu'à l'embryon. On pourrait aussi s'étonner de voir le sucre se trans- 
former si aisément en fécule, car s'il est facile de faire du sucre avec de la 
fécule, la chimie n'est pas encore arrivée à faire de la fécule avec du sucre. 
Mais la cellule végétale ne pourrait-elle pas çtre un petit laboratoire de chimie 
plus puissant que tous nos grands laboratoires ? Aussi je laisse de côté cette 
première objection pour en opposer une bien plus grave à la théorie de 
i\I. Sachs. Il admet que la fécule qu'on trouve pendant toute la durée de la 

r 

germination dans le sculelle provient de l'albumen. Mais il y en existait tout 
autant avant la germination. Voici du reste une nouvelle preuve à l'appui de 
l'idée que les grains d'amidon qui abondent dans le scutelle ne sont point de 
nouvelle génération. En effet, les formations amylacées nouvelles qui appa- 
raissent dans les tissus de l'embryon sous l'influence des matières nutritives 
émanées de l'albumen sont généralement des grains composés. 

Nous ne croyons donc pas, comme le pense M. Sachs, que les matières 
contenues dans le parenchyme du scutelle soient dans un état continuel de 
dissolution et de forniation. Pour nous, ces matières, modifiées en partie, 
sont dans un certain état d'immutabilité. 

Par son grand développement, par ses relations avec l'albumen, par ses 
connexions avec l'embryon, par les phénomènes physiologiques internes qu'il 
présente, le scutelle, qui est le principal organe d'absorption du germe, nous 
semble jouer le rôle d'un filtre; c'est un intermédiaire neutre entre un 
organisme qui se résorbe, l'albumen, et un organisme qui se développe, 
l'embryon proprement dit. ' , 



\ 



- * 



SÉANCE DU 27 FÉVRIER 18(33. 93 

M. Duchartre dit qu'il a quelque peine à concevoir comment le 
scutelle peut transmettre, ainsi que le ferait un filtre, les matériaux 
nutritifs qui vont de l'albumen à l'embryon, puisque les cellules du 
scutelle sont déjà remplies d'amidon, d'aleurone et d'huile. 

M. Gris dit qu'il ne tient pas à conserver Texpression de filtre^ 
mais qu'il ne voit guère aux matériaux sortis de l'alLumen d'autre 
chemin que le scutelle pour parvenir à l'embryon; il croit pouvoir 
considérer cet organe, à cause de sa position, de son dévelop- 
pement et de sa structure anatomîqiie, comme le principal organe 
d'absorption de l'embryon. 

M. Duchartre fait remarquer que les éléments du pérîsperme 
sont dissous par l'eau qui en remplit le tissu, et qu'ils pourraient 
être transportés à cet état jusqu'à la surface de l'embry-on propre- 
ment dit, pour être absorbés par elle. 

M. Moquin-Tandon compare le rôle assigné au scutelle par M, Gris 
au rôle que joue le placenta chez les animaux. 

M. Cosson demande à M. Gris si les grains d'amidon augmentent 
rapidement en nombre, dans la période initiale de leur développe- 
ment , chez les embryons qui absorbent au contact les éléments 



f • 



penspermiques. 

M. Gris répond que l'embryon du Dattier qui, à l'état sec, n'offre 
à l'observation que des grains d'aleurone, est déjà chargé de nom- 
breux grains d'amidon au moment où la radicule commence à 
former une saillie au dehors. \ 

M. Cosson fait observer combien il çst remarquable que la 
transformation et l'absorption des matériaux nutritifs soient accora- 
plies dans la germination, quels que soient le volume de l'embryon 
et la position qu'il occupe relativement au périsperme. 

M. Moquin-Tandon rappelle qu'il en est de même dans le règne 
animal, et qu'à l'état embryonnaire les vertébrés reçoivent les élé- 
ments nutritifs parle ventre, les articulés par le dos, et les céphalo- 
podes par la tête. 

■ 

M. J. de Seynes fait à la Société la communication suivante : 



POLYMORPHISME DES ORGANES REPRODUCTEURS CHEZ UN FISTULINA, 

par M. Julea de SEYMES. 

r 

Certaines espèces de Champignons ont eu le privilège d'être étudiées, dé- 
lies ou figurées par tous les mycologues : ce sont surtout celles qui se rccom- 



94 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

mandent par leurs qualités alimentaires; et, de même que la botanique géné- 
rale a commencé par l'étude des plantes médicinales, de même l'origine de 
la plupart des travaux mycologiques est due à l'étude des Champignons 
comestibles. C'est à cela que le Fistulina biigtossoides Bull, doit sans doute 
d'avoir été décrit et figuré par un grand tiombrê d'auteurs ; il y a cependant 

% - 

encore beaucoup à observer et beaucoup à dire sur cet Hyménomycète. La 
facilité avec laquelle il se distingue et la place si naturelle que lui assigne un 
de ses caractères extérieurs, ont dû être pour beaucoup dans le peu d'attention 
que Ton a donnée jusqu'ici à son étude anatomique. Comme chez les Polypo- 
rés, l'hyménophore du Fistulina est disposé en tubes , mais chaque tube est 
isolé, ce qui n'existe ni chez les Bolets ni chez les Polypores, et, suivant l'in-* 
génieux rapprochement de Fries, le genre Fistulina est ainsi aux Bolets ce 



1 *■ 



espèce 



que le genre Schizophyllum est aux Agarics. 

Supposons que chacun de ces tubes, ainsi isolé, devienne compacte et que 
rhyménium en revête la surface extérieure, nous aurons im Hydnum; c'est 
ainsi que le genre Fistulina iorm^ le trait d'union \e plus simple et le mieux 
caractérise entre les Bolels et les Hydnes. Il est à peine nécessaire d'insister 
sur sa forme, sa couleur et séS autres caractères extérieurs, tant celui-là suffit 
pour le distinguer complètement, On n'a pas eu non plus à étudier très-scru- 
puleusement les différences de structure qui pouvaient servir à limiter les 
espèces dé ce genre; ces espèces se réduisent à deux , dont l'une est exotique 

i 

et à peine définie (1). 

qui vient communément en Europe : disons, 

avant tout, quelques mots de son histoire et de sa synonymie. C'est 
dans les bois, sur le tronc des arbres, qu'on rencontre le Fistulina buglos^ 
soides; dans le nord, il vient sur le Chêne (Persoon, Trattînick, Fries, etc.), 
de là le nom (V Hypodrys, primitivement donné par Soleiiânder, en 1596 
[Consult. itiÈaic. Francof.), adopté par Persoon [Myc. èUrop. II, p. 1Z|8. 
Champ, comest. p. ihS). Ce dernier auteur avait conservé dans sofr 
Synopsis (p. 5û9) le nom de Boletus hépàîicus^ qUî lui avait été donné 
par Schiffer {Fung. Bav. et Palat. tab. 116-120). C'est à Bulliard qu'on 
doit le nom de Fistulina^ tiré delà séparation des tubes hyménpphores (2), et 
L'espèce appelée vulgairement Langue ou Foie-d€'àœuf[Dendrosarcos hepa- 
ticus Paulet, tab. ix), reçut le nom de Fistulina bu g lossoi des Bull {F. hepa- 
tica Fries). Dans les pays méridionaux , on ne rencontre plus guère ce 
Champignon que sur les Châtaigniers (yl^^r/cws esculentus^ Castaneœ adnas- 

de là le nom italien de Lingua di Castoqno, 7^ûssa buona, et le 



ir 



(1) EUé he mé paraît guère reposer que sur la longueur du stîpe. 

(2) J'ai à peine besoin de faire observer que le nom d'HypodrySj datant d'une époque 
beaucoup plus ancienne que celle à laquelle on est convenu de iaire remonter la syno- 
nymie, ne mérite pas d'être conservé, puisqu'il exprime une idée fausse, ce Cham- 
pignon n'était pas exclusivement attachç çiu Chêne, 

■■m * ^ --■ ^ 



K ^ ^ 



^ 



SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1863, 05 

nom languedocien qui n'en est pas fort éloigné : Lenguo dé Castaniè. Cette 
différence de station en rapport avec la latitude vient probablement de ce que 
les Châtaigniers croissent surtout dans les zones montagneuses et humides, et 
reproduisent ainsi, sous le climat du midi, les conditions favorables que cette 
espèce rencontre dans les forêts de. Chênes du nord ; d'ailleurs nos bois-taillis 
dTeuses, dans lesquels les troncs ne pourrissent guère, offrent un terrain peu 
propice au développement des Champignons lignicoles. 

A Florence (1) et à Vienne , on vend le Fistulina sur les marchés, mais 
en France il est seulement, comme le rapporte Schaeffer pour la Bavière, 
paupeiHbus esculentus. Dans les Cévennes, il est bien connu des paysans, qui 

s'en nourrissent. 

Plusieurs points de son anatomiCf du développement des tubes, de la struc- 
ture du parenchyme, et, en particulier, des cellules chargées de sucs colorés 
qui représentent les laticifères dont Corda a signalé la présence dans les 
Champignons, offriraient un grand intérêt, mais nous les réservons pour un 
travail plus complet, et nous nous bornerons aujourd'hui à signaler chez le 
Fistulina buglossoides l'existence de deux modes de fructification. L'impuU 
sîon donnée à ce genre de recherches par les belles découvertes de M. Tulasne 
a beaucoup étendu le cercle des espèces dans lesquelles on a pu reconnaître un 
polymorphisme réel. Toutefois, chez les Champignons supérieurs, appartenant 
à la division des Hyménomycètes, on ne Fa bien constaté que chez ceux dont 
la structure des organes de végétation est très-simple, chez les Trémellinés. 
« Inter Hyménomycètes seu Fungos basidiophoros qui totius ordinis Myce^^ 
» toidei fastigium occupant, Tremellinei^ quia sane dignitate viliores, ceteros 
)) praestant multiplici in eodem typo seminum natura« Etenim prseter sporas 
» basidiogenas solitas , spermatia pere?£igua discrets vel prioribus commixta 
') ostendunt, interdumque toti fere in gemmas solutas conidia mentientes 
» abeunt (2). » 

A ces spores vraies, a ces spermaties de deux sortes, dont les unes simulent 
le mode de développement des conidies, ajoutons un quatrième mode de 
reproduction découvert, comme les précédents, par M. Tulasne chez les Tré- 
mellinés, et dont il a rendu compte avec détail dans les Annales des sciences 

naturelles^ sén 3, t XIX, pp. 193, 231. En voici le résumé, extrait 
des Comptes rendus de VAcad. des sciences, t. XXXVI, p. 627 : « Indé- 

M pendamment d'un appareil spermatophore, les Trémellinés ra*ont offert 
» dans les Dacrymyces , et spécialement dans le D. deliquescens Duby, 
» l'exemple curieux, sans doute unique jusqu'à présent, d'un Champignon 
» basidiosporé qui se transforme fréquemment, soit tout entier, soit par par- 



(4) D'après Micheli, Yittadini dit toutefois : « Essa infatti non mangiosi comune 
mcrile che dalla povera génie. » Funghi inangerecci (1835). 

(2) Tulasne, Selecta Fungorum carpologia. Paris, 1851, t. 1, p. 62. 



96 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

n lies seulement, en organes gongylaires : une telle métamorphose convertit le 
» tissu de la plante en une pulpe facile à désagréger, en même temps que sa 
» couleur jaune ordinaire est changée en une teinte rouge plus ou moins 
» vive. ') M. Tulasne s'explique par là comment M, Fries, n'ayant constaté que 
l'état gemmifère, a pu reléguer au nombre des Gymnomycètes ce Champi- 
gnon basidiosporé (1). 

Dans un genre voisin des Telephora et des Aurîcularia, chez les Cyphella 
Fries, Epier, p. 566, et, en particulier, chez le Cyphella muscicolaYx., 



M. Tulasne a encore annoncé l'existence de conidies, et il a décrit leur évo- 
lution en détail dans le magnifique ouvrage qu'il vient de faire paraître, 
Selecta Fungorum carpologia, p. 134. ^ 

Enfin , je signalerai quelques faits assez incertains, mais qui doivent être 
mentionnés coitime exprimant l'état de la science sur cette question : en 1859, 
M. De Bary publiait dans le Botanîsche Zeitung (numéros 46, 47 et 48) une 
série d'observations sur les Nyctalis asterophora et parasitica Fries {Ag. 
tycoperdoides Bull.), d'après lesquelles il aurait reconnu dans ces Agari- 

clnés plusieurs sortes de corps reproducteurs; ces résultats, contestés par 
M. Tulasne {Comptes rendus de VAcad^ des se. 1860, t. L, p. 16) (2), ont 
été, au moins en partie, remis en question par M. Bail {Die wicktigsfen Sœtze 
der neuern Mycologie. léna, 1861), qui affirme avoir retrouvé sur Thymé- 

r 

hium de ces Champignons les petits organes appelés chlamydospores par 
M. De Bary , naissant à l'extrémité des cellules allongées qui forment le tissu 
propre des lamelles. 

M. Bail ajoute à ce fait l'observation des corpuscules engendrés par les 
capitules réunis en grappe, que porte latéralement l'A^. racemosus Pers. Ces 
petits capitules produisent d'innombrables cellules germinatives, ovales-oblon- 
gues, blanches, simples, qui restent agglomérées jusqu'à ce que l'eau mise sur 
le porte-objet du microscrope où on les a placées les dissocie. Les capitules 
conidifères de cette espèce, aussi rare qu'anomale, sont connus et admis 
depuis assez longtemps, mais l'existence tout entière de ce Champignon est 
un véritable problème pour les mycologues. Il est à peine nécessaire de parler 
des petits corps observés par M. De Bary, sur des exemplaires très-avancés 

j ■ 

à!Ag. melleus Wahl., et de ces corpuscules arrondis, incolores, aperçus par 
M- H- Hoffmann dans les cellules supérieures du chapeau d'un Ag. conopilus 
Fries. L'auteur dit lui-même que ces spores, aperçues sur des échantillons 
plus que mûrs, sont sans doute dues à un Sporotrichum ou à quelque autre 



(1) Ann, se. nat. sér. 3, t. XIX, p. 193-231. 

(2) M. Tulasne a montré comment c'est à un parasite, V Asterophora agaricicola Cord., 
qu'il faut attribuer la fructification de deuxième forme annoncée par M. De Bary. Ce 
parasite empêche même la fructification normale de se produire, ainsi que cela arrive 
souvent en pareil cas, et M. Tulasne cite à l'appui Texemple du Sphœria lateyitia, qui 
détermine l'avorlement presque complet des lamelles de VAg. dcUciosus L., sur lesquelles 
il se fixe. 



SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1863. 97 

ï 

Micromycète , dont la trame, extrêmemcnl ténue, vous échappe facilement, 
spores qui, d'ailleurs, auraient pu être entraînées de Texlérieur en faisant la 
coupe destinée à l'examen microscopique (1). 

Sur tous ces faits, il n'y a donc de bien avérés ou d'une vérification facile 
que ceux qui concernent les Trémellinés , les Cyphella et VAg. racemosus. 
Celui que nous annonçons aujourd'hui sera, nous l'espérons, sanctionné 
par d'autres observateurs, et nous appelons sur lui l'attention des micro- 

gi'aplies. 

En regardant la surface supérieure, d'un rouge plus ou moins intense, du 
Fistulina buglossoides ^ on s'aperçoit facilement qu'elle est tomenteuse, fine- 
ment granulée, et qu'elle porte, d'espace en espace, de petits mamelons 
papilleux qui lui donnent une ressemblance plus frappante avec la surface 
de la langue d'un animal : c'est ce que représente très-bien la planche 468 de 
BuUiard. Ces mamelons sont formés par des louffes de cellules rapprochées, 
s'élevant au-dessus de la superficie, comme les tubes hyménophores à leur 
premier état de développement; et, sur la portion qui représente le stîpe, ou 
peut en suivre toutes les transitions jusqu'aux lubcs fertiles. 

Il semble qu'il y ait eu chez cette plante une sorte d'effort tendant aune 
fructification périphérique générale, et que cet effort, ayant produit son effet 
à la surface inférieure, a été insuffisant sur les autres parties du Cham{)i- 
gnon (2); il n'a pas cependant tout à fait avorté, car entre ces tubercules 
stériles, si analogues à des tubes hyménophores rudimentaires, entre les cel- 
lules pileuses allongées, simples, et la plupart remplies de matièr€ colorante 
granulée rouge, on trouve une grande quantité de cellules issues du paren- 
chyme intérieur, allongées, finement granuleuses et en tout semblables parla 
forme, la dimension et le contenu aux cellules allongées qui forment la masse 



(1) H. Hoffmann, Icônes analyticœ Fungorum. Giessen, 18(51-62. Heft 2, p. 38, 

pi. 7. 

(2) L'aspect particulier de la surface supérieure du Fistulina a été noté par beaucoup 
d'auteurs, et la signification morphologique des petites papilles a été indiquée parPersoon : 
« Singulare quod superne quoque liinc inde tubuli observentur sed vix explicati. » (Syn. 
p. 149.) Et ailleurs : <t Nonnunquam per aberrationem in piiei facie superiore conspi- 
» (ûuntur sed lune abortivi. » {Myc* eur. II, p. l/i9. ) Mais aucun n*en a parlé avec 
autant de soin que Trattînîck, èl, malgré l'explication naïve de i'avorlement, ce passage 
vaut la peine d'être cité : « Si Fungus iste maturilatis suae gradum nîiclus est, tune ex 
» tota ejusdem superficie stellulœ undique membranaceae atque perexîguœ efflorescunt, 
» quae sub lente contemplatae in centro foramine annulato et saccato perforalsc circum- 
» circa eleganter emarginalae simul atque ciliatœ sunt. Post 8 vel 14 dies, bic steHulie 
» pededenlim elevântUr a sacculîs substratis^ quœ num in tubuîos tenerrimos liberos ad 
» 2 usque ^ lineas longos producuntur, ex quibus demum sporulœ dispergunlur. 

'» Sed abortus quadam specie, non omnes illœ stellulae abeunt ia tubulos sed isl?e 
» solummodo quœ in parle Fungi inferiori terram respexerunl. Supciiores a solis vehe- 
» mentia forte exsiccanlur, priusquam ad slalum fructificationis perlingere possenl. Ab 
» ejusmodi tubulis corruptis superficies superior deinde quasi villoso-squamosa alquc 
» verruculosa spectalur. » (L. Traltinick, Fungi austriaci^ 180G, p. 118, tab. 12, 
f- 22.) 



98 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 

du parenchyme ou qui concourent à la formation des tubes liyménophores. 
Ces cellules poussent à leur extrémité des subdivisions courtes et en nombre 
variable, au fond desquelles apparaît bientôt une petite goutte d'huile. Cette 
gouttelette augmente de volume ainsi que l'extrémité cellulaire qui la contient. 
Cette extrémité en cul-de-sac prend une forme ovoïde; on dirait qa*elle 
s'agrandit en partie aux dépens de la portion qui la rattache* à la cellide-mère; 
cette portion s'amincit beaucoup et la membrane eu devient extrêmement 
ténue. A ce moment, la jeune cellule sporiforme a pris une forme arrondie, 
s'est séparée par une cloison d'avec son pédicule, dont elle se détache bientôt. 
D'autres fois, cette évolution ne se fait pas immédiatement; les subdivisions 
primitives s'allongent en cellules, qui se ramifient souvent une seconde fois, 
et la formation des petits organes dont nous venons de parler n'a lieu qu'à 
une deuxième ou à une troisième génération cellulaire, c'est ce que tnontrent 
les figures 6 et 7 de notre planche; il résulte de là des grappes souvent très- 
élégantes. 

Les petits corps cellulaires issus de cette évolution , étudiés isolément, 
ont fréquemment la forme des véritables spores nées sur les basides ; d'autres 
fois, ils conservent un peu de leur forme allongée cylindrique primitive^ ou 
présentent quelque chose d'irrégulier. Leur dimension est très-variable, comme 
celle des vraies spores, mais on peut dire que, d'une manière générale, ils sont 
un peu plus grands. Enfin, leur structure est identique avec celle des spores; 
circonscrits par une membrane assez épaisse, peut-être double chez les uns et 
les autres, ils sont remplis d'un liquide un peu trouble ou granuleux ^ et pré- 
sentent toujours une goutte d'huile réfractant la lumière en jaune avec un 
reflet bleuâtre qui occupe environ les deux tiers de la cavité cellulaire ; quel- 
quefois il y a deux de ces gouttelettes. Nos figures 8 et 9 sont destinées à mon* 
trer l'analogie de structure des spores (8) et de ces cellules sporiformes (9). 
Nous avons mis ces cellules dans de l'eau, entre deux verres, et pendant un 

r 

mois nous les avons laissées dans une humidité constante sans avoir pu obtenir 
aucun commencement de germination ; des spores issues des basides sou- 
mises, dans les mêmes conditions, k une observation journalière, ne nous en 
ont présenté non plus aucune trace. L'épreuve, sans doute interrompue trop 
tôt, est donc nulle, et nous nous proposons de la continuer en la poursui- 
vant pendant toutes les saisons de Tannée et en variant les données de 
l'expérimentation. 

D'après ce que nous avons dit plus haut du développement et de la struc- 
ture de ces corps, quelle peut-être leur nature ? Leur situation sur la plante- 
mère semblerait devoir les faire ranger pai ml les productions gongylaires et les 
assimiler à ces conidies dont i\L Tulasne a signalé la présence à la surface du 
Dacryrnyces deliguescens ; mais ces conidies en chapelet, se divisant par un 
cloisonnement scissipare de la cellule-mère et conservant un contenu granu- 
leux analogue, ne nous paraissent pas avoir subi le même degré d'élaboration 



j 

1 

I 



0. Ji 



SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1863. 99 

que les corpuscules du Fistulina. Peut-être faudrait-il, pour avoir leur signi- 
fication précise, recourir a l'analogie avec d'autres végétaux, et se demander 
s'il ne pourrait pas se produire chez les Champignons quelque chose d'analogue 
a ce qui se passe cliez les Phanérogames , qui peuvent avoir, non-seulement 
des organes de reproduction différents : bulbilles, gemmules^ stolons, etc., 
mais aussi des graines qui, sur une même plante, offrent des embryons dans 
des rapports différents avec les parties qui les entourent ou avec la plante elle- 
même ? Y aurait'il ici deux semences d'un rôle physiologique identique, 
mais dans des rapports différents avec leui*s organes nourriciers? Je ne 
saurais me prononcer; il règne encore trop d'incertitude sur les questions qui 
se rattachent au polymorphisme de la reproduction chez les Champignons, et 
les observations que je présente sur le Fistulina buglossoides ne sont encore 
ni assez nombreuses, ni assez décisives, pour m'autoriser à des conclusiotià 
rigoureuses sur un sujet aussi délicat. 



Explication des figures (pi. II de ce volume). 

Fig. 1. — Coupe et vue de la surface supérieure d'un Fistulina buglossoides Bull, tlù 

, petite dimension (grandeur naturelle). 
S. **- Tubes de la surface inférieure, dont un détaché Vu à la loupe, 
3. — Basides de Thyménium à Tinlérieur des tubes fertiles, grossis 580 fois. 
ft. — Une cellule pilifère rouge simple de la surface supérieure, et une cellule 

ramifiée portant des corps reprodncteut'S grossis 390 fois. 
5. — Ces mômes corps, en vole d'évolution et à diverses phases, grossis 900 fois. 
6 et 7. — Cellules ramifiées, portant les mêmes corps sporiformes , grossies 
720 fois. 

8. — Spores issues des basides, grossies, une 1200 fois , les autres 900 fois. 

9. — Cellules sporiformes, grossies 900 fois. 

_ 

M. Eug. Fournîer, secrétaire, donne lecture de la communîca- 
lion suivante, adressée à la Société : 



QUELQUES RECHERCHES DE SYiNGNYMIE, par H. D. CL.O!li. 

M 

S J 

* ' I 

(Toulouse, 9 février 18G3.) 



I* — ^nr les Paronychia argeniea ei nivca. 



Dans HOiïChloris narbonensis^ lu à l'Académie des sciences de Toulouse, en 
178/1, et imprime dans les 3/mo«>e5 de celte compagnie en 1788, Pourrct 
proposait (t. III, p. 321) deux nouvelles espèces CCIllecehrum avec les déno- 
minations et les diasnoses suivantes : 



^_ 



j< /. herniarioides : Caulibus repeutibus, foliis ovatis, cilialis, stipnlisqua- 
ternis brevioribus; floribus capitatis, bracteis oblusis. '^. — A Fontlaurier, 
Fontfroide, etc. Celle espèce ne saurait être confondue avec l'/. capitatum L. 

cl ne peut convenir «i 17. Paiomjchia L. 




^ 



lÔO SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCEL. 

» 7. argenteum : Caulibus prostratis, foliis lanceolatis siibaculîs glabris ; 
slipulis ternis; florîbus laleralibus, bracteis lanceolatis, aristatis. Q. — A 
Narbonne, sur les collines arides. Celte espèce avait jusqu'à présent été con- 
fondue avec VL Paronychia. » 

Or on cherche vainement ces deux noms : 7. herniarioides^ 7. argenteum^ 

dans la plupart des ouvrages consacrés à la description des plantes de France, 

et notamment dans les Flores françaises de De CandoUe, 31utel, 31M. Grenier 
et Godron. ^ 

Je regrette de ne pouvoir consulter le mémoire publié en 1801 par Villars, 
dans le /owr/m/ de Schrader, sur les lllecebram. Mais, en 1805, Persoon 
rapporte avec doute, et d'après Villars, 1*7. herniarioides Pourr. , à litre de 
variété, à 1'/. serpyllifolium \Y\\\. [Paronychia serpyllifolia DC). Poiret 
[Encycl. suppl.) et De Candolle {Prodr. t. III, p. 371) adoptent la môme 
opinion. Seulement Persoon dit de celte variété : Foliis ovalo-cordatis ; et De 
(Jandolle: Foliis subcoïdalis^ caractère qui n'est pas énoncé dans la diagnose 
de Pourret. f 

Or je ne sache pas qu'on ait jamais constaté la présence à Narbonne du 
Paronychia serpyllifolia DC; et dans un catalogue manuscrit des plantes de 
cette belle région, formé par Delort, et qu'a bien voulu me communiquer 
M. Maugeret, je ne vois figurer du genre Paronychia que les P. argentea^ 
capiiata : mais on a signalé encore depuis dans cette localité le P. nivea. 
Pourret a le soin de dire que sa plante diffère de V lllecebrum copitatum. 
^'ous allons montrer que son 7. argenteum est le Paronychia orgentea Lam. 
La voie d'exclusion et la comparaison des caractères conduisent à rapporter 
Y lllecebrum herniarioides Pourr. au Paronychia nivea DC; tous les termes 
de sa diagnose me paraissent convenir à la plante, sans en excepter celui qui 
concerne les bractées; elles sont obtuses, mais Tauteur a omis d'ajouter 
qu'elles sont de plus acuminées. 

Quant à V/llecebrum argenteum Pourr., Villars le rapporte a son /. nar- 
bonense, espèce admise par Persoon, mais donnée avec doute comme syno- 
nyme du Paronychia argentea Lam. par De Candolle {Prodr.). L'embarras 
des auteurs est probablement dû à ce que Pourret dit sa plante différente de 
V lllecebrum Paronychia L. , dénomination prise par tous les phytographes 
modernes comme synonyme du Paronychia argentea Lam. Mais cette dernière 
synonymie est-elle à l'abri de toute objection? Les caractères assignés par 
Linné à son lllecebrum Paronychia sont encore plus succincts que ceux 
qu'a donnés Pourret, car il se borne à dire : Floribus bracteis nitidis obval- 
Intisy caulibus procumbentibus, foliis lœvibus, indiquant pour patrie de 
cette espèce l'Espagne et Narbonne. Or remarquez : l*' que la phrase lin- 
néenne peut aussi bien convenir au Paronychia polygonifolia DC. qi:'au 
P. argentea Lam.; 2^ que le P. polygonifolia croît en Espagne d'après De 
Candolle; 3° que Pourret ne dit pas que V lllecebrum Paronychia vienne à 



(■ 



SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1865. '101 

Narbonue, et qu'il a pu croire, peut-être a bon droit, que cette plante était 
étrangère à la localité; U'^ que les caractères assignés par lui à son A aryen- 
teum conviennent à merveille au Paronychia argentea Lam. (1), tels : tiges 
couchées, feuilles lancéolées-subaiguës, stipules ternécs, fleurs (groupes de 
fleurs) latérales, bractées lancéolées, aristées (2). Mais ce n'est que dans le 
troisième volume de sa Flore française, édité en 1796, que Lamarck proposa 
son Paronychia argentea (p. 230); Vlllecebrwn argenteum Pourr,, décrit 
par Pourret en 1784, est donc antérieur de dix ans, et, aux yeux des bota- 
nistes qui croient devoir rétablir autant que possible les anciens auteurs dans 
leurs droits, le Paronychia argentea Lam. doit devenir un synonyme du 
P. argentea Pourn sub Illeceb7'o^ et le P. nivea DC. doit céder aussi le pas 
au P. herniarioides Pourn sub Illecebro. Qu'il me soit permis néanmoins 
d'ajouter que cette réforme me paraît avoir plus d'inconvénients que d'avan- 



tages. 



11. — Sur TAnagallii* vcrticillata Ail. 



VAnagallis vcrticillata Ail. {Pedem, t. I, p. 87, tab. 85, f. 4), admis 
comme espèce par Loîseleur {Flora galL t. I, p. 117), puis reconnu par lui 
comme variété de Y A. cœrulea [Notes sur pL p. 40), a été inscrit par 
M. Duby (in De Candolle, Prodr. t. VIII, p* 71) au nombre des Species 
ignotœ. Steudel [NomencL] et Mutel (/7or. fr.) ne le croient pas spécifique- 
ment distinct de l'A. latifolia Curt. ou Monelli Curt., tandis que Lamarck 
était tenté de le rapporter aux Lysimachia [EncycL Bot. t. IV, p. 337). 
Au contraire, son continuateur Poiret s'exprime ainsi dans le supplément 
de ce dernier ouvrage (t. IV, p. 9); « Je me suis assuré par Texamen 
» de plusieurs individus que VA. vcrticillata n'était qu'une simple variété 
n de VA. Monelli. » Mais, d'après M. Duby, cette dernière dénomination 
aurait été appliquée a trois espèces difTérentes : à VA. arvensis (A. Mo- 
iwlUL.), à l'A. coltina Schousk (A. Monelli Desf. parL), et à la plante 
qui doit seule porter ce nom : V \. Monelli Glus.! Or remarquez qu'Allioni 
dit expressément son A. vcrticillata annuel, et que, si M. Duby applique 
le signe :^ h VA. Monelli Glus., les échantillons de cette espèce récoltés 
en Espagne par M. Bourgeau, et déterminés par M, J. Gay, sont accom- 
pagnés de cette indication: Plante annuelle. Remarquez enfin qu*un Ana- 
gallis Monelli est cité par Risso au nombre des plantes croissant dans le 



(1) C'est Irès-probablement de Vlllecébrum argenteum Pourr. qu'il s'agit dans cette 
phrase, placée par Villars à la suite de sa description de 17. polygonifolium : « M. Tabbé 
» Pourret nous en a envoyé, des environs de Narbonne, une espèce voisine également 
«inconnue, qui est plus grosâe ainsi que les bractéei, et ene a ses feuilles un peu 
» hérissées de petits poils. » {Dauph. t. II, p. 557.) 

(2) Le caractère de la durée pourrait seul donner encore prise au doute, car Pourret 
dit annuel son Illecebrum argenteum; mais à celte époque on n'attribuait pas à celte 
indication Timportance qu'eUe mérite. 



102 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

comté (le Nice, notamment, à Saint-Hospice {Hist. nal. de V Europe mérid. 

L II, p. 452). 

Tout porte donc à faire présumer que VA, verticillata Ail. est VA. Mo- 

w 

nelU Glus., plante qui, même à l'étal normal, montre ses feuilles supérieures 
temées ou auaternées. ^ 



111. — Sur le I^api»ana maeroearpa. 



ï 



M. Cosson a récemment décrit sous ce nom une espèce d'Algérie très- 

■ * - 

voisine, dit-il, par la plupart de ses caractères et par son port du 
L. communîs, dont elle n est peut-être qu'une variété remarquable. Elle en 
diffère par la puhescence glanduleuse de la partie supérieure de la tige et 
des pédoncules, par les capitules et les akènes beaucoup plus gros (1). Or on 
cultive assez généralement dans les écoles de botanique une espèce de 
Lapsanay sous le nom de Z. grandiflora Bieb. , distincte du L, communîs 
par sa taille plus élevée, ses capitules plus gros, et surtout par les poils glan- 
duleux qui recouvrent les pédoncules et les involucres : pedunculis calyci- 
busqué glanduloso-hispidis, dit Bieberstein {Cauc. 2, p, 261). Toutefois, je 
n*al pas pu constater, sous le rapport de la grosseur, une différence bien 
notable entre les akènes des Lapsana grandiflora et communis. Mais, à 
supposer constant le grand développement des fruits du L. macrocarpa^ ce 
seul caractère suffîra-t-il pour élever cette plante au rang d'espèce? 

Je sais combien il faut être réservé sur la question d'identité de deux 
espèces, tant qu'on n'a pas vu les objets eux-mêmes; je sais aussi qn'il cou- 
vient de l'être encore plus lorsqu'il s'agît d'espèces créées par un de nos phy- 
tographes les plus distingués, et aux yeux duquel l'espèce doit reposer, si je ne 
me trompe, sur des caractères réels, précis, pouvant se traduire en formules 
et visibles pour tous. Aussi réduirai-je cette note à cette question adressée à 
M. Cosson : Le Lapsana macrocarpa Coss. diffère-t-il du L. grandiflora 
Bieb.? 






IV. — i§nr les Conyza ehileii«i«» et diversiroU^* 

r ^ 

Nous avons reçu h diverses époques, au Jardin-des-plantes de Toulouse, 
sous les noms de Blumea longifolia^ Conyza longifolia, C. chilensîs^ des 
graines qui ont toutes donné une même espèce de plante. 

En 1836, De Candolle {Prodr. t. V, p. Ixh^) admet Blumea longifolia DC. 
(espèce indienne), et [ibid. p. 378) Conyza chilensis Spreng. , C. diversi- 
folia >Veinm. , deux espèces vivaces du Chili. En 18Zi9, ces deux dernières 

F 

espèces soqt aussi décrites comme distinctes par M. Rémy (in Gay Flora chU* 
t IV, p. Ik). Cependant Weinmann, en 1839, déclarait (in Linnœa t. XIIF, 
p. 154) que son C. diversi folia, décrit par lui en 1820, n'était antre que le 

t 

(1) Voyez le Bulletin, t. IX, p. 173 et 174. 



SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1863. J03 

C. chilensis Spreng. , antérieur en date de deux ans, car c'était sur des indi- 
vidus nés de graines données par Sprengel avec la désignation C chilensis 
qu'il avait établi son esp^ce. 

Or, de deux choses l'une, ou les plantes qu'ont eues en vue De Candolle et 
M. Rémy, sous les noms de C. diversifolia^ C. chilensis, diffèrent, soil Tune 
et l'autre, soit au moins Tune d'elles, de celles qui avaient été primitivement 
décrites sous ces dénominations; ou ces deux phytographes auraient admis et 
décrit une même espèce sous deux noms différents : cette dernière supposition 
est d^autant moins probable, même abstraction faite du mérite des deux 
auteurs, que De Candolle dit avoir vu les deux espèces et que M. Rémy leur 
consacre une assez longue description. 

Des deux synonymes rapportés par De Candolle au C, chilensis, l'un est 
le C, procera Desf. {Cat. H. par. 1829, p. 16/i); mais à cette même page 
de ce Catalogue de Desfontaines, on cherche vainement un Conyza procera^ 
cet auteur rapportant le Dimorphanthes procera Cass. (1) au Conyza longi^ 
folia H. p.; et à la p. hk^ des additions de cet ouvrage, Desfontaines donne 
pour synonyme au 6\ longi folia H. p., le C, chilensis Li^ik et Sprciig.; 
mais ce deruier nom réclame la priorité, car c'est en 1818 que Sprengel a 
fait connaître la plante {Nov. prov. p. \U), tandis qu'on cherche en vain 
l'indication du C longifolia dans la seconde édition du Tableau de l'école 
de botanique, par Desfontaines, en date de 1815; il n'apparaît que dans son 
Catalogue (ou 3*^ édition) de 1829. C'est donc le C. chilensis Spr. que nous 
avons reçu a diverses époques sous les (rois dénominations citées au début de 

celle note. 

Weinniann dit aussi avoir reçu des graines de Conyza chilensis sous les 
noms de Blumea insignis DC. et B, longifolia {loc. cit.). 

Le C. chilensis est tout au plus bisannuel, coîumc l'indique Desfontaines. 
De Candolle et M. J. Réuiy disent vivaces les C. chilensis et diversifolin. 



W — Huv l'0\«lide èréiiclce. 



On cultive dans un grand nonil)rc de jardins, sons le nom d'Ojjalis cre- 
nata, une espèce d'Oxa/Zs à tubercules nutritifs, mais sur la synonymie de 
laquelle on P5t loin de s'accorder. Jacquin , et après lui Willdcnow, ont 
désigné sous ce noui une plante annuelle, admise comme telle par De Candolle 
{Prodr. t. I, p. 691). Persoon, Steudel, Poiret, Willdenow et De Candolle 
n'hésitent pas Jt la considérer conmie VOxgs lulea annua, floribm dentatis 
de Feuillée. Mais ce dernier botaniste, qui figure et décrit la plante, ne fait 



(1) Dans le grand Dictionnaire des sciences naturelles, t. XXV, p. 93 (année 1822), 
Cassini donne le Dimorphanthes procera comme vivace, et ajoute: a Nous avons décrit 
» cette plante sur un individu vivant cultivé au Jardin-du-roî, où il fleurissait à la fin de 
» juiUet. » 



404 ' SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

pas la plus légère mention de ses tubercules ; il lui donne même une racine 
pivotante et ne figure pas la moindre lubérosité. iMM. Jacques et Hérincq, 
dans leur Manuel général des plantes, inscrivent VOxaliscrenata Jacq. avec 
rindicalion vivace. Le Don Jardinier n'hésite pas aussi à appeler Oxalis 
crcnata^ mais sans nom d'auteur, la plante tuberculeuse, ajoutant qu'elle est 
connue au Féiou sous le nom d'Oca, et que son introduction en Angleterre 
date de 1829. En 1833, V Horticulteur belge donne une figure et une des- 
cription de V Oxalis crenata D, Don mss. , le disant originaire du Pérou et 
cultivé avec abondance dans les jardins des environs de Lima (p. 309, pi. 
n** 20). Bientôt après, M. Jacquin jeune, et puis encore M. Jacques, la firent 
connaître en France dans les Annales de Flore et de Pomone (année 1833-3*^, 
p. 2^0, et année 1835, p. 193). 

Or M. "Weddell, dans son Voyage en Bolivie , p. 147, rapporte les Oca 
blanche et rouge da marché de la Paz à V Oxalis tuberosa^ espèce que 
Molina décrit dans son histoire du Chili, où Ton mange, dit-il, communément 
ses racines cuites. i^Iais, chose étrange ! M. Claude Gay, qui a longtemps 
résidé dans les principales villes du Chili, se borne à dire que, n'ayant pas vu 
la plante, il est forcé de s'en tenir à la description très-courte donnée par 
Molina et par Savigny dans VEncijclopédie méthodique de Lamarck [Flora 
chilenaj t. ï, p. 436). Cependant, dès 1854, M. Hénon rappelait que r0a:a/îs, 
improprement appelé, dit-il, crenata par les horticulteurs, n*est autre que 
YO. crassicaulis var. rubi^a Zucc. , espèce inscrite dans le Nomenclalor 
botantcus de Steudel, p. 239, comme distincte de VO. tuberosa Mol. « Les 
habitants des Cordillères, dans la république de l'Equateur, ajoute M. Hénon, 
cultivent cette plante autour des villes, et les indigènes la ramassent dans les 
bois, où elle est spontanée, et en approvisionnent Quito. Ils la nomment Oca 

t 

7'ouge (in Ann. de phys. et d'hist. nat. de Lyon^ 2^ sér. t. YI, p. 111). » 
Remarquez enfin que si Steudel rapporte à VO. crassicaulis Zucc. , YO.Arra- 
catcha Hort., Sweet [Hort. brit. 3^ éd. p. 123) inscrit l'O. ArracatchaG. Don 
comme synonyme de l'O. crenata Jacq. 

Quant à l'O. tuberosa Mol. est-il réellement distinct de l'O. crassicaulis ? 
C'est Topinion de Zuccarini (voy. Ann. des se. naf. 2^ sér. t. I, p. 314), 
adoptée par M. Duchartre (in Dict. univ. d'hist. nat. t. IX, p. 361). Mais 

h 

ce dernier savant assigne à ces deux plantes une même patrie : Pérou et Chili. 
N'y a-t-il pas là quelque présomption pour croire à l'identité des deux? L'O. 
crenata Jacq., Willd., Persoon, DC. est-il VOxys de Feuillée, l'O. crenata 
de D. Don et des auteurs modernes, l'O. tuberosa Mol., l'O. crassicaulis 
Zucc? -^ 

à 

M. Moquin-Tandon, pour confirmer l'opinion émise par M. Clos, 
dans sa note relative au Paronychia^ dit que, parmi les plantes de 
Pourret qu'il a remarquées dans Therbier de Poiret, il se trouve un 



t 



SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1863. 105 

échantillon de Ylllecelwiim herniarioides Pourr., plante qui est 
bien le Paronychia argentea Lam. 

M. J. Gay rappelle que l'herbier de Pourret fait partie des collec- 
tions qui ont été léguées au Muséum d'histoire naturelle de Paris 
par M. Barbier. 

M. Cosson est d'avis qu'il y a un grand inconvénient à créer des 
noms nouveaux quand la synonymie occupe déjà tant de place dans 
les ouvrages descriptifs; il ne croit pas qu'en pratique on doive 
nécessairement reprendre lé nom spécifique antérieurement imposé 
à une plante, quand celle-ci a été depuis changée de genre, 

M. Moquin-Tandon (relativement à la note de M. Clos sur un 
Oxalis) dit qu'il a reçu du Pérou de beaux tubercules rouges, qui 
appartiennent à la variété rouge de VUllucus tuberosus Lozano. 

M. Cosson (relativement à Ja note de M. Clos sur le Lapsana 
inacrocarpcL) fait observer qu'il n'attache pas lui-même une grande 
importance à la distinction spécifique de cette plante, qui, cepen- 
dant, lui a paru différer suffisamment du Z. grandi flora. Il ajoute 
que, du reste, les espèces de ce groupe sont extrêmement voisines, 
et auraient besoin d'une révision monographique. 

M. Duchartre fait connaître à la Société une observation signalée 



{ 



Société impériale et centrale d'Horticulture 



Il s'agit d'une variété de Topinambour, dont le tubercule est blanc, d'une 
qualité alimentaire excellente et presque égale à celle de l'Igname-de-Cbine. 
Ce Topinambour, envoyé il y a longtemps à la Société d'Horticulture, a été 
cultivé par M. Louesse, qui s'en est peu occupé pendant quinze années, et 
n'en a reconnu que dernièrement la valeur. 



4 E 



MM. Roze et Bescherelle font hommage à la Société du cinquième 
fascicule de leurs Muscinées des environs de Paris. Dans ce fasci- 
cule se trouvent cinq espèces nouvelles pour la bryologie pari- 
sienne (à ajouter au Catalogue de ^. Ém. Le Bien), savoir : les 

Dicranella cervicnlata Schimp., Dicranum majus Turn., Sphag- 
num fimbriatum Wils., 5/?A. ric/idum Schimp., et Sph. molluscum 
Bruch. 






T. X 



8 



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\. V^ 



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^* 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



• * 



(OCTOBRE 18G3.) 



N. B. ^- On peut se procurer les ouvrages analysés dans celle revue chez M. J. Rolhschild, libraire 

de la Société botjuîiqiie çle fr^ijce, rji^ de Bi|ç|, J4, à Pafîs, 

PHYSIOLOGDS VÉGÉTALE. 

- 

Essai d^une flore niycoIog;iquc de la rég^ion de if ou<- 

pelliep et du Gard; observations sur les Agaribihés, suivies d'une 
énumération méthodique; par M, J. da Seynes (Thèse popr le doctoraj; es- 
sciences), In-lî^ de 153 pages, avec cinq planches et une cartp, Paris, chez 



J.-B. Baillière et fils, 1863. 



i \ 



f^r 



Ce travail se divise en deux parties : dans la première, composée de cinq 
chapitres, l'auteur étudie les généralités de son sujet; dans la seconde, qui 
forme le chapitre sixième de l'ouvrage, il trace une énumération mélliodique 
d^ la famille dea 4gancinés. Daps le premier chapitre, il fixe les jijfiiites de 
la région qu'il 9 éimjiiée, e^ jcjqi ^pnt : à Test le Rhône, au nor4 la ^flllèe du 
Ghassezac et de l'Ardèche, h l'ouest la chaîne des Cévennes, au sud la vallée 
die l'Orbe; il y rappelle aussi les travaux où il est parlé des Champignons de 
ceUe région, et cije cenjc ^le Magnol, IJQissier de Sauvages, Gougï), Anioreqx, 
Roul^ieu, De Çandolle, JOclile et Dunal, lequel a eu poqr collal^orateurs 
MM. F. de Girajd, J.-E, Planchon et Toychy. — Le chapitre II fraile de la 

r 

structure de l'Agaric, et en particulier' de sop hymépiqm; Tanteur p'y insiste 
que sur les points qui ont élé de sa part lobjet d'observations personnelles. 
ïîindique Tassimilation qu'on peut faire des^clerotium^ux organes qui, chez 
les Phanérogames, tiennent lieu de véritable lige. H donne des détails inté- 
ressauts sur le sjslènie laticifère^e? Agsricinés, déjà décrit par Cortla ,(\^î)s 
VAgaricus fœtensVers. et par iM. Hoffmann, ainsi que sur les (Jiver{>es sorfes 
-46 poîîs qui recoqvrent quelquefois !a surface extérieure du chapeau pu du 
jStipiB, et contribuei^t alors 9 \^ï donpçr une apparence particulière. Les cel- 
Iules qui constituent ces poils, ainsi que les cellules simplement épidermiques, 

T *■ 

contiennent des granules dont la quantité et la coloration sont sujettes à beau- 
coup de variations ; cette coloration augmente par le froid ; quant à la privation 
de lumière, elle n'exerce que peu d'injQuence sur la coloration des Champi- 

r 

gnons. M. de Seynes, combattant l'hypothèse émise par Corda sur le rôle des 
cystides, ne voit dans ces cellules « que des organes revenus à des fonctions 



- -y 



/ 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 10^ 

végétatives par une sorte d'hypertrophie da baside » ; il fait remarquer que, si 
les cystides émettent quelquefois un liquide visqueux, comme Ta constaté Corda, 
cela s'observe chez des Champignons dont toutes les portions végétatives 
tent visqueuses, ou ont une tendance à le devenir dans les temps humides. 
Le chapitre III traite de la spore, de sa dissémination et de sa germination. 
Ji'auteur étudje ici les Ascomycètes; il cherche comment la spore se sépare 
de la thèque, et croit trouver l'explication de ce fait dans Fhygrométricité, et 

r 

dans pn défaut d'équilibre entre la tension de l'atmosphère et celle de l'inté- 
rieur de la ihèque. Chez les Basidiosporés, c'est d'une manière passive, par 
la simple chute de la spore détachée, que s'opère la dissémination ; quelque- 
fois les spores sont projetées au delà de Taire que mesure la circonférence du 
chapeau. L'auteur traite ensuite longuement de la forme et de la coloration des 

h 

spores, ainsi que de leur contenu huileux, qui se réunit généralement en 
deux, trois ou quatre gouttelettes ;' quand il n'en existe plus que deux, 
comme dans les spores des Pézizes, la limite de ces deux gouttelettes, qui se 
touchent sans se confondre, peut être prise pour une cloison développée h 
rintorieur de la spore. II lui paraît fort probable que les substances huileuses 
des végétaux se trouvent constituées à l'état de grains d'aleurone par leur 
combinaison avec un élément albumîneux. Quoi qu'il en soit de ces agglomé- 
rations, l'émulsion de l'huile se produit de nouveau au moment de la germi- 
nation. M. de Seynes a étudié avec soin et figuré les différentes phases de la 
germination du Morchella esculenta. Il a remarqué que les prolongements 

cellulaires qui naissent de la spore germante apparaissent le plus souvent sur deux 
points diamétralement opposés de ce corps. Ces prolongements sont limités par 
un contour extrêmement fin, et entourés à leur base d'une trace circulaire qui 
semble indiquer la rupture de la membrane externe. En effet, la paroi de ces 

prolongements n'absorbe pas la décoction de noix de galle placée sur le porte- 
objet, tandis que la membrane externe de la spore se colore en noir au contact 
de cette dissolution et d'une goutte de sulfate de cuivre. L'auteur, envisageant 
surtout ce mode de germination, est disposé h admettre que la spore représente 
l'embryon des végétaux phanérogames. — Le chapitre IV traite des appareils 
^nultiples de reproduction chez les Ilyménomycètes. Comme les faits sont peu 
nombreux dans cet ordre déconsidérations, l'auteur n'a pas voulu en borner 
Tétude aux seuls Agarics. Il y rapporte avec détails ses observations sur le 
polymorphisme des organes de la fructification chez le Fistulina buylossoides 
Bull., observations que nos lecteurs trouveront în extenso àd^ns ce numéro 
itiême du Bulletin (1). — Le chapitre V est intitulé : Distribution géogra- 
phique; détermination des zones. M. de Seynes reconnaît une grajnde impor- 
tance à la fixation des zones fongiries^ établies par M. E. Pries. Il distingue 
dans le pays qu'il a exploré les environs immédiats de Montpellier, où se 



(1) Voyez plus haut, p. 93. 



t 



i 



108 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

rencontrent en abondance YAga7ncus déliciosus L. , sous ies Pins d'Alep, et 
VAg. vaginatus Bull, sous les Chênes-verts; il cite encore, dans cette subdi- 



p 



)podi 



Hyd 



Pers. Une seconde zone est contenue dans les limites des montagnes siliceuses, 
où croissent ies Châtaigniers, jusqu'à la hauteur où ils cessent vers 1000 mètres ; 
elle est caractérisée pdirVAgaricus cœsareus Schaeff. et les Amanites, un grand 
nombre de Lactaires et de IMycènes. Enfin, en s'élevant vers les sommets les 
plus hauts des Cévcnnes, où se rencontrent le Pin-silvestre et le Hêtre, la 
végélalion cryptogamique prend l'aspect que les flores connues attribuent à 
l'Europe septentrionale; les Agaricus mucidus Schrad. et Ag. musca?nus L: 
sont particuliers à cette zone. La région la plus importante est celle des dunes 
et des bois de Pirius Pinea qui s'étendent, entrecoupés d'étangs, sur les 
bords de la Méditerranée; région remarquable par une humidité et une 
chaleur constantes; elle acquiert un grand intérêt par le lien qu'elle offre 
entre la flore fongique du continent et celle d'Algérie. On y remarque les 
Gyrophragmium Delilei Mont., Montagnites Candollei Fries, Agaricus 
ammophilus DR. et Lév., Peziza ammophila DR. et Lév., etc. 

Dans rénumération méthodique des Agarics de la région de MontpeUier et 
du Gard, qui forme plus de la moitié de ce travail, M. de Seynes a suivi 
d'une manière générale M. Fries comme étant l'auteur le plus complet, mais 
sans s'attacher exclusivement ni à la méthode suivie dans le Systema ni à 
celle de ïFpicrisis. Les Agarics sont divisés en deux groupes, Chromosport 
et Leucosporiy et en quinze sous-genres. Les espèces énumérées par l'auteur 
ne sont point décrites, maïs les localités et l'époque où elles croissent sont 
signalées par lui avec soin ; il fait souvent aussi à leur sujet des observations 
intéressantes que nous ne pouvons indiquer en détail. 

Dr Eugène FouhNier. 



Revue critique de la durée des plantes dans ses rap- 
ports avec la pfayto8;rapliie; par M. D. Clos. (Extrait des Mé^ 
moires de V Académie impériale des sciences de Toulouse^ 6^ série, t. I, 
p, 114.) Tirage à part en brochure in-S"* de 56 pages. 

Ce mémoire a été lu par son auteur à l'Académie de Toulouse, le 5 février 
1863. Il est divisé en plusieurs chapitres. Dans les considérations préUmi- 
naires, M. Clos examine ce qu'il faut entendre ^v plante vivace, et quelle 
est la signification du mot souche; il montre que ces deux termes ont été 
diversement définis par les auteurs, et incomplètement par beaucoup d'entre 
eux; il pense aussi qu'on devrait, pour éviter toute amphibologie, rayer de la 
science le mot souche et s'en tenir au mot rhizome. Le chapitre premier 



I 

J 



* 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 109 

traite des plantes annuelles, bisannuelles, pérennantes, vivaces et ligneuses; 
Tauleur y fait voir que les Aoristes et monographes ont indiqué de uianières 
.très-contradicloîres la durée d'un grand nombre d'espèces; il distingue deux 
sortes de plantes bisannuelles, les vraies, présentant deux périodes bien mar- 
quées de végétation, Tune où les matériaux s'accunudent dans la plante, 
l'autre où ils sont dépensés pour la fructification ; et les fausses, qui germent 
à l'automne pour fleurir Tannée suivante et mourir ensuite, et en réalité ne 
diffèrent pas des annuelles ; il étudie des plantes intermédiaires par leur durée 
enlre les bisannuelles et les vivaces, et qu'il nomme pérennantes ou sub- 
vivaces; d'autres intermédiaires entre les vivaces et les ligneuses et qu'il 
nomme subligneuses- Dans le groupe des vivaces, il dislingue ausî^î les épi- 
gées ou épivivaces, conservant toujours des tiges aériennes feuillées, et les 

w 

hypogées ou hypovivaces, dont les parties vivantes sont en hiver cachées sous 
le sol ; il en sépare encore une catégorie de plantes dont tous les organes de 
végétation se détruisent chaque année, excepté certains bourgeons chargés de 
les propager jusqu'à l'année suivante; ces plantes sont pour l'auteur des semî- 
vîvaces {Aldrovandia^ Hydrillées, Lemnacées, Characées, Conferves, etc.). 
Le chapitre II traite de la durée de la plante au point de vue de la classifica- 
tion; l'auteur y admet que l'importance de ce caractère est quelquefois très- 
grande, car il peut servir, dit-il, dans l'établissement des familles ou de 
leurs tribus, des genres ou des sous-genres, des espèces, des variétés ou des 
races. Le chapitre III est intitulé : Divers modes de multiplication asexuelle 
des plantes vivaces, et leur division en trois groupes; on y trouve la repro- 
duction des idées émises dans les pages précédentes. Le chapitre IV est 
intitulé : Rapport de la durée avec d^autres caractères et avec les circon- 
stances extérieures; le chapitre V : Des causes gui peuvent induire en erreur 
sur la durée des plantes; enfin, le chapitre VI : Des signes propres à repré- 
senter la durée des plantes^ auxquels l'auteur ajoute quelques modifications, 
exprimées par des prépositions suivies des signes généralement employés, et 
qui désignent les divers états qu'il a distingués dans la vie des plantes. 

E. F. 



i Etude sur Tespèec à l'occa^iou d'une révision de la 

ramille des Cnputifères: par M. Âlph. De Candolle {Bibliothèque 
universelle de Genève, archives des sciences physiques et naturelles, 
livraison de novembre 1862). Tirage 5 part en brochure în-8" de 68 pages. 

En étudiant pour le seizième volume du Prodromus la vaste famille des 
Cupulifères, M. De Candolle, profitant des iratnenses matériaux mis à sa dis- 
position pour ce sujet, a eu Tidée de faire une étude sur Tespèce, envisagée 
spécialement dans cette famille. Il a dans ce but groupé les formes qui se 
rapprochaient le plus, sans se laisser préoccuper par Topinion des auteurs ni 



110 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



qui 



stitués, il a étudié les variations et les analogies des échantillons qui les com- 
posaient. Il a constaté un grand nombre de variations intéressantes offertes 
par les divers organes portés sur un même rameau, dans là Idngtiéuf des 
pétioles, qui s'élève d'un à trois; dans la forme du limbe, qui passe fré^ 
quemment d'une ellipse à une ellipse allongée, à la forme ovée ou obovée, 
avec toutes les transitions intermédiaires ; dans les lobes et les dentelures du 
limbe, qui sont très-inégales sur la même feuille et à plus forte raison sur des 

feuilles différentes de la même branche, qui sont rautiques ou mucronées, etc.; 
dans la terminaison comme aussi dans la base du limbe, qui sont pareil- 
lement aiguës ou obtuses ; dans la vestiture des feuilles^ lesquelles, presque 
toujours pubescentes en dessous, surtout dans leur jeunesse, paraissent 
devenir glabres en veillissant; dans les bractées, qui varient de formé et de 
longueur ; dans le périgone des fleurs mâles, dont les lobes sont plus ou 
moins profonds, plus ou moins nombreux, aigus ou obtus, sur le même chapon; 
dans le mode d'adhérence de ces fleurs, qui sont tantôt sessiles, tantôt pèdicellées 
sur le Quercus ruhra L. ; dans le nombre des élàinînes ; dans ces organes eux- 
mêmes, qui sont mucronés ou nonmucronés; dans la longueur des pédoncules 
fructifères; dans le nombre des fruits; dans la forme de la cupule, dont l'arrêt 
de développement est irès-fréquéht et cause des formes irrégUlières décrites 
par quelques auteurs comme régulières ; dans le renflement du dos des 
écailles; dans la direction de ces dernières, qui, toujours dressées et im- 
briquées à l'origine, divergent plus tard et s'étalent ou même se recourbent; 
dans la désinence de ces mêmes écailles, qui quelquefois s'allongtnl en 
lanières, tandis que d'autres appartenant à la même cupule gardent la forme 
ordinaire; dans la longueur du gland évaluée relativement à celle de la 
cupule; dans la durée des feuilles, qui varie quelquefois d'une année à l'au- 
tre, pour le même arbre, suivant les conditions de chaque saison. Après 
cette longue étude des variations, l'auteur énuihère les caractères qu'il n'a 
jamais vus se mbdiOer sur leur même brâîlchei dans les Quercus et genres 
voisins, et qui sont la grandeur des stipules, leur pubescence ainsi que celle 
des anthères, la nervation du limbe, la forme de la cupule dans sa partie 
supérieure et sa grandeur, l'époque de maturation du fruit et la position 
des ovules avortés dans le fruit mûr. Après avoir constaté, par des cen- 
taines d'échantillons, la variabilité ou la fixité de ces caractères, l'autepr a 
formé deux ordres de groupes : le degré supérieur établi par des carac- 
tères constants qui ne présentent pas de transitions d'un individu à un autre, 
correspondant à l'idée d'espèce, et le degré inférieur consistant en types 
caractérisés par des modifications diverses qui se rencontrent parfois sur les 
mêmes rameaux, types qu'il appelle des variétés, et qui se rattachent au groupe 
du degré supérieur. Il est à remarquer que les espèces les mieux connues se 
trouvent être celles qui ont le plus de variétés et de sous-variétés spontanées. 



t 



JlEVUÈ BlÔLîÔCftAPHlQïIË- 111 

* M, t)e Candolle reconnaît qu'on peut adresser deux objection^ à h marche 
qu il a suivie pour constituer les variétés et les espèces : la première, c*est 
qu'il y a j)eut-etre, dans les formes servant dé transition entre ses variétés, des 
hybrides provenant de deu* espèces, fce qui est biefl difficile h éclaircir;la 
seconde, plus générale, porte sur l'absence presque complète d'observations 
relatives à l'hérédité des formes dans les Chênes et genres voisins. Sur cepoint, 
l'auteur fait observer que l'hérédité est un attribut des races aussi bien que 
des espèces, et rappelle à ce sujet que le peuple juif possède une certainQ 
configuration héréditaire. . . 

Le deuxième paragraphe du travail de M. De Candolle est intitulé : 
Observations et conjectures sur ^histoire et VoyHgiyie des formes des Cupu 
lifères. Il jette d'abord un coup d'œil rapide sur la distribution géographique 
actuelle de ces plantes et étudie ensuite ce qu'on peut savoir sur les muta- 
tions de leurs aires. Celle du Quercus Cerris est, dit-il, en voie de diminution, 
car elle ptôsenté des lacunes qu'on no peut expliquer autrement; au con- 
traire, le Hêtre prospère de plus en plus, et envahit les forêts du Danemark 
et de l'Allemagne, où il se substitue aux Conifères, au Bouleau et même au 
Chêne. D*aUtre part, la Variation fréquente des formes sur le même individu 
et la disparition possible de certaines variétés qui relient les formes d'une 
tnême espèce, font penser à routeur que dans l'avenir ôii devi*a constate!* tih 
plus grand nombre de types distincts qu'on n'en trouve aujourd'hui dans la 
nature. 

Étudiant de plus près les migrations des espèces. M, De Candolle montré 
que te Hêire offre une extension croissante vers l'ouest, fort bien constatée 
par M. VaUpell. S'il existe en Corse et en Sicile, c'est qu'il s'y est introduit 
à une époque pendant laquelle ces îles étaient contiguës avec d'autres terres 
situées plus au nord. Enfin la présence du Hêtre sur les hauteurs des Pyr^-^ 
nées, de la Corsé, de TEtna et des Apéhnins prouvé qu'il a été jadife répandu 
dans les régions intermédiaires. M. J.-D. Hooker a fait valoir des consi- 
dérations analogues relativement au Cèdre du Liban. L'auteur en'applique 
de semblables au Châtaignier, qui ne se tfouve pas eii Algérie, évidemment 
parce qu'à l'époque oû il s'est répandu dans l'Europe méridionale, il existait 

^ 

déjà un bras de mer qui l'a empêché de s'étendre sur lé continent africain. Il 
se rencontre dans l'Europe et l'Asie occidentale, aux États-Unis, en Chine et au 
Japon. L'auteur entre dans des détails analogues pour le Quercus Rohur L., 
plus ancien en Europe que le Hêtre et le Châtaignier, et pour le Qûèrcuè 
llex^ plus ancien encore, car il existe en Algérie comme en Europe, et l'on â 
retrouvé ses feuilles dans les tufs modernes de Lipari ; on rencontre aussi en 

h 

Asie des formes extrêmement voisines du Q, lîex, ainsi que dans les États- 
Unis et au Mexique. 

En terminant ces considérations, rauteui* reconnaît qu'il y a ^es probabi-* 
tîtés en faveur de la modification lenlc de certaines fôrifles, et de là tféaliort 



ii2 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



de variétés héréditaires. Cela le conduit à parler du système de M. Ch. 
Darwin, et à l'apprécier. On voit qu'il est disposé à distinguer la théorie elle- 
même de Tauteur des démonstrations et des déductions au nioyen desquelles 
celui-ci a cherché à l'établir, et qa'il n'admet pas volontiers Tinfluence attribuée 
par M. Darwin à la sélection naturelle. Il rappelle que depuis les anciens 
Hébreux, Grecs et Romains, les hommes de la race blanche ont bien lutté, 
soit individuellement, soit collectivement, et que nonobstant on ne peut pas 
dire qu*il y ait une différence évidente entre les modernes et les anciens soit 

% 

pour la beauté physique, soit pour la force ou la santé. 

Le travail de M. De Candolle se termine par le résumé des principales 
opinions qu'il y a soutenues. ' 



\ 



E. F- 



BOTANIQUE DESCRIPTIVE. 



jf *■ » 



> 4 ^ 



^ M 



Méitioire 



sur Yen liorauthaeées; par M. H. Bâillon [Adamonia^ 
livr. de juillet et août 186'2). Tirage à part en brochure in-8^ de 51 pages. 



l ' 



■^ ^ * 



L 

L'auteur examine successivement, dans ce travail, la structure florale des 



Myzodendi^ony Arjonay Quinchamal 



Thesium. Stolidiay 



Lavallea^ Hensloioia, Exocarpos^ Cansjera^ Anthobolus^ Viscum^ et de 
quelques autres plantes appartenant à différentes familles (Santalacées, Lîrios- 
mées, Olacinées, Myzodendrées, Opiliées, Cansjérées, Anthobolées, Loran- 
thacées), qu'il réunit sous le nom d'ordre des Loranthacées. 

Ou sait que l'ovaire adhérent des Myzodendron est partagé à sa base en 
trois loges incomplètes et entouré d'un bourrelet saillant. M. J.-D. Hooker a 
regardé ce bourrelet comme la portion supérieure libre, mais très-courte, 
d'un calice soudé plus bas avec le pistil. Pour M. Bâillon, cet organe n'est 

-r 

qu'un épaississement de l'axe pédonculaire, analogue au calicode des Santa- 
lacées; il se développe tardivement, après Tapparition des ovules. Quant aux 
cloisons incomplètes, elles sont pour lui de nature axile, et tiennent à un iné- 
gal accroissement des différentes portions du réceptacle. — L'ovaire de VAr- 
jona tuberosa Gav. occupe également la concavité d'un réceptacle en forme 
de bourse, dont le bord s'épaissit à un certain âge en un bourrelet charnu. 
Mais YArjona possède une fleur hermaphrodite et périanthée, tandis que 
celle du Myzodendy^on est unisexuée et nue. Le Quinchamalîum est très- 
voisin de VAi'jona et pourrait lui être réuni; son ovaire présente trois cloi- 
sons incomplètes alternant avec les ovules, comriie dans les genres précé- 
dents. 



Q 



une corolle, parce que toutes les pièces de ce verticille se développent simul- 
Unément. L'auteur étend cette interprétation aux fleurs des Cornées, Âmpé- 
lidées, Santalacées et Loranthacées; rappelant que M. Miers l'avait déjà adoptée 
pour les Olacinées, et M. Alph. de Candolle pour les Santalacées. M. Bâillon 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 113 

a étudié Torganogénie du Santalum album sur des rameaux de tout âge 
recueillis dans l'Inde, aux environs de Bombay, et arrivés à Paris trois mois 
après, parfaitement conservés dans Talcool II a confirmé par ses propres 

1 recherches l'évolution du sac embryonnaire du Santalum, décrite il y a une 

trentaine d'années par Griffith. Continuant ses éludes par l'examen des The- 
sîum, il y a constaté, comme sur le Santalum^ l'apparition simultanée des 
folioles périgoniales, ainsi que sur les Cho?'etrum, les Myoschilos^ les Lepto- 

' meriay les Olax à fleurs distiques, les Groutia du Sénégal, VOpilia acuminata 

I Wall, et les Leptonium qui sont congénères. 

Il donne ensuite des détails sur le calicode, regardé par quelques bota- 
nistes comme un calice, et qui n*est qu'un épatement pédonculaire, lequel se 
remarque dans la plupart des familles étudiées dans ce mémoire. Quelquefois 
il existe plusieurs bourrelets semblables, ce que l'on voit nettement, dit 
l'auteur, dans le jeune fruit de VAnacolosa Pervilleana^ espèce de Madagas- 
car. Poursuivant les considérations qu'il vient de présenter sur Vasépalie^ 
M. Bâillon arrive à regarder comme asépales, non-seulement les Monotropa^ 
mais une partie des Rubiacées et la plupart des Synanthérées, Dipsacées et 
Valérianées. Selon lui, la portion adhérente du calice n'a jamais existé dans 
les genres Galium, Asperiila^ Rubia, Les six folioles qui se trouvent en 
dehors de la corolle du Sheràrdia pourraient bien n'être, dit-il, que deux 
bractées opposées, accompagnées chacune de leurs stipules latérales. Les col- 
lerettes qui entourent la corolle des Patrinia^ des Valeriana, des Centran-- 
thus et des Fedia, et qui sont parfois décomposées en un grand nombre de 
languettes, sont encore pour lui des bourrelets pédonculaires analogues à ceux 

des Loranthacées. 

M. Bâillon décrit ensuite deux nouveaux genres : Stolidia et Lavallea, Le 
Stolidia [St. Mauritiana H. Bn) est fondé pour des plantes rapportées de Tîle 
Maurice par Commerson ; il se distingue dans les Olacînécs par sa corolle a 
préfloraîson imbriquée. Le genre Lavallea [L. philippinensis H. Bn, Cum. 
exsicc. Vf 8Zt8; L.zeylanica H. Bn,Thw. exsicc. n** 1237), est une Santalacée 
à fleur pentamère complète. L'auteur montre plus loin les rapporls étroits qui 
unissent les Santalacées aux Olacinées. Les Strombosia peuvent être définis 
des Lavallea à ovaire supère, et les Hensloivia des Lavallea asépales. 
VBenslowia heterantha appartient bien à ce dernier genre. Il s'occupe 
ensuite des Exocarpos, au sujet de l'ovaire desquels M. De Candolle était 
demeuré dans une grande indécision ; M- Bâillon considère comme des sacs 
embryonnaires de longues cellules qui se développent au fond de la loge ova- 
rienne, se dégageant du centre d'autres cellules basiliaires qui forment un 
ovule dressé et réduit au nucelle. Ces sacs embryonnaires s'allongent de 
bonne heure par leur partie supérieure, et chacun d'eux constitue ainsi un 
grand poil creux qui s'insinue de bas en haut dans l'orifice supérieur de 
J'ovaire; c'est dans son extrémité supérieure que Fembryon se forme. — Le 



I 



114 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



genre Cansjera ne diffère des Opilia que par un caractère de niiniilië Valenrj 
la forme du réceptacle floral. Les Opilia , et par conséquent les Groutia, ont 
aussi le gynécée des Cansjera. — L'organisation du Lepionurus silv€Stri$ 
Bl. est encore très-analogue. ^^ Les Anthobohts, malgré leurs grandes affi- 
nités avec les Exocarpos^ qui les rattachent aux Santalacées, Sont intime- 
ment unis aux Loranthacées, Leur ovaire se compose en effet d'une paroj 
épaisse renfermant une cavité centrale de la base de laquelle naît, dans un 
bouton très-jeune, un petit mamelon conique formé dd cellules lâchement 
unies et plus allongées dans le sens vertical que transversalement. M. Bâillon 
signale Tanalogie de la fleur femelle de VAnthobolus avec « le prétendu ovule 
nu des Conifères >:. L'auteur disiîute ensuite les différentes opinions produites 

^ - 

sur la structure de l'ovaire du Gui ; il se range à celle de M. Hofmeisten 



* 9 



+ '■\ 



fî. F. 



*.- 



h 



^ 

Ruhw»; par M. l'abbé Cha- 

session, t. III). 



Tirage à part en brochure m-8° de Uk pages. Bordeaux, 1863. 






Ce travail débute par quelques considérations générales sur l'espèce, dans 
lesquelles l'auteur se montre également éloigné des restrictions de l'école lin- 
néenne et des exagérations de l'école nouvelle, et qu'il applique surtout à 

-l'étude des genres difficiles. A cet égard, il faut, dît-il, avec des moyens arti- 
ficiels, il est vrai, mais sagement calculés et mûrement réfléchis, arriver à un 

.arrangement systématique qui puisse, à défaut de certitude absolue, donner 
une certitude morale de la bonté de l'espèce. Étudiant les moyens qui per- 
mettent d'arriver à cette certitude morale, il signale en premier lieu le faciès, 
ensemble des signes qui manifestent l'espèce^ sorte de miroir fidèle où se 

-reflètent les différences intimes et caclïées des espèces voisines; en second 
lieu, la diffusion géographique et géologique de l'espèce, et enfin les carac- 
tères que Fries appelait caractères biologiques, c'est-à-dire J'attitude de Ta 
plante, son mode de croissance, l'époque de floraison, etc. 

+ 

L'auteur arrive ensuite à l'application des principes qu'il a posés, et à la 
description des espèces. Son but est seulement de prouver qu'il en existe 
d'excellentes dans le genre Rnbus^ mais non de faire une monographie com- 
plète, ni même une flore locale. Il décrit à ce point de vue quinze espèces du 
genre, pour lesquelles il a souvent adopté des noms récents dont il était cer- 
tain, sans faire pour le moment des recherches synonymiques qui eussent 
nécessité une grande dépense de temps ; ce sont les suivantes : Rubus divari- 
eatus Ph. Mucll, IL nitidus W. et N., M, fallax Ghab. et Ph. aiuell., /?. 
discolorVf. etN., R. phyllostachys Ph. Muell., R. septorum Ph. Muell., 
vestitus W. et N., /?. Chaboissœi Ph. Mue»., R. Genevierii Bon, 



R. vestitus 

R. discerptus Ph. Muell., /?. bicolor Ph. Muell 



;Jiab. (sp. nov.). H- 



I 



I 



I 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE* 115 

adenoleucus Chab. {R. serpens Godr. pro parte), J{. ffolandrei Vh. Muell., 
{lî. WahlbergiiGoàv. et Bor.). R, thamnocharis Ph. MuelL , et R, cœsius L. 

La description de ces quinze espèces est précédée d'un tableau dichotomique 
qui conduit à leur détermination. ^ 

Dans un troisième chapitre, I*auteur passe à l'examen des caractères des 
RubuSy et examine successivement le turion, la tige florifère, la fructification 
et l'iiabilat Le turion présente sept caractères étudiés successivement par 
Fauteur: la direction, Tangulation, les aiguillons, les glandes, les feuilles, les 
pétiples et les stipules; la tige florifère en présente sept autres : les rameaux, 
les feuilles, l'inflorescence, les sépales, les pétales, les organes sexuels et 
l'époque de floraison; la fructification cinq : l'attitude du calice fructifère, 
les carpelles, le réceptacle, les akènes et l'époque de maturation. 

De toutes les considérations quMl a émises ressort évidemment, pour l'au- 
teur, que Ton peut baser la distinction des espèces sur des caractères véri- 
tables, pourvu qu'on ne sorte pas d'une sage réserve. 

È. F. 



iAuatr^ mé 



î L 



Société Linnéenne de Bordeaux, t. XXIV, 2® livralâdn.) Tirage à part en 
brochure in-8° réunissant les quatre mémoires chaCUh avec une pagination 
distincte. Bordeaux, ÎO novembre 1862. 

F 

Les mémoires compris dans cette publication sont intitulés : Autonomie 
réelle du genre Schufia Spach ; JVotes sur une publication récente de M. D. 
Clos; Vrilles de la Vigne-vierge ; et Vîtes boreali-americanœ. 

Le premier de ces mémoires a pour objet de rétablir le genre Schufia Spach 
qui n'a pas été adopté, et qu'Endliçher a considéré comme une simple sec- 

r 

tlon du genre Fuchsia. M. Spach n'a pas décrit les fruits, qui mûrissent 
rarement en France, et que M. Des Moulins a observés. Il copie la descrip- 
tion donnée du genre Schufia par M. Lemaire dans la Flore des Serres^ en 
18/i8, et publie ensuite la sienne; on y remarque que la préfloraîson est 
valvaire; et que les graines sont triangulaires-arrondies, aiguës à la base. 



'fi 



fi 



Sch. macropetala {Fuchsia macropetala Presl). 

La publication de M. Clos, dont parle lM. Des Moulins, est intitulée ; Fssai 
sur la végétalion d' Ussat [Ariége] ; elle a paru dans le tome I" de la Revue 
des sociétés savantes (sciences mathématiques, physiques et naturelles). 11 y 
est question d'une galle du Pistacia Terebinthus ressemblant à de larges 
siliques terminées en pointe, que M* Clos a trouvée aux environs de Cahors, 
et que M, Des Moulins possède récoltée au sommet du Puy d'Issolu (Corrèze). 
Le Musée de la Faculté de médecine de Paris renferme aussi des échantillons 
de cetie galle ; elle est produite par VAphis TerebinthL M. Des Moulins montre 



116 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 

qu*elle provient de la transformation d'un bourgeon. Il donne ensuite quel- 

i ta 

ques détails sur les galles semi-lunaires portées par les folioles du même Pis- 
iacia. Puis il s'occupe de quelques pélories de Lînaîre, et de la ques- 
tion si controversée de l'influence chimique du sol sur la végétation, à propos 
du sol sur lequel croît naturellement le Pteris aquilina. 

Le quatrième mémoire de M. Des Moulins est intitulé : Note sur une pro- 
priété singulière des vrilles de la Vigne-vierge {Ampélopsis quinquefolia 
Mich.). Il a remarqué depuis longtemps que cette Ampélidée adhère aux ' 
hautes murailles sur lesquelles elle s'élève par le moyen de ses vrilles ; ces 

t 

organes sont pour cela modifiés, raccourcis, épaissis en forme de grilfe pin- 
uatifide et plus ou moins régulière, dont chaque doigt se termine comme 
celui d'une rainette, et, au lieu d'ongle, par une pelote charnue de suçoirs 
apparemment visqueux, qui se colle à la pierre et s'insinue entre les molécules 
de sa surface avec une si vigoureuse ténacité, que, lorsqu'on arrache la griffe, 
ce n'est pas la peloUe qui reste adhérente au mur, mais bien une petite quan- 
tité de détritus de la pierre calcaire qui restent inséparablement adhérents à 
la pelote arrachée. M- Des Moulins ajoute que ces organes ont été nettement 
appréciés par MM. Asa Gray et Chapman, et qu'ils ne se développent pas 
constamment. Des croquis dus à M, Lespinasse, et intercalés dans le texte, 
représentent différents états des vrilles étudiées par l'auteur. 

Enfin le fascicule est clos par une monographie des Vignes de l'Amérique 
du nord, rédigée par M. Elias Durand, et précédée d'une introduction due à 
M. Ch. Des Moulins. Dans l'introduction, le président de la Société Linnéeune 
de Bordeaux expose l'intérêt qui s'attache à l'étude des Vignes américaines, 
qui passent pour plus vigoureuses que nos cépages attaqués par une maladie 
funeste, et qui pourraient peut-être les remplacer dans certaines localités. Il 
rappelle que, depuis les travaux de Rafinesque, le major Leconte a publié en 
1853, dans les Proceedings de l'Académie de Philadelphie, une monographie 
des Vignes américaines, daas laquelle il a admis, selon M. Durand, un trop 
grand nombre d'espèces ; il signale aussi les publications qui ont été faites 
l'année dernière, dans le Bulletin de la Société d'Acclimatation^ par M. Du- 
rand lui-même, au sujet du parti qu'on pourrait tirer en France des cépages 
américains. M. Des 3Ioulins fait ensuite connaître ce que lui a appris la cor- 
respondance d'un savant cryptogamiste américain, M. Ch. Sprague, touchant 
les parasites des Vignes des États-Unis, auxquels les botanistes américains 
n'ont jusqu'à présent reconnu aucune influence fâcheuse. M. Des Moulins fait 
ensuite une analyse sommaire de l'ouvrage de M. Robert Buchanan, intitulé : 
The culture ofthe grape^ and vnne-making (Culture de la Vigne et fabrica- 

r 

lion des vins), d'après la neuvième édition. M. Des Moulins conclut de cette 
analyse qu'il n'existe pas de différences très-considérables entre la moyenne 
du climat des États-Unis et la moyenne du climat de l'Europe vinicole, non 
plus qu'entre l'ensemble des méthodes de culture qui réussissent aux États- 






i 



. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. ^17 

F 

4 

Unis et Tensemble de celles qui réussissent en Europe, ni par conséquent 
entre la nature, le tempérament, ridiosyncrasie, en un mot, des Vignes amé- 
ricaines et des Vignes européennes; on peut donc, dit-il, en général, et avec 
de bonnes chances de succès, cultiver au moins certains cépages américains 
en Europe. — Enfin M. Des Moulins expose les variations de la classification 
générique des Ampélidées américaines ; il soutient que le genre Cissus doit 
être maintenu et que le genre Ampélopsis ne doit pas l'être. 

La monographie de M. Durand admet le seul genre Vitis^ divisé en Vîtes 
VER^ (F. LabruscaL.^ œstivalis Mich., caribœa DC. , candicans Engehn. , 
cixliformca Benlh. , /^orrfz/o/mMîch., rotundifolia Mich. , rupestris Sch^^lç^ 
monticola Buckl. , Lince ç umii ^ncV\.) ; et pseudovites (F. indivisa Vers, ^ 
mc/^a Nuit,, acida L., hipinnata Torr. et Gray, hederacea AVilld.). (lotte 
deuxième section répond au genre Cissus. M. Durand ajoute des détails sur les 
applications économiques des diverses races fournies par ces espèces, et 
M. Des Moulins indique quels noms botaniques doivent porter, suivant lui, 
les espèces de la deuxième section, qu'il fait rentrer dans le genre Cissus. 



E. p. 



BOTANIQUE APPLIQUÉE. 



lie Jardiu fruitier Au Muséuiti^ ou Iconographie de toutes les 

espèces et variétés d'arbres fruitiers cultivés dans cet établissement, avec 

leur description^ leur histoire^ leur synonymie^ etc.; par J. Decaisne 

[k^\ol, livr. 62-^8). Paris, 1860-61. Chez Firmîn Didot frères, fils et 
C^% rue Jacob, 56. 

r 

r 

r 

1 

Nous continuerons de faire connaître les variétés de fruits décrites par 
M. Decaisne, en suivant Tordre des livraisons de son magnifique ouvrage. 

hT livraison. — Poire Petit-Oin : fruit d'automne, moyen, malifortne 
ou turbiné, obtus, à peau jaune ou jaune verdâtre, parsemée de points et de 
quelques taches fauves, quelquefois légèrement teintée de rose au soleil ; à 
queue droite ou un peu courbée ; à chair blanchâtre, fondante, sucrée-acidu- 
lée, relevée. — • A bronzée : fruit d'hiver, gros ou moyen, oblong ou pres- 
que cylindrique, obtus aux deux extrémités, à peau jaunâtre, presque tota- 
lement recouverte de taches olivâtres ou bronzées, lisses ou finement 
réticulées; à pédoncule court, renflé et charnu ù son insertion sur le fruit ; a 
chair ferme, sucrée-acidulée, parfumée, fenouillée. — A Cornemuse : fruit 
d'été, petit, allongé, à peau jaune, lisse, presque dépourvue de points, ou 
mi-partie jaune et rouge-brillant; à queue se continuant avec le fruit, remar- 
quablement charnue et toujours accompagnée de plis circulaires , droite oa 
arquée ; à chair blanchâtre, ferme, de mi- cassante, très-sucrée, fort agréable. 
P. Moiré : fruit d'automne, piriforme, ventru et turbiné ; à peau jaune, 

parsemée de points et de nombreuses taches ferrugineuses; pédoncule situé 



^ ■ - 



1^ 



118 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

à fleur de fruit ou légèrement enfoncé, cylindrique et charnu ; chair très- 

m 

fondante, sucrée-acidulée, parfumée. 

&3* livraison. — Poire Nouveau- Poiteau : fruit d'automne, gros ou 
très-gros, oblong, à peau vert-olivâtre, presque complètement recouverte dé 
taches fauves, gercées ou rudes ; à queue de longueur variable, droite ou 
oblique, souvent insérée en dehors de Taxe du fruit ; à chair verdâtre, 
remarquablement fine, fondante, très-juteuse, mais peu relevée. — P. Orange^ 
rouge: fruit d'été, moyen, arrondi ou turbiné^ vert -pâle ou jaunâtre à 
l'ombre, lavé de rouge-laqueux au soleil ; à queue assez grosse, plus ou moins 
enfoncée dans le fruit et entourée de petites protubérances ; à chair demî- 
cassante, sucrée, parfumée. — P. Gouhault : fruit de fin d'été, moyen, arrondi 
ou maliforme, déprimé aux deux extrémités, vert-pâle ou vert-jaunâtre, lisse; 
k queue droite, légèrement enfoncée ; à chair très-fine, juteuse, parfumée. 
P. Sixe : fruit d'automne, vert, lisse, arrondi ou ovale, aminci du côté 
de la queue, qui est droite ou arquée, renflée et accompagnée d'une tache 
brune à son insertion ; à cliair verdâtre, très-fine, fondante, très-juteuse; 
suci'ée, peu relevée. 

kk^ Hvraison. — Poire J^pi^e d'été : fruit d'pçé, moyen ou petit, turbiné, 
à queue droite ou un peu oblique ; à peau verte ou vert-jaunâtre, fine, par- 
semée de très-petits points olivâtres et ordinairement dépourvue de taches ; 
à chair blanche, fondame, très-juteuse et musquée. — P. Louis- Philippe : 
friiît de fin d'automne, gros, oblong ou piriforme; à peau terne, jaune-pâlc 
ou légèrement olivâtre, parsemée de gros points et de taches fauves un peu 
rudes; œil grand, à fleur de fruit ; chair blanchâtre et ordinairement assez 
sèche. — Fraisier de Bargemon [Fragaria Majaufea Duch. , F. Hagen- 
bachiana Koch) : fruit petit, arrondi, rouge, violet-vif du côté du soleil, 
jaune-verdâtre lavé de violet du côté de Toiubre; chair très-pleine, verdâtre, 
fondante, ayant beaucoup de rapport avec celle du Brugnon, très-juteuse, d'une 
saveur analogue à celle de la Framboise. La description de celte espèce est 
accompagnée d'une note de M. J. Gay, lequel, revenant sur une opinion for- 
mulée antérieurement par lui, dit qu'il soupçonne très-fortement le Fragaria 
Hagenbachiana de n'être qu'un hybride des F. vesca et F. coltina. 
du Chili [Fragaria chilensis Duch.}: fruit dressé, très-gros, en forme de 
cône obtus ; peau luisante, d'un rose jaunâtre, pâle du côté de l'ombre et d'un 

rf 

rose assez vif du côté du soleil ; graines brunes , grosses et saillantes ; chair 
légère,. assez juteuse, peu sucrée et peu parfumée (1). 

û5* livraison. — Poire Angleterre d'hiver: fruit d'hiver, piriforme, 
ventru, à peau vert-pâle ou vert-jaunâtre, parsemée de gros points et de 
taches ou de marbrures fauves ; à queue de longueur variable, arquée, insé- 
rée â fleur de fruit; à chair cassante, juteuse, sucrée; fruit à cuire. 



Fraisier 



(1) Les Fraisiers ont été traités par M»"» L. Vilmorin, 



' REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, llp 

P. Franc- Ré al: fruit d'hiver, moyen, arrondi, vert-jaunâtre, terne, par- 
semé de gros points et taché de brun autour de la queue et de l'œil ; à queue 
légèrement renflée aux deux extrémités, placée à fleur de fruit; à chair cas- 
saiite ou demi-cassante, sucrée ; fruit à cuire. — P. de Saint-Lézin : fruit 
d'automne, allongé, à queue assez longue, arquée, insérée en dehors de l'axe 
I du fruit; à peau un peu rude, terne, jaune-olivâtre, parsemée de nombreux 



points 



P. Audibert : 



fruit d'hiver, turbiné ou arrondi, légèrement bosselé; à peau Usse, yert- 
jaunâlre, légèrement lavée de rouge du côté du soleil, parsemée de très-petits 
points fatives ; à queue droite, renflée à son insertion sur le fruit ; à chair 
blanche, cassante, sucrée, peu parfumée ; fruit à cuire. 

h%^ livraison. — Poire Calebasse : fruit d'automne, allongé ou oblong, 
bbtus, bosselé, à queue droite ou oblique, plus ou moins épaisse; à peau 

r 

lisse, d'abord jaune-olivâtre, passant au jaune-ferrugineux à la maturité ; à 
chair demi-fondante ou cassante, légèrement parfumée. — P, Sarrazin : 
fruit d'hiver, phiforme, moyen ou petit fîi peau jatme-ocreux, lavée de 
rouge du côté du soleil, parsemée de petits points bruns; a queue droite ou 
arquée, assez épaisse et renflée à son insertion sur le fruit; à chair cassante, 
acidulée-sucrée. — P. des Invalides: fruit d'hiver, piriforme-oblong, moyen, 
déprimé ou arrondi ; a queue droite ou oblique, grêle ou charnue, enfoncée ■ 
dans le fruit, qui présente ordinairement de ce côté de grosses protubérances; 
à peau vert-jaunâtre, lisse, parsemée de petits points ; à chair blanche, cas- 
s^ilUfi, sucrée ; (rqjt à cuire. — P, ^ucré-vert : frqit d'automiie, moyen ou 
petit, turbiné, à queue droite ou oblique, placée à fleur de fruit; h peau 
toute verte, lisse, parsemée de très-petits points, ordinairement dépourvue 
'de marbrures ; ^ chair verii^tre à la circonférence, fondante, §i|crée, par- 
fumée. 

kV livraison. — Poire Willermoz: fruit de fin d'automne ou d'hiver; 
gros, piriforme, souvpnt un peu bosselé, à peau jaune, légèrement lavée de 
vose du côté du soleil, parsemée de poinls fauves ; à pédoncule renflé et 

■ 



pe 



juteuse et peu parfumée. — P. Œuf-de-Cygne : fruit d'hiver, mo 
arrondi ou ovoïde, légèrement déprimé aux deux extrémités ; à peau jaune- 
verdâtre ou jaune-indien, lavée ou faiblement flagellée de rouge-brique du 
côté du soleil, parsemée de nombreux points bruns ; à chair blanche, ferme, 
assez juteuse et un peu musquée. — A de Saint-Gall: fruit d'hiver, oblong, 
aplati ou déprimé aux deux extrémités ; à peau terne, bronzée ou plus ou 
moins teintée de brun-violâtre, parsemée de petits points et de marbrures 

V 

fauves ; à queue longue , grêle, cyHndrique ; à chair cassante, jaunâtre, peu 
juteuse et sucrée; fruit à cuire. — P. Bonne-Malinoîse : fruit de fin d'au- 
tomne, moyen, turbiné, obtus ou arrondi ; à peau de couleur jaune-olivâtre, 

parsemée de gros points et de nombreuses marbrures ferrugineuses un peu 



120 SOCIÉTIÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

rondes; à queue arquée, ordinairement insérée dans une légère dépression 
irrégulière ; h chair irès-fine, fondante, parfumée. 

[\S^ livraison. — Poire Snzette de Bavaij : fruit d'hiver, moyen, arrondi, 

à 

présentant ordinairement des protubérances autour de Tceil; à queue droite, 
grêle, légèrement enfoncée dans le fruit ; à peau lisse, jaune, unicolore ou 
faiblement lavée de rouge au soleil, marquée de quelques petites taches 
fauves ; à chair ferme ou demi-cassante, sucrée, peu parfumée. — P. Espe- 
ren: fruit d'hiver, moyen ou gros, arrondi ou déprimé; à queue droite ou 
arquée, cylindracée, brune; à peau jaune ou jaune-verdâtre, terne, pai'semée 
de gros points fauves et souvent marquée de taches brunes autour du pédon- 
cule ; à chair blanche, très-fine, fondante, très-juteuse et parfumée. 
P. Mansuette: fruit d'hiver, gros, piriforme-ventru ou turbiné, îrrégulier, à 
peau jaunâtre, terne, parsemée de gros points ainsi que de marbrures brunes; 

b 

à queue droite ou oblique, renflée et plissée à son insertion sur le fruit; à 
chair cassante, sucrée, peu parfumée ; fruit à compote. — P^ de Dame : 
fruit d'automne, turbiné, arrondi, moyen; à queue longue, droite, cyUndra- 
cée; à peau lisse, verte ou vert-jaunâtre, parsemée de petits points bruns ; à 
chair blanche, d'apparence grossière, peu juteuse et peu parfumée. 

Ce volume se termine par la liste synonymique des fruits publiés en 1860 



/' 



B. F. 



NOUVELLES. 



M. Virlet d'Aoust, mgénieur des mines, a récolté au Mexique, dans la 
province de San Luis de Polosi, en 1851, des collections de plantes qui sont 
actuellement étudiées pour être prochainement distribuées en centuries et 
mises en vente. Ces collections sont parlîculièrement riches en Fougères et en 
Composées. 

M. Eugène Simon a fait connaître dernièrement, dans le Bulletin de 
la Société d' Acclimatation^ une nouvelle espèce de Pin, originaire des 
montagnes du ïhibet, et nommé en Chhie Pei-Go-Song. Le tronc et les 
branches en sont d'un blanc d'argent éclatant. Les Chinois recueillent avec 
soin l'écorce qui s'en détache, la pulvérisent, et, en la mélangeant avec de 
l'huile, en font un onguent qu'ils emploient contre les maladies de la peau. 

La culture du Quinquina a été essayée par les Anglais dans Tlnde, non- 
seulement dans les Nilgerries, comme nous l'avons fait connaître il y a plu- 
sieurs mois, mais encore à Darjeeling, station située non loin de la haute 
chaîne de l'Himalaya et sur les monts Khasia. 

On s'occupe au Canada de cultiver diverses espèces d'Asclepias^ dans 
l'espoir d'en extraire une matière textile qui puisse suppléer au défaut du 
colon. 



Pari». *— Imprimerie de E. Martinet, rue Mignon, St. 



N 



t 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE 



/ 



\ \ 



DE FRANCE 



• .- 



SÉANCE DU 13 MARS 1863. 



PRÉSIDENCE DE M. E. COSSON. 



la séance du 27 février, dont la rédaction est adoptée. 



verbal 



de 



de 



M. Pesty-Rémond, à Porchéfontaine près Versailles, présenté par 

MM. Guilloteaux-Vatel et Chatin. 



4 

M. le Président annonce en outre deux nouvelles présentations. 
Lecture est donnée d'une lettre de M. Vénance Payot, qui remercie 
la Société de l'avoir adinis au nombre de ses membres. 



Dons faits à la Société : 



1** De la part de M. Vénance Payot : 



r 1 



Guide du botaniste au Jardin de la Mer-de-ylace^ 

Végétation de la région des neiges. 

Catalogue phytostatique des plantes cryptogames cellulai7'€s^ ou Guide 
du lichénographe au Mont-Blanc. 

e 

Catalogue des Fougères^ Prêles et Lycopodiocz-es des environs du 
Mont-Blanc. 

Observations météorologiques faites à Cliamonix. 

2° De la part rie M. D. Clos : 

Catalogue des graines du Jardin'des-planlcs de Toulouse, 1862. 



T. X. 



y 



122 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

5** De la part de M. Ferdinand Cohn : 

Berichte ueber die Verhandlunyen der bolanîschen Section des Schle- 
sischen Ve7^eins in den Jahren ^858, 1859 und 18Q0, 




% * k 



ericht uebex 4iç Thffiligkeit d^r botan\schenSectioï\ des Schje^isçhen 
Vereins im Jahre 1861. 

4° De la part de M. Carrière : 

Réfutation de divers articles de M. Giiyot sur la cidture de la Vigne. 

5° De la part de M. le docteur Sclmllz-Bipontinus : 

Achtzehnter und neunzehnter Jahresbericht der Pollichia^ 

G'' De la part de la Société d'Horticulture de la Haute-Garonne : 

Annales de cette Société ^ novembre \S^% 

■ 

7° En échange du Bulletin de la Société : 

Linnœa^ Journal faer die Bolaniky t. XV, livr. 3, 5 et 6. : f 

Flora oder allgemeine botanische Zeituny^ 1862, u°^ 1 à 10 el 29 à 37. 

f r ■ 

Botanische Zeitung^ 1861, k"" trimestre; ^862, l'^'^ et k^ trimestres. 
Pharmaceutical journal and transactions^ mars 1862. 
Bulletin de (a Société impériale zoologique d'Acclimatation^ jan- 
vier 1863. 

Annuaire de la Société impériale zoologique d'Acclimatation^ 1863. 
L'Institut^ mars 1863, deux numéros. , 

M. Duchartre présente à la Société des cônes de Séquoia gîganiea 
et donne à ce sujet les détails suivants : 



B' 



? 



, PRÉSENTATION DE CONES DE SEQUOIA GIG ANTE A Endl, par M. P. DUCHARTBE. 

J'ai rhonneur de mettre sous les yeux de la Société des cônes de Séquoia 
gigantea Eudl. ( Wellingtonia gigantea Lindl) qui ont été produits dans les 
belles plantations de M. de Vibraye. II y a fort petr de temps que ce bel arbre, 
le géant des végétaux connus, a développé pour la première fois sa fructification 
eu France; rajilheureuseinent le développement en a été imparfait cette fois 
encore, puisque sur trcnie-neuf cônes femelles il n'y a eu qu'un seul cbaton 
mâie qui soit arrivé à Télat parfait et qui ait donné du pollen. Ce chaton mâle 
s'étant trouvé sur l'arbre notablement plus bas que les fleurs femelles, la 
fécondation n'a pas eu lieu"; aussi j'ai pu m'assurer qu'aucune graine ne ren- 
ferme d'embryon. Les cônes n'ont pas d'ailleurs atteint les proportions aux- 
quelles ils arrivent dans le pays natal de l'arbre, car, au lieu de 6 ou 7 centi- 

m 

mètres de longueur, ils n'en ont pas plus de 3 à /». Leur production a eu lieu 
sur un arbre encore bien jeune, puisque l'espèce n'a été introduite qu'en 



» 



SÉANCE DU 13 MARS 1863. 



123 



1854 ^R AwgleleiTe par le voyageur-botaniste Lobb^ et Tannée suivante en 
France par M, Boursier de la Rivière, consul de France en Californie. Tout 
porte à croire que cet arbre fructifiera désormais annuellement, et que, sans 
doute, produisant uq nombre de plus en plus considérable de fleurs maies, il 
ne lardera pas à féconder ses fleurs femelles et à donner, par suite, de bonnes 
graines. Il n'est peut-être pas inutile de faire observer que le Séquoia 
giganteay dont on à trouvé des pieds hauts àë 400 et nî^më /i20 pîeds anglais 
(l26 et 132 m,), hauteur à laquelle n'arrive aucun autre végétal Connu, a des 
graines longues à peine de â ou 4 millimètres et qu'il fructifie même très-pèu 
abondamment à l'état Spontané. Aussi racoiilé-t-ôiï qtiè M. Wlilârai Mufrâ^ 
qilî, en 1859, fil un voyage dans le but unique de se procurer des graines de 
cet arbre, ayant employé pendant plusieurs journées un excellent chasseur à 
tirer à^s coups de fusil pour eu abattre des cônes, ne parvint à s'en procurer 
P^r ce laoyen qu'une quantité qui, seloij son çxpressjon^ serait enlvée saoç 
peine dans la poche d'un gilet. 

On n'a connu pendant plusieurs années qu'une seule localité QU existât^ çn 
Californie, le Séquoia gigantea. Elle est située à la source des rivières Sta- 
nislas et San-Ahfônîo, par 122° 30' de lôiîgîturfé dccidérifaïe (méridien de 
Paris) et 38** de latitude nord, à une altitude de ZioOO pieds anglais, c'est- 
à-dire 1^17 mètres au-dessus du niveau de l'Océan. Cette espèce y' forme ùh 
petit bôîs nommé dans le pays Calaveros grove, et que les Anglais ont appelé, 
depuis sa découverte, Mammoth-tree grave, ou àois des arbres géants. On y 
comptait, il y a deux ans, 92 de ces arbres. Ce bois et les arbres qui le for^ 
ment ont été visités et décrits plusieurs fois. Il y a peu d'années qu'on en a 
découvert deux autres bois plus considérables : l'un à Mariposa, l'autre à 
Fresco; le premier comprend 400 arbres, tandis qu'on en compte environ 

M I 

600 dans le second. — Les proportions moyennes des Séquoia gigantea qui 
existent dans ces trois localités sont une hauteur de 100 mètres et une circon- 
férence de 30 mètres au niveau du sd. L'énorme tronc de ces arbres s'élance 
en colonne nue jusqu'aux deux tiers environ de leur hauteur totale, ou jusqu'à 
66-70 mètres environ. Il est bon de dire que, même dans son jeune âge, 
cette Conifère se fait remarquer par l'épaisseur considérable qu'a son tronc 
relativement à sa hauteur. 



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1 

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! 



M. Duchartre entretient ensuite la Société de quelques phéno- 
mènes que présente la floraison forcée du Lilas blanc, et des résultats 

r 

c^n'a donnés une expérience pratiquée, sur ses indications, par 
M. Fournier, jardinier au chdteaude Rocquencourt (Seine-et-Oise). 
A la suite de celte communication, plusieurs membres proposent 
diverses hypplhêses pour expliquer la nori-coîoration des fleurs du 
Lilas forcé en hiver» 



, « 



i2à SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

M. Ghatin est disposé à admettre que la rapidité du dévelop- 
pement des fleurs est une des principales causes de l'absence de 
coloration. 

" M. Ramond demande si la température élevée de la serre ne serait 
pas plutôt la seule cause de la non-coloration. 

M. Duchartre fait remarquer que l'on ne parvient jamais à 

blanchir le Lilas-de-Perse, non plus que le Lilas-Saugé, et que 
l'action des agents extérieurs, quelle qu'elle soit, n'est pas la même 

sur les diverses espèces ou variétés de Syringa. Répondant à 
M- Ramond, il dit qu'ordinairement on ne voit guère, chez les 
végétaux, la chaleur s'opposer au développement d'un principe 
colorant, et que d'ailleurs la température ne s'est pas élevée à plus 
de 15 degrés dans l'expérience dont il vient de parler. Il ajoute qu'il 
n'a jamais vu de Lilas ordinaires dont les fleurs développées en 
serre fussent colorées. 

M. Cosson dit que l'un des moyens d'éclaircir cette question serait 
peut-être d'essayer de blanchir le Lilas vers l'époque ordinaire de 
sa floraison. 

M. J. de Seynes dit qu'il a vu dans une mine, i 80 mètres de 
profondeur, un Agaric coloré en brun; il se demande si l'ab- 
sence d'ozone ne serait pas une des causes de l'absence de colo- 
ration. 

M. Bureau, vice-secrétaire, donne lecture de la communication 

suivante, adressée à la Société : 



CAREX 



par M. J. I»UVilIi. JOUVE« 

(Strasbourg, 14 février 1863.) 

A la description de son n** 74, Carex verna, Schkuhr ajoute: « Peut-être 
» pourrail-on lui rapporter les synonymes suivants : 

» C filiformis, var. y Leers Berborn. p. 204. Scheuchz. p. 628. 

» C. obesa AIL FI. ped. n** 2330, Hall. BisL n^ 1387. » 

Le premier synonyme a été souvent reproduit, et, à ma connaissance du 
moins, sans aucune expression ni aucun signe de doute. Et pourtant il est 
entièrement fautif. Leers a réuni sous ce nom filiformis (quMl rapportait à 
tort au même nom linnéen) trois « variétés », qui sont trois espèces dis- 
tinctes, très-reconnaissables toutes trois aux excellentes figures qu'il en a 

données (pi. XVI, fi^. 5, 1, II, III), et a ses descriptions assez complètes. La 



SÉANCE DU 13 MARS 1863. 125 

var. à minot% fig. 5, I, esl le C. prœcox; la var. (3 major^ fig. 5, III, est le 
C. polyrrhiza^ et la var. y media^ fig. 5, II, est le C. pilulifera. Leers dit 
positiveiTient, dans la description générale de son espèce, « capsulas subhirlae », 
p. 201, et si la présence des mots nitida et duplo majores^ dans ce qu'il 
dit de la var. y, a pu faire illusion, c'est qu'on n'a pas suffisamment remarqué 
que ces mots sont destinés à décrire, non la forme normale, mais un état 
maladif auquel est sujet le C. pilulifera. Voici le texte de Leers : « Var. y... 
» Capsulae in hac saepe ustilagîneaé, globosae, crusta cinerea, nitida, induratœ, 
« duplo majores. -> M. Godron a signalé lui-même une des plus singulières 
déformations que la présence d'un Uredo détermine fréquemment sur cette 
espèce, qu'elle rend méconnaissable [FL de Fï\ III, p. l\\lx). 

Le doute n'est donc pas permis sur l'erreur commise par Kunth {Cyp. 
p. hh^). Mais cette erreur en engendre une autre, celle du synonyme de 
Scheuchzer, p, 428, et de celui de Haller, n^ 1387; car c'est précisément 
Lèers qui a rapporté ces deux synonymes à sa var. y, p. 200, en affectant, 
il est vrai, celui de Haller d'un?. Et ce sont à leur tour ces deux synonymes 
fautifs qui amènent chez Schkuhr la citation fautive du synonyme d'AUioni. 
En effet, ce dernier auteur, donnant ^ un certain Carex le nom obœsa (sic), 

+ 

n'ajoute à ce nom aucune description propre, et cite seulement les phrases de 
Haller, n^ 1387, et de Scheuchzer, p. /i28. 
Ainsi Schkuhr a cité par erreur le Carex fiiiformis y de Leers; celui-ci 

1 

rattachait à sa plante les numéros de Haller et de Scheuchzer, et, comme ces 
numéros constituaient toute la diagnose du Carex obesa AH., ils ont néces- 
sairement altéré chez Schkuhr et ses reproducteurs la citation de ce dernier 
synonyme; le tout repose donc sur la méprise de Schkuhr. 

Reste à voir si par hasard, au-dessous de cette méprise, subsisterait un 
élément de vérité, savoir : 

1* Si les synonymes de Haller et de Scheuchzer se rapportent à une même 
espèce; 

2** Si cette espèce est bien le Carex nitida Host, 'auquel cas, malgré 
rexcellence de la figure et de la description de cet auteur, le nom imposé 
par lui devrait disparaître devant la priorité de celui d'Allionî. 

Or, 1° que Haller ait voulu comprendre sous son n° 1387, Carex spicis 
femininis sessilibus^ ternis^ capsulis ovato-triquetris^ la plante décrite à la 
p. /i28 de Scheuchzer, Cyperoides alpinum pumilum^ spicis spàdiceo- 
viridibus brevioribus et crassioribus, c'est ce que met hors de tout doute la 
synonymie affirmée par Haller, dans son Enum, stirp, Helv. p. 238, n° 18, 
dans son Hist. stirp. Helv. n® 1387, et plus expressément encore dans son 
Append. in Jos. Scheuchzeri agrostographiam^ p. 33. De plus, les traits 
principaux des brèves descriptions de Haller [Enum, p. 238, et BisL n*" 1387) 
concordent assez bien avec ceux de la longue et minutieuse description de 
Scheuchzer, e), comme |f fil§ 4p 3pheHcbzer ayajl pjs |'berbier de son pèrç 



126 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRA^XE. 

à la disposition de flaller [Append. p. 38), il y a tout lieu de croire que 
les deux botanistes suisses ont eu en vue la même plante. 

2** Mais que celte plante soit le Carex nitida Ilost, c'est ce a quoi s'oppo- 
sent l'habitat et surtout les principaux caractères que lui attribuent ses 
auteurs. L'un et l'autre en effet lui donnent le vaste habitat d'une espèce 
répandue « in alpibus helvettcis » ; ce que dément Gaudin en combattant le 
nom Cof^ex olpeslris Lam.: » Nomen C. alpestris nequaquam tolerandùm 
» est cum planta non tântum nusqûam in alpibus, sed ne quidcm locis mon- 
)) lanis occurrit. » (Agrost. JI, p. 163.) Si la seconde partie de cette assfeftion 
est un peu trop exclusive, la première est complètement confirmée par tout 
ce que Host, Koch et UL Godron allèguent sur Thabitat de cettq espèce, 
flîajjs il y a plus, Scheucbzer et Haller disent positivement qu'au-dessous de 
l'épi mâle s*en trouve un second, ou entièrement maie, « adjacet exigua 
» alia », ou au moins maie au sommet, « aut pleramque partem cassa et Qori- 
« fera » (Scheuchz. p. 429). Scheuchter dit de la gaine de l'épi femelle infc-: 
rieur : « aut nulla aut vix semîtînearis », et de celle de Tépi femelle supérieur : 
«vaginula, veluti truncala, atro-fusca, in folium angustissimum , lineam 
» unam longum abiens » (p. U29) ; il dit enfin des utricules : « Utriculus viri- 
y> desccns, compressiusculus et obscure triquèter, ulrinque paulispcr mucro- 
» natus ». et de Takène : « semen ejusdem cum utriculo figurae » (p. Zi30). Il 

est impassible de reconnaître Ta les gros utricules Irigones (« fructibus subro- 
» lundo-ovatis » Kunth ; « capsulis subglobosis » Host) du Carex nitida Host, 
ses bractées engainantes, son épi mâle unique, etc. Mais on y reconnaît très- 
bien avec Gaudin une petite forme alpine du Carex vulgaris Pries, et comme 
Schleicheret Gaudin, qui avaient consulté l'herbier de Scheuchter, ont dojiné 
le nom de Carex ohesa au Carex vulgaris Pries (voy. Gaudin, Agrost. helv. 
II, p. 120, et Kunth, Cyp. p. 411), que, de plus, Schleicher faisait con- 
trôler ses plantes à Turin et qu'il a distribué le C. vulgaris Pries sous le nom 
de C. ohesa AIL, il y a, à mon avis, toute raison de croire qu'en effet le 
C. obesa Ail. se rapporte à une forme alpine du C. vulgaris et n'a rien de 

commun avec le C nitida Host. 

La vérification sur Therbier d'Allioni du type correspondant à son Carex 
obesa ferait disparaître tout doute ; malheureusement elle n'est plus possible. 
J'avais prié M. Aug. Gras de vouloir bien faire cette vérification, et, par sa 
lettre du 8 janvier dernier, notre savant confrère me fait connaître que l'her- 
bier d'AIlionî, après avoir appartenu à M. Ronnafous, est aujourd'hui possédé 
par la Société d'agriculture de Turin et déposé au jardin botanique de l'Uni- 
versité, înaîs non sans avoir jadis subi de coupables soustractions, et que, 
notamment, r^en n'y représente le Carex obesa de l'auteur piérnontais. 
M. Aug. Gras ajoute qu'il a herborisé, rapidement il est vrai, dans la localité 
classique d'Allioni sans y rencontrer le Carex nitida Host, assez répandu 
d'?n)eurs dans la plaine et spr les collines des enyirons de Turin ; que G.^F. 






E 



SÉANCE DU 15 MARS 1863. 12 



Ca 



(îite 



plus que dans celui du jardin botanique de Turin, rien ne représente le Carex 



obesa Ail. 



d 



j : 



t » 



PREMIERE 



c'est 



celui de C. alpestris Lain. [EncycL méth. IIF, p. 369) (1); malheureuse- 
ment ce même nom avait été, dès 1785, employé par Allioni pour désigner 
Tespèce c(u*en 1779 Asso avait déjà appelée Carex Halleriana. Le nom Carex 
verna donné par Schkuhr (avec d'assez mauvaises figures, cônhé son liabi- 
tude) est de 1801, comme celui de Host, mais ne peut non plus être ton- 
serve, car il avait été employé, dès 1787, par Villars (Dauph. Il, p. 204) 
polir désigner le Carex prœcox Jacq. , et en 1789 par Lamàrck {EncycL 
méth. III, p. 395) pour désigner par sa var. « le Carex stricta (test. DC. 
FL fr. III, p. llù), et par sa var. y le Carex glauca (test. DC. bp. c. 

p. 120). Aiiisi le riom de Host, Carex nitida^ devient le plus ancien qui n'ait 

pas été donné à un autre Carex (2), et doit par conséquent être conservé. 11 
me semble que la synonymie peut être établie ainsi qu'il siiit : 

1801. Carex NiTiDA Host, Gram. austr. ï, p. 53, tab. 71. 

1787. 1C. gtobula7'is\\\l Datiph. II, p. 211 (test. Godron), non L. 

1789. C. alpestris Lam. EncycL méth, III, p. 369 (non Ail.). 

1801, C. verna Schkuhr n'' 76, lab. I, fig. 46 mala, tab. Ppp, fig. 156, et 

tab. Ffff, fig. 189 non bona (non Vill., riec Lam. et excl. omi>* 

synon.). 
1806. C liparicarpos Gaud. Etr. de flore^ p. 153. 
1855. C. oboésa Godr. FI. de Fr. III, p. 609 (non AIL). 

M. Bureau présente ensuite à la Société un manuscrit en langue 
birmane, écrit sur des lames de feuilles d'un Palmier {Borassiis 
fldbelliforrnis L.). Il donne à ce sujet lecture de l'extrait suivant 
d'une lettre qu'il a reçue de son frère, à qui appartient ce manuscrit 



/ 



t 



« » 



(1) D'après M. Godron (fZ. de Fr. t. HI, p. 409), ce serait le nom Carex globularis 

Vill. {Dauph, t II, p. 211). Mais, outre que ce nom avait été déjà employé par Linné, 
la description de Vinafs : « Ép-s hérissés par les écailles et par les capsitles pointues,.., 
» épi maie très-petit, court, filiforme, ne portant que quatre ou cinq écailles brunes, » 
défend d'y voir cette espèce « à écailles femelles plus courtes que les fruits,... à 
» utricules ovoïdes brusquement contractés en lin bec court, arrondi au sommet y> 
(Godr. FI, de Fr. t. UI, p. /Î09), alors même que quelque méprise en eût placé un 
échantillon avec ce nom dans Therbier de Villars. 

(2) Toutefois il est juste de dire que Hoppe avait employé cet adjectif pour désigner 
le Carex tnucronata A\h {Bot. Tasch. 1800, p. 198); mais Fauteur lui-mcmc corrigea 
aussitôt son erreur, et ce nom, qui n'acquît sucune notoriété, ne fui pas même cité par 
Hoppe d^ns son Caricologia germanicaj 



128 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

et qui a séjourné longtemps dans FlnJe, dont il a étudié avec 
beaucoup de soin les divers idiomes : 



* * • 



EXTRAIT 



I . 



de Nantes, A M, EDOUARD BUREAU. 



» « 



Nantes, 10 mars ^863 



Le Palmier dont les feuilles servent a former les manuscrits, est connu 
vulgairement dans Tlnde sous le nom de Rondier-Loutar : c'est le Borassus 
flabelliformisàe Linné. Un faisceau de feuilles palmées couronne sa tige, qui 
s*élève de 10 mètres environ. On prétend qu'il ne donne qu'une seule fois dans 
sa vie des fruits qu'on appelle longues. Son bois a une belle couleur noire 
veinée de jaune; on le cultive plutôt pour recueillir la liqueur qui découle de 

j 

ses spalhes, et dont on se sert comme boisson, que pour ses feuilles, qui sont 
cependant d'un grand usage, soit pour écrire, soit pour confeclionner des 

éventails. 

Quand on se sert de celle feuille pour écrire , on la sépare en lames aux- 
quelles, dans rinde, on donne le nom d'olles; aussi ce genre de manuscrits 
est-il connu sous le noih de manuscrits suroUes. Ces manuscrits sont exlrê- 
mement communs dans le sud de l'Inde, principalement à la côte de Coro- 
mandel Dans les environs de Pondichéry, tous les Indiens écrivent sur olles, 
et les minutes des commissariats de police tenues par les indigènes sont 
presque toutes écrites ainsi. Ceci n'empêche pas Tusage du papier, mais ce 
dernier est d'introduction relativement récente. 

Il n'existe peut-être pas de manuscrits sur olles d'une grande antiquité, 
car, ainsi que la Société botanique peut en juger par l'exemplaire qu'elle a 
sous les yeux, ce genre de manuscrits est fragile et sujet à être dévoré par les 
insectes; mais il y a tout lieu de croire que Ton écrit sur olles depuis très- 
longtemps. Dans tous les cas, les livres sur olles sont beaucoup plus anciens 
que les autres, qui ne sont la plupart du* temps que des copies dont les origi- 
naux sont sur feuilles de Itondier. - .> 

La langue que l'on écrit ainsi à la côte de Coromandel est le tamoiU^ dont 
les caractères arrondis sont faciles à tracer au poinçon. 

L 

A Ceyian, on écrit beaucoup sur olles le cinghalais, qui est la langue 
dominante de l'île, et le pali^ qui est la langue sacrée des bouddhistes. 

Les livres ordinaires des Birmans, comme ceux des Hindous, sont corn- 
posés de feuilles de Rondier, sur lesquelles les lettres sont gravées au burin, 
mais les Birmans surpassent de beaucoup les Hindous pour la netteté et Tor- 
nemenlde l'ouvrage. Il y a, dans chaque monastère bouddhique, un dépôt de 
ces livres, conservés ordinaii^cinenl dans des boîtes de laque. 

r 

ï.es livre? en caractères palis (le pali est la langue sacrée des bouddhistes 



SÉANCE DU 13 MARS 1863. 129 



ï 



,y 



de l'empire birniau et de Siam, comme de ceux de Ceylan) sont quelquefois 
faits de minces filaments de Bambou, artistement tressés et vernis, de manière 
à former une feuille solide, unie et aussi grande qu'on le veut. Cette feuille 

^^ ^^ r 

est ensuite dorée, et l'on y trace les lettres sacrées en noir et en beau vernis 
du Japon. La marge est ornée de guirlandes et de figures en or sur un fond 
rouge, vert ou noir, 

La bibliothèque impériale de Paris possède plusieurs beaux exemplaires de 

manuscrits palis sur olles et sur feuilles artificielles. 

Deux mots maintenant sur la manière d'écrire sur les olles. 

Le Rondier-Loutar est le seul Palmier qui soit employé à cet usage, du 

moins je n'en ai jamais vu employer d'autre et je n'ai jamais entendu dire, 

ni lu dans aucun auteur, qu'on se servît parfois des feuilles d'une espèce dif- 

férente. 

L'Indien qui écrit lient l'oUe dans une main et trace de l'autre main les 
caractères à l'aide d'un poinçon. On passe ensuite du noir sur ces caractères 
pour les faire mieux ressortir. J'ai vu souvent se servir à cet effet d'une 
feuille de Bananier froissée entre les doigts, avec laquelle on frottait Toile. 

Les feuilles du Borassus ne subissent aucune préparation ; on les laisse 
sécher naturellement. Elles sont plus lisses, pfus fermes et d'une couleur plus 
également jaune à Ceylan et dans la presqu'île au delà du Gange que dans 
l'Inde même. 

Les livres tamouls sont souvent enfilés dans deux cordes, une à chaque 
extrémité, au lieu d'être serrées entre deux planchettes comme l'est mon 
manuscrit birman. On voit aussi deux petits trous dans chaque feuille de ce 
manuscrit: ils servaient à passer deux baguettes de bois pour empêcher les 
feuilles de se déplacer et pour les mieux aligner en referujant le volume. 

Je n'ai jamais entendu dire que Ton écrivît sur des écorces d'arbres, ni 
dans l'Inde, ni dans l'empire birman, à Siam ou dans les pays voisins. Je 
croîs même pouvoir afïîrmer le contraire. 



M 



1 — — ^ 1 ' - / 

Geylan étaient munis d'étiquettes faites de 



Borassus flabelllfi 



, MM. les Secrétaires donnent lecture des communications suivantes, 
adressées à la Société : ' 



NOTE DE H. Vénanoe PAYOT. 



(Chamonix, 26 févrierMSGS.) 



Mon premier devoir, en exprimant à la Société botanique de France ma 
connaissance pour la faveur qu'elle n)*a accordée en m'adœettant au nombre ' 



130 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DÉ PRÂTfCE. 

_ - ^ M 

(îc ses membres, est de lui communiquer une rectification à mon Cata- 
logue des Fougères^ Prêles et Lycopodiacées des environs du Mont- Blanc y, 
publié eii 1860. ' 

Depuis la publication de cette brochure, j'ai eu Tavanlage d'entretenir 
d^agreables relations avec le savant monographe IM. le docteur Milde (de, 
Breslau), qui a bien voulu m'éclairer de ses lumières. 

Dans mon travail (p. 15), j'ai dédié à mon savant ami de Genève, M- Reu- 

It être rapporté au /?. mat 7n cari fol inm A. Br. 



{B. rutaceum des ViUleurs). 

Quant au Botrychium rutifoltum A. Br. [B. matricariok 
eu l'heureuse chance de le recueillir de nouveau le 28 octobre 1862^ non 
loitt de la localité que j'ai indiquée dans tîion Catalogue (p. 16). Celte espèce 
est donc acquise à la flore de France. 

X ■ 

Je dois mentionner aussi deux variétés noufelles qui ne figurent pas dans 
mon Catalogue des Lichens des environs du Mont-Blanc (1). Ce sont les 
Cetraria acideata Scha^r. var. erinacea Nob, et Cctraria islandica Ach. var. 
hypoleuca Nob. J'en doililci'ai la descriplion dans une prochaine édition de 

^ 

mon Catalogue, nui contiendra un nombre presque double d'espèces ou de 
variétés inédites. -.. i ; 

M 

ri 

Je termine cette note en signalant à rattéHlioti des bryologues deux nou- 
velles espèces de iMousses trouvées dans le rayon de mes explorations scien- 
tifiques autour de la chaîne du Mont-Blanc (dont les limites sont tracées sur 
une carte qui accompagne mon Catalogue des Fougères). Ce sont les Didy- 
modon dcnticulatus Schimp. in litt. 1862^, et Brachythecium Payotianum 
Schimp. in liit. 1862. Le célèbre professeur de Strasbourg les décrira dans 
la nouvelle édition de son Synopsis^ à laquelle il travaille, et je ne puis 
mieux faire que de céder la plume à Téminent bryologue. 

r , 



\ 



DIANTHUS DELTOIDI-SILVATICUS. ^ NOTE SUR UN HYBRIDE ENTRE LE D, DELTOÏDES L. 

ET LE D. SILYATICUS Hoppe, Godr. et Gren., par M. II. liORET; '/ 

* 

(Montpellier, 27 février 18G3(.J 

/ 

4 

Encore une nouveauté, penseront avec un peu d'humeur peut-être quejques 
botanistes absorbés par 1 étude de Torganisation intime des plantes, et qui n'ont 
ni le temps, ni l'occasion de rechercher les formes inconnues que la nature i 
produites. Eh! mon Dieu, oui, encore une nouveauté, et il yen a certes bien 
d'autres que nous serions heureux de connaître, car nous ne nous croirons 
jamais trop riches, même lorsqu'il nous restera à peine le temps d'inventorier 



(1) Publié dans les Bulktins de la Société des sèiences naturelles du canton de 
Vaud, n« 47t . 



f 



SÉANCE DU 13 MARS 18fi3. 131 

nos richesses. Il est facile, nous l'avouons, de prendre le change, et rimagi-) 
nation, même dans les sciences, a le triste privilège de faire couler beaticonp 
d'encre sans que nous en soyons, hélas ! plus éclaires. Qu'on «e garde donc 
d'écrire sans une conviction pmfonde et qui ait pour base des données cer- 
taines; personne plus que nou^ ne formé ce souhait. La prudence et la 
réserve sont plus que jamais commandées, aujourd'hui qu'une déplorable 
superfétatîon a envahi la nomenclature; mais est-ce une raison pours'arréter 
quand la science iftarche, et serait-il plus sage de ^e taire quand on se croit 
' certain d'avoir rencontré une production inconnue ou que personne n'a 
mcnlîonnéc? La plante que nous avons à signaler nous paraît être de ce 
nombre, et c'est une de celles qui offrent avec évidence toutes les conditions 
de l'hybridité. Dans les genres à espèces intimement unies, çonime les Diati- 
thus, ces formes adultérines perdent en partie par la dessiccation leur cachet 
distinclif ; mais, étudiées vivantes au milieu des espèces génératrices, elles 
décèlent souvent leur origine au botaniste même le moins exercé. 

L'hybride dont nous parlons s'est montré à nous en juillet 1862, à Saint- 

Agrève (Ardèche] (1200 m, d*alt.}« Il végète aji milieu d'iin UQmbrg considé- 
rable de /). silvatîcus, et non loin du D. deltoïdes qui abonde également 

dans les mêmes prairies. La situation respective des trois plantes, autant que 

la distribution des caractères, nous a convaincu qu'il a pour mère le />. sil- 

vaficus, au pied duquel ont germé les graines hybridées, et que le pollen, 

transporté sans doute par les insectes, a été fourni par le A deltoïdes. 

Persuadé qu'il est inutile de décrire, comme on déciit les espèces, des 

hybrides qui disparaissent souvent sans retour, nous nous contenterons de 



différentielles 



Quoiqu 



oq l'en distingue de prime abord par une couleur glauque qu'il doit ôvidem- 
nient a l'influence paternelle^ et par les duDensjons moindres de presque tous 
ses organes. Les écailles calîcinales sont elliptiques et moins brusquement 
acuniinées, le tube du calicç ps^ bien plus court, Jeg pétales, de njoiiié plqs 
petits, sont denticulés et janiajs profondément découpés, etc. II diffère du 
A deltoïdes par les organes de végétation plus développés, sa tige glabre et 
plus dressée; son calice brun olivâtre plus gros, les pétales à jimbe arrondi, 
IcR fleurs un peu fascîculées, etc. 

Il est remarquable surtout par deux caractères qui, tout en faisant défaut 
dans les espèces légitimes, cqnlrihnent néanmoins à en confirmer le croise- 
meot. Ses étamines, en effet, sont constamment rudîmenlaires; elles sem- 
blent même tout d'abord manquer entièrement, car les anthères, dépourvues 
de pollen bien conformé, reposent sur un fdet extrêmement court au fond 
de la corolle, au lieu d'en couronner la gorge comme à l'ordinaire. 

I 

L'autre phénomène différentiel est offert par la corolle, dont les pétales sont 
toujours relevés en entpnnoîr et ï\e s'étalent point horizontalement comme 



J 



132 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

ceux des parents (1). Quelle explication plausible donner de ce fait? Si Dieu 
eût créé un Œillet en associant, pour former la corolle, les petits pétales du 
D. deltoïdes aux onglets résistants du D. silvaticus^ il nous paraît probable 
que répauoiiîssement complet d'une pareille fleur eût été fort difficile ; aussi 
nous a-t-il semblé naturel d*attribuer le phénomène en question à l'union 
accidentelle de Tonglet large et fort du D, silvaticus avec un limbe de petite 
dimension dû à Tinfluencedu D. deltoïdes. Quoiqu'il en soit, l'état des étamines 
contribue puissamment à démontrer Thybridité de notre plante, et l'impossi- 
bilité qu'éprouve la corolle à s'ouvrir complètement, loin d'infirmer cette 
hybridité, nous paraît propre au contraire à la mieux établir. 

Nous croyons, en terminant, [devoir parler d'une plante dont Thybridité est 
moins certaine pour nous que celle du D. deltoidi-sUvaticuSy mais à la 

* 

formation de laquelle le D. deltoïdes semble avoir concouru en remplissant 
un rôle analogue à celui que nous venons de lui assigner. 

Le h août 1853, nous trouvâmes sur un petit rocher de Gavarnîe, au 
milieu des Diayithus monspessulamis et deltoïdes, une formé qui avait plu- 
sieurs caractères du premier, mais qui nous sembla trop éloignée du second 
pour y voir avec certitude un hybride de ces deux espèces. La plante mysté- 
rieuse paraissait refléter plus sensiblement, avec l'influence du B, monspès- 

V _ 

sulanuSy celle du /). sup€7^btis, dont elle semblait être d'abord coinme un 
diminutif; mais une pareille hybridation n'était point admissible, car le 

w 

D. mperhus ne se montrait là nulle part. D'ailleurs, comment admettre un 
croisement entre ces deux espèces, puisque la dernière, au même lieu et à la 

^ 

rtiême altitude, est en retard de près d'un mois sur sa congénère, quoique 
certaines flores leur assignent à tort la même époque de floraison? 

Le 2 août 1860, nous retrouvâmes confondus sur le même rocher les 
D. monspessulamis et deltoïdes, mais la forme qui nous avait embarrassé sept 
ans auparavant ne s'y retrouvait plus, circonstance, pour le dire ert passant, 
qui nous parut militer en faveur de la présomption d'hybridité. Cette plante, 
que nous avions recueillie en 1853, est dans notre herbier toujours innommée. 
Nous n'hésiterions point à l'appeler aujourd'hui i>. deltoidi-monspessulanus, 
si nous ne savions combien a été nuisible souvent la confusion d'une simple 

M % ^ ■ - - _ 

probabilité avec la certitude qui seule peut autoriser l'introduction d'un 

I 

nouveau nom dans la science. Toutefois, en voyant, d'une part, le rôle que 

7 H 

vient de jouer le D. deltoïdes dans un cas analogue ; en nous rappelant, d'un 

autre côté, la disparition du Dianthus de Gavarnie, dont les parents présumés 

occupent toujours le même rocher, nous espérons que de nouveaux faits 

viendront confirmer tôt ou tard nos présomption^ relativement à l'hybridilé 
de cette plante. 



(1) Nous avons observé ce conlraste plusieurs fois sur place, et, chaque jour, sur 
riolre fenêtre, dans un vase ou noqs avions réuni ces trois plantes. 






SÉANCE DU 27 MARS 1863. 133 

A en juger par le D. deltoidi-sUvaticus de Saint-Agrève, dout rhyhridiié 
nous est démontrée, le D. deltoides est une de ces plantes dont Taclion, dans 
le croisement, est moins énergique et moins évidente que celle de leur congé- 
nère. En effet, dans les deux cas d'hybridité, l'un incontestable, l'autre 
problématique, dont nous avons parlé, les Diantims moiispessulanus et silva- 
ticus nous semblent révéler, pour ainsi dire, une certaine supériorité de tem- 
pérament relativement au D, deltoides. L'action de celui-ci a été généralement 
moins sensible; son pollen n'a modifié que faiblement l'ovule fécondé, et la 
plante hybridée a conservé une ressemblance plus marquée avec le porter 
graine. 



^ 
1 



SÉANCE DU 27 MARS 1863 



PRESIDENCE DK M, E. COSSON 



M. Éd. Bureau, vice-secrétaire, donne lectui^e du procès-verbal 
de la séance du 13 mars, dont la rédaction est adoptée. 

Par suite des présentations faites dans la dernière séance, M. le 
Président proclame 1 admission de : 

MM. Brelay (Ernest), propriétaire, à Bougival (Seine-et-Oise), 

présenté par MM. Guilloteaux-Vatel et Oadinet; 
GuiLLOTEAUx (Joannès), banquier, rue de Trévise, 3:2, à 
Paris, présenté par MM. Guilloteaux-Vatel et Oudinet. 

J 

r 

r 

M. le Président annonce ensuite une nouvelle présentation, et 
fait part à la Société de la perle regrettable qu'elle vient de faire 

f 

dans la personne de M. Tabbé Dsenen, décédé à Dreux le 8 de ce 
mois. A cette occasion, M. le Président s'exprime en ces termes : 

Messieurs, 
J'ai un bien pénible devoir à remplir; j'ai à vous annoncer la perte que la 
Société vient de faire d'un de ses membres les plus dévoués, qui, malgré son 
grand âge, était heureux de s'associera nos études, d'assister h nos sessions 
départementales^annuelles, et de contribuer par son active libéralité à la vulga- 
risation de la connaissance des plantes. La mort de M. l'abbé Daenen affligera 
profondément tous ceux qui, par leurs relations avec lui, ont été à même 
d'apprécier ses excellentes qualités, mais elle est pour moi un véritable deuil 
de famille. Il y a bien peu de temps que. je vous rappelais à Grenoble le 

dévouement et la sollicitude toute paternelle avec lesquels l'abîmé Daenen a 



F 

134 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE 

H 

dirigé mes premiers paâ dan» la région alpine, dont la flore lui était si familière. 
J'étais loin de croire alors que le vigoureux vieillard qui, même dans ces 
dernières année^, pouvait sans fatigue faire les plus longues courses, dût être 
sitôt enlevé à notre affection. Deux âiis auparavant, il parcourait avec nous, 

pendant la session de Strasbourg. les riches localités des Yosges, et trouvait 
mie ardeur toute juvénile pour les plus longues excursions dans ces belles 

montagnes qu'il avait explorées autrefois lorsqu'il était aumônier d'un régiment 
en garnison à Neuf-Brisach, et qu'il se plaisait à revoir avec la Société 
boianique* 

M. l'abbé Daenen est mort dans sa soixante-quinzième année, le 8 de ce 
mois. Dans les derniers jours de l'automne, il avait été frappé de deux attaques 
successives d'apoplexie. Au mois de janvier, il subit une nouvelle atteinte de 
celte terrible maladie, et les soins les plus intelligents ne purent que retarder 
le moment fatal. , 

Né en Suisse le 16 juillet 1788, à Muerister, dans le Haut-Valaîs, il entra 
très-jeune à l'École de médecine de Fribourg; mais il ne tarda pas à renoncer 

F 

aux études médicales pour suivre la vocation qui l'appelait à embrasser la 
carrière ecclésiastique. Pendant quatre ans, il fut curé dans son canton natal; 
en 1816, il fut attaché comme aumônier à un régiment suisse au service de 
la France, et, en 1822, il fut appelé aux mêmes fonctions dans le l*"^ régi- 
ment de hussards, commandé bientôt après par le jeune duc de Chartres. La 
bienveillance de la fainille d'Orléans lui fut dès lors acquise, et, après îa sup- 
pression des aumôniers dans les régiments, en 1830, il dut k l'affectueuse 
sympathie du roi Louis-Philippe d'être nommé, en 1831, curé de la paroisse 
d'Anet (liure-et-Loir). En 1834, il fut appelé aux fonctions de chapelain de 

¥ 

la chapelle de Dreux, sépulture des princes de la famille royale, et, en 1843, 
lors d'une organisation nouvelle du service religieux de cette chapelle, il fut 
nommé second aumônier. En 1846, il devint premier aumônier, et, en 
1847, la place de doyen étant devenue vacante par la mort de Mgr l'évêque 
de Maroc, il fut chargé de remplir provisoirement ces fonctioaç, qu'il a 



conservées jusqu'à sa mort. 
En 1844, il reçut du Roi 



il 



cher les restes mortels du prince de Conti (Louis-François-Joseph de Bourbon- 
Conti), mort à Barcelone en 1814. -^ L'abbé Daenen fut nommé chevalier 

■ « 

de la Légion d'honneur en août 1846. 

Les dispositions de M. Daenen pour les éludes d'histoire naturelle etspéciale- 
fnent pour la botanique se révélèrent de bonne heure sous l'influence du grand 



Dès 



nesse, il se livra avec ardeur à la récohe et à l'étude des plantes, et plus tard 
chaqiïe changement de garnison fut pour lui l'occasion de nouvelles et iatér 
fessantes explorations. Il aimait à revoir son pays natal, et jusqu'à ces dernières 
années, il profitait avec empressement des coqrts loisirs que lui laissaient ses 



sIaNCE du 27 MARS 1863. |3g 

fonctions pour revenir dans les Alpes de Suisse. C'est à l'occasion de Tun de 
ces voyages, qu'en 1838, j'e^s la bonqe fortune de faire s^t cpnnaiswnce. 
Il voulut bien m'admetlre, ainsi que mon ami Germain de Saint-Pierre, à 
raccompagner et à visiter sous sa direction la val!ée du Rhôile supérieur et 
les riches localités de Zermatlcn, de Saas, le mont Cervin, le mont Rose, etc. 

4 

Indépendamment de ses nombreuses herborisations en Suisse, il parcourut, 
en 1850 et 1853, les Alpes de la Lombardie, et publia, à son retodr, un 
exsiccata renfermant un grand nom|)^'e d'espèces rj^res troqyées pjir Jyi dans 
ces deux voyages. En Alsace, dans le midi de la France, dans le nonT-est de 
l'Espagne, etc., il a fait également d'utiles herborisations. 

Je n'ai pas besoin, Messieurs, de vous rappeler l'importance des lec^ier- 
ches de M. l'abbé Daenen dans le département d'Eure-et-Loir, et Tempres- 
sement avec lequel il faisait part de ses découvevteii aux «jute^rs de la Flo?'e 
des environs de Paris ; c'est à ses consciencieuses explorations que nous 
avons dû, M. Germain de Saint-Pîerré et moi, de pouvoir donner le tableau 
presque complet de la végétation de cette partie, fort peu conpue jusque-là, 
de notre flore. Le nom de M. l'abbé Daenen tient l'une des premières places 
parmi ceux des botanistes qui ont le mieux mérité de la Flore des environs 
de Paris et qui ont le plus de titres à la reconnaissance de ses auteurs. 

L 

Enfin M. le Président annonce à la Société que le Conseil, sur le 
rapport d'une Commission composée de MM. Boisduval, Cosson, 
J. Gay, le comte Jauberl et de Schœnefeld, et chargée d'examiner 
les avis reçus des départements, relativement à la tenue de la pro- 



proposition 



conformément 
de la Société : 



La Société tiendra cette année une session extraordinaire en Savoie, qui 
aura principalement pour but l'exploration du Monl-Cenis. La session s'ou- 
vrira à Chambéry vers la fin de juillet prochain. ,, 



La Société adopte cette proposition à Funanimité. . 



Do72s faits à la Société : 



Par M. Gubler 



Etudes sur l'origine et le développement du muguet {Oidium albicans]^ 
Notice biographique sur Achille Richard. 



Des anomalies abe\Tanles et régularisantes, 



P 



136 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Préface d'une réforme des espèces, 

L' Helichrysum arenarium an bois de Boulogne. 

2'' De la part de M. Parlatore : 

Coniferœ novœ nonnullœ descripfœ. 
- Parole in morte di Matteo Blytt. 

Note sur une monstruosité des cônes de VAbies Br 

3" De la part de MM. Planchon et Triana : 

Sur les bractées des Marcgraviées. 

A** De la part de M. Eugène Coemans : 

Spicilége mycologique^ 3 cahiers : 

1. Sur les Ascobolus de Belgique. 

2. Sur les Ozonium de la flore belge. 



{Kickxella 



m 

Napol 



Rapport sur l'exposition de \%^2 de la Société d'Horticulture et de 
Botanique de V Hérault. 

6" De la part de M. J.-E. d'Angreville : ■ 

I T 

Flore vallaisanne. 



t 



T En échange du Bulletin de la Société : 

Verhandlungen des naturktstori^chen Vereines der Preussischen Rhein- 

lande und Westphalens, année 1862. 
Journal de la Société impériale et centrale d'Horticulture^ février 1 863. 
• Bulletin de la Société impériale zoologique d'Acclimatation^ fé- 
vrier 1863. ... .^ 
L Institut^ mars 1863, deux numéros. 

M. A. Passy donne lecture de la note suivante, adressée à la 
Société par M. Bouteille : " • '^ 



* 



NOTE DE if. ttOUTf:lL.l.E. 



* '\ 



(Mas:ny-en-Véxin, mars 1863.) 



^ C*est vers la mi-juiii que rOrobanche-du -Lierre s'annonce, et la plante 
continue à vég<5ter jusque vers le milieu du mois d'août. Cependant, en 1859, 
j'en ai vu un pied qui a commencé à pousser vers la fin de septembre et qui a 
été tué par les premières gelées de novembre, tandis que, l'automne dernier, 
j*en ai observé trois aussi à floraison tardive. Je crois donc que c'est à tort 

que le savant autein- de la Flore d'Alsace a publié, en 1845, uii Orobanclie 



y 



SÉANCE DU 27 MARS 18u3. 137 

$erotma^ et que, dans celte circonstance, M. Kirschleger a eu affaire à un 
individu 5 floraison tardive de VOrobanche procera (voy. Flore d'Alsace, 
tl, p. 613). 

t 

M. Durieu de Maisonneuve met sous les yeux de la Société de 
nombreux échantillons monstrueux de Primida sineiisis^ qui pro- 
viennent du Jardin-des-plantes de Bordeaux. — M. Durieu ajoute 
qu'il a lu avec intérêt la notice de M. Éra. Bescherelle sur la variété 
bulbillifère du Pleuindium ?iitidum Brid. (1), et qu'il a lui-même 
fréquemment observé cette variété dans les serres chaudes du 
Jardin de Bordeaux, où elle couvre d'un tapis fin et serré le sol des 
pots dont la terre est rarement renouvelée. En cet état, la Mousse 
n'a jamais montré de capsules, non plus que le Pleuridkim subu- 
lainrrij qui se produit parfois dans les mêmes circonstances, mais 
toujours dépourvu de bulliilles. — Enflh M. Durieu présente à la 
Société un résumé des découvertes de M. Clavaud sur les organes 
hypogés des Gharacées, et dépose sur le bureau la notice suivante : 



NOTE SUR LES ORGANES HYPOGÉS DES GHARACÉES, par H. Armand CliAVAUD. 

(Castets-des-Landes, mars 18G3.) 

i 

I. — Racincfi (t). 

Les racines des Characées ne semblent pas avoir encore été Tobjct d'une étuae 
attentive. Wallman, dans sa Monographie^ les passe entièrement sous silence. 
M. Montagne, à la suite d'un examen rapide, en a donné une idée inexacte, 
qui semble avoir été admise sans contrôle par ceux qui sont venus après lui. 
Cependant l'organe dont il s'agît offre une structure assez complexe et fort 
curieuse, et c'est pour l'avoir méconnue que les auteurs qui se sont occupés 
des bulbilles n'ont pas aperçu ce qui est précisément le point capital dans 
l'étude organographique de ces corps. 

Dans la belle planche qui accompagne son Mémoire sur la multiplication 



des Charagnes [Ann. se. nat. 3^ série, t. XVIII), M. Montagne figure les 
racines des Characées comme des tubes unicellulaires parfaitement simples et 



(1) Voyez le BuUelin, l. IX, p. 448, 

(2) Il n'y a point ici une racine primordiale, un organe analogue à la radicule de» 
Végétaux supérieurs, laquelle est le prolongement direct de Taxe auquel elle s'oppose. 
La spore xtnique germant sort de son enveloppe brune, qui s'ouvre au sommet par cinq 
dents triangulaires. Elle s'allonge en lige par une extrémilc, et s'arrondit de l'autre en 
cul-de-sac renflé. C'est sur le pourtour de ce cul-dc-sac que se développent latéralement 
les premières racines. Celles qui viennent ensuite naissent des nœuds renflés du rhizome, 
ou même de ceux de la tige épigce mis en contact avec le sol, comme le montre la 
figure 1, qui représente l'un des nœuds renflés d'une lige radicante de Chara, 



T. X. 



10 



1 



im _^ 



138 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



/ 



continus (fig. 2 de la planche III de ce volume = fig. 9 de M. Montagne), 
L'explication des figures fait connaître que telle est, en effet, l'idée que cet 
observateur s'était faite de ces organes- 

. Les livres de botanique descriptive ne disent rien des racines des Chara- 
cées, ou bien ils se contentent de reproduire l'assertion de M. Montagne. 

Or ces racines ne sont ni simples ni continues. Leur structure rappelle 
celle de la tige sans la répéter. 

1** Elles sont composées, comme les liges, d'articles successifs renflés aux 
articulations (fig. 3, ù, 5, 6, 7, etc.) et pouvant être séparés sans déchire- 
ment par l'ébullition, la macération, etc. (fig. 8 et 9). 

2*^ Comme les tiges, elles sont rameuses aux articulations (fig, 6 et 7, en a) 
ainsi qu'à leur extrémité (fig. 11), et ces axes secondaires sont eux-mêmes 
articulés et susceptibles de se ramifier plus ou moins (fig. 6, en b), donnant 
ainsi des axes tertiaires, etc. 

r 

3*^ De même que la tige (fi^ 15, es), elles offrent souvent aux nœuds des 
jigglomérations de cellules (fig. 6 et 22, es), indépendamment des rameau)^ 
tubuleux (mêmes fig. r). 

U? Mais, tandis que dans la tige les cloisons sont planes et horizontales 
(fig. 15, c), celles de la racine sont toujours fortement obliques, et elles affec- 
tent une forme sigmoïde très-bizarre et très-inusilée (fig. 3, 4, 5, 6, etc., 
en c). 

5** Il résulte de celle disposition que les rameaux des racines et les agglo- 
mérations de cellules qui les accompagnent ne sont pas verticillés comme dans 
la tige. Leur ensemble forme constamment un fascicule latéral (fig. 6, 7, etc.) 
sur l'un des renflements du nœud (1). 

Les cellules primitives d'un fascicule latéral naissent de h paroi même de 
l'axe, suivant le mode de multiplication cellulaire par bourgeonnement que 

L 

jVI. HugodeMobla montré le premier avec évidence dans le Conferva glome- 
rata et ailleurs. Elles se forment h chaque nœud sur celui des deux ren- 
flements qui appartient à la cellule de l'axe la plus voisine de la base radi- 
culairc. 

Identiques à l'origine (fig. 3 cl 5, en o), elles n'éprouvent pas toutes le 
même sort. Les unes s'allongent on radicelles (fig. 6, r) destinées à un fonc- 
tionnement immédiat ; les autres demeurent dans leur état primitif (fig. 6,C5) 
et sont réservées pour des fins ultérieures. On peut, à cause de cela, donner 
à ces dernières le nom de cellules stationnairës. On peut aussi les appeler 
accessoires, parce qu'elles ne servent point à l'accroissement et à la vie de 
'axe qui les porte. 
Les caractères essentiels des radicelles sont les suivants : 
1° Elles se développent exclusivement dans le sens longitudinal; 



(1) Ce dernier fait est très*important au point de vue de Tétude des bulblHes. 



V 



ç 



SÉANCE DU 27 MARS 1863. 139 



2° Elles sont constamment libres de toute adhérence ; 



ë ■ ^ 



3** Elles ne s'emplissent jamais de fécule en grains. 

Les cellules accessoires ou stationnaîres offrent des propriétés dîamétrate- 
ment opposées : 

l*' Elles s'accroissent et se multiplient, suivant les trois dimensions, par des 
cloisons dirigées dans tous les sens ; 

2° Elles sont constamment soudées entre elles dans toute leur étendue: 

3° Elles sont très-aptes à l'accumulation de la fécule. 

L'opposition dans les caractères distinclifs résulte ici, comme partout, de 
l'opposition dans les fonctions. 

On conçoit tres-bicn, par exemple, Taptilude des cellules statîoniiairêâ à 

E * ^ 

s'emplir de fécule, puisque c'est là le résultat accoutumé de toute suspension 
préméditée de l'activité cellulaire ; c'est ce qui arrive dans les graines , les 
tubercules, etc. Mais il ne saurait en être ainsi pour les radicelles, organes 

ri 

actuels d'absorption, parce que l'accumulation de la fécule en grains ne peut 
coïncider dans une même cellule avec le phénomène de la gyralîon, indispen- 
sable à la vie de toute cellule active, du moins dans les plantes homorganiques. 

I 

Semblablement, si les radicelles se séparent des cellules adjacentes dès leur 
point de départ et demeurent complètement libres de toute adhérence, c'est 
un résultat nécessaire de leur condition d'organe distinct et défini, destiné à 



• •- r 



avoir une action particulière et indépendante. Tout organe ayant son activité 
propre se dégnge par cela seul de la masse végétative d'où il est isslt. Il n'en 
est pas de même des cellules qui n'ont point encore de rôle distinct. Tant 
qu'elles demeurent unies a leurs vo'sines par une destinée commune, elles ne 
peuvent prétendre à un développement particulier, et elles restent soudées en 
une masse unique, comme il vient d'être dit. 

La connaissance précise, quoique sommaire, que nous avons maintenant de 
la structure des racines coniparée à celle de la tige, nous permet d'aborder 
l'étude des bulbilles. 



11. — Bulbilles. 



du Ch 



que cet appareil est formé « par une agglomération de cellules développées 
cîrculairement autour du tube principal , au niveau des nœuds ou endo- 
phragmes », ce qui est parfaitement vrai. Mais plus loin, il ajoute, en parlant 
de ceux du Chara aspera : a On y observe, le long des liges, aussi dans leur 
partie inférieure, des globules blanchâtres assez gros, d'environ 1"'",5 de 
diamètre, sphériqaes ou ovoïdes, solitaires ou verticillés ; j'en ai observé jus- 
qu'à quatre réunis au même nœud. Ils présentent ceci de particulier que 
chacun d*eux, au \\m d'offrir cette multiplicité de cellules dont sont formés 
les nœuds dansNes autres es{)eces qui en sont pourvues , n'est composé <ïue 
d'une seule cellule. » 









1/|0 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



h tf 



1 « 



Il résulte de ce qui précède que l'auteur regarde les bulbilles du Chara 
aspera^ et sans doute ceux des autres espèces, comme appartenant au sys- 
tème de la tige, au même titre que ceux du C/mra stelligera. 

MM. Cosson et Germain de Saint-Pierre, adoptant celte manière de voir, 
disent que les bulbilles se développent au niveau des articulations de la partie 
souterraine delà tige [FL paris, éd. 2). 

M. Durieu de Maisonneuve, dans sa note sur le Chara frogifera [Bull. 
Soc. bot t. VI, 4859, p. 179 et suiv.), renvoie au mémoire de 31. Montagne 
pour ce qui concerne la stnicture des bulbilles de cette plante, « En effet, 
dit-il, de même que ceux du Nitella stelligera , ils sont formés par une 
agglomération de cellules développées circulaîrcment autour du tube princi- 
pal, au niveau des nœuds. « 

Les auteurs qui se sont occupés de ces corps les ont donc regardés , soit 

h 

comme étant une dépendance de la tige , soit comme se développant toujours 
circulairement autour d'un tube central, par lequel ils seraient constamment 

L 

traversés dans le cas d'un bulbille a plusieurs cellules, et qu'ils entoureraient 
en verticillc dans le cas de plusieurs globules unicellulaires. 

Les deux faits corrélatifs suivants montreront en quoi les observations des 
auteurs précités sont demeurées incomplètes. 

l*' Les racines^ de même que les tiges^ offrent des bulbilles à leurs arti- 

1. ■ T 

culations. 

C'est ainsi (pie les bulbilles en étoile du Ch. stelligera appartiennent à la 
tige, tandis que les bulbilles fragiformes du Ch. fragifera dépendent presque 
tous des racines. 

■ri 

2"* Les uns et les autres sont analogues quant au fond anatomique et phy- 
siologique, imis leur organogrophie diffère comme ^ celle des systèmes de 
î^ami fîcai ion auxquels ils appai^tiennent . Ils se séparent par ce point fonda- 
mental que les bulbilles caulinaires sont traversés par le tube qui leur donne 
naissance, et autour duquel leurs éléments sont disposés en un verticille ou 
anneau (fig. 16, 17, 18), tandis que les bulbilles radiculaires sont toujours 
latéraux, en dépit des apparences contraires (1), aussi bien dans les bul- 
billes dits normaux du Chara fragifera ( fig. 19 et 20) que dans les bulbilles 
unicellulaires delà même plante et des Chara aspera (fig, 12 et 14), baltica^ 
alopecuroideSj etc. 

Si Ton considère qu'un bulbille est un verticille arrêté dans son développe- 
ment (2), avec tendance à la multiplication de ses cellules par' division et 



(1) Dans le Chara fragifera, la multiplication des cellules par division les fait déborder 
tout autour de Taxe, sans que néanmoins elles s'y rattachent autrement que par le point 
latéral d'insertion ; mais elles peuvent paraître alors verticillées. De même dans le Ch. /"ra- 
jiiis et ailleurs. — Les fig. 16 et 18 sont empruntées à !a planche déjà citée de M, Montagne 



c 



(2) Ceci n'a pas besoin d'être prouvé. La théorie, basée sur Tanalogie, l'affirme avec 
ertitudc. Mais je puis montrer des échantillons dus à mon ami M. Motelay, chez lesquels 



SÉANCE DU 27 MARS 1863. 141 



' I 



à l'accumulation de la fécule, et si Ton se rappelle le mode de ramîficatiou 
des racines précédemment exposé, on comprendra qu'il n'en saurait être ' 
autrement. En effet, dans les racines ce n'est plus un verlicille qui est 
transformé, c'est un fascicule latéral. 

La cloison du nœud bulbillifère sera nécessairement plane et horizontale 
dans les bulbilles caulinaires, tandis qu'elle sera oblique et sigmoïde dans les 
bulbilles radiculaires (fig. 19, 20| Elle suffirait donc pour indiquer avec cer- 
titude l'origine du bulbille auquel elle est adjacente. 

J'entrerai dans quelques détails relativement à ces bulbilles ou globules 
unicellulaires qui se' rencontrent habituellement chez le Chara aspera et 
accidentellement chez le Ch. fragifera et ailleurs, parce que leur origine et 
leur nature n'ont point été suffisamment expliquées. 

On a vu que M. Montagne les assimile aux bulbilles normaux, dont ils ne 
différeraient que parce qu'ils sont unicellulaires. M. Durieu, qui les a 
observés dans le Ch. fragifera, semble au contraire n'admettre aucune 
analogie entre eux et les bulbilles normaux. Je pense que la vérité est 
entre ces deux extrêmes. Mais, avant d exposer ma propre manière de voir, 
je vais discuter les preuves que W. Durîeu apporte à l'appui de son opinion. 

Après avoir dit que ces corps consistent, comme chez le Ch. aspera, en une 
vésicule sphérîque, lisse, solide, amylophore, parfois affaissée, rappelant cer- 
tains œufs d'insectes ou de mollusques, il ajoute (1) : a Les bulbilles advenlifs 
du Ch. fragifera n'étant point traversés par le tube, ne peuvent par consé- 

H 

quent être considérés comme constitués par le nœud lui-même. Ils adhèrent 
simplement au nœud par un point de leur périphérie, disposés enverticille de 
trois ou quatre globules au plus, bien que souvent il ne s'en développe 
qu un seul. Il n'est pas inutile de noter aussi que les nœuds porteurs de glo- 
bules ne prennent aucune sorte d'accroissement. L'articulation, dans ce cas, 
est si peu apparente que le tube paraît continu. 

■ Si, au premier abord, on était porté à considérer les corps dont il s'agît 
comme une simplification des bulbilles multicellulaires normaux, on reconnaî- 
trait bientôt qu'ils ne sauraient représenter une cellule isolée de ceux-ci, puis- 
que leur surface est unie et lisse, quand, au contraire, les mamelons, ou cel- 
lules périphériques des bulbilles composés, sont couverts de saillies hémisphé- 
riques microscopiquement semblables à celles du bulbille lui-môme, de telle 
sorte que, vu à un grossissement suffisant, chacun de ces mamelons repro- 
duit exactement le bulbille entier. 

» Je n'ajouterai rien sur ces corps exceptionnels, que je me borne 



un même axe, tige épigéc d'abord, s'enfonce en terre à plusievus reprises, et y devient 
chaque fois rhizome bulbinilère à tous ses nœuds, pour se montrer de nouveau à la 
lumière muai à chaque'articulation d'un verticiUe développé et verdoyant. 

(1) Nouvelles observations sur les bulbilles des CharacéeSy in BulL Soc, bol. de Fr^ 
t. VII, 1860, p. 627 etsuîv. 



1A2 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANGE. 



aujourd'hui h sigualer, sur ces bulbilles de second ordre, si difféients des 
bulbilles composés par leur forme, leur position et leur structure. » 

Nous avons vu que les bulbilles normaux du Ch. fragiftraii^ sont pasver- 
ticillés autour de l'axe, ni par conséquent traversés par lui, mais qu'ils sont 
constitués en réalité par les cellules agglomérées ou cellules accessoires d'un 
fascicule latéral, et qu'ils n'adhèrent à Taxe que par une base fort restreinte 
(fig. 19 et 20). 

Or les globules dont il s'agit partent du même point que les bulbilles ordi- 
naires, et ils sont disposés exactement comme eux, relativement à l'axe 

r 

(Qg. 12). Chacun d'eux n'est autre chose que l'une des cellules primi- 
tives d'un fascicule latéral (1), et ils adhèrent a Taxe d'une même quantité 

et de la même façon que chacune des cellules basilaires du bulbille multi- 

cellule. w 

Les uns et les autres sont donc formés par des cellules identiques à l'ori-^ 

gine et appartenant h une môme agglomération. Ils ont, avec le nœud, 

exactement les mêmes rapports, en sorte qu'on ne peut regarder les uns 

comme constitués par le nœud lui-même, tandis que les autres ne le seraient 



pas 



\ 



Quant 



mamelons existeraient 



frag ifi 



et manqueraient aux bulbilles oviformes, l'observation ne la confirma pas. 
Une simple coupe, grossie, de ces différents corps montre avec évidence que 
ces saillies ou mamelons n'existent nulle part (fig. 21). Ils sont l'effet d'une 
illusion d'optique produite par les jeux de la lumière sur les grains de fécule 
inclus, vus a travers la paroi transparente (2). 

- 

Je ne puis admettre davantage l'opinion opposée, et regarder les corps 
oviformes comme ne différant des bulbilles normaux que parce qu'ils sont 
unîcellulaires. 

Je remarque, en premier lieu, que leur paroi n'est pas partout uniforme. 
En observant avec assez d'atteution un certain nombre de ces corps, on 
reconnaîtra qu'ils sont tous, ou presque tous, apiculés, au point directement 
opposêà leur base d'insertion, par une protubérance arrondie, plus ou moins 
saillante, que j'ai représentée en s, fig. 12, Dans les cas assez rares où 
une telle saillie ne se montre pas, la paroi offre au même point un épaissis- 
sement notable et une coloration brune plus ou moins intense. C'est surtout 



1 



f 



(1) Lorsqu'il s'en trouve plusieurs au même nœud, ils semblent verticillés par l'obli- 
gation où ils sont (le s'étaler en divers sens, mais leur insertion est toujours unilatérale, 
(fig. 13, où Ton ne voit que leurs bases, les globules ayant été enlevés.) 

(2) Cette apparence est moins sensible dans la cellule unique des corps vésiculeux, à 
cause de son extrême grandeur relative. Les prétendues saillies ne semblent plus alors 
que des points brillants. De plus, à cause de la moindre courbure de la paroi pour une 
sitfface donnée, la lumière est réfléchie par les grains d'une manière plus uniforme, 
sous des angles moins divergents, ce qui donne l'idée d'une surface plus unie. 



SÉANCE DU 27 MARS 1863. Iii3 

dans le Chara aspera que les saillies dont je parle sont faciles à observer; 
dans le Ch. fragifera^ elles sont un peu moins constantes et moins déve- 
loppées. 

Il est impossible de ne pas voir, d'une part, dans la base de Torgane, de 
l'autre, dans ce renflement terminal, les deux pôles d'un axe de développe- 
ment dirigé constamment dans le sens longitudinal ; et, par suire, on est porté 
à regarder l'organe lui-même comme n'étant autre chose qu'une radicelle 
réduite à sa cellule basilaire gonflée par la fécule. Cette opinion se fortifie 
quand ou observe que ces globules ne sont pas toujours sphériqucs, et que 
plusieurs d'entre eux sont nettement ovoïdes ou elliptiques, la saillie dont il 
s'agit restant toujours terminale à leur extréinité amincie. 

On ne conservera plus aucun doute si l'on examine la figure ik. Ici Tac- 
crolssémcnt longitudinal est évident; le prolongement radîcellaire n'a plus 
besoin d'être supposé, puisqu'il existe; de plus, au lieu des grains de fécule 
caractéristiques d'un bulbille, on a le contenu fluide et plastique des cellules 
en activité vitale. 

Remarquez que ces globules ne se soudent jamais entre eux, dans le cas 
où plusieurs sont collatéraux. Bien que partant alors du même point, comme 
je l'ai dit plus haut et conime le montre la figure 13 , ils se séparent dès leur 
base et demeurent toujours parfaitement libres dans toute leur étendue. Or 
c'est là un caractère qui, parmi les cellules d'un nœud radical, n'appartient 
qu'aux seules radicelles, ainsi que je l'ai fait voir dans la première partie de 
cette note. 

Ce libre développement et la tendance évidente a l'accroissement longitu- 
dinal sont des preuves décisives et suffisantes de la nature radîcellaire de ces 
corps. J'ajouterai cependant, comme appoint, l'absence constante de multi- 
plication interne par cloisonnement, ainsi que l'incomplète accumulation 
de la fécule, qui donne sur le sec à un grand nombre de ces globules l'aspect 
de petites vessies affaissées et vides. 

_ ^ 

Il me reste à rechercher si ces globules sont des radicelles arrêtées dans 

leur développement, et devenues bulbilliformes, ou si, au contraire, ce sont 

les cellules accessoires et stationnaires (fig. 6, en es), — génératrices des 

bulbîHes composés, — qui ont été ici imparfaitement transformées en radi- 
celles. - 

V 

La réponse à cette question est facile. Sî nous avions affaire à des radicelles 
transformées en bulbilles par l'accumulatiou de la fécule à leur intérieur, il 
est évident que les cellules stationnaires seraient elles-mêmes féculentes, à 
fortiori. — Il suffît pour cela de se rappeler le rôle et la destination des deux 
sortes d'organes. — Nous aurions donc à la fois un ou plusieurs globules uni- 
cellulaires et un bulbille composé. Or nous savons qu'il n'en est point ainsi, 
et que les bulbilles-globules ne se montrent jamais accolés à un bulbille nor- 
mal. Il en faut nécessairement conclure que ce sont les cellules accessoires 



é 

t 



iàà SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

qui ontéle transformées en radicelles, mais d'une manière assez incomplète 
pour que raccumulation de la fécule s'y puisse effectuer (1). . 

De ce que chaque globule représente seulement la cellule basilaire d'une 
radicelle, et est, par suite, unicellulaire; de ce qu'ils sont toujours libres entre 
eux et non pas soudés en plusieurs manières ; de ce qu'ils ne sont jamais accom- 
pagnés d'agglomérations cellulaires diverses, il résulte qu'ils ne sauraient se 
présenter sous deux aspects différents , dans quelque espèce qu'on les exa- 
mine. Tout au plus peuvent-ils passer de la forme sphérique à la forme ellip- 

.tique ou ovoïde» 

Les globules ainsi formés ne sont jamais bien nombreux (l-/i, maïs quel- 
quefois 5-9 : Ck. aspei^a, Ch. alopecuroides) , parce que leur nombre ne sau- 

r 

rait dépasser celui des cellules accessçires^ aux dépens desquelles ils sont 
formés. Or ces cellules, qui peuvent, à une certaine époque, se multiplier 
indéfiniment par division intracellulaire, pour constituer un bulbille normal, 
sont à l'origine en quantité fort restreinte. 

Puisque le nom de bulbille s'applique à Vensemble des cellules féculentes 
développées au voisinage d'un nœud, et non pas seulementà Tune d'elles, on 
doit admettre qu'il n'y a qu'un bulbille unique dans le cas où plusieurs glo- 
bules sont réunis (fîg. 13), comme dans le cas où il n'y a qu'une seule sphé- 
rule (2). 

Les corps exceptionnels dont nous venons de parler ne sont pas sans ana- 
logie avec les bulbilks en étoile du Ch. stelliyera. Dans cette plante, les bul- 
billes affectent plusieurs formes, mais elles rentrent toutes dans celles que 
représentent les figures 16, 17 et 18. La première seule est un bulbille nor- 
mal ; il est produit suivant le mode ordinaire, et ne diffère pas de ceux qu'of- 
frent généralement les rhizomes. Les deux autres formes qui, au fond, diffè- 
rent peu entre elles, peuvent être comparées aux bulbilles à globules du Chara 
aspera. 

La figure 18 laisse apercevoir nettement cette analogie. Naturellement, à la 
place d'essais de radicelles, nous avons ici des essais de rameaux, et, au lieu 
d'un ou de plusieurs appendices latéraux , c'est un verticille tout entier qui 
nous est offert. 

La figure 17 est dans le même cas : seulement la modification n'y a pas été 
immédiate, et la formation du bulbille y est à deux degrés. Le premier rang 
de cellules veriicillées {a) ne présente rien de particulier, et se forme suivant 



(1) La réflexion confirme cette manière de voir. En effet, les racines sont avant tout 
des organes d'absorption. Chez eHes, toute autre fonction n'est, en définitive, qu'acces- 
soire. Leur activité doit donc se diriger principalement dans ce sens; et, dans le cas de 

lutte entre deux tendances opposées, c'est ceUe qui est le plus conforme à la nature de 
cet organe qui doit remporter. 

(2) J'ai négligé d'expérimenter jusqu'à quel point de tels bulbilles sont aptes à 
re|)roduire la plante. Ce que j'en ai dit peut faire douter provisoirement de leur parfaite 
aptitude à cet ég;ard. 



SÉANCE DU 27 MARS 1863. 1A5 

le mode normal reprosenlé figure 16; mais ensuite ranomalie intervient et 
produit les rayons étoiles, qui sont des tentatives réprimées de liges et de 
rameaux. 

On remarquera que , si les globules radicaux n'offrent jamais qu'une seule 
cellule, laquelle représente le premier entre-nœud radicellaire, il li'en est pas 
de même chez le Ch, stelligera. En effet, dans la fig. 18, on a deux cellules 
caulinaîres superposées et le rudiment d'une iroisit'mc ; dans la fig. 17, A' est 
un premier entre-nœud, ô" en est un deuxième, et les cellules représentées 
en c ne sont autre chose que les tubes verticillés ou rayons, qui se dévelop- 
pent d'ordinaire en nombre constant aux diverses articulations de la lige et 
des rameaux. Delà Textréme régularité qu'affeclenldans ce cas les bulbillcs, 
ainsi que leur disposition en étoile si singulière et si curieuse (1). 

Il ne faut pas croire toutefois que l'analogie soit complète entre les bul- 
billes anomaux radiculaires et ceux du Ch. stelligera. 

Pour savoir en quoi ces deux anomalies diffèrent, il faut se reporter aux 
formes normales dont elles sont des déviations. 

Dans le rMzome, les cellules qui naissent autour d'un nœud sont toutes 
destinées à demeurer stationnaires: aucune n'est appelée a fonctionner îmmé- 
dialement comme dans la tige épigée. L'évolution est réservée tout eniièrc 
pour une époque ultérieure; tout ici est provision d'avenir. Il suit de là 
que le bulbille est constitué par la totalité des cellules qui se forment à cha- 
que articulation. 

11 n'en est pas de même dans les racines. Comme elles sont avant tout des 

F ' 

organes d'activité immédiate, au même titre que la tige épigée , elles ne peu- 
vent se dispenser de développer à chaque nœud des rameaux ou radicelles 
immédiatement vivants et agissants, et le bulbille ne peut plus Cire constitué 
que par les cellules que j'ai appelées accessoires , lesquelles accompagnent, 

comme on sait, les radicelles. 

Il résulte de ce qui précède que, dans les bulbilles du rhizome, lorsqu'une 
cellule tente de se développer plus ou moins et ébauche un rameau rudimen- 
taire, elle ne fait qu'une tentative prématurée d'évolution. Elle devance sa 
mise en activité, mais elle ne se détourne pas de sa direction première ; elle 
ne change pas de rôle. Dans les bulbilles radiculaires, au contraire, une cel- 
lule accessoire, en se transformant plus ou moins en radicelle, produit une 
véritable anomalie par déviation, puisqu'elle se détourne en réalité du rôle 
qui lui a été assigné, et transforme véritablement sa nature. 

L 

ri 

(1) Ai-je besoin de dire que les bulbilles étoiles, de môme que les bulbilles oviformes, 
ne sauraient être l'apanage exclusif d'une espèce unique, et qu'on peut les rencontrer 
ailleurs au moins exceptionnellement? Ayant trouvé, le 31 juillet dernier, dans Tctang 
de Saint-Julien-en-Born (Landes), une plante qu'il convient de rapporter au Chara con- 
nv:ens Salzm., j'ai observé, sur l'un des individus recueillis, deux étoiles parfaitement 

identiques avec celles du C/i. stelligera. — {Sole ajoutée au momcul de Impression ^ 
septembre 1863,) 



146 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

JeAÎens de dire que les cellules qui naissent aux nœuds d'un rhizome 

+ - 

restent toutes également et absolument statîonnaires pour entrer dans la com- 
position des bulbilles qui se forment en ces points; mais cela doit s'entendre 
seulement du cas où le rhizome enfonce assez profondément dans le sol ses 
entre-nœuds longuement développés, comme dans le Ch. stdligera. C'est ce 
qui arrive plus ou moins chez beaucoup d'espèces du genre Chara. La pro- 
fondeur où se trouvent alors les bulbilles leur donne à un haut degré les 
caractères qui constituent ces sortes d'organes, je veux dire l'arrêt de déve- 
lopperaent et l'accumulation de la fécule. Il en résulte que leur évolution est 
suspendue d'une manière absolue et pour un temps considérable; aussi n'a- 

t-elle point lieu pendant l'année même de leur formation. 

^ 

De ce que les entre-nœuds du rhizome sont longuement développés, il 
résulte que chaque bulbille n'est jamais constitué que par un nœud unique, 
et qu'il est, en conséquence, parfaitement simple. 

La même cause qui amène les résultats que je viens d'exposer, et qui n'est 

r 

autre que renfouissement profond des bulbilles, restreint le nombre des axes 
de végétation qui émanent de ces corps à l'époque de leur épanouissement. 
La plupart des cellules qui constituent le bulbille sont destinées à servir de 
magasin de fécule au petit nombre de celles qui se développent, et à 
leur offrir toute formée la nourriture qui leur est nécessaire pour atteindre la 
surface du sol. 

Les choses suivent une marche tout opposée, lorsque le rhizome, au lieu 
de s'enfoncer dans le sol, rampe en quelque sorte à fleur de terre, et se 
trouve ainsi, dans une certaine mesure, soumis aux mêmes influences qu'une 
lige épigée ; c'est ce qui se voit chez les Nitella^ et parfois môme chez les 
Chara. 

Il en résulte : 1° Que les bulbilles sont bien moins solides et moins fécu- 
lents; 2° que toutes, ou presque toutes leurs cellules périphériques se déve- 
loppent en axes de végétation, ce qui augmente le volume apparent du bul- 
bille et lui donne l'aspect d'un plexus souvent considérable de tiges et de 
racines; 3° que ce développement n'est pas suspendu pendant une longue 
période de temps, comme dans le cas cité plus haut, mais qu'il s'effectue con- 
curremment avec celui du centre de végétation auquel les bulbilles se rat- 
tachent. . 

En pareil cas, les axes qui émanent d'un bulbille sont presque tous des 
tiges épigées. Un très-petit nombre seulement s'allongent latéralement en 
rhizomes, ou plutôt en stolons; ceux-ci produisent à leur extrémité un bul- 
bille qui se comporte comme celui d'où il est issu. 

Il arrive assez souvent que les tiges nombreuses qui partent d'un bulbille à 
fleur de sol ont leurs premiers entre-nœuds très-peu développés, presque 
nuls. Dans ce cas, les renflements ou nodules qui se forment ant articulations 
inférieures sont tellement rapprochés et fascicules que leur ensemble donne 



1' 



SÉANCE DU 27 MARS 1863, 



1/17 



ridée d'un bulbille unique de proportions colossales (1). Celte énorme masse 
s'accroît encore de ce que chacun des renflements ainsi agrégés ou même 
soudés, n'étant au fond qu'un bulbille plus ou moins complet, donne lui- 
même naissance à des liges nouvelles et h des racines. Mais un examen atten- 
tif fait reconnaître, même dans les cas extrêmes, l'origine complexe de l'en- 
semble et la présence simultanée de plusieurs générations d'axes et de 
bulbilles. 

La nature composite de ces bulbes se reconnaît ordinairement h ce qu'une 
partie des innombrables liges qui s'en échappent sont manifestement plus 
jeunes et moins développées que les autres ; elles sont beaucoup plus courtes, 
plus flexibles, moins fructifères, ou même stériles ; et, dans les espèces h 
incrustation, elles se distinguent nettement par leur couleur verdoyante du 
fond grisâtre de l'ensemble. 

Cette tendance à l'évolution sur place se montre quelquefois absolue, de 

■ r 

sorte qu'une telle masse bulbeuse représente la plante hypogée tout entière, 
avec tous ses entre-nœuds et tous ses bulbilles, mais elle peut aussi se com- 
biner avec la production de stolons. 

Je n'ai signalé que des cas extrêmes^ entre lesquels une foule d'intermé- 
diaires et de compromis peuvent être observés, soit dans des genres difl'é- 

rents, soit, à un moindre degré, entre les espèces d'un même genre, soit, 
en partie, dans une même espèce. 

MM. Montagne et Durîeu ont fait voir que les bulbilles des Characées sont 
des appareils reproducteurs. Puisque un grand nombre de ces corps appar- 
tiennent à la racine, il suit de là que cet organe est, dans les Characées con^me 

¥ 

dans les Mousses, un moyen très-actif et très-important de reproduction. La 
présence d'un bulbille n'est pas même toujours nécessaire : chaque articulation 
des racines, placée dans des conditions favorables, peut donner une nouvelle 

r ^ f 

plante (fig. 22, en t] (2), pourvu qu'il s'y développe une ou deux cellules 
accessoires [es) indépendamment des rameaux tubuleux ou radicelles (? ). 



111. 



Macules bulbillfrornies. 



M. Durieu a signalé IBzdL Soc. bot. t. VII, 1860, p. 629) un cas très- 
fréquent d'anamorphose des nucules, par suite duquel toute trace de tégu- 
ment disparaît. Il ne reste plus alors qu'un globule lisse et blanc, gorgé de 

L 

grains de fécule, et assez semblable aux bulbilles oviformes du Cà. aspera. 
Du reste, ni le pédicelle de la nucule, ni le rameau qui la porte, ni les brac- 
tées qui l'accompagnent n'ont subi la moindre altération. 



/- 



f 



(1) Certaine forme du Chara fragilis est très-remarquable sous ce rapport. 

(2) n est curieux (le voir le premier verlicille de cette jeune tige demeurer incomplet 
et latéral, témoignant ainsi de son origine radicellaire. 11 n'est pas douteux qu'un 
deuxième ou un troisième verticille eût été complet. 



l/iS SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

: 

Voici rexplicatîon de ce fail, telle que je la conçois : 

Dans le sporange naissant, la spore unicellulaire est portée sur un pédicelle 
de deux cellules, où s'insère un verticille de cinq ranieauv a la Iiauieur delà 
seconde cellule. Ces rameaux, formés de deux cellules dans les C/iara, de 
trois dans les Nitella, parfaitement libres d'abord, s'enroulent de très-bonne 
heure autour de la spore et se soudent, mais conlînuenià vivre et à s'allonger. 
J'ai observé des sporanges très-avancés où la circulation était encore parfai- 
tement visible dans ces cellules enveloppantes. Donc, jusqu'à Tépoque de la 
maturité, le pédicelle fournit le fluide nourricier, non-seulement à la spore, : 
mais encore à Tenveloppe sporangiale. Mais, si la spore vient a se développer 
exceptionnellement, accaparant plus ou moins la nourriture commune, les 
tubes spirales ne la suivront pas dans son accroissement, et il en résultera, à 
des degrés divers, le cas d'anamorphose signalé. 

On voit clairement que ce phénomène ne saurait intéresser les par- 
ties avoisinantes (rameau, pédicelle, bractées), attendu qu'il se passe au- 
dessus d'elles, par delà l'extrémité du pédicelle, et que l'inégal partage du 
fluide nourricier ne peut porter que sur la quautiie de matière nutritive qui, 
après avoir traversé cet organe, se dispense enfin aux parties qui le surmon- 
tent (spore et enveloppe sporangiale). 

On s'étonnera peu de ce manque d'équilibre entre la force de développe- 
ment de la spore et celle du tégument, si l'on considère qu'il existe partielle- 
ment, môme chez les nuculcs dont le développement est le i)lus régulier. En 
effet, chaque rameau de l'enveloppe sporangiale a toujours une de ses cellules 
dans les CAa;Y?,deux dans les Nitella^ qui, une fois formées, ne s'accroissent 
jamais et semblent en quelque sorte ne plus vivre : ce sont celles qui consti- 
tuent les dents de la coronule. Dans les Nitella^ où elles sont a peine visi- 
bles, elles tombent ordinairement de fort bonne heure et n'offrent même pas 
pendant qu'elles se maintiennent cette chromule qui, du moins, s'aperçoit 
dans la cellule stationnaire d'une coronule de Chara. 

Le fait qui nous occupe n'est donc que l'exagération d'une inégalité consti- 
tutionnelle. 



\ ^ 



M. Cosson dit : 



Que le sporange du Chara stelligera a été étudié, par son ami M. Weddell, 
sur un échantillon de l'herbier de Thuillier, et que c'est aussi M. Weddell 
qui en a donné la figure publiée dans V Atlas de la Flore des environs de 
Paris. M. Cosson ajoute qu'il considère comme importante l'observation 
de M. Clavaud, qui établit que les corpuscules amylophores de la partie 
souterraine des Nitelta sont unilatéraux comme les racines, tandis que 
ceux de la partie aérienne reproduisent la disposition en verticille des ramu- 
gcules, 



SÉANCE DU 27 MARS 1863. 



Ih9 



M. Grœnland cTonno les explications suivantes sur trois petites 
serres à Hépatiques mises par lui sous les yeux de la Société : 



^ _ 



NOTE SUR DES SERRES PORTATIVES DESTINEES A LA CULTURE DES HÉPATIQUES, 

par M. dr. «RIEIVliAMD. 



à moisir ; 



Déjà, il y a environ douze ans, j'avais essayé de cultiver des Hépa- 
tiques; j'avais fait construire dans ce but plusieurs petites caisses carrées, 
que je couvrais tout simplement d'une plaque de verre. La hauteur de ces 
caisses était proportionnée au développement des fruclifîcations des espèces les 
plus robustes parmi ces plantes, et par conséquent environ de 15 centimètres. 
Je m'aperçus, dès le début, de deux inconvénients graves de ce mode de 
construction ; d'une part, celles de mes petites plantes qui étaient placées par 
trop à l'ombre des parois de mes caisses ne tardaient pas à s'étioler ou bien 

d'autre part, la couche d'air qui entourait ces végétaux d'une 
structure délicate n'était pas toujours assez chargée d'humidité pour leur 
permettre de se développer vigoureusement. J'avais cependant transporté ces 

- t 

petites serres portatives avec moi, lorsqu'en 1853 je vins m'installer à Paris, 
et je m'en servis lorsque j'achevai un petit travail sur la germination des Hépa- 
tiques, qui, commencé à Hambourg, fut publié, en 1858, dans les Annales 
des sciences naturelles. D'autres occupations vinrent ensuite interrompre 
plus ou moins mes études concernant les Hépatiques, en même temps qu'il 
m' avait été impossible de trouver dans mon domicile un emplacement con- 
venable pour la culture de ces végétaux, de sorte que, pendant plusieurs 

r 

années, je dus les abandonner presque complètement. Ce n'est qu'a partir 
du commencement de cette année que j'ai repris la culture de ces charmantes 
plantes, et l'état dans lequel se trouvent ces végétaux, tels que j'ai l'honneur 
de les soumettre à l'examen de la Société, peut prouver que cette fois j'ai 
eu plus de succès. 

Je dois dire tout d'abord que mon logement est particulièrement favorable 
pour ces expériences, car mes fenêtres sont tournées vers le nord-ouest, et c'est 
là que j'ai placé mes serres en miniature, qui constituent de petites bâches en 
zinc laminé, couvertes chacune de quatre morceaux de verre qui glissent dans 
des coulisses formées par le rebord du zinc. Ces quatre morceaux sont tenus 
ensemble par de petites pinces en plomb laminé. Ces verres étant en pente, je 
puis placer mes plantes selon leur différente graiîdeur, et il m'est possible en 
même temps de leur donner à toutes une distance à peu près égale des vitres 
qu'elles touchent presque. Ainsi j'obtiens que l'air (jui les environne soit con- 
stamment chargé d'humidité au plus haut degré. Je me suis aperçu cependant 
qu'il est très-utile, pour la réussite de ces plantes, de leur donner une sorte de 
drainage, et, par cette laison, j'ai pris l'habitude de mettre au-dessous d'elles 

une couche de terre formant une espèce de sous-sol ; car mes Hépatiques cral- 



I 



150 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

gnent autant d'être noyées que de se dessécher. Pour faciliter récoulement de 
Têau qui pourrait s*accumuler au fond de la bâche, j'ai eu soin de faire percer 
mes caisses de petits trous aux quatre coins. On voit qiCoutre l'avantage de 
pouvoir donner, par ces constructions bien simples, une atmosphère uniformé- 
ment chargée d'humidité, elles permettent en même temps partout dans la bâche 
un accès égal à la lumière du jour, et qu'ainsi ces végétaux se trouvent h peu 
près dans leurs conditions naturelles de végétation. On n*a pas besoin de les 
arroser fréquemment; rhumldité ne pouvant presque pas s'échapper au 
dehors, on ne doit en ajouter que rarement. La grande majorité des Hépatiques 
se trouvent très-bien de ce mode de traitement, et même les espèces cortî- 
coles qui, comme la plupart' des Mousses, sont soumises dans leurs stations 
naturelles à des alternatives fréquentes d'humidité et de sécheresse, ne 
se portent pas trop mal chez moi; il n*y a d'ailleurs qu*à les renouveler de 
temps en temps, lorsqu'elles dégénèrent ou périssent. Les semis d'Hépati- 
ques que j'ai opérés sur les mottes retournées des espèces qui fournissaient les 
spores, ont aussi réussi parfaitement dans mes serres. 
I Dans les trois serres que j'ai l'honneur de présentera la Société, il y a 

environ la moitié des Hépatiques de notre flore, et au moins une quinzaine en 
pleine fructification. Qu'il me soit permis d'énumérer ici les espèces qui y 
sont contenues. Le Calypogeia Tricliomanis Corda commence à faire sortir 
de terre ses longues capsules cylindriques, dont déjà quelques-unes ont 

■ r 

ouvert leurs valves si singulièrement contournées. Le Pellia epiphylla Nées 
est déjà au déclin de sa fructification ; le Marchantia polymorpha L. n'a 
encore développé que ses réceptacles mâles; ce n'est que bien plus tard, 
cVst-à-dire après la fécondation des archégones, que les réceptacles femelles 
feront leur apparition. Le charmant Lepidozia reptans Nées est en pleine 
fructification, ainsi que les Jungermannia alhicans L. , Chiloscyphus po' 
lyanthus Corda, Aneura pînnatiftda Nées, Scapanfa nemorosa Nées, Lopho- 
colea heterophylla Nées. Le petit Fossombronia pusilla Nées, qui fructifie 
presque constamment, est en ce moment également couvert de fruits en 
partie noirs, en partie encore verts. Les fruits du Reboulia hcmîsphœrica 
Raddi ne sont point encore complètement mûrs, mais ses réceptacles sont 
déjà très-développés. On y aperçoit en outre encore les plantes suivantes î 
Sphœrocarpus Michelîi Bell., Riccia glaucaL.^ Metzgeria furcata 'iieeSt 
Frullania dilatata^ees et F. Tamarisci'^^ts^ Lejeunia serpyllifolia Lib., 
Trichocolea fomentella î^eQiy^ Madotheca platyphylla Dumort.,, Mastigo^ 
brgmn trilobatum Nées, lîadula complanata DumorU ^ Junge^^mannia exseçta 
Schm. et J. bicuspidata L. , Plagiochila asplenioides M. et N. 

Il va sans dire que les dimensions dos serres à Hépatiques peuvent 
varier selon les besoins de celui qui cultive ces plantes et selon remplacement 
qu'on veut leur donner. Les miennes ont hk centimètres de longueur sur 

35 centimètres de profondeur; leur hauteur est de k centimètres sur le 



/ 



SÉANCE DU 27 MARS 1863. 451 

1 

devant et de 15 centimètres sur le derrière. Il paraît évident que la culture 
d'autres plantes, par exemple des jolis i^ymeno/)%//wm et d'autres Fougères 
délicates, doit pouvoir s*opérer avec succès dans des constructions de ce 

w ■ * 

genre. 

4 

M. de Schœnefeld annonce qu'il a trouvé près de Versailles une 

nouvelle localité du Narcissiis incomparabilis MilL, dans le petit 
bois situé entre le grand canal et le parc de Trianon. Il ne prétend 
nullement d'ailleurs affirmer la spontanéité de la plante, qui n^est 
peut-être qu'un hybride des N^ poëticus et Pseudonarcissus. 

r ' 

M. Ed. Bureau, vice-secrétaire, donne lecture de la communication 
suivante, adressée à la Société : 



DOUTES ET PRIÈRES AU SUJET DE QUELQUES ESPÈCES DE GLYCERIA DU GROUPE DES 

IIÂLOPIIILES, par M. a. l>UVAIi-dOUVE. 



(Strasbourg, 2 mars 1863.) 



11 est dans le genre Glyccria un groupe d'espèces que W. E- Fries {FL 
Scan. p. 102; Siimm. veg. p. 77) et avec lui IVLM. Andersson [Gram. ScancL 
p. 53) et Godron [FL de Fi\ III, p. 534) ont appelé Heleochloa, Cette 
section a même paru si naturelle et si tranchée à des botanistes dont Topinion 
est une autorité, qu'ils ont cru devoir lui conférer la dignité de genre en la 
nommant Atropis^ PuccîneUia^ etc. Cependant, qu'il s'agisse de section ou 
de genre, il n'en est pas moins difficile, le livre ou les plantes à la main, de 
se rendre strictement compte des caractères différentiels. Ainsi, on lit dans 
M. Andersson [op. el p. c.)\ « IJeleochloa... paniculademum contracta... »; 

* ■ 

mais, à la page suivante, il est dît du G. distans, la première et la 
plus répandue des espèces de ce groupe: « Panîcula... demum pyramîdalis 
ovata, ramisub anthesi horizontaliter divaricaiî, fructiferi refracti ». Comme 
caractère générique, on treuve : « Atropis... Glumae brèves inœquales; val- 
vula inferlor apice scarioso-obtusa... » (Griscbach in Ledcb. FL ross. III, 
p. 388) ; mais si l'on examine les plantes elles-mêmes, on constate qu'une 
grande espèce méditerranéenne, G. festucœformîs, a les glumes longues^ 
presque égales, avec la gluuielle inférieure aiguë. Une simple remarque, que 
M. Andersson place après les caractères du groupe [op. el p. c. ) : « Plantœ 
salinœ », suffit pour faire cesser Tcmbarras. En effet, ces plantes se distin- 
guent tout particulièrement de leurs congénères, en ce qu'elles croissent 
exclusivement sur des terrains imprégnés de sel, soit au bord de la mer, soît 
dans les salines; c'est ce que n'indique pas le nom du groupe Heleochloa; 
c'est ce qu'indiquait l'adjectif satina, imposé par PoUich à l'espèce qu'il 



J52 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



décrivit (1), et ce que j'ai voulu indiquer par le nom Halopiiil^, Ilalo- 
philes (aXç, sel), n'osant pas employer le moi salines^ qui, en français, comme 
substantif, a une autre signification, et, comme adjectif, signifie « contenant 
du sel », et non « croissant dans des terrains salés ». Si, à cette considération, 
on joint quelques-uns des caractères qu'indiquent MM. Andersson etGodron, 
« glumelle inférieure, à cinq nervures peu saillantes, etc. », ils suffiront pour 
faire reconnaître le groupe, sans prétendre lui attribuer une valeur générique 

•m 

ou seclionnelle. 

Quoi qu'il en soit, ce groupe est représenté en France par les six espèces 

suivantes : 

Glyceria festucœformis Host (sub: Pou) ; G. convoluta Hornem. (sub : 
Poa) ; G. maritima Huds. (sub : Poa)\ G. distans L. (sub : Poa)\ G. con- 
ferta Fries; G. procumbens Curt. (sub : Poa). 

Il paraît qu'il a été plus facile d'établir ces espèces qu'il ne l'est aujourd'hui 



de les distinguer. D'une part, M. 



/^ 



lui : « Proximis intermedia, characteres manifeslos ofFerens, sed variationis 
ambitus non satis exploratus » {Mant. II, p. 10) ; « Ulrum G. maritimœ îin 
G. distanti affiniorsit, vix dicas » [Summ. Scand. p. 2^5), et du G. mari-' 



tîma qu'il identifie presque 



festucœform 



Limites acutos 



6. maritimœ haud reperi « [Summ, Scand. p. 2/45). M. Andersson va tout 
aussi loin, et dit delà forme pulvinata du G. distans: « Forraam depaupe- 
ratam G. maritimœ tam aemulat, ut summa difficultatc ab ca distingualurr 
unde synonyma supra allata vaga etinccrla » {Gram. Scand. p. 5i}. D'autre 
part, si on considère la synonymie, la plus réduite même, celle de la Flore de 
France^ qui a la sagesse de ne citer que les sommités, on trouve que ces six 
plantes ont reçu quatre noms de genres ; la première, quatre noms d'espèce; 
la deuxième et la quatrième, cinq; la cinquième, trois. Enfin, à l'exemple de 



Trinius, qui avait déjà ramené à son Poa arenaria 



festucœfi 



maritima et distans, l'auteur de la Flore d'A Igérie réunit les cinq premières 



espèces 



'folia Boiss. 



/? 



Griseb. , en une vaste unité, Atropis distans Grîseb. (CossON, FL d'Algérie^ 

r 

p. 1S9 et suiv.). 

Toutes ces divergences prouvent, d'une part, l'extrême difficulté de la 
question ; mais, comme elles émanent des observateurs les plus distingués, et 
que, dès lors, elles ne peuvent que reposer sur des faits bien observés, sur des 

r 

éludes sérieuses de la réalité; elles donnent à croire, d'autre part, que ces 



(1) « Voa salina... Ad sali'nas cîrca Duerkheim... Amat tcrram snlsam ; 'cum feffî 
semper in Palatinalu ad saîînas occurral, adeo saîinœ nomen ei imposuî. » {Hisi. pi- 



» sempe 



Palal. 1, p. 89 et 90). Malheureusement celte espèce avait déjà reçu de Linné le nom 
Irès-peu juste de Poa distaf}s, M. E. Fries dit de la station de la même espèce et surtout 
de ses formes réduites : « In ipsa aqua salina vadosa extra limitem mappœ contiguiB 
» gramineœ... exlimumin mari gromen.., » {Mant, II, p. H.) 



SÉANCE DU 27 MARS 1863. 153 

éludes ont été faites isolément, sur des échantillons desséchés, en nombre 
insuffisant pour la comparaison. Le G. festvcœformis de M. Frics, si voisin 
de son G, maritima^ est-il bien celui de la Méditerranée, et celui des plages 
de Toulon et de Marseille est-il bien celui que Host a recueilli sur les bords 
de l'Adriatique ? Je suis loin d'en être certain, et c'est pour essayer d'arriver 
a quelque certitude sur ce point, que je demande à la Société la permission 
de me servir du Bulletin pour adresser mes prières aux botanistes, nos con- 
frères, et soumettre mes observations à leur contrôle. 

Je ne parlerai que de trois espèce» françaises : G. distans^ convoluta et 
/<?sfz^ap/brw 2*5, parce que ces trois espèces sont les seules que j'aie pu voir 
sur le vif, en assez grand nombre et assez longtemps pour les suivre et les 
étudier à mon aise* 

Avant de consigner ici mes propres observations, je rappellerai brièvement 
rétablissement de ces espèces et mentionnerai les caractères dislinctifs qu'on 
leur attribue encore. 

Le Poa (nunc Glyceria) distans fut ainsi nommé, pour la première fois, 
en 1767, par Linné, qui, dans son Mantissa^ p. 32, le décrivit en ces 
termes : 

<t Poa distans paniculœ ramulis subdivisis, floribus quinquefloris : flos- 
» culis distanlibus obtusis. Habitat in Austria. D. Jacquin. 

nStatura reliquarum Poae specierum, Culmt adscendentes, laeves, uti 
» Folia. Panicida scabriuscula. Flosculi U seu 5 obtusi, ab apice ad 
» médium corollae albi et adeo distantes, ut facile assumcretur pro Agfros- 
^) tidîs specre, nisi cahjx inquiratur; qua nota primo inluitu dignos- 
» citur (1). » 

La phrase caractérîslîque et la description qui la suit portent les traces étî- 
dentés, je n'ose dire de la négligence, mais au moins de la précipitation. Elles 
ne permirent ni à Pollich, ni à Curlis, de reconnaître que la plante qu'elles 
concernaient était celle que le premier nommait sept ans après Poa salina^ 
en la décrivant admirablement [HisL pi. Palat. I, p. 89) ; et que le second, 
trois ans plus lard, décrivait et figurait sous le nom parfaitement juste de Poa 
retroflexa [FL lond. fasc. VI, tab. 1). Willdenow nous apprend encore 
qu'elles induisirent Vahl en erreur , et que cet auteur [Symb. bot. II, p. 19) 
crut devoir, d'après elles, rapporter le Poa distans L. au Poa divaricata 
Gouan; mais, ajoule-t-il : « Specimina sîcca a generosîss. de Jacquin mihi 
missa exacte cum P. salina Pollich conveniunt « {Sp.pl. I, p. /lOl). Rolh 
avait fait remarquer que « in Poa salina flosculi non sunt remotî, sed spîcula 



(1) On voit ainsi que Ta^jeclif distans ne fait point allusion, comme on le croit 
souvent, a Iccarlement ou à la déflexion des rameaux de la panicule, mais à un carac- * 
tore que Linné s'était évidemment exagéré, à récarlemenl des fleurs sur Taxe de 
répillet. 



T. X. 



H 



154 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

potius imbrîcata dici potest » {lent fl. germ. II, p. 120); Schreber avait 
pris et fait prendre à Linné lui-n»ême le Poa distans pour VAù^a (nunc Ca- 
tabrosa) aquatica L. (voy, BtilL IX, p. 9) ; Hudson avait réduit le Poa dis- 
tans L. à n'être qu'une variété (3 de VAt7'a aquatica [FL angL éd. 2% 
p. Zk); tout cela fit que, malgré l'affirmation de Willdcnow, C.-C. Gmelin, 
remarquant avec Roth (/. c.) que VAira aquatica L. et le Poa distans h. 
« promiscue crescunt » , et ressentant encore des doutes certainement 
permis sur l'identité du Poa satina Poil, et an Poa disfans L. , demanda à 
Vienne la plante de Jacquin, et, dit-il : « Speciinina austriaca, Yiennse ab 
amico lecta, mihi missa, a nostrate nullo modo differunt » {FL bad. I, 
p. 188). Il n'est donc guère possible de nier l'identité des deux plantes, et 
quelque doute que fassent naître, sur la possibilité d'une confusion avec VAira 
aquatica w^w/^^7?or«, l'expression « flosculi distantes », et ce fait que le Poa 
distans L. , qui croît en Suède et en Norvège, ne figure pas sous son nom dans 
rherbier de Linné, et ne s'y trouve que dans la feuille de VAira aquatica 
(Hartm* -A?m, herb. linn. p. 36); le nom imposé par Linné, si impropre 
qu'il soit et si mauvaise que soit la diagnose qui l'accompagne, paraît néan- 
moins le nom princeps et à conserver. 

Une forme appauvrie, à épillets très-petits réduits à deux ou trois fleurs, 
avait été trouvée dans les Alpes, près des forts de Briançon, par Chaix, qui 
la nomma Aira brigantiaca {Hist. pi. Dauph. I, p. 378), et par Yillars, 
qui, tout en la reconnaissant analogue aux Poa, en fît d'abord une variété |3 
de VAira aquatica {Fl. delph. p. 6), puis une espèce « Aira miliacea, h 
cause de sa panicule ouverte comme celle du Millet-des-bois, Milium cffu- 
sum » {Hist. pi. Dauph. I, p. 303, et If , p. 81). 

En 1815, le Poa convolutaiut ainsi décrit par Hornemann : « Panicula 
subcontracia, spiculis linearibus 6-8-floris; flosculis basi liberis, obtusîs; foliis 
glaberrinais, învoluto-setaceis, rigidis, glaucis; radice fibrosa » {ffort. bot. 
hafn. II, p, 953). Cet auteur distinguait sa plante du Poa distans par ces 
mots : « panicula subcontracta », et du Poa maritima par ceux-ci : « radice 
fibrosa ». Ce sont encore là les deux principaux caractères par lesquels les 
aoristes distinguent ces espèces; et l'on s'accorde à ne faire remonter qu'à^ 
Hornemann la priorité de la description et la dénomination du Poa convoluta. 
Cependant, en 1794, vingt-et-up ans avant la publication du deuxième volume 
et VHortus regius hotanicus hafnienisy cette plante était minutieusement 
décrite par Mœnch, sous le nom de Poa arundinacea. En général, on a rap- 

V 

porté la plante de Mœnch au P. maritima Huds. , mais le soin que cet auteur 

à 

a eu d'opposer dans sa description le caractère « radix minime rcpens » au 
caractère « radix rcpens » assigné par Hudson à son P. maritima {FL angL 
éd. 2% p. ù2) , et qu'on a continué à lui assigner depuis, aurait dû, ce me 
' sen)blc, empêcher ce rapprochement. Au reste, voici in extenso la diagnose et 
la description de Mœnch : 






f -f .•- . — — 1_-^ ■ - '• 



SÉANCE DU 27 MARS 1863. 155 

« POA arundinacea^ foliis convolulis: culmo erecto : panicula coarclata : 
« spiculis subterelibiis muticis 10-12-floris coloralis. 

\ » Descriptio. — Radix fibrosa, minime repens, pevennis. Culmus lae\is 
w tercs pedalis sesquipedalis erectus glaucus. FoHa culmo breviora, convoluta 
»siibrigida laevlssima glauco-viridia. Vaginœ laeves. Lîgula albida oblonga- 
» oblusa membranacea, Panicula ràmosa, lamis ereclis, duobus ex uno loco. 
i Axis scabra. Calycis valvulae virides acutae, ovato-lanceolalae. Corollae val- 
)) viilae calycc longiores: exlerîorî ovata acuta; interîorî obtusa : ad apices 
» rubellœ, albido-membranaceae.r Antherae flavae. Seiheii oblongum iitrinqne 
)?acutum. Semina sub nomine Poœ arenariœ Gouani accepi » {Met/i/ 
li 186). . , ' . . ■ -^ 

] Remarquons ici, d'une part, que Gouan n'a décrit aucune plante sous le 
mm de Poa arenaina ; d'autre part, que, bien que cet auteur n'ait men-' 
tienne non plus, sous aucun nom, aijcune de nos espèces de Glyceria^ il y a^ 
néanmoins toute probabilité qu'il a vu ces plantes, si communes sur le littoral* 
de Montpellier (Godr. FL de Fr. III, p. 53Zi-536), et que, petir s'éclairer, 
il avait adressé ses Glyceria aux jardins en relation avec celui de Montpellier, 
dh proposant le nom Poa arenària, sous lequel parvint à Mœnch une de ces 
espèces, qu'il nomma Poa arundinacea (1). Ce nom paraît donc le nom prin- 
ceps de notre espèce, qui devrait s'appeler G. arundinacea Mœnch (sub : 
Poa]^ mais que, dafls cette noie, je continuerai à nommer G. convoluta pour 
éviter toute confusion. Du reste, la synonymie de cette espèce se réduit à 
Ift^esque rien, après qu'on a écarté les dénominations qui, à l'époque oii elle 

était peu cofîtlûe, là rapportaient tantôt âù P. disions 1,., tantôt au P. ma- 
ritima Huds., tantôt au P. fehtucœformis Host, et c'est pour rappeler 
deux de ces noms donnés par Gussone que M. Parlatore Ta mentionnée sous 
le nom de Gussonii [FL it I, p. 36). 

Le nom de G. festucœformis est unanimement rapporté à la plante décrite 
par Ileynliold (in Rchb. Flo7\ exe. p. ûS); mais comme cet auteur identifie 
sa plante avec le Poa festucœformis Host, il s'ensuit, je le crois du moins, 
(lu'il y a unanimité pour attribuer à Host la priorité de distinction et dé 
dénomination. 

Admettant donc, par hypothèse, trois plantes répondant aux trois noms 
ci-dessus rapportés, voici un tableau comparatif des caractères différentiels les 

F ^ 

plus saillants à elles imposés par M. Gôdron. Koch et M. Andersson ne les 
mentionnent pas tous, mais ils n'en mentionnent aucun autre* 



u. 



> ft # 



.\ 



(1) Lejiom de Poa aro^aria fut appliqué par Relzramiée suivante, en 1795 (Fî. 
Scand, Proclr. éd. 2% p. 23), au P. maritima d'après Willdenow (5p. pi. T, p. 396), 
au p. distans d'après M, Andersson {Gram. Scand. p. 54). li y a là encore un singu- 
lier rapprochement de date et de nom qui pourrait laisser croire à Thypothcsc que Relz 
aurait reçu la môme communication que Mœnch, sous le même nom, qu'il agirait appliqué 
à une plante Scandinave; 



/ 



156 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE 



Feuilles 



FJgule (1). 
Panicule , , 



• • 



m * 



X' 



Glumes 



Glumelles. 



# * 



G. DISTANS. 



planes. 

courte, obtuse. 

Rameaux nus à la base, 
réfléchis ; cpilleis à 
4-6 fleurs lâches. 



G. CONVOLUTA. 



G. FESTUC^FORMIS. 



ovales , obtuses , très 
inégales^ 1/2 lon- 
gueur de la glumelle 
contiguë. 

L'inférieure oblongue. 



roides, enroulées, su- 

bulées. 
saillante, arrondie. 

Les plus longs rameaux 
nus à la base , tous 
étalés ou réfléchis ; 
épillets à 6-11 fleurs 
rapprochées, 

lancéolées, obtuses; 2/3 
eu longueur de la 

glunielle contiguë. 
L'inférieure oblongue. 



un peu roides, enrou- 
lées, subulées. 
allongée, lancéolée, la- 



9 9 



ceree. 
Rameaux nus à la base ; 
épillets à 6-11 fleurs 
rapprochées. 



ï * 



lancéolées , Bubaîgucs, 
2/3 en longueur de 
la glumelle contiguë. 

L'inférieure lînéaîre- 
' oblongue. 



J t 



Nul caractère comparatif n'est tiré ni des caryopses , ni de la surface des 
feuilles (car si M. Godron dit du G. distans « feuilles rudes en dessus et sur 

A 

les bords », il ne dit rien des feuilles des autres espèces), ni de la souche, 
et, en résumé, la première plante se distinguerait des deux autres par les 
feuilles, et celles-ci entre elles un peu par la ligule, caractère douteux,un 
peu par la direction des rameaux, à peine par la longueur et la forme des 
glumes et des glumelles. Ce sontlh aussi les légères différences que M. Cosson 
indique entre les variétés et sous- variétés de son Atropis distans {FI. Alg. 
pp. iaO"Ul). 



Host avait attribué d'autres 



festucœfi 



ausir. III, p. 12); mais, comme en citant son synonyme, Koch y ajoute ces 
mots terribles : « Pessime descrîpta » {Syn. éd. 3% p. 701), l'idée me vint 
de comparer, puisque je pouvais le faire, les plantes vivantes entre elles, et 
en particulier le G. festucœformis vivant à la description et à la ligure de 
Host, attendu que je trouvais moi-même une certaine contradiction entre la 
forme attribuée aux feuilles par la description et celle qu'elles ont sur la 
planche 17 du tome III des Gram, austr.j à laquelle on se réfère ordinaire- 



fi' 



apicem versus 



carinata carinaque aculeis exasperata, reliqua parle conve:i;a laevia *> {op. c. 
p. 12). Dans son Flora aiistriaca, où il réduit ses descriptions, il conserve 
néanmoins « folia crassa, firma » (p. 169). Mais la planche précitée que 
j'avais alors, comme aujourd'hui, sous les yeux et qui est superbe d'exécution, 



4 
r 



(1) Caractère sans valeur, attendu que la ligule de la feuille supérieure varie consi- 
dérablement de longueur et de forme sur les cliaumes d'une même touffe. 



. SÉANCE DU 27 MARS 1863. 157 

réprésente notre plante avec des feuilles planes et même assez larges. Examen 
fait sur des sujets vivants des trois espèces, pris au même lieu et souvent sur 
^ un même mètre carré, j'ai constaté : j 

l°Quele6\ distans a les feuilles minces, planes, carénéeSi subitement 
acuminécs, et jamais enroulées, tout au plus irrégulièrement pliées ou tordues 
en se flétrissant: 

2** Que le G. convoluta a lés feuilles épaisses, résistantes, longuement acu- 
minées, toujours pliées et un peu enroulées à la marge , arrondies sur le dos 
et seulement un peu carénées, rudes vers la pointe; 

3** Que le G. festucœformis a des feuilles charnues, jonciformes, insen- 
siblement acuminées, parfaitement lisses, cylindriques et sans carène, si 
ce n'est à quelques millimètres de la pointe, comme le dit Host; ce n'est 
qu'en le déchirant qu*on peut en étaler le limbe composé de deux moitiés 
semi-cylindriques, étroitement applîquées l'une contre l'autre, sans être 

enroulées au bord, même alors cju'elles sont flétries, fanées et dessé- 
chées. 

Les expressions « folia crassa, firma » du texte de Host étaient donc rigou- 
reusement exactes ; mais d'où venaient alors les feuilles planes de la figure? 
J'avais récolté en nombre les trois Glijcerîa et j'en avais dessiné les feuilles 
sur le vivant ; mais lorsque, quelques jours après, je voulus montrer à un ami 
ces feuilles de formes si nettement tranchées, à ma grande surprise, je trouvai 
sur le G. feshœœformîs que, par la dessiccation, le parenchyme épais inter- 
posé eiilré les faisceaux fibro-vasculaires s'était afl'aissé, que des côte-s et des 
stries avaient apparu, et que, par la compression, les feuilles cylindriques 
s'étaient presque aplaties, et simulaient des feuilles planes pliées selon la lon- 
gueur. Je pensai alors que cette apparence avait trompé le dessinateur de 
Host et mis la figure en contradiction avec la description que l'auteur avait 
faite sur le vivante 

Aux différences des feuilles correspondent des différences analogues sur les 
entre-nœuds des chaumes. Ainsi ceux des G. convoluta et festucœformis 
présentent sur toute leur longueur des parois très-épaisses, très-solides, rési- 
stant à la pression des doigts, avec une cavité centrale presque nulle ; les 
entre-nœuds du G. distans ont une vaste cavité centrale, des parois minces, 
flasques, cédant à la moindre pression ou s'afTaissant même nalurellement à 
leur moitié incluse. Ces tiges sans consistance disparaissent après la floraison 
et avec l'été; le G. festucœformis \éQète toute l'année et continue à produire 
eu automne des faisceaux de longues feuilles jonciformes à côté de ses chau- 
mes persistants et dont les enlre-ncèôds inférieurs restent verts presque jus- 
qu'au printemps suivant. Cette persistance est moins marquée sur le G. con- 
voluta. La floraison de ces deux espèces est toujours d'un grand mois en 
retard sur celle du G. distans. 

Je dois faire remarquer ici que ces différences, ainsi que celles que j'aurai 



158 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 

^ signaler^ ne sont point dues à des influences de latitude, d'atinosplière ou de 
sol, par la raison que mes observations sur ces trois plantes ont été faites dans 
une même localité, à Rognac (Bouches-du-Rhône), au bord de l'étang mari- 
time, de. Be^r^» où j'ai pu, pendant plusieurs mois chaque année, les observer 
et les récolter toutes trois souvent, je le répète, sur un môme mètre carré. * 
Étudiées sur le vivant, les paniculesde ces trois plantes offrent des différences 
de disposition qui les font distinguer au premier coup d'œil Ainsi, cglle du 
G. convoluta^ vue verticalement de haut en bas, est inscriptibledans un triangle 
isocèle à large base; ses rameaux sont au nombre de deux : un latéral et un 
médian, formant entre eux un angle droit ou un quart de verticille, disposés 
çn demi-alternance, et de telle sorte que les rameaux latéraux sont seuls 
alternants, tandis que les médians sont toujours immédiatement superposés et 
toujours dès lors du même côté du rachis, du côté opposé au limbe de la 
feuille quand la panicule sort de la gaîne. De là unepanicule unilatérale. Sur 
les G. dUtans et festucœformîs^ la panicule se circonscrit par un losange (1){ 
les rameaux, au nombre de cinq, deux grands latéraux ou extérieurs, un 
grand médian et deux petits intermédiaires forment des demi-verticilles; mais 
ces demi-verticilles alternent complètement; il en résulte une panicule égale 
dont les rameaux latéraux se superposent immédiatement et dont les médians et 

les petits sont les seuls à alterner,. Ces deux modes de disposition ne souffrent 
aucune exception, et les petits rameaux qui, sur les sujets vigoureux, s'inter- 
posent quelquefois entre les deux rameaux des verticilles inférieurs du 
G. convoluta, jie changent rien à la disposition relative de ceux-ci ; ils n'en 
demeurent pas moins à angle droit , tout au plus s'écartçnt-ils un peu davan^ 
tage, jusqu'à former entre eux un quart et demi de verticille, et par leur super- 
position, trois angles droits, mais toujours la panicule reste incomplète par 
uu côté. D'autre part, sur les sujets très-maigres du G, distans, comme celui 
que Host a figuré [Gram. aiislr. II, pi. 63), les rameaux se réduisent souvent 
à trois ou même à deux formant un quart de verticille; mais alors qu'on fasse 
attention à l'ensemble de la panicule, et Ton y verra une splendide confirma-* 
tion de la loi de complète alternance entre les verticilles de cette espèce. Eu 
effet, ces quarts de verticille, au lieu de s'agencer comme ceux du G. convo- 
hiia d'un même côté du rachis, alternent complètement, paraissent ainsi oppo- 
sés quand on les regarde verticalement ^ et constituent toujours une panicule- 
égale, inscriptible dans un losange. 

Ces dispositions ne se constatent bien que sur le vivant; la compression 

ord et déforme la panicule. Mais avec un peu d'attention on peut encore, sur 

le sec, reconnaître de quel côté du rachis partent les raineaux. Hudson me? 



> 



1 



(1) La disposition du G. convoluta est aussi celle du g! maritima; elle est exacte- 
;rit représentée pai la panicule du P. annua, et la disposition des G. distan 
çœformis répond rigoureusement à celle des Poa pratensis et trivialis. 



\ 



men 



s et festu- 



SÉANCE DÛ 57 MARS 1863. 169 

paraît avoir remarqué ce caractère; il dit de son P. maritima: a Panîcnla 
wsecunda, ramis binatis » [op. ç^lp, C). M. x\nderssonaditaussi : « G. dis^- 
• tans, panicttia œquali... G. maritima, panicula subsecunda [op. et p. c); » 
et M. Cosson : « Atropis disions var. a vttlgaris et var. (3 festucœformis; 
» panicnlae ramis inferioribus subquinis. .. var. y maritima pauiculae ramis 
BÎnferiorîbus subgémînis » [FL Alg. pp. IZiOet l^il). 

Notons en passant la longueur relative des anthères : celles du G. distans 
sont moitié plus petites que celles du G. convoluta, plus petites elles-mêmes 
que celles du G. festucœformis. 

Enfin, il me reste à parler du caractère tiré de la longueur des glumes 
comparées entre elles et aUt glumelles contiguës. M. Godron a déjà indiqué 
ce caractère ; je l'ai étudié, pour ma part, sur une immense quantité d'indi- 
vidus vivants du G. distans, observés soit dans les salines de Duerkheim 
(Bavière rhénane), localité classique du Poa salinaViA\,, soit sur les bords 
de l'étang de Berre , et je l'ai constamment trouvé en concordance avec les 
ressemblances qui unissent le G, convohita au G, festucœformis et avec les 
différences qui séparent ces deux dernières plantes du G. distans. 

Le G. distans a ses glumes largement ovales, très- obtuses, très-inégales 
entre elles; Tinférieure, de moitié plus courte que l'autre, recouvre à peine 
le tiers de la glumelle contiguë. 

Le G. convohita a ses glumes ovales-lancéolées, obtuses; l'inférieure, 
d'un tiers plus courte que l'autre, recouvre la moitié de la glumelle contiguë; 
mais il n'eist pas rare, je dois le dire, de trouver sur une même panicule dé 
cette plante les épillets du haut avec de grandes glumes peu inégales, et ceux 
du bas avec des glumes plus inégales et beaucoup plus petites. 

Le G. festucœformis a ses glumes lancéolées, peu inégales entre elles; 

rinférieure recouvre les 3//j ou les /»/5 de la glumelle contiguë. 

Ainsi, en résumé, ces trois plantes me paraissent différer entre elles: 
1° par l'époque de la floraison; 2** par la durée de végétation*; 3° par la 

Y 

forme des feuilles ; 4° par la disposition de la panicule ; S"* par la longueur 
des anthères; 6*^ par la longueur relative des glumes. 

Et maintenant tirerai-je des différences celte conclusion, que ce sont trois 
espèces, ou des ressemblances cette autre, que ce ne sont que trois formes 
d'un même type? Non, certes; ni l'une, ni l'autre. Je n'en induirai même 
pas que ces différences doivent persister partout aussi nettement tranchées 
qu'elles m'ont apparu. Je n'affirme rien; je me borne à rapporter exactement 
ce que j'ai vu, et ce, pour le soumettre a l'examen et au contrôle de mes con- 
frères et surtout à la vérification de ceux qni habitent les contrées maritimes- 
Je les supplie de vérifier si ces caractères persistent; si le G. distans conserve 
toujours ses feuilles planes, hG, convoluta ses feuilles enroulées, et le G, fes- 
tucœformis SCS feuilles charnues el jonciformes; s'il y a de véritables transi- 
tions entre le G. convoluta el le G. festucœfoi'mis ; û l'on n'aurait pas cru 






160 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

trouver ces transitions en prenant de grandes formes du G. convoluta pour 
le vrai G. festucœformis. N'y aurait-il que deux types essentiels, le G. dis^ 
tans h feuilles minces et planes, et le G. maritima à feuilles épaisses, pliées, 
et dont dépendraient comme formes extrêmes les G. convoluta et festucœ-^ 
formis?he G. maritima a-t-il toujours des stolons? Je n'ai pu étudier cette 
plante sur le vivant, et même je dois dire que je n'ai pas encore reçu de 
France un seul échantillon auquel j'aie pu authentiquement appliquer le nom 

de G. maritima; tout ce que j'ai reçu sous ce nom n'était que du G. con- 
voluta* 

Je prie donc nos confrères de me communiquer leurs observations, de vou- 
loir bien me récolter des échantillons complets de Glyceria^ formes-types, 

1-1 

formes luxuriantes ou réduites, avec une indication de la nature de la station. 
J'ai déjà inoi-même récollé une telle quantité de ces plantes que j'espère 
être en mesure de répondre à ce qu'ils daigneront m'adresser. Je les supplie 
enfin de commencer par excuser cette demande; je n'ai pour la leur adresser, 
d'autre droit que mon désir de m'éclairer, d'autre titre que celui de membre 
d'une Société « qui a pour objet de faciliter, par tous les moyens dont elle 

• peut disposer, les études et les travaux de ses membres.» (Art, 2 des 
Statuts). 

F 
L 

A propos de cette communication, M. J. Gay dit qu'il a trouvé le 



maritima Irès-abondant urès de Coutance 



des 



stoloniformes , et le Glyceria distans à 



(Valais), sur un lei 

Chalin ajoute que l'on trouve le Glyceria d 



(iMeurthe), où il y a des sources salées. 

M. Cosson dit que les caractères par lesquels on distingué les 
Glyceria distans et maritima ne résistent pas à Texanien d'un 
grand nombre d'échantillons, et que, d'ailleurs, les véritables 
espèces ne se distinguent jamais par un caractère 



unique 



II 



distans existe en Auvergne , près des sources 



Saint-Nectaire, avec le Glaitx maritima et quelq 



espèces 



1 T 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



(OCTOBRE 1863.) 



». ■■ - * 



N. B. -^ On peut se procurer les ouvragées analysés dans celte revue chez M. J. RollisclâlJ, libraire 
de la Société botanique de France, rue de Bucî, 14, à Paris. 



t f 



PHYSIOLOGIE VEGETALE 



* - 

De l'action de Cfuclques composés du règ;nc minéral 
sur les végréian^iL; par M. Marie-Edme-Étienne-Henri Roche (Thèse 
de pharmacie) ; in-lx^ de 71 pages. Paris, 1862, 

j L 

ri 

T 

Ce travail est divisé en trois parties. Dans la première, l'auteur étudie les 
effets extérieurs des composés minéraux sur les végétaux, c'est -h-dire succes- 
sivement les effets qu'ils produisent sur les piaules considérées d'abord en 
général, puis en particulier, suivant leur espèce, leur âge et leur composition 
chimique, et enfin, suivant la composition du sol où elles vivent, l'humi- 
dité, la température et la hnnière dont elles jouissent. Les poisons dont 
M. Roche apprécie l'action, tant d'après les auteui^ (Marcel, Daubeny, 
Macaire, Mueller, Ghatin, Bouchardat, etc.) que d'après ses propres re- 
cherches, sont les suivants : l'arsenic, l'antimoine, le mercure, l'argent, le 
cuivre, l'étain, le plomb, le fer, le zinC, le manganèse et leurs principaux 
composés. Cet exposé est rempli de faits intéressants; on regrette seulement, 
en le lisant, que l'auteur n'ait pas séparé les résultats de ses propres expé- 
riences de ceux qu'il a trouvés dans les travaux antérieurs. Relativement aux 
effets particuliers des composés nn'néraux, il signale certaines espèces qui y 
sont rebelles, notamment parmi les Cryptogames, ce qui, dit-il, devrait faire 
proscrire l'arsenicage des blés usité contre VUredo Carbo, que la loi inter- 
dit, et que bien des fermiers pratiquent encore. Il indique aussi une résis- 
tance plus grande pour les iMonocotylédones que pour les Dicotylédones ; il a 
toujours vu les premières se développer dans du sable lavé et calciné, arrosé 
avec une solution titrée de sels métalliques, où aucune espèce de Dicotylé- 
done ne germait; parmi ces dernières, les Légumineuses sont les plus sensi- 
bles à l'action des poisons. L'àgc des plantes exerce une influence marquée 
dans les expériences; les plus jeunes meurent toujours les premières. Relati- 
vement a la composition chimique des végétaux, l'auteur a remarqué que 
les Crucifères sont les seules plantes qui germent dans du sable arrosé avec 



462 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

les solutions de nitrate d'argent et de bichlorure de mercure au dix-millième, 
d'émétique et de sulfate de cuivre au millième, ou enfin dans le sulfure d'an- 
timoine et Toxyde noir de cuivre ; il est disposé à admettre que le principe 
soufré de ces plantes se combine avec le composé métallique, et, le rendant 
insoluble, en annihile en partie les effets. LMnfluence du milieu est souvent facile 
à apprécier ; ainsi les terrains calcaires, eu transformant le poison minéral, 
le rendent aussi insoluble et inactif; quant à rhumidité, à l'agitation de Tair, 
l'action en a été appréciée déjà par M. Chatîn. 

La deuxième partie traite de la présence de quelques composés du règne 
minéral dans les végétaux, soit normalement, soît accidentellement, et de leur 
répartition suivant les organes. On sait, à ce dernier égard, que l'arsenic se 
rencontre dans le chaume et les feuilles de Blé arséniqué, mais non dans Tépi 
de la même plante. L'auteur a répété sxxvV Helio^nthus annuus des expériences 
analogues à celles de MAL Cbatin et Filhol, et a vu que l'arsenic diminue dans 
les organes de la plante semée dans un terrain î^rséniqué, à mesure que ces 
organes s'éloignent du sol. Il s'occupe encore, dans un chapitre spécial, de la 

r 

transformation des composes minéraux absorbés'par le végétal; mais il ne peut 
guère, de son propre aveu, présenter sur ce sujet que des hypothèses. 

La troisième partie est intitulée Recherches sur l'absorption et V excrétion 
des composés minéraux par les plantes. « On a regardé, dit l'auteur, la pré- 
sence des composés minéraux dans les plantes Comme le résultat d'une action 
a purement mécanique ; les spongioles, en présence des solutions corrosives, 
» suivant la plupart des physiologistes, ont été détruites et l'absorption s'est 
)) faite par imbibition , capillarité, endosmose (1). Qu'il en soit ainsi dans 
» les expériences provoquées, lorsqu'on plonge les racines des plantes dans 
.des solutions concentrées de sels métalliques, nous l'admettons; toutefois, 
» même dans ce cas, une partie de la liqueur s'est introduite avant la des- 
I) truction des spongioles, et cette introduction cependant n'a pas eu lieu par 
» un autre organe. Mais on ne peut révoquer en doute l'absorption pure et 
n simple, par les spongioles, des liqueurs nourncières de la plante, elc. *> 

A l'appui de ses opinions, M. Roche invoque des expériences spéciales. Il a 
placé dans des solutions vénéneuses des Jacinthes à racines coupées et d'au-* 
très à racines intactes, et a vu, en général, les signes de l'empoisonnement, 

apparaître plus tôt chez les plantes dont les racines étaient intactes ; il a fait 

r 

des observations analogues sur les racines adventives du Polygonum orientale. 
Il ajoute qu'en s'appuyant sur ces résultats et sur la présence des minéraux 
toxiques dans les plantes à l'état normal, il doit rejeter la propriété de distin- 
guer dans rabsorption les éléments nourriciers des éléments nuisibles, pro- 
priété que l'on a attribuée aux racines. Il rappelle que l'on a pu saisir, par 
des réactifs, les traces du passage des substances toxiques dans les vaisseaux 



-■ ^ 



(1) Voyez le Bulletin, t. Vlll, p. 476. 



' \ 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 163 

des plantes. II fait comprendre comment ces substances agissent d*abord sur 
les feuilles, parce que la solution qui les enferme se concentre dans ces orga- 
nes en vertu de la transpiration. Quant à l'excrétion des composés minéraux, 
l'auteur n'étudie cette fonction que dans le cas où elle élimine des substance» 
nuisibles absorbées précédemment par les racines du végétal. Il a vu Taçide ai"sé- 

+ 

nieux diminuer peu a peu dans des Blés dont la graine en avait absorbé la solu- 
tion, mais n'en a jamais constaté, comme M, Chatin, la disparition complète. 
Pour que l'excrétion ait lieu, dit M. tloché, il faut avoir enlevé complètement 
du sol où est planté le végétal observé le composé dont on veut obtenir Tex- 
crélion ; ceci est une application des lois de rendosmose. On comprend, d'aprè^ 
cela, combien est redoutable l'emploi répété d'engrais artificiels qui renferment 
différents métaux toxiques et solubles dans les liqueurs nourricières des plantes. 
L'auteur cherche ensuite quels sont les organes d'excrétion des racines ou 
des feuilles. Il n'a étudié le rôle des racines dans l'excrétion que sur des 
plantes soumises h des doses faibles de composés ou les ayant absorbés par des 
organes autres que les racines, afin d'éluder la difficulté qui naît de Faction 
destructive exercée par les solutions toxiques concentrées sur les spongioles. 
Ses expériences sur le Blé sont analogues à celles de M. Chatin ; il en tire de^ 
conclusions semblables, mais contraires à celles de M. Cauvet. Il a employé des 
Jacinthes, dont les racines, divisées en deux parties, plongeaient d'une part 
dans la solution toxique, d*autre part dans l'eau distillée ; quand les accidents 
se montraient dans la plante, on ne trouvait aucun composé métallique dans 
cette eau, du moins tant que les racines restaient turgides. 11 a répété encore les 
expériences de 'SI. Cauvet sur des plantes à stolons radicants, et n'a pas trouvé 
le poison dans les vases où trempaient les racines adventives de la plante -mère 
empoisonnée par une solution faible. Les stolons continuaient a végéter, ne 

H 

cherchant leur alimentation, dit-il, que dans l'eau qu'ils absorbaient parleurs ra- 
cines propres; cependant il a constaté la présence du poison dans les sujets portés 
par ces stolons. En employant les solutions concentrées, il a vu, au contraire, 
les radicelles des stolons se flétrir et laisser passer le composé minéral dans l'eau 
des vases. Enfin, dans une troisième série d'expériences, M. Roche a fait usage 
de solutions très-étendues et a placé dans du sable les radicelles des stolons 
dont la plante-mère était empoisonnée. Il a trouvé le poison dans ce sable 
sans que les radicelles fussent attaquées. Il est disposé à penser que le courant 
d'absorption établi par les racines saines des stolons plongeant dans l'eau s'op- 
pose au courant contraire d'excrétion. Il s'occupe ensuite du rôle des feuilles 
dans l'excrétion. Il conclut de ses expériences que ce rôle est nul et que les 
feuilles ne peuvent excréter le poison ni à l'état gazeux, ni entraîné par la 
vapeur d'eau, ni par siinple extravasation, du moins dans l'état physiologique 
et quand on emploie des solutions toxiques faibles. Il a analysé les goutte- 
lettes excrétées par l'extrémité des feuilles d'un blé arséniqué et cuprifère et 
n'y a point trouvé de poison ; mais il i^econnaît que les feuilles peuvent se 



164 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 



charger du composé niéiallique introduit, et, en se détachant , le séparer de 
la planté. 



Dr Eugène FouaNiER. 



Reclic 



par 



18627. 



Il résulte de ces recherches que, dans les premières périodes de leur dévelop- 
pement, les olives contiennent en abondance une matière verte qui a beaucoup 

ri 

de ressemblance avec la chlorophylle, et, comme celle-ci, est soluble dans 
réther et le sulfure de carbone ; cette maiièrc verte diminue d'une manière 
progressive avec Taccroissement des olives, tandis que la matière huileuse 
augmente dans une relation inverse, et devient de moins en moins colorée. 
Lorsque les olives sont complètement développées et mûres, la matière verte 
disparaît, et le sulfure de carbone ne sépare de ces fruits que de Thuile trans- 
parente et à peine colorée d'une teinte jaunâtre. En outre, les olives, au mo- 
ment de leur formation, contiennent en abondance de la mannite, dont elles 
retiennent toujours une certaine proportion tant qu'elles sont vertes. Il est a 
remarquer que cette matière sucrée se retrouve dans toutes les parties de 
l'Olivier sur les écorces, bois, branches grosses et minces, et en plus grande 
^quantité dans les feuilles et dans les fleurs avant la fécondation ; elle disparaît 
complètement dans les fruits mûrs qui contiennent un maximum d'huile, 
ainsi que dans les feuilles jaunies. 

E. F. 



Rouen 



Etude cliiniic|uc sur les graines du Fnsaiu d'Europe; 

par IM. P. -H. Lepage, pharmacien a Gisors (Extrait du Précis de VAca- 
demie impériale des sciences, bel les -lettres ^et arts de 
1861-62). Tirage à part en brochure in-8** de 6 pages. 

} ^ T, ^ 

1 

L 

Il résulte de l'examen chimique auquel s'est livré M. Lepage, que les 
graines de VEvonymus eiiropœus, privées de leur arille et séchées à Tair 
libre, contiennent: huile fixe, 41,50 ; sucre de gîycose, matières protéiques, 
gomme, principe amer, tannin, sels solubles et eau hygrométrique, 24,00 ; 
tissu cellulaire et sels insolubles, 34,50. L'huile fixe, qui a été obtenue en la 
dissolvant dans le sulfure de carbone, est d'une couleur jaune tirant sur le 
brun ; sa densité est de 0,921 ; elle est à peu près insoluble dans Talcool, et a pu 
supporter un froid de — 10** sans se congeler ; elle donne avec la soude caus- 
tique un savon dur, probablement propre à être employé aux usages écono- 
miques, et produit sur les chiens un léger effet purgatif. Le principe amer n'a 

- ■ 

été obtenu qu'à l'état amorphe. Le tannin des graines colore en vert les sels 
de sesquioxyde de fer. Quant aux arilles, l'auteur en a extrait 25 pour 100 
d'une matière grasse, fluide, d'une belle couleur rouge, présentant en hiver 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE.. 165 

une consistance comme gélatineuse. II faut rapprocher de ces recherches 

^ 

celles de M. Kubel, publiées dernièrement dans le t/oz/nm/ fuer praktlsche 
C/iemîe. (le chimiste a extrait du liquide contenu dans la couche interne de 
VEvonymus un principe ternaire isomère avec la mannite, et qui en diffère 
par son mode de cristallisation et son point de fusion ; il le nonmie Evonymite, 



E. F. 



BOTANIQUE DESCRIPTIVE. 

w 
j ■ 

DeniLièiiic mémoire sur les I^oraiitliaeccs; par M. H. Bâillon 
(Extrait de V Adansonia^ livraison de novembre 1862). Tirage a part en bro- 
chure in-8'' de 79 pages, avec une planche gravée, 

h 
j 

r 

L 
J 

Nos lecteurs ont vu, dans le précédent numéro du Bulletin, Tanalyso du pre- 
mier mémoire de M. Bâillon sur le même sujet; ils savent que l'idée fondamen- 
tale qui préside à ces recherches est l'assimilatioa des Loranthacées, Santala- 
cées, Olacinées, Anihobolées, etc. , et leur fusion en un ordre unique qui porte 
le nom d'ordre des Loranthacées. L'auteur confirme cette opinion par de 
nouveaux détails dans son deuxième mémoire. Il montre que la seule différence 

r 

qui sépare les Olacinées des Santalacées est relative à la situation de l'ovaire, 
qui est en général supère dans la première de ces familles et infère dans la 
seconde. Mais il rappelle que des différences analogues existent dans les Pri- 
mulacées et les Saxifrages et qu'elles y sont acceptées par tous les botanistes ; 
et d'ailleurs il prouve que la famille des Olacinées elle-même renferme aussi 
des types à ovaire infère, par exemple les Liriosma. Il ajoute quelques détails 
^ml^PseudaleiaÙQ Du Petit-Thouars, qui doit, selon lui, rentrer dans le genre 
OlaXy ainsi que Pa dit AVilldenow; il s*occupe aussi du genre Heisteria L. , 

■ 

qui possède un ovaire triloculaire, et indique les transitions nombreuses quî^ 

I ^ 

relient ce genre aux Olax et aux Thesium à ovaire unijoçulaire et à placenta 
central libre. Les Ximenia sont pour lui des Heisteria à fleur tétramèrc. Ces 
plantes ont des élamines en nombre double de celui des pétales ; ce nombre 
devient quadruple dans un genre nouveau que Fauteur décrit et figure sous le, 
nom de Coula. C'est le nom qui est donné à ce végétal par les indigènes du 
Gabon, d'où M, Aubry-le-Comte en a rapporté des échantillons fleuris et des 
fruits en 18/^5 ; le Coula est un arbre très-remarquable, dont les graines four- 
nissent un aliment recherché. L'espèce unique est le Coula edulis H. Bn. 

L'auteur revient ensuite sur l'idée pjincipale qui préside à ses recherches, 
à l'occasion du Gênera plantarum de MM. Bentham et J. Hooker, qui pla- 
cent les Olacinées dipérianthées bien loin des Santalacées \\ fleurs monochla- 
mydées. Il puise dans l'organisation du genre Schœpfia un nouvel argument pour 
confondre entièrement les deux ordres des Santalacées et des Olacinées. Il 

r ^ 

s'occupe ensuite du genre Jodina Hook. et Arn, [Ilex ruscifoUa Lara.) qui 
doit, suivant lui, faire partie du groupe des Opiliées. 



d66 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

I 

Il cherche eusuile sur quels caractères absolus on pourra établir des coupes 
secondaires dans le grand ordre des Loranthacées. Il en vient à diviser cet 
ordre en quatre sous-ordres, d'après la direction des ovules et la situation de 

h 

l'ovaire : les ovules ascendants caractérisent les Loraulhinées, dont l'ovule est 
tantôt adhérent (AorarîM?/^, Viscum), tantôt libre {Fxocarpus, Anthobolus); 
les ovules descendants caractérisant les Santalinées, dont l'ovaire est également 
tantôt adhérent [Myzodendron^ Scbœpfia^ Anacolosa^ Lavallea^ Benslouna, 
LiriosmUy Pyrularia^ Thesium^ Santalum^ etc.), et tantôt libre [Heisteria^ 
Cathedra y Strombosia, Stolidia ^ Olax ^ Cervantesia , Opilia ^ Lepio- 

nurus. etc.). , 

L'auteur étudie ensuite un certain nombre de genres qui doivent être sépa- 

rés de l'ordre des Loranthacées : le Trîpetaleia Sîeb. et Zucc. , qui se rappro- 

f 

che des Ericînéés; le Bursinopétalum Wight, qui doit trouver sa place dans 
les Araliacées, en prenant le nom de Mastixia Blume ; le Balanites, qui a de 
raffinité avec les Méliacées. Les Icacinées, qui, selon M. Bentham, forment 
une tribu de l'ordre des Olacinées, en sont fort éloignées par W. Bâillon, ^i 
regarde le périanthe, la situation des étamines et la structure du gynécée 
comme fort différents dans ces deux familles, et considère les Icacinées 

r 

comme faisant partie de la famille des Ilicinées; il entre à ce sujet dans une 
longue discussion. 

Les Loranthacées, ainsi limitées par l'auteur, se rattachent aux Cornées 
par les genres à ovaire infère et a loges presque complètes ; aux Ilicinées par 
les types à ovaire cloisonné également d'une manière incomplète, maïs libre et 
supère, aux Gymnospermes par les genres à ovule unique, dressé sur un pla- 
centa central et réduit au nucelle; enfin, parmi les familles à corolle gamopé- 
tale, principalement aux Primulacées et Myrsinées, dont le périanthe est tan- 
tôt supère, tantôt infère, dont la placentation est centrale-libre et dont les 
étamines sont en général oppositipétales- 

Ce travail est terminé par une révision des genres connus de l'auteur, dans 
laquelle il supprime, autant que possible, l'exposition des caractères décrits, 
partout, pour lesquels il renvoie en général au Prodromus^diXW supplém<?iWl 
deWalpèrs et au Gênera d'Endlicher. Cependant cette exposition occupe vingt-* 
quatre pages ; l'auteur y caractérise les genres Viscum Tourn., Arceulhobium 
Bieb., Castrœa Saint-Hilaire, Tupeia Cham. et Schlecht. , Ginalloa Korth.V 
Eubrachion Hook, f., Phoradendron Nuit., Eremolepis Griseb., Loranthus 
L,, Anthobolus R. Bn, Exocarpos LabilL, avec deux espèces nouvelles : 
Ei sandwicensis et E. Casuarinœi Myzodendron Banks et Sol. , Aniidaphne 
Pcepp. et Endl, Santalum L. , Colpoon Berg,, Osyris L. , Thestum L., 
Thesidium ^owù.. iC horetrum R. Br., Leplofneria R. Br., Myoschilos R* et' 
Pav. , Nanodea Banks, Arjona Cav. , Quinchamalium Mol. , Pyrularia Miel). , 
HenslowiaJil, Buckleya Torr., Lavallea IL Bn, Schœpfia Schreb., Anaeo- 

losa Bl , avec une espèce nouvelle ^4. Pervilleària ;' Lirmma Pœpp. et Endl. , 






REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 167 

OlaxL. j avec neuf espèces nouvelles : 0. Pervilleana, 0.? quercina^ 0. psit- 
tacorum^ 0.? Boiviniana^ 0. Bornieriana, 0, Breonii, 0. Thouarsiana^ 
0. gamhecùla et 0. multiflora ; Ptychopetalum Benth. , Cathedra Miers, 
>1 g'onanrfra Miers, Opilia Roxb., avec deux espèces nouvelles : 0. manillana 

F 

çil). Cumingiana; Cansjera Jqss., Champereia Griff, , CGrvantesiaTX, et 
Pav. , Jodina Hook. et Arn. , Aptandra Miers, Strombosia BL, Stolidia H, 
Bn, Heisteria L. et Ximenia Plum. 

. E. F. 



T I _i _» 

rVotcjs on tlùc lioraiithaccœ, with a synopsis of the gênera {Notes 
5wr les Loranthacées^ avec un synopsis des genres); par 3J. Daniel Oliver 
[Proceedinas of the Lînnean Society^ vol. VII, pp. 90-106). 

Au commencement de ce travail, l'auleur s'explique sur rafïînitc reconnue 
entre les Loranthacées et d'autres familles- Il incline fortement à regarder les 
Loranthacées et les Santalacées comme deux subdivisions du même ordre, et 

w _ 

n'est pas éloigné de partager sur *d%' point, comme à f^gard des Olacinées, 
l'opinion de M. Bâillon, qu'il cite avec éloge. Suivant les recherches de 
M. Hofmeister, dont les résultats concordent avec ceux de sqs propres obser- 
vations, il croît que le gynécée des Loranthus, Vi'scum, etc., est constitué 

F 

par un ovule unique, dressé, et souvent entièrement soudé avec ïa paroi de 
l*ovaîre. Cet ovaire renferme un albumen abondant, même dans le genre 
LoranthuSj où il avait été nié par M. Micrs. 

La suite du travail de M. Ohver se compose de détails sur les genres 
Loranthus^ Viscum^ Ginalloa^ Notothixos gen. nov. , Arceuthobium, Pho- 
radendron, Antidaphne, EubrachioUy Lepidoceras et Eremolepis ; il donne 
ensuite le synopsis de,s genres des Loranthacées et de leurs sections, qui sont 
au nombre de vingt-deux dans le seul genre Loranthns. 

Le genre nouveau Notothixos est placé entre les genres Ginalloa et 7 w- 
/>em; il est établi aux dépens des Viscum subaureum F. IMuell. , V. in* 
canum Hook., et de quelques autres espèces du même genre. V Eremolepis 
Wrightii Griseb. est proposé avec doute par l'auteur pour le type d'un 
nouveau genre ayant les fleurs monoïques, et le périanthe ^-partit dans les 
fleurs mrdes. 

E. F. 

* 

Manies rares de la Cîiroude; par iMM. Ch. Des Moulins et Les- 

■ L 

pinasse (Extrait du Congrès scientifique de France, 28« session, t. IIJ). 

Ce travail a été entrepris par M.>J. Des Moulins et Lespinasse pour répon- 
dre à une question posée dans le programme du congrès scientifique de 
France, dans sa viugt-huitièine session, tenue à Bordeaux en septembre 1861. 
n se compose de trois tableaux ou énuméralion de plantes :'le premier, sous 
ïe litre de Primates, renferme les plantes qu'on peut considérer comme 



16S SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

autochtliones et qui se font remarquer par le petit nombre de leurs localités 
connues en Europe, ou par leur localisation spéciale à noire sud-ouesl, 
ou eniiu par la nouveauté de leur découverte. Le second {Advenœ) ren- 
ferme celles auxquelles on peut attribuer avec certitude, ou seulement avec 
une grande probabilité, une origine étrangère au sud-ouest, et qui se sont 
complètement naturalisées là où elles se sont établies dans la Gironde, Le 
troisième {Rariores seu litigiosœ) renferme celles qu'une des deux circon- 
stances indiquées par son titre rend intéressantes à récolter dans les excur- 
sions. Nous remarquons dans ces tableaux une diagnose différentielle des trois 
formes qui se rattachent a VAspidium aculeatum Sw. , le refus de croire à 

L 

Tautonomic spécifique des Capsella rubella Reuf. et C. gracilis, la mention 
d'un certain nombre de Hubus pour la détermination desquels les auteurs 
ont été aidés par M. l'abbé Ghaboisseau, un long catalogue de Mousses, etc. 

' E. F. 



Sur les» hybride.^ de St€ëÈêunci$iêM& ^ par M. Alfred Westnael 

{VInstitut, 31' année,;n« 1516, 21 janvier 18G3X 



I 



Cette notice de M. Wesmael a été lue à l'Académie royale de Belgique dans 
sa séance du 11 octobre 1862. L'auteur y décrit un hybride des Baiiunculus 
acris et 7?. hulbosus^ auquel il donne le nom de R. subaçri-bulbosus; la 
souche de cette plante est tuberculiforme, donnant naissance à un nombre 
variable de liges (5 à 7). Les organes sexuels y sont avortés. M. Wesmael 
fait quelques remarques sur les hybrides observés dans le genre Ranun- 
cuhis* 

Le même jour, cet auteur avait présenté h la même Académie un cas de 
développement de tubercules sur les parties aériennes de la Pomme-de- 



i 



terre. 



E. F. 



' '^ ; 



1 

Note mtMrVMUadew cnniëiteâè&is Rich. (AÈêuchnê^iB Atshtaê 
tÊ'unè Babingt.) ; par M. Crepin (Extrait des Bulletins de la Société 
royale de botanique de Belgique, t. I, n° 1). Tirage à part en brochure 
in- 8° de 10 pages. 

f 

Nous avons déjà fait connaître la découverte faite de VAnacharis en Bel- 
gique. M. Crepin indique dans sa notice les différentes localités où od T 
rencontré, en donne une diagnose soignée, en corrigeant les caractères attri- 
bués au genre Elodea par Richard, et montre combien l'apparition de cette 
Hydrillée peut être funosle dans plusieurs parties de la Belgique où les eaux 
s'écoulent difficilement; on cite, en effet, des drainages devenus inutiles, 
des canaux com|)létemcnt obstrués par le développement de VAnacharis, Le 
seul moyen de la faire disparaître des lieux qu'elle envahit est un desséche- 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 169 

ittent complet, car l'arrachement ne fait que la mulliplier, en brisant les tiges, 
dont chaque fragment reproduit la plante à l'aide de racines adventives qui 
la soutiennent en s'enracinant ou simplement en nageant 



E. F. 



Petites annotations a la flore de la Belgique; par M. Fran*- 

çoîs Crepin (Extrait des Bulletins de la Société royale de botanique de 
Belgique^ t. I, n° 1). Tirage à part en brochure in-8'' de 8 pages. 

M, Crepin signale dans cette notice la découverte en Belgique des Polygala 
calcarea^ Veronica opaca et Spartina stricta; il décrit ces plantes, ainsi 



qu 



Hagenbachiana 



rotundifolia 



Lycopod 



Scirpus carinatus Sm. , 



E. F. 



^ ■ - - .' 

Séries ineonffeeta plantarum Indig^enarnm Aragonlœ^ 
prœeipue meridionalls, auctoribus Francisco Loscos y Bernai, 
et Joseph Pardo y Sastrôn ; e lingua castellana in latinam vertit, recensuit, 
emendavit, observationibus suis auxit atque edendam curavit Mauritius 
Willkomm, Un volume in-S^ broché de 135 pages. Dresdiœ, 1863* 

Le titre seul de ce petit ouvrage en indique le contenu. Il comprend une 
introduction sous forme de lettre, adressée en espagnol à M. "Willkomm par 

MM. Loscos et Pardo, pharmaciens à Castelseràs et à Çastellote, par laquelle 
ces auteurs remercient le savant botaniste danois de l'intérêt qu'il veut bien 
prendre à leurs travaux, ainsi que les botanistes espagnols qui leur ont adressé 
des renseignements et communiqué des échantillons. Cette lettre ren- 
ferme encore l'indication de plantes observées en Aragon à la fin du siècle 
dernier par différents botanistes. Quant à la florule elle-même, c'est une 

h" 

énumération des espèces observées jusqu'à présent dans la région étudiée par 
les auteurs; celles qui y sont indiquées pour la première fois sont marquées 
d'un astérisque ; de ce nombre sont un grand nombre de plantes apparte- 
nant à la flore de France ou à la flore méditerranéenne, comme les Diplo- 

■à 

taxis virgata DC, Boleum asperum Desv., Alyssum granatense Boiss. 
Reut., Lepidium calycotrichum Kze (Z. granatense Coss.), Polygala rosea 
Desf., Silène tridentata Desf., Dianthus brackyanthus Boiss., Maha œgyp- 
'îû L., Hypericum Caprifolium Boiss., LytkrumSalzmanniJ or à.. Tkapsia 
Asdepium L.7 Silybum eburneum Coss, DR. Onopordon nervosum Boiss., 

Cirsium odontolepis Boiss. , Nonnea micrantha Boiss. ^ Ornithogalum tenui- 
folium Guss., Deschampsia réfracta Rœm. Schult., etc. L'énuméraiion va 
jusqu'aux Cryptogames inférieures {Mucory Oïdium^ Uredo). Celle h'ste 



T. X. 



12 



170 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

est accompagnée de notes intéressantes sur un grand nombre d'espèces ; les 
localités précises sont indiquées pour les plus importantes. On trouve 
encore, dans l*énumération, la description d*un certain nombre d'espèces 
nouvelles, qui sont les suivantes: Reutera puberula Loscos et Pardo, diffé- 
rent du R. gracilis Boiss. par sa tige rameuse dès la base et les segments des 
feuilles inférieures plus larges; Valerianella multidentata Loscos et Pardo, 
voisine du K discoidea Lois., dont elle est peut-être une forme luxuriante; 
Centaurea 'podospermifolia Loscos et Pardo, à feuilles basilaires, pînnatîsé- 
quées, longuement pétiolées et dépassant les fleurs ; Myosotis gracillima 
Loscos et Pardo, annuel, ayant les fleurs de moitié plus petites que celles 
du M. hispida, et distribué par M. Huet du Pavillon sous le nom de M. coUina 
Ehrh.; Orobanche Santolinœ Loscos et Pardo, voisin àeVO^pubescensà'XJrv.f 
mais ayant les fleurs de moitié plus grandes, la corolle moins arquée, etc.; 
Teucrium oragonense Loscos et Pardo, voisin du T. capitatum L. et du 
71 cœspitulosum Duf, , qui en diffère par ses feuilles tout à fait glabres, ses 
étamines et ses anthères pourprées ; A rthrocnemon coralloides Loscos et Pardo, 
annuel et herbacé, et distinct, par conséquent, de toutes les autres espèces 
à' Arthrocnemon^ dont on devra peut-être le séparer pour en constituer un 
genre nouveau; Euphorbia helioscopioides Loscos et Pardo, voisin de VE* 
helioscopîa L., dont il diffère par la grosseur des graines et la forme de la 
caroncule; E. minutaLoscos et Pardo, « perennis, capsulas glaberrimae coccis 
dorso rotundatîs, seminibus rugosîs, primo albo-griseis demum olivaceis, 
caruncula magna coroniformî albida instruclis. » 

L'ouvrage se termine par un addenda où se trouve la mention de YRte- 
racium spathulatum Scheele et des H. aragonense, H. bellidifolium^^ 
H. Lawsonii du même auteur, espèces nouvelles que M. Scheele publiera 
prochainement dans une monographie des Hieracium des Pyrénées et 
d*Espâgne. 



Sopra dae Crocifere Itallane, {Sur deux Crucifères italiennes) ; 
par M. le professeur Théodore Caruel (Extrait du volume Vdes Atti délia 
Società italiana délie scienze naturali in Milano; Milan, mai 1863). 

■ j 

Tirage à part en brochure in-8** de 7 pages. 

Les deux Crucifères dont il est question dans cette note de M. Caruel 
sont les Sisymbrium Zanonii [Erucastrum Zanonii Bail), et Bivonœa 
Saviana Car. [lonopsidium Savianum Bail). On se rappelle que M. Bail avait 
décrit dans ce Bulletin (l) V Erucastrum Zanomï, qu'il rapportait à ce genre 
à cause de ses cotylédons condupliqués. M. Caruel a trouvé au contraire qn^ 

la radicule était olacée sur le dos des colvlédons nlans pt nrps de leurs bords; 



(1) Voyez le Bunelin, t. VU, p. 251. 



REVUE bibliographique: 171 

M. Bail a reconnu ce fait par de nouvelles observations. Cette plante rentre 
donc dans le genre Sisymbrium auquel elle avait déjà été rapportée par 
M. Gay, dans un travail lu à la Société au mois de novembre 1860, maïs qui 
n*a été publié qu'au mois de mai 1863 (1). Le caractère tiré de la bisériation des 
graines ne paraît pas à M. Caruel d'uue assez grande valeur pour placer cette 
espèce dans le genre Braya. On pourra consulter à ce sujet une notice pu- 
bliée (2) par l'auteur de cet article, et qui n'avait pas paru au moment où 
M. Caruel imprimait sa note. Quant au Bivonœa Saviana^ le savant botaniste 
de Florence pense qu'il ne doit pas rester dans le genre lonopsidium, groupe 
fort hétérogène, qu'il conviendrait de réduire au seul /. acaule Rchb. 

E. F. 



Su! flore fcmineo dcgii Aê^UÊn (Sur la fleur femelle des Arwm) ; 

' par M. le professeur Théod. Caruel (Extrait du volume V àesAtti délia 
Società italiana di scienze naturaliin Milano). Tirage h part en brochure 
in-8° de 5 pages, avec une planche lithographiée; janvier 1863. 

L'auteur rappelle d'abord que, d'après M. Gasparrîni, il existerait une 
enveloppe florale autour des fleurs femelles de VArum italicum, que lui- 
même a publié sur ce sujet une opinion contraire (voy, Ann. se. nat. 
3® série, t. XVI) ; et que M. Polonio s'est rangé à celle de M, Gasparrini dans 
son mémoire intitulé : Observations organographiques sur les fleurs femelles 
de /'Arum italicum, publié h Pavie en 1861. M. Caruel revient sur les 
arguments qu'il a donnés dans les Annales pour justifier sa manière de voir, 

en les éclaircissant par une planche spéciale. 

E. p. 



#t f y 



4 

Cousidérattons sur la méthode natarclleciiliotaulqae; 

par M. Ph, Parlatore. In-S*' de 73 pages; Florence, 1863. Prix : 2 francs. 






Il y a déjà longtemps que M. Parlatore a émis dans ses Lezîonidi botanîca 
comparata et appliqué dans S2i Flora italiana les principes qu'il développe 
aujourd'hui. Il voudrait que, pour établir les grandes classes, on n*accordat 
pas une importance prédominante à tel ou tel caractère, mais qu'on se fondât 
sur l'ensemble de l'organisation. Il étudie l'histoire de la méthode naturelle, 
en critiquant les principaux auteurs qui s'en sont occupés, et pense que dans 
ce siècle les botanistes l'ont mal interprétée, les uns accordant, avec Jussieu, 
'plus d'importance à l'embryon et aux organes de la reproduction ; les autres, 
avec De Candolle, aux organes de la nutrition. Aucun organe, comme l'expose 
très-longuement M. Parlatore, ne présente dans ses caractères une constance 



(1) Voyez le RuUetîn, t. VII, p. 878 et suiv 

(2) Voyez plus haut, p. 5. . 



172 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



sumsante pour que 1 on fonde une coupe générale sur une de ses modifica- 
tions ; Tembryon lui-même varie fréquemment, et quant aux Acotylédoncs 
comprises sous ce nom en vertu d'un caractère négatif, elles réunissent des êtres 
de structure très-différente. 

L'auteur étudie successivement les organes sur lesquels ont été élablies 
des classes principales, Tinsertion des étamines, la présence ou l'absence 
de la corolle, le nombre des pétales, etc., qui ne fournissent jamais au 
classificateur des caractères constants ; il prouve surabondamment cette 
variation par l'examen de quelques familles naturelles (Graminées, Orchi- 
dées, Crucifères, Papilionacées); ainsi que par celui de quelques genre» 
{Trifolium^ Saxifraguy Linaria^ etc.). Il reconnaît que cette variation 

se présente dans les organes de nutrition comme dans ceux de repro- 
duction. 

Le seul guide qui, suivant lui, puisse servir le naturaliste dans une 
étude aussi difficile, est la recherche des types généraux de structure dont 
l'observation doit être la seule et vraie base de la méthode naturelle. Ces 
types sont, pour M. Parlatore, au nombre de cinq dans le règne végétal: le 
type des plantes cellulaires (Algues, Lichens et Champignons), celui des plantes 
cellulo-fibreuses (Hépatiques et Mousses) , celui des Cryptogames vasculaires 
(Équîsétacées, Fougères, Rhizocarpées, Lycopodiacées), celui des Monocoty- 
lédones et celui des Dicotylédones. Ces types sont établis d'après un ensemble 
de caractères dont plusieurs peuvent manquer isolément chez certains êtres 
sans que le type cesse d'exister; il en est ainsi, notamment chez les végétaux 
aquatiques et parasites. L'auteur étend aux genres et aux espèces les consi- 
dérations précédentes, en soutenant que tout organe et toute partie d'un 
organe varie dans chaque espèce, et que Ton ne peut fonder un genre sur un 
caractère unique; que même la distinction des espèces ne doit pas être faite 
d'après un petit nombre de caractères saillants, mais par l'étude de toute la 
structure de la plante. Aussi ne peut-il adnjettre comme espèces naturelles 
«une foule de fausses espèces, dont malheureusement sont remplis les 
» ouvrages de quelques botanistes, car on a fait des espèces de certains genres 
» {Iberisj Violay Silène, Hubus, etc.) ce que, pour le genre, Klotzsch a fait 
» à peu près du Bégonia. » 

Il cite a ce propos des modifications curieuses du Senecio squalidus L , qui 
a des feuilles très-découpées, même bipînnatilides, à Catane et au pied de 
l'Etna, commence à les avoir un peu moins découpées à mesure qu'il s'élève 
sur ce volcan, jusqu'à ce qu'il se présente avec des feuilles entières, à 
3000 lûètres environ au-dessus du niveau de la mer. Il ne pense pas que 
l'étude des hybrides puisse modifier sa manière de voir sur l'espèce, car ces 
plantes ne présentent pas, à proprement parler, des caractères intermédiaires 
entre ceux de leurs parents, mais leurs caractères mélangés seulement, et plus 
ou moins juxtaposés, jusqu'à ce que la disjonction des deux types qu'elles 



V 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 173 

portent confondus les y ramène. Il termine par quelques mots où il se déclare 
opposé aux vues émises récemment par certains naturalistes sur la transfor- 
mation des espèces. 



E. p. 



PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE. 



On the flora of the Devonian perlod lu northenstern 
Amerlea [De la flore dévonienne dans V Amérique septentrionale) ; par 

M. J.-W. Dawson {The American journal of science and arls^ 2* série, 
n° 105, mai 1863, pp. 311-319). 

Nous nous empressons de signaler à nos lecteurs ce travail, d'autant plus 
intéressant que les espèces de la flore dévonienne sont actuellement en France 
l'objet d'investigations fort sérieuses. Il est extrait du Quarterly journal of 
the geological Society^ novembre 1861 ; malheureusement la seconde partie, 
qui contient les descriptions des espèces, n'y est pas reproduite : Tauteur rap- 
pelle que sir W.-E. Logan a décrit des espèces dévoniennes en 1859 dans le 
Quarterly journal^ et MM. Matthew etHartt dans le Canadian Naturaliste 
vol. VII, mai 1861. L'auteur donne ensuite quelques détails sur ses propres 
découvertes; on y remarque plusieurs espèces nouvelles : Rhachiopteris 
punctata^ Bh. cyclopteroides^ Bh. striata^ Bh. tenuistriata^ RL pinnata; 
Syringodendron gracile ; Stigmariaexigua; Lycopodites Vanuxemi; Acan- 
thophyton spinosum; Syringoxylon mira bile; Dadoxylon Harttii ; Didy- 

mophyllum reni forme; Calamités inornatus; Cyclopteris incerta, C. 
Browniiy C. varia^ C valida; Leptophlœum rhombicum; Sphenopteris 
ffitchcockiana, Sph, marginata^ Sph. Harttii; Sigillaria palpebra; Astero- 
pkyllites acicularis^ Ast. latifolia, Ast. scutigera; Annularii 
Pinnularia dispalans; Psilophyton elegans^ Ps. glabrum; 
serrulata. N. mlvmorvha: Hymenovhullites curtilobus: Pecoi 



Neuropt 



Cardiocarp 



racemosum. 



B. F. 



Mémoire 



par MM. J. Kœchlin et W. -P. Scliimper {Mémoires 
sciences naturelles de Strasbourg y 5® vol., 2' cahier). 



important 



pour 



lithosra 



phiées représentant les Lépidodendrées, les Stîgmariées, etc., du terrain de 



Mulhouse contient un grand nombre de ces fossiles. 



Société 



E. F. 



174 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



MÉLANGES. 



Annales de l'association pliilomatliiqne vog;éso-rliénanc, 

1" livraison, 1" semestre. Ia-12 de 72 pages. Strasbourg, 1863. Paris, 
chez J.-B. Baillière et fils. 

Nous avons déjà annoncé la création de l'Association philomathîque vogéso- 
rhénane dont le président est notre honorable confrère M. le professeur Kirsch- 
leger, connu de tous nos confrères par son dévouement aux intérêts de la 
science, et surtout de la botanique alsacienne. L'utile publication dont nous 
annonçons ici le début est destinée à faire suite à la Flore d'Alsace de 
M. Kirschleger, en même temps qu'à la Flore de Lorraine de M, Godron. On 
y trouve le compte rendu des excursions faites par les membres de TAssocia- 
tion, et un grand nombre de détails sur les publications relatives à la botani- 
que, principalement à la végétation alsato-vosgienne, qui ont paru en 1861 et 
1862. On remarque avec plaisir que les membres de Tassocialion, tant dans 
les départements où elle a pris naissance, que dans les départements plus 
éloignés, sont déjà très-nombreux. 



E. F, 



BOTANIQUE APPLIQUÉE. 



i 

De la caltare de la Tiolette à Toulouse; par M. Timbal- 
Lagrave (Extrait des Annales de la Société d'horticulture de Toulouse^ 
mars et avril 1863). Tirage à part en brochure in-8** de 16 pages. 

\ A 

Nous citons ici spécialement ce petit travail, parce qu'on y trouve, outre 
des détails intéressants sur la culture et nous pourrions dire l'exploitation 
de la Tiolette aux environs de Toulouse, une description soignée de l'espèce 
de Violette qui y est répandue, et que M. Timbal-Lagravea depuis longtemps 
nommée Viola tolosana^ en la distinguant d'autres espèces établies égale- 
ment aux dépens du Viola suavis Bieb. , que Koch a fait connaître et a 
appris à distinguer du V. odorat a L.' M. Timbal-Lagrave, en reproduisant 
aujourd'hui la description du F. tolosana, indique les différences qui sépa- 

4. 

rent cette espèce du V. sepincola Jord., auquel ftlM. Billot et Noulet ont 
proposé de la réunir, et du V. Beraudi Bor. Malgré ces différences, peut- 
être vaudrait-il encore mieux, dit l'auteur, revenir à l'opinion de Koch, en 
rétablissant le V. suavis Bieb. 

Nous remarquons, parmi les pratiques usitées pour la culture de la Violette, 
qu'on n'emploie que la reproduction par stolons, et que pour obtenir de 
beaux stolons à l'automne, on enlève, autant que possible, les fleurs ver- 
nales et estivales. Les stolons obtenus sont mis en pépinière et vendus au 
printemps suivant aux horticulteurs, qui les cultivent pendant l'été, en ayant 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 175 

soin de supprimer encore les slolons ou les fleurs qui tendraient à se 
produire, afin de les faire fleurir pendant l'hiven Les précautions ordinaires 
sont prises contre le froid. Depuis quelques années, afin de produire des pé- 
doncules plus longs, les jardiniers sont dans Tbabitude de recouvrir les pieds 
en octobre ou novembre d'une couche de 6 centimètres de germes d*orgc ou 
de paillis. Par ce moyen, les fleurs allongent leurs pédoncules, afin d'arriver 
au jour. La longueur des pédoncules est très-recherchée pour la confection 
des bouquets. . 



E. F. 



NOUVELLES. 



On trouve dans le Moniteur ûu 10 septembre 1863, un grand article 
sur la fécondation des céréales, signé de M. Daniel Hooibrenck. Cet auteur 
propose aux agriculteurs de pratiquer en grand la fécondation artificielle des 
céréales (Blé, Seigle, Orge, Avoine, Colza, Sarrazin, etc.), afin d'augmenter 
le rendement de ces cultures. Pour exécuter cette opération, l'auteur emploie 
une corde appropriée à la largeur du champ qu'on doit féconder, h laquelle 
pend une frange de grosse laine à greffer, dont les brins, serrés les uns contre 
les autres, ont de Zt5 à 50 centimètres de longueur. Deux manouvriers, placés 
sur les côtés du champ, tendent la corde de telle manière que la frange seule 
touche les épis, qu'elle agite en les touchant, pendant que les deux ouvriers 
marchent parallèlement l'un à l'autre. Un troisième ouvrier, placé h égale 
distance des deux extrémités de la corde, lui imprime, avec deux bâtonnets 
qui y sont adaptés vers le milieu, un mouvement horizontal de va-et-vient, tel 
que les franges simuleqt un mouvement de scie, et font battre doucement les 
épis les uns contre les autres; le pollen est ainsi répandu indistinctement sur 
tous les épis. L'auteur fait observer qu'ainsi la fécondation peut avoir lieu 
entre épis différents, et que ce croisement exerce une influence favorable sur 
les germes qui en résultent. II conseille aussi d'enduire la frange de miel 
en y passant les doigts imprégnés de cette substance. D'importants résultats 
ont été obtenus par cette méthode dans le domaine de Sillery, près de Châlons- 
sur-Marne, et ont été officiellement constatés par une commission composée 
de MM. Payen, de l'Institut, Dailly, secrétaire de la Société d'Agriculture^ et 
Simons, chef du cabinet du ministre de l'agriculture , du commerce et des 
travaux publics. On a constaté que la fécondation artificielle, ainsi pratiquée, 
augmentait d'un tiers environ le rendement en grains. 

Le Moniteur du 11 septembre nous apprend que M. Hooibrenck a appli- 
qué un procédé analogue à la Vigne et aux arbres fruitiers pour en augmenter 
le rapport. L'Empereur, qui a visité les propriétés de M. Jacquesson, où sont 
employés les procédés de M. Hooibrenck, et qui s'est vivement intéressé aux 
résultats obtenus, a décidé que des expériences seraient instituées pour juger 
de l'efficacité des méthodes de M. Hooibrenck , h Pouilleuse, à Fontainebleau 



176 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

et dans d'autres localités. Ces eipériences embrasseront non-seulement les 
procédés de fécondation artificielle, maïs encore les diverses méthodes de 
taille et de culture dont M. Hooibrenck a fait l'application chez M. Jacquesson. 
Une commission spéciale a été nommée par décision impériale du 9 de ce 
mois, pour suivre ces expériences ; elle se compose de Son Exe. M. le marér 
chai Vaillant, président; et de MM. Payen, Decaisne, Dailly, Pépin, Cazeaux, 
inspecteur général, Lambezat, inspecteur général adjoint de Tagriculture, 
Tisserand» chef de division des établissements agricoles au ministère de 
la maison dé l'Empereur, et Simons. 

D'après des résolutions prises récemment par la Société des pharma- 



Société 



portantes 



propre 



journal 



1862, une planche représentant le Cordia Boissieri Alph. DC, et exécutée 



W. Hooker 



bois 



Nacahuita 



f 



M. Waton, libraire à Nîmes, se trouvant possesseur du précieux her- 
bier de la Flore du Gard^ laissé par M. de Pouzolz, consentirait à le céder à 
un prix convenable^ 

On annonce la réimpression des Nouveaux éléments de botanique et de 
physiologie végétale d'Achille Richard, neuvième édition, accompagnée de 
notes complémentaires insérées dans le texte , par M, Charles Martins ; ainsi 



Nouveaux 



abbé Lambert 



BIBLIOGRAPHIE. 



I 



+ 

Note sur l'ergot du Froment ; par Ad. Heydenreich {Gazette médicale de 
Strasbourg, IS62). 

- r 

De l'influence de l'idée religieuse sur les progrès de l'histoire naturelle ; par 
M. l'abbé Chaboisseau (Extrait du Congres scientifique de France, 28' ses- 
sion, t III). Tirage à part en brochure in-8° de 11 pages. 

Crepin (François). Troisième fascicule d'observations sur quelques plantes 
rares ou critiques de la Belgique; analysé dans le journal V Institut, 



22 avril 1863. 



Canna pendant la 



nal V Institut, 20 mai 1863. 



Société phiiomatbiq 



P«ri». — Imprimerie de E. Martinbt, nie Mignon, f . 



- - i 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE 



DE FRANCE 



SÉANCE DU 10 AVRIL 1863 



PRÉSIDENCE DE M. E. COSSON 



M. Éd, Bureau, vice-secrétaire^ donne lecture du procès-verbal 

r 

de la séance du 27 mars, dont la rédaction est adoptée. 

Par suite de la présentation faite dans la dernière séance , M. le 
Président proclame l'admission de : 

r 

M. CoEMANS (l'abbé Eugène), rue des Violettes, 73, à Gaiid, pré- 

r 

sente par MM. Durieu de Maisonneuve et Tulasne. 

* 

M. le Président annonce en outre deux nouvelles présentations. 



Do?is faits à la Société: 

r" 

V 

1" De la part de MM. Kœchlin-Schlumberger et W.-Ph. Schiniper : 

Le terrain de transition des Vosges. 
2"* ]7te american Journal of science and arts, novembre 18()2'aiars 1863. 

3" En échange du Bulletin de la Société ; 

b I 

Atti délia Societa ilaliana di Scienze naturali, mars 1863. 

f 
i' 

Pharmaceutical journal and transactions^ avril 1863. 
L'Institut j avril 1863, deux numéros. 

A propos de Touvrage offert 'à la Société par MM. Kœchlin- 
Schlumberger et Schimper, M. Bureau fait remarquer : 

Que les plantes des terrains de transition des Vosges, figurées par ces 
auteurs, ont beaucoup d'analogie avec la flore fossile du bassin anlhracifèrc 
de la basse Loire, dont il a eu l'honneur de nicllre de nombreux spécifuens 



T. X. 



13 



178 SOCIÉTÉ BOTÂINIQUE DE FRANCE. 

SOUS les yeux de la Société pendant la session tenue à Nantes (1). Dans les dépôts 
des Vosges, comme dans ceux de la Bretagne, les Lycopodiacées forment la 

partie dominante de la flore, et la plupart des espèces sont identiques dans les 
deux pays. De plus, on remarque, dans Tun comme dans Taulre, Tabseiice du 
genre Neui^opteris (appartenant à la famille des Fougères], Tun de ceux qui ca- 
ractérisent le mieux la flore du terrain houiller proprement dit [Coal-measures], 

j 

m 

M. Eug. Fournier, secrétaire, donne lecture de la confimunication 
suivante, adressée à la Société : 



DE L'ORIGINE HYBRIDE DU PRIMULA VÂHIADILIS, par M. D.-A. GODROIV 

t 

(Nancy, avril 18G3.) 



Je crois avoir le premier signalé le Primula variabilis Coup., qui se ren- 
contre au bois de Malzéville près Nancy, comme un hybride des Primula 
grandiflcra Jacq. et offtcinalis Jacq. , qui vivent en société sur ce plateau 
calcaire. J'avais émis avec doute cette opinion, en 18(i3, dans la première 
édition de ma Flore de Lorraine; de nouvelles observations m'ont pennîs 
rannée suivante de formuler cette idée d'une manière positive (2). Depuis, 
tous les botanistes qui ont étudié cette plante ont accepté celte opinion, et 
l'on pouvait considérer cette question comme résolue. 31ais, pendant les deux 
dernières années, quelques doutes se sont élevés sur la nature de ce végétal, 
et des objections, en apparence sérieuses, ont été produites par plusieurs 
observateurs. On a rencontré, assure-t-on, celte plante dans des localités où 

■ L 

l'un des parents n'existe pas. Ces faits méritent d'être discutés. 

M. de Rochebrune (3) a trouvé près d'Angoulémc le Primula variabilis, 

w 

dans des localités où le Primula grandiflora n'existe pas, et ailleurs, là où le 
Primula officinalis fait complètement défaut. Heureusement qu'il nous 
donne une description détaillée et très-bien faite de ce qu'il prend pour le 
Primula variabilis ; il attribue à cette plante des feuilles contractées sous le 
limbe, de^ pédicelles pencbés unilatéralement pendant l'anthèse, un calice à 
dents lancéolées-aiguës égalant la moitié du tube. Or ces caractères n'appar- 
tiennent pas au Primula variabilis, mais s'appliquent admirablement au 
Primula elatior Jacq. 

Parmi les caractères que M. de Rocbebrune attribue à la plante qu il 
prend pour le Primula variabilis^ se trouve la longueur du style qui dépasse 
le tube de ia corolle; selon lui, ce caractère est constant [h], et le Primula 
officinalis serait la seule espèce de cette section do genre Primula qui pré- 



(1) Voyez le Bulletin, t. YIII, p. 689-690. 

(2) Godron, De Chybridité dam les végétaux. Nancv, i8i4, ia-4, p. 21- 

(3) Voyez le Bulletin, t. IX, p. 235. 

(4) Ibidem, p. 238. 






7 



SÉANCE DU 10 AVRIL 18(53. 179 

semât des formes à style long et à style court. Nous rappellerons que De Can- 
doUe a décrit un Primula brevi$tyla (1), qui lui avait été adressé du Mans 
par Goupil, et qu'il avait reçu également de Bastard sous le nom de Primula 
grandiflora (îî). Or ces deux plantés appartiennent au Primula variabilis de 
Goupil. Celte forme végétale peut donc être 5 stylé court, etelle l^est aussi 
souvent qu'à slylc allongé, comme nous l'avons souvent observé au bôls de 
Malzéville. Du reste, dès 1825, mon ami M* Soyer-Willemet avait déjà 
constaté que toutes les espèces de la section Primûlas&mn varient quant l\ la 
longueur du style, et qu'il faudrait les dédoubler toutes si 1 oïl attachait de 
l'importance à ce caractère (3). 

M. de Rochebruné signale encore une forme aCaule de son Primula varia- 
biiiSj qui, nous venons de le voir, est le Primula elatior Jacq. Riais toutes 
les Primevères de cette section, comme le fait âété constaté depuis longtemps, 
Ont toutes ohe hampe; seulement, dans les forme» dites âcaulcs, elle esttrès- 
accourcie. JNous avons, du reste, observé celte extrême brièveté de la hanjjie 



1 



/A 



'fl 



espèces, on rencontre quelquefois sur la même souche des hampes trés^allongées 
et des hampes extrêmement courtes, dont les fleurs paraissent acaulesj ce fait 
est même assêx fréquent dans le vrai Primula variabilis. 

Enfin, la plante des environs d'Angoulème est très-fertile^ ce qui doit être 
d'après ce que nous avons démontré précédemment; le Primula variabilis 
de Goupil a été, au contraire, dit stérile. Ce dernier point exige une expli- 
cation. A l'époque où je composais la première édition de ma Flore de Lor- 
raine et où j'étudiais sur le vif nos Primevères, le bois de Malzé ville, seule 



exploité depuis 



mdifl^ 



prés^fttaît 



traverse 



de Primula variabilis. C'est sur quelques individus, qui paraissaient fran- 
chement intermédiaires aux deux espèces, au milieu desquelles ils vivaient en 
société, que j'ai constaté la stérilité de Cette forme tégétalê. Pendant les huit 
dernières années, on a successivement coupé ce bois dans toute son étendue, 
et les Primula grandiflora^ officinalis et mriabilis se sont multipliés eh 
abondance dans les jeunes faillis, où ils ne sont plus privés d'air et de 
lumière; Mais, en outre, dans ces circonstances favorables, des formes extrê- 
mement variées du Primula variabilis se sont produites. Cette année (1862), 




180 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

M. Mathieu, professeur a l'École forestière, a recueilli dans notre localité 
classique et m'a fait voir presque tous les passages entre les deux espèces 
génératrices. De nouvelles fécondations, par rinterniédiaire des hyménoptères 
qui fréquentent avidement les fleurs de Primevères, rendent leurs hybrides 
feriiles et les modifient profondément. Ceci est conforme, du reste, à ce qu'on 
observe dans les jiUdins,. lorsque le Primula variabiUs est cultivé concur- 
remment avec le Primula grandiflora /la première de ces formes devient 
fertile, et par semis elle retourne souvent au type auquel elle est associée. 

11 résulte de tous ces faits que les observations de M. de Rochebrune n'in- 
firment en aucune façon l'opinion admise sans conteste jusqu'à ces derniers 
temps au sujet de la nature hybride du Primula variabilis. 

Si M. de Rochebrune a pris le Primula elatior pour le P. variabiUs^ 
l'inverse a eu également lieu (1), et je m'explique très-bien cette confusion. 
Dans la première édition de ma Flore de Lorraine, ]q m'exprimais ainsi à 

V 

propos du Primula variabilis : <- La forme à hampe élevée peut être confon- 
» due au premier coup d'œil avec le Primula elatior, dont elle a le port, mais 

• elle s'en distingue par des caractères bien tranchés. » 

De son côté, M. Ramond (2) considère comme étant le Primula variabilis 
des auteurs le Primula grandiflora, qui abonde dans la forêt de ïancarville 
et présente de nombreux passages de la forme dite acaule, à la forme en partie 
acaule et en partie caulescenie, et à la forme exclusivement caulescentc. Or 
tous les Primula de la section Primulastrum présentent, nous l'avons vu, 
CCS diverses variations. Ce ne sont pas nécessairement pour cela des hybrides^ 
et sur ce point nous sommes de l'avis de M. Ramond. Mais nous distinguons 
positivement le Primula variabilis de la forme caulescente du Primula gran* 
diflora et de ses diverses variétés. ' " 

Restent les observations de M. Lebel (3). Ici il n'y a pas eu de confusion, et 
ce botaniste consciencieux a positivement recueilli le Primula variabilis dans 
la presqu'île de la Manche. J'en ai la preuve : il a bien voulu m'adresser, en 
1853, deux échantillons de cette plante, recueillis par lui à Négréville, où 
depuis ce végétal a disparu. L'étiquette qui accompagne ces échantillons me 
prévient que l'un d'eux est a fleurs jaunes et l'autre à fleurs purpurines. On 
sait que dans les jardins cette variété à fleurs pourpres est généralement cul- 
tivée et qu'on y observe bien d'autres variations. On pourrait croire que cette 

r" 

coloration anomale dos fleurs de l'une des plantes de M. Lebel est un 
stigmate de domesticité antérieure, et penser que cette plante a été transportée 
accidentellement dans le pré oii elle a été observée ; mais on objecterait immé- 

(1) Ainsi un botaniste instruit croit avoir reconnu, au bois de Malzéville, le Priinul(^ 
elatior, qui ne croît pas dans cette localité ; H a pris pour tel, évidemment, une des 
formes du Primula variabilis (voy. Bull. Soc. bot. de Fr. L IX, p. 165}. 

(2) Ramond, ibidem, t. IX^ p. 240, en note. 

(3) Lebel, ibidem, t. VIII, p. 8. 



k 



SÉANCE DU 10 AVRIL 1863. 181 

diatement que 31. Durand-Duquesnay (1) a trouve aux environs de Lisieux 

ri 

des Primula variabilis dont les fleurs étaient remarquables par leur ten- 
dance à prendre des couleurs variées; j'ajouterai même que, cette année, 
W. Ingelrest a rencontré sur le plateau de Malzéville un pied de cette plante, 
à fleurs purpurines, et celui-ci était certainement sauvage. D'une autre part, 
il résulte des observations et des expériences que j'ai faites au Jardin de 
Nancy, et qui seront prochainement publiées, que, dans certains genres, les 
hybrides devenus fertiles varient d'une manière incroyable, quant à la colo- 

r 

ration de leurs fleurs et même dans presque tous leurs organes, à ce point 
que l'hybridation doit être considérée comme une des causes de variations les 
plus puissantes parmi celles qui modifient les végétaux. 

Toutefois, si Ton considère que le Primula variabilis, observé dans deux 

. localités seulement du département de la Manche, s'y montre en un petit 

nombre d'individus, dans le coin d'un pré, il est permis de soupçonner que 

cette plante a pu être importée dans ces deux localités exceptionnelles avec le 

i 

fumier qu'on répand sur les prairies, et d'autant plus que dans les communes 
rurales on jette sur les fumiers tous les débris des jardins, que le Primula 

m 

variabilis, qu'on y cultive souvent en bordure, doit être déplanté au bout de 
quelques années, pour rétablir la régularité des bordures, que le nombre des 
pieds devient dés lors surabondant et que les souches inutiles sont jetées au 
dehors, c'est-à-dire le plus souvent sur des fumiers; or ces rhizomes, ou 
même les graines, ont bien pu suivre la môme voie de transport que la 
matière fertilisante dont nous parlons. On trouvera sans doute cette suppo- 
sitlon hasardée, mais une station aussi exceptionnelle, se montrant dans les 
conditions que nous venons de relater, semble cependant présenter les carac- 
tères d'un fait purement accidentel. On sait combien de plantes européennes 
l'homme a transportées, à son insu, dans les régions les plus éloignées du 
globe. Il n'y a rien d'impossible que des plantes d*un jardin aient été trans- 
portées dans des prairies du voisinage. Nous connaissons, du reste, un exemple 
analogue du transport d'une autre Primevère dans une région où elle n'exis- 
tait pas antérieurement. Ce fait, je le tiens de mon ami le docteur ]\Iougeot, 
qui l'a observé quelques années avant sa mort. Le Primula officinalis 
n'existe pas a Bruyères, et c'est à quelques lieues de cette ville, à la liniile du 
niuschelkalk, qu'il commence à paraître; H abonde dans toute la plaine de 
lorraine et s'étend même partout sur les coteaux calcaires qui la bordent à 
l'ouest. Or, en 1855, il se montra pour la première fois dans 'un pré qui. 
Tannée précédente, avait reçu a l'automne une abondante fumure provenant 
d'un cheval nourri avec du foin recueilli dans la plaine: 

Quelle que soit l'idée qu'on se forme sur Texplicalion que nous hasardons, 
U est pour nous bien établi que le fait observé par M. Lebel doit être nécessai- 

/ 

(1) Voyez Je Bulletin, t. VIII, p. 10. 



182 . SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

remeiUle résultat d'une cause accidentelle quelconque. Nous nous appuyons, 
pour admettre cette conclusion, sur un fait qui nous semble péremptoire : c'est 
que nous avons reproduit lePrimula variabi/is par la fécondation artificielle 



I 



du Primula grandiflora^ au moyen du pollen du Primula officmalisy tout a 
fait semblable à la forme-type du coteau de Malzéville, et présentant les carac- 
tères de la plante que M. Lebel a bien voulu nous adresser. Celle-ci ne peut 
pas dès lors être indigène dans le pré où l'on en a observé quelques individus 
en l'absence du Primula officinalis. 

Le Primula variabilis est donc toujours pour nous une plante hybride. 

! - ■ ' 

M. Eug. Fournier rappelle, à l'occasion de cette communication, 
une notice de M. Gubler publiée dans le Bulletin (t. VII, p. 872) et 
une publication de M. Alfred Perrier, analysée dans le même recueil . 
(t. IX, p. 5/i5). 

M. Ramond fait observer qu'il a trouvé assez fréquemment, dans 
le département de la Seine-Inférieure, le Primula grandiflora 
tantôt d'une couleur rouge sale, tantôt d'une teinte variant du rouge 
pâle au rouge vif. 

M, J. Gay dit qu'en Basse-Normandie, dans le département de la 
Mancbe, cette plante a plu§ souvent des fleurs d'un rose violacé que 
dep fleurs jaunes. Il ajoute que cette forme à fleurs d'un violet pûle 
se retrouve dans le Caucase, où Marsohall de Bieberstein l'a indiquée 

sous le nom de Pr, amœna. 



) 



Du val 



de 



M. Cosson dit que M. Durand-Duq 



>) 



D 



Naudin s'occupent de réunir, au Jardin-des-planles 



espèce 



s 



ptent 



entre elles des fécondations artificielles. Ces mêmes observateur 
ont remarqué que le pollen du Pr. variabilis n'est jamais biei 



suite de l'influence d'un pollen étranger. 



d 



M. A. G 



NOTK POUR. SERVIR A L'HISTOIRE PHYSIOLOGIQUE DE LA GERMINATION, 

par M. Arthnr CrRIS. 

' - j- 

J 

Lorsqu'on place une graine à pérîsperme farineux dans des conditions 
propres à délerminer la gerniinalion, les tissus du jeune embryon sont de 



SÉANCE DU 10 AVRIL 1863. 183 

bonne heure le sii 

lion provfent-elle du périsperine? La matière amylacée contenue dans les cel- 
lules périspermiques passe-t-elle immédiatement, sous une forme quelconque, 
dans les lissus de l'embryon et s'y dépose-l-elle sous forme de globules? Ou 
bien cette production se fait-elle de toutes pièces dans rinlérieiir du germe ; 
est-elle complètement indépendante du périsperme ? 

La première hypothèse paraît avoir pour elle de très-grandes probabilités, 
et a été soutenue par un physiologiste allemand, M. Sachs. Selon lui, Tauiidon 
qui apparaît de très -bonne heure dans les tissus de Tembryon germant pro- 
vient du périsperme et résulte de la transformation du sucre qui a passé de ce 
périsperme dans le germe. 

La deuxième hypothèse paraît au premier abord moins vraisemblable. 

Ne pourrait-on point s'assurer par expérience de la valeur réelle de ces 

deux hypothèses? Il suffirait pour cela d'isoler l'embryon d'une graine 

à périsperme farineux et d'en obtenir un commencement de germina- 
tion. 

Mais il n'est point aisé d'isoler les embryons sans les léser, auquel cas leur 

germination serait incertaine; d'autre part, il importe que des fragments de 

tissu pérîspermique ne demeurent point adhérents à la surface de l'embryon, 

anquel cas rexpéricnce ne serait pas rigoureuse. 

Après quelques essais incertains, il m'a semblé que les graines de Canna 
étaient parfaitement propres au genre d'essai que j'avais l'inlenlion de icnler. 
En effet, au centre d'un périsperme dur, gorgé de fécule, est creusée une 
cavité dans laquelle l'embryon de ces graines est parfaitement libre, sans 
aucune adhérence avec le tissu du périsperme. 

En brisant ces graines avec quelque précaution, il est très-facile d'en isoler 
les germes parfaitement intacts. 

Je plaçai ces germes dans les lacunes d'une éponge fine, légèrement mouil- 
lée et j'exposai le tout à l'influence d'une douce chaleur. J'obtins bientôt un 

commencement de germination. 

Mais, avant d'exposer ce qu'il me fut dès lors permis de constater, je dois 
indiquer en quelques mots quel est le contenu des lissus du germe avant la 
germination. 

Le parenchyme cotylédonaire, particulièrement gorgé de granules aleu- 
riqùes, ou ne renferme point d'amidon, ou n'en présente que quelques traces, 
ou quelquefois en est sensiblement pourvu. Ces différences dans le contenu 
des cellules parenchymaleuses du cotylédon semblent indiquer que tous les 
embryons ne sont pas du même âge, que leur évolution se prolonge parfois 
au delà du ternie de la' maturation de la graine, que le moment où celle-ci 
passe a l'état de repos n'est pas toujours exactement le même. Cette remarque, 
qui s'applique ici aux embryons d'une même espèce de plante, peut égale- 
nient s'appliquer aux embrvons de diverses espèces végétales, et il me paraît 



184 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

i 

certain, par exemple, que l'embryon du Maïs est beaucoup plus âgé que celui 

du Dattier. "^ 

. D'autre pari, il est bien évident que dans un même embryon certaines 

parties ont acquis un développement beaucoup plus considérable qtie d'autres. 

Dans notre Canna, par exemple, le cotylédon trèsdéveloppé est beaucoup 

plus âgé que les petites racines adventives qui sont encore incluses dans 

le parenchyme du corps radiculaire et que les petites feuilles de la gein- 

mule. 

Il résulte de là que l'amidon, qui peut se rencontrer en quantité parfois 
assez notable dans le parenchyme cotylédonaîre, est tout à fait indistinct dans 
les petites racines et les petites feuilles encore à peine ébauchées. 

Tel est donc l'état des choses dans l'embryon du Canna avant la germi- 
nation. 

Mais que s'est-il passé lorsque ce germe, débarrassé du périspérme, comme 
je l'ai indiqué plus haut, a été exposé pendant vingt-quatre heures environ à 
l'influence de la chaleur et de l'humidité ? 

ri 

On refnarque dans le parenchyme cotylédonaîre un abondant dépôt d'ami- 
don, et ce parenchyme n'en contenait point ou n'en contenait que des traces 
plus ou moins sensibles avant l'expérience. 

On remarque un abondant dépôt d'amidon dans le parenchyme des jeunes 
feuilles de la gemmule et des jeunes racines adventives, et le parenchyme de 
ces parties en était complélement dépourvu avant l'expérience. 
^ Nous tirons de cette expérience aussi simple que décisive la conclusion 
suivante : - - 

L'amidon qui apparaît dans les tissus de l'embryon, dès les premières 
périodes de la germination, s'y développe d'une manière tout à fait indépen- 
dante de l'albumen et à l'aide des matières préalablement déposées dans l'in- 
térieur de ces tissus avant la germination. 

M. Eiig. Fournier, secrétaire, donne lecture de la communication 
suivante, adressée à la Société : 



NOTE SUR LE FlCARrA GRANDIFLORA Rob., par M. jtdrien ^l'ARIOM. 



.L 



(Civita-Veccllia, février 1863.) 



J'ai pu, depuis deux ans, observer avec soin les formes de Ficaria qui 



abonda 



pour séparer le Ficaria grandi fli 



F. ranunculoides Mœnch, n'ont rien de constant. Les lobes des feuilles sont 
indifféremment, et souvent sur le même individu, divergents ou incombants, 
et ce caractère, d'après lequel M. Reichenbach avait créé le Ficaria callhifoiia 






4 

r 






SÉANCE DU 10 AVRIL 1863. 185 

■ 

[FL exe. p. 718, n° 6571), ne peut même servir à la distinction de variétés. La 
largeur deTécailIe nectarifère varie aussi, mais îl est assez rare, même sur les 
échantillons très-développés, de trouver celte écaille aussi large que Tonglet. 
La forme et [a couleur des sépales n'ont rien de caractéristique. Sur les pre- 



mières fleurs, qui se développent en Italie dès le mois de janvier, les sépales 
sont verdâtres, tandis quMIs sont jaunâtres sur les fleurs qui s'épanouissent en 
février-mars. La présence ou l'absence de bulbilles aux aisselles des péiioles 
ne me semble non plus avoir aucune valeur spécifique. Aux environs de Metz 
et de Strasbourg, j'ai quelquefois rencontré ces bulbilles sur le Ficaria ranuti' 
culoides^ maïs toujours lorsque la plante croissait dans des endroits couverts; 
le plus souvent alors, les fleurs avaient avorté et les carpelles ne se dévelop- 
paient pas. 

Quant aux autres caractères invoqués, ils peuvent tous se résumer dans les 
dimensions comparatives de diverses parties de la plante; ce ne sont alors que 
des modifications dues à des influences de localité. Aux environs de Civita- 
Vecchîa, le Flcarîa prend un très-grand développement lorsqu'il se trouve 
dans un ravin ombragé, humide ; il exagère, pour ainsi dire, toutes ses di- 
mensions, et se présente identique au Ficaria grandi flora Rob., tel que je le 
connais de Marseille et de Toulon. Mais, si l'on s'élève sur les berges rocaîl- 
îcuses et sèches de ce ravin, ou voit la plante diminuer progressivement de 
grandeur et passer, par une série continue d'échantillons, au Ficaria ranuti- 
culoides Mœnch. C'est, d'après la description, une de ces formes intermé- 
diaires qui a été élevée au rang d'espèce, sous le nom de F. ambigua, dans la 
3"® édition de l'excellente Flore du centre de la France de 3L Boreau- 
. Je crois cependant le Ficaria grandiflora assez remarquable pour être 
signalé comme variété, et je terminerai cette note par le tableau suivant, qui 
complétera ma pensée : 

Ficaria raisunculoides Mœnch Meth. p. 215. — F. calthifolia Uchb. FL 
exe, p. 718, ex F. Schultz Jahresb. der PoUichia, 1861, p. Zh. — F. 
ambigua Bor. FL Centre, V édit. I, p. 20. — Ranumulus Ficaria L. 
Sp. p. 774. — R. calthifolius Blufl*, non Jord. 



vt 



p 



calthifolia 



fi 



Ranuncidm 



folius Jord. Obs. 6^ fragm. p. 2, non Bluff. — 7?. ficarifc 



Schulli Jahresb . der Pollichia, 1861, p. 3/*. 

M. Duval-Jouve, après avoir placé sous 



de la Société 



quel on se rend 



très-facilement des diverses apparences que présente une spore 
à'Equisetum munie de ses élatéres, ajoute les explications sui- 
vantes ; 



1 



186 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



' w 



SUR LES ÉL\TÈRES DES EQUÏSETUM» par M. J, DU V Ali- JOUTE. 



Les spores des Equlsetum et le gracieux appareil de leurs élatères ont tou- 
jours été un objet favori d'études pour les micrographes, et ont donné lieu à 
un grand nombre de figures, de descriptions et d'opinions différentes. L'as- 
pect que présente une de ces spores bien complète, à sa sortie du sporange, 
est celui d'une sphère placée au point de réunion de quatre fils plus ou moins 
contournés et dilatés à leur extrémité. Or trois opinions sont encore adoptées 
par un grand nombre de botanistes pour rendre compte de ces apparences. ' 

Suivant la première, il y a deux fils qui se croisent au point d'adhérence 
de la spore : « Staminodia bina, crucialiin affixa polline repleta. » (Reîchen- 
bach, FL eœcûrs. p. 15û, et beaucoup d'autres auteurs.) 

Suivant la seconde, l'extrémité des fils est renflée en massue, claviforme : 

ttThe clavate ends of ihe filaments, » (Henderson, Iteprod. Equis. in Trani 
ùf Llnn. Soc. vol. XVIII, p. 569.) ^ 

Enfin, suivant la troisième, les stries ou les rides en spirale qui courent le 

long des fils des élatères lorsqu'ils sont étendus sont dues à ce que chacun des 

fils est composé d'un bord épaissi contre lequel est une lame mince « et que 

» cette lame mince se replie spiralement autour de la partie épaissie...- So 

» schlœgt sich zugleich der unverdickte Theil dieser Baender um den verdîck- 

^ 

>i ten spîialig herum. » (Pringsheîm, iVo^^'2 ueb. d. Schleuderer v. Equh. 
in Bot, Zeit. 1853, p. 243.) 

Si l'on considère que dans un sporange non encore ouvert les élatères 
forment autour de la spore une sphère simple en marchant parallèlement et 
sans jamais se croiser ni se superposer, il sera impossible de concevoir qu'ils 
puissent se croiser au point d'adhérence, car deux lames ou deux lignes 
spirales qui se croiseraient en un point se croiseraient nécessairement à 
chaque tour de spire et ne pourraient en aucun cas courir parallèlement. Et 
déplus, pour concevoir ce premier croisement et ceux qui en résulteraient, 
il faudrait concevoir la cellule génératrice des hgnes spirales double a chaque 
point de croisement et simple ailleurs, ce qui serait absurde. Aussi, pour 
échapper à cette absurdité, Bischoff, qui avait considéré les élatères comme 

se croisant à leur point d'adhérence à !a spore, « die sich in ihrem Befesti- 

r ■ 

» gungspunktc durchkreuzen » {Krypt. Gew. p. 32), affirma-t-il plus lard 
que chaque élatère constitue à lui seul une enveloppe complète {Lehrb. der 
Bot. I, p. hk^ et l\h5). L'observation directe d'une spore fraîche détruit 
celte hypothèse, et montre que les élatères constituent autour de la spore 
une cellule sphérique, simple, qui à la maturité se divise en deux fils mar- 
chant parallèlement. 11 est moins facile d'observer directement le point d'adhé- 
rence des deux fils entre eux et à la spore, car sur fe porte-objet les spores se 
présentent constanmient avec leur point d'adhérence placé en bas. Là est 



* 






V 

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SÉANCE DU 10 AVRIL 1863. 187 

. .... 

évidemment leur centre de gravité. Pour pouvoir les examiner en sens 
contraire, il faut employer de petites plaques de verre ou de mica légtMement 
gommées^et que Ton retourne après que les spores v ont adhéré. On s'assure 

y ■ 

alors à son aise que les étal'';res sont parallèles h leur point d'adhérence. 

Pour se rendre un compte evacl des autres appareiices, il suffit de prendre 
une sphère en caoutchouc et de la découper en deux bandes parallèles et dila- 
lées en spalule vers les deux pôles. On voit alors que cette sphère unique, 
découpée en deux bandes parallèles, reproduit si bien la disposition des éla- 
tères qu'elle reproduit aussi toutes les apparences que présente ce gracieux 
appareil. Ainsi, en étirant en ligne droite une de ces bandes spirales, on voit 
que, de quelque façon qu'on la regarde, la torsion qu'elle subit nécessairement 
pour passer à la ligne droite fait paraître les extrémités non p!us seulement 
dilatées en spalule, mais renflées en massues, claviformes, et cette même tor- 
skm reproduit les rides en spirales, pour l'explication desquelles M. Prings- 
heim avait imaginé Texistence d*unc lame mince se contournant en spirale 
autour d'un fil épais. 

Il est donc permis de conclure que les élatêrès proviennent d'une cellule 
simple qui .enveloppe la spore, sont parallèles et non croisés à leur point 
d'adhérence, spatules et non claviformes à leurs extrémités, simples et non 

entourés d'une bande mince en spirale. 



ï 



M. Hénon fait à la Société la communication suivante : 



3* r 



PROMENADE A LA RECHERCHE DU NARCISSUS REFLEXUS DE LOISELKUR (i), 

par H. le docteur lIKlfOlV. 



Parmi les Narcisses anciennement connus, il en est plusieurs sur lesquels 
on est bien loin d'être d'accord et dôHl le type original semble perdu. Pour 
divers botanistes, le Narcissus calathinui de Linné est une plante inconnue 
de nos jours. Quelques-uns pensent la retrouver dans l'espèce que Bonne- 
maison a signalée, il y a un demi-siècle, dans le4 îles Glénans, et que Loîse- 

leurdésignc_sous le nom d^ Nçir^issus reflexus. Cette supposiiion me paraît 
peu admissible, puisque le N. calathinns de Linné est une plante orientale, à 

fleur jaune et odorante, à feuilles planes, tandis que le N. reflexus, décou- 
yçrt par Bonnemaison, a été retrouvé seulement en Espagne et en Portugal, 
que les fleurs sont d'un blanc jaunâtre et inodores, que les feuilles sont con^t 
vexes d'un côté et présentent une double nervure saillante. Enfin Linné ne 
mentionne pas dans son espèce le caractère qui a motivé le nom spéficique 

L 

(1) Nakcissus REFLEXis. — N, foliis angusto-linearibus virenlibus planiusculis dorso 
subconyexis binerviisque, scapo cyMudrico laevi 1-2-floro, nectario campanulato margine 

sexcrenalo, petalis reflexis alterne latioribus subteqiiali, fïoribus cernuis, (Loiseleur, 

Recherches sur les Narcisses indigènes, 4810, in-4**, p. 42.) 



188 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

de celle de Loîseleur : les segments du périgone réfléchis et dressés par suilc 
de rinclinaisoii de la fleur, comme dans les Cyclamen et le Dodecatheon. 

La plante indiquée par Bonnemaison croît dans des îlots éloignés de la côte 
du Finistère, îlots peu fréquentés, d'un abord difficile, dans une mer assez 
mauvaise, surtout au printemps. Par un temps favorable, la traversée se fait 
en deux heures; par une mer agitée, le trajet est beaucoup plus long ; j'ai mis 

4 

huit heures à raccomplir. 

Peu de naturalistes vont dans ces îles; on n'en a rapporté que rarement le 
Narcisse, dont la floraison, de courte durée, a lieu du 5 au 25 avril. 

M. J. Gay, l'un des doyens des botanistes français, avait été avec son fils 
aux îles Glénans, il y a une quinzaine d'années, dans une saison où il ne reste 
aucun débris extérieur de la plante. Il fit des fouilles à un endroit qu'on lui 
avait indiqué, et, parmi un grand nombre de bulbes qu'il recueillit, il en trouva 
quelques-uns qui étaient ceux du iV. reflexus. Un soupçon lui restait, soup- 
çon partagé par beaucoup de personnes : le iV. reflcxus était-il bien réellement 
spontané dans l'île Saint-Nicolas? A l'instar de V Amaryllis de Guèrnesey 
{A. sarniensis L), dont l'histoire est si connue, il avait peut-être été jeté 
dans cette île par suite d'un sinistre maritime et s'y était naturalisé. 

Antérieurement à M. Gay, Bonnemaison avait rapporté des Glénans des 
échantillons mulliflores ou présentant des variations de couleur. Tous ces 
individus apparienaicut-ils à la même espèce? C'était un second point à 
vérifier. 

Je me décidai, cette année, à profiter des vacances de Pâques pour essayer 
de résoudre ce petit problème. Je me transportai donc rapidement jusqu'à 
(^oncarneau (port du Finistère], où je pris le bateau blanc, monté par cinq 
hommes et dirigé par un pilote habile, et le lundi de Pâques (6 avril), mal- 
gré un gros temps qui nous rendit la traversée pénible, je pus explorer deux 
îles. Il nous fut impossible d'aborder ailleurs, tant la mer déferlait avec fureur 
sur les autres îlots, entourés de rochers et de récifs. 

J 

Le premier où nous abordâmes ne fait point partie des Glénans et se nomme 
' Y Ile-auX'Moutons. Il est a deux lieues environ au sud de la pointe de Mous- 
terlin, long d*à peu près quatre cents mètres, inhabité, sans source. 

Dans l'île, le terrain est léger, sablonneux ; en quelques endroits il a plus 
de 50 centimètres d'épaisseur; il est noir, assez semblable à de la bonne terré 
" de bruyère. La végétation était fort belle. L'herbe, d'un vert foncé, s'élevait 
à 60 centimètres. De tous côtés, l'œil rencontrait des fleurs bleues, blanches 
ou jaunes. Le Lychnis dioica est commun ; plus élevé, plus velu qu'ailleurs, 
il est encore remarquable par la grandeur de ses corolles. Une variété de la 
Scille-penchée (5'. nwf«n5 Smith), que M. Gay considère comme dilférente de 
celle qui croît aux environs de Paris, était en pleine floraison. Nous en trou- 
vâmes une sous-variété à fleurs d'un blanc jauuâtre» Ça et là une grande Cru- 
cifère, du genre Brassica, dressait ses tiges fleuries et contrastait par ses larges 



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SÉANCE DU 10 AVRIL 1863. 189 

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feuilles et par ses pétales jaunes avec une Radiée semi-ligueuse (Anthémis 
marîtima L.), à fleurs blanches, au feuillage finement découpé. Ailleurs, une 
Léguinineuse {Vicia) se cramponnait avec ses vrilles au-dessus des hautes 
herbes, pour y produire h la lumière ses Heurs solitaires, sessiles, âxillaires et 
d'un jauiie teinté de violet. La variété de la Belte-marîtime [B. maritima 
var. erecta Gren. et Godr. ; B. carnulom Gren. mss.), que plusieurs consi- 
dèrent comme le type de la plante cultivée, est aussi spontanée dans cette 
Me. M. Duchartre a remarqué que la grande régularité avec laquelle les feuilles 
sont disposées sur la tige de cette plante peut servira démontrer la superpo- 
sition de cinq en cinq de certaines feuilles alternes. C'est un bel exemple de 
phyllotaxic. La tige dressée de celte Bette, ses feuilles larges et charnues, la 
font distinguer de loin. Le Lichen qui sert à fabriquer Torseille (Roccella 
fuciformisoL DG.) couvrait les rochers. 

Dans les pelouses sèches qui garnissent les bords de la mer, on retrouvait la 
majeure partie des plantes qui croissent sur les côtes de cette partie du Finis- 
tère, notamment le Behen-maritimc, tout constellé de fleurs, ainsi que les 
petites sphères d'un rose plus ou moins vif de YArmeria maritima. Le Trèfle- 
blanc, plusieurs variétés naines de Myosotis , deux espèces de Cresson, le 
Plantain-maritime étaient aussi en pleine floraison. Une plante bulbeuse, que 
je crois être un Ornithogale ou une Scille, formait, par l'entrecroisement de 
ses feuilles touffues, de larges plaques de gazon, mais sans aucune trace de 
fleurs. 

On m'avait assuré que le Narcisse-réfléchi croissait dans l'île-aux-Moutons; 
c'est en vain que nous Tavons cherché; s'il y existe encore, il doit y être 
très-rare. 

La seconde île où nous pûmes aborder est l'île Saint-Nicolas. Elle est beau- 
coup plus grande que l'îlot que nous quittions; c'est l'une des plus impor- 
tantes du groupe des Glénans, composé d'une quinzaine d'îles ou îlots. Ce 
petit archipel est situé à quatre lieues au sud-sud-ouest de Concarneau. 

L'île Saint-Nicolas est cultivée en partie; un fermier et sa famille l'habi- 
tent toute l'année. Le terrain, sablonneux, paraît médiocrement fertile. Il y a 
quelques broussailles peu élevées, mais on n'y voit aucun arbre, soit à cause 
delà violence des vents qui y régnent une grande partie de l'année, soit à cause 
du peu de profondeur du soL Deux pieds de Vigne, chétifs et mal tenus, étaient 
plantés contre la maison. On cultive le Blé dans de grands carrés enclos de 
mors, construits en pierres sèches et hauls d'un mètre environ, qui brisent les 
courants d'air. Une autre ressource du fermier est l'incinération des varechs 
pour la fabrication de la soude. La végétation spontanée est peut-être plus va- 
riée que celle de l'île-aux-Moutons, mais elle était incomparablement moins 

luxuriante. 

r 

A peu de distance de l'unique maî^n de l'île, se trouve le mur en pierres 
sèches à l'angle duquel M. Gay avait creusé pour chercher des bulbes. Trois 



490 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

pieds du Narcisse-réfléchi balançaient leurs fleurs eu cet endroit, et, cofiime 
dans ce désert le sol est rarement remué, le creux fait jadis par M. Gay était 

encore reconnaissablc. 

Là où Ton cultive le iilé, le N. reflexus a disparu. On le retrouve sur la li- 
sière des champs et dans les terrains non défrichés. Il y est assez abondant pour 
qu'on puisse le considérer comme vraiment spontané. Le plus ordinairement 
il est uniflore, fréquemment on le rencontre biflore et quelquefois triflore, te 
scapc s'élève de 10 à 20 ceniimolres, mais, lorsque le sol est profond et de 
bonne qualité» i( acquiert jusqu'à 30 centimètres de hauteur, et presque tou- 
jours alors il est nmltiflore. ■ 

Je n*ai trouvé que des variétés ou variations peu Importantes* 

La couleur des fleurs est d'un blanc plus ou moins teinté de jaune» 

Les segments du périgone sont parfois notablement plus étroits, aigus. 



La couronne ou coupe v 



ses rapports 



longueur avec le tube et avec les segments du périgone sont assez constants* 
Dans les étamines, dont trois sont presque sessiles et incluses dans le tube, 
tandis que les trois autres, munies de longs filets, portent l'anthère' aux deux 
tiers de la couronne, j'ai vu parfois les étamines inférieures pourvues de filets 
assez longs portant l'anthère jusqu^au tiers de la couronne. Je n'ai observé 
celte disposition que dans les variétés à segments du périgone étroits. 



Et 



i 



le Narcisse est commun ; qu'il y prend de grandes dimensions. C'est de là 
peut-être ou des jardins que proviennent certains échantillons à cinq ou six 
fleurs qu'on voit dans les herbiers. * 

A Texception du Narcisse, du Chou-à-huile qui paraît échappé des cul- 
tures, et de la variété de la Scille-penchée que j'ai mentionnée plus haut et' 
dont le fermier se sert ici pour faire des cataplasmes maturatif», je n'ai 
trouvé que peu de plantes fleuries. ^ 

Notre rapide exploration a eu pour résultat la certitude que le Narciiêui 
reflexus est bien véritablement spontané dans les îles Glénans, et que les varia- 
tions multiflores ou à segments aigus appartiennent à la mGme espèce. 

Il fallait se hâter : les marins nous rappelaient, la mer devenait de plus en 
plus mauvaise, on avait des craintes pour le retour. Heureusement nous eu 
fûmes quittes pour la peur, la pluie et le mal de mer, dont on peut rire, mais 
seulement quand on a mis pied à terre. 



M. J. Gay dit: 

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l 

Qu'il s'est rendu en septembre 18^7 aux îles Glénans, dans le but d'y 
recueillir le Narcissus reflexus Lois. A cette époque de l'année, la plante étaft 
déjà coiuplétenient desséchée. *J. Gay fit creuser le sol au pied d'un niur, 

dans un endroit qui lui fut désigné par le seul fermier qui habite l'île, et H 






_t ^ j_i"_j-. 



SÉANCE DU 10 AVRIL 186S. I9l 

recueillit ainsi un certain nombre cle bulbes, sans pouvoir distinguer alors 
ceux qui appartenaient a la plante en question. Ces bulbes furent apportés ù 
Paris et plantés. Deux d'entre eux produisirent au printemps suivant le 



'Il 



la plante 



cessa de fleurir, ainsi qu'il arrive souvent, sous le climat de Paris, à d'autres 

plantes bulbeuses marilinics, parlîculièrement a VAmarj/llis sarniemis» 

M. Ilénon fait remarquer qu'il est fort difficile d'aborder aux îles 
Glénans, et que le voyageur n'y trouve aucune ressource ; aussi les 
visites des botanistes y sont-elles bien rares. Depuis longues années 
on n'y avait pas vu une boîte à herboriser, et le trou creusé, en 1847, 
par M. Gay, n'a pas été comblé. — M. Hénon ajoute que le Quercits 
Ilcx est fort abondant aux environs de Quimper, et lui paraît 
croître dans ce pays à l'état tout à fait sauvage. 

M. Bureau fait à la Société la communication suivante : 



SUR DES FLEURS MONSTRUEUSES DE PRIMULA SÏSENSIS , par M. Kil. BtlBEAU. 



J'ai examiné les échantillons monstrueux de Primula sinensis présentés 
par M. Durieu de Maisouneuve dans la dernière séance (1), et voici ce qu'ils 
m'ont offert : 

Les fleurs anomalemcnt développées se montrent sous deux formes très- 
dissemblables, qui ne me paraissent cependant être que deux degrés diffé- 
rents d'une même sorte de monstruosité. Ces deux formes ne sont point 
mélangées dans une même inflorescence, el appartenaient probablement à des 
pieds distincts* 

Les fleurs les moins déformées présenleiît un calice lubuleux très allongé, 
une corolle également très-longue et d'une couleur verdàlre, dont le tube 
porte cinq étaminc», et un ovaire cylindrique tellement long qu'il dépasse la 
gorge de la corolle. Le style est, au contraire, irès-courL 

Si Ton ouvre cet ovaire , on trouve au centre un rameau ix>ilu, comme les 
rameaux de l'inflorescence, et formant évidemment la continuation du pédi- 
celle de la fleur, dont il ne diffère en rien. Ce rameau se partage au founnet 
en un grand nombre de divisions aplaties, contournées, irréguHères, qui por- 
tent sur leurs bords des ovules plus ou moins bien développé». 

Entre cette monstruosité et celle dont je vais parler maintenant, je n'ai pas 
vu de formes intermédiaires. Toutes deux cependant me |)araissent, comme 
je Tai déjà dit, l'effet plus ou moins prononcé d'une même tendance de la 
fleur ; la tendance 5 se changer en un rameau. 



(1) Voyez plus hatit, p. 137. 



^ 



192 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Les fleui-s qui présentent le degré le plus avancé de monstruosité sont 
beaucoup plus compliquées. Tous les organes qui composent leurs différents 
verlicilles sont métamorphosés en appendices foliacés, nullement soudés entre 
eux. Je ne puis mieux comparer l'aspect de la fleur qu'à celui d'un capitule 
de Composée à larges bractées (d'Artichaut par exemple) avant l'épanouis- 
sement. • . * , 
Si tout se bornait h cette métamorphose, les appendices dont il s'agit 
devraient être au nombre de vingt : cinq représentant les pièces constituantes 
du calice, cinq les pièces de la corolle, cinq les élamiues et cinq les carpelles; 
mais il y eu a bien davantage, et il est évident que Taxe de la fleur , après 
avoir donné naissance h la quantité d'organes appendiculaires qu'il doit nor- 
malement porter, a continué à produire des appendices semblables, exac- 
tement comme un rameau, dont la partie supérieure produit sans cesse de 
nouvelles feuilles tant que le mouvement de la sève n'est pas arrêté. • 

La ressemblance de celte partie centrale de la fleur avec un rameau se 
trouve complétée par la position des api)endices qui, dans cette région, sont 
alternes et placés sur une ligne spirale, tandis que la disposition en verticilles 
est encore bien reconnaissable pour tous les appendices extérieurs. 

Puisqu'il est facile, dans le cas en question, de distinguer les folioles qui 
représentent les organes composant les quatre verticilles d'une fleur ordinaire 
de Primulay il est évident que tous les organes foliacés situés plus haut ne 
peuvent être portés que par le placenta changé en rameau, comme il l'est dans 
la première forme de monstruosité. Ici, seulement, l'allongement moindre du 
rameau placentaire rend la transformation moins apparente. 

Si celle extrémité de l'axe de la fleur représente le placenta, elle doit porter 
les ovules ; c'est aussi ce qui a lieu. Ces organes sont placés sur de petits ren- 
flements parlant de l'axe et occupant les deux bords de toutes les folioles supé- 
rieures, dans la moitié de la hauteur de ces folioles. 

En même icmps que les différentes pièces appendiculaires de la fleur ten- 
dent à passer à l'état de feuilles, elles en prennent les propriétés ; ainsi elles 
portent fréquemment des bourgeons à leur aisselle. Ces bourgeons s'allongent 
en rameaux qui se terminent par une fleur exactement semblable à celle que 
je viens de décrire, et donnant elle-même naissance à des rameaux qui occu- 
ptent l'aisselle des pièces de ses différents verlicilles. J'ai vu cette sorte de 
ramification produire jusqu'à des axes de quatrième ordre et donner à l'inflo- 
rescence un aspect des plus bizarres. 

Telles sont les mmistruosités intéressantes dont la Société a bien voulu me 
confier l'examen. Je me suis borné b les décrire aussi exactement que je Tai 
pu, sans vouloir aborder maintenant l'étude des importantes questions de 
morphologie qu'elles soulèvent. 



M. Roze fait à la Société la communication suivante : 



SÉANCE DU 10 ÂVRÎL 18C3. J93 



NOTE Sur une excursion DRYOLOGIQUE aux environs de TROVIN^, en mars 18G3, 

par »3I. BOUTOIIil^ER et ItOZIi;. 



I 

L'exploration des collines crétacées qui s'étendent de Provins (Seinc-ct- 
Marne) jusqu'à la station de Longueville nous ayant offert un certain inléret 
au point de vue des Mousses récoltées sur les confins est de la flore pari- 
sienne, nous avons cru pouvoir en faire l'objet de la présente note. 

Ce €j;ui paraît dominer à première vue sur la portion du sol, improductive 
ou délaissée par la culture, de toutes ces collines, c'est la plupart des espèces 
des terrains calcaires proprement dits, telles que V iJypmtmmolliiscumllcàw. , 
le Thiddinm ahietininn Schimp. , le Cylindrothechim concinnum Schimp. , 
stériles tous trois, et surtout le Camptot/iecîuvi luiescens Scln'mp. , qui seul 
s'y montre chargé de très-nombreuses fructifications. 

-■A É 

Ceci constaté, nous sommes allés visiter des roches calcaires et des blocs 
erratiques quartzeux , situés sur le penchant d'un coteau, au pied duquel se 

dessine le cours sinueux de la Vonizie, cl nous y avons recueilli les Mousses 
suivantes : 

Sur les roches calcaires : 

Gymnostomum tortile Schvva?gr. , plante nouvelle potir la flore parisienne, 

dans les petites cavités de la roche ; 

■m # 

Barbula aloides Br, eur.; 
^i Didymodon lurîdus Uornsch.^ rare et très-peu fructifié; ces trois espèces 
entremêlées de Barbula squarrosa De Not. et de Leptofrichum flexîcauîe 
Hampe, stériles, ainsi que de Grimmia apocarpa Hedw. , d'Orthof?'ichum ano- 
malum Hedw. , etd'Fncalypta vuUjaris Hedw. , abondants et toujours fructifies. 

Sur les blocs quartzeux : 

Pterogohîum gracile ?>vi2x\i, signalé comme très-rarement fertile et qui, 
là, se montrait en certains endioils chargé de fruits; 

Hedwigia ciliata Hedw. , présentant la forme-type et la très-curîeusc 

variété /ewco^A^pa, toutes deux fertiles; 

hi Grimmia leucophœa Grcv., espèce nouvelle pour la flore parisienne, 
et qui, stérile dans celte localité, avait été trouvée antérieurement et assez 
i>ien fructifiée sur les rochers de grès avoîsinant l'emplacement de l'ancien 
château d'Épcrnon (Eurc-cl-Loir), mais qui n'avait pas encore été signalée. 

Nous avons de plus récolté, sur des Ormes bordant une route aux portes de 
Provins, V Orlhotrichum fallax Schhr\p. [0. pumilum Br. eur.), et, sur le 
tronc d'un Noyer courbé en dos d'âne , le Leucodon scîuroidcs Schwa?gr. 
chargé d'urnes noirâtres, fertilité qui est loin de lui éire habituelle. 

Enfin, sur les parois verticales d'un ravin crayeux, nous avons découvert le 
Seligeria calcarea Br. eur., que, du reste, nous avons revu très-abondant 

dans de vastes tranchées ouvertes pour les travaux du chemin de fer, près de 



T, X. 



ik 



l9/i SOCIÉTÉ BOTANiQÛË DE PhANCË. 

Longueville, et qui selon toute probabilité doit se retrouver dans la plupart 
des localités de la Champagne où la craie du sol se trouve ainsi mise h nu. 

Tel est, en résumé, le résulta! de nos communes investigations; nul doute 
qu'il nV ait encore quelques espèces intéressantes à inscrire à la suite de cet 
aperçu : c'est ce qui revient en particulier à celui de nous pour qui l'achè- 
vement du catalogue des plantes provînèîsës est l'objet de patientes et minu- 

lieuses recherches, 

M. Duval-Jouvé expose qu'eil général les ilofes mentionnent le 
Leersia oryzôides comme une plante peu commune, tandis qu'au 
contraire ses observations lui ont fait reconnaître que cette Grami- 
née est des plus répandues. 

M. Larcher fait observer qu'il a lui-même trouvé le L. orijzoides 
abondant aux environs de Paris et jusque dans Tenceinte même de 
la ville, sur les bords de la Seine. 

I q 

M. Duval-Jouve ajoiltô ce qui suit : 



- + 



\ \ 



SUR LA FLORAISON ET LA FRUCTIFICATION DU LEERSIA ORYZOIDES, 

par M. a. OÎLJVALi- JOUVE. 






J'ai constaté la présence du Leersia oryzôides au borà des eaux courantes 
et dormantes, du nord au sud, depuis Strasbourg jusqu'à Tarascon, et de 
l'est à l ouest, depuis Strasbourg jusqu'à Lisieux, M. le capitaine PâHs, notre 
confrère, m'a dit avoir également trouve cette plante aux bords de tous les 
cours d'eau de la Basse -Normandie. 

Ce qui a dû induire en erreur sur la fréquence de cette plante est cotte cîr- 

ne fleurit que très-rarement dans nos contrées^ hien 



fructifia 



dan 



lité que lorsqu'on en voit la panicule plus ou moins exserte; sans panîcUlfi, 
ou ne la distingue pas des autres Graminées au milieu desquelles elle croît. 
Or,, sur cette espèce , fa panicule exserte est une exception, une exception si 
rare qu'on devrait presque la dire une anomalie. 

Quand on se met sérieusement à la rechercbe de celte plante automnal^?, 
otl parvient facilement à la distinguer sans sa panicule, car elle est toujours 
rcconuaissable à la rudesse extrême de ses feuilles d'un vert jaunâtre et sur- 
tout à sa feuille supérieure courte et seule à former constamment un angle 
droit avec sa gaine. On voit alors que toutes ses tiges non fleuries sont extrê- 
mement répandues au bord des eaux, et qUd ce qui empêche peut-être qu'on 
ne signale celte plante partout, c'est que sa fructification tardive (août, sep- 
tembre, octobre) îie se montre presque jamais exserte et dès lors n^attîre point 



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feËÂNCÉ ht 10 ÂvftlL 18{)3. 



195 



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les regards. En effet, si l'on examine de près et en les déchiquetant toutes ces 
tiges, en apparence sans panîcule, ou trouve que, loin d'en être privées, elles 
en ont de parfaitement fécondées, non pas seulement dans la gaîne supé- 
rieure, mais dans toutes les gaines, à Texccption des plus inférieures qui 
sont submergées. Toutes ces panicules incluses sont fécondes et leurs cary- 
opses mûrissent avec une grande rapidité. Que si Ton examine la panicule 
exserte, on trouve qu'elle est entièrement privée de caryopses mûrs et que 

^ - 

tous ont avorté, ' 

Une partie de ces faits A déjà été signalée, Schreber a été le premier, je 
crois, à faire remarquer que : « Si la panîcule du L, ùryzoidcs sort en entier 
» de la gaîne supérieure, elle est complètement stérile; si elle ne sort (}u'à 

" ri 

moitié, les épillets de la partie exserte sont constamment stériles, tandis que 
«ceux qui restent inclus sont fertiles» [Deschr. di Grœser, t II, p. 8)/ 
Cette observation, répétée par Kœler[Grdm. Gall. ^t Genn. p. C), Gmeliii 
[FL bad, I, p, 117), Schrader (7^7. gerra. p. 177), Gaudin [Agro^t. helv. 
p. 4), n'est mentionnée dans aucune flore française. Spenrter prétend ^ué 
celte plante ne fleurit, dans les contrées rhénanes, que lorsque Tëlé y est 
très-cliaud et très- long [FL frib. III, p. 1054); c'est une erreur ffftô Nées 
d'I^senbeck adopte et reproduit en ces tcrliiCS : « Leersia aryzoides^ unica 
^ Imjus generis species europaea, in nostris regionibus rarissime cœlo favcnte 

■ 

«paniculam bene explicatam et florentem ostendit, qualeni acstale calidâ 
anni 1835 observare contigit » [Gen. plant, fl. yerm. vol. I, n° 1). 
^ Dans la synonymie de cette espèce, on peut remarquer que "Wiggers l'a 

4 

nommée Ehrliartia clandestim, et soupçonner que cette dénomination est 
une allusion au fait que je signale, a la présence de panicules fertiles incluses 
dans toutes les gaines. ïl n'en est rîen toutefois, et le texte de "NYiggers prouvé 
que cet auteur n'avait observé que la panicule terminale fréquemment S 
demi-iucluse et n'avait nullement soupçonné l'existence d'autres panicules 
^Sfis les autres gaines (1), Il dit en effet : « Panîcula ramosa, contracta; 
'* vagina semper arcte inclusa, ut in plerisque fioresceniiam in illa absolvat 
' et semina maturet » {Prim. fî. ho!s. p. 64, n^ 695). 

11 est une autre Gramlnée qui présente une particularité analogue, le Cryp- 
tostackys vagînata Steud., originaire de l'Amérique septentrionale et k 
laquelle l'auteur assigne comme caractères : o vaginis omnibus paniculam 
*faveniibus clandestinam, post florescentiam demum plus minus exsertam # 
[Syn. Glum. p. 181). Mais, dans le Z. or^-o/^e^, les panicules incluses, a 



lî 



0) Dans le mémoire que M. A. Braun a pubUé en 1861, dans les Verhandlwgen d« 
^otanischen Vereins f. d. Provînz Brandenburg, pour faire rentrer le Leersia dans le 
genre Orysa, ce savant botaniste reprend le nom clandeslina^ maïs uniquement parce 
lu'il est relativement le plus ancien et qu'i' n'est pas possible de dire Oryza oryzoideî* 
** ne fait aucune aHusion aux particularités signalées. {Zuruechfuehruvg d. Gatlunff 
^tEKsiA S\v, zur Gallung Orvza L.) • ■ 



190 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE fRANCË. 

rexceplion encore assez rare de la supérieure, ne sortent jamais ; elles sont 
renfermées clans des gaines si étroitement involvanies qu'il est impossible, 
même en les touchant, d'y soupçonner la présence d'une panicule féconde. 

Dans le riche herbier de M. Buchinger, où j'ai pu voir la plante de Sleu- 
del, j*ai pu aussi étudier des Leersia exotiques, et je n*ai constaté la présence 
de semblables panîcules sur aucune espace exotique, mais je l'ai retrouvée 
sur des échantillons de L. oryzoides provenant de Pennsilvanie. 

J'ai voulu rechercher la cause de la stérilité des panicules exsertes et de 
l'état contraire sur les panicules incluses, et je ne suis encore arrivé qu'à con- 
staler les faits suivants, qui me paraissent dignes d'attirer l'attention des 
botanistes. 

Si l'on examine les fleurs d'une panicule exserte, on trouve que les deux 
glumelles, bien vertes et bien nerviées, s'écartent au moment de Tanthèse 
pour laisser sortir les étamines et les stigmates plumeux ; c'est en cet état 
que les a très-exactement figurées Nées d'Esenbeck {Gçn. pL fl, germ. vol. I, 
n^ 1). Les anthères sont grandes, remplies d'un pollen abondant, bien con- 
formé et tout gonflé de fovilla; les siigmates sont également bien développés, 
ainsi que l'ovaire, et pourtant ce dernier se flétrit et se dessèche immédia- 
tement après l'anthèse, et la panicule demeure stérile. 

Que si l'on veut rechercher le moment de l'anthèse sur les panicules 
incluses, pour si peu que les glumelles soient vertes et nerviées, on trouve 
constamment que la fécondation a déjà eu lieu et que l'ovaire est dans un état 
de développement très-avancé. Les glumelles sont restées fermées et si forte- 
ment adhérentes qu'il est presque impossible de les séparer sans les déchi- 
rer (1). La cavité fermée qu'eUes constituent ainsi est constamment remplie 

d'un liquide parfaitement trarisparcnt et légèrement visqueux, dans lequel 
baignent les organes de la génération. L'ovaire, déjà gros, porte des stigmates 
très-petits, autour desquels on voit les trpi^ anthères déflorées très-petites et 
au moins trois fois plus courtes que celles des panîcules exsertes; ce qui 
montre que les anthères et les stigmates ne sont pas sortis des glumelles, 
comme cela a lieu sur les panicules exsertes, et que la fécondation s'est 
opérée loin de la lumière et dans une cavité remplie de liquide (2)» 



j 



(1) Cette circonstance a induit Wiggers en erreur et lui a fait attribuer au L* ory^ 
ZOides « calyx uniglumîa » (i. c.)- Uolh a déjà relevé cette erreur en ces termes : « Calyx 
univalvis qnem vidit Wiggcrsius nuiiquam observatur, sed semper bivalvis. » (7ew^ 



/f. germ. t. H, p. 69.) 



(2) H paraît que Wiggers n'avait étudié les organes de la génération qnc sur la 
partie incluse de la panicule supérieure, car )a présence des anthères groupées autour 
du stigmate, rextrèmô ténuité des fileta souvent coUés contre l'ovaire, l'ont encore induit 
en erreur et Tont fait placer son Ehrhariia dans la gynandrie, en lui attribuant : « Fila- 
» nienta brevissîma apîcî germinis inserta. » Cet auteur fait observer que celte plante 
est Tunique exemple d'une Graininée appartenant à la gynandrie. Roth a également 

relevé cette erreur ; « Kec stamîna germini imposita, ut vîdebantur Wiggersio, observare 
1 potui. » (op, ç. p, 69.) 



\ 



t 



SÉANCE DU 2/i AYRIL 1863. 



197 



Si l'on veut trouver dos anthères non déflorées, il faut prendre une tîge 
d'une extrême jeunesse; on voit alors, dans les gaines étroitement serrées, 

É 

des fleurs dont les glumelles blanches et à peine ncrvîécs renferment des 
anthères non déflorées, mais toujours très-pelitcs; les grains de pollen y sont 
en très-petit nombre et mal conformés; leur membrane est si mince qu'elle 
se déchire au moindre contact et laisse échapper la fovilla. Ajoutons que la 
plupart de ces grains semblent même dépourvus de fovilla et réduits à une 
membrane flasque et déformée. Et avec cela, les panicules incluses sont toutes 
fertiles, comme si la privation de la lumière, l'absence d*un air sec et un 
milieu humide étaient les conditions de leur fécondation. 

C'est l'ensemble de ces circonstances qui m'a autorisé a dire en commen- 
çant que notre plante fleurît rarement, bien qu'elle fructifie abondamment 

I 

tous les ans. 



M. Cosson dit qu'il croit se rappeler qu'il a été fait mention des 

panicules incluses du Leerna oryzoides .dans une' des sessions 

extraordinaires de la Société. 
M. Duval-Jouve répond qu'il n'a pas vu cette mention dans le 

Bulletin^ mais qu'il a lui-même déjà signalé le fait en question 

dans les Annotcitiones de M. Billot (p. 112 et suiv.), à la date du 

3 novembre 1857. 

M. Emmanuel Duvergier de Hauranne met sous les yeux de la 
Société une planche litbograpliiée, comme spécimen de V Album de 
la brijologie parisienne que se propose de publier M. Kleinhans. 



SÉANCE DU 24 AVRIL 1863. 



PRÉSIDENCE DE M. E. COSSON. 



M. Eug. Fournier, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de 



la séance du 10 avril, dont la rédaction est adoptée. 

— \w 



M 



d 



M. ViBRAYE (le marquis de), membre correspondant de l'Institut, 

L 

rue do Yarennes, 56, à Paris, présenté par MM. A, Passy 
et Duchartre; 



198 SOCIÉTÉ BOTAÎSIQUE DE FRANCE, 

M. Michel, employé à la Direction g(3nérale des douanes, rue 

Lemercier (Balignolles),A8, à Paris, présenté parMM.Ba- 

r ' 

mond et A. Gris. 
M. le Président aniionce en outre deux nouvelles présenlalions. 



Dons faits à la Société : 



1° Delà part de M. D. Clos: - 

4 

Revue critique de la durée des plantes dons ses rapports avec la 
phytographie. 

h i, 

P * 

2° De la part de M. le comte de Lambcrtye : 

m 

Cidture fdrcée par le thermosiphon des fimits et légumes de primeur^ 
3^ livraison [Fraisier). 

8° De la part de M. Lepage : 

Etude chimique sur les graines du Fusain-cV Europe. 

* 

4° De la part de M. Roche : 

De Vaction de quelques composés du règne minéral sur les végétaux. 

5° De la part de MM. Vilmorin, Andrieux et G**" : 

Extrait général des Catalogues de cette maison^ 1863, 
Supplément aux Catalogues^ 1863. 

6° De la part de la Société d'Horticulture et d'Arboriculture de 
la Côte-d'Or : 

Bulletin de cette Société^ novembre-décembre 1862. 

T De la part de la Société d'Horticulture et de Botanique de 
rHérault : 

Annales de cette Société^ t. III, n** 1. 

8^ De la part de la Société d*Hortîculture de la Gironde : 

Programme et règlement de son exposition de 1863. ' 

ô" En échange du Bulletin de la Société : 

Wochenschrift fuer Gœrtnerei und Pflanzenkunde^ 1863, huit numéros. 
Atti deir L R. Istituto veneto, t. VII, n*' 10 ; t. VIII, if^ 1,2, 3. 
Journal de la Société impériale et centrale d'fJorticidture, mars 1863. 
• Bulletin de la Société impériale zoologique d* Acclimatation^ mars 1863, 
L'Institut^ avril 1863, deux numéros. 



t 



4 



\ 



I 



SÉANCE DU 24 AYRIi^ 1863. 199 

M. Chatîn dépose sur le bureau, au nom de M. Lepage, pharma- 
cien à Gisors, un travail sur l'analyse chimique des graines du 
Fusain. 

M. Chatin fait ensuite hommage à la Société d'une thèse soutenue 
à l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris par M. Roche, et inti- 
tulée : De r action de quelques composés du règne minéral sur les 

végétaux. 

e 

M. Roche, ajoute M. Chatîn, a conclu de ses recherches que les matières 

à 

non assimilables sont excrétées par les racines et non par les feuilles. Cette 

conclusion est contraire à celle qu'a déduite de ses travaux M. Cauvet, auteur 

d'une thèse soutenue récemment sur le même sujet devant la FacuUé des 
sciences de Strasbourg, 

I , 

M. le Président annonce à la Société la perte profondément dou- 
loureuse qu'elle vient de faire dans la personne de Tun de ses 
vice-présidents, M. Moquin-Tandon, membre de Tlnstitut, etc., et 
s exprime de la manière suivante : 



Messieurs et chers confrères, 

I 

Vous savez tous la perte douloureuse qui vient de frapper si cruellement la 
Société botanique. M* le professeur Moquin-ïandon, que nous voyions il y 
a peu de jours encore prendre part à nos travaux avec un si vif intérêt, a été 
emporté dans la nuit du \h au 15 de ce mois, vers deux heures du matin, par 
nn de ces accidents foudroyants, qui, il y a peu de mois, avait déjà enlevé à 
notre affection l'un des membres les plus dévoués de notre Bureau, mon 
excellent ami le docteur A- Jamain. Ma douleur est trop vive pour que jç 

■ 

trouve maintenant le recueillement nécessaire pour vous retracer, comme 
je le voudrais, la vie laborieuse et si remplie du membre éminent de 
notre Société dont nous déplorons tous la mort înïprévue. Je ne pourrai donc 
vous donner qu'une esquisse bien imparfaite de la richesse de cette 
organisation exceptionnelle, largement douée par la nature de toutes les 
qualités du cœur et de Fintelligcnce. Je reconnais d^ailleurs mon incompétence 
|>our mettre en relief comme elles le méritent l'étendue et la variété des 

" '^ . . 

connaissances de notre illustre et regretté confrère. Aussi dois-je me borner 
a rappeler ses œuvres botaniques principales, laissant à des voix plus autorisées 
que la mienne le soin de mettre en lumière la valeur de ses nombreux 

r 

travaux en zoologie, en médecine et en littérature. 

M. Moquin-Tandon (Christian-Horace-Bénédict-Alfred) naquit à Montpel- 
lier, le 7 mai 1804. Sa famille paternelle était originaire du pays de Gers; 
elle appartenait à la religion réformée, et, préférant perdre ses biens et garder sa 
foi, elle quitta son pays natal lors de la révocation de l'édit de Nantes., pour se 



^ 



200 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

r — 

^ 

■fixer a Genève ; elle revînt plus tard s'établir à Montpellier. La famille Tandon, 
i laquelle appartenait la grand'-mère iiiaternelle du professeur Moquin-ïandon, 
avait des titres scientifiques et littéraires: c'est à la mémoire de Tun de ses 
membres, Barthélemi Tandon, membre de TAcadémie des sciences de Mont- 
pellier, astronome distingué, que M. Moquin a dédié le genre Tandonia, de 
la famille des Basellacées, et c'est a son grand-père maternel, Auguste Tandon, 
que le jeune Woquin dut son goût pour les sciences et les lettres. 

Dès sa première jeunesse, il montra une vocation si prononcée pour l'étude 
des sciences naturelles, que son père, négociant des plus honorables, dut re- 
noncer à lui faire embrasser la carrière commerciale (1). H fit de brillantes 
études littéraires, durant lesquelles il trouva moyen de suivre les cours de 
- zoologie et de botanique. Il eut même la bonne fortune d'assister aux der- 
nières leçons que professa De Candolle à Montpellier. Par son intelligence 
précoce il se concilia la bienveillance de ce savant éminent, et dès cette 
époque commencèrent entre l'élève et le maître des relations de science et 

r 

d'amiiié qui ne furent jamais interrompues. — Reçu bachelier ès-lettresle 
U novembre 1822, il prit deux jours après sa première inscription à la Faculté 
de médecine de Montpellier. Il devint ensuite l'élève et plus tard le collabora- 
teur de Dunal et d'Auguste de Saint-Hilaire. Il trouva auprès de ces savants 
une bienveillante amitié, qu'il aimait toujours à rappeler avec reconnaissance, 
et leur intimité l'initia aux principes les plus élevés de la science, en même 
temps qu'acné lui apprit ces procédés si utiles pour les dissections et les 
observations délicates et que la tradition seule peut transmettre. 

A vingt et un ans, en 1825, M. Moquîn commença à s'occuper d'études sur 
le groupe des Salsolacées. Ces plantes sont, comme vous le savez tous, bien 
loin d'attirer l'attention des néophytes de la science, mais elles offraient au 
jeune observateur un intérêt d'autant plus grand que, sous leur aspect 
uniforme et peu attrayant , qui les faisait nommer familièrement par lui 
« les crapauds du règne végétal », il savait devoir trouver de ces caractères 
curieux et inattendus dont l'étude offre le plus de charme au véritable 
naturaliste. M. Moquin voulait même prendre comme sujet de thèse pour 
le doctorat ès-sciences, la monographie des Salsolacées. Mais il ne larda 
pas à reconnaître que ce sujet était beaucoup trop vaste et il en cherchait 
un nouveau, lorsque le hasard de ses études le lui offrit. M. Moquin rap- 
porte ainsi lui-même les circonstances qui fixèrent son choix (2) : « C'était 
en 1825, je travaillais à ma thèse de botanique pour le doctorat ès-sciences, 
la Monographie des Chénopodées. La matière s'étendait devant moi, sa 
longueur m'effrayait ; je cherchais un sujet plus court. Disséquant par ha- 



(1) En 1820 et 1821, il a rempli dans la maison de commerce de son père, Moquin- 
Tandon et Cie , d'abord les fonctions de simple copiste, plus tard celles de caissier. 

(2) Yoy. YËloge historique de Dunal, par M. J,-E. Planchon, p. 17. Montpellier, 1856, 









SÉANCE DU 2/i AVRIL 1863. 201 

ri 

L 

sard la fleur (runc Crucifère, le Vella Pseudocyfîsus, je vis, à la place des 
étamiiies géminées, une seule étamine avec une double anlhère. D'auïrcs 
fleurs de la même famille me firent concevoir que cliaque paire d'élamines 
longues représente une élamine simple. J'élais arrivé au dédoublement, sans 
voir encore la généralité de la loi. Dunal revient de Beauregard, une des fermes 
qu'il gérait, je loi fais part de mes observations et de mon idée. Il bondit 
sur sa chaise (je crois encore le voir!), il m'embrasse, ouvre un carton, en 
lire les feuilles de son Essai su?' les Vacciniées et me lit Texposé de sa théo- 
rie. J^étais ébahi ! Dunal m*engage a de nouvelles recherches, me conseille de 



prendre les dédoublemenls pour sujet de thèse et m'autorise à puiser dans son 
ouvrage inédit. De là sortit, l'année suivante, mon Essai sur les dédouble- 
ments. » Dans ce premier travail, l'auteur se plaît à s'effacer pour faire large- 
ment place à son maître, et il n'étudie guère le phénomène du dédoublement 
que chez les étamînes ; mais pour lui, comme pour Dunal, qui lui avait cédé 
si généreusement ses titres à la priorité d'une idée neuve et féconde, le dédou- 
blement embrasse non-seulement tous les organes floraux, mais encore toutes 
les autres parties de l'organisme végéta!. De Candolle, l'un des premiers, 
comprit l'importance de ces principes nouveaux, et il leur consacra un cha- 
pitre dans son Organographio végétale (1827) et plus tard un autre article 
étendu dans sa Théorie élémentaire (18^/i). Déjà antérieurement il avait 
fait réimprimer le mémoire de M. Moquin dans la Bibliothèque universelle 
de Genève. A. de Saint-Hilaire, dans sa Morphologie végétale, prête l'appui 
de sa haute autorité aux idées do Dunal et de Moquin-Tandon, qui obtinrent 
également l'adhésion de M. Rœper; aussi bientôt firent-elles loi dans la 
science. 

Le 9 décembre 1826, après un examen brillamment soutenu, M. Moquin 
obtint le titre de docteur ès-sciences. Le sujet de sa thèse de zoologie était 
'a monographie complète de la famille des Hirudinées^ dont il décrivit 
les genres, les espèces et les variétés, en insistant sur leurs mœurs et les détails 
de leur organisation. Cuvier a dit de cette publication que c'était un beau tra- 
vail, et Férussac l'a présentée comme un modèle de monographie. — Deux ans 
plus tard, le 18 août 1828, il fut reçu docteur en médecine; sa thèse avait pour 
titre Essai sur laphthisie laryngée syphilitique^ et ce mémoire a été considéré 
par Lallemant comme une élude neuve et digne d'attention. — En 1829, M. aîo- 
quin fut appelé comme professeur à l'Athénée de Marseille, où il fit un cours de 
physiologie comparée; c'était la première fois que cette partie de la science 
était l'objet d'un cours spécial, car à cette époque la chaire du Muséum d'his- 
toire naturelle n'avait pas encore été créée. — En 1833, il fut nommé profes- 
seur d'histoire naturelle à la Faculté des sciences de Toulouse et chargé de 
renseignement de la zoologie et de la botanique pendant cette première 
année. A partir de 183/i, il n'eut plus à professer que la botanique, mais la 
Tille de Toulouse lui confia Ja direction de son J^rdin-des-plantes et la chaire 



202 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

de botanique appliquée attachée a cejardin. Pendant près de \ingt ans, il rem- 

4 

plit CCS fonctions avec autant de zèle que de succès. —Il a été secrétaire de la 
faculté des sciences de Toulouse pendant douze ans, et pendant trois années 
doyen par intérim de cette même faculté. — Comuie directeur du Jaidin- 
des-plantes il avait donné au\: collections de cet éîablisscmcnt une puissante 
impulsion et avait réuni dans ses cultures une intéressante série do plantes des 
Pyrénées. 

Au mois d'avril 1843, M. 31oquiu a été nommé chevalier de la Légion 
d'honneur. 

h 

En 1850, il fut chargé par le gouvernement d'une mission pour l'explora- 
tion botanique de la Corse ; son voyage, durant lequel il recueillit de riches 
matériaux, avait surtout pour but de compléter les importantes collections 
formées dans celte île par son ami Ilequien, xAIitlgré ses occupations si variées, 
il se proposait de publier une Flore de Corse, considérant comme un pieux 
devoir envers la mémoire de son ami de faire connaître par son livre toutes 
les richesses des collections qu'il lui avait léguées. Il consacra jusqu'au der- 
nier jour ses trop rares moments de loisir à cet important travail que, mieux 
que tout autre, il eût été à même de mcjier à bonne fin. Il s'était assuré le 

h 

concours de M. Montagne pour la partie cryptogamique. 

En 1853, présenté en première ligne par la Faculté de médecine et le Con- 
seil académique pour la chaire d'histoire naturelle à la Faculté de médecine 
de Paris, il fut choisi par le ministre parmi d'autres candidats d'un grand 
mérite et appelé h ces liaules fonctions professorales. Son cours, dont il s'oc- 
cupait avec amour, était un des plus suivis de l'Kcole. 

lu^s Eléments de zoologie médicale {iSGO) et les Eléments de botanique 
?/2eW/ca/e (1861), dans lesquels il a résumé son cnseîgaemcnt, renferment 
toutes les notions de zoologie et de botanique utiles au médecin, en même 
temps qu'ils exposent en quelques pages les principes généraux de ces deux 
sciences et les bases des classifications généralement adoptées. 

Les importants travaux de M. Moquin et spécialement ceux sur la botanique 
l'avaient désigné au choix de l'Institut. Nommé membre correspondant, le 
12 mai 1851, en remplacement de F- Link, de Berlin, il fut nommé membre 
titulaire dans la section de botanique, le 20 février 185/4, où il succéda à 
A. de Sainl-Hilaire, son maître et son ami. — En 1857, il a été appelé à 
siégera l'Académie de médecine, dans la section do thérapeutique et d'his- 
toire naturelle, à la mort du docteur Martin Solon. 

1\1. Moquin, l'un des membres fondateurs de notre Société, a pris la part la 
plus active à sa constitution. Vice-président des la première année, en 1856. il 
n*a cessé depuis de faire partie du Bureau ou du ÇpnsciL Président en 1857, 
il a montré, par le zèle et le soin avec lesquels il a dirigé nos travaux, tou^ 
son dévouement pour notre institution. 

Membre de la Société impériale zoologique d'|LÇclima{ation dès sa fonda- 



f 



SÉAKCE DU 2/i AVRIL 1863. 203 

tîon (18:î4), il a été appelé à prendre place dans le Conseil d'aduiinîslraiion 
en J857, et a été nommé vice-président en 1862. Depuis la noininalîon de 

& 

IVI. Droiiyn de Llïuys au ministère des affaires étrangères, il a eu souvent à 
diriger les travaux de la Société et a présider ses séances. Il se/aisait un devoir 
de ne jamais manquer aux réunions du Conseil, où il savait habilement pré- 
senter les questions administratives les plus compliquées et où par la sûreté de 
son jugement il s'était acquis l'influence la plus légilime (1). 

La Société des Amis des sciences, dont l'illustre Thénarda été le fondateur, 
et dont le but est, comme vous le savez, de venir en aide aux plus nobles in- 
fortunes scientifiques, ne pouvait trouver indifférent le cœur généreux de 
M, 3Ioquin. Son concours pour rétablissement et la propagation de la Société 
fut aussi dévoué qu'efficace. A la dernière réunion publique annuelle de cette 
Société, qui a eu lieu le lendemain même de sa nîorf, un éclatant hommage a 
été rendu à sa mémoire par S. Exe. 31. le maréchal Vaillant, hommage auquel 
les nombreux assistants se sont associés avec la plus vive sympathie. 

Un grand nombre d'autres sociétés savantes, françaises et étrangères, scien- 
tifiques et littéraires, se faisaient gloire de compter M. Moquin au nombre de 
leurs membres. Il était un des quarante maîntencurs de l'Académie des Jeux 
floraux de Toulouse. Il devait sa nomination (18/il) à la publication faile par 
lui, conjointement avec M. Catien Arnoult, du précieux manuscrit des Leys 
d'amors (Lois d'amour], admirable monument de la littérature romane. 

L'aptitude de W. Moquin pour l'administration lui fut des plus utiles dans 
la direction du jardin de la Faculté de médecine de Paris, dont il était chargé 
comme professeur de botanique. Le budget dont il disposait pour tous les 
besoins de cet établissement était plus que modique, mais grâce à l'impulsion 
du maître et au dévouement des employés sous ses ordres et en faisant res- 
sources pour les échanges des doubles de la belle collection d'Orchidées réunie 
par les soins du jardinier en chef, M. Lhomme, toutes les espèces principales 



(1) Les regrets que la mort de M. Moquîn-Tanclon a causés à la Société d'Acclimatilion, 
et dont M. Dronyn de Lhuys, son président, s'est fait réloquent interprète, ne sont ni 
moins profonds ni moins unanimes que ceux delà Société botanique. Je crois devoir 
reproduire ici les passages suivants de Tallocution par laquelle M. Drouyn de Lhuys a 
annoncé la triste nouvelle dans la séance générale du 17 avril : 

« Ai-je besoin de vous retracer le portrait de ce cpUcgne aimé, dont Tininge est 
présente à vos esprits comme à vos cœurs? N'est-U pas là pour ainsi dire devant vous? 
Ne croyez-vous pas le voir et l'entendre? 11 y a peu de jours, il siégeait à cette place 
que j'occupe pour quelques instants et qu'il savait si bien remplir. Vous rappcllerai-je 
le charme piquant de sa parole, la sûreté facile de son commerce, Tenjouement de son 
caractère, qui présentait un mélange de malice et de bonhomie? Cet esprit à la fois 
solide et léger, puissant et élastique, avait toujours une aHure aisée, sans fléchir, sans 
a'affaisser sous le fardeau d'une vaste érudition. Des connaissances variées meublaient 
richement son intelligence et ne Tencombraient jamais. 

» Certains esprits portent des fleurs, d'autres des fruits; celui de M, Moquîn-Tandon 
produisait, avec une égale fécondité, les fleurs de la littérature et les fruits de la science. » 
.^ (Note ajoutée fendant Vimprmsion.) 



20/j SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

employées en modeciiie, dansTindustric ou dans roconomîe domestique, éiaient 
représentées dans les carrés ou les serres du jardin. Ce ne fut pas sans un vif 
chagrin que, par suite des modifications appoitées au jardin du Luxem- 

+ ^ 

bourg par la \ille de Paris, J\L Moquîn vit disperser et disparaître en partie, 
parla suppression momentanée de l'école, les éléments de l'intéressante col- 
lection des végétaux réum*e par ses soins et ceux de ses prédécesseurs. 
Quelques mois auparavant, M. Moquin avait déjà dû quitter la maison aflectéc 
jusque-la a l'hahiialion du professeur de botanique, cette maison devant faire 
place aux serres du Sénat. Pour lui, dont la bibliothèque et l'herbier étaient 
coordonnés avec une telle méthode qu'à l'instant même il pouvait mettre la 
main sur ta plus mince brochure ou trouver la plante qu'il désirait consulter 
ou étudier, le désordre qui devait résulter inévitablement d'un déménage- 
ment était une bien vive contrariété. Mais, au milieu de tous ces tracas et de 
ces difficultés matérielles, son activité ne fut pas ralentie un instant. Il y a 
quelques moisà peine qu'il entretenait ses amis du projet d'un livre intitulé le 
Monde de la mer, œuvre à h fois littéraire et scientifique qu'il devait faire 
paraître sous son pseudonyme littéraire à' André FrédoL L'auteur n'a pu 
mettre la dernière main à son ouvrage, qui cependant est assez avancé pour 
être publié par les soins de son fils aîné, M. Olivier iMoquîn-Tandon. 

M. Moquin-Tandon offrait la réunion bien rare des aptitudes les plus di- 
verses. Observateur aussi habile que persévérant, il constatait les faits avec 
toute la rigueur scientifique, apportait dans Tétude et la description des espèces 
wxiQ scrupuleuse exactitude, et ne négligeait aucune des questions souvent si 
minutieuses de la synonymie. Esprit élevé et généralisateur, il savait déduire 
toutes les conséquences des faits particuliers, arriver aux nipprochemenls les 
plus ingénieux et les plus vrais, et formuler des théories dont plusieurs sont 
devenues des bases de la science. La facilité et la clarté de son exposition, 
l'habileté avec laquelle il savait, en quelques traits, représenter sur le tableau 
les figures nécessaires à ses leçons, en faisaient un professeur hors ligne et le 
rendaient bien digne d'occuper la chaire d'Achille Richard, dont l'enseigne- 
ment a laissé à l'École de médecine de si honorables souvenirs. Toutes ses pu- 
blicalions se distinguent par l'esprit méthodique et philosophique qui y règne 
et par la précision et la netteté de leur rédaction. Personhe ne savait mieux 
porter la lumière dans les questions obscures et les exposer avec une simpli- 
cité attrayante même pour les personnes les plus étrangères au sujet. iVyant 
voué sa vie, avec une ardeur presque égale, à la botanique, à la zoologie et 

# 

aux études littéraires, il a laissé dans chacune de ces spécialités des œuvres qui 
le placeront toujours au premier rang. 

Tous ceux qui ont eu le bonheur de connaître M. Moquin-Tandon ont été 
à même d'apprécier les qualités de son cœur et le charme de sa conver- 

4 

salîon si riche de faits, si spirituelle et toujours pleine de bienveillance. Sa 

bonté se dépeint tout entière dans les quelques lignes suivantes, que j'em- 



SÉANCE tm U AVML 1863. 205 

prunte au calalogue manuscrit de ses iravanx dont jd dois l'obligeante 
commuuicalion a sa famille : <« Je me félicite, dit-il, de n'avoir jamais engagé 
de polémique avec personne et de n'avoir répondu à aucune des attaques di- 
rcctes ou indirectes, aigres-douces ou virulentes, dont j'ai été Tobjet.... En je- 
tant un coup-d'œil rétrospectif sur ma carrière b'ttéraire ou scientifique, je ne 
trouve aucun écrit que je ne puisse avouer. Je noie celte circonstance avec 
une bien douce satisfaction. » 

Il y a près de vingt ans que je me plais à compter I\L Moquin au nombre 
de mes maîtres, et il voulait bien nie considérer comme un ami. Jamais son 
concours bienveillant ne m'a fait défaut, et, âmes débuts dans la carrière, j'ai 
trouvé dans ses conseils les encouragements qu'il se plaisait à donner h ceux 
qui, comme lui, s'efforçaient de concourir aux progrès de la science, but 
unique do sa vie. 

J'ai déjà dit que le caractère aimable et sympathique de M. Moquin, 
son jugement sûr et ses aptitudes variées n'avaient pas tardé à lui valoir 

h 

l'estime et l'affection de ses maîtres dans la science. Bientôt ils l'associèrent h 
leurs travaux. Nous avons déjà rappelé dans quelles circonstances aussi hono- 
rables pour le maître que pour l'élève, Dunal lui inspira le sujet de sa l'/ièse 
sur les dédoublements. C'est encore à Dunal qu'il dut l'idée première de sa 
Théorie des zoniteSy théorie qu'il établit et développa avec talent dans sa Thèse 
sur les Ilirudînées. Il a rédigé, en commun avec Auguste de Saint- llilaire, 
deux importants Mémoires sur les Polygalées, contenant des recherches sur 
la symétrie florale de cette famille, sur ses affinités naturelles et les caractères 
des onze genres qui la composent; la Description des Poly gâtées du Brésil 
méridional^ pour le grand ouvrage Flora Brasiliœ meridionalis ; un mé- 
moire sur la Symétrie des Capparidées, dans lequel ils ont étudié la symétrie 
des étamines et en ont déduit les véritables affinités de la famille. Ils avaient 
en outre, dès 1830 et 1831, mis la dernière mahi à la Description des Cap^ 
paridées et des Fougères du Brésil méridional^ destinées également au 
Flora Brasiliœ meridionalis^ mais, par suite de l'état de santé d'A. de Saint- 
Hilaire, ces deux travaux sont restés inédits. C'est enfin à M. flioquin qu'est 
dû le chapitre xxxviii de la Morphologie végétale traitant des anomalies. 
Auguste de Saint-Hilaire a montré toute l'estime et l'affection qu'il avait vouées 
à son collaborateur en ajoutant son nom à celui des autres savants auxquels 
il a dédié cet important ouvrage. 

"Webb, de si regrettable mémoire, appelé par ses éludes sur l'histoire natu- 
relle des îles Canaries à consulter à Montpellier les collections de la Faculté 
des sciences de cette ville renfermant l'herbier de Broussonnet, se trouva natu- 
rellement en relation avec M. 31oqtiin, et ces deux hommes, si distingués et si 
bien faits pour se comprendre, se lièrent d'une étroite amitié. M. 31oquin 
prit une assez large part dans la rédaction du giand ouvrage Histoire nalu-- 
relie des îles Canaries^ œuvre qui fait la gloire de Webb, II y a rédigé l'or- 



"200 SOCIÉTÉ nôTÂî^iQUÊ m tkÂNCÈ. 

nithologie , cl coopéré à la botanique en prêtant son concouj's a "Webb pour la 
famille des Pohjgonées et en se chaigeant de la descriplîoh des Sakolacees 
câhariennes. Ils ont publié également en commun des 6or/5/'c/é*V«^/o7î5 5?^r /a /?ez;r 
des Crucijères. l)ans ce mémoire, les glandes florales d'un grand nombre de 
Crucifères sont décjiles avec soin, et ils démontrent qîîe ces glandes ne sont pas 
des organes avortés ; ils y font l'exposé critique des différentes ibéorios par 
lesquelles on a essayé d'expliquer le télradynamisme, et en présentent une 
noiivelle appuyée sur des faits nombreux nôrhiaux et anormaux et sur Tem- 

bryogénie. 

J'ai élé moî-meme bien heureux du concours que M. Moquin m'a prêle 
avec tant de bicnvdîMance pour la détermination de qtielques Salsoîàcées noîl- 

vellcs ou peu connues de la flore d'Algérie, et il y a bien peu de temps que 
nous avions plusieurs conférences amicales à Toccasion des deux arlîcles que 
j'ai eu riionncur^ de publier en commun avec lui dans notre Bulletiiî sur les 

h 

Anabasis alopecvroides et ai^ctioides. 

Les importantes études de M. ftloquîn sur l'ornithologie et l'oologîe lui 
valurent Teslime et l'amitié du prince Charles Bonaparte, qui aimait à l'entre- 
tenir de ses recherches scientifiques. Le prince lui dédia un genre nouveau 
d'oiseaux, le genre Moquirais, et il àVaît consacre le souvehîr de leur amitié 
parla dédicace de son bel ouvrage Iconographie des pigeons. A la mort du 
prince, trois livraisons seulement avaient paru; M. Moquîn se fit un religieux 
devoir de veiller à l'achôvcment de l'œuvre, collationna le maliiiscrit et les 
figures laissés par l'auteur et publia les neuf dernières livraisons. ' 

Une des circonstances les plus honorables de la vie scientifique de M. Mo- 
quin est d'avoir été désigné par l'illustre auteur du Prodromus parmi les 
savants qui devaient aider son fils, M. Alphonse De Candolie, dans l'achève- 
ment de cette œuvre, la plus importante qui ait jhmaîsété consacrée afl règne 
végétal (1). . " 

Los ouvrages de M. Moquin-Tandon, publiés ou manuscrits, embrassent 
toutes les branches de la botanique. Ils se rapportent a la botanique générale, 
a Forganographie, à la physiologie, à la tératologie, à la botanique descrip- 
tive et à la botanique dans ses rapports avec la médecîhe, ragriculturc et 
l'horticulture. Je regrette, 31essieurs, que le cadre dans lequel je dois me 
restreindre ne me permette pas de vous entretenir des études zoologîques 
et d'anaîomie comparée (2), qui ont tenu une large place datlS la vie de 
notre illustre collègue. Je n'ai pas non plus à vous parler de ses oeuvres 
littéraires et des notices biographiques sur les troubadours, qu'il a publiées 



(1) be Candolle a dédié à *i. Moquin un genre nouveau de la famille des Composées^ 
du groupe des aiulisiacées {Prodromus, VU, 22 [1838j)> 

(2) Les travaux publiés ou inédits de M. Moquiu en zoologie et en analomîe comparée, 
irieniionnés dans le catalogue manuscrit de ses ouvrages, dressé par lui, s'élèvent au 
nombre de 69. ^ . . . 



sêâNcE h\] U âVrîL 1863; 



207 



la plupart dailS la Êfographic universelle de Michaud. .le dois encore moins 
vous faire l'énumôralion de ses publications en langue romane ou en patois 
provençal (1), dans lesquelles la verve toute méridionale dé Tauteur s'allie 
toujours à la grâce de lu fonne et souvent à Térudition la plus solide; mais 
je ne puis résister au désir dé vous rappeler la plus justement renonnnée 
de ces charmantes productions, le Cai-ya mag alonensis (2), dont le tilrfc et 
les allusions botaniques font deviner chez l'auteur les études habituelles au 
naturaliste. 

"la botanique descriptive tient une large place dans les travaux de M. Mo- 
quin. Dès 1825, comme nous l'avons indiqué plus haut, il s'est occupé de 
Télude hionographique des Salsolacées et des familles voisines, et, en 1849, il 
lit paraître dans la deuxième partie du treizième volume du Prodromus de De 
Candolle les monographies des Phytolaccacées^ des Solsolacces, des Basellacées '■ 
et des Amaraiitacées, qui obcupent presque entièrement ce lolne. Toutes ces 
monographies, résultat des longues recherches de l'auteur, peuvent être 

4 

citées comme de véritables modèles. La famille des Phytolaccacées renferme 
20 genres, dont 3 nouveaux, et 83 espèces, dont 15 nouvelles ; les Salsola- 
a'c5 comptent 71 genres, dont 21 nouveaux, et 565 espèces, dont 125 nou- 
velles; la petite famille des Basellacées se cotnpose de 6 genres, dont 2 nou- 
veaux, et de 21 espèces, dont 9 nouvelles; la monographie des Amaimntacêes 
comprend Zi5 genres, dont G nouveaux, et 559 espèces, dont 123 nouvelles. 
Ces importantes publications sont le résumé de ses œuvres antérieures sur le 
meiiie sujet, parmi lesquelles nous citerons : 

Essai monigraphique du genre Stiœda^ présenté, en 1831, à l'Académie 
des sciences. Voici en quels termes A. de Saint-Hilairc s'exprime sur ce 
premier travail : « Il faut savoir gré à l'observateur qui, sans être arrêté par 
le peu d'attraits que préscntéht les Cliénopodées, n'a pas Craint de se livrer 
à une élude approfondie de ces végétaux si utiles à l'homme, et qui a fait 
i\Q^ elTorts pour les tirer de resnèce de chaos où les ont laissés jusqu'ici les 
rôpïignances des botanistes...* Nous diroris, en résumant, qu'une rédaction 
soignée, une finesse d'obscrvaiion fort remarquable, un esprit de méthode 

■ j 

très-prononcé sont les qualités qui nous ont paiu caractériser l'écrit de 
M. Alfred Moquin. » 

Description des Cliénopodées recueillies en Perse par M. Bélanger (1833) ; 

Description de plusieurs genres nouveaux de la famille des Cliénopodées, 
publiée, en 1836, dans les Annales des sciences naturelles; 



-/ 



(1) La liliriralure romane et le patois provençal sont représentés dans ce même 
catalogue par ÛG productions plus oumofns étendues. 

(2) Manuscrit du xiv« siècle (attribué à André Frc loi ou Frédoli, évoque de Mague- 
lonne), in-8, Toulouse, 183G, avec un f^ic-simile du manuscrit original. — 2^ édit., 
llonlpellier, 184^. Impression de luxe, avec la traduction en regard et une préface de 
M. Fortoul, révélant le véritable auteur du prétendu manuscrit. — Un passage de ce livre 
curieux a été reproduit incidemment dans notre Bulletin, t. IV, p. 645. 



208 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Conspedus generum Chenopodearum, V^ partie, publiée, en 1835, dans 
les Annales des sciences naturelles. — Ce mémoire comprend toutes les Ché- 
nopodées spîrolobées ou h embryon spiral ; 

Mémoire sur le genre lïalimocnemis C. A. Mey. , publié, en 1838, dans 

r 

les Mémoires de l'Académie des sciences de Toulouse. — Cette petite mono- 
graphie colnprend 15 espèces, parmi lesquelles 5 sont nouvelles; 

Chenopodearummonographicaenumeratio (18^0). ^^ Cette monographie 
renferme hÇ> genres, dont 8 nouveaux, et 3^9 espèces, dont 6fi nouvelles. 
Dans une note de la préface, l'auteur propose rétablissement d'une famille 
nouvelle, les Basellacées, famille aujourd'hui généralement adoptée; 

Sur le genre Cornulacaj publié, en I8/4O, dans les Mémoires de la Société 
des lettres^ sciences et arts de UAvei/ron. — L'auteur décrit deux nouvelles 
espèces dans ce genre, jusque là considéré comme monotype ; l'une d'elles avait 
été classée dans la section Tragacantha du genre Aslragalus; 

De génère Maireana^ dans les Annales des sciences naturelles (1841). 
Dans le catalogue manuscrit de ses ouvrages, l'auteur rappelle dans les 
termes suivants que tous les amis de M. Maire ont été appelés par lui a con- 
courir ù ce travail : « Webb a mis, la préface eu latin, Cosson a revu la 
description, Germain de Saint-Pierre a dessiné la plante et Decaisne les 
analyses » ; 

Du nom que doit porter la famille naturelle des Ansérines, des Arrocltes 
et des Soudes ; 

^ 

Considérations sur quclques-ims des caractères de la famille des Salsola-^ 
cées, manuscrit inédit dont une partie seulement a été lue à la Société bota- 
nique en 1857; 

Note sur l'Anabasis alopecuroidcs Delile (en commun avec E. Cosson), pu- 
bliée dans le Bulletin de la Société botanique (1857). — Dans cette note le 
genre est divise en deux sections, Agathophora elAnabastrum.Ql il s'y trouve 
une description étendue de VAnabasis alopecuroides ; 

Description de VAnabasis avetioides (en commun avec E. Cosson) , publiée 
dans le Bulletin de la Société botanique en 1862. 

Celte publication est la dernière que M* Moquîn ait consacrée à la famille 
àcsSalsolacées, dont il s'occupait depuis 1825. Les travaux les plus récents cl 
les plus estimés, parmi lesquels doit être citée en première ligne la belle 
monographie des Anabaseœ ptiv M. A. de Bunge, ont généralement confirmé 
l'exactitude des observations du consciencieux auteur de la monographie des 
Salsolacées et constaté la valeur des genres établis par lui. 

Indépendamment de la monographie des Amarantacées, publiée dans le Pro- 
dromus.^L Woquin a, relativement à cette famille, publié Sur le genre Polyc^ 
nemum une note qui a été imprimée dans les Annales des sciences natm^elles^ 

en 1836, fait paraître des Observations sur deux Amarantacées de la flore 

française {Bull, Soc, bot, 1858), et laissé manuscrit un important mémoire, 



t 



SÉANCE DU 24 AVRIL 1863, 509 

accompagné (Vnn grand nombre de figures, sur les sfamînodes dons coite 
famille. 

h 
j 

Les travaux les plus importants publiés ou laissés manuscrits par 31. Moquin 
sur la botanique générale, l'organographie et la physiologie sont : 

VFssai sur les dédoublements ou multiplications d'organes dans les 
végétaux; 

Noie sur les dédoublements et les partitions, publiée dans le Bulletin de la 
Société botanique, en 1856 ; 

Considérations sur les {irrégularités de la corolle^ mémoire présenté à 
rinslitutcn 1832. — ■ L'auteur cherche h y établir que toutes les corolles 
irrégulîères on anomales sont soumises à des lois invariables; il indique ces 
lois et fait connaître en même temps le plan symétrique de plusieurs familles 
naturelles. Dans son rapport sur ce travail, A. deSaint-Hilaires*exprime ainsi : 
« Après avoir passé en revue les diverses irrégularités, M. Moquin résume 
les considérations auxquelles il s*cst livré, et en tire des conclusions apho- 
ristiques qui nous paraissent aussi vraies que bien exprimées, » 

Outre les Considérations sur la fleur des Crucifères^ rédigées en commun 
avec Webb, M. Moquin a publié, en 1831, une note sur la Symétrie des éta- 
mines du Clypeola cyclodontea. 

M. Moquin a laissé plusieurs importants manuscrits contenant le résumé 
des cours dont il a été successivement chargé. 

Les monstruosités végétales ont été pour M, Moquin l'objet des études les 
plus suivies. — En 18^1, il a publié les Éléments de tératologie végétale ou 
Histoire abrégée des anomalies de l'organisation dans les végétaux. L'origine 
de ce livre est due à une conversation avecrilluslre Etienne Geoffroy Saint- 
Hilaire (1). On y trouve, disposées avec ordre et formant un corps de doc- 
tnne, la plupart des monstruosités végétales éparses dans fes livres, ainsi 
qu'un grand nombre d'anomalies observées par Tauleur (Alph. De CandoIIe). 
Avant ce travail d'ensemble, la tératologie végétale n'existait pas comme 
science, le nom même de tératologie n'était employé que dans le règne 
animal. Voici comment s'exprimait A. de Saint-Hilaire en présentant un 
exemplaire de cet ouvrage à l'Institut (séance du 22 mars 18Zil) : « Pendant 
les deux derniers siècles, on a cité dans les recueils scientifiques une foule 
de faits anormaux, mais on n'avait pas su les lier entre eux. C'est ce que 
fait aujourd'hui M. Moquin-Tandoo ; il s'attache à prouva- que les anomalies 
végétales peuvent être ramenées h des principes communs, et montre que 



(1) Geoffroy Saint-Hilaire, dînant un jour avec MM. Dugês et Moquin-Tandon, dit à 
CCS deux naturalistes : a 11 faut que vous fassiez, vous, une Physiologie comparée, et 

vous, une Tératologie végétale. » (Galcm fiislçriquo çt Critique du dix-^nçuvièm^ 
9ièçl€, par Henry Laueac, t. II [ISoSj.) ■ * ^ 



T# X. 



I& 



210 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

les lois qui régissent ces anomalies ne sont autres que celles de l'organo- 
graphie. Non-seulement le livre de M. Moquîn sera consulté avec fruit par 
les savants, mais il est assez bien rédigé pour être lu avec plaisir par ks 
hommes qui ne se seraient point appliqués à la botanique d'une manière 
spéciale. » {Comptes rendus des séances de V Académie des sciences^ XII, 537.) 
A. de Saint-Hilaîre a cru devoir terminer sa Morphologie végétale par un 
résumé trcs-succinct, mais complet, des Eléments de tératologie de M. Moquîn- 
Tandon. Ce résumé forme le chapitre xxxviil de cet important ouvrage. — La 
Tératologie végétale a été traduite en allgnand, avec des notes, par le 
professeur J,-C. Schauer, en \%h2. 

De tous les travaux ^e botanique appliquée publiés par M. Moquin, le plus 
important est sans contredit celui qu'il a consacré aux propriétés des plantes 
et publié, en 1861, sous le titre d'Éléments de botanique médicale. Ce livre 
donne tous les détails nécessaires sur les usages des plantes en médecine; mais 
ou peut regretter que l'auteur ait cru devoir, pour rendre son œuvre plus 
pratique, renoncer à suivre, dans Texposé des propriétés des plantes, Tordre 
régulier indiqué par la classification naturelle. Ce livre renferme 128 figures 
dessinées d'après nature par MAL Riocreux et Lackerbauer, gravées sur bois 
et intercalées dans le texte, et qui sont bien propres à fixer dans la mémoire 
des élèves les caractères des végétaux utiles. 

M. iMoquin a publié, dans divers recueils ou journaux, de nombreux articles 
sur les usages des plantes, sur l'horticulture et Tagriculturc, et nous en 
donnerons rénumération dans le tableau bibliographique de ses œuvres (1). 

L'importante série des travaux de M. JMoquin sur l'histoire naturelle com- 
prend des notices biographiques et des éloges de naturalistes. J'ai à citer ici 
des notices sur Garidel, Tournefort, Guillemin, l'éloge de Duméril, prononci', 
en 1861, à la rentrée de la Faculté de médecine de Paris, et celui d'Augnsie 
de Saint-Hilaire dont il a laissé le manuscrit. 



ÊNtMÉRATION BIBLIOGRAPHIQUE DES TRAVAUX BOTANIQUES 

DE M. LE PROFESSEUR MOfiUIN-TAMDON (2). 

Botanique générale, Urganographle et Physiologie. 

Essai sur les dédoublements ou multiplications d'organes dans les végétaux^ Montpel- 
lier, 1826, in-4** avec 2 planches. — Ce mimoire a été réimprimé en entier dans la 
Bibliothèque universelle de Genève^ mars 1827. 



(1) Pour donner plus d'autorité au compte rendu et aux appréciations que j'ai pré- 
sentés ici sur les travaux botaniques les plus importants de M. le professeur Moquin, j'ai 
cru devoir généralement les emprunter soit awx rapports faits à l'Académie des sciences, 
soit aux annotations de l'auteur dans la notice publiée par lui en 1853, lors de sa 
candidature à l'Institut. 

(2) De nombreuses communications ou observations faites par M. Moquin dans les 
séances de la Société botanique de France, ne sont pas mentionnées dans Ténuraération 









\ 



i 



SÉANCE DU 24 AVRIL 1863. 211 

Sur la symétrie des élamines du Clypeola cyclodontea ; publié dans le Bulletin de la 
Société d'agriculture^ 1831, à la suite de la description de cette plante par Delile. 

Considérations sur les irrégularités de la corolle dans les Dicotylédones. — Ce mémoire 
a été présenté à l'Institut, et a ob.tenu un rapport favorable (23 juin 1832); il est 
imprimé dans les Annales des sciences naturelles, sér. 1, t. XXYII (1832). — Le 
rapport se trouve dans le tome XXVI du même recueil. 

Mémoire sur la Dissémination ; publié dans la Minerve de la jeunesse, t. I (1835); 
réimprimé dans les Annales del'Aveyron, 

Sur les lois de formation des végétaux. Lettre à M, ïsid. Geoffroy Saint-Hilaire, pré- 
sentée àrinstitut, le 8 mai 1837; imprimée dans les Comptes rendus de V Académie 
des sciences, t. IV (1837), p. 691. 

Considérations sur le Géantisme végétal; dans le Jowrnaî d'agriculture pratique et 
d'économie rurale, t. IV (1841). 

Sur la Longrvi'é des Chênes; dans le Journal d^agriculturc pratique et d*économîe 
rurale, L IV (1841). 

On the structure of Cruciferotis flowers (en commun avec Webb) ; dans le London 
journal ofbotany, janvier 1848. 

r 

Considérations sur la fleur des Crucifères (en commun avec Webb) ; dans les Mémoires 
de V Académie nationale des sciences, inscriptions et belles^lettres de Toulouse, 
sér. 3, t. V(1849). • 

Rapport fait à VAcaclémie des sciences sur iin mémoire de M. Germain de Saint- 
Pierre, intitulé ; Mémoire sur les phénomènes de ladivulsion (fasciation et dédouble- 
ment) chez Tes végétaux ; publié dans les Comptes rendus de VAcadémie des sciences, 
t. XXXIX, p. 14 (1854). 

Sur les dcdouhfements et les partitions ; dans le Bulletin de la Société botanique de 
France, i, III, p. 612(1856). 

Remarques à Voccasion des communicatioiis de MM, Payer et A. Brongniart (Sur le 
principe des connexions appliqué à la taxonomie végétale); dans les Comptes rendus 
de VAcadémie des sciences, t. XLIX, p. 106 (1859). 

Cours d'or g ano graphie végétale fait à la Faculté des sciences de Toulouse en 1834. 
Inédit. 

Cours de botanique élémentaire et pratique fait au Jardin-des plantes de Toulouse en 
1834, — Inédit. 

Cours de Physiologie végétale fait à la Faculté des sciences de Toulouse en 1835. 
Inédit. 

Cours de Philosophie et de Taxonomie (Taxionomie) végétales fait à la Faculté des 
sciences de Toulouse en 1836. — Inédit. 

I^eV influence de la lumière sur la végétalion. Expériences entreprises sur un pro- 
gramme donné par M. A. De Candolle, 1846. — Inédit. 

Mémoire sur V accroissement et la longévité de VOrme, 1850. — Inédit. 



Tératologie. 



Chapitre xxxviii {Anomalies végétales), pp. 817-824, dans les Leçons de botanique, 
comprenant principalement la Morphologie végétale, par A. de Saint-Hilaire, 1840. 

Éléments de Tératologie végétale, ou Histoire abrégée des anomalies de l'organisation 
dans les végétaux, Paris, 1841, in-S^. 



suivante. — Consulter , pour avoir la série complète de ces communications ou 
observations, les tables détaillées du Bulletin de la Société botanique. — Les plus impor- 
tantes sont les suivantes : t. I de ce recueil, p. 291 ; t. II, pp. 230, 293, 613; t. III, 
P^. 289, 058; t. IV, pp. 352,452, 096; t. V, p. 212; t. VI, p. 790; t. VII, pp. 8G0, 
»'', 881,904. 905, 924;t. Vlil, pp. 32, 518; t. IX, p. 91; t. X, pp. 48, 49, 73, 93, 






212 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

■ 

Moqnin'Tandon's FflanscYi-TeratoIogie^ Berlin, 18i2, in-8''.— Traduction allemande, 
avec des notes, delà Tératologie végétale^ par le docteur J.-C. Schauer; elle fornne 
le second volume de la Pathologie végétale du profe?seur F.-J,-F. Meyer, édilée par 

, Piees d'Esenbeck. 

Quelques motasur les fleurs dotihles et les fl^eurs pleines ; dans le Journal d'agrieulture 
pratique et d'cconomie rurale, t. V (1844). 



Botanique descriptive. 

ï)escripiion des Polygalées du Brésil méridional (en commun avec A. de Saini-Hilaire); 
faisant partie du Flora Brasiliœ meridfonalis par A. de Samt-Hilaire, livraisons XI 
et XII (1827), 

Conspcctus PoJygaJearum Florœ Brasiliœ meridionalis (en commun avec A. de Saint- 
Hilaire); dans les Annales de la Société royale des sciences, belles-lettres et arts d'Or- 
léans, t. IX (1828). 

Premier mémoire sur la famille des Polygalées^ contenant des recherches sur la symé- 
trie de leurs organes (en commun avec A. de Saint- Hilaire). — Mémoire présenté à 
rinstitut, imprimé dans les Mémoires du Muséum d'Histoire naturelle de Pariai, 
l. XVII (1828), avec 5 planches. 

Second mémoire sur la famille des Polygalées (en commun afec A. de Saint-Hilaire). 
— Mémoire présenté à Tlnslitut, imprimé dans les Mémoires du Muséum d'Histoire 



naturelle de Paris^ t. XIX (1833). 

Mémoire sur la symétrie des Capparidées et des familles qui ont le plus de rapport avec 
elles (en commun avec A. de Saint-Hilaire); dans les Annales des sciences naturelles^ 
sér. l,t. XX^1830). 

Essai monographique sur le genre Suœda et sur les Chénopodées les plus voisines, 
avec 4 planches. — Ce mémoire a été adressé à Tlnstitut ; il a été imprimé dans les 
Annales des sciences naturelles, sér. 1, t. XXIII (1831). — Le rapport fait sur ce 
mémoire par A. de Saint-Hilaire se trouve dans le môme volume, p. 207. 

Description des Polygonées des iles Canaries (en commun avec Webb), dans le Phyto- 
graphia canariensis de MM. Webb et Bcrlhelot, t. III, V^ partie (1832). 

Description des Chénopodées recueillies en Perse p r M. Bélanger avec une planche; 
publié dans la partie botanique du Voyage de M. Bélanger aux Indes-orientales 
(1833). 

Description de plusieurs genres nouveaux de la famille des Chénopodées; dans les 
Annales des sciences naturelles, sér. 2, t. I, pp. 202 et 289 (1834). 

Conspectus generum Chenopodcarum ; dans les Annales des sciences naturelles^ sér, 2, 
t. IV (1835), 

Sur le genre Polycnemum; dans les Annales des sciences naturelles, scr. 2, t. VU, 

pp. 33-42 (1837). 

Sur le genre Halimocnemls; ùiin?, les Mémoires de V Académie royale des sciences f 
inscriptions et helles-iettres de Toulouse, t. V (1839). 

Description d'une plante hybride produite par les Tigridia conchlflora et Pavonia; 
publié dans le Journal d'agricullurc pratique et d*économie rurale^ t. II (|839); 
réimprimé avec une figure dans les Annales d'horticulture de Gand (1840). 

Chenopodcarum monograph'ca cnumeraiio, Paris, 1840, in-8^. 

Sur le genre Cornu' aca; àan^ les Mémoires de la Scciété des lettres^ sciences cl arts 
de VAveyron,i.n (i840). 

De génère Maireana; dans les Annales des sciences naturelles^ sér. 2, t,XV, p. 96 
(1841), avec une planche. 

Description des Chénopodées et Phytolaccées des iles Canaries ; publié dans lePhylogra" 
i phia canariensis de MM. Webb et Berthelot, t. III, 1« partie (1843}. 



i 

9 

î 



/ 



SÉANCE DU 2A AVRIL 1863. 213 

Catalogue des Mousses qui croissent dans le département de la Ilaule-Garomie^ pré- 
senté à l'Académie royale des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, qui 
en a voté Timpression ; voir les Mémoires de cette Académie, sér. 3, t. IV (18/i9). 

Monographie des Phytoîaccaceœ \ dans le Prodromus syslcmalis unîversaUs rognivege-^ 
iabilis de DeCandolle, t. XIÏI, secl. 2 (1849). 

Monograpliie des Salsolaceœ ; dans le Prodromus syslemalls universalis regni vcgelahilis 

de De Candolle, t. Xlil, sect. 2 (1849j. 

Monographie des Dasellaceœ ; dans le Prodromus systematis universalis rcgni vcgelahilis 
de De Candolle, t. XIII, sect. 2 (1849), 

Monographie des Amaranlaceœ ; dans le Prodromus systetnatis universalis regni vege^ 
tabilisàe De Candolle, t. XIII, sect. 2 (1849). 

Sur VUlluco, Lettre à M. A. De Candolle ; dans les Archives des sciences physiques et 
naturelles de Genève^ t. XI, p. 77 (1849). 

Du nom que doit porter la famille naturelle des Ansérines, des Arraches et des Soudes ; 
dans les Mémoires de l Académie des seiencesy inscriptions cl belles-lettres de Tou^* 
louse, sér. 3, t. VI (1850). 

'Sur une espèce nouvelle de Vanille {VaniUa hilesccns ^loq.) -, àixns \e Bulletin de la 
Société botanique de France^ t. ÏII, p. 354 (18-^6). 

Noie sur V Anabasis alopecuroides (en commun ^vec M. E. Cosson) ; dans îc Bulletin 
de la Société botanique de France, t. IV, p. 1G8 (1857), 

Sur les graines horizontales et verticales des Salsolacées dans une même espèce ; dans 
le Bulletin de la Société botanique de France, t. ÏV, p. 443 (1857); extrait d'un 
manuscrit plus étendu. 

Observations sur deux Amarantacées de la Flore française; dans le Bulletin de la So- 
ciété botanique de France^ t. V, p. 217 (1858). 

Description d'une nouvelle espèce d'Anabasis (Anabasis arctioides) (en commun avec 
M. E. Cosson) ; dans le Bidlelin de la Société botanique de France, t. IX, p. 299, 
avec une planche '(18G2). 

Description des Capparidées du Brésil méridional (en commun avec A. de Saint- 
Hilaire), préparée pour le Flora Brasiliœ meridionalis en 18:il ; restée inédite. 

Description des Fougères du Brésil méridional (en commun avec A. de Saiat-llilaire); 
préparée pour le même ouvrage en 1832 ; restée inédite. 

Mémoire sur les staminodes des Amarantacées^ avec beaucoup de figures ; manuscrit 
datant de 1846, resté inédit. 

Mousses de VAveyron (en commun avec M. A. de Barrau) ; manuscrit datant de 1850, 
non encore édité. 

Flore de Corse; manuscrit renfermant la description des plantes de plusieurs familles do 
la flore de cette île. 



Botanique appliquée, Agriculture, Horticulture. 



J 

Note mr une plante textile, l'Ortie-de-la-Chine (f/r^fca nivea)\ dans le Bulletin de la 
Société d'agriculture de r Hérault, septembre 1830. 

Sur le Mûrier multicaule {Morus multicanlis Pcrrot.) ; dans le Journal politique et litté- 
raire de Toulouse et de la Haute-Garonne, septembre 1835. 

Dç VOrtie; dans le Courrier de VHérauU du l^"" octobre 1831 ; réimprimé dans le 

Journal des propriétaires ruraux, t. XXXIIl, 1837. 

Sur une nouvelle plante tinctoriale, le Peganum Harmala ; dans le Journal politique et 
littéraire de Toulouse et de la Haute-Garonne, juin 1840. 

^u Platane ; dans le Courrier de VHêrauU du 15 octobre 1831 ; réimprimé dans Iç 
Journal d'agriculture pratique et d'économie rurale^ t. III, 1840. 

De VOlivier; dans le Courrier de l'Hérault du 19 et du 26 novembre 1831 j * 



21A SOCIÉTÉ BOTAmQUE DE FRANCE. 

De la culture du Sésame (Sesamum orientale L.) ; dans le Journal d'agriculture pra- 
tique et (Téconomie rurale, t. V (1842). 

Quelques mots sur deux Lichens fébrifuges ; dans le Compte rendu annuel de la Société 
royale de mcdecii)e de Toulouse, 184ii; réimprimé dans les Mémoires de la Société 
des sciences et arts de VAveijron, t. V, 1845 ; étendu et réimprimé dans le Journal 
d^ a gi'iculture pratique et d'économie rurale, t. XI, 1848. 

* Acclimatation de r Igname-Patate; discours lu à la séance publique annuelle de la 
Société impériale d'Acclimatation le 10 février 1858; dans le Bulletin de cette Société, 
t. Y, p. Ixij. 

I X 

h 

Éléments de botanique médicale ^ Paris, petit in-8°, 1860, 543 pages avec 128 figures 
intercalées dans le texte. 

r 

Sur le Musscnna; dans le Bulletin de la Société botanique de France, t. VIII, p. 32 
(1861). 

Sur Vlgname^Palate; dans l'annuaire de la Société împe'riale d* AccUmatalîon pour 
l'année 1863, pp. 277-290. 



ÉlogCfS hî^ttorSques ou notices blographiciucs de lioianiste!^. 



Notice sur la vie et les travaux de Guillemin; dans la Biographie universelle de 
Michaud, nouvelle édition, t. XYIII, p. 182 (1857). 

Notice sur Garidel; dans le Plularque français, Marseille (1858). 

Notice sur Tournefort; dans \&Plutarque provençal, Marseille (1860). 

Notice sur la vie et les travaux d'Auguste de Saini-Hilaire ; publiée depuis la mort de 
Tautcur dans la Biographie unîvei^selle de Michaud, nouvelle édition, t. XXXVII. 



M, le Président donae lecture de la lettre suivante qu'il a reçue 
de M. Duval-Jouve : 



LETTRE DE M, •! . DUTAI^-drOUVE. 



Strasbourg, 21 avril 1863. 



Monsieur le Président, 



J'ai la douleur de vous annoncer que la Société botanique vient de perdre 
on de ses membres les plus actifs et les plus dévoués à la science. M. Paul- 
Constanl Billot est mort à Mutzig (Bas-Rhin) le 49 de ce mois, après une 
longue maladie. C'est une grande perte pour la botanique française et pour 

ses amîs. 

Gomme membre de l'Université , à laquelle M. Billot a appartenu pendant 
trente ans, comme membre de la Société botanique, j'ai prononcé quelques 
mots sur la tombe de notre confrère ; ils sont ci-joints. Si le règlement ne s'y 
oppose pas, il serait bien doux à sa famille et à ses amis que ces paroles pus- 
sent trouver place au Bulletin. 

Je serais, pour ma part, heureux que ce tribut fût rendu à la mémoire de 
notre excellent confrère et ami. 



Veuillez 



J. DUVAl-JOCTE. 



SÉANCE DU 24 AVRIL 1863. 215 



Discours prononcé par M, Duvdl -Jouve aux obsèques de M. Billot. 

^ 

Celui dont nous venons d'accompagner la dépouille mortelle était un savant 
distingué, mais il était surtout un homme de bien. 

Né à RambervîHers le 12 mars 1796, Paul-Constant Billot fit au lycée 
impérial de Strasbourg des études brillantes, pendant lesquelles se manifesta 
la passion qui a dominé sa vie et Ta rendue heureuse, la passion de This- 
(aire naturelle et en particulier de la botanique. Il y suivait encore les cours 
de mathématiques spéciales, que déjà il attirait l'allention de Villars et de 
Nestler, et recevait de ces maîtres savants de précieux conseils et d'hono- 
râbles témoignages d'affection. Bientôt il se lia d'une étroite amitié avec 
rexcellenl docteur Mougeot, et alors se marqua nettement la vocation du 
jeune homme. Billot devint passionné pour la botanique, et pendant près de 

- _ ^ 

cinquante ans c'est à cette science qu'il a consacré tous ses loisirs, qu'il a dû 
toutes ses consolations dans les traverses que lui aussi a eu à essuyer. En 
relation avec les botanistes les plus distingués de TEurope, le savant que nous 

regrettons entreprit une vaste publication , et il sut la porter à un point où 
nulle autre n'est parvenue, à un degré qui fait de ses Centuries la col- 
lection la plus utile pour la flore de France et d'Allemagne. Son nom 
était connu de tous, et toujours cité comme le nom d'un homme plein de 
cœur et déloyauté; c'est qu'aussi il n'était pas possible de trouver meilleur. 
Professeur, et professeur très-distingué , il a , pendant près de trente ans, 
foriué avec un zèle exemplaire des élèves qui tous sont devenus ses amis, 

F 

qui tous pleureraient aujourd'hui autour de sa tombe, s'il lui avait été donné 
de mourir au milieu de ceux à qui il avait appris à aimer également et la 
science et celui qui l'enseignait. 

L _ -■ 

niais si haut que le savant et le professeur méritât d'être placé, l'homme 
valait encore mieux. Il faut avoir vécu dans sou intimité, avoir reçu les 

- + 

secrets de son âme, pour pouvoir apprécier tout ce qu'il y avait en lui de sen- 
timents délicats, nobles, généreux. Toujours agréable, toujours gai, môme en 
ces derniers temps où la douleur le torturait, son aimable enjouement était le 
reflet de tout ce qu'il y avait d'excellent dans son cœur. Il ne savait qu'aimer, 
et quand je l'ai vu pour la dernière fois, il n'y a que quelques jours, hélas ! 
prévoyant sa fin prochaine, en parlant avec calme, il n'éprouvait, me disait-il, 
qu'un regret i c'était la douleur que sa mort causerait à une sœur et un 
frère adorés, à une famille tendrement chérie, à des amis bien-aîmés. 

Il avait raison. II s'en allait plein de jours, avec la renommée bien acquise 
d'un savant et d'un juste; mais il laissait après lui une famille et des amis 
qui le regretteront toujours. 

Adieu ! 

r 

En exprimant les regrets unanimes que cause à la Société la 



/ 



216 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

triste nouvefle de la perte de M. Billot, M. le Président prie 
M. Fournicr, secrétaire, de donner lecture d'un article récemment 
publié dans le Courrier du Bas-R/iiny à l'occasion de la mort de ce 
botaniste. — M. Fburnier donne lecture de l'article suivant : 



Mutzig. — On nous écrit de cette ville : 

« Nous venons de perdre, à l'âge de soixante-sept ans, un de nos conci- 
toyens établi à JMutzîg depuis un an seulement. C'est M, Constant Billot, ancien 
professeur des scîerices physiques et naturelles au collège de Haguenau, qui a 
voulu jouir chez nous d'une retraite houorablemcnt gagnée. Originaire de 
Rambervîllers (Vosges), il s'était établi, il y a plus de trente ans, à Haguenau, 
où de nombreux élevés, dont l'instruction scientifique lui avait été confiée, 
garderont bonne mémoire du maître aussi bienveillant qu'aimable qui les a 
initiés à l'étude des sciences. Mais M. Billot s'était fait connaître bien au 
delà du cercle restreint de ses fonctions officielles : son nom était honora- 
blement connu des botanistes de toute l'Europe par la publication d'un 
Herbier de la Flore de France et d'Allemagne^ dont la première centurie 
parut en 18/i6. Depuis cette époque, il se livrait avec ardeur à la continua- 
tion de cette collection, pour laquelle il eut le concours de nombreux bota- 
nistes de la France, de l'Allemagne et de l'Italie. En 1862, il put faire 
paraître les centuries 31, 32 et 33 de cet herbier, et la mort est venue le 
surprendre au moment où il préparait les centuries 3Zi et 35. La botanique 
lui doit ainsi la collection la plus nombreuse qui ait jamais été publiée, et sans 

M W 

la mort qui l'a enlevé à la science et aux nombreux amis qu'elle lui avait 
valus, chaque année aurait encore vu paraître de nouvelles centuries de cette 
importante collection. En même temps qu'il publiait son Herbier, il faisait 
paraître un recueil d'observations botaniques sous le titre de: Annotations à 
la Flore de France et d'Allemagne, où lui .et ses collaborateurs ont con- 
signé de nombreuses recherches sur les végétaux de notre flore. Quelques- 
uns des mémoires contenus dans le recueil dû aux veilles du modeste bota- 
niste de Haguenau sont accompagnés de planches qui en rehaussent la 
valeur. 

tes obsèques de M. Billot ont eu lieu le 20 avril. Sur la tombe, M. Duval- 
Jouve, inspecteur de l'Académie, a adressé au défunt les adieux suprêmes 
au nom de Tamitiô et de la science dont il était le digne représentant. » 



r 

M. Fournîer annonce ensuite à la Société la perte regrettable 
qu'elle vient de faire dans la personne de M. Auge de Lassus, rece- 
veur des finances à Poligny (Jura), décédé dans cette ville le 19 de 
ce mois, et auquel la flore française doit plusieurs découvertes inté- 
ressantes dans le département du Var. 






SÉANCE DU 24 AVRIL 1863. 217 

M. Fournîer fait en outre connaître une autre perte, également 
sensible, que vient d'éprouver la botanique parisienne : 

M. le docteur Adrien de Villiers, ancien interne des hôpitaux de Paris, est 
décodé h Nemours (Seine-et-Marne) le 16 de ce mois, dans sa soixante-qua- 
trième année. Ce médecin distingué était connu depuis longtemps de la plu- 
part des botanistes parisiens, et surtout des anciens élèves d'Adrien de Jussieu, 
parrexàciitude et l'étendue de ses connaissances sur la Ilore de nos environs, 
l'aménité de son caractère et l'cmpresseniimt qu'il mettait à communiquer les 
découvertes qu'il avait faites dans ses herborisations. 

M. le Président appelle toute l'attention de la Société surTimpor- 
tance des recherches de M. de Villiers sur la végétation du canton 
de Nemours. M. Cosson exprime en même temps sa gratitude per- 
sonnelle pour le zèle avec lequel M. de Villiers a contribué à faire 
profiter la Flore des e?ivz?'o?îs de Paris des intéressants résultats de 
ses explorations. 

M* Gaudefroy met sous les yeux de la Société une touffe d'Aiope- 
cuTKs iitriculatus trouvée dans les nouvelles pelouses du bois de 

Vincennes près Paris. Cette plante avait déjà été rencontrée par 

M. Vigîneîx dans des conditions à peu près analogues. 

M. Cosson fait remarquer que cette Gramînée a dû cire intro- 
duite (probablement avec des graines de gazons), de même que le 
Gaudinia fragilis^ qui est temporairement abondant dans certaines 
localités de nos environs, et qui cependant n'est point spécial aux 
régions les plus chaudes de la flore parisienne, ce qui semble- 
rait devoir être s'il était réellement spontané chez nous. 

M. Chatin ajoute qu'il a trouvé \ Alopccurm utriculalus près de 
Saint-Germain-en-Laye , dans une prairie voisine d'un champ 
d'Avoine sur le bord duquel croissait le Phalaris canariensis. 

M. Gubler fait à la Société la communication suivante : 



NOUVELLES REMARQUES SUR LES HYBRIDES DES PRIMULA OFFICÏNALIS ET ELATÏOR : 

PlilMULA ELATIORI-OFFICINALIS, par M. Adolphe GUBI^EK. 

Dans le cours de l'année 1860 (I), j'ai eu l'iiomicur de présenter à la 
Société diverses formes de Primevères observées par moi dans le département 
de Seine-ei-Oise, et que j'ai cru devoir considérer comme dos produits 



(1) Séance du 23 novembre. Voyez le Bulletin, t. VU, p. 872 et suiv. 



218 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

hybrides de deux de nos espèces indigènes. J'appuyais mon opinion sur les 

considérai ions suivantes. 

Au point de vue morphologique, les variétés dont il s'agit sont intermé- 
diaires entre les Primula officinalls et elatior, participant tantôt plus, tantôt 
moins, de l'un ou de l'autre de ces deux types spécifiques. 

Ce premier point constaté, il y avait deux hypothèses à faire : ou bien je 
pouvais envisager toutes les variations observées comme la preuve du polymor- 
phisme d'une seule et même espèce ; ou bien je devais y voir soit des métis, soit 
des hybrides, selon que les deux types dont elles offrent les caractères diver- 
sement associés seraient admis au rang des bonnes espèces ou au contraire 
relégués parmi les races dérivées d'un type prinn'gèue. 

Malgré ma répugnance bien connue pour la subdivision exagérée des types 
hnnéens, j'inclinai vers la seconde manière de voir, d'abord parce que la 
scission du Prirnula verts L. en P. officùmlis et elatior me paraît fondée sur 
des raisons solides; ensuite parce que les formes ambiguës portent toujours 
des fleurs de couleur foncée, indice, je crois, de l'infécondité qui caractérise 

w 

les véritables hybrides; et enfin parce que les deux types spécifiques dont ces 
hybrides procéderaient, vivant au contact l'un de l'autre, non-seulement dans 
le parc de Milleniont, mais encore dans le bois environnant, sont placés dans 
les conditions les plus favorables à leur fécondation réciproque. Je fus ainsi 
conduit à désigner ces formes indécises sous le nom de Primula clatiori-offi- 
cinalis, en ayant soin de donner comme synonyme le P. Tommasinti de 
MM. Grenier et Godron, auquel j'aurais pu joindre le P. întricata des 
mêmes auteurs. 

Cependant plus d'un doute a surgi dans mon esprit, et c'est dans le but 
d'élucider la question que j'ai voulu revoir la série complète des formes en 
litige, et que j'ai prié mon ami M. Maurice Richard de me faire expédier en 
mottes toutes les variétés de Primevères 'vivant à l'état spontané dans la loca- 
lité indiquée ci-dessus. 

C'est le résultat de deux envois tout récents que je mets sous les yeux de 
mes collègues. 

b ■ 

É * 

Voici d'abord deux échantillons normaux, l'un de P^ officinalis, Vd^w^vOi 
de P. elatior. Leurs caractères, on le voit, sont exactement conformes aux 
descriptions classiques. 

A côté du premier type, je présente à l'état vivant un pied qui appartient 
évidemment à la même espèce, dont il a tous les attributs, sauf la coloration 

è 

çauge orangé de ses fleurs, laquelle est très-analogue à celle de la Giroflée- 
des-jardins [Cheiranthus Cheiri). Cette coloration très-iiche est peu rare à 
Millemont, cependant MM. Cosson et Germain de Saint-Pierre ne l'ont pas 
rencontrée, et elle ne leur a pas été signalée par les nombreux explorateurs de 
notre région botanique, puisqu'elle n*est pas mentionnée dans rcxcellente 
Flore des environs de Paris. 






* 



SÉANCE DU 24 AVRIL 1S03. 2J9 

T 

Près de celte simple variante se placent naturellement deux individus qui 
retiennent le calice large, campanule et laineux-blanchâtre de la Primevère- 
ofTicinale, mais qui ont déjà des corolles plus grandes, à limbe moins concave, 
se rapprochant par là de celles de la Primevère-élevée, et de plus colorées en 

j 

pourpre intense. 

Entre ceux-ci et le précédent s'interposeraient, dans une série graduée, les 
sujets que j'avais principalement en vue lors de ma première description, et 
dont les fleurs, beaucoup plus claires, s'éloignaient moins de la coloration 

r 

normale des deux types générateurs. 

Puis viennent des échantillons qui rappellent davantage la Primevère-élevée. 
lis présentent, avec des ombelles de fleurs aussi garnies que celles de la' 
Primevère-officinale, des corolles larges, a disque plan, et des calices sinon 
étroitement appliqués sur le tube de la corolle, du moins assez serrés, a peine 
velus et munis en partie de nervures vertes. 

Ces dernières formes, plus vigoureuses que les autres et plus différentes des 
deux espèces dont je les suppose issues, par les grandes dimensions de leurs 
fleurs et leur couleur pourpre noirâtre variée de jaune, sont aussi plus voi- 
sines des Primevères cultivées. Elles m'avaient échappé lors de ma première 
visite à Millemont, et comme ce sont précisément celles sur lesquelles Ja con-^ 
troverse peut s'établir, on comprend que ma note de 1860 ne reflue aucune 
hésitation de ma part. Je discuterai tout à l'heure la valeur des objections que 
ces variétés m'ont inspirées à moi-même, mais auparavant je veux terminer 

Texposilion des faits. 
Ces modifications typiques ne sont pas les seules que le botaniste rencontre' 

dans les Primevères de Millemont. Il en est d'autres qui virent à la monstruo- 
sité ou qui rentrent franchement dans le domaine de la tératologie, comme cela 
se voit dans les plantes affolées par l'hybridation. Ainsi l'une de celles que je- 
soumets à la Société présente des corolles à fond pourpre noir moucheté de 
blanc, et à limbe dentelé presque fimbrié. Une autre nous montre des calices 
colorés et évasés, à divisions peu profondes et arrondies, en sorte que chaque 
fleur paraît munie de deux corolles emboîtées. De telles altérations morpho- 
logiques intéressent la solution du problème, en ce qu'elles indiquent une 
excessive mutabilité, ordinairement communiquée aux types du règne végétal 
par l'hybridation; elles confirment ainsi mon opinion sur l'origine de toutes 
ces variétés. 

K 

Toutefois, j'en conviens, on éprouve quelque peine à accepter de prime 
abord plusieurs des échantillons exposés ici devant la Société, comme repré- 
sentant des produits de la fécondation mutuelle des deux espèces confondues 
par Linné sous la dénomination de P. veris. L'aspect sombre des fleurs et le 
port d'une partie de ces plantes rappellent'bien plutôt les Primevères de nos 
plates-bandes, qu'on semble vouloir désormais rapporter exclusivement au 
P. grandiflorçt. 



* ^ * , ^ 



220 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



A la vérité, l'accord sur ce point ne saurait être unanime, car les preuves 
manquent. Naguère encore, deux de nos collègues les plus autorisés profes- 
saient une opinion contraire, et sans doute il se trouve plus d'un botaniste 
dissident disposé à maintenir les distinctious de h Flore des environs de 
Paris, et h rapporter au P. grandi flora les Primevères cultivées acaulcs, 
et au P. elatior celles qui sont pourvues d'une hampe. D'ailleurs, je le 
répète, attribuer a une seule espèce toutes les [variétés cultivées, c'est faire 
une hypothèse plus ou moins plausible, dont la démonstration reste à 

fournir. 

Il se pourrait bien que la Primevère caulcscenle de nos plates-bandes re- 
connût une tout autre origine et qu'elle fût, au contraire, le résultat d'un 
croisement. 

Pour établir la validité de l'opinion reçue, je ne vois, en effet, que deux 
bases possibles : celle de la similitude morphologique, ou celle de la filiation 
réciproque des formes attribuées à la même essence spécifique. Or je ne 
sache pas que personne, jusqu'ici, ait assisté h la luétaraorphose de l'une 



de ces formes dans Tauïre, du P. 



■fi 



par exeniple. 



en cette autre plante cultivée que les soins de l'homme en auraient fait 
dériver. 

Quant aux traits anatomiques, ils sont loin d'clre concordants. Je ne trouve 
pas, je l'avoue, dans les variétés de nos horticulteurs que je viens d'exami- 
ner sous ce rapport, non plus que dans les formes rassemblées sur cette table, 
et que je croîs spontanées, l'ensemble des caractères dévolus a la forme eau-* 
lescente de la Primevère-à-grandes-flenrs. Dans celle-ci (1) le pédoncule 
commun est peu robuste, les pédicelles sont longs et grêles et les fleurs peu 
nombreuses. Dans les autres, la hampe est épaisse et les ombelles mulliflores 
sont ramassées par suite deja brièveté des pédoncules particuliers. Dans le 
P. grandi flora les poils sont plus longs que le diamètre des pédicelles; ils 
sont courts chez nos hybrides, comme dans le P. elatior. Le P. grandiflora 
a les divisions calicinales aussi longues que le tube ; elles sont de moitié plus 
petites dans nos P. eîaliori-officinalis, et semblables, par conséquent, à celles 
de la Primevère-élevée. Les analogies seraient donc plus étroites entre les 
formes litigieuses et cette dernière espèce. 

Au reste, en admettant pour un instant que plusieurs variétés du parc et 
du bois de Millemont (celles qui s'éloignent le plus des Primevères-élevée et 

y 

officinale) dérivent de la Primevère-à-grandes-fleurs, il faudrait encore expli- 
quer l'existence de ces formes à fleurs rouges, morphologiquement équidis- 
tantes entre les P. officinalis et elatior^ et plus éloignées de la variété de 
culture rattachée au P. grandiflora qu'elles ne le sont de leurs générateurs 



' (1) J'en ai rapporté ailleurs un exemple (voy. Observations sur la Flore de Cannes^ 

et des Alpes- Maritimes, in Bu», Soc. iot, de Fr. t. VUl, 1861, p. 239). 



SÉANCE DU 24 AVRIL 1863. 221 

(bns mon inlcrprétalîon. Il rcstoraît encore h tenir cotiiple do celte modifica- 
lîon, que chacun ici peut observer sur le vivant, et qui, ne différant de laPri- 
inevèrc-oiïîcinalc type que parla coloration rouge-orangé de ses fleurs, semble 
marquer le premier pas dans la voie des altérations dues à rinterveiuion d'une 
essence étrangère. 

En définitive, pour expliquer les formes ambiguës soumises a Tappréciation 
delà Société, j'adopte provisoirement l'idée d'un croisement par fécondation 
réciproque entre les P. officinalis et elatioi\ et je crois pouvoir maintenir, 
jusqu'à plus ample inforn^é, aux produits de ce croisement supposé, le titre 
d'hybrides, sous le nom de Pn'mula elatiorî-ofpcinalis. 



M. J. Gay est d'avis que les diverses modificalions de types 
spécifiques observées par M. Gubler pourraient bien être échap- 
pées de jardins et résulter de la culture. Jamais, suivant lui, des 
formes semblables n'ont été observées à l'état réellement spon- 
tané. 

M. Ramond dit que les Primevères cultivées, remarquables par la 
vivacité des teintes de leur corolle, doivent généralement être rap- 
portées au Primida grandiflora^ dont elles se rapprochent beau- 
coup par le calice et la forme du fruit. 

M. Gubler répond : 

Les objections posées par mes honorables et savants contradicteurs sont 

tros-plausibles; la note que j'ai rédigée en tient compte, parce qu'elles s'étaient 
également présentées a mon esprit. Mais, toute réflexion faite, je n'ai pas cru 
qu'elles dussent me faire changer d*avis. Je n'en demeure pas moins disposé \\ 
réformer ma manière de voir, s'il y a lieu. Les observations devront être répé- 
tées, maïs rexpérimentalion seule me paraît appelée à résoudre non-seulement 
le problème actuel, mais encore la question plus générale de l'unicité ou de la 
pluralité de nos espèces de Primevères. Je serai heureux de pouvoir concourir 
à ce résultat en fournissant à M. le professeur Dccaisne des pieds vivants des 
diverses formes que j'ai décrites, pour les soumettre à une culture prolongée 
et voir a quels types elles se réduisent. 



M. J. Gay met sous les yeux de la Société un pied de Cytinm 
Hypocistis^ parasite sur le Cistus albidus^ et qui lui a été récem- 
ment envoyé de Montpellier par M. Martîns. 

M. Eug-. Fournier, secrétaire, donne lecture de la lettre sui- 
vante, adressée à M, Chatin, président de la Société pendant 
l'année 1862; 






222 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRÂÎSCE. 



II 



Florence, 17 mars 1863. 



Monsieur le Président, 



Par le numéro 7 du Bulletin de la Société botanique de Fi^ance^ que j'ai 
reçu il y a quelques jours, j'ai pu connaître une partie du beau travail que 
vous publiez sous le titre de Recherche^f^ sur le développement^ la structure 
et les fonctions des tissus de V anthère (1). 

Voilh déjà trois ans que, faute du temps nécessaire pour (juelqucs vérifica- 
lions, je garde dans mes cartons un mémoire (avec une planche d'une cin- 
quantaine de figures) relatif a des recherches que j'avais entreprises pour dé- 
terminer les rapports de la structure de l'anthère avec sa déhiscence, surloiu 
dans les cas où celle-ci est limitée ou exceptionnelle. 

' Je ne viens pas ici réclamer nn droit quelconque de prioriié, qui vous appar- 
tient exclusivement, mais seulement vous faire hommage a vous, Monsieur, si 
connu par tant de travaux, à la Société et h la science, de ce que j'ai moi- 
même observé au sujet des anthères, à simple titre ou de confirmation ou de 
doutes, selon que le hasard m'aura porté aux mêmes conclusions que votîS 
ou a des conclusions différentes. 

A 

Dans les anthères à déhiscence longitudinale de plusieurs espèces, choisies 
au hasard, d'.4//?ary///s, Lilium, Tulipa^Lnicoiuyn^ Calonyction^ Ipomœn, 
PharhitiSy Mirabilis^ Daturo^ Digitalis, Lohelia, Centaurca^ Cynara, Gail- 
lardia, IJciwpsis, Artemîsia^ Magnolia^ ainsi que dans plusieurs espèces de 
SoUmum, dans le Lycopersicum escuîentum, et dans diverses espèces de 
Ca55m (anthères fertiles), je trouve, à partir du conneclif vers la ligne de 
déhiscence, une ou plusieurs couches d'un tissu fibreux tel que Mirbel et 
M. Purkinje l'ont dej)uîs longtemps indiqué, placées au-dessous d'une mem- 
brane cuticulairc aniiiste, dont l'épaisseur est en général très-considérable et 
la surface libre très-souvent marquée de reliefs linéaires, de ponctuations, etc. , 
et d*un épidémie qui varie autant par la forme de ses éléments, que par leur 
grandeur, leur disposition, etc. 

Mais, tandis que ce tissu s'étale sur toute la longueur de la loge dans les 
anthères dont la déhiscence se fait par une fente longitiulinale complète, il 
s'arrête aux alentours du point de déhiscence, là où celle-ci est limitée. Dans 
les anthères des Ca.^sia, ce tissu n'occupe que le sommet de l'organe, tandis 
qu'on trouve dans le corps de celui-ci, au-dessous de l'épiderme, uno 
couche de cellules avec leurs parois extérieures et latérales épaissies et 
ponctuées. 

. On trouve aussi une couche fibreuse sur le seguient operculaire (et scule- 



(1) Voyez le Bulletin, t. IX, p. 461 et suiv. 



SÉANCE DU 24 AVRIL 1863. 223 

ment là) des anthères des Berbéridées [Berberîs^ Mahonia) et du Laurus wo- 
bilis ou du L. Campkora. On la trouve de même, mais étendue à toute la 
paioî de la bourse, dans les anthères des Polygala, déhiscentes toutefois t)ar 
un ostiole terminal antérieur. 

Cependant la déhiscence des Polygala rentre, ainsi que celle des Solanum 

et des Cossia, dans les déhiscences longitudinales limitées, et la loge unique 

qu'on voit à la (in n'est que l'effet de changements d'organisation qui amènent 

la fusion successive des deux loges en une seule et des deux cavités pollini- 

ques originaires de choque loge en une seule, de telle manière que les anthère» 

des Polygala ^ uniloculaires h la fin, ne sont pas moins quadriloculaires au 
commencement. 

Il n'y a pas de tissu fibreux dans les anthères des Wélastomées [Ceniradc- 



nia) ; il n'y en a pas non plus dans les Rhododendron, les Azalea^ les Ericoy 
dont l'anlhère s'ouvre au sommet ou obliquement de côté par la destruction 
d'une membrane très-fine, tendue entre leslèrres deTouverlure circulaire ou 
ovale épaissies par un renflement de l'épiderme. 

\ 

Dans les Piroln, que je n'ai pas étudiés vivants, on trouve dans la paroi 
-de la loge des cellules fibreuses à fibres grossières et adhérentes à la mem^ 
brane cellulaire qui persiste. 

Après l'observation de ces faits et de beaucoup d'autres que je ne rapporté 
pas ici, je m'étais demande quelles étaient les causes de la déhiscence, et en 
observant l'éîat des tissus dans une anthère un instant avant son ouverture et 
dans une anihcre déjà ouverte, mais depuis peu de temps, et ce qui advient 
lorsqu'on humecte une tranche très-fine de celte anthère, soumise au micros- 
cope, j'avais conclu que toutes les dispositions étaient prises pour que, a une 
époque donnée, les deux valves des anthères à déhiscence longitudinale (totale 
Ou partielle), pussent céder facilement à une traction quelconque, opérée de 

leur bord à leur base sur le connectif ou à une pression exercée de l'inté- 
rieur. 

Ces dispositions consistent, pour les cas les plus ordinaires, dans l'amincis- 
sement dos membranes cuticulaire et épidermique, qui est depuis longtemps 
et de manière très-différenîc ménagé sur la ligne ventrale de l'anthère, et dans 
la résorption du bord extérieur du diaphragme interloculaire qui vient aboutir 
à celte ligne pendant que la cavité de la loge est divisée en deux bourses polli^. 
niques, et que Link a appelée raphL je ne sais pourquoi (l)i 



^ 



(1) Dans les cas de déhiscence operculaîre, il paraît que raffaiblissement des liens 
de l'opercule à la coque de la loge est préparé par la brusque séparation du lissu 
fibreux de celui-là, d'avec les tissus des bords de rouverlure de la loge elle-même. Ceé 
brusques passages d'une ïovme de tissu à une autre forme, dans la continuité d'un 
organe, est du juoius la catssc prochaine de la déhiscence de plusieurs péricarpes, pro- 
bablement aussi des urnes des Mousses, ainsi que je crois pouvoir le conclure de mes 
observations dirigées au point de vue de la déhiscence sur les deux séries d'organes^ 

dans un travail assez avancé, mais inachevé, ainsi que celui relatif aux anthères. 



224 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

La (îestruclion de la membrane mince, tendue sur Tostiole des Rhododen- 
dron^ Azcdeay etc., ainsi que des Centradenia (M^'elastoniées) détermine dircc- 
lement l'ouverture de la loge. 

La cause de la déhiscence n'est pas le moins du monde dans 1 élasticité des 
fibres du tissu fibreux, qui ne sont ni élastiques, ni même hygroscopiques, et 
qui sous l'action des réactifs (acide sulfurîque et iode) se comportent comme 
les membranes cuticulaircs, l'enveloppe extérieure des grains de pollen ou les 
fibres des vaisseaux rayés, et très-différemment des fibres des élatùres des A/ar. 
chantia et des Targîonia^ des bras des spores des Equisetum, des cils des 
péristomes des Tortula, etc., qui ne sont pas élastiques à vrai dire, mais Irès- 
sensibles aux changements hygrométriques. Ces dernières fibres se dissolvent 
très-promptcment dans l'acide, et se colorent en bleu par l'iode, tandis que les 
autres persistent inaltérées en prenant une coloration jaune très-foncée. 

Avec les dispositions indiquées ci-dessus, qui se réalisent autant dans les 
anthères à déhiscence longitudinale que dans celles à déhiscence operculaire, 
la cause de la déhiscence elle-même est tout simplement pour moi dans le des- 
sèchement et dans le retrait des éléments des tissus, surtout de répiderine et 
conséquemment de la membrane cuticulaire, qui a lieu lorsque la maturité du^ 
pollen marque le temps d'arrct pour la vie de l'anthère et pour le mouvement 
des courants liquides vers les éléments de ses tissus. 

On voit l'anthère s'ouvrir sur une ligne antérieure, ou du segment libre au 
segment adhérent d'un opercule, car d'un côté les liens sont iros-affaiblis, et 
de l'autre les membranes détachées ont un point d'appui persistant ; on les 
voit s'entortiller de diverses façons, car, la membrane cuticulaire étant 
continue et se retirant, oblige les tissus les plus mobiles à céder à ses 
tractions. 

Voilà coranienl des causes physiques, agissant sur de simples prédispositioiiS 
des tissus inertes dans le fait, achèvent l'ouvrage que la vie a commencé et 
réah'seni un des pliénomènes les plus curieux à examiner et les plus importants 
pour la reproduction de l'espèce dans les plantes. 

J'ai l'honneur, etc. A. Targioni-Tozzetti. 



A la suite de cette communication, M. Chatin présentelcs obser- 



vations suivantes : 



L'heure avancée de la séance me fait remettre à un autre jour la com- 
munication que je me proposais de faire h la Société. Toutefois, la pré- 
sentation d'un travail sur ce sujet, aujourd'hui même , par 31. Targioni - 

Tozzetli , pouvant, malgré mes communications antérieures à la Société de 
biologie, h l'Académie des sciences et à celte Société même, donner quelque 
intérêt à la question de priorité, j'ai l'honneur de mettre sous les yeux de la 

Société, en en faisant une énumération sommaire, les nombreux dcssjns con- 



SÉANCE DU 2/i AVniL 1803. 



225 



Statant mes observations. Ces dessins sont relatifs aux familles suivantes, étu- 
diées généralement dans leurs principaux genres, et que je relève dans l'ordre 
même de mes observations : 



Graminées, 

Cypcracées, 

Typhacécs, 

Joncées, 

Commélinées, 

Aroïdcs, 

Palmiers, 

Mélanthacées, 

Liliacées, 

Asparaginées, 

Asphodélées, 

Bîoscorées, 

Amaryllidées, 
Hypoxidées, 
Iridées, 
Hémodoracées, 

Broméliacées, 

Pontédériacées, 

Cannées, 

Orchidées, 

Hydrocharidées, 

Potamées, 

Campajiulacées, 

Lobéliacées, 

Stylidiacées, 

Composées, 

Bipsacées, 

Valérianées, 

Caprifoliacées, 

Araliacées, 

Hubîacées, 



Apocynoes, 

Asclépiadées, 

Genlianées, 

Polémoniacées, 

Convolvulacées, 

Borraginécs, 

Ceslrinées', 

Solanées, 

Verbascées, 

Scrofularinées, 

Rhinanthacces, 

Orobanchées, 

Gesnériacées, 

P>ignoniacées, 



Acantbacées, 

Ebénacées, 

Jasniinées, 

Verbénacées, 

Labiées, 

Plombaginées, 

Planlaginées, 

Primulacées, 

Myrsinées, 

Épacridées, 

Éricacées, 

Pirolacées, 

MonotropéeSy 

Mélastomées, 

Francoacées, 

Oléinées, 

Guttifères, 

Ternstrœmiéei, 

Tiliacécs, 

Malvacées, 

Sterculîacccs, 

Buetlnériacécs, 

Euphorbiacées, 

Polygalccs, 

Tropéolces, 

Céraniacées, 

Zygophyllées, 

Rutacées, 

Aurantiacces, 

nippocaslanées, 

Malpighîacées, 

Linces, 

Violacées, 

Résédacées, 

Ampéîidées, 

Cnicifcres, 

Fumariacces, 

Papavéracées, 

Bcrbéridées, 

Magnoliacées, 

Renoncuïacées, 

Nymphéacées, 

Urticées, 
Polygonées, 

Chénopodiées, 



Phyfolaccées, 

Amarantacées, 
Silénées, 
Aîsinées, 
Cactées, 

Crassulacées, 

Saxifiagées, 
Passiflorées, 

Ombellifères, 
Cornées, 

Loranthacées, 
Santalacées, 

Balanopborécs, 

Rafflétiiacées, 
Cytfnées, 

Aiarinéefft 
Népenlhée», 

Cucurbilacéc5, 

Bégoniacues, 

(ïnolhérées, 

Lythrariocs, 

Laurinécs, 

Thymélées, 

Protéacées, 

Rliamnécs, 

Granalécs, 

Myrtacées, 

Calycanthées, 

Évonymées, 

Célastrinées, 

Pomacées, 

Rosacées, 

Amygdalées, 

Papilionacées, 

Césalpiniécs, 

]Mimosées, 

Éléagnées, 
Salicinées, 
Quercînées, 

Bétulinées, 

Cupressinées, 

Abîélinées, 

Cycadées. 



M. J. de Scynes rend brièvement compte de divers faits térato- 
logiques, et en particulier do phénomènes de soudures observes 
par lui sur des Champignons. Il se réserve de faire ultérieu- 
rement à la Société une communication plus étenJuc sur ce 



sujet. 



T. X. 



16 



\ 



226 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

•M. A- Gris fait à la Société la communication s 



I 



t 



NOTE SUR QUELQUES PROTÉACÉES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE, 
par MU. Ad. BROMGIVIART et Arthur GRII$. 



» 



r n 

Le Muséum d'hisloire naturelle doit à la libéralité de M. Vieillard, médecin 
de la marine impériale, que belle série de Protéacécs recueillies par lui à la 
Nouvelle-Calédonie. Une partie d'entre elles rentre dans les genres déjà bien 
connus : Stenocarpus, Grevillea, Knightia et Cenarrhenes, et n'ajouteront 
que de nouvelles espèces à ces genres, dont les trois premiers étaient déjà 
signalés comme appartenant à la fiore de cette grande île. 

Mais il y a un certain nombre d'espèces fort analogues entre elles par leur 
mode de végétation, et qui paraissent se rapprocher à certains égards des 
Helicia de l'Asie tropicale, mais encore plus des Rhopala de l'Amérique et 

^ 

des genres qu'où en a récemment séparés. . 

r 

Ce sont toutes des Protéacées à ovaire bi-ovulé, dont le fruit ne nous est 
que irès-imparfailement connu, mais semblerait, dans Tune d'entre elles du 
moins, avoir un péricarpe épais, coriace et indéhiscent, L'élucje de l'ovaire 
nous signala un caractère qui paraissait presque étranger à celte famille, ou 
du moins qui n'y était indiqué que d*une manière exceptionnelle et incom- 
plète. 

En effet, cet ovaire présente deux ovules suspendus au sommet de la cavité 

et orlhotropes, ayant ainsi leur micropyle en bas. 

■ r 

Cette structure de l'ovjaire se trouve sans doute comprise dans la description 
donnée par M. Meisncr dans le Prorfromws de De Candolle (t. XIV, p. 209), 

m 

lorsqu'il dit que les ovules sont fixés h la base ou au sommet de la cavité ova- 
rienne et ont le micropyle inférieur; cependant il désigne d'une manière 
générale les ovules par le terme d'analropes. Cela supposerait qu'il ne s'est 
pas bien rendu compte de la structure de ces ovules lorsqu'ils sont sus- 

r 

pendus. 

Dans la description spéciale des deux genres voisins de celui que nous 
avons à décrire, il signale en partie la structure de ces ovules. Ainsi, dans la 
description du genre Andripetalum (/. c. p. S^iS), on lit « ovulis 2 collate- 
ralibus orthotropis », sans qu'il soit indiqué que ces ovules sont suspendus; 
dans la caractéristique du genre Adenostephamis, on lit (/. c. p. 236) « ovulis 
2 collateralibus pendulis >>, et la forme orthotropique de ces ovules n'est 
point signalée ; enfin, dans la description du Rhopala, l'auteur ne dit riçp de 
la direction ni de la structure des ovules. Or, dans ces trois genres, l'ovaire a 
exactement la même organisation et présente, comme dans les Protéacées de 
la Nouvelle-Calédonie dont il est ici question, deux ovules suspendus au 
sommet de la loge et orthotropes. 

Après avoir constaté une structure, on peut dire identique, dans Tovairc 



■ SÉANCE DU 2/i AVRIL 1863.' 227 

w 

des Rhopala, dès Andripetalum^ des Adenostephanus el de nos Protéacées 
de la Nouvelle-Calédonie, nous avons dû chercher si ce caractère des ovules 
orthotropes suspendus ne se rencontrait pas dans d'autres Protéacées. Nous 
l'avons également constaté dans le Cenarrhenes nilida^ les Persoonia juni- 
perinaellanc€oIata,\e Brohejum slellatmn^ le Cono^permum toxifolnim/^ 
ovaire uni ovulé et à ovule parfaitement orlhotrbpo; dans le Guevina avelîanà, 
où l'on retrouve exactement la structure des Iihopala;dans le Sf/mphyonema 
montanum, et enfin dans le Lambertîa formosa^ où deux ovules collatéraux 
et orthotropes, presque sessiles, paraissent suspendus latéralement, leur point 

d'attache n'étant pas, comme dans les cas précédents, dans la direction de 
Taxe de l'ovule. 

Ainsi le caractère tiré delà forme analroplquc des ovules est lolrt d'être 
général parmi les Protéacées, et, si Ton passait en revue tous les genres de cette 
famille, peut-être étendrait-on cette énumération; ce qui est constant, c'est 
la position inférieure du micropyle, d'où il résulte que ces ovules sont ortho- 
tropes lorsqu'ils sont suspendus, anatropes lorsqu'ils sont dressés. Ces obser- 
vations confirment l'opinion déjà émise par l'un de nous, que la direction du 

micropyle, et par suite de la radicule, vers la base ou le sommet derovaîre, 
lorsque cet organe ne renferme qu'un petit nombre d'ovules, est plus împor- 

w 

tante que la forme droite ou réfléchie de l'ovule lui même, et par conséquent 
que la direction de la radicule relativement au bile. 

Les Protéacées de la Nouvelle-Calédonie qui, au nombre de cinq, ont 
donné lieu a ces éludes, s'accordent donc entre elles et avec les genres Rho- 
pala^ Adenostephanus, Andripetahim el Guevina, par leurs deux ovules 
suspendus au sommet de la loge ovarienne et complétem(*nt orthotropes. 
Elles diffèrent au contraire ùqs Helicia^ qui ont les ovules géminés dressés et 

anatropes. 

D'autres caractères les distinguent dans ce groupe. Trois espèces ont des 
caractères génériques parfaitement identiques; leur stigmate a la forme de 
celui des Rhopala, mais un réceptacle obliquement tronqué entraînant l'inser- 
tion oblique des sépales, et la présence d'une glande hypngyne unique et 
«nîlatérale suffisent à les caractériser comme genre distinct. Cette forme 
oblique du réceptacle en particulier, très-facile à observer après la chute des 
sépales, fait immédiatement reconnaître et distinguer ce genre des Rhopala. 
Nous le consacrons, sous le nom de Kevmadecia, a la mémoire de Huon 
de Kermadec, commandant de la Recherche, l'un des bâtiments de l'expédition 
envoyée a la recherche de La Pérouse, sous los ordres de d'Jîntrecasteaux, 
mort à la Nouvelle Calcdonie et inhumé près de Balade. 

une autre espèce, que nous avions d'abord rangée parmi les FCermadecia, 
en diffère parle mode régulier d'insertion des sépales sur un réceptacle hori- 
zontal el par la présence des quatre glandes distinctes et symétriques des 
Rhopal a, dont elle se rapproche en outre par la forme du stigmate,ct dont 



/ 



228 ■ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



(»**.#-* 



elle ne diffère que par une plus grande brièvelé des filets des ctanijncs. Nous 
avons donc range cette espèce parmi les Pihopala^ sous le nom de Rhopala 
Vieillardiy malgré la différence des régions qu'elle habite. 

Enfin la cinquième espèce qu'il nous reste à signaler ici se rapproche 
des Adenoslephanus par son stigmate oblique, latéral, en forme de mamelon 
circulaire oblus, mais paraît en différer assez notablement par un réceptacle 
oblique et par la structure du disque. Cette structure n'ayant pu être con- 
statée d'une manière certaine sur la fleur unique qu'il nous a seulement été 
possible d'examiner, nous plaçons celte espèce avec doute à la suite du genre 
Adenostephanm (qui est américain), sous le nom ù^AdenoMephanus austro- 
caledonicus. ., 

On peut caractériser comme il suit le nouveau genre et les trois espèces 
qu*il comprend : 

KERMADECIA A(î. Br. et A. Gris. 

l 

Flores irregulares, racemosî. 

L 

Calyx clavato-cylindricus, scpalis h spathulalîs, apîce dila(a(o anthcriferis, 
basi obliquk 

Antherae subsessiles, oblongae, apiculalie. 

Ovarium sessîle, 1-loculare, ovulis 2 collaleralibus orthotropîs, pendulis. 

Stylus superne incrassatus, clavatus, stigmate emargînato, subbilobalo. 

Rcceptaculum oblique truncatum, dlsco scznî-annulari adnato. 

Fractus : drupa exsucca seu nux perîcarpîo crasso indehiscens? (frùctus 
îmmaturus tantum in K. elliptica visus). 

1, KERMADECIA SIJSUATA. 

Foiia elliptica, versus apicem dilatata, sînuato-Iobata, superne glabra (ner- 
vis tantum breviter tomentosis), inferne tomento ferrugîneo brevi dense tecia. 
Racemi adscendenles, plerumquesimplices, flores geminatos, pedicellisliberis, 

r 

gerentes. 
Arbor ; crescit in monte Novœ Caledonîaî Diane dicto (Vieillard, n° 1103). 

r 

2. Kermadecîa rotundifolia. 

I 

Folia rotunda, inlcgenima, apicc emargînala, basi subcoVdata, glabra, 
superne niiida. Racemi compositi, adsccjidcntes, flores geminatos , pedicellis 
liberis, gerentes. 

Arbor ; crescit in silvis montium Novœ Caledonias prope Balade (Vieil- 
lard, n" 1105). , 



3. Kermadecîa ellîptica. 



bem 



Racemi adscendeates, simplices, flores geminatos, pedicellis liberis, gerentes 

Arbor ; crescit in silvis moaitium Novœ Caledoniœ prope i5«/arfe (Vieil 
lard, nMlO/i). 



» 1 



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1 



SÉANCE DU '2h AVRIL 1863. 



229 



f ■ 



Voici les diagnoses des deux autres espèces nouvelles ci-dessus mentionnées : 

RHOPALA VIEILLARD!. 

^ 

r 

Folia elongato-oblonga, integerrîma, subundulala, basi plus minus inoequali 
sensim allenata, apice saepissîmc falcala obtusa, glabra, utrinque nitida, 
margine nigricanti *cincta. Racemi axillares, adscendentes, flores geminatos, 
pedicellis fere oninino connatîs, gerentes; 

m 

Arbor; crescit in montibus Novae Caledoniœ Poîla dictis (Vieillard, 
nM107). 

Var. longifolia. Foliis clongato-lanceolalis majoribùs, valde undulatîs, 
raceniis longioribus sat distincta ; crescit iisdem locis (Vieillard, a** 1108). 

i 

ADENOSTEPHANUS AUSTRO-GALEDONICUS. 

Folia oblonga, intégra, basi attenuata, glabra, subtus obscure purpurata. 

Racemi simplices, flores geminatos încurvatos, pedicellis omnîno connâtis, 

gerentes. 

Arbor; crescit in montibus Novoî Calcdonias Poila dictis (Vieillard, 
u° 1109). 

] 

M. Rozc dépose sur le bureau, de la part de M. Marcilly fils, des 



échantillons de LTjcopodium Chainœcijparissùs (1) provenant du 
bois de Belloy près Beauvais (Oise), et destines à Therbier de la 
Société. 



(1) Voyez le Bulletin, t. VUI, p. 2^k et ^30. 



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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



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(NOVEMBRE 18i33.J 



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N. B, — On peut se procurer les ouvrasres analysés dans celto rcvuo chez M. J. RolIischiU, Ubraifë 
do la Société botanifjuo do France, rue do Buci, 14, à Paris, , • - ■ . - 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 



V 



i 



De la g;ci*iniuation; thèse présentée au concours d*agr6gation par 
, M. Jules de Seynes. In -4'' de 76 pages, avec une planche gravée. Pans 
chez J.-B, Baillière et fils, 1863. 

L'auteur expose d'abord les conditions extérieures qui déterminent la 
graîne à germer, montre l'évoluiion de ses parties dans les différents types 
offerts par le règne végétal, puis étudie les changements intérieurs dont les 
organes du végétal sont le siège pendant cet acte physiologiqvie. 

Il commcuce par indiquer combien î! est difficile de donner une définition 
exacte de la germination, considérée au point de vue général, quand on veut 
tenir compte des travaux récemment produits sur le développement des Cryp- 
togames, ralternance de la génération, les phénomènes chimiques qî, hislogé- 
niques qui préhidcnt à la nutrition des végétaux. Il étudie ensuite, prîncipa- 
l(Miient d'après De Candolle, Sénebicr, Théodore de Saussure et Humboldt, 
rinfluence exercée par l'eau, l'oxygène, la chaleur, la lumière, l'électricité 
et divers agents chimiques, tels que le chlore, dans l'acte de la germina- 
tion, — Dans un second chapitre, il traite de la germination au point de vue 
morphologique dans la série végétale. Il se contehte, à ce sujet, d'examiner 
quelques types autour desquels peuvent se grouper les différentes modifica- 
tions connues : Fucus, Œdogoniwn, Cystopus^ Morchella, Pellia, Funaria, 
Pteris, Avenu, Canna, ValUsheria, Orchidées, Zamia, Pinus, yEscuhis, 
Trapa^ Ciiscuta, Nclumbhon. Il rassemble les procédés de germination 
cellulaire des Cryptogames en trois groupes sous les noms de germination 
mycéloïde (Algues et Champignons), thalloïde {Marchantia, naissance des pro- 
embryons) et embryomorphe {développement des Cryptogames acrogènes sur 
leur pro-embryons, germination des Lycopodiacées). Il résume la germina- 
tion des Phanérogames en quatre groupes, d'après M. Schacht. Il recherche 
ensuite si l'on peut déduire, des différences qu'on observe dans ces procédés 
physiologiques, quelques caractères d'une valeur et d'une utilité réelles pour la 

classification. — Le chapitre UI traite des conditions propres à la graine et de? 



î 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. S31 

changements qu'elle subit dans sa vie et dans son organisation. Il est divisé en 
plusieurs paragraphes relatifs aux phénomènes physiologiques de maturité, de 
vitalité, au rôle des parties de 1? graine, au développement des éléments anato- 
mîques et aux phénomènes chimiques. L'auteur dit que les faits avancés sur la 
longévité des graines ont besoin d'être contrôlés avec prudence, et il étudie 
les fonctions physiologiques des cotylédons et de l'albumen, en s'appuyantsur 
les travaux de M. A. Gris, de SI. Hartig et de quelques autres observateurs. 
II rappelle que le phosphore n'existe dans les cotylédons que pendant leur 
période d'activité chimique et le développement des jeunes organes. — Le 
chapitre IV est intitulé : Applications pratiques et conclusions. L'auteur y 
considère son sujet au point de vue médical et économique, ne faisant d'ail- 
leurs cj;u'énumérer très-rapidement les déductions applicables à Tagriculture. 

M, de Seynes jette ensuite un coup d'œil en arrière et résume les résultats 
de son travail. Chez les végétaux inférieurs, dit-il, par suite de l'état encore 
incertain delà science et des transitions nombreuses que leur étude nous pré- 
sente, la germination nous apparaît comme un simple acte reproduéteiir, 
quelle que soit la provenance du corps qui en est l'agent; chez les végétaux 
supérieurs, elle se définit d'une manière tout à la fois simple et vraie, en par- 
tant du seul point de vue de l'embryon fécondé : la série des phénomènes qui 
amènent cet embryon à s'accroître, à développer ses parties, pour donner 
naissance à une plante capable de vivre et de se suffire à elle-même. Puis, 
pour caractériser les nuances qui l'ont obligé à élargir cette dernière défini- 
tion, il distingue trois classes de germination : tme germination préter-em-* 
bryonnaîre ou extra-embryonnaire, propre aux corps reproducteurs dés végé- 
taux inférieurs qui ne peuvent être considérés comme des embryons, véritable 
gemmation ; une germination pro-embryonnaire, compfenant deux phases 
séparées par la formation d'un pro-ewbryon ; enfin une germination embryon-^ 
naire, la seule à laquelle s'applique ce nom d'une manière incontestable : 
c'est celle des Phanérogames et d'un grand nombre de Cryptogames. 

M. de Seynes a présenté les indications bibliographiques en tête de chaque 
chapitre de sa thèse et les a complétées par un supplément. La planche jointe 
à son travail représente les germinations de différents végétaux; ce sont, pour 
la plupart, ceux qu'il a pris pour types dans le chapitre morphologique de son 
travail. 

D^ Eugène Fournier. 



r 

Bcla ffccouclation dans li^si Pbanéroj^amcs ; thèse présentée 
au concours d'agrégation pa^ M. Eug. Fournier; 1 Vol in-8^ de 154 
pages, avec 2 pi. grav. Paris, chez F. Savy, 1863. 

4 

/ 

. M. Fournier présente d'abord l'exposé historique de la question, puis la des- 
cription succincte des organes nécessaires à la fécondation. Il traite ensuite 

F. 

des circonstances qui facilitent ou entravent cette fonctiojj, des divers actes 



232 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

physiologiques dont elle se compose et des phénomènes qui racconipagnenl 
et la suivent. Viennent plus loin deux chapitres consacrés à l'élude des fécon- 
dations croisées et a celle de la parthénogenèse. 

L'élude historique de la fécondation est divisée en trois périodes : la pre- 
mière, étendue depuis l'antiquité jusqu'à la fin du xvil^ siècle; la seconde, de 
Tanatomie de Grew jusqu'à la découverte du tube pollinique ; la troisième, 
remplie par les recherches contemporaines, la naissance, le règne et la chute 
de la théorie de M. Schleiden, et illustrée par les travaux de M. Hofmeister. 

4 

Dans la description des organes nécessaires à la fécondation, l*auteur examine 
seulement la structure du grain pollinique, le stigmate, le tissu conducteur et 
les divers développements qui ont lieu avant la fécondation dans le sac em- 

E 

bryonnaire simple ou multiple ; c'est-à-dire le noyau pnmaîre, les vésicules 
embryonnaires découvertes par M. Amici, avec leur appareil filamenteux dé- 
crit par M. Schacht, et les cellules antipodes observées par M. Hofmeister. 
Il s'occupe spécialement des Conifères, et adopte l'opinion de iM. AL Braun, 
qui, dans sou mémoire sur la polyembryonie, conserve aux corpuscules le nom 
de vésicules embryonnaires. — te chapitre III est intitulé : Des agents qui 
facilitent ou entravent la fécondation. L'auteur y traite successivementdu rôle 

des enveloppes de la fleur, des rapports de position des organes mâle et fe- 
melle dans la fleur, de la déhiscence des anthères, des mouvements des éta- 
mines et des styles, du concours apporté par les insectes et par les vents; en- 
fin de certaines circonstances météorologiques. Il étudie principalement l'in- 
fluence de l'eau en traitant des agents nuisibles à la fécondation et s'étend sur 
l'organisation de VAldrovandia et du Vallisneria. — Le chapitre IV est inti- 
tulé : Des phénomènes essentiels de la fécondation. L'auteur y étudie la péné- 
tration du tube pollinique, sa structure et les modifications qu'il subit dans 
son trajet, les diverses manières dont a lieu son contact avec les vésicules (her- 
nie du nucelle hors de l'ovule, du sac embryonnaire hors du nucelle, des vé- 
sicules embryonnaires hors du sac, simple contact entre le boyau et la paroi 
du sac) ; il fait remarquer que l'affinité des Loranthacées et des Santalacées est 
confirmée par l'étude microscopique des phénomènes de la fécondation dans ces 
deux familles; il arrive ensuite à l'étude du rapport du boyau avec les vésicules 
et de la théorie de M. Tulasne. Ce qui explique, dit-il, comment les auteurs 
sont divisés sur l'époque d'apparition des vésicules, c'est que, de l'aveu de ceux 
qui disent les avoir formellement observées avant la fécondation, elles sont, au 
moment de cet acte, presque diffluentes, et ne se revêtent en général d'une mem- 
brane solide qu'après le contact du boyau et du sac. Il donne ensuite quelques 
détails sur des faits particuliers observés dans la fécondation chez les Canna, 
Tillandsia, Citrus, etc. Puis il réfute la théorie de M. Schleiden, d'après 
les raisons fournies contre elle par M. Tulasne, qui l'avait autrefois adoptée. 
C'est, dit- il, dans la forme du suspenseur et dans les rapports qu'il afl'ecle 

avec l'extrémité inférieure du boyau encore adhérente au sac, qu'il faut cher* 



y' 



É 



REVUE CICLIOGRAPIIIQUE. 23â 

ri 
X ■ 

ther l'explication des erreurs qui ont entraîné les pollinistcs. Entrant dans la 
comparaison des phénomènes delà fécondation dans les deux embranchements 
du règne végétal, il regarde les granules polliniques, malgré leur immobinté, 
comme analogues, dans leur rôle physiologique, aux spermatozoïdes des Cryp- 
togames, et le sac embryonnaire comme analogue à rarchégone. Il ajoute que 
les Conifères et lesCycadées se rapprochent plus des Cryptogames supérieures 
que les autres Phanérogames, à cause des formations multiples qui naissent 
dans leur sac embryonnaire, comparable aux cellules-mères des spores des 
Rhizocarpées, Mais il regarde comme forcée l'analogie que plusieurs auteurs 
ont voulu établir entre le suspenseur des Phanérogames (Vorheiin) et le pro- 
embryon des Fougères et Équisétacées, attendu que cet organe se développe 
dans les Phanérogames après la fécondation et dans les Fougères avant elle^ 
Comparant ensuite les éléments mâle et femelle dans les deux embranchements 
du règne organique, il rappelle que ces éléments procèdent d'une cellule qui, 
pour les mâles, produit les animalcules mobiles des Cryptogames et les sperma- 
tozoïdes des animaux; et qui, pour les femelles, reste à l'état de vésicule 
embryonnaire et se segmente intérieurement par un procédé pareil à la seg- 
mentation du viiellus, pour aboutir à la formation de l'embryon. —Le cha- 
pitre V est intitulé ; Bes phénomènes gui accompagnent la fécondation; l'au- 
teur y traite du développement de chaleur qui se remarque au moment de cet 
acte. — Le chapitre VI expose les phénomènes postérieurs de la fécondation, 
c'est-à-dire le développement de Peudosperme, mais seulement d'une manière 
sommaire. — Dans le chapitre VII, l'auteur étudie les fécondations croisées 
d'après MM. Lecoq et Ch. Darwin ; il cite un fait particulier de cet ordre observé 
par lui sur le Veronica spicata; il touche seulement a la question des hy- 
brides, en étudiant dans quelles conditions la fécondation est possible entre des 
types différents et entre leurs produits. Ce chapitre est terminé par quelques 
mots sur les fécondations artificielles et sur la persistance de vitalité du pollen. 
Le chapitre VIII traite de la partfiénogénèse ; l'auteur y discute les opinions 
de MM. Lecoq, Braun, Naudin, Bâillon, Regel, Karsien, et conclut qu'il reste 
aujourd'hui bien peu de faits authentiques en faveur de cette théorie. 

r 

La thèse de M. Fournîer est terminée par un index bibliographique énumé- 
rant un grand nombre de travaux relatifs à la fécondation, et par deux planches 
qui représentent cet acte physiologique chez les Conifères et chez quelques 
autres végétaux, tt dont les dessins sont en général empruntés à 31. Schacht. 

E. F. 

Be la fécoudafiou dans les Crypfoffauics; thèse présentée au 
concours d'agrégation par M. Léon Vaillant. 1 vol. in-8** de 134 pages, 
avec deux planches lithographiées. Paris, chez F. Savy, 1863. 

L'auteur traite successivement de la fécondation chez les Algues, les Lî- 
dicns, les Champignons, les Hépatiques, les Mousses, les Characées, les Fou- 

V 



234 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



gères, les Équîsélacées, les Lycopodiacées et les Rhizocarpées, et jetle ensuite 
un coup d'œil d'ensemble sur la reproduction de ces différents groupes dans 
un court chapitre intitulé : Conclusions. Relativement aux Algues, il étudie 
spécialement les phénomènes offerts par le Sphœroplea annulina Ag. d'après 
les travaux de M. Cohn, rappelle les ob^crvations faites sur les Synsporées 
par M. Decaisne, M. ïhwaites, M. Iizigsohu, les études faites sur les 

h 

Clostéries par M. Morren et d'autres naturalistes, et sur les Diatomées par 
MM. Thwaites et De Bary; il s'occupe ensuite des recherches de MM. Cohn 
et Carter sur les Volvox. Pour les Fucacécs, il choisit comme type le Vaii-* 
cheria^ étudié avec grand soin par M. Pringshoîm, et décrit le mode de repro- 
duction spécial des OEdogoniées, ain^ii que ceux des Saprolegmia et Pythianu 
Il analyse ensuite les observations de MM. Thurel et Pringsheim sur la fécon- 
dation des Fucacées; quant aux Floridées, il se borne à signaler les deside- 
rata de la science. Le chapitre destiné aux Lichens contient la description des 
apotliécies, des spermogonies et des pycnides. L'auteur rappelle que cer- 
taines espèces dioïques, comme les Sticta limbata et St. aurata^ ne produisent 
pas de fruits en Europe, où elles n'ont pas d'individus munis de spermogonies, 
tandis qu'en Amérique elles en produisent. Quant aux Champignons, il 
n'essaye pas d'entrer dans la description détaillée des nombreux appareils 
existant dans les diverses plantes de ce groupe, parce que, dit-il, il en tirerait 
peu de renseignements au point de vue spécial de la reproduction sexueîle. Il 
pense que les appareils à spores endothèques, lorsqu'ils existent, sont de tous 
les organes ceux qui rappellent le plus les organes femelles, mais simplement 

» - 

par analogie, et que les organes mâles paraissent complètement inconnus. En 
traitant des Hépatiques, il décrit la structure du Marchantia d'après les tra- 
vaux de Mirbel, de Bischoff, et de MM. ïhuret et Groenland. Il rappelle que 
M. Hofmeister a observé des anthérozoïdes au-dessus des archégones des 

^ r fc 

Jongermannes. Dans l'élude de la fécondation des Mousses, il prend pour type 
le Polytriclium commune. Il ne semblerait pas nécessaire, dit-il, de croire 
que le corpuscule mâle descend, en quelque sorte volontairement,' de la tige 
qui le supporte pour s'élever ensuite le long de la tige sur laquelle se trouve 
Tarcliégone,. comme semble vouloir l'admettre M. Thurct. La projection brus- 
que du contenu de l'antliéridie paraît pouvoir donner assez de chances pour 
qu'un de ses corpuscules soit porté sur l'organe à féconder, d'autant plus que 
la déhiscence des anthéridies a heu sous l'infiuence de l'humidité et dans des 
circonstances amenées régulièrement par la rosée, où l'organe femelle doit être 
lui nicme rempli de liquide. Dans le chapitre consacré aux Characées, M. Vail" 
lant décrit leurs organes sexuels principalement d'après les travaux de M. Thu- 
ret. Les Fougères sont traitées surtout d'après les observations de M. Leszczyc- 
Suminski et de M. Hormeister; les Équisétacées, d'après celles de M. Duval- 
Jouve. Dans les Lycopodiacées, l'auteur prend pour type le Selaginella 
dentkidota étudié par M. Hofmeister; quant aux Rhizocarpées, il rappelle 



/ 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 235. 

sçalomciU le dévcloppenient des organes sexuels observé par MM. Naegeli et 

2 ' * . - t 

Hofnieister. 

Dans le dernier chapitre, intitule Conclusions, M. Vaillant considère d'une 
façon générale la génération alternante chez les Cryptogames, et présente un 
tableau où sont comparés les organes sexuels de ces plantes entre eux et avec 
ceux des Phanérogames. Il place sur le même rang les spores des Fougères, 
les microspores et les macroscopes des Selaginella^ le pollen et l'ovule des Plia- 
ftérogames; sur le même rang aussi les anthérozoïdes des Cryptogames et la 
fovilla des Phanérogames, la spore primordiale des Algues, des Fougères et des 
Lycopodiacées et le sac embryonnaire des Phanérogames. Du reste, il ajoute 
u que ces faits ne sont pas absolus », et il conclut que la prétendue limite entre 
les végétaux phanérogames et cryptogames est réellement si peu considérable 
que Ton peut presque la regarder dès à présent comme nulle. Enfin, pour lui, 
il est démontré par des faits en quelque sorte tangibles chez les Cryptogames: 
i** que les deux éléments pris isolément sont inféconds; 2° que le contact de 
l'élément mâle ne suffit pas pour féconder Télément femelle; et 3** que l'élé- 
ment maie ne se développe pas simplement dans Télément femelle, mais que 
tous deux se confondent pour se vivifier. , 

i * •# 

. La thèse de M. Vaillant est terminée par un index bibliographique où il 
énumère des travaux relatifs aux différentes familles de Cryptogames, et par 
deux planches lithographiées par M. Faguet, représentant la fécondation du 
Sphœroplea annuliiia d'après M. Colin , et celle des Fougères diaprés 

F 

MM. Suminskî, AYigand et ïhuret. 



E. F. 



î 



Sur le» bonrscoiis aiLillaircis dit SagUth M^odasa; par 

V M. J. A; Herirotay [Bulletins de la Société royale de botanique de Del- 
yique^ t. I, pp. 160-175). . î 

M. Henrotay a constaté que les fascicules de petites feuilles placés aux ais- 
selles des grandes feuiljes du Sagina nodosase détachent à l'automne, pous- 
sent des racines et reproduisent la plante. Il compare ce fait à d'autres faits 
âiîàlôgues et délh bien connus. 



IVote sur les poilst des Fouj^ères et sur les fonctions de ces 
' organes; par M. J.-E. Bommer [Bulletins de la Société royale de bola- 
- nique de Belgique^ t. I, pp. 91-101). 



^_ 



L'auteur divise les poî!s des Fougères en laniformes, capilliformes, et lépi- 
diformes ou écailleux ;il les regarde commedestinésà absorber l'eau nécessaire 
au développement de la plante, du moins dans leur jeune âge et lorsqu'ils^ 
garnissent les bourgeons. Si l'on veut, dit-il , favoriser la végétation du Didy- 
^nochlœna sinuosa Diis\\, des Alsophila, des Cibotium, ou ne doit guère 



536 , SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. , 

arroser ces plantes au-dessous du pied, maïs le plus souvent sur le bourgeon. 
Il cherche à combattre l'opinion émise par M. Ducharlre sur la non-absorp- 
tîon de la rosée par les feuilles,* en invoquant les expériences plus anciennes 
de Bonnet et de M. Du Mortier. 



E. F. 



De l'E.^pccc, à propos tic l'ouvrage de il. Baribviii; par 

M. Fée (Extrait des Mémoires de la Société des sciences naturelles de Slras^ 
hourg)^ in-4°, 16 pages. 

L^auleur de celle critique reconnaît avec M. Darwin que la se/^c/zon, appli- 
' quce par i*homme aux deux règnes organisés de la nature, modifie d'une ma- 
nière remarquable un certain nombre d'êtres, mais il combat les conséquences 
qu'en a déduites le naturaliste anglais. Il rappelle qu'il existe un grand nom- 

4 

bre d'interruptions dans la chaîne qui relie les animaux les uns aux autres, et 
qui devrait élre continue suivant le système de M. Darwin. Il soutient que 
les races ne s'établissent pas dans la nature, comme dans nos jardins ou dans 
nos ménageries; que toute modification considérable d'un type spéficîque se 
Ile de près à la monstruosité et souvent empêche la reproduction; que l'action 
des agents physiques surlesêtresorganisésapour résultat non d'en modifier les 
espèces, mais seulement d*en restreindre l'accroissement, et qu'à ce point de 
vue la sélection naturelle est seulement une balance numérique des êtres vi- 



vants. II insiste sur la rai été des hybrides, pour prouver la faculté de résistance 
des types. Il trace enfin une revue rapide des différentes flores et faunes con- 
temporaines des divers âges de la terre , et conclut de la dissimilitude h peu 
près universelle qu'on constate entre elles qu'à toutes les grandes époques du 
globe il y a eu création d'organiscnes formés sur un même plan, bien qu'ab- 
solument distincts comme espèces. 



B. F. 



BOTANIQUE DESCRIPTIVE. 



X - 



Description de quelques espèces nouvelles de #tt<6H#; 

* 

parPh.-J. Unûl^v [Annotât ions à la flore de France et d' Allemagne ^ 1862, 
pp. 291-295). 

Ces espèces sont les suivanles : R. chnoop/iyllos Vh.-3. M. (/?. colUnus 
DG. Godr. Monogr. p. 29 ; FI. de Ft. I, p. 545 ; FL de Lorr. éd. 2, I, 
p. 240); C. Billot, exsicc. n° 1176.-7?. tn'cacanthos Ph.-J. M. (li. hir- 
tusV^. et N.); C. BWlot exsicc. n° 2056. — 7?. entomodontos Ph.-J. M- 
(//. Schleicheri ^Y. etN.); C. Billot, exsicc. n» 2451.— Il menfilus 
Ph.-J. M. [R. piletostachys Gr. et Godr.); C. Billot exsicc. ii° 2667), 
R. spiculifolius Ph.-i. M. {R.rhamnifuliusyv. ei"!^.). 

Nous menlionnon!) seulement ces espèces sans en reproduire les descr 



I 



I 



HEVUË* BÎBUOGnAPlIlQUE. 23/ 

lions, puisqu'elles sont déjà connues, M. Muellcr ne dil pas pourquoi il a cru 
devoir en changer les noms. 



E. F. 

h 

Sur le Ro^u fâ'^nœiêÈifatin Borklj.; par M. Déséglise [Annotations à 

la flore de France et d'Allemagne, 1862, pp. 295-297). 

Cette note a pour objet d'inscrire dans la flore française une espèce du 
genre Rosa, qui n'y éïait pas encore connue et qui a él6 recueillie à Pierre- 
fonds près Compîègne, pendant une herborisation de M. Chaiin; à Males- 
herbcs, par feu notre confrère M. Bernard; et par W. Ducot, h l'ancienne 
Sablière près de Bordeaux. Elle a été publiée par M. "NVirigen sous le 
xV" k^h. Selon M. Déséglisc, elle a été décrite par MM. Cosson et Germain de 
Saint-Pierre sous le nom de Ilosa cinnamomea. 

E. P. 



•Iouo8:rapIilc dcm Sanlc^ de la flore bcljrc; par M. Du 

Mortier [Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique, l I, 
pp. 130-lZi7;. 

Il y a longtemps que M. Du Mortier a publié une classification des Saules 



dan 



Wetensch 



^^(ISSS); cette classification, qu'a employée aussi M. Fries, en 1832, dans 
son Commenlatio de Salicibus, est fondée sur le nectaire ; les espèces où cet 
organe est cupuliformc, comme le Salix pentandra^ forment la section 
f^ygus;\es espèces où le nectaire est double {Salix alba L., S. babylonien 
L.t etc.), la section Amerina; celles où cet organe est unique et qui l'ont li- 
néaire avec des feuilles en préfoliatîo î enroulée, constituent la section Vimen 
[S. viminalis L,;moUi$sima Ehrh., Scringeana Gaud., etc.); celles qui ont 
au contraire le nectaire unique cunéiforme, avec des feuilles en préfolialion 
équitante, ont les anthères jaunes ou noires après ranlhèsc et constituent les 
sections Vetrix [S. repem L. , argentea Sm. , etc. ) et IJelice [S, Hélix L. , 
pwrj^îova L,, etc.). Les caractères tirés de la couleur des écailles et de la 
forme des stipules sont employés pour sectionner ces sous-genres. Par ces 
ïnoyens, Tauteur arrive a décrire, avec de courtes diaguoses, non moins de 
trente-neuf espèces de Saules appartenant à la flore belge ; on n*y remarque 
naturellement aucun des Saules alpins , qui rentrent dans son sous-genre 
Chamœtia. '^ 



E. F. 



ti'Ardenne; par M. François Crepin, professeur de botanique à l'École 
d'horticulture de Gendbrugge-lez-Gand (Extrait du Bulletin de la Fédéra- 
tion des Sociétés d'horticulture de Belgique, 1S62, p. 313) ; tirage à part 
on brochure in-^r de 60 pages. Bruxelles, 1863. 

On trouve dans ce travail spécial l'histoire de la botanique ardennaîse, la 



238 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

description physique du sol, l'élude des associations de plantes observées dans 
les principales stations, l'indication des grandes cultures du pays, dos forêls 
qui le recouvrent, des considérations de géographie bolanique, enfin un cata- 
logue raisonné de la végétation ardénnaise. Dans les considérations de phyto- 
statique, 1^1. Crepin suit les errements de Thurmann; il montre que les 
terrains de l'Ardenne appartiennent a la classe des sols eugéogones. Il donne la 
liste des plantes aquatiques qui paraissent plus particulièrement liées à la pré- 
sence des sols eugéogènes, la plupart trcs-disséminées ou nulles dans le Jura ; 
et celle des espèces terrestres qui se trouvent dans les mêmes conditions. Il 
montre ensuite que la flore ardennaîse présente des analogies frappantes avec 
celle de la région moyenne des Vosges, Il signale un certain nomhre de 
plantes nouvellement découvertes dans l'Ardenne, parmi lesquelles nous 



I 



Ilym 



'/' 



L. Chamœcyprtr ISSUS. Aucun hoëtes n'a encore été rencontré dans l'Ar- 



denne. 



\ . 



E. F. 



^ _ 

Ciiseuiœ spccîcs florte rossSca^; auctore Victorc do Janka [Bul- 
letin de la Société impériale des naturalistes de Moscou^ 1862, xf II, 
pp. 586-588. 

Cette note est simplement un tahleau dichotomique conduisant à la déter- 
mination des Cuscuta palœstina Boiss. , C. planifloraTen., C\ Epithymum 
Murr., C. europœa L, C. Epilinum Weihc, C. pediccUata Ledeb., C. put- 
chella Engelm. , C. Kotscîvjana Boiss , C. chinensis Lara., C. obtusiflofa 
Huiub. et Bonpl, Ci^acemosa UyxL , C. monogyna Vahl, C. lupuliformis 



Kr. et C Lehmanniana Bunge. 



E. F. 



ïîiiniticraf S«» plaataruiu circa SloliSIcviant ail ltorys(lft<^" 

neiii, nec non in ipso gubernîo passim, collectarum anna 1861 , auctore 
^ , N. Oownar [Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou^ 
année 1862, n*' II, pp. 599-607). 

ta 

Ce travail est la continuation, ou plutôt le complément d'un niémoîrc 
commencé Tannée précédente ; Ténuméralion s*y étend du genre Thalictrum 
au genre ^Bœom}/ces. On y remarque la description d'une forme particulière 
du lîanunculus divaincatus Schrank et d'une nouvelle espèce de Cala- 

r 

magrostis, Ç. olscura Dowftar (palea infcriorl ad médium doi'sum ari.^!.ata, 
arisla recta flore conspicue breviori). Signalons encore la découverte aux 
environs de Mohilew des Utricularia neglecta Lehm. et Kœleria valesiaca 

^^^ I j 

Gaud. 

E. F. * 



REVUE BIBLIOGRAniIQUE. 239 



Planiœ li¥rig:litflauœ è Cuba oricujali; par M. A. Grisebacii, 
pars II (Extrait des Mem, Acad. amer. Scient, et Artinm, 2^ser. l. VIII, 
pp. 503-536). Tirage à part en brochure in-^^ Caiitabrîgiae Nov. Angl. , 



nov. 1862. 



* ^ 



Notre 7??rw^ a déjà rendu compte d'un premier travail de M. Grisebach sur 
les piaules récoltées à Cuba par M. Ch. Wright (1). Ce deuxième fragment 
Vétend des Rubiacées aux Amaryllidécs ; la mention des espèces y est accom- 
pagnée de riudication des localités où elles ont été récoltées par M. AVright 
et du numéro d'ordre sous lequel elles ont été publiées. On y remarque un 
grand nombre d'espèces nouvelles ; ce sont les suivantes : Catesbœa Grayi, 
Sphinctanthns longifloriis^ Schradera cephalophorùy Hofpmannia? lanceo- 

r 

.lata, Fxoslemma rotundatum^ F. eîliptkum, Ferdinandca steUata;F. 
brachycarpa, liondeletia [Stevemia) rigida^ Manettia lygistoides, Olden- 
landia callitrichoideSj Guctiarda bracleata^ G. rétîculala^ G. macrocnrpa^ 
Stenostomum grantilatum, Chione lucida, Ck. elliplica, Ch. myriifoUa^ 
Frit ha lis rotundatai Psycholtia coronatOy Ps. lasîophthalma^ Ps. costi- 
venia^ Ps. tinspicata, Ps. hcbecladoidcs^ Ps. pyramidal is, Machaonîa 
mcrophylla (Rubiacées); Vernonia hieracioidcs^ Eiipaiorium lantanifo- 
liuniy F. plucheoideSj F. hypolencum^ Critonia imhricalay Mikania cory- 
dalifolia, Lantanopsîs hispidula G. AVright {Lantanopsîs C. AVrightnovum 
gcnus Melampodinearum)^ Calydermos? spilanthoides^ Seneciotrineurus^ 
S.plumbeus, S\ polyphlebius, Liabmn Wrightii^ Zena r??crfm (Synanlhé- 
rées); Tupa imberbis (Lobéliacées); Ardisia (?umelioid€s, A^ multifloray 
A.jacguimoides (Myrsinées); Sapota polita^ Sideroxylon dictyoneurum, 
Bumelia glomcrata (Sapotacées); Symplocos cubensis (Styracées); Hœniari- 
thus salicifolius j Linociera axilliflora (Oléinées); Strychnos Grayi^ 
^ Rauwolfia salicifolia^ Plnmîeria filifolia, Thyrsanthiis ? corylifoUus 
(Apocynées); Marsderiia campanulata [\sz\é^hàè,<i^)\ Jlemianthus çaUitrir 
c/<o/rf<?5(Scrofulariées); Brunfelsia purpurea, B. vinciflora, Cestrum daph- 
noides (Solanées); Dianthera peploides, Acon^/ms izV/îmos?<5 (A canthacées); 
Conradia corrugala, Columnea tincta (Gesnériacées); Ipomœa heptophylla 
(Convolvulacées); Pinus cubensis (Conifères); Arthrosfylidîum fimhria- 
tum, A. capilUfolium, OlyraPineti C. Wright, Tricuspis simplex, Pani- 
cum durum, Jsachne leersioides, Arundinella cubensis, Triscenta omna 
(Graminées; Triscenia, novum genus, habilu Feslucœ ovinœ^ Andropogo- 
neis inserendum); Rhynchospora pruinosa (Cypéracées). 

Les espèces ou genres nouveaux qui, dans cette énumératîon, ne sont suivis 
d'aucun nom d'auteur, doivent porter celui de M. Grisebach, 

• E. F. 



(1) Voyez le r>iillc!în, t. VllI, p. 105. 



2i0 SOCIKTÈ ËOTANlQtJE DE FRANCE. 



On soiuc iicw spccics of Anioitium froin liVcst Afriea 



(Sur quelques espèces 



Afi 



par MM. .D. Oliver et D. Hanbury {Journal of tlie proceedings of the 
Linnean Society , vol. VII, pages 169-170). 

Les espèces nouvelles décrites dans cette note ont été envoyées par M. Gus- 
tave iMann ; les diagnoses en sont extraites d'une monographie préparée par 
les auteurs. Les noms de ces espèces sont les suivants : Amomum arundina- 
cewiriy A. giganlewriy A. Sceptrum, A. Mannii, A. subsericeum, A. limba- 
tum^ A. pilosum^ tous signés de M3L Oliver et Ilanbury, et AyCitralum 
Pereîra, 

E. F. 



De gcncrc Arineriœ; dissertalio itiauguralis bolanica, quam consensu 
et auctoriiate amplissimi philosophorum ordinis in aima littcrarum unîversi- 
tale Friderica Guilelma, ad summos in philosophîa honores rîlc capessen- 
dos, die XXIV M. januarii A. MDCCCLXIII publiée defendet auctorFridc- 
ricus Pétri, berolinensis. In-8** de kl pages. Berlin. 

Celte thèse est dédiée à M. AL Braun. L'auteur y poursuit un double but: 
il éludie la morphologie des Armeria et les caractères sur lesquels on a divisé 
le genre en espèces qui lui paraissent trop nombreuses. Le premier chapitre 
est intitulé : De révolution du scape et de la gaine; M. Pclri y décrit des 
observations organogénîques intéressantes. Le cône qui produira riiiflores- 
cence donne d'abord naissance, un peu au-dessous du sommet, à trois gib- 
bosités qui se développent et dépassent bientôt l'extrémité du cône, lequel 
s'étrangle à sa base; plus tard, se prononcent au sommet de l'axe les rudi- 
ments des folioles intérieures de l'iuvolucre, qui sont promptement dépassés 
par ceux des folioles extérieures. C'est alors seulement qu'apparaissent dans 
les folioles extérieures les premières traces des vaisseaux spiraux, et quand 
les folioles extérieures égalent en longueur la bractée portée par le scape, on 
voit se dessiner la gaîne. Beaucoup d'opiuions ont été produites sur la nature 
de cette gaîne. M. Pétri rappelle celles de M. Alph. De Candolle, de Koch, de 
Dœll et de quelques autres auteurs ; il pense que la gaîne est produite par un 
anneau qui naît de la partie dorsale des trois pièces extérieures de Tinvolucre , 
on peut, selon lui, observer qu'elle est bilobée ou trilobée a l'origine. Quant 
aux fleurs et aux bractées-mères, elles apparaissent sous forme de petits mame- 
lons, et persistent dans cet état jusqu'à l'entier développeincnt de la gaîne, 
lequel cesse lorsque cet organe a atteint au plus la longueur de 2 pouces. 
L'auteur s'occupe ensuite de la structure anatomique delà lige et des organes 
foliacés portés par elle ; il insiste beaucoup sur l'analogie que présente Fépi- 
dcrme de la gaîne muni de stomates sur ses deux faces, avec celui de la face 
externe des folioles de l'involucic, et sur la distance et l'épaisseur relatives 



I 



REVUE niBLlOGRAPlUQUE. 2/il 

des vaisseaux fibro-vasculaires qui constituent les nervures des feuilles. — Le 
deuxième chapitre traite de rinfloresceuce des Armeria^ qui, selon l'auteur, 
n*a pas encore été bien expliquée. Elle est formée, dit-il, par la répétition de 
cyines composées hélicoïdes, à sympode très-court, dont les éléments sont dos 
cymes scorpioïdes (glomérules) placées par deux, trois ou quatre à Taisselle 
des bractées florales souvent avortées et munies de bractéoles ou préfeuilles, 
regardées à tort par certains auteurs comme les bractées de la cyme totale. 
L'involucre qui entoure cet ensemble floral offre des éléments disposés comme 
les feuilles delà tige, suivant le cycle 5/13, et qu'il ne faut pas, dit 3]. Pétri, 
prendre pour des bractées, puisqu'ils ne supportent point de fleurs à leur 
base. Il étudie longuement l'ordre d'épanouissement des fleurs, au sujet du- 
quel il combat les idées émises par Ebel. D'après M. Pétri, les trois cy nies les 
plus extérieures s'épanouissent les premières, du moins dans les cas les plus 
ordinaires. Le chapitre de l'inflorescence se termine par la mention d'une 
monstruosité qui a offert à l'auteur un capitule entouré de son involucre et 
de sa gaine, et exhaussé par l'allongement du scape au-dessus d'un autre 
învolucre doublé d'une autre gaîne. — Le chapitre troisième contient la 
monographie du genre Armeria. Ici M. Pelri rappelle d'abord les. diffé- 
rentes manières de voir de plusieurs botanistes sur la constitution des espèces 
dans ce genre. Il montre que l'on a accordé, à ce point de vue, beaucoup trop 
d'importance à la forme des feuilles, à la longueur du pédicelle comparée à 
celle du tube calicinal, ainsi qu'à d'autres caractères. Il en arrive à rassembler 
en une seule espèce, Armeria vulgaris "Willd. , toutes les formes allemandes 
que M. Boissier a acceptées ; il décrit celte espèce avec ses \^Tiétésplantaginea, 
elongatùy maritima et alpîna et avec un grand nombre de sous-variélés. 

^ 

Un appendice donne quelques détails sur la vie et les études antérieures de 
l'auteur. 



E. F. 



Observations sur l'org:aiiisatlou des fleurs dans le ^enre 
iif»oc|fftt«tn/par M. H. hiiWon [Adansonia^ t. III, pp. 8-11). 

F 

Dans cette note, l'auteur insiste principalement sur l'insertion delà corolle, qui 
est périgyne dans le ^^nveApocynum^ tandis que l'insertion est hypogyne dans 
la plupart des autres genres de la famille des Apocjnées. Il rappelle les nombreux 
exemples de variations analogues que l'on rencontre dans le règne végétal. 



E. F 



Or^anog;énie florale des Cordiaeées; par I\I. H. Bâillon {Adan- 
Sonia, t. III, pp. 1-7). 

Dans ce travail, M. Bâillon nous apprend que les genres Cordia et Helio- 

• tropium sont conformés exactement sur le même type floral, ayant tous deux 

un style qui se divise en quatre lobes et un ovaire biloculaire dont les loges 



T. X, 



17 



2A2 



FRANCE 



primitives sont partagées en deux par une fausse-cloison, de façon qu*on y 
trouve plus tard quatre loges bi-ovulées. M. Bâillon propose de diviser les 
Borraginées en deux groupes : les Borraginées proprement dites de tous les 
auteurs, et les Cordiacées, subdivisées en Cordiées, à embryon replié sur lui- 
même et dépourvu d*albumen, Héliotropiées, à embryon non plissé, dépourvu 
d'albumen, et Tournefortiées, à embryon entouré d'un albumen. Une planche 



r^ 



E. F. 



Plantes eryptosamcs cellalaires du département de 
Saâne*et-IiOire^ avec des tableaux synoptiques pour les ordres» les fa- 
milles, les tribus et les genres, et la description succincte de plusieurs espèces 
et de beaucoup de variétés nouvelles recueillies par l'auteur ; par M. Grognot 
aîné. 1 voK in-8° de 296 pages. Autun, chez Dejussieu, 1863. Prix : 6 f r. 

r 

Cet ouvrage commence par un avant-propos où Tauteur'trace, dans le dépar- 
tement de Saône-et-Loire, trois régions assez tranchées par leurs caractères 
botaniques : celle des montagnes granitiques, porphyriques et arénacées du 
Alorvaii, celle des coteaux de calcaire jurassique et de terrain à gryphées, et 
celle de la vaste plaine où coulent la Saône, le Doubs et la Seille. 



composer 



corps 



un 



tribus et l'autre des genres. Chaque genre est ensuite étudié, les espèces en sont 
énumérées, et les localités où elles ont été trouvées dans le déparlement 
soigneusement indiquées. L'auteur a en général conservé les grands genres 
admis par les anciens cryptogamistes [Hypnum^ Polytrichum^ etc.). Dans le 
chapitre qui traite des Hépatiques se trouve un tableau spécial conduisant à 
la détermination difficile des espèces du genre Jungermannia^ conservé par 
l'auteur dans toute son extension première. On remarque parmi les Lichens 
l'indication d'un très-grand nombre de variétés, dont beaucoup créées par l'au- 
teur, et même de quelques espèces nouvelles, comme les Lecanora mutabilis, 
L. atto-fusca^ Lecidea Carioni^ L. fuseo-violacea^ Verrucaria viridi-atra^ 
V. dendritîca^ V. metatloidea, V. tristis, etc. Les Fonginées sont divisées en 
Hypoxylées, Urédinées, Mucédinées, Lycoperdacées et Champignons propre- 
ment dits. On remarque un tableau synoptique des Sphérîacées. Ici encore 



ipè 



tenerrimum 



Omithogali^ Spk. suhseriata^ Sph. Comarî^ Asteroma 
confervoides^ A. immaculatum^ A. gallicola^ A. Pomariœ^ A. Donacis^ A* 
Trifoliit A. latebrarum^ A. confusum, Phacidium Aconiti^ Ph. galUcola^ 
Ph. Tremulœ, Ph. Populorum^ etc., etc. Les genres des Urédinées, des 
Mucédinées, des Lycoperdacées et des Champignons sont distribués en tableaux * 



synoptiques 



pouf 






I 

I 



I 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



2^3 



\eSclerotiumClavu8 l'opinion ancienne, el dit que celle espèce produit diffé- 
rents ClavicepSf selon les espèces sur lesquelles on la rencontre. Les Phycées, 
auxquelles est encore consacré un tableau, ne contiennent pas moins de trente- 
huit genres. 



E. F. 



Prodromas florœ uovo-g^ranatensis ; auctoribus J. Triana et 
J.-E. Planchon; Lichenes seu Lichenographiœ novo-granatensis prodro- 
mus, scripsit W. Nylander {Ex Actîs Societatis Scientiarum fennicœ, 
L VII, janv. 1863); tirage à part en brochure in-i** de 90 pages, avec 
deux planches gravées. Helsingforsîae. 

I 

On trouve dans ce nouveau travail de Téminent lichénographe, non moins 
précieux par lui-même que par la nouvelle qu'il donne en s*annonçant comme 
le début d'un ouvrage important, une introduction où l'auteur expose les 
sources où il a puisé, un catalogue, dressé par ordre de numéros, des Lichens 
renfermés dans les collections de M. Lindig, puis l'énumération méthodique des 
Lichens de la Nouvelle-Grenade, accompagnée de l'indication des synonymes 
et des lieux d'origine de chaque espèce, et complétée souvent par de précieux 
détails sur leur organisation. 

Plusieurs espèces, n'étant suivies que du nom de M. Nylander sans autre 

indication bibliographique, nous paraissent devoir être considérées comme 

nouvelles ; entre autres les Collema coccophylloides, C. implicatum^ Rama- 

lina bojotensis^ Sticta peltigerella^ Parmelia reducens^ P. osteoleuca^ 

Lecanora crocantha^ Z. conjungens^ Z. russeola^ L. subferruginea^ Z. pat- 

Itdior^ Z. erythroleucay Z. erythroleucoides^ Z. insperata, Z. diplinthia^ 

Z. colobînoideSy Z. erysiphœa, Z. inœquata^ Z. mesoxantha, Z. conci- 

lianSy L. multiferay Z. albo-atra^ Pertusarîa albidella^ P. achroiza, 

P.assimilans, P. rhodostoma, P. tuberculifera^ P. confundens^ P. pycno- 

phora, Thelotrema sphînctrinellum^ Th. mîcroporoideSy Th. lœvigans. 

Th. albidum, Th. Auberianoides, Th. leucomelanum^ Th. gîyphicum^ Th. 

leucocaipoides^ Th. develatum. Th. epîtrypum^ Th. metaphoricum, Lecidea 

sororiella, etc., etc. Le fascicule se termine par l'explication des planches, où 

sont figurés dans quelques-uns de leurs détails beaucoup des Lichens étudiés 

par Fauteur, et par une table alphabétique des espèces signalées dans le livre, 

B. F. 



-a^nvonii Bert olonii Flora italica erjptogs^ma ; pars secunda, 

fasciculus 1 ; in-S*^ de 128 pages; Bononiae, 1862. Paris, chez J.-B. Bail- 
Hère et fils. 

I^ Flore cryptogamique italienne de Bertolonî, commencée en 1 858, compre- 
nait déjà quatre fascicules in-S** renfermant 662 pages de texte, et traitant des 
Equisétacées, Lycopodiacées, Fougères, Mousses et Hépatiques, avec de très- 



244 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE 



rage 



d'hui continué tout à fait siir le même plan; le nouveau fascicule paru a rap- 
port aux Algues, dont l'étude n'y est cependant pas terminée, aussi nous 
réservons-nous de revenir ultérieurement sur ce sujet quand le travail de 
M. Bertoloni sera plus avancé. 



E. F. 



'% * 



IVof icc sur an Chanipig;non nouveau [Kickxella alabastrina) 
Cms; par M. Eug. Coemans [Bulletins de la Société royale de botanique 
de Bdgique, t. I", p. 155-159). 

Ce nouveau genre appartient aux Hyphomycètes; il présente un mycélium 
rameux, caché dans la vase, donnant naissance à des pédicelles dont le som- 
met semble d'abord se préparer à former un sporange, puis se divise en 1?,- 
nières régulières à la manière des Geaster^ s'aplatit et s'épanouit pour former 
une étoile à sept, neuf, dix, douze pu treize rayons, qui porlent les spores 
acrogènes du champignon ; quelquefois on rencontre sur les mêmes pieds des 
pédicelles surmontés d'une petite vésicule sporangiforme qui se trouve pla- 
cée entre les rayons et qui forme le prolongement de l'axe de la tige. Elle 
renferme de dix à vingt grosses spores en tout semblables à celles des Mucori-r 
nées ordinaires; mais il faut bien remarquer que l'auteur ne présente cette 
dernière observation qu'avec doute. 

E. F. 



Note on MnacatÊ^icHuÈn chuÊ*i€B»*9M$n Kanze 



Kunze) 



/ 



j 

Cette note est destinée à décrire un Champignon microscopique qui se ren- 
contre généralement sur le papier ou la paille humide, et qui a déjà été 
figuré par Kunze et par Corda, le Myxotrichum chartarum Kunze, Actino- 
spira chartarum Corda. M- Church en 4onne encore i^ne gravure; il a pu en 



pbserver les sporesu 



E- F. 



PALEONTOLOGIE VÉGÉTALE. 



"I 

I!lora sarseponfana fossilis; die Pflanzenversteinerungen desi 
Steinkohlengebirges von Saarbruecken, mit Beruecksichtigung der Kohlen- 
pflanzen anderer localitaelen {Flore fossile de Saarbrueck; pétriGcations vé.- 
gétales du terrain houiller de Saarbrueck, avec un aperçu des plantes du 
terrain houiller d'autres localités); par lM. Friedrich Goldenberg. Troi- 
sième livraison, contenant les genres fossiles Stigmaria, Diploxylon^ Lq- \ 
matophloios et Lepidophloios. In-/i° de Ul pages, avec six planches gravées- 

yoîci les noms des espèces décrites et figurées dans celte livraison : Stigr 



I 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 2^5 

maria confertq Çord. , St. rimosa Goldenberg, St. ficoides Brongn. , St. 

M 

mabathra Cord. , Diploxylon cycadeoideum Cord, , D. anabathra Gold. 
(Isoétées), Lomatophloios crassicaulis Cord., Z. intermedius Gold.» Lepi- 
dophloios laricinus Sternb. , L. macrolepidotus Gold. 

Ces espèces sont Tobjet chacune d'une diagnose écrite en latin et d'une 
desciîplion écrite en allemand. Les planches annexées les représentent avec 
de grands détails dans leur aspect et sur des coupes pratiquées en sens 



flivers. 



E. F. 



8«ille plaute fosslll del trias dl Recoaro raccolte dall profes- 
sore A. Wassalongo, osservazioni {Observations sur les plantes fossiles du 
trias de Recoaro^ récoltées par le professeur A. Massalongo); par M. le 
baron Achille de Zigno (extrait des Mémoires de V Institut vénitien^ 

r 

t. XI) ; tirage à part en brochure in-i** de 31 pages, avec dix planches 
Hthographiées. Venise, 1862, 

h 
L I 

Les fossiles dont il est parlé dans ce travail appartiennent aux genres ^ywt- 
setites^ CaulopteriSt JE'thopht/llum^ Echinostachys^ Taxodites^ Araucarites^ 
Haidingera et Taxites. On V trouve la description de plusieurs espèces nou- 
velles, signées de MM. Massalongo ou de Zigno; des fragments en ont été 
reproduits dans les lithographies annexées à ce mémoire. 



E. F. 



BOTANIQUE APPLIQUÉE. 



Pomo1og;ie de la France^ ou Histoire et description de tous le$ 
fruits cultivés en France et admis par le congrès pomologique institué par 
la Société impériale d'horticulture pratique du Rhône. Paris, chez F. 
Savy, 1863. ^ 



r r 

Cet ouvrage doit paraître par livraisons mensuelles ; cinq en ont déjà été 
publiées au moment ou nous écrivons. On y trouve la description et les 



H 



de Poires: Beurré-Giflard, Passe-Colmar, 



Broom-Parck, Auguste-Jurie, Doyenné d'hiver, lîergamotte-Espéren, Beurré- 
Diel , Bon-Chrétien -Napoléon , Ananas, Alexandrine-Douillard, Beurré- 
Cjairgeau, Beurré d'Hardenponl, Fondanle-de-Charneu, Fondante-de-Noel, 
Beurré-de-Luçon, Duchesse-d'Angoulême , Bon-Chrétien-AVillam's , Curé, 
Marie-Louise-Delcourt , Colmar-d'Arenberg , Louise-Bonne-d' Avranches , 
3.eurré-Six, Beurré-d'Apremonl, Fondante-des-bois, Baronne de Mello, 
Beurré-Sterckmans, Triomphe-de-Jodoîgne et Poire-Seigneur (Espéren), 

Les articles où ces fruits sont décrits sont signés par M. "Willermoz, secré- 
^irc du congrès pomologique et du comité de rédaction. 

" • ^ * E. F. ■ 



2A6 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



IVcfV american remédies ; Sanguinaria canadensis 1,. '» h\ooà root, 

r 

puccoon, îndian paint; — Sarracenia purpurea L.; îndian cup, side-saddle 



flo wer ; 
neum AVilld. ; 



/i 



toothache shrub ; Ptelea trifoliat 



f^ 



trefoil, wafer ash. — Nouveau 



n 



/? 



Willd. , frêrie épineux; le Ptelea IrifoliataZ. , trèfle 



frêne 



journal, vol IV, ii« 6, pp. 263-269; n<> 7, pp. 294-302 ; n° g, pp. 353- 
357 ; n^9; pp. 399-407 ; n° 11, pp. 494-498); 1862-63. 



Nous devons faire connaître succinctement à nos lecteurs la suite des inté- 
ressants travaux de M. Bentley sur les médicaments d'origine américaiiie. 
Le Sanguinaria canademis L. est plus anciennement connu que les autres 
plantes étudiées par Tauteur, pour son emploi dans l'alimentation et dans la 
teinture aussi bien que pour ses propriétés drastiques et emménagogues. 
Aussi renverrons-nous à l'article cité pour les détails qui le concernent, ana- 
logues à ceux que donne M. Bentley au sujet des plantes qu'il a déjà étudiées. 
Nous noterons, en passant, que dans le Sanguinaria, qui est une Papavéracée, 
les chimistes [ont trouvé, outre la sanguinarine, sorte d'alcaloïde spécial, 
la porphyroxine, qui a déjà été rencontrée dans l'opium ; d'ailleurs la sangui- 
narine de Dana paraît identique avec la chélérythrine, découverte par Probst 
dans le Chelidonium majus. — Le Sarracenia purpurea a été, dans ces der- 
nières années, préconisé comme un remède excellent contre la variole ; l'ana- 
lyse chimique n'a pas encore été faite d'une manière complète. — Quant au 
Dicentra, c'est la souche tubériforme qui en a été employée dans la syphilis 
et certaines affections de la peau ; cette souche est globuleuse à Téiat frais, et 
plus ou moins déprimée et ridée, quand elle est sèche, à l'une de ses extrémités, 
d'où naissent des branches souterraines : la couleur en est d'un brun terne ; 
elle contient de la fécule quand elle est récoltée au printemps. M. Wenzell, 
chimiste de Philadelphie, y a trouvé de la corydaline, de l'acide fumarique, 

w 

une résine acre, etc. La corydaline, purifiée par des cristallisations successives*, 
présente de petits prismes hyalins à quatre faces, solubles dans l'alcool, l'éther 

^^ r 

et le chloroforme, mais insolubles dans l'eau. M. Wenzell a conclu que cet 
alcaloïde est identique avec celui que Wackenroder a extrait des Corydalis 
Europe. — Ce sont l'écorce et les fruits du Xanthoxylon qui sont employés 
pour l'usage médical. On remarque sur la surface des fruits, comme sur le 
bord des feuilles de cette plante, des vésicules chargées d'une huile essentielle. 
L'écorce ressemble un peu à l'écorce de la racine de Grenadier. On en a, bien 
entendu, retiré un alcaloïde, la xanthoxyline. MM. Chevallier et Pelletan 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 247 

avaient déjà extrait la xanthopicrite du Xanthoxylon Clava Hercuîis L. M. 
Bentley, fondé sur les analyses de M. Perrins, regarde ces deux principes 
comme identiques avec la berbérine, qui a déjà été observée dans des plantes 
de diverses familles (1). Il paraît que dans le commerce ou rencontre plusieurs 
espèces de Xanthoxylon mêlées ensemble, mais ayant peut-être des propriétés 
différentes. L'écorce de Xanthoxylon est excitante et sudorifique ; le docteur 

w 

Wood en a comparé l'action à celle des Dapbnés et du Gaïac ; on l'emploie 
beaucoup dans le rhumatisme chronique, et on Ta aussi essayée contre le cho- 
léra. Il paraît que ces propriétés se trouvent concentrées à un haut degré dans 
rextrait hydro-alcoolique de Técorce, sorte d'oléo-résine nommée xan- 

m 

ihoxylin; on fait encore une teinture alcoolique avec l'écorce et avec les 
fruits; dés pharmaciens de New- York ont aussi extrait Thuile essentielle de la 
plante. — Le Ptelea trifoliata L. possède des fruits aromatiques, des tiges 
qui, jeunes et vertes, passent pour anthelminthiques, et une racine dont l'écorce 
a des propriétés toniques, employées dans les fièvres d'accès. On en a retiré 
une oléo-résine nommée ptélein , c'est un extrait d'un brun jaunâtre acre 

T 

et piquant au goût, conservant Todeur particulière de la racine. 

E. F. 



+. 



IVote on tbe ordeal beau off Calabar, Physostigma venènosum 
Balfour {Note sur la Fève-épreuve du Calabar ^ Physostigma venènosum 
Balf.); par M. Daniel Hanbury {Pharmaceutical journal ^^oh IV, n** 12, 
juin 1863, pp. 559-561). 

Le Physostigma^ genre nouveau créé par M. Balfour dans les Transactions 
de la Société royale d'Edimbourg^ vol. XXII, p. 305, appartient à la famille 



disting 



recouvre 



+ 

du hile qui occupe la nioitié de la longueur delà graine; il se sépare du genre 
Mucura par les caractères de sa fleur et de son ovairCj et du Cattavalia par 
ses étamines diadelphes et d*autres caractères. C'est une herbe volubile de 
l'Afrique occidentale, dont les graines contiennent, outre de l'amidon et de la 
légumine, de 1 à 3 pour 100 d'huile fixe; l'extrait alcoolique que l'on en ob- 
tient exerce une très-remarquable action sur la pupille, dont il provoque la 
contraction ; cette propriété a été étudiée déjà par plusieurs observateurs, 
notamment par M. Christison [Pharmaceutical journal^ vol. XIV, p. (i70), 
et plus récemment par M. Robertson dans YEdinburgh médical journal^ 
mars 1863. Ces graines, extrêmement vénéneuses, sont employées dans le pays 
pour reconnaître les coupables auxquels on en fait manger quelqucs*unes en 



échappe 



importe 



(1) Voyez le Bulletin, t. IX, p. 493. 



2â8 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



principe vénéneux de ces graines, ce ipiî permet quelque subterfuge dans Ja 



pratique 



E. P 



NOUVELLES. 



M. George Schweinfurth (de Berlin), connu par une étude des plantes 
rapportées de la haute Egypte par M. Rob. Hartmann, est sur le point de 
partir pour un voyage botanique en Abyssinie. 



BIBLIOGRAPHIE. 



• t 



■K ■■ 



Stanislas Julien. Mémoire sur la plante textile Tchou-ma \Urtica nivea)i 
Mémoire sur la plante textile Ko {Dotichos bulhosm). 

Rochussen. Culture du Quinquina à Java {Bulletin de la Société d'acclima- 
tation, 1863). 

A plain and easy account of british fuhgî ; with description of the esculenl 
and poisonons speciesr détails of the principles of scientific classiûcation, 
and a tabular arrangement of orders and gênera {Étude simple et facile des 
Champignons d' Angleterre y avec la description des espèces comestibles et 
vénéneuses, des détails sur les principes de leur classification scienti- 
fique et un tableau synoptique des ordres et des genres de ces vég€taux)i 
par M. M.-C. Cooke. Avec vingt-quatre planches coloriées. Londres,' chez 
Robert Hardvvicke, Piccadilly, 1862. 

Note sur les fleurs des Schizandrées ; par M. H. Bâillon {Adansonia, t. IN, 
pp. ft2-iZi). 

Ueber eine Missbildung von Cirsium arvense Lam. {Sur une déformation du 
Cirsium arvense Lam.); par M. A. Pelunoikoff (5w//e^m de la Société 
des naturalistes de Moscou, 1862, n° IV, pp. /469472). 

Beobachtungen ueber den Anfang der Bluethezeit einiger în der Umgegend 
Kirsch inew's vorkoinmondeu Pflanzen, nebst meteorologischen Angaben 
fuer die Jahre 1859 et 1860 {Recherches sur l'époque de floraison de 
quelques plantes qui se Rencontrent dans les environs de Kirschinew, avec 
des données météorologiques pour les années 1859 et 1860) ; par M. Al. 
Dœgningk {Bulletin de la Société des naturalistes de Moscou, 1862, 

-iiMV, pp. U3-i9a). 



r m " J 



f 



Paris. 



Imprimerie de E. Maatinbt, rue Mignon, 2. 



I 



V 

f 



SOCIETE BOTANIQUE 



DE FRANCE 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 






PRESIDENCE DE 31. E. COSSOX 



M. Éd. Bureau, vice-secrétaîro, donne lecture du procès-verbal 
de la séance du 24 avril, dont la rédaction est adoptée. 

Par suite des présentations faites dans la dernière séance, M. le 
Président proclame l'admission de : 

MM. CouRCiÈRE (Paulin) , professeur de physique au lycée .de 

Nîmes (Ciard), présente par MM. S. de Salve et de Schœ- 
nefeld: 

Grosjean, ancien pharmacien, à Fismes (Marne), présenté 

F 

par MM. Chatin et Bocquillon. 

L 

F * 

V 

M. le Président annonce en outre une nouvelle présentation. 



, Dons faits à la Société : 

1" De la part de M. Choulette : 

Fragmenta flovœ algeriensis ùxsiccata^ 5^ ceniurie. 

> 

2° De la part de M. W. Nylander : 

Circa Lichenes Armo7Hcœ et Alpium Ddphinatus ohservafiones. 

r 

3° De la part de la Société d'Horticulture et d'Arboricullure de 
la Côte-d'Or : 



Bulletin de cette Société, janvier- février 1863. 



T. X. ' 



18 



250 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

h^ En échange du Bulletin de la Société : 

Pharmaceutical journal and transactions^ mai 1863. 
L'Institut^ avril et mai 1863, deux numéros. 

j 

M. À. (îrîS, secrétaire, donrte lecture clê la coittmbnic&tlon sui- 
vante, adressée à la Société : 



I - 



ANNOTATIOiNS SUR QUELQUES SEDVM DE FRANCE, par M. Cb. CîRE^^lEB. 



(Besançon» avril 1863.) 

Le genre Sedum, tel qu'il a été exposé dans notre Flore de France, ré- 
clame déjà d'assez uoifibrcùses ttiodificalioill Pendârit lëfe douze années qui 
se sont écoulées depuis sa publication, de soigneuses et intelligentes recher- 
ches, pratiquées sur presque tous lés points de la France, d'importants docu- 
ments édités en Europe par d'éminents botanistes sont venus jeter la lumière 
sur bien des questions litigieuses, et en cherchant aujourd'hui à résumer 



Âes. mon but est tout a la fois d 



ppîémeiit c|U 



la Flore de France. 



u 



SediîM TelepBIDM L. Sp. 616 (eXcL Var.), et FL sUèc. 152; Pries, 
Summ. 40 et 178. S. maximum Sut. Helv. I, ^70; G. G. FI. Fr. I, 
617. S. latifolium Bertol. Am. îfaL 366. 

Obs. — Je pense maintenant qu'il y a lieu de rétablir la synonymie de cette 
espèce ainsi que je viens de le faire. Les botanistes suédois ont adopté celte 
manière de voir, et les plantes qu'ils envoient militent en (^aveur de celte opi- 
nion. Enfin les observations de M. Pries {Summ. 178) me paraissent si con- 
cluantes, que je ne puis résister au désir de les reproduire : « Unicam modo 
» e Telephiis in Suecia omni et Norvegia liabemus speciem vere indigenam, 
i> eaindemque excepta Lapponia ubiquitariam, nempe Sedum maximum, 
» quod absque dubio est S. Telephium L. , et valde dubitamus an aliud 
» Linnaeo cognilum fuerit. » 

Wahlenberg, dans son Flora upsatiensis^ de même que dans son FL 
suecica, ne signale, dans ce groupe, qu'une seule espèce commune en 
Suède, et qui est, à n'en pas douter, la plailtë Vue et flécdté par Linné sous 
le nom de S, Telephium. Or ce S. Telephium L. est précisément la plante 
à laquelle Suter 3 èortiié le îlOrti de S. maximUm, Sprês avoir Jjrëalabîement 
transporté le nom de S. Telephium aux S. purpurascens et S. Fabaria 
koch. 

Il me paraît donc qu'il y a toul lieu, dans ce cas, de revenir a la déflôlnî- 
nation linnéenne. 



I 



i 1 ^ 



SÉANCE DU 8 MAI 1863\ î 251 

' Sedum purpurascens Koch, Syn, 28^. S. TelephiumG. G. FL Fr. I, 618. 
Obs, — Le changement de nom que nous imposons a cette espèce, est, 
comme on le voit, une conséquence forcée Je l'arlicle précédent 

La géographie de celle espèce, tantôt confondue avec le Sedum précédent, 
«mot avec le suivant, est entièrement à refaire. Je me bornerai à dire que 
celle plante est rare dans le Jura, tandis que la suivante y est très-commune, 
depuis la plaine jusque sur les sommités. 



Sedum Fabâria Koch, Syn. 281; G. G. FI. Fr. I, 618. 
- Obs. — La plante du Jura concorde assez exactement avec la description 
de Koch; elle en diffère cependant : 1° par l'époque de la floraison, qui est 
ici la mtMDe que celle du S. pwpurascem, au lieu de devancer d'un mois celle 
de ce dernier ; 3^ par les pétales que j'ai vus ordinairement recourbés et non 
plans, comme le dit Koch. Il est vrai que Koch, dans une note, ajoute que 
|W deux plantes sont identiques pour la forme des pétales, ce qui me semble 
impliquer idenlilé de courbure dans les deux espèces. En résumé, malgré 
ces deux petites différences, je crois que noire plante du Jura est bien la 
même que celle de la Flore d'Allemagne, Qi je n'hésite point à les réunir 
rôus une même dénomination. 



Sedum mtoreum Guss. PL rar. 185, tab. 37, f. 2, et Syn. I, 520; 
Bertol. Fi. itaL IV, 697. —Plante annuelle, très-glabre. Tige de 2-8 cent., 
ord. rougeâtre, ainsi que les feuilles, dressée, souvent rameuse dès la base et 
à rameaux ascendants. Feuilles épaisses, les premières subipatulées, les sui- 
vantes ellipsoïdes, subclaviformes, un peu aplaties en dessus, obtuses, prolon- 
gées en éperon à la base, rapprocbées en rosette. Fleurs sessiles, unilatérales, 
disposées en 2-3 cymes scorpîoïdes (parfois réduites a 2-3 fleurs) formant uii 

r 

Corymbe terminal. Pétales d'un jaune pâle, lancéolés, aigus, mucronés, éga* 
lartl ou dépassant un peu les sépales obtus. Étamines 5, rar. 10; anthères: 
d'un violet foncé. Carpelles 5, un peu divergents, lisses. Port du S. saxa- 
tile. Q. Mai. 

. fJab. — Lés Sables-d'01onne{il/ariV/iâ/^/./oyrf); Marseille, sur les rochers 
des bords de la mer, au vallon des OQb {Biaise et lioux). 

Obs. — En 1848, époque où je publiai les Sedum de la Flore de Frayicc, 
l'espèce dont il s'agît ici ne m'était point connue comme plante française; je 
dus donc n*en faire aucune mention. Ce ne fut qu'en 1851 que M. Lloyd pu- 
blia son S. Marichalii, dans ses Noles^ page 13; puÎ5, dans sa Flore de 
l'Ouest, qui parut en 1854*, il reproduisit sa description amendée par une 
étude plus complète de la plante. 

Ce fut en 1854 que M. Lloyd, sur ma demande, m'envoya des graines de 



Pt de l'étudier vivante. 



pb 



4- 



252 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Si j'avais désiré voir vivante cette espèce, c'est qu'en 1852 j'avais reçu de 
JVIM. Biaise et Roux (de Marseille) un Seduin sans nom, dont je soupçonnais 
l'identité avec celui de M. Lloyd. 

Lorsqu'au printemps de 1855 je vis la belle végétation du semis provenant 
des graines de M. Lloyd, j'écrivis à M. Biaise de m'envoyer des rosettes du 
Sedum marseillais. Ce zélé botaniste s'empressa de satisfaire à ma demande, 
et les jeunes rosettes que je reçus de lui, mises en terre, me donnèrent leurs 
fleurs presque en même temps que celles de Nantes, Il me fut donc facile de 
constater l'identité des deux plantes. 

Il n'y avait' plus à douter, l'espèce de Nantes était certainement la même que 
celle de Marseille, Je regrettais cependant de n'avoir point envoyé à M. Lloyd 
la plante de cette dernière provenance. En 1856, je réparai cet oubli et 
j'adressai a M. Lloyd quelques pieds fleuris de la plante de Marseille, dont 
plusieurs rosettes très-jeunes et relardées sans doute par la transplantation ne 
fleurirent qu'en 1857. Dans une lettre, en date du 27 mai de la même année, 
M, Lloyd mo répondit qu'il reconnaissait l'identité des plantes de Marseille et 
de Nantes, et me renvoya même dans sa lettre un exemplaire fleuri de la 
plante de l'ouest. On le voit, un plus sévère contrôle n'était pas possible. 

En 1857, M. Letourneux envoya a M. Billot, ce botaniste si regretté, le 
Sedwn desSables-d'Olonne, afin de le faire éditer dans les centuries, M. Billot 
soumit cette plante à mon appréciation ; je la lui retournai avec le nom de 
S. ///orc^///^ Guss., accoznpagné de celui de S. Marickalii Lloyd, comme 
synonyme, et c'est sous celte appellation que la plante parut dans les ^xnc- 
£*«/a de Billot, au numéro 2266. 

Un seul doute pouvait subsister encore. La plante de Marseille et de Nantes 
éfaît-elle bien celle de 31, Gussone? Je m'adressai à l'auteur de la Flore de 
Sicile, et, dans un riche envoi qu'il me fit en 1859, je reçus deux exemplaires 
du S. lùoreum^ qui achevèrent de dissiper mes derniers doutes. C'est donc 
avec une entière confiance que j'inscris le nom de cette plante parmi ceux des 
espèces françaises. 

Sedum sexangulare L. Sp. 620. S. èolomenseLoln. Nof. 17 ; G. G. FL 

Fr. I, 626. 5', insipidum G. Bauh. ap. Godet, FL Jur. 251. 
, Obs. — Ce n'est pas sans hésitation que j'avais adopté, dans la Floi^e de 
France^ le nom de S, boloniense, et je dois ajouter que le moment du regret 
ne se fit pas longtemps attendre. C'est donc avec empressement que je rends^ 
à cette plante le nom qu'on lui avait induement enlevé pour lui en substituer 
un qui a le double inconvénient d'abord de déroger au droit de priorité et 
ensuite d'imposer le nom d'une localité, on ne peut pas plus restreinte, à une 
plante répandue dans la plujç- grande partie de l'Europe. Aussi, dès 1854, je 
cherchai à renouer la tradition linnéenne, en éditant cette plante dans les cen- 
turies de Billot, n*' 361 ^r^^sous le nom de S. sexangulare L. J'avais >» 



^ 



i 



I 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 253 

_ _ X 

alors étudier des écliauiilloiis suédois et constater leur identité avec la plante 
française; les exemplaires publiés par M. Pries, dans son Herbarium nor-* 
male^ fasc. 9, a'' 63, ne laissent aucun doute à cet égard. L'unique objection 
qtie l'on puisse faire à cette déduction serait de supposer que Linné n'a pas 
connu la plante du bois de Boulogne, et que son S. sexangularc n'est qu'une 
forme de son S. acre. Or constatons d'abord que la plante des environs de Paris,, 
commune en France, se trouve également en Suède, sans itiodificalion aucune, 
et ajoutons qu'elle est abondante aux environs d'Upsal, d'où j'en ai reçu de 
nombreux exemplaires. Donc, dans l'hypotlièse précitée, il faut admettre que 
Linné, qui avait sous les yeux les S. acre et S. boloniense^ n'a point aperçu 
la plante nommée par Loiseleur S. boloniense, qu'il a élevé au rang d'espèce 
une variation insignifiante et presque imperceptible du S. acrc^ pendant qu'il 
foulait aux pieds, sans l'apercevoir, bien que mêlée aux deux autres, une 
plante que les botanistes les moins expérimentés distinguent a première vue^ 
Une pareille supposition ne me paraît pas soutenable, et, d'accord avec les 
botanistes de la Suède, je crois pouvoir légitimement conserver à cette espèce 
le nom de S> sexanguîare h. 

Sedum reflexum L. Sp. 618; G. G, FL Fr. I, 626, 



a 



. virescens : tiges et feuilles vertes; fleurs d'un beau jaune. 



(3. glaucescens: tiges et feuilles plus ou moins glauques; fleurs d'un 
jaune vif. — S. rupestre L. Sp. 618. 

y.' albescens : tiges et feuilles vertes ou glaucescentes ; fleurs d'un jaune 
plus ou moins pâle. — S. aWescens Haw. Rev. 28; G. G. FL Fr. 
1,627. 

L 

» J 

■_ 

r I 

j 

Obs. 1. — Le 18 juillet 1861, je trouvai pêle-mêle, au sommet de la mon- 
tagne de Roseniont près Besançon, deux Sedum, dont l'un, à feuilles vertes, 
était incontestablement le S. reflexum, si répandu dans notre contrée; Tau- 
tre, par sa teinte d'un glauque argenté intense, se distinguait nettement du 
premier et frappait l'œil à giande distance. Pour étudier plus facilement ces 
plantes, j'en rapportai de beaux et nombreux exemplaires que je plantai au 
jardin, cherchant ensuite, par une étude suivie, à déterminer leurs caractères 
disiinctifs. Mais, à part la couleur, il ne me fut pas possible de trouver entre 
eux la moindre différence. Je retournai sur les lieux, afin d'étendre mesinves- 

^ 

tigalions à un plus grand nombre d*individus, et là, dans un espace de quel- 
ques centaines de mètres, il me fut facile de rencontrer tous les intermé- 
diaires, toutes les nuances passant d'une forme à l'autre. Il devint alors 
évident pour moi que j'avais là deux formes d'une seule et même espèce, 
et que le S, rvpestre de Linné ne différait pas spécifiquement de son S. 
reflexum. . , 

tes pieds que j'avais replantas avaient été placés près d'une corbeille de 



V ;v* 



f 



254 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Pétunies, dont la vigoureuse végétation ne tarda pas à les recouvrir pre»qfie 
entièrement. Ce ne fut que vers le milieu d'octobre que le jardinier, en enle- 

h 

vant les Pétunies, leur rendit Tair et la luuïière. Mais alors quel ne fut pas 
mon étonnement en voyant, sur les pieds glauques, les tiges et les rameaux 
abrités par les Pétunies teints d'un beau vert uniforme et identique à celui du 
S, reflexum, pendant que la partie cxtorîenre et non recouverte de ces mêmes 
pieds avait conservé sa teinte glauque primitive, considérablement affaiblie il 
est vrai, mais encore très-distincte. Quelques pieds, entièrement recouverts, 
ne se distinguaient plus du 5'. reflexuni type. Ainsi, dansTespace de quelques 
m©is, la transformation d'une des formes dans l'autre s'était pleinement 

accomplie. 

J'étais bien désireux de savoir ce que seraient, l'année suivante, les jeunes 

pousses des pieds à teinte glauque. Au printemps de 1862, j'en abritai quel- 
ques-uns en les privant de soleil au moyen d'écrans, et ceux-là donnèrent 

des pousses qu'il me fut impossible de distinguer de celles du S. reflexuni 
ordinaire. Les autres, que j'avais laissés en pleine liberté, me donnèrent des 
pousses dont la teinte gardait une trace de couleur glauque, qui permettait* 
encore de les distinguer ; mais cette teinte n'avait plus rien de commun avec 
la belle couleur argentée qui les rendait si remarquables en 1861. Le caractère 
avait disparu et cette forme avait fait retour au type. 

En 1863, aucun des pieds h teinte glauque n'a repris la belle couleur argcn- 
tée: tous ont conservé leur couleur verte lavée d'une très-légère teinte glau- 
flue, qui me permet de reconnaître encore les pieds qui autrefois ont possédé 
ce caraj^tère à un très-haut degré. 

Pour eii finir avec cette teinte glauque, je dirai qu'elle est déposée à la sur- 
face de l'épiderme, comme la poassière pruineuse qui recouvre certaines 
prunes ; un frottement assez léger suffit pour l'enjevçr» et une immersion de 
quelques secondes dans l'eau bouillante la fait entièrement disparaître. 

De tous ces faits, il est, je crois, permis de conclure que la teinte glauque 
n*est pas ici suffisante pour fonder des espèces. 

. Obs. 2- — Tout ce que j'ai reçu de l'ouest et des Pyrénées sous le uom de 
^edum albescens, avait les feuilles vertes; mais je ne doute pas que cette forme 
n'ait aussi sa variété glauque. Le plus souvent les fleurs que j'ai vues étaient 
d'un beau jaune ; alors je n'ai pas su en quoi cette plante différait du S. re- 
fiexum^ et, potir mieux dire, elle a, dans ce cas, représenté à mes yeux le 
type de cette ornière espèce. D'autres fois, elle m*a présenté des fleurs très- 
pâles, qui au premier abord donnaient à la plante un aspect assez remar- 
quable. C'est cette forme que j'ai prise pour le véritable S. olbescens llaw,; 
je pense que je n'ai nul besoin d'insister pour faire admettre que c'est là ua 
caractère plus qu'insuffisant pour constituer une espèce et Oiême qu'il n'y a 
la qu'une minime variation, que j'aurais peut-être oublié de sigiialer si ou 
n'avait voulu l'ériger en espèce. 



i 1 



i 



' 



1 



X 



. SÉANCK uu 8 MAI iStJâ. 255 

,' Sf-WM Ef,EQ^N6 Lej, FI. ^pq, I, Î205 ; (5, G, jP/, />, I, 62g, 

Souche pt tige se comportant comme dans le S. reflewwn. Feuilles vertes ou 

glauques, charnues mais peu épaisses, comp^'imées et presque planes, linéai*- 
res, fortement cuspidées, plus longuement prolongées en éperon à !9 base; 
celles des rejets stériles étroitement imbriquées-appliquées ^i formant un cône 

renversé. Fleurs d*un jaune vif, subgessiîeg. s epanoui3;§ant §ur les rameaux 
relevés, disposées en cyuies scorpioïdes, toujours dépourvues de bractées. 
formant un corymbe recourbé avant Tanthèse; segments du calice plans et 
non épaissis aux bords pt au sommet ; étamines à filets glabres ; carpelles pe- 



à celle de la Flore de France.) 



^Descrip 



■ k 

a. glaucescens : tiges et feuilles glauques. — S. elegans Lej. et auct. 

8. virescens : liges et feuilles vertes. — S. aureum Wirtg. FL Pr, Rh. 
184, et pi. exsicc, n** 27, 

. Hab. — Commun dans les sols sablonneux et surtout siliceux, dans la ré- 
gion des Vignes, et sur le plateau qui la domine. Si Von trouve celte espèce 

^ w ^ 

r , 

en plein calcaire jurassique, c'est toujours s«r l'o^fordie» supéfiepr (çhailles) 
qui contient de 50 à 75 pour 100 de silice, 

Ob$.^Eii i861, j'ai reçu de MM. Lloyd, Boieau, Cbaboisseau et Cajlay 
des exemplaires vivants de S. elegans. Les plantes de Nanteip, d'4»g^rS| de la 
Vienne et des Ardonne§ avaient toutes plus ou moins la teinlfi glauque. Mises 
en pleine terre, je n'ai {^ns obtenu, m t862. qu6 4es pUntQS à Xmne glauqyg 
douteuse, et, en 1863, i! ne me reste pas un seyl pieil de S, elegans à îQjnte 
véritablement glauque; tous ont pris la teinle ygrte et se sont ainsi transfor^ 

mes en -S', aureum Wirlg. 

J'avais moi-même, en 1861, rapporté de la campagne de mon excellent 

iimi M A. Monnot-irbillewx, simée à I^ Chevillotlg, à jmglqne^ kilomètres 

de Besapçon, de magnifiques exempiaires de S^ elegans^ dont la bril- 
jante teinte argenlée provoquait l'admiration do« simples curieuï. Aujour« 
d'hui ils ont complètement perdu ce caractère : ils ont même pris une teinte 
d'un vert sombre qui forme un curieux contraste avec leur primiiif état. 
Il y a plus : AI. pavoux, à qui j'avais fait pan dp mc§ observations sur la 

■Variation des Sednm, b constaté un fait rjoi) moins întéressanl que les précé- 

éBn{%. Ce z^îlé botaniste avait rencoiUré \u S^ aureum en plaine, dans des prés 
aux bords de l'Ogiion, et jj l'avait transplanté dans son jardiii, où sa teinte 
verte s'était parfaitement conservée»; puis, voulant s'en débarrasser, il l'avait 
relégué sur un vieux mur. Pans celle nouvelle position, h plante passa de la 
couleur verte à la couleur glauque, et ^ïlf)^ aii|»i du S, ele(/on§^ pmàmt 
qu'une partie de la plante oubliée en place garda It teinte verte du S, aureum. 
Ainsi, en deux années, nous avons pu con^tjler sur le§ mêmes pieds la 
tràiïsformation de la forrne glauque à la verte et de la verte à la glauijiie. Ne 



5^6 SOCIETE BOTÂNIQUÏÎ DE FRANCE, 

Tésiittè-t-il pas de m que c'est dans la station que réside la cause principale de 
ces changements', que dans les sols fertiles et humides la plante manifeste une 
-tendance marquée pour la virescence, tandis que dans les sols secs et arides 
Elle incline à la slaucescence ? 






. Sedum anopetalum DC. Rapp. II, 80; G, G. FI. Fi\ I, 627. S. ru- 
pestre VilK Dauph. IIF, 679 (non L.). 

a, glaucesccns : tiges et feuilles glauques (forme-type), 

L 

' ' [3. virescens: tiges et feuilles vertes. — 5. Verloti Jord, in Bull. Soc. 

bot. Fr. VIT, 606.' 

Obs. 4. — Les fails constatés sur les S. reflexum et elegans me conduisent 
h- réunir le S. Verloti au S. anopetalum, bien que je n'aie point encore d'ex- 

I 1 - * > ■ i * 

périences directes pour appuyer cette opinion. Cependant j'ai déjà constaté 
qu'en plongeant le S. anopctaliun dans l'eau bouillante il perd instanlanément 
sa couleur glauque et qu'il prend si franchement la teinte verte, qu'il n'est 
plus possible de le distinguer du S. Verloti. Ainsi que dans les précédents, la 
couche pruineuse qui recouvre la plante est une sécrétion épidermique de na- 
ture cireuse, qui a peut-être pour effet d'atténuer i'évaporation dans les plantes 
qui végètent d'ordinaire sur des rochers arides et peu propres à leur fournir 
lLin<^ riche alimentation. 

Obs. 2. — Villars donnant à son S. rupestre des pétales dressés, il est évî- 
tient qu'il a eu en vue la plante dont je viens de parler, et, si l'on ne tenait 
compte que du droit de priorité, il faudrait substituer le nom de Villars à celui 
de De Candolle. Mais le nom de S. rupestre â donné naissance à tant de con- 
fusions qu'il me paraît utile de l'abandonner, afin d'éviter désormais toute 
équivoque. . 

En effel, Linné, dans la prenuère édition du Species (1753), n'admet que le 
S. rupestre, auquel il donne une variété (3. Dans le FL suecica (1755), p. 15^i 
il reproduit là même opinion ; mais dans Voppendix damême ouvrage, p. i63, 
il élève au rang d'espèce sa variété|3, sous le nom de S. reflexum, et il ne diffé- 
rencie les deux espèces que par la teinte, qu'il dit verte pour le S. reflexum, et 
glauque pour la S. rupestre. M. Fries, dans sqs Novitiœ, p. 135, confirme de 
tout point ces données et conclut à l'identité des deux espèces. Il est donc 
acquis que les deux espèces de Linné n'en font qu'une, et qu'il faut choisir entre 
deux noms édités dans le même ouvrage, par conséquent de même date, bien 
que dans le manuscrit le S, rupestre d\t dû précéder le S. reflexum. Malgré 
cette légère nuance, j'ai gardé le nonj de S. reflexum, exempt de toute con- 
testation, et j'ai rapporté a la variété (3 le nom de S. rupestre, qui cesse ainsi 
d'être un nom spécifiquement admis. 

De cette discussion, il résulte que, le nom de S. rupestre L. étant aban- 
donné, le liom de S. rupestre Vill. pourrait logiquement être substitué à çelui 



SÉAKCE DU 8 MAI 1803. • -257 

de 6'. anopetalum DC; mais, je le répète, ce serait retomber dans les ambi- 
guïtés que j'ai voulu éviter, et c'est pour ce motif que je donne la préférence 

r 

au nom créé par De Candolle. 



M. J. Gay dit que le caractère tiré de la glaucescence des feuilles 
est sans valeur dans le genre Sedum^ et que M. Grenier a supprimé 
à bon cfroît les espèces fondées sur ce caractère. M. Gay regrette de 

r 

rie pas trouver dans le travail de M. Grenier l'indication d'une forme 
très-remarquable de Sediim, voisine du 5^. reflexurn^ qui n*a pas 
les tiges réfléchies avant la floraison, et qu'il a recueillie sur les som- 
mets du Jura, il y a environ trente ans. Cette plante porte dans son 
herbier le nom de Sedum juranum. 

M, Cosson partage entièrement ropînîori de MM. Grenier et Gay 
sur le peu de valeur de la glaucescence comme caractère spécifique 
chez les Sedum. Il ajoute qu'il a trouvé l'an dernier, suf le Mont- 
Caroux près Bédarîcux (Hérault), la forme glauque du Sedum ele^ 
ganSy que Brotero a nommée S. pruinatum. 

M. de Schœnefeîd dit qu'aux environs de Paris le Sedum reflexum 
se montre à peu près sur tous les terrains (et même sur les murs 
enduits de plâtre, où il est généralement glauque et très-robuste), 
tandis que le S. elegans est exclusivement propre aux terrains 
sablonneux. 

M, Le Dien fait remarquer que le S. reflexum abonde dans les 
sables près d'Asnières (Seine). . 

M. Cosson ajoute que, dans le département du Loiret, il a vu les 
Sedum reflexum^ elegans et sexanguîare croître pêle-mêle dans 
les mêmes bois. 

a- 

M. J. Gay fait hommage à la Société, de la part de M. Nylander, 



4 



Alpiurà Delphinatus observationeSy et extrait des A 
scientiarum fennicœ^ t. VII, janvier 1863. M. Gay 



est 



d'avis que ce travail est de nature à intéresser vivement les bota- 
nistes français, et qu'il y aurait lieu de l'insérer dans le Bul- 
letin (1). 



r 

(1) Nous sommes heureux de pouvoir reprodaîre ici, avec raulorisation de rauteur, 
la partie de cet intéressant travail qui contient les observations de M. Nylander sur les 
ï^ichens recueillis par lui dans les Alpes du Dauphiné, durant l'excursion de la Société 
botanique de France dans ces montagnes en août 1860. — L'autre partie, qui concerne 
îes Lichens observés en Bretagne, a déjà été publiée dans le Bulletin, t. VIII^ p. 753 Qt 

siijv, (jHoie de la Commission du Bulletin.) 



^58 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DK FRANCE. 



l' 



PEGIONIS ALPINE DEIPHINATU! 
scripsit W. TV'YIiATIIDBR, 



'r * 



\ 



Très dies modo, d. 4, 5 et 6 mensîs' Auguali 1860, hic peregi in montibus 
fiupraZa Grave elVillard-d' Arène, altitudine semper ampliuslSOO metrorujp 
^upra mare in vipiniisque glacierum aaternaruin, quœ fere ad viçum La Grave 
descenduat latere scilicet boream spectante coiivallis amnis torrentis I{q^ 
manche (1), Metam praecipuaqi mihi prQposijerain Liçj^enes sa^^içolas regîpnis 
glacialis et Squamarias in natura examinare, nbi siimma copia yîgentes forr 
mas plurimas et oplime evolutas offerebant. De zona ita hic agitur sppra re- 
^ionem silvalicam sita tantumque in parte infera arbores adhuc raras exhi- 
benle, lum vero mox solis pascuis declivibus aut alibi glaciebus aut rupibus 
nudis licheniferis consiituta usque in summis montium caçnminibus, Quas 
species vegclalio haec tam alte elevata proférât, sequenlibusvidebiiur paginis; 
côrticolas ibi evanescere facile patet ; saxicolae contra vigorem alpinum jnsî- 

gnem abundantemqije ubique osieaduwt; lerrestres quoque hand levé occu- 
pant momentum in natura eadem. 

. i, Synali^sa ^ymphorea (liC), -- M saxa supra Vilîard-d'Arèng; jetiani 
supra lejrarn saxQrun> iijter Endocarpon hepatiçuni^ 

% Omphalaina nummularia Nyl, Syn, I, p. 99, var, thallo «elUto- 
lobato (*2). — Circa La Gravç^ ad sg^a, 

3. Collema flaccîdum Ach. (3). — Passim, non vero siipra VilIard-d'Arène 



Yisum. 



/•' 



ÇravCy allil. çjrça 1600 qielr 



d 



5. C. melœnum Ach. — Passim. Var. polifcarpum Schaer. supra Vlllard- 



.^x 



6. C. ptieatile Ach. — Eiiam hoc ad saxa supra La Grave. 

r -P 

7. Leptogium saturninum (Discks.JNyh r^ Ad lalera subumbrosa rupium', 



■« 'T 



r 



' (1) Jam proxime anle (vel infra) Villard-i* Arène supra lapides ad torrentem fîo- 
manche legi species liaiid paucas, siciit ex, ^r. sequerites, quse hicenuiaeratœ imaginem 
prœstent ejus pariicula} montîum Delphinalus. Sunl Collema jlaccidumy Leptogium lace- 
rum var. pulvinatum (Ach.), phy^cia cœiiUy Squamaria chrysoleitca (adhuc parca et 
pafunj ev«>!ula), Lecgnora aîphoplaca (plages latas sa^orum speeimiuibus inlef se conti- 
guis legens, frequens), L. oreina (aliundans), Z. argophoîis (eliam haec pUgas lalas 
îuierduni pédales formans), i. chlprophanc^ (apolheciis Ihallo concolorîbuç), et mm hac 
Lecidea morio, L. squalida (atque ejus var. thallo ciiiereo vel griseo rarîus), Urç^olaria 
&crupo$a, Endocarpon rufescens, Verrucaria pallida (haec l'requenter supra saxa et 
lapides inter muscos).Nonnihil inkviusLecanoraepanora copiose obvia ad laterarupium 
^ferrosarum prserupla jûxta via 



(2) Forte Oatphalaria génère haud dibUuguenda sita Synalissa. 

(3) CoUma auriculalum Hfïiu,, ]Syl. Syn. U Ih 106, ferlik Ificlum fuit ad la 
Grand€'C}M^treu$0 a cel. Brébisson. Eliam ad Pontatiier (Doubs) fertile id iovenît 

0. Mijlardet, Sporgç fyrrm Ut in ôffînibiu, toi^it. 0,024^31 millim., eratfrit. 0,flOH3 

inilliin... 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 259 

ad 5iaxa calcarco scliistosa, adhuc ahitudiiie cîrca 100 metrorum siipra La 

Grave. Inferius in montibus ad cortices arhorum. Sed versus Gratianopolin 

(Grenoble] ejus locooccurrit Z, Hildenbrandii (Garov.). 

■ 8. /• lacerum var. pulvinatum (Ach.). ^-^ Ad La Grave. 

• .9. Cladonia pyxidata (ormh symphycarpa elpocillo (Ach.). -^ Passim.; 

' 10. Cl. gracills foriiùs exoncena [koh.] <ii aspera (Flk.), — Rarius. 

CL cervicornis quoque rarius elsterilis olivia. ' , 

11. CL rangiferinq var. silvaiica (Hfftn.). — Passim. Sic characler est 
vegelalionîs hujus raritas Cladonîarum. 

12. Stereocaulon alpinum Laur. — Rarius. - - * 
- 13. SL tomentosian var. alpestre Th. Fr. — llarius. - - - . . 

il\, Thamnolia vermicularis (L.) Ach. — Sat frequens în rcgîonc magis 
édita. 

' 15. Alectorîajubata L lanestrîs (Ach.). — Rarius, adsaxa. . 

16. A. ochroleuca (Ehrh.). — Passim în regione editiore. 

17. Cetraria islandica var. crispa Ach. — H3u4rar9. 

18. Platysma nivale (L.) el 

19. PL cucullatum HiTm. — Passim. 

20. PL Juniper inumsu, Tilesii [kdu). Cf. Nyl. Lich. Scandin. p 



b <» 



Stérile sat frequens, raro fertile ; quoque saxicola raro crescens. . 

21. Peltidea aphthosa (L.) Ach. (1). — Rarius. 

22. Peliigerà malacea (Ach.) Fr. — Ad summa cacuinîna fupra tcrram 
parce, Sequentes species inferius obveniunt et in convalilbus, aeqnc ac Pel- 
tidea aphthosa. ' 

23. P. rufescens Hffm. — Passim. Eliam ad La Grave forma iranseunte in 
P, caninanij atque ibi adhuc ipsa canina Hffm. 



26. P. horizontalis HlTm. — Passim. . * 



-f 



-.^- .^ j-t 



T.t 



*' 



25. P. venosa Hffni. — Passim. 

26. Solorina saccata Ach. —Rarius. Var. spongîosa [Sn^,] Syl. Sj/n. I, 

p. 331, quoque rarius obvia. 

27. S. bispora SyL Syn. I, p. 331. — Rarius ad latera clivulorum in 
regione circiter 100 metra et amplius supra La Grave. 

28. Parmelia SQxatilis Ach. — Non fréquent et vix nîsi sicrilis, 
• 29. P. cpmpersa Ach. (f. hypoclysla Nyl). — Passim. 



> ^ 



30. P, prolixa Ach. — Frequens. — P. oUoacea Ach. ad I,ar!ces propc 
t\ Grji\e. 

31. P. stygia Acb. — Sat frequens. . 

32. P. lanata (L.). — Passim. 



j *. 



(1) Ob dilTerentiain gonidiorum Peiidea dii-tinguenda sit a Pelligera. ëûiiiliter ob> 

servanduxn, /Vep4ro;«/uw îex|>û///dwm Nyl. ob eauitm caussdw Imu^/ereûdiuo cs^^ ad 
genus Nephroma, . -^ 



260 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

'• 33. Physcia contortuplicata (Parmelia contortuplîcata Ach. Syn. p. 210) 
Nyl. Syri. I, p. kii (sab Ph. parîelina) (1).— ïhallus ciiierascens, pro parte 

r 

vitellinus, anguste divisus, laciniisniultifidisintricatis; apolhecia (receptaculis 
podîcellatis insidcntia) vitellitio-ocliracea\el auranliaco-rufescenlîa vel auran- 
tiaca, mediocria (latit. 1-3 millim. ), plana vel planiuscula et démuni margi- 
iiem thalliuum excludenlia ; sporae biloculares vel sœpe sirnpliciter 1-septatae 
(tubulo loculos jiingente vix unquam visibili), longit, 0,011-16 milLm., 
crassiu 0,006-8 millim. -^ — Ad saxa schistosa (sat friabilia) vel supra lerram 
ad eadem saxa frequens mox supra La Grave et circa 150 metra adhuc allius. 
Satis parce ferlilis. 

3/i. Ph. stellaris (L.) ^ Ad . cortices prope La Grave. Etiam ad saxa 
îBîdem. , 

t 

35. Ph. cœsia var. albinea (Ach.). — Ad schistes in regioue superiore. 

36. Ph. pidverulenta (Schreb.) — Ad Larices prope La Grave. — Var. 
muscigena (Whlnb.) in zona ediiiore passîm. 

37. [/mbilicoria polyphyllatiSnu — Haud frequens, 

3S. U. atro-pruinosa var. cinerascens (Ach., quae eadem est ac var. laavîs 
Schaer.). — Passim in zona editîore. 
.89. U. spodochroa Hffm., Nyl. Lich. Scandin. p. 115. — Passiu), 

40. U. cylindrica (L.) et var. tornata (Ach.). — Sat fréquenter, prseser- 
lira in zona superiore granitîca. 

41. Psoroma hypnorum (Hffm.). — Supra terram haud rarum vel sat 
frequens. 

/i2, Pannariabrunnea {^vi,\ Supra terram sat fréquenter. 
i..43. P. mycrophylla (Sw.). ~ Admixta cum Synalissa symphorea DC, 
ad saxa rarius. ♦ 

kh. P. nigra (Huds.) Nyl. Lich. Scandin. p. 126. — Ad saxa schistosa 
jurassîca. 

. 45. Squamaria gypsacea (Sm.) Nyl. l c. p. 130 (2). — Rara supra 
terram ad basin rupium calcisjurassicae, altitudine usque 1750 melr. 
. 46. 5. chrysoleuca (Sm.) Nyl. 1. c. p. 131, Syn. II, p. 60. — Variis lu-' 
dens varietatibus, speciosa et abundans ad saxa schistosa et granitosa, ex ait. 
1500 metr. usque ad summa cacumina. 

47. S. melanophthalma (Ram.) DC, Nyl. Il citatt — Socia praecedentis 
(ait. 1500-2000 metr. supra marc) etaeque varîabilis. Apotheciis nîgrisest 
prîmarîa melanophthalma DC., iis glaucescenlibus est g'/^wca Ach. {L. U. 
p. 411). Fere adhuc abundantior quam5. chrysoleuca. 



(1) Physcia paneilna{L.) in tota regione, qua occupamur, déesse vitletur, alque jam 
multo inferius desinit, nec (ni fallor) eam ultra Bonrg-d'OUam vidi in ilinere versus 
zonam alplnam. 

(2) Sub nomîne « Squamaria gypsacea » dalur in Anz. L. exs. 97 {^Catal. Sondr^ 
p. 46, saltem pro p.) Squamaria çrassa var. Uparia (Ach.). 



I 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 261 

Zi8. S. pellafa DG. , Nyl. Lich. Scandin. p. 132, Syn, ir, p. 62. — Simul 
cura chrysoleuca et melanophthalma frequeniissime, supra altitudînem 
1600 iiietrorum. Apoiheciis pallidis vel testaceo-pallîdis et ihallo rugoso vel 
subrlmose insculplo dîgnoscenda. 

^9. S. dispersa -arcolata (Schaer. ) Nyl. 11. citait. (1). — Passim frequen* 
ter, unacum tribus Squamariis praecedentibus. 

50. S. albula Nyl. Syn. Il, p. 63. Arcte et forsan nimis affinîs praece- 
denti, al thallo magis depauporato, areolis subradiantibus (obsolète crenatis) 
vel effusis, opaco, hinc inde subruguloso ; apothecîa flavescenlî-pallida (latît. 
1-2 millim.), sat conferla; sporœ longit 0,011-15 rnillim., crassit. 0,007-8 
millim. — Supra VilIard-d'Arène (allit. fere 1750metrorum). 

51. S. saxîcola (Poil.) Nyl. Lich. Scand. p. 133, Syn.ITy p. 65. 
Fréquenter ad saxa vigens. Forma Garovaglii (Krb., Anz.) haud raro occur- 
rît in zona inter 1500-1700 metror, altitudine supra mare. Var, diffracta 
(Ach.) quoque haud rara. Var. versicoîor (Pers.) ad calcém jurassicae forma- 
tionis passim (2). . 

52. S. concolor (Ram.) Nyl. — Prope glacies a}ternas, altit. 1750 metron 
et ultra usque ad cacumina summa, passim frequens. Variât {subeffusa) 
thallo vix effigurato areolalo-subeiïuso, 

53. Placodium murorum (Hiïm.) DC, Nyl. Liclu Scandin. p. 130. 
Frequeus; eliam haud raro ad ligna vclusta. 

5i, PL elegans DG. — Frequens in zona editiore. Nonnisi varietatem sîs- 
lit prœcedentîs. 



55. 



fulg 



decijnem Anz. CcdaL Sondr, p. /i6}. — Allit. 1600 melr. et amplius 



passim. 



56. PI. variabile var. alpestre (Ach. Z. C\ p. 679, Syn. p, 152) Nyl. I. 
c. p. 138 (3). — Ad saxa prope La Grave. 

57. Lecanora vifellina Ach. — Ad saxa (prœserlim schislosa) sat frequens. 

58. L. aurantiaca var. erythrella (Ach.) Nyl 1. c. p. \h% —Ad saxa 
granitica supra La Grave. 



(1) Nomen hocce ScIioDrerianum forte « sesquipcdale » haberî possit, sed id ob talem 

caussam mutare a3gre iicitum est. Auctor upsalien&is insinuatioriibus ridlculis glorîam 
quaerens nomen verrucoso-areolata (Verrucariae datum) « Nylanderianum » avide dicit 
(4rd. p. 265) et graviter oppugnat; adnirnadvcrlereautem liceat nomen iUud aequeesse 
Schœreriaiium ac nomen d/sperso-ar^o/a/a modo analogo composîlum minimeque Nylan- 
deri.inum. 

(2) jEgre a var. verslcolore nudiore separ;mda sit Squamaria albo-effigurata Anz. 
CataL Sondr^ p. Û6, L. Longob. exs. ai a orbillis minoribus cenlrifugis, solis laciniis 
periphericis albo-pulverulentis, apolheciiâ minoribus, tnargine albo », superficie Ihalli 
subareolato*ruguloso. 

(3) ThaUo nullo, ecrnstaceunij est Lecanora A garàhiana Schaer. L. H. 617 (non 
Ach.), Placodium Agardhianum Anz. Exs. 37 (Bialora aîbo-pruînosa Arn. Exs. 50). 
ftuoque «Catillaria fraudulenta » Krb. est status ecrustaceus Placodii variabilis^ 



' ; 



262 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 

59. Z. cerînaM^r, stillicidiorum (OEd.). — Supra lunscos rarîus. ^ 

60. L. fcrruginea var. variata Nyl- — Thallus tenuissimus aibidus, pasr 
SÎm subgranulatus ; apolliecia biatorina fernigîuee vel rubrîcose rufa (prseser- 
tim juniora) aut obscuriora vel fusco-nigra (in eodeiA spediuine) aut rarius 
sordide subvirescentia (laiit. clrca 0,75 millim.), margine proprio integro 
(junîore saltem et exlus palliçlius lincto quam epilhocium), înde fere expia- 
halo } »pftr« lotigit. 0,011-18 millim. 4 crassit. 0,007-9 milHm. — Supra 
tnuscos vetusto» depressos In regione supra La Grave versus glacies, àltîtudine 
cîrciter 1650 melrorum sUprâ mare. - 

r 

61. L. fuluO'luteaN)l I. c. p. H6. — Supra Grlmmias vetusias, altit. 
circa 1600 meir., sal rara. Apolliecia vix latîl. 1 luillini. adtingentia; spofae 
longît 0,0K*46 millim;, crassit. 0,009-12 millim. 

- 62. Z. telvaspora NyL u. sp. — Similis Lecanorœ stnafji,<permœ (DC.)> 
sed tliecis (2-) /i-sporis, sporislougit. 0, 017-27, crassit. 0,010-16 millim., 
loculîS lUbulo junctis. — Supra terrâm (herbiilas emorluas) socia Lecanorœ 
turfaceœ var. mniai^œœ (Ach.), supra La Grave, altit. circa 1600 metr.; 

ran (1). 

63. Z. weîntx Ach. — Frcquwis ad saxa varia. Eliaiîi ad calcom juras* 

- 

sicam (altit. circa 1750 mctr.) et tum thallo sœpe dealbalo. 

- 6Zi» i. nimhosa (Fr.). — llara (altit. cit'ca 1650 metr. obvenîens). Thal- 
lus ambitu vellocis umbrosis pallido-virescens. Quoque in Jura banc spccicm 
occurcrc, obiter memorelnr. 

65. Z. sophodes var. confi 

Ad saxa rarius (allil. 1500-1600 meïr.), Sporœ longit. 0,018-23 millim., 
crassit. 0,009-13 millim. 

66. Z. turfacea Ach. et var. mnîarœa (Ach.) Nyl. I, c. p. 151. — Rarius 
(supra 1600 metr.). Etiam forma apotheciisalbo-pruinosis ibidem; sporaî ci 
longit. 0,027-34 millim., crassit. 0,011-U millim. 

67. Z. alphoplacà (Whlnb.), — Sat frcquehs in zona ii)feriorc, àd gra- 
nituiUi 



f 



68, Z. circinata (Pers.) Ach. — Ad schistos et saxa calcarea (usque salteuT 
altit. 1750 mctr.) passim. 

69. Z. glaiœoma* bicincta (Ram.). — In summis cacuminibus supra Vil- 



la 



d-d'Arène. Sp 
0. Z. subfx 



Ad cortices arborum in rôgioncînfra 



' ■ ■ - ■ - ■ . . - 

(1) Nomen De Candolleî tinapispcrma reslituendum est pro Z^Ncorœa Ach., Nyl. 
Lich, Scàndin, p. 146. \idi quidem et examinavi spécimen archclypum PàUllariœ 
sinapispennœ DC. leclum in Ereslitz Pyrensoorum ab ill. Léon Dufour, in cujus herbario 
asservatur manu De CândoUei anno 17^^99 inscriptum « P. sinapisperma ». Sporas habet 
Loc spécimen 8nas^ longit. 0,016-18 miUim., crassit. 0,010-12 millim. Apolhccia inler- 
dum juniora margîne obtuso. Est « Biaiora cuprea » Fr. L. S. exs. 349. 



- SÉANCE DU 8 MAI 1863. ' 20S' 

r 

71. /.i at ^Dipholh {yi\Avà^À Ach^ Nyl. Lich. Scandin. p. 166. — Passim 
sat fréquenter. 

- 72. £. badia Ach. — Typus sai rara, sed Van cînerascens Nyl. contra 
sât frequeiw. forma concinna, Hmicota, lypî, âpotheciis cohfëHlâ, thallô 
parco areolalo (subefflgurato) in summis cacuniinibus schistosîs supra Vjll;|fd- 
d'Arène. 

73, L. titra Ach. -^ Ad sâîta Usque Itt i^anâfti maxime Gdîtam. 

-?4. L, ventosa Ach. — Passim ad summa cacumîna granilosa. 

75* Lé cinerea (L.) Smmrf. Lnpp. p. 99, Nyl. I. C. p. 15l — Var. de- 
pressa (Ach.) lîassim et procedens usque în summa fcacumiua supra Villard-' 
d'Arène; f. lœvata (Ach.) ad La Grave. Supra Villard-d'Arène (ahit. circà' 
1750 métr.) vâh gibbosa (Âch.)Nyl. 1. C. p. 15/4, trânsîeîls în cdcare&m^ 
sed apotheciis nudis.-^ *Z. calcarea (Ach.) ibidem ad schistos aeque ac prope' 

r 

La Grave, sporis 6-8»K — */,. Dicksoirii (Ach.) Nyl. 1. c. p. 155, ad saxa 

granitosa vêfsus La Grave. 

76. L. tenebrosa *obscurissima î:^)'\. -»^ Differens a type tenebrosi^ proî- 
cipue ihecîs aniplioribus, sporis brevîtcr ellîpsoideis (longit. 0,009-11 niillIlH. , 
crassit. 0,007-8 millim.). Thallusnigricanli-cincreus vel cinereo-nîgresci»ns. 

■* î *" 4 

Socia Lecanorœ ventosœ , allit. 1650 mehorùm et âinphus supra marc. 
Eliaiîiiii apothecia sîni huîc Lichéni lecideiiia, forsan lamen locus systemalicus^ 
eidem tribuendus est propè Lecanoram cineream^ quae Ipsa haud raro apo- 
thecia facie Lecidese offert (1). Limites îiitêr ea gelièra nulli definiti. 

*77. Z. veiTucosa Laur. — In regione superiore (supra allit. 1650 nicir.) 
passim. 

78. L. chUànefk (Ranii ) f. pirmnoîdeB Nyl. (L. cerviha f. pôtcîfena Schaer. , 
Hepp. Flecht. 378). -^ Differt a castanea squamîs thalli sœpissimc albo- (vel 
caesio-] pruînosis, apotheciis fuscis iiudis. Sporèè longîh 0,004-6 millim., 

crassit, 0,002 millimM pâfaphyses plerumquearticulatse (crassit. cîfta 0,0023 
millim.). Ad saxa calcarea in zona al lit. 16004700 melrorum. Facîe sœpe 
Lecanorœ ca/careœ ï. Bo ffmannii {\ch.) Nyl. I. c. p. 15^. 

79. Z. fuscala (Schrad.j Nyl. 1. c. p. 175 (Acarospora cervina var. squa-' 



mulosa Miîdd* ExS. 131). *-*• Âdschîstos frequcns. ' 

80. L. eMeor/>â Nyl. --Versus La Gravfc ad latera saxortim. Apblhetîa 
tîsquelatit. 5 millim. , aut simplîcia umbilicato-adfixa aut nonnulla umbilico 
communi connata. Sporae longit. 0,005-6 millim. crassit 0,002 millim* (in 

■ • ^ L 

stàiu vegeio sœpiuS guttula oleosfi versUs utrumque apicem)* 

h 

(1) L. (cne&rosa *o65Cunssfmti quoquc in Pyrenœîs ad Ëa)règéÈ (saepe thalîo tenuî 
subnigro opacô) obveitîL Oelalina liymenea todô èœrulèscens (etiam thecae sîmiliter, 
linctœ). Accedit L. tenebrosa* tumidiory Similis lenebrom typic©, thallo cinereo nigri- 
cante, apotheciis forte magis lecideinis (inlus albidis vel pallidis), thecis ampHoribus, 
ovoideis^ sporis majoribtlfe oblongo-eUipsoideiâ (longit. 0,016-18 millim., crassit 0,008. 
millim.); ad saxa granitosa in Afon^Dorc Arvernise. In Lecanora tenebrosa (flot., Nyl. 
L c. p. 231) sporœsunt longit. 0,010-17 millim., tîrâssit. 0,006-8 miUirti. 



26Ù SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

81. Z. simplex (Dav.) Nyl. 1. c. p. 176. — Simul cum Placodio variabili 
i?ar. alpestri [kcih] SRI Yàvz. 

82. Glypholecia rkagadîosa (Acli.) Nyl. Prodr. GalL Alger, p. 19/i. 
Ad saxa dispersa majora calcarea sat frequens, semper solum lateri eoriun 
mericUem speclanti adnascens, altit. 1600-1750 metrorum (1). 



85 



Passim. 



8^. Lecidea lurida Ach. — Ad rupesschistosas supraLa Grave (altit. circa 
1600 metr.), Sporae longit 0,011-15 millim., crassit. 0,008-10 millim. 

85. L. globifera var. rwèi/onms (Whlnb.). ~ Animadverlere liceat me 
eam vidisse lectara a IJ^^ Aiit. Mougeol iu regione mox supra Villard-d'Arène 
dicta Lautaret (2). 



/^ 



la regione supra 



1650 metr. passim. Thallus variât magis cinereo-albicaus. Sporoe longit. 
0,012-16 millim., crassit. 0,006-7 millim. ' ' 

87. Z. cuprea Smmrf., Nyl. I. c. p. 199. — Forma tliallo albido macro, 
apotlieciis atro- rufescentibus, sporis longit. 0.011-1^ millim., crassît. 
0,005-6 millim. Supra muscos minores vetustos, altit. cîrca 1650-1700) 
metr., rara. " 

88. Z. vernalis Ach., Nyl, K a p. 200 (Bialora cuprea Ânz. Exs. 179). 
Supra muscos et terram allitudine amplius 1600 metr. passim. Sporae 

oblongae simplices (absque septo ullo), longit. 0,011-16 millim., crassir. 
0,0065-65. Terrestris thallum habet magis evohUum (albidum) granu- 
losum (3). 

89. Z. sphœroides (Âcb.) Smmrf., Nyl. L c. p. 20ii. — Forma apotheciis 
pro parle obscuris fuscescentibus. Supra muscos, altit. 1600-1700 metr., 
rarius. Sporae fusiformes 3-septatae , longii. 0,016-25 millim., crassit. 
0,005-6 millim., hypotlieciuni incolor. Sin apoihecia haud raro etiam vctu- 
siiora essent pallide rufa banc formam Lecideœ sahuletorum f. triplicanti 
subjungerem; ita sese tangunt. 

90. Z. decipiens Ach. — Supra terram usquefere in zonam maxime ele- 
vatam* ^, 

L 

r" 

91. Z. candida Ach. — Passim iisque altitudine 1650 metroruirt. ^ 

92. Z. vesicularis Ach,, Nyl.1. c. p. 2U. — Supra terram saxoru m înter 



I r 



T 

(1) Differt Glypholecia a Lecanora simîliter ae Chiodeclon ab Opegrapha, h. e* 
forma composila (glypliica) apotheciorum est in illo génère typica. Si aberratîone qua- 
dam in Lecanorae vel Lccideœ specie una alterave aliquando occurant apothecia subgly- 
phica, hocce distinguendum est, nec miscendum cum re typica et normali, 

(2) Datur hœc eadem rub if or mis in Nyl. Lich, Mont-Dore, A3, «ad basin saxorum 
vukanicorum inler Puy-de-Dôme et Mont-Dore Arverniœ » (Prodr. GalL Alger. 
p. 104). ^ 

(3) Lecidea sahuletorum f. montana Nyl. Lich. Scandin. p. 205 lecta fuit in regione 
sallem viciua ad Bnançon (sporje iu specimiae inde l-septatœ, rarius 3-seplalœ, longit. 
0,016-21 millim., crassit. 0,006-7 miUim.). 



\ 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. S65 

muscos minores in zona minus elevala. Saepius ihallo nudo; var. opuntioidcs 
(Vill. Dauph. III, p. 967 ) forte liaec forma est (licencia ; occurrit aflii. clrca 
1600 metr. lliailo substipitato-squamuloso (sqraniis scilicet lurgidis basi 
stipitato-productis) , apoiheciis laiit. usque 6 niillim. , sporîs fusifonnibus 
1-seplatis (longit. circa 0,013 niillim. , crassit. b,00ù5 millim.), gelaiina 
Iiymenea iodo vinose rubens (praecedcnte caerulescentia levij. 

93. L. tabacina (Ram.) Schaer. — In zona minus elevata. Etiam forma 
facic exterua ZecK/ece confusœ et sporis oblongis interdum tenuiler 1-septatis 
(longit, 0,015-23 millim., crassit. 0,00^-6 millim.); ad saxa supra La Grave, 
fissuris adnascens saxorum (terra repletis). 

9^. L. squaUda Acli. — Sat frequens, praesercim in zona ediliorc. 

4 

95. L, conglomerata kch. — Ibidem sat rara. 

96. L. aromatica Ach. — Ad rupes usque allit saltem 1600 metr. rarîus. 

w 

97. L. parasenfû kch,, Nyl. — Ad cortices prope La Grave. Terreslris, 
altitudine clrca 1600 metr. , supra herbas vetustas destructas. Var. enteroleuca 
(Ach.) ad rupes calcareas (cum Plaçodio élégante), apotjieciis planiusculis 
vcl nudis vel pruinosis, spermogoniis abundautibus; supra Villard-d'Arône,- 
altit. circa 1700 melrorum. 

98. L. episema NyK — Supra Squamariom saxlcolarn var. verïko- 
lorem . 

99. L. vitellinaria Nyl — Supra La Grave, altiludine circa 1600 metr. 
supra mare. Nec episema, nec vitellinaria a pjarasema sint separandae. 

100. L. contigua {Fv.) Nyl. Lich. Scandin. p. 22U. — Ad saxa passim. 
*L. confîuens (Ach.) Nyl. 1. c. p. 225 (L. vapulala Aiiz. Exs. 283). 

F. subcalcarea Nyl. (ibid.) ad saxa supra Villard-d'Arènc (sporis long. 0,011- 
16 millim., crass. 0,007-9 millim.). 

loi. L. polycarpa Flk. — Ad rupes allit. 1600-1700 meir. Sporas lon- 
git. 0,009-10 millim., crassit. 0,00^5-55 millim. 

102. L.amylacea Ach., Nyl. I. c. p. 227. F. elata (Schœr.) in summis 
alpibus supra VilIard-d'Arène sat frequens. 

103. L marginata Schaer. —- Ibidem t^arius. 

lOZi. /.. armeniaca {Dut ) Nyl. 1. c. p. 229. — Typus (thallo flavo-arme- 
uiaco, nec bene arnicniaco ut in Pyrenaeis) rarius ad sumnia cacumina grani- 
tosa. Var. aylœoides Nyl., ihallo flavo areolis plerumque rugosis, frequens 
îNem; spora^ ei loagit. 0,009-13 millim., crassit. 0,00Zi5-55 millim. 
Variât ibi quoque thallo pallidiore (minus flavo, indc fere pallide ochro- 
leuco). Adesi ibidem denique var. hitescens (Anz. Exs. 113) diircrens thallo 
pallide ochroleuco magis laevigato subopaco (vel thallo albido areolaio-dif- 
fracio) ; sporae ut in typo et in var. aglœoide; haecce varietas saepe faciem 
habet onuu'ao Lecideœ marginatœ Schaer. , sed apotheciis inlus nigricantibus 
(vcI nigro-ciuerascentibus] mox dlIFcrt. Mixtcc illas varieiates crescunt et tran- 
suus s;epe observanlur, Occurrit adhuc armeniaca ex. gr. supra Villard- 



T. X. 



19 



^ 



i 



266 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.' 

d'Arène ad calcera alpinam (altit. circa 1750 metr.) tliallo pro parte leviter 
albo-pruinoso. 

105. L. œnea Duf., NyL Prodr. GalL Alger, p- î34. — Ad saxa sum- 
niorum cacuminum, socia UmbiL alro-pruirnsœ var. cinerasceyitis (Ach.)- , 

.106, X- fusco-atra i. fumosa (xVch,). — Ad schistes, et simnl var. grisella 
(FÎL), in zona minus elevata. 

107. L. atro-brunnea (Ram.) Schaer. — In zona cicvata frequentissima. 
Etiam ad calcem obvia, ^gre specie separanda a L. fusco-atra. 

108. L. morio (Ram., DC.) Schaer. — Sat frequens. ^ 

109. L. p€trœa*€xcentrîca Ach., Nyl Lic/i. Scandin. p. 23/4. — Ad saxa ! 

calcarea usqne altit. 1650 metr. passim. 

110. L. geminata Flot., Nyl. 1. c. p. 23/i. — Rarius, usqne saltem altit, 

1800 meirorum. 

111. I^. triphragmia Nyl. Prodr. GalL Alger, p. 1^1, Lich. Scandin. 
|). 230. — Muscos vetustos cbdiicens supra La Grave (altit 1650 metror.). 
Sporae longit. 0.027-36 millim. , crassit. 0,011-12 millim. 

.112. L. disciformis (Fr.) Nyl. — ïhallo albo granulato-verrucoso ferc 
mediocri, sporis longit. 0,018-24 miUim., crassit. 0,008-10 millim.; supra 
muscos altit. 1600-1700 metr. rarius. 

113. L.saxatilis (Schaer.) Nyl. Lick. Scandin. p. 237. — xVltit. 1600- 

1700 metr. passim (sporis long. 0,012-15 millim., crass. 0,000-8 millim.). I 

Etiam supra ihallum areolatum vcl granulato-areolatum sordide albido-flavcs- 
centem sat tenuem (sporis long. 0,009-11 millim., crass. 0,006-7 millim.)- 

114. L. solorinaria Nyl. — Affinis Lecideœ oxysporœ (TuL), scdapoihe- 
ciis convexis, sporis minoribus (long, 0,010-14 millim., crassit, 0,0035- 
45 niillim.), gelatina hymenca iodo vinosé rubente (praecedente caerulescentia 
levi). Supra thallura Solorinœ èîsporœ Nyl. rara. 

115. L. Il ookerii Schxv. , Nyl. Prodr. GalL Alger, p. 139. — Sat rara 
supra muscos vetustos et terram, altit. 1600-1700 metr. Sterilis. 

116. Z. scah'osa Ach. t Nyl. Licli. Scandin. p. 247. — Sporae longit. 
0,014-16 millim., crassit. 0,008-9 millim. Altit. 1600-1700 metror. rârius, 
supra terram nudam. 

117. L. irypetheliza ^}'l — Thallus flavo-virescens verrucoso-granulosus 
vel verrucosus (verrucas sistens contiguas aut interdum subdispersas opaca^, 
latit. circa 1 millim. vel saepe minores); apolhecia tiigra punctiformia (îûlcr- 
dum nonnulla in singulis verrucis thallinis), demum plana latiora (usquejàtit. 
0,3 millim. vel paullo amplius adtingentia), intus albida; sporae incolores 
ovoideae vel oblongo-ovoideae (apice infero angustiores), 1-septatae, longit. 
0,012-18 millim., crassit. 0,005-6 milUm., paraphyses graciles, Gelatuia 
hymenea iodo haud tincta (vel obsolète caerulescens). — Supra terram nudam 
basi saxorum, versus glacies aeiernas supra La Grave, altit, circa 1700 metr. 

supra mare. . 



/-'■■/, 



\ 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 267 

lis. L. geographica (l.) Schœr. — Frequens, Van gerontica (Ach.) 
Nyl. Lich. Scandin. p. 248, ad calcem passitn (eiiara statu var. atrovîrenii 
Schser. analogo). 

119. Endocarpon miniatum var. complicatîmmum^^X, - — Ad saxa supra 
La Grave, altit. sûpra hiare circa 1600 metr., rarius. Thallus deiisissime e 
squamis minuiis (vel lobulis erectis vel adscendeiuibus) congestus, crustam 
fonnans iionnihil pulvinatain compactam altit. fere 10 millim. (latit. niax. 



bipollicaris et anipUus) ; squamae albo-cinerascenles summô rtlargine nîgri- 
cante, infra sordide pallidœ vel sordide testaceae (passim fuscescentes) ; sporae 
longit. 0,009-11 miilim., crassU. 0,006-8 millim. 

120. E. fluviattle Web. — Ad lapides in torrentibus sat rartim. 

121. E, TV fescens \ch. y Nyl. Pyrenoc. p. ik, — In regione inferîore, ad 
rùpes calcareas. Sporae èi ibi loiigît. 0,015-16 millim., crassit. 0,009-12 
millim. 

122. E. hepaticum Ach. — Adhuc in zona superîore, supra terram. Sporae 
longit. 0,012-15 millim., crassit. 0,007-8 millim. 

123. E. compaclurn (Mass.) Nyl. Pyrenoc. p. 16 (1). — Ad saxa schistosa 
supra La Grave (allit. 1550-1600 metr.) innatum velimmîxttim thallo Ver- 
rucariœ umhrinœ var. dopnmœ, Sporae longit, 0,012-15 millim. , crassit. 
0,008-10 millim. 

124. Verrucaria téphroides (Ach.) Nyl. I. c. p. 17, Lien. Scandin. 
p. 267. — Passim. Variât ihallo ambitu subradiante. 

125. V. radicescens Nyl. — Thallus squamis cruslose contiguîs crustam 
cinerascentem vel cervino-cinerasceniem formans crassam arcte congestani ; 
sporae ellipsoideae longit. 0,016-18 millim., crassit. 0,009-11 millim. Spcrmatîa 
(in spermogoniis conceptaculo pallido et simili apotheciis, sed minore) longit. 
0,007-9 millim., crassit. 0,001 millim. Crusta thallina crassit. 10-14 millim. , 
adnumeratis scilicet radicibiis,nam adsuht saepc quasi radiées ejus nîgricantes 
infra angustatœ ; crusta passim tcnuior et vix radieuse producta. — Crescit iç 
flàsuris rupiurn et inter muscos ad rupes, supra La Grave (Versus glacies), 
altit. circiterl650 metrorum. Affinisest Vcrrucariœ dœdaleœ [K\A\h.)j?>^à 
tKallo magis concrcto, radicantc, sporis crassioribus et bievioribus (in F. dœ- 
dalea sunt longit. 0.017-21 millim., crassit. 0,007-8 millim.). 

126. V. pallida (Ach.) Nyl. — In regione înferiore obvia. Supra La 
Grave eam haud vidi. 

127. F. umbrina (Whlnb., Fr.) Nyl. Pyrenoc. p. 21, Lic/f. Scandin. 
p. 269, var. clopima Whlnb. — Passim (in zona tameii maxin^e elevata haud 
obvia). Sporae longi!. 0,0/40-57 millim., crassit. 0,015-23 millim. 



(1) Jam in Flora ISGO, p. 546, anîmadverli me sperinbgonîa ejus speciei învcnissc 
omnmo conformia cum iisdem apud cèleras species generis Endocarpi. Ibidem quoque 
nola\i E. reticulatum Duf,, Nyl. Pyrenoc, p. 17, sislere Lecideam c stirpe lecideœ 
mamùlaris. 



'f-. - ' » ^ 



268 SOCIÉTÉ BOTAMQUE DE FRANCE. 

128. V. catalepîoides Nyl. Lich. Scandin. p. 272. — Ad calcern alpjnam 
supra La Grave (altit. circa 1650 metr.). Sporae longit. 0,018-24 niillim., 

crassil. 0,010-12 millim. 

129. V. subfuscella^yl Lich. Scandin. p. 271 (V. fuscella Ach. , Nyl. 
Pyrenoc. p. 23). — Ad schistos supra La Grave; altit. usque sallem 1600 
metroruui. Sporae longit. 0,014-15 millim., crassit. 0,007-8 millim. 

130. V. intégra Nyl. Lich. Scandin. p. 276. — Ad calcern aliit. 1500.- 

■ 

1650 metr. passim. 

; 131. K ^n^enï Flot. , Nyl. Pyrenoc. p. 28. — In summis cacuminibus 

supra Villard-d'Arène frequens, ad rupes calcareo-schislosas. 

132. V. Auruntii (Mass. ex spechn. a D. v. Krempelhuber cominunicato; 
V. incavata Nyl. Lich. Scandin, p. 273, non vero apud Mudd. Br. Lich. 
p. 295, sed ïhelidium immersum Mudd. ibid.). — Ad saxa calcarea supra 
La Grave, altit. 1600-1650 metr., rarîus, siniul cum Placodio élégante. 
Thallus macula alba vel albida indicatus, apothecia immersa (calcivora), peri- 
ihecio intègre nigricanle (supra crasse nigro ibique osliolo depresso inaequali 
Lecideam quasi minorem îmilanlia, latit. 0,5 millim.); sporae ellipsoideae 
1-septatœ (vel septo sœpe solura spurio), longit. 0,030-3i millim., crassit. 
0,01Zi-16 millim. 

133. V. intercedens Nyl. Pyrenoc. p. 33, Lich. Scandin. p. 276. — Ad 
schistos passim, usque allit. 1600 metror. , sporis longit. 0,027-35 millim., 1 

h , . r 

crassit. 0,015-18 millim. , perithecîo subtus tenuiler nîgricante nonnihilque 
immerso similiter ac in alpinis Pyrenaeis. Adest quoque in summis cacumî^ 
nîbus supra glacîes montium La Grave forma apotheciis confertis, sporis 
saepiusloug. 0,02ii-"26 millim., crass. 0,015-16 millim. 

Praeter species lias enumeratas quasdam eli.im alias vidi in eadem regione, 
sed specîmina earum inde haud reportavi, vel quarumdam modo status parum 
evolutos animadverti, quaro omittantur. 

Ex alpibus revertenti mihi occasîo data fuit Gratîanopoli examiuaiuli her- 
barium a celeberrimo Villai s olim compositum, ubi in Museo horti boianicî 
conservantur typi operis ejus Histoire des plantes du Daupkiné, 1786-1789 
edili. Sequcntia, quaeex herbario auctoris nolavi de Licheaibus Delphinatus, 
hic appendicis loco afferre liceat, Ordinem sequor herbarii Villarsii. 

j 

« Lichen consubslantialis » videtur esse Squamaria {saxicoîa var.) insulala (Ram.j, 
Ex Obion. » 

a t. farinaceus » est Squamaria pruinosa (Chaub.) Dub. Quoque ex Obion. 

« L. dispermus » Dauph. III, p. 994 est i. atro-brunnea (Ram.). 

o L. saxiperlusus » est Limboria sphinctrina Duf, 

« L, scriptus » recle sislit Graphidem scriptam e viciniis urbia Gratîanopolîs. 

•f L. ocellatus » est Urceolaria ocellata DC. Quoque înde. 

« L. elveloides » 1. c. p. 987 e^i Bœomyces icmadophilus (Elirh.). 

« L. lenligcrus » 1. c. p. 978 est recte Squamaria lenliger a (Web.). «Le long tl« 
Drac. » 

al. corallînus » ^isiii Lecanoram (artaream Ach, sterilfim. 






SÉANCE DU 8 MAI 1863. 269 

« L. opuntioides » 1. c. p. 967 est Lecidea vesicularis Ach, 
« L. friabilis » 1. c. p. 979 est Placodium fulgens DC. Ad Grenoble. 
« L. mesenterîformis » est Lecidea mamillaris Gouan. 

« L. fusco-ater » 1. c. p. 1001 videlur sisiere Lecideam pctrœatn Flot, (microscopîcé 
spécimen examinare occasio non fuit). 

« L, pinastri » 1. c. p. 95-1 est Platysma plnastri (Scop.). Ad Larices prope 
Briançon, 

« L. lartareus » I. c. p. 989 est Urceolarîa scntposa saxîcola. ail donne plus de 
teinture que le L. parellus » notavit Villars. 

« L. lingulatus» 1. c. p. 982 est Squamaria saxicola (Poil.). 

« L. caesius » 1. c. p. 973 est Pannariaruhiginosa(ïh\xïih,), In Val-Gaudema?. 

« L. panlospermus » 1. c. p. 969, iab. 55, est Lecidea decipiens Ach. 

<t L. caespitosus » est Squamaria crassa DC. 

« L. agariciformis » 1, c. p. 949 Lecanorœ veniosœ exprimit glomerulos vel gibbos 
thallinos verrucopos abnormes (latit. circa3-5 millim. vel quidem majores), quales suprâ 
thallum ejus sat raro protrusi inveniuntur. 

a L. intestiniformis i* est Parmelia encausta Ach. 

« L. ciliaris» est PhyKÎa ciliaris (L.) DC. 

« L. croceus n 1. c. p. 961 est Solorina crocm Ach. ex alpibus summis Delphi- 
natus. 

« L. tinctorhis » 1. c. p. 952 est Ramalina pollinaria Ach. 

« L. lacerus » L c. p. 936 est Cladonia deformis (L.) Hffm. Ad Briançon, 

« L. resupinatus » 1. c. p. 959 est Nephramium tomentosim (Hffm.). La Grande-: 
Chartreuse. 

« L. ambiguus » 1. c. p- 93/i est Cladonia alcicornis Flk. e Grenoble. ' / 

« L. silvaticus» est Siiciina silvatica (L.) Nyl. 

(f L, canîuus » I. c. p. 958 est Peltigera canma Hffm. 

« L. velleus » p. 96Â pr. p. est Umbilicaria spodochroa (Khrh.) Hffm, — « Var. B, 
poîyrrhizus » est U. cylindrica (L.) Dub. 

« L. decussatus » p. 96d est Umbilicaria alro-pruiriosa var. reticvlata (Duf.). Nomen 
Villarsii sit retinendum. — U. hyperhorea Hffm. in herbario Yillarsii adest e Champo- 
léon, at in PLDauph. non iudicatur. — U. fJocculosa Hffm. quoque e Briançon adest in 
hoc herbario, in libro autem citatonon memoratur. 

« L. deustus » 1. c. p. 963 pertinet ad Endocarpon fluviatile DC. 

« L. calicaris » 1. c. p. 937. Sub hoc nomine adest Ramalina polymorpha Ach. 

«L, fragilis » 1. c. p. 938 est Sphœrophoron coralhides Pers. e summis alpibus 
(« la Drouveyre, près de la source du Drac, etc. »). 

« L, rangiferinus » l. c. p. 939. Sub hoc nomine in herbario asservatur Cladoriia 

rangiferina var. silvatica (Hffm.). 

« L. spinosus » 1, c. p. 9^0 est Cladonia furcaia Hffm. 

« L. paschalis » 1. c. p. 950. Sub eo nomine adsunt Stereocaulon tomentosum var. 
alpestre Th. Fr. et var. alpinum (Laur.), « In montibus. » 

«L. fragilis » 1. c. p. 938 videtur sistere Alecloriam ochrolexœam (Ehrh.) juve- 
nîlem. 

« L. cornutus » hb. Vill. est Thamnolia vermicularis Ach. 

« L. divaricatus » 1. c. p. 942 est Evernla divaricala (L.) Ach. Frequens in silvis 
abietinis. 

« L. auratus n 1. c. p. 954 est Chlorea vulpina (L ). Ad Larices prope Briançon. 

Etiam ad ligna a Villars lecta loco dicte Champsaur. 

« L. pubescens » 1. c. p. 944 et « L. lanatus » p. 943 respîciunt Parmeliam lana- 
tam{LA. 

« L. microscopicus » 1. c. p. 946 est Stereocaulon nanum Ach. 

« L. hîrlus » et « floridus » ibid. p. 939 pertinent ad Usneam harbatam f. floridam 
(Ach.). 

Vidi adhuc quosdam alios Lichenes e Delphinatu in herbario Villarsii, sicut Usneam 
barbatam S. dasypogam et plicatam (Ach.), Alecloriam juhatameif. chalybeiformem^ 
Cladoniam gracilom^ uncialem, Physciam stellarem var. /enei/am (Scop.), Parme'iam 
fhysodem Ach., Physciam catulelariam (ad Grenoble), clc. 



270 - SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

X 

M. J. Gay fait à la Société la communication suivante 



VOYAGE BOTANIQITE AU CAERNARVONSIIIRE, DANS LE NORTlï-WALES, FAIT EN AOUT 18G2, 

EN VUE D'UNE ÉTUDE PARTICULIÈRE 
DES ISOËTES de CETTE CONTRÉE, par M. J. CAY. 



I. 



Histoire des Isoè'fes du Norih-Wales, depuis Ray jusqu'il Babinglon. 



C'est dans le pays de Galles que Vlsoëtes a son origine historique. Là se 
prouve le mont Snowdon, cl dans une de ses crevasses les plus sauvages le tout 
petit lac que les Gallois ont nommé Phyiion-vrêch. C'est là qu'un naturaliste 
d'Oxford, nommé Edward Lloyd ou Llwyd, recueillit le prenuer, à la fin du 
XVii*' siècle, la plante aquatique et submergée à laquelle Linné devait plus 
tard donner le nom d'Isoëtes lacustris. Il l'envoya à Jean Ray, sous le nom 
à*Aizoides fasi forme alpînorum lacuum^ avec Tobservalion : fjujus plantœ 
nihil vidimus prœter folia et radiées^ unde quo génère orta sit prorsiis 
ignoramus ; et Ray la publia sous le nom de Subularia lacustris seu Coda-- 
mistrum lierba aquatico-alpina [Rdty Synops. method, stirp. 6r/7., edit. 1% 
1690, p. 210, cum ic). Six ans plus tard, le même texte reparaissait sans 
addition ni changement, sauf la figure retranchée {Synops. method.^ edit. 2% 
1696, p. 283). Arrive la troisième édition du môme ouvrage, publiée par 
IMIlen. Ici la plante du Phynon-vrêch porte le nom de Subularia vulgaris 
erecta folio rigidissimOy et l'éditeur ajoute au texte primitif : Bujus play^tce 
nihil prœter folia et radiées vidil D. Lloyd ^ nec ab eo tempore alius qins 
quicquam prœterea observavit^ et quamvis D\ Ricliardson in piscinis suis 
plantaverity ibique lœte vigeat planta ^ flores tamen et semina nondum pro- 
ferre volait^ probabile autem eam ejusmodi cum ultima specie generis esse. 
Il classe la plante, en conséquence, dans le voisinage de son Subularia erecta 
juncifoliis acutis mollibus^ une petite Crucifère lacustre et submergée, qui 
deviendra plus lard le Subularia aquatica L., et qui, dans les îles Britanni- 
ques, n'était alors connue que dans le lac Lough-Neagh, prés Kilmore, 
Irlande (S^wops. method., éd. 3% 172/i, p. 306, n** 1, ici encore sans figure). 

> 

Cette même édition mentionne un Subularia fragilis^ folio longiore et 
tenuiorcy qui est, sans doute, une simple variété de Ylsoëles du Phynon- 
vrêch, et qui avait été trouvé par le docteur Richard I^ichardson « in ihe lal^c 
and by thcriver-sido near M. Evans*s house in "NVales » {Syn. mcth.y éd. 3% 
1724, p. 307, n° 3). Nous avons tout lieu de supposer, iM. Babington et moi, 
qu'il s'agit ici du lac Llyn-Peris et de son extrémité supérieure, la plus VQi- 
sine de l'église paroissiale de Llanberis, d'où une variété pareille nous a été 
apportée par le guide John Roberts. 

Deux ans plus tard, dans l'été de 1726, Dillen explorait bolanîquement en 



en 



I 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 271 

personne l'ouest de l'Angleterre, y compris le pays de Galles et le groupe du 
mont Snowdon, cette terre jusqu'ici classique de VIsoëtes, Une lettre de Dillen 
t!U même docteur Richard Richardson dont il vient d*c(re question, lettre 
datée de Londres, le 8 octobre 1726, nous a conservé le récit de ce voyage 
{A sélect, ofthe corresp. of Linn. and other naturalists^ bysir J.-E. Smith, 
II, 1821, p. 131-143). Dans cette lettre, on ne trouve ni dates, ni renseigne- 
ments précis sur les localités, ceux du moins qui pourraient servir aujourd'hui, 
depuis que la vallée de Llanberis, alors presque déserte, est devenue un pays 

4 

très-habité (la paroisse de Llanberis était alors sans pasteur). La lettre est 
notamment très-pauvre en données relatives aux Jsoëtes, et il n'yestpasmênîë 
dit expressément que le voyageur ait visité la localité classique du Phynon- 



Llanberî 



fol 



du Phynon-vréch) dans le lac de Cown (1), et la forme fragilis, folio longîore 
et tenuiore, à l'endroit où le docteur Richardson l'avait lui-même cueillie, 
near M, Eoans's hanse (voy. plus haut). Cown est ici synonyme de Llyn-y- 

F 

Civn (lac du Chien), situé très-haut dans la montagne, à l'est de l'église pa- 
roissiale actuelle de Llanberis, et où l'on n'a trouvé jusqu'ici que VIsoëtes 
ecltinospora. Il est donc possible ou même probable que Dillen ait connu cette 
dernière espèce, c'est-à-dire qu'il Tait vue et cueillie, mais il paraît certain 
qu'il n'a pas su la distinguer, il est de fait qu'elle n'existe pas dans son 
herbi 



3ier. 



Ce voyage devait pourtant avoir une influence notable pour une meilleure 
intelligence des deux plantes jusqu'ici classées parmi les Subularîa. Dillen 
reconnaît enfin que ces plantes ne sont point dépourvues d'organes reproduc- 
teurs, comme Llwyd (il écrit Lhwyd) et Richardson l'avaient cru, mais qu'elles 
ne sauraient être confondues avec le Subidarîa n° li de la troisième édition du 
Synopsis [Subularia aqiiatica L. ), puisqu'elles n'oat ni calice, ni corolle, ni 
étamines, et que leurs moyens de reproduction se réduisent à des graines 
nombreuses, semblables, pour lé volume et la couleur, aux graines du Pavot 
leucosperme, renfermées dans une cavité uniloculaire qui occupe la base des 
feuilles. Dillen venait de découvrir ce qui sera plus tard macrospores et ma- 
crosporange. Ce n'était qu'une partie de l'admirable organisation de ces 



(1) Le mot gaUois cwn ou coton (prononcer court en français et coon en anglais), qui 
signifie chien^ a une ressemblance frappante avec le y.(itù^ des Grecs (et m<5mc le llund 
des Allemands). ïl est assez curieux, an point de vue de la linguistique comme 5 celui de 
Tethnologic, de trouver des termes de langage aussi voisins chez des peuples confinés 
aujourd'hui aux deux exlréniilés opposées de r Europe. 

Lhjn est la forme galloise (kimrique) du mot lac^ comme loch en est la forme écossaise 
(gaélique) et loagh la forme irlandaise (erse), dans les trois dialectes que parlen 



lenl encore 



de nos jours les peuplades d'origine celtique qui se sont maintenues sur divers points des 
îles Britanniques. — {Noie ajoutée^ à ma prière^ par mon excellent confrère et ami 
M. W. de Schœncfeld.) 



\ 



572 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE 



plantes, mais cela lui suffit pour y reconnaître un genre nouveau, auquel il 
donne le nom de Calamarîay pnr suite d'une certaine analogie qu'il croit re- 
. marquer entre la structure des feuilles du nouveau genre et celle d'un 
Roseau (1) : « rigida enim sunt folia, calamum refereniia, meduîla calami 
exsîccaiî simili inlus repleta ». Le nouveau genre établi et longuement décrit 
sur la base principale que je viens d'indiquer, Dillen y rapporte les deux 



laciium de Llovd, 



frayiliSy folio 



fusifc 



docteur Ricliardson, qu'il décrit comme deux espèces distinctes, mais sans 
menlionner un seul caractère qui soit vraiment distinctif. Les figures jointes 
au texte (les premières figures d'Isoëtes qui aient été publiées avec indication 
des macrospores) montrent bien des différences de taille et de port considé- 
rables, mais la première laisse beaucoup à désirer pour représenter la forme 
naine, dressée et stricte du Phynon-vrêch,et quant à la seconde (fig. 2), elle se 
rapporte à une forme allongée, qui est propre aux lacs inférieurs du Caernar- 
vonshire, et dans laquelle ni moi, ni personne jusqu'ici, n'avons su voir autre 
chose que la plante des lacs supérieurs, nourrie par des eaux moins froi- 
des (2). Les deux figures pèchent, d'ailleurs, par un point essentiel, en ce 
qu'elles montrent un rhizome trilobé (les trois lobes que Ton voit en avant en 
laissent même supposer un ou deux autres par derrière), tandis que le propre 
de VJsoëtes lacustris et de toutes les espèces voisines est d'avoir le rhizome 
bilobé. Quant à la topographie des Calamaria du North-AVales, Dillen y 
ajoute très-peu de chose. Le Calamaria n** 1 est toujours indiqué au Phynon- 
Têch et au Llyn-y-Cwn (cette fois bien écrit, et non pas sous la forme Cown), 
dans celte dernière localité en compagnie du Gladiolus lacustris, c'est-à-dire 



\ 



(1) Si ce n'est plutôt du Calamus aromaiicuz officinarum C. B., c'est-à-dire de 
VAcorus Calamus L. 

(2) Ce jugement, déduit du texte et des figures de DiUen, a été pleinement vérifié, 
lorsque, le 28 août 1862, j'ai pu visiter, à Oxford, les herbiers de Dillen et de Sherard. 
tes échantillons des deux espèces prétendues y sont parfaitement distingués par leurs 
étiquettes, mais, avec rinfirmité du temps, sans aucune indication de localité. Le n*^ 1, 
sous le nom de Calamaria folio hï^eviore et crassiore^ a les feuilles moins épaisses que 

, dans la figure, et représente assez bien la forme naine et trapue du Phynon-vrêch. Le 
n*» 2, sous le nom ûeCalamarîa folio longiore et ^vaciZ/oje, est exactement la forme plus 
répandue dans les lacs inférieurs du Caernarvonshire, la forme que je désignerai plus 
loin sous le nom de palula. Toutes les deux se reconiiaissent comme Isoè'les lacuslris au 
port et à la couleur vert sombre du feuillage, quoiqu'elles soient ou paraissent entièrement 
dépourvues de spores adultes. H y a, dans l'herbier de DiUen, un échantillon du n° 1 
et trois du n** 2, en tout quatre, dont aucun ne peut être pris pour YJs. echinospora. H 
en est de même des douze échantillons de l'herbier de Sherard, six du n^ 1 et autant du 
n** 2, ces derniers marqués D^ B. July 1722, ce qui indique qu'ils ont été récoltés parle 
D"- Richard Richardson en juillet 1722, sans doute à l'endroit indiqué plus haut, near 
M, Evans*s house. Ceci nous fournit la dale du voyage de Richardson, qui manquait à 
un paragraphe précédent. Nous y voyons aussi des échantillons authentiques de la plante 

que Richardson avait communiquée à Dillen sous le nom de Subtilaria fragilisjolio /oti- 
giorc et tenuhrc* 



-h ^ ■_ A- r" 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 273 

r 

du Lobelia Dortmanna L., à propos de quoi je dois répéter ici Tobservation 
que, dans les temps modernes, aucun collecteur n'a pu retrouver Vhoëtes la- 
custris dans ce lac Llyn-y-Cwn, où tous ont pu récoller 175. echinospora^ 
quoique en minime quantité. Quant au Calamoria n°2, il vient, dit Tauleur, 
« in lacubus illis longissimis et aliisi>imis prope Llanberis, prapcipuc prope 
poniiim (Pont) Faz^r diclum ; item in lacu {Llyn) Ofjtvan in monte Gly- 
der. » Ce dernier lac, situé sur le versant oriental du mont Glyder, à peu de 
distance du Llyn-y-Cwn, est pour l'histoire de VJsoëlcs lacustns une localité 
nouvelle. L'autre localité, désignée sous le nom de Pont-Vawr^ est indubita- 
blement la même que R. Richardson indiquait sans nom neai- M. Evans's 
housey et que M. Babington et moi nous plaçons presque avec certitude à 
l'extrémité supérieure du Llyn-Peris, où se trouve encore aujourd'hui, d'après 
John Roberls, un emplacement nommé Bont-Fawr, Remarquons aussi que 

■ 

l'épithète altissimi ^ appliquée par l'auteur aux longs lacs de Llanberis, se 
rapporte à la profondeur de ces lacs, et nullement à leur élévation au-dessus 
du niveau de la mer, car l'altitude du lac supérieur (Llyn-Peris) n'est que de 
104^", 46 et celle du lac inférieur (Llyn-Padarn) de 104", 23 (0'",23 de moins). 
C'est ainsi que Dillen traitait le futur genre Isoëtes AdiUS sonHistoria Mus- 

i 

corum^ publié à Oxford en 1741, dix-sept ans après la troisième édition du 
Synops. method. stîrp, brit,, où il avait déjà été appelé à loucher le même 
sujet. Les Calamaria y sont décrits et figurés, p. 540-42, lab. LXXX. Ici, 
le texte et les figures,malgré leurs hnperfections, ont fait faire un pas sensible 
à la connaissance organographique du genre. Un passage de ce texte a dû même 
faire présager l'extension considérable que pourrait prendre un jour le genre 
hoëtesy considéré dans sa diffusion géographique et, par là même, dans sa 
capacité spécifique, bien qu'il ne fût encore bien connu que par une seule 
espèce, reléguée dans quatre petits lacs du North-Wales, à l'extrémité N.-O. 
de l'Europe. Je veux parler du passage introduit à la page 542, où Dillen dit 
avoir TU, dans l'herbier de Ch. Du Bois (1), un échantillon de Calamaria^ 
cçu, en 1700, d'Edouard Buckley. qui l'avait récohé aux environs du fort 
Saint-George, dans les Indes-orientales. L'auteur dit n'avoir vu aucune diffé- 
rence, pas même dans les spores, entre cette plante et le Calamaria xV 2 du 
North-Walcs, et il s'extasie sur l'identité spécifique d'échantillons venus sous 
ies climats si différents. Il est néanmoins plus que probable que la plante 
indienne appartenait à une tout autre espèce. Peut-être est-ce Ylosêlcs coro- 
mandelina Linu. fil. et Willd. , une plante de la côte de Coromandel, récol- 
tée par Kœnig, que distinguent déjà, suivant M. AI. Braun {Zwei Deutsche 
Isoëtes-Arten, 1862, p. 32), son rhizome tri- non bilobéet le relit f particulier 
de ses macrospore», ce qui en fait une espèce voisine de 175. setacea: 



1 



(1) Du Bois était un bolanophile que Dillen cite parmi ceux qui lui ont fourni de» 
matériaux pour la 3*^ édition de son Synopsis nwthodica (ibid. prœf. p. 7). 



274 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

Pour éclairer le Calamaria du North-Wales, disons un mot de celui 
d'une contrée voisine. Linné n'avait pas tardé à reconnaître la plante de Dil- 
fen, au moins celle que représente la figure 2, dans certains échantillons sué- 
dois provenant de la Dalécarlie et du Smoland, et, quoique déjà noniuiée par 
Dillen, dont il cite le texte et la figure, il Tenrcgistra bientôt sous le nom de 
Marsilea foUis subulatis semicylindricis articulatis^ en annonçant qu'il réu- 
nissait en un même genre Pilularia, Calamaria^ Salvinia et Lenticularia 
quadrifolia, usguedum^ dit-il, omncs sufficienter exarninatœ sinl (Linn. 
FI. suec, edit. 1% 17ù5, quatre ans après l'apparition de VHistorîa Mus- 
corum, p. 363), 

Linné venait de faire une association générique presque monstrueuse. Mais 
les hommes de génie ne tombent que pour se relever bientôt plus forts et plus 
maîtres d'eux-mêmes. Aussi est-ce à Linné que' nous devons le complément 
des traits principaux qui caractérisent le Calamaria de Dillen. Ce dernier 
auteur avait reconnu, à la base intérieure des feuilles, des récipients sémini- 
fères. Linné découvre, à la base des feuilles intérieures, des récipients de forme 
toute sem])lable, mais qui, au lieu de graines, sont remplis de ce qui lui 
paraît être du pollen. Les premiers deviennent aussitôt pour lui des capsules, 
les autres des anthères, et, comme ces deux Ofgancs sexuels sont séparés sur 
le même pied, ne trouvant, d'ailleurs, nî enveloppes florales, ni pistil pro- 
prement dit, il ne peut se dissimuler qu'il a devant lui un exemple évident de 
cryploi^amie monoïque. A ce fait, éminemment curieux et nouveau, Linné 
ajoute la découverte d'une petite écaille brune et cordiforme, qui avait échappé 

r 

à Dillen, et qui se trouve à la base intérieure des feuilles, immédiatement an- 

r 

dessus des récipients tant sporifères que poUiniques. Il se trompe en y voyant 
l'indice d'un calice. Il se trompe en supposant les récipients séminifères bilo- 
culaires, lorsque les récipients polliniques seraient uniloculaires, puisque en 
réalité les récipients sont uniloCulaires dans les deux sexes, quoique traversés, 
d'arrière en avant, par un nombre variable de barres transversales superposées 
les unes aux autres, qui paraissent avoir échappé à l'auteur suédois, et dont 
la signification précise n'est pas encore connue. II se trompe, lorsque, dans la 
figure jointe au texte, il leprésenie les fibi es radicales irrégulièrement rameuses, 
puisqu'elles sont très-régulièrement dichotomes, au moins dans l'espèce 
qu'il décrit. Cette plante est pour lui un genre qu'il appelle /^oéV^^*, nom jadis 
applique aux Sedum, et qui lui paraît convenable pour désigner une herbe 
qui conserve son feuillage en toute saison, été cl hiver (iao;, égal, ?toc, an- 
née). Telle est la substance de Tariicle Isoëtes dans Linn, Skanska JResa^ ou 
Iter scanicum, 1751, p. Ull^ cumic, article écrit en majeure partie en 
suédois, et que, néanmoins, j'ai pu bien comprendre, grâce à une traduction 
latine que je dois à l'obligeance de M. Elias Fries. — Linné ne parle ici que 
géucriqucment de VJsoëtes. Ce n'est qu'un peu plus tard qu'il appliquera à 
sa plante la nomenclature hinaire et que l'espèce deviendra Isoëtes lacustris 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 275 

(Liïin. , Sp. pi., éd. 1*, 1753, p. 1100). Quant a lîi figure annexée au Skan- 
ska liesa, elle représente une forme de 175. lacustris, remarquable par ses 

feuilles courbées en faucille, et qui paraît être restée inconnue à Dillen, 

quoiqu'elle ne soit point rare dans certains lacs du North-Wales, comme on 

le verra plus loin. 

Je reviens à T Angleterre, où tout à l'heure j'ai laissé notre plante sous le 

^ nom de Calamaria. C'était en IIM, et personne, que je sache, ne fit men- 

tionde cette plante jusqu'à Tannée 1762, où Hudson l'inséra dans son /7ora 

anglica, p. 373, sous le nom linnéen d' Isoëtes lacmtrîs^ qui devait désormais 

prévaloir. 

Un grand nombre d'autours anglais en parlèrent depuis: Lightf. FL scof., 
1777, II, p. 683. ~ Wther. Arrangem., éd. 3% III, 1796, p. 760. 
Smith EngL Bot., XVI, 1803, tab. 108^. — Smith FL brit., éd. 1% III, 
1804, p. 1144;ed. 2%lV, 1828, p. 343.— W. Hooker in Curt. FL lond., 
N. S., IV, 1821, tab. 131, etc., etc., — d'où résulta finalement une cxten- 
sion considérable de l'aire géographique delà plante. D'abord et longtemps 
circonscrite dans les étroites limites de la vallée de Lfanberis, elle se trouva, 
en fin de compte, disséminée dans les trqjs royaumes, si bien qij'en 1844, on 
loi connaissait vingt-quatre localités principales, dont huit en Angleterre, (y 
compris le Caernarvonshire, dans le Norlb-AVales, et le Brecknockshire, dans 
le South-Wales), six en Ecosse et dix en Irlande. Voir le détail de ces loca- 
lités, avec les témoignages sur lesquels elles s'appuient, dans Edw. Newman, 
Bist. of brit. Ferns, 1844, p. 382-84, où l'auteur, p. 38-J, ligne 3, dit 
avoir lui-même rencontré la plante dans douze au nioins des petits lacs qui 
abondent dans le massif du Snowdon. 

V Isoëtes lacy$trhy)Wd\i donc, depuis longtemps^ un rôle considérable dans 
la flore anglaise, même à lepoque où il était encore inconnu en France (1). 
Mais, indépendamment des idées plus ou moins défectueuses que les différents 



(1) La première mention (]el75, lacushis français se trcuve dans Tliore, Essai d^uno 
Chloris du départcnœnt des Landes, Dax, 1803, p. A2/1, où l'aulcur cite entre autres 
les mares du bois de Saint-Vincent près Dax, dans lesquelles il aurait trouvé la plinte, 
-^y ^pmpagnie de son ami Eory de Saint-Vincent, alors que ces marcs étaient presque à 
sec, circonstance qui ne permet pas de croire qu'il s'agisse ici du vrai iacushis, — 
Tout aussi suspectes sont les trois autres localités, Monipellîer, Domfrout et Saint- 
Andéol, que De Candolle citera deux ans après pour la même e?|)èce (FI. fr, l^Qf), II, 
p. 576, n. l/i/i8). U est certain que la plante de Montpellier se rapporte à une autre 
espèce (plus tard h, setacea), et quant au lac Je Saint-Andéol, dans TAubrac, on sait 
aujourd'hui qu'il renferme deux espèces, Tune très-abondante, qui est Vcchinospara^ 
l'autre très-rare, qui est le/acu.^/?-/s (J. Guy, t:xc union bolQhiqueài'Auhrac et au Moni- 
Dore, in BulL Soc. bot. Ft\ Vllï, 1861, p.^ 512 et IX, Ji<62, p. 111. Exlr., 1862, 
p. 6 et /17). — C'est dans la môme année fSOo que Willeaiet indiquait 17s. lacustris 
dans les lacs de la chaîne des Vosges {Vhylogr, encycL 1805, III, p. 1221), et ici le 
fait a été reconnu comme parfaitement exact (Kirschle^. FI. d*Aîsace, II, 1857, p. 370). 
En France, Vh, lacustris ne se trouve jusqu'ici que là (dans les Vosges), sur le plateau 
central, et aux lacs de Carlitte dans les Pyrénées orientales. 



576 SOCIÉTÉ 150TÂÎSIQUE DE FRANCE- 

auteurs propageaient sur sa structure, entraînés surtout par Linné, la plante 
restait spécifiquement isolée, personne ne se doutant que le genre Isoëlespùt 
renfermer deux espèces anglaises parfaitement distinctes l'une de l'autre. 

Les choses en étaient là, lorsqu*après la découverte, faite en France par 
M. Durîeu deMaisonneuve, de l'espèce nouvelle qu'il appelle Is, echinospora, 

et sachant qu'on la trouvait fréquemment mêlée à Vis. lacustiis^ j'eus l'idée 
d'appeler sur cette question l'atteniion de 3L Babington, professeur de bota- 
nique à Tuniversité de Cambridge et auteur d'un Manval of british botony, 
déjà arrivé à sa quatrième édition. C'était au commencement de seplcm- 
bre 1861, alors que j'étais encore au Mont-Dore et que je pouvais lui fournir, 
comme objels de comparaison, d'excellents échantillons des deux espèces. 
M. Babington prit intérêt à la question, et, parmi beaucoup d'échantillons 
reçus de lui en décembre de la même année, j'en distinguai deux, qui, souiuis 
à M. Durieu, furent aussitôt reconnus par lui pour appartenir à son Is, 
echinosporaj malgré l'état défectueux de l'un d'eux^ qui n'était qu'une moitié 
d'échantillon partagé dans sa longueur. Ce dernier échantillon avait été récollé, 
en juin 1828, par M. W. Wilson, le célèbre bryologue (de Warrington, Lan- 
castershire), dans ce même lac gallois Llyn-y-Cwn, où Dillen avait précé- 
demment indiqué son Calamaria folio breviore et crassiore. L'autre échan- 
tilloh, parfaitement entier et très-bien caractérisé, provenait de la vallée de 
Llanberis, où iM. Babington l'avait recueilli lui-môme en août \%hl. Ce pre- 
mier envoi fut bientôt suivi d'un autre, renfermant plusieurs échantillons de 
la même espèce (reconnus, au moins, comme tels par M. Durieu, malgré 
l'extrême imperfection de leurs organes reproducteurs), provenant du Loch- 

r 

of-Fark, ou Loch-Drum, petit lac de i'Aberdeenshire, en Ecosse, d'où ils 
avaient été envoyés tout récemment par MM. Dickie, Brown et King, ceux 
de ces deux derniers messieurs récoltés en octobre 1862. 

Auteur d'un Bryologia anglica très-estimé (London, 1855), M. William 
Wilson (de Warrington) n'est pas non plus étranger à l'étude des Isoëtes anglais. 
Deux articles de lui sur cette matière m'ayant été communiqués par IM. Ba- 
bington, je lésai lus avec la plus grande attention, dans l'espoir d'y trouver 
quelque jugement ou quelque renseignement utile sur la plante par lui récoltée 
an Llyn-y-Cwn, cette même plante que M. Durieu rapportait à son h. echi^ 
nospora (1). Dans le premier de ces articles (Hook, Journ. of Bot.^ 1, 1834, 
p. 312), tout ce qu'il dit de la plante, c'est qu'elle avait les frondes étalées 
[spreading), aplaties, dilatées à la base et beaucoup plus courtes que celles du 
Ffynnon-frech (c'est ainsi qu'il écrit le Phynon-vrêch de Ray et de Dillen), et 
qu'elle paraissait dioîque , ce qui n'offre rien de caractéristique quant à la 
direction des frondes, puisque Vis. laciistris varie assez souvent à feuilles 



(1) M. Al. Braun m'écrit qu'il a jugé de même les échantiUons qui lui ont été envoyés 
de la même localité par M, Wilson lui-même. 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 277 

étalées, et absolument démenti par rexpérience quant à la séparation des sexes. 
I/autrc article a été inséré, en juin lSlx2, dans le Phytologist, t. I, p. 235, 
et ne contient non plus rien de suffisamment comparatif. On y voit seulement 
que les spores de la même plante ont paru à l'auteur plus nombreuses et plus 

■ 

lisses, et les capsules plus grandes et munies de douze barres transversales, 
toutes choses qui, probablement, ne dépendent que de Tindividu observé, et 
qui, au surplus, n'ont rien de caractéristique. Il est donc évident pour moi 
que M. Wilson, qui a vu nos deux plantes vivantes sur le terrain, n'a pas eu 
la moinde idée de la différence vraiment spécifique qui pouvait exister entre 
elles. Ses deux articles n*en sont pas moins remarquables par certains détails, 
où il montre une intelligence de l'organisation isoëtique bien supérieure à celle 
dont les flores de la même époque pouvaient donner l'idée. Je signale, entre 
autres, le passage du premier article, où il dit avoir accidentellement trouvé, 
dans r h, lacustris, deux ligules superposées l'une à l'autre. Ce fait a de quoi 

* 

frapper ceux qui savent que plusieurs espèces du même genre, et notamment 
Vis. Malinveniiana, ont normalement une double ligule. (Voy. Cesali et De 
Not. Jsoëleos novœ DescriptAn Ind. sem. horl. bot. Gen., 1858, et Gennari 
Revist. délie Isoelee délia FL ital, in Comment, délia Soc. crittogam. itaL^ 
u**' 2 et 3, 1861 et 1862.) La seule chose qui paraisse ne pas pouvoir être 
accordée à M. Wilson, c'est qu'il y ait une communication ouverte entre le 
sporange et la base de la ligule; l'opinion de M. Al. Braun est, du moins, 
qu'un tissu |)articulier sépare entièrement ces deux cavités. 

Qu(»i qu'il en soit, il résultait des communications faites par \\. Babington, 
en 1861, qu'une seconde espèce d'IsoëCes, Vis. eclnnospora DR., existait en 
Angleterre coninie en France, et cela sur deux points éloignés l'un de l'autre, 
vallée deLlanbcrîs, dansleCaernarvonshire, et Loch-of-Park, en Ecosse. Aussi 
M. Babington a-t-il pu inscrire la nouvelle espèce en louie sécurité dans la cin- 
quième édition de son Manual ofbrit. bot. , publiée en juin 1862, avant même 
que la plante eut été régulièrement décrite par l'auteur français, occupé d'un 
travail d'ensemble qui n'était pas encore suffisamment avancé (1). Dans cet 
ouvrage, M. Babington annonce une troisième localité anglaise pour T/^. echi- 



(1) La première indication de 17^'. ech'nospjra se trouve dans une leltre que j'ai 
reçue de M. Durieu, en date du 28 octobre i860. L'espèce a été ensuite sommairement 
caractérisée par lui dans Bull. Soc boL de Fr. VIII, 1861, p. 164. J'en ai parlé moi- 
même en plusieurs passages de mon Excursion botanique à VAuhrac et an Monl^D^rc^ 
imprimée dans le même Bulletin en 1861 et 1862 Son indigcnat allemand et sa distri- 
bution géographique ont été exposés par M. Al. Braun, dans la môme année 1862, p. 24- 
26 de son mémoire intitulé Zwei Deutsche Isoëtes-Àrlen. Enfin, an moment même où 
j'écris ceslignes/je suis précédé de deux très-întéressantcs notices sur la même espèce 
de plante: l'une de M. Babington, dans Seemann Journ. of Bot,^ 1" cah.'du 1" vol., 
janv. 1863, p. 1-5, avec Vv^. col., tab. 1 ; l'autre de M. Cicpin,danslc 3*^ fasc. de ses 
Noies sur quelques p'aules rares ou critiques de la Belgique (reçu en mars 1863), où se 
trouve annoncée Cp. 37-40) avec détail la nouvelle de Vis, echinospora découvert à Genck, 
dans la province de Limbourg. 



278 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

no^pora, savoir le Beii-Voirlik, clans le Diimbartonshire, en Ecosse. C'est la 
mémo qu*E(lw. Newman a déjà citée pour Vis. lacnstris [Hist. of brit. 
Feras, 18i4, p. 384). Est-ce avec raison, ou bien les deux espèces se trouvenl- 
elles là dans les mêmes eaux comme en tant d'autres lieux? Je n'ai pas vu les 
cchaniillons de cette localité. 

Cette découverte, dans laquelle j'avais été un intermédiaire très-actif, 
iVavait vivement intéressé ; ihaîs le fait de la découverte ne me suffisait pas. 
Sur le plateau central de la France, j'avais pu juger du rôle que joue la nou- 
velle espèce relativement aux altitudes, au sol, et surtout à sa congénère, Vis. 
lacustris. Ce rôle était-il le même en Angleterre, ddns des circonstances de 
latitude, tle climat et de constitution géologique bien différentes? J'ai voulu 
étudier cette question dans le pays de Galles, qui était plus rapproché de moi 

I 

que rAberdeenshîre, et je n*ai pas hésité à entreprendre ce voyage, lorsque 
j'ai su que >i. Babington était disposé à m'y servir de guide. 

{La suilG à la prochaine séance,) 



' M. Daliiiiicr donne lectare de la communication suivante, adressée 
à la Société : 



5»-, 



c. 



NOTE SLTi UNE COLORATION ROSE DEVELOPPEE DANS LES FIBRES VEGETALES PAR 
L'ACTION MÉNAGÉE OES ACIDES, par M. Pli. VA^ TlîîOIIKM, a-rége pn'paratcur 



^ • 



b rEcolo normale siipeneurc. 



{Pari?, mai i8G3.) 



Depuis plus de trois mois, dans les manipulations de botanique que je 
dirige à l'École normale, je me servais, pour faciliter aux élèves la distinction 
du liber dans les coupes de tiges, d'une réaction curieuse produite par l'acide 
chlorhydrique contenant m\ peu d'acide nitrique. Une goutte de cet acide, 
placée sur la coupe, colore les fibres corticales en un beau roso, les fibres 

r 

ligneuses en jaune, et n'agit pas sur les autres éléments anatoiniques. 

Croyant cette réaction bien connue, je me bornais à la faire pratiquer aux 
élèves, sans y faire autrement attention. J'ai appris tout récemment qu'il n'en 
était pas ainsi, et, pensant que cette observation pouvait offrir quelque intérêt, 
3*ài étudié de plus près l'action de l'acide chlorbydrique et des autf es acides 
sur les fibres végétales ; cette étude m'a conduit aux résultats que j'ai l'uon- 
neur de communiquer à la Société. 

I, — Si l'on plonge une coupe transversale de racine d'Érable, par exemple, 

■t 

dans une goutte d'acide cblorbydrique pur et fumant, et qu'on la retire aussitôt 
qu'elle est imbibée, pour l'examiner au microscope, on voit les îlots du 
liber se colorer en rose; l'action commence par les faisceaux les plus anciens, 
c'est-à-dire par cewx qui sont le plus éloignés du centie, et, dans chaque 
faisceau, ce sont les fibres de la péripliérie qui se colorent les premières. 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 279 

Quelques mîiiulcs suffisent pour que la coloration ait gagne iion-seulenient 
tous les îlots, mais aussi tontes les fibres isolées qu'elle met en évidence. Le 
réactif n'agit d'ailleurs ni sur les cellules de l'écorce, ni sur le cainbiuin. Il 
colore les libres du bois, mais ce n'est qu'à la longue; et tout le liber possède 
depuis longtemps sa teinte rose éclatante loriique le bois ne fait encore que se 
teinter dans la zone voisine du cambium, par où commence toujours sa colo- 
ration. Par une action longtemps prolongée, la couleur du liber se fonce et 
devient violacée, tandis que celle du bois est encore le plus souvent limitée à 
I» zone la plus jeune, aux rayons médullaires cl à queUjues plages irrégulière- 
meut distribuées; d'ailleurs, en raison de la moindre épaisseur des fibres, la 
couleur rose y est toujours plus son)bre et bien diiïérenie de celle qu'affecte 
le liber. 

J'ai dit que si Ton emploie l'acide concentré, il ne faut iju 'imbiber la coupe 
et la retirer aussitôt ; quand on la laisse séjourner dans l'acide, la coloration 
rose ne se produit plus, un dégagement de gaz se manifeste et tout se colore 
en jaune brunâtre. Il y a plus : si, sur luie coupe où le liber est bien coloré 



en rose, on ajoute une goutte d'acide, un dégagement de gaz a lieu, la teinte 

w 

jaune brun gagne un à un tous les îlots du liber, et le rose s'efTace à mesure. 

Ce dégagement de gaz est incompatible avec la teinte rose ; le produit coloré 

qui se forme par l'action ménagée de l'acide chlorhydrique se détruit donc au 

contact d'un excès d'acide. 

Pour rendre la réaction plus sûre, il vaut mieux étendre l'acide fumant de 

son volume d'eau; on peut alors plonger la coupe dans le réactif, placer le 

verre h couvrir, et observer. Si l'on veut éviter tout effet des vapeurs acides 

sur le microscope, on plonge la coupe pendant quelques instants dans l'acide 

étendu, on la retire, on la laisse sécher à l'air, et on la met ensuite dans 

l'eau pour l'examiner au microscope; la teinte est un peu affaiblie par l'eau, 

mais reste encore très-neite. 
Si l'on ajoute a l'acide chlorhydrique un peu d'acide nitrique (1/tO de son 

volume), la réaction est la même, maison outre le bois se colore en jaune; ce 

qui est l'effet particulier de l'acide nitrique. 

J'ai réalisé cette réaction sur un certain nombre de tiges et de racines 
(branche et racine d'Érable; branches de Tilleul, Noisetier, Châtaignier, 
Orme, Prunier, Aubépine, Pécher, Vigne, Peuplier, Acacia) ; je l'ai trouvée 
partout la même. Les différences d'un végétal ? l'autre ne se montrent que 
dans la rapidité avec laquelle la coloration s'effectue et dans l'intensité qu'elle 
prend. Dans les jeunes pousses de Pêcher, danslesjeunes branches de Vigne, 
où le liber est très- développé et la couche herbacée très-verte, les îlots roses 
du liber se détachant sur un fond vert offrent un aspect très-agréahle à l'œil. 
Dans le Peuplier et l'Acacia, au contraire, l'acide ne développe qu'une teinte 
rosée très-pâle. 

Les fibres des Conifères et des Cycadées se colorent aussi très-bien ; et 



280 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

dans ce dernier groupe, le réactif est très-utile, car il met eu évidence les 
fibres isolées, éparses au milieu du tissu cellulaire, comme dans le Cycas revo- 

lutùy par exemple- 
Sur les fibres des végétaux monocotylédonés, raclîon de l'acide chlorhy- 
drîque est très-lente, mais par un contact prolongé, elle devient très-nette et 
se montre surtout dans la zone de fibres qui entoure le cambium de chaque 
faisceau ; c'est ce que j'ai observé sur le Palmier et le Dracœna. Dans les 
Fougères, ce qui se colore surtout dans les vaisseaux fibro-vasculaires, ce sont 
les parois des vaisseaux scalariformes ; la gaine de cellules fibreuses qui les 
entoure ne se colore pas sensiblement. 

IL — Le mode d'action de Tacide chlorhydrique sur les fibres végétales 
ne lui appartient pas en propre. Il le parlage avec les acides azotiipie, sulfu- 
rique, phosphorique, etc. ; je vais en dire quelques mots. 

A 

On sait que l'acide azotique jaunit les fibres végétales, tant celles du liber 
que celles du bois; mais ce n'est là que le résultat définitif de l'aclion de cet 
acide; il y a une réaction intermédiaire qu'il est facile de manifester en pre- 
nant quelques précautions. 

Place-t-on une goutte d'acide nitrique ordinaire sur une coupe de tige, on 
voit au microscope se produire un dégagement de gaz et la coupe prendre une 
couleur jaune foncé. 

Prend-on de l'acide étendu de son volume d'eau, le résultat est tout diffé- 
rent: on voit au bout de quelques instants tous les îlots du liber se colorer en 
un beau rose, aussi riche que celui que produit l'acide chlorhydrique; mais 
si les tissus restent en contact avec un excès d'acide, cette coloration n'est que 
fugitive : on voit peu à peu le bois se colorer en jaune et un gaz se dégager; 
la coloration jaune gagne peu à peu Técorce. Pendant quelques instants, 
le bois est très-jaune, le liber très-rose, mais bientôt celui-ci est envahi îlot 
par îlot, et tout devient jaune brun. On rend la coloration permanente en ne 
faisant que tremper la coupe dans l'acide et en la laissant sécher sur un verre 
au contact de Tair. On peut mètne, avec l'acide concentré, en trempant vive- 
ment une coupe, en colorer le liber en rose, au moins en quelques endroits et 
pour quelques instants. 

L'acide nitrique chargé de produits nîtreux agît comme l'acide pur, mais il 
est peut-être d'un emploi plus sûr. Cette réaction a été vue et appliquée, il y 
a quelques années, par M. Vincent, pharmacien de la marine. Pour recon- 
naître la présence du Phormiam tenax dans les câbles et les loiles de la ma- 
rine et la proportion dans laquelle il y était mélangé au Lin et au Chanvre, il 
plongeait les fibres dans de l'acide nitrique contenant de l'acide hypo-azotique; 
le Phormium tenax prenant une couleur rouge, tandis que le Lin et le 
Chanvre se coloraient à peine, la distinction était facile. Or, dans l'action de 
l'acide chlorhydrique sur les fibres corticales, j'ai signalé des difl'érences de 
degré quand on passe d'un végétal à Pauire, et j'ai montré que l'acide 






SÉANCE DU 8 MAI J863, 281 

nitrique, surtout quand il est chargé de produits nitreux, se comporte comme 
Tacide chlorhydrique. Le procédé pratique de M. Vincent se trouve ainsi 
généralisé. 

!IL — Ayant vu les acides chlorhydrique et azotique agir de la même 
manière sur les fibres, j'ai essayé l'action de l'acide sulfurique. On sait que 
cet acide concentré attaque et noircit les tissus végétaux, en transformant la 
cellulose en un produit amylacé, puis en dextrine et en glucose. Mais, qu'on 
étende l'acide de son volume d'eau et qu'on le fasse agir sur une coupe de 
tige, on observera exactement ce que j'ai décrit pour les acides chlorhydrique 
^t azotique, c'est-à-dire une coloration rose très-riche dans le liber, s'éten- 
dant peu a peu au bois, en commençant par la zone extérieure. 

IV. — L'emploi de l'acide phosphorique sirupeux étendu de son volume 
d'eau conduit exactement au même résultat, mais l'action paraît plus lente, 
quoique la couleur devienne aussi intense; elle se produit d'ailleurs, comme 
toujours, sur le liber avant de se manifester sur le bois. 

Enfin, il n'est pas jusqu'aux acides oxalique et acétique qui ne provoquent 
à la longue, dans les fibres corticales, une teinte rosée assez faible mais très- 
nette pour l'acide oxalique, plus faible encore pour l'acide acétique. 

V. — Ces observations montrent que cette coloration des fibres végétales 
se produit sous l'influence de tous les acides un peu énergiques, quand on a 
soin d'en ménager l'action ; il n'y a que des différences de degré quand on 
passe d'un végétal à un autre et d'un acide a un autre. 

Il en résulte que les fibres végétales sont imprégnées d'une substance inco- 
lore, capable par l'action ménagée des acides de se convertir en un composé 
rose; que les fibres du liber la contiennent en plus grande quantité que celles 
du bois, ou du moins à un état où sa transformalion est plus facile, et qu'il y 
a là un moyen pratique commode de reconnaître le liber (ce qui offre quel- 
quefois delà difficulté dans les coupes longitudinales), mais surtout de le 
faire voir aux personnes peu familiarisées avec les tissus végétaux. Quand la 
réaction qui fait l'objet de cette note n'aurait pas d'autre importance, je 
m'estimerais heureux d'avoir pu, en quelque manière, faciliter la démonstra- 
tion de la structure anatomique des végétaux. 

M. Ghatin fait à la Société la communication suivante ; 



RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT, LA STRUCTURE ET LES FONCTIONS DES TISSUS 

DE L'ANTHÈRE, par If. Ad. CHATIIV. 

DEUXIEME PARTIE (1). 

Je me propose d'entretenir aujourd'hui la Société, dont je réclame toute 



1. 

(1) Voyez le Ëullelîn, t. IX, p. 46l 



T. X. 



20 



282 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

la bienveillance, de quelques-uns des résultais de mes recherches sur le déve- 
loppement, la structure et les fonctions des tissus de l'anthère- Âpres avoir dit 
quelques mots de la formation et de la destruction des logettes, j'entrerai en 
plus de détails sur les membranes qui composent les valves, me réservant 
^e traiter, dans une autre communication, d'autres points de l'histoire des 
anthères généralement négligés jusqu'à ce jour. 



> r» 



\ 



t. — Prcmiors cicveloppemontjs den ii!$sn« de Tanthère; des logetieâ* ' 

- L'excellent travail de Mirbel sur le développement de l'anthère peut être 
ainsi résumé : 
' 1** Le tissu de l'anthère est d'abord une masse utriculaire homogène. 

2° Plus tard, les utricules situées vers le milieu de chacune des moitiés 
des deux lobes de l'anthère grandissent et changent de forme : ce sont les 
utricules poUiniques (ou utricules-mères du pollen) destinées à être résor- 
bées après qu'elles auront donné naissance, dans leur cavité, à des grains de 
pollen, généralement au nombre de quatre pour chaque utriculc-mère, 

3** Vers la maturation de Tauthère, la portion de la masse utriculaire 
primitive qui avait persisté, séparant en deux logettes chacune des deux 
demi-anthères, disparaît, et celles-ci n'offrent alors qu*titie seule loge. 
■ k^ Tout le tissu sous-épidermique se transforme , vers l'époque de la 
déhîscence, en cellules fibreuses ou à fdets. 

' 5° La transformation des utricules simples en cellules à filets est tellement 
brusque qu'elle ne peut être surprise au moment de son évolution. 



Les propositions 1 et 2, confirmées par divers observateurs, notamment par 
M. Duchartre (1), paraissent être hors de toute contestation; j'ai eu très- 
souvent l'occasion d'en vérifier l'exactitude. 

4 

L 

La proposition 3 est encore généralement vraie. Cependant j'ai constaté ud 
assez grand nombre de cas dans lesquels la cloison de séparation persiste 
complète au milieu de chaque demi-anthère; celle-ci restant ainsi, jusqu'à sa 
déhiscence, coupée en deux logettes. Alors le plus ordinairement [Lyco^ 
perskimiy Tradescantia^ des Asclépiadées, Orchidées, etc.) la déhiscence i 
lieu, comme dans les cas où l'anthère est à deux loges, en deux demi-valves. 
La seule dilîérence est que celles-ci reposent par leur bord, jusqu'à l'instant 
de la déhiscence, sur la cloison des logettes. Ce sont les deux ventaux d'une 
porte qui, au lieu de répondre tous deux h une chambre unique, donnent 
entrée à deux chambreites conliguës l'une à l'autre. Habituellement, l'extré- 
mité de la cloison devenue libre à la déhiscence par le décollement des valves 
qui jusque-là reposaient sur elle, se déjette, se contracte ou se détruit diver- 



/ . 



(1) Observations anaiomiques et'phyfio^oglqua 6Ur la Cîai>desllne cV Europe, pl-^^l: 



fig. 81 à 85. 



Ir 
l 



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_ b - ti 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 28S 

sèment, et à ce moment Ton pourrait croire que la destruciioii de la cloison 

a précédé la déhiscence elle-même au lieu de la suivre. Dans les Passtflora; 
Scabiosa, elc, ce sont les valves réfléchies et adossées de la loge quî, plus 
que la cloison proprement dite, forment les logettes. 

Le nombre des plantes dans lesquelles la cloison de séparation des 
logeties ne persiste pas jusqu'au moment môme de la déhiscence, mais ne se 
détruit qu'aux approches de ce moment, est considérable. L'un des meil- 
leurs exemples est celui observé par IM. Duchartre dans la Clandestine^ 
qui présente une cloison encore épaisse aprfcs la production des cellules 
fibreuses (1). 
' Mirbel avait d'abord professé que le nombre ordinaire des loges des 

anthères est de quatre y et non de deux selon l'opinion commune (2). Plus 
lard, il crul pouvoir conclure de ses études organogénîques, limitées à un trop 

petit nombre d'espèces, que le nombre ti des logeltes, constant dans le Jeune 
âge, faisait toujours place à deux loges. C'est entre les deux opinions succès- 
lîvement adoptées par le savant anatomiste qu*cst la vérité. 

On vient de voir que les propositions 1 et 2, déduites du mémoire de 
Mirbel, sont absolument admises, maïs que la proposition 3 n*cst pas sans 
d'assez nombreuses exceptions. Mes observations établissent que les propo- 



• • 



ions 



Et d'abord, tout le tissa sous-épidermique se change-t-il en cellules à 
filets? On est conduit à Taffirmalion en se reportant, non au texte muet h cet 
égard, mais aux figures de Mirbel (3) et de iMeyen (^), représentant l'anthère 
dans son jeune fige, et plus tard lorsque ses cellules à filets se sont produites. 
Le contraire sera toutefois établi un peu plus loin. On verra aussi que la 
tfâiisformaiion des cellules simples en cellules fibreuses, quoique rapide, peUt 
ôtre suivie. 



If. — * De la t>i*cniîèi-e mcnib2*anc ou de la iiicmbranc externe 



de» «nthèreff. 



Développement. — La membrane épidermique est dénommée exolhecium 
par Purkiuje. Elle est figurée par Moyen et Mirbel. Ce dernier ajoute qu'elle 
se présente sous la forme d'nlrîcules relevées sur la face externe en petits 
mamelons. Voilà tout ce qu'on sait de cette membrane. Mais son développe- 
ment, sa disparition comj>lôle, les variations profondes de structure qu'elle 
IKiut offrir, le rôle qu'elle semble appelée à remplir dans certains cas de 



l\) Duchartre, loe. cit. pi. VI, fig. 86. 

(2) Brisseau-Mirbel, Éléments de Physiologie végétale ^\,f.1hl , el pi. X\^lll, fi^. 6 D 

(c'est par erreur que fauteur rcavoie ù la pi. XXXI, fig. 9J. 
• (3) Mirbel, toc. cit. 
{h) F.-J.-F. Meyen, loc. cit., et Pfanzen^Physiologie, 1837, t. Ilf, fig. 1 et 7. 



i 



284 SOCIÉTÉ fiOTANIQUE DE FRANCE. 

Structure spéciale et surtout quand les cellules à filets Tiennent a manquer^ 
p'ont aucunement préoccupé ces savants analomistes. 

Aux premiers âges de l'anthère, lorsque les utricules polliniques ne se 
dessinent point encore au sein des masses cellulaires, et souvent longtemps 
encore après la formation de ces utricules , la première membrane n'est pas 
distincte du tissu qu'elle recouvre. Mais, peu à peu, les utricules qui forment 
son assise (1) prennent une forme spéciale, grandissent en des directions 

i 

variables, et le plus fréquemment, comme Ta dit Mirbel, se relèvent en 
petites ampoules, ce que j'ai vu être aussi le caractère habituel des utricules 
épidermiques dans les pétales ; chez quelques piaules, le relief des cellules 
épidermiques de l'anthère est même assez grand pour que celles-ci constituent 

r 

de véritables poils {Lycopersicum^ etc.). 

C'est aux approches de la déhiscencc que les cellules de la première mem- 
brane éprouvent, soit dans toute l'étendue de l'anthère, soit en particulier à 
certaines places nettement circonscrites vers la ligne de déhiscence et le point 
d'attache des valves au connectif, les changements les plus remarquables. On 
les voit alors tantôt prendre sur toute la surface de l'organe {/^erf/aJt/r/^, 
Chironia^ Cassia^ Octomeris^ Zamia surtout, etc.) une épaisseur notable, 
tantôt former par un développement localisé excessif une saillie dont la section 
verticale représente une sorte de crête de coq, soit des deux côtés de la ligne 



fi 



{AïJchmea] 



diila) ; quelquefois enfin (et ce cas doit d'autant plus fixer l'attention qu'alors 
l'anthère est réduite à une seule membrane) les utricules épidermiques 
disparaissent complètement. Au point de vue des balancements organiques, 
on ne manquera pas de remarquer que dans le Calenduld cette destruction 
ou réduction extrême de la membrane épidermique sur les valves de l'anthère 
correspond à un excès de développement de cette même membrane sur le 
connectif. 

Mais c'est principalement chez les espèces dont l'anthère manque de 
cellules fibreuses que la membrane épdermique prend des développements 
inusités, ainsi qu'on le voit dans le Lycopersicum^ le Pirola, le Melastoma, 
le Cycas^ le Zamia surtout. Du rapprochement de ces deux faits en coïn- 
cidence, manque de cellules à filets, développenient considérable de la 
membrane épidermique, sort naturellement celte hypothèse: la première 
membrane ne supplée-t-elle pas, dans le phénomène de la déhiscence, la 
seconde membrane, quand celle-ci ne se transforme pas en cellules dites 
fibreuses? On se confirme en quelque sorte dans cette idée en considérant 
que le développement spécial de la membrane épidermique s'opère, comme 



(1) Dans tous les cas où répiderme des anthères se distingue bien des autres tissus, je 
ne Vài vu formé que d'une seule couche d'utricules* 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 285' 

9 

la transformation des cellules à filets, vers le moment de la déhiscence, et est 
parfois localisé comme lui sur les points où le rôle des tissus présumés aciifiî 
dans la déhiscence peut s'exercer avec le plus d'efficacité. Je nniendrai plus 
tard sur les fonctions de la première membrane. 

Généralité d'existence. — La première membrane existe toujours (1). 
Elle se distingue le plus ordinairement très -bien des tissus sous-jacents par 
la forme de ses utricules; parfois cependant, surtout dans les premiers âges de 
Tanlhère, elle ne peut être reconnue, quoique son existence ne puisse être 
révoquée en doute. Celle-ci est démontrée dans plusieurs des cas obscurs, 
soit par la transformation en cellules a filets de tout ou partie [Clandestina) 
du tissu sous-jaceut, soit par la coloration de ce dernier, ou par celle des 
utricules épidermiques elles-mêmes. 

Mais l'existence constante de la membrane externe n'est vraie que pour la 
jeune anthère, car il peut arriver que celte membrane disparaisse à peu 
près tout entière vers l'époque de la maturation {Pinus?, Laurus nobilis^ 
Mahonia) ; parfois sa destruction n*a lieu que sur la ligne de déhiscence 

{Schaueria, etc.). . • 

Formes. — La forme la plus habituelle des utricules est celle dans laquelle 
elles se relèvent en petits mamelons [Meyenia, Aspidistra, etc.) ou en papilles 
rappelant celles qui forment le velouté des pétales. Plus de longueur aux 
maihelons ou aux papilles constitue les poils (généralement simples : Lycoper^ 
sicum) qui se montrent surtout aux extrémités des anthères et surleconnectif. 
Le cas inverse du précédent, caractérisé par Taplalissement des utricules, se 
présente dans le Balsamina, le Canna^ surtout dans les Synanthérées 
{Cosmos, Dahlia, etc.). 

Le plus souvent à peu près la même sur toute la surface de l'anthère, la 
forme des utricules de la première membrane peut différer beaucoup (autre- 
nient que par leur allongement en poils) par places. C'est ainsi que les utri- 
cules se relèvent considérablement, tout en restant soudées entre elles, dans 
le voisinage de la ligne de déhiscence (2) chez le Lycopersicum, VApono- 
geton^VjEchmea, le Peristrophe, VEronthemum,\e Leucoium, plusieurs 
Possiflora, etc., sur le milieu même des valves dans le Solarium laciniatum^ 
le long du connectif dans le Calendula (3). 

r 

Colo7'ûtion. — La membrane externe se distingue souvent du tissu placé 
au-dessous d'elle par une coloration propre ou par le manque de toute couleur. 



(1) Je ferai toutefois quelques réserves touchant rexislence constante d'une membrane 
au dehors de la membrane fibreuse. 

(2) Jamais sur la ligne même de déhiscence, où la première membrane s'amincit et 
peut môme disparaître. 

(3) J*ai déjà fait remarquer que, par une sorte de balancement organique, le grand 
développement de la membrane épidermique du connectif coïncide avec la destruction 
ou ramincissemenl extrême de celle-ci sur les valves du Calendula. 



286 SOCIÉTÉ èOTANIQUE DE FRANCE. 

Assez souvent de couleur verte ou incolore, elle est d'un jaune vert dans 
XOctomeris, plusieurs Cassia; jaune dans le Iradescantia, des Solanvm^ 
Ranumulus, etc.; plus ou moins brune dans les Erica, Bhododendron, plu- 
sieurs Cassia, etc.; d'un rouge violet dans le Cyrtanthera mngnifica, des 
Ayiemone'j Popaver^ etc. Parfois, dans le Trandescantia par exemple, la 
eoloralîon de la membrane épidermîque est semblable à celle de la troisième 

membrane. 

Structiwe. — Les utrîcules composant la membrane épjdermîque des 
anthères sont généralement d'une texture délicate. Cependant elles peuvent 
prendre une épaisseur considérable. Déjà résistantes dans le Pediculans, 
r£/9«Wrfâ/w, beaucoup d'Acanlbacécs. etc., les ulrîcules de la première 
membrane prennent une notable épaisseur dans les Erica, Rhododendron^ 
Pirola^ plus encore dans le Chironio^ le Cassia, surtout dans quelques 
Lobéliacées, et le Zamia, dont les utricules épîdermîqucs rappellent assez bien 
les cellules sclércuses^m forment les granulations pierreuses de certaines poires. 

La cuticule peut elle-même former sur Tutricule une croûte épaisse; sâ 
surface peut être comme chagrinée [Cassia^ etc.). 

La membrane épidermique est ordinairement constituée par une seule 
assise d'utricules. Je n'ai vu d'exception à cette règle que dans un Cossia 
(rapporté de Bahia par Salzmann et conservé dans l'herbier Delessert), 
qui présente de deux à trois assises d'ulricules très-épaissies et colorées dans 
les côtes ou crêtes qui bordent la suture. Ces utrîcules de la première mem- 
brane ne peuveut ici être confondues avec celles, aussi disposées en assises 
multiples, de la deuxième membrane, ces dernières étant incolores et ponc- 
tuées. Peut-être observera-ton quelques cas d'anthères à membrane épider- 
mîque formée sur toute son étendue de plusieurs couches d'ulricules, ainsi 
que cela est connu dans un certain nombre de feuilles, etc. 



m* — De la seconde membrane de» anthères* 



f 



La seconde membrane des anthères, improprement dénommée endothecium 
par Purkinje quîpensair, avec Mirbel et 3Iejen, qu'elle représentait le tissu 
le plus interne, celui qui tapisse immédiatement, et à tous les âges, la cavité 
des valves, est la partie le moins incomplètement connue, on pourrait presque 
dire la seule un peu connue, des tissus qui composent ces organes. 

C'est elle seule que Purkinje a eue en vue dans son grand travail, elle 
seule dont Mirbel s'est attaché à suivre l'évolution. Comme la première 
membrane, la seconde membrane des anthères peut être considérée dans ; 

La généralité de son existence, 

La coloration , 



La forme , 
La structure, 



* 



SÉANCE DU 8 MAI. 1863. 



287 



Et le nombre d'assises de ses lUriculcs. Mais la formation des cellules 
fibreuses doit par-dessus tout être étudiée. ; 

Transformation des utricules simples en cellules fibreuses.*^ On a vu 
comment Mirbel, pour s'être montré trop fidèle à cette pensée que l'élude or- 
ganogénique, faite sur une seule espèce, doit éclairer tous les faits de môme 
ordre, ne vit pas que la transformation des utricules simples de la seconde 
membrane en cellules à filets est susceptible d'élre suivie tout aussi bien, sur 
un certain nombre d*anthères, que la transformailon de même genre qui a 
lieu babituellement dans le tissu des feuilles des Orchidées épiphyles. C'est 
à tort aussi qu'il pensa que cette transformation des utricules se produisait 
toujours à un moment très-i approché de la déhiscence. 

En réalité, le passage des utricules simples en cellules a filets peut être 
suivi avec assez de facilité dans un très-grand nombre de cas, et l'on voit alors : 

Que la transformation des tissus commence ou par l'attache des valves au 
connectif, ou par un point rapproché de la ligne de déhiscence, ou par ces 

deux points à la fois; . 

Que, dans tous les cas, c'est le tissu bordant immédiatement la ligne de 
déhiscence qui se transforme le dernier, et que, souvent même {Peristrophe^ 
Schaueria, CyyHanthera, Brillantaisia^ JJelleboruSj etc.), un arrêt d'évo- 
lution aidant, les utricules marginales de celte ligne de déhiscence ne subissent 
pas la transformation. 

Relativement à ce point, que la transformation des utricules simples eh 
cellules à fdels s'effectuerait toujours à un moment très-rapproché de la 
déhiscence de Tanthère, c'est au contraire presque la règle que cette Iransfor- 
maiion commence et souvent se complète à'une époque encore éloignée de la 
déhiscence [Helleborus, Beloperone, Bicpionia, Lamium, Jiosmarinus^ 
Fœnicidum^ etc.). 

Mais je dois; sur ce sujet qui a tant préoccupé le savant Mirbel, rappeler 
ses propres paroles et citer encore quelques détails de mes observations. 

« Ce fut alors (aux approches de la déhiscence) qu'un changement extra- 
» ordinaire se manifesta dans une ou plusieurs couches d'utricules placées 
» immédiatement au-dessous de la membrane utrîculaire superficielle. Les 
» utricules s'agrandirent dans tous les sens et leurs parois se divisèrent en 
» lanières ou en filets dont la position rappelait très-bien la forme première 
» de l'utricule. La métamorphose ne se faisait pas comme dans XùMarchantia^ 
» par transitions appréciables; elle était si brusque, que je ne pus jamais 
* surprendre la nature à l'œuvre (1). » 

Ces paroles de Mirbel devaient inspirer le désir de rechercher si, peut-être. 



(i) Mirbel, Mémoires de V Académie des sciences, t. XIII, p. 394; pi. IX, ûg. 93 
cl 94, — On sait que Tauleur compare les élatères du Marchantia aux cellules fibreuses 
des anthères. . > 



/ 



288 SOCIÉTÉ BQTANIQUE DE FRANCE, 

eo suivant le développement de l'anthère sur d'autres espèces que le très- 
petit nombre de celles examinées par ce savant, on ne saisirait pas le moment 
de la transformation qui lui avait échappé. 

VjEchmea fulgens^ le Chironia frute^cens, le Pedicularis silvatica, etc. , 
se prêtèrent mal h mes recherches. Cependant il me parut qu'en plusieurs cir- 
constances j'avais entrevu dans la seconde membrane de leurs anthères quel- 
ques étals de transformation. Ces premières observations prirent plus de con- 
sistance dans le Canna nepalensis et YAponogeton distachyus, où je vis 
apparaître les premiers linéaments des filets dans les utricules d'abord simples 
de la seconde membrane; elles devinrent concluantes dans le Tradescantia 
virginica^ plante dans les anthères de laquelle je vis même la transformation 
commencer par deux points de l'anthère : la ligne de déhiscence et le talon ou 
attache des valves au connectif, pour de là envahir, rapidement sans doute, 
maïs toutefois successivement, le reste des parois. 

Fort de ces données, je m'adressai aux plantes à très-grosses anthères 
que Mirbel avait soumises à son observation. 

Le Cucurbita Pepo et le Passiflora brasiliensiSj hase du travail de 
Mirbel, se prêtent en effet difficilement à l'étude du phénomène de trans- 
formation, mais celui-ci est plus aisément saisîssable sur d'autres espèces de 
Cucurbita et de Passiflora. C'est même dans ces plantes que j'ai pu suivre 
le moins difficilement, et la transformation des cellules, et les points premiers 
de cette transformation, qui sont bien le voisinage du connectif et de la ligne 
de déhiscence. 

La transformation des utricules de l'anthère, rayonnant alors de ces deux 
points en quelques plantes, rappelle ce qui se passe chez les animaux dans les 
os produits par divers centres d'ossification apparus sur des points opposés, 
puis marchant à l'encontre l'un de l'autre. Concluons donc en disant : 

1** La transformation des utricules simples en cellules à filets, quoique 
rapide, peut être constatée dans son évolution. 

2° La transformation commence sur des points divers, généralement vers 
l'attache des loges et la ligne de déhiscence, pour de là envahir successive- 
ment le reste des valves. 

Généralité d^existence. — L'existence de la deuxième membrane peut ' 
être admise comme à peu près constante. Je dirais comme absolument con- 
stante, d*après mes observations, si je n'avais été conduit à douter de la pi^é- 
sence de cette membrane dans le Thunbergîa alata. Celte plante n'ayant, en 
effet, les valves de ses anthères formées que de deux assises d'utricules dont 
L'interne ne se transforme pas en cellules fibreuses, on est porté à penser que 
cette assise interne représente non la seconde, mais la troisième membrane, 
et l'on se confirme dans cette opinion par cette considération que, dans les 
autres genres d'Acanthacées où les trois membranes existent, la seconde se 
change en cellules à fdels. 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 289 

Je ne tairai toutefois pas cette objection que, dans les Acanthacées, la troi- 

m 

sième membrane se détruit après la production des cellules fibreuses, tandis 
qu'elle persisterait chez le Thunbergia. Mais je ferai aussi remarquer que 
l'objection perd beaucoup de sa valeur par ce fait que la troisième mem- 
brane persiste habituellement dans les anthères privées, comme celles du 

7%wnè^?\9Zi7, de cellules à fdets. 

[La suite prochainement,) 

r 

M. Dalimier demande à M. Chatin s'il a pu constater la présence 
de trois membranes dans les anthères du Pijius. 

t ■ 

M. Chatin dit qu'il ne saurait faire une réponse précise à cette 
question, parce qu'il n'a pas encore étudié les anthères des Piniis 
dans le jeune âge. 

M. Dnchartre demande à M. Chatin s'il pense que l'expression de 
cellules à filets doive ctre préférée à celle de cellules fibreuses. ' 

M. Chatin répond que l'expression de cellules à filets lui paraît 
moins défectueuse que celle de cellules fibreuses. 

M. l'abbé T. Chaboisseau fait à la Société la communication 

r 

suivante : 



NOTES SUR PLUSIEURS ESPÈCES OBSERVÉES VIVANTES OU SOUMISES A LA CULTURE, 

' ■ ■ 

par M. rahlié T. CHABOSfSSEAU. 



l 



I. — §lnr le genre Plalycapnos Bernliardî. 

Le genre Platycapnos, établi par Bernhardî {Linnœa^ VIII, 471), a été 
ejeté par plusieurs auteurs de grande autorité. Dans le nouveau Gênera de 
Mai. Beiuham et Hooker, on lit ce jugement sommaire : « Differt stîgmatis 
» forma singulari (fere bipenni) ; ceterum ob habitum et ceteros characleres 
» nequaquam a Fumaria officinali generice separandum. » 

Je suis de ceux qui regardent comme fâcheux rétablissement d'un nouveau 
genre, toutes les fois que des caractères très-importants ne le rendent pas 
nécessaire. C'est surcharger inutilement la mémoire, si surtout il s'agit, 
comme ici, d'un genre monotype, et d'une espèce dont le faciès se rapporte 
aux espèces d'un genre voisin. Il est donc nécessaire d'établir les caractères 
comparatifs des genres Fumaria et Platycapnos, et de montrer que ces carac- 
tères sont éminemment génériques. Ceci est d'autant plus indispensable, que 
si l'on trouve de bonnes descriptions du genre Fumaria^ notamment par 
MM. J. Gay (1) [Ann. se. nat. 2*^ série, XVIII, 2U), et Lindley (Fe^é/^ 



(1) L'étude de M. Gay est surloiit intéressante par le rapprochement qu'elle établit 
tre les Fumaria et les Crucifèrfts. 



> 



290 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

kingdom), le ^enre Platycapnos paraît, en revanche, superficiellement décrit 
par son auteur et par les auteurs cjui l'ont admis après lui, 

FUMARIA. — Nucule subglobuleuse [nucula drupacea, selon Theureuse 
; expression de Bernhardi), indéhiscente, a deux valves soudées. Endocarpe 

r 

• adhérent, se transformant sous le style en une substance spongieuse, qui se 
résorbe ensuite en laissant la graine échancrée ou creusée au sommet. A ces 
caractères essentiels, on peut ajouter le stigmate à deux lames divergentes, 
avec une pointe courte au milieu (Parlatore Monogr. fig. 1), le pollen à six 
mamelons (Parlatore A c), et le pétale supérieur éperonné, régulièrement 

* atténué du sommet au milieu. 

1 

Platycapnos. — Capsule ovale-comprimée, indéhiscente, à deux valves non 
soudées, maïs simplement retenues par l'enveloppe épicarpique. Endocarpe 
membraneux, libre, formé de deux pièces attachées aux placentas. Stigmate 
à deux lames latérales divergentes, avec une lame intermédiaire allongée 

^ et bifide (Parlatore Monogr.). Pollen lisse, sans mamelons; pétale supérieur 
simplement gibbeux, muni latéralement vers le sommet de deux appendices 

; aurîculiformes jaunes. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce : Platy- 
capnos spicalus Bernh. {Fumaria spicata L.)< 

L'épicarpe du Platycapnos^ charnu vers la base du fruit, se détruit facile- 
ment sous Taction de Thumidité : alors les deux valves s'entr'ouvent de bas en 
haut; elles sont unies, de chaque côté, un peu au-dessous du sommet, par une 
véritable charnière. RI. Parlatore dit du fruit : altéra latere uninervis. La 
vérité est que chaque valve est traversée de trois faisceaux fibreux, l'un 
médian, droit, les deux autres arqués et se rapprochant du bord; seulement 
la nervure médiane est ordinairement un peu saillante sur une des valves. 

le mécanisme est facile à comprendre : le fruit est bordé de chaque côté 
par un bourrelet fibreux, qui devient libre un peu au-dessous du sommet 
et se replie sur lui-même pour passer d'une valve à Taulre. Il se trouve, ainsi 
une charnière établie sur chaque côté ; les deux valves, entièrement libres à 
leur extrémité et aussi au-dessous des deux charnières, pivotent sur èes deux 
supports. Les deux placentas, attachés dans le repli même du rebord fibreux 
qui passe d'une valve à l'autre, encadrent l'endocarpe dont les àeu\ valves 
s'ouvrent sans déchirement en se séparant du placenta du côté du bile. 

Le principe de la classification àQ$ genres dans les Fumariacécs est difficile 
2i déterminer. Plusieurs auteurs, entre autres MM. Grenier et Godron, ont pris 
pour base le nombre des graines; d'autres, la déhîscence ou l'indéhiscence 
des capsules. Or ces deux principes de classification sont également hisuffi- 
sants. M. Gay (/. c.) dit avec raison du Fumaria officinalis : Placentœ duœ, 
pariétales,..^ utraquç medio bi-ovulata; ovula reniformia, qx quatuor 
micum persistens. D'un autre côté, le singulier genre Ceratocapnos offre sur 



h 

SÉANCE DU 8 MAI 1863. 291 

une même plante des fruits déhiscents et indéhiscents. Si donc on ne veut pas 
tout réunir en un genre unique, il faut admettre dans cette famille deux 
groupes, les Corydalées^ à graines arillées (et fruit déhiscent), et les Fuma^ 
riées^ b graines sans arille (et fruit indéhiscent) ; et le genre Platycapnos se 
rapproche bien plus des Sarcocapnos et mêmç des Corydalis que des 
Fumaria; car la forme du fruit et la disposition des trois nervures le rendent 

M 

très-voisin du Sarcocapnos^ et la demi-déhiscence, ainsi que Tendocarpe séparé 
représentant un arille, le rapproche des Corydalis^ au lieu qu'il n'a vraiment 
d'un Fumaria que l'aspect. . 

• Ce n'est pas ici le lieu de parler de la distinction des espèces dans le genre 
Fumaria : aucun sujet n'est plus difficile, ni plus contesté. Les semis que j'ai 

r ■ 

faits de ces plantes m'ont permis d'arriver pour plusieurs à des conclusions 

certaines; d'autres sont encore douteuses pour moi. Je recevrai avec recon- 

naissance les échantillons authentiques et surtout les graines que l'on voudra 

bien m'offrir en échange d'autres plantes rares. Qu'il me soit permis d'obser- 

ver que les études sur le sec sont très-insuffisantes; Tépicarpc, qui s'épaissît 

vers la base du fruit en une partie caractéristique charnue sur laquelle repose 
la noix osseuse, se déforme totalement par la dessiccation. De là sont venues 

à M 

la plupart des erreurs accumulées jusqu'ici dans les ouvrages descriptifs. Une 
bonne monographie doit de toute nécessité donner des descriptions faites sur 
le vif y avec des planches coloriées. 



II. — ifi^ur le €yn»nm pros^traèa» Boreau!, Scopoli? 

M. Boreau [Flore du Centre^ V édit. n** 542) a décrit un Cytisvs du 

i 

département de la Vienne, sous le nom de Cyt. p^ostratus (Scop. FL cam. 
II, p. 70.) Il diffère du Cytisus supinus L., par une double floraison. En 
mai, il porte des fleurs latérales axillaires, solitaires ou groupées par deux, trois 
et jusqu'à cinq; en juin ou juillet, il a, comme le Cyl. supinus, des fleurs 
groupées en capitule terminal. 

Cette plante n'étant pas rare dans le bois et les bruyères des environs de 
Pindray (Vienne), notamment dans les taillis de Graillé et le bois delà Bour-* 
gogne, j*ai pu l'étudier assez complètement pendant plusieurs années pour 
éniettre sur son compte un jugement certain. 

Kst-elle bien le Cytist^s prostratus de Scopoli ? Est-elle une bonne pspèce 
distincte du Cyt. supinus L, T , 

Quant à la première question, j'avoue mon incompétence. La synonymie 
des Cytisus allemands est du restç fort embrouillée. M. Neilreich [Flora von 
Nieder-Œsterreichy p. 927), a fait du Cyt. prostratus de Scopoli une 
variété y du Cyt. capitatus. Or notre plante de France ne peut être réuniç 
qu'au C. supinus L. La description de Scopoli est trop courte pour qu'on 
puisse en tirer rien de certain ; cependant on y lit : Bami fusciy nudij ad 



292 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. . 

apicem foliosi et floriferî...; pedunculi solitarii,. . ; flores per totam longitu- 
dinem caulis ex alis prodeuntes, expressions qui ne s'appliquent pas parfai- 

4 

tement à la plante française. 

Du reste, quoi qu'il en soit, le Cytims décrit par M. Boreau n'est pas 
distinct du C. supinus L. , comme l'étude sur place m'en a convaincu. Car 
1° les deux sortes de floraisons ne sont pas toujours aussi espacées : il n'est 
pas rare de les rencontrer ensemble, en juin, sur le même rameau; 2^ elles 
se présentent avec tous les caractères d'une variation accidentelle. Ainsi, les 
deux sortes de fleurs ne se trouvent pas sur tous les rameaux d'une même 
souche, et, ce qui est concluant, c'est qu'une souche, après avoir produit une. 
année des fleurs axillaires, ne les présente plus Tannée suivante, et redevient 

Cytisus supinifs. 

L'explication morphologique de la production des fleurs axillaires n'est pas 
difficile. Elles ne se présentent que sur des tiges dont l'axe principal a été tron- 
que pendant l'hiver ou au premier printemps. La force de la sève se portant 
sur les bourgeons placés au-dessous de l'extrémité tronquée, les développe 
ordinairement en rameaux latéraux qui fleurissent en juin-juillet. Si leur 
développement s'arrête de bonne heure, la floraison se prononce dès le mois 
de mai : elle se montre sous forme de petits capitules pauciflores, ou réduits 
à une seule fleur, dont le pédoncule est souvent très-court ou commie nul. 

F 

En cet état, l'extrémité des tiges tronquées porte une petite grappe de fleurs 
axillaires qui leur donne l'aspect d'une espèce distincte, tandis qu'en réalité il 
n'y qu'une variation accidentelle. 
Le Cytisus prostratus Scop. est donc à rayer de la flore française. 



^ f 



III. — ^ur les ^edum à Uenv» Jaunes. 

■-1 

Nous possédons dans la Vienne sept espèces de ce groupe : ce sont les Sedum 
acreL.y sexangulareL. {bolonîense Lois.), anopetalum T>G. , nicœense Ail 
[altissimum Poiret), Forsterianum Smith [elegans Lej.), reflexum L., et 
une espèce voisine du reflexum et du nicœense^ que je ne puis rapporter 
à aucune description d'auteur, et que je suis obligé, malgré ma répugnance 
pour les espèces nouvelles, de nommer ici Sedum luteolum. 

Les Sedum acre et sexangulare sont hors de toute discussion. Il me suffira 
de rappeler, avec M. Grenier {Archives de Billot), queleS'. ôo/on/ense Lois. 
n'est pas distinct du S. sexangulare L. , comme on peut s'en convaincre par 
VHerbarium normale de M. Fries. 

* t t. 

Une autre observation, peu importante je l'avoue, c'est que le S. anope- 
talum et le S. nicœense ayant souvent les fleurs très-pâles et plutôt blanches 
que jaunâtres, la division des Seda genuina de MM. Grenier et Godron 
dans la Flore de France pourrait être utilement modifiée de la manière 
Suivante: 



" SÉANCE DU 8 MAI J863. 293 

Seda genuina Kocn. ■ — Munis de rejels stériles à feuilles cylindracées ou 



renflées, pércnnants. 



iy7. 






. 1. Fleurs blanciies ou rougeâtres : S, cruciatum Desf. , album L , micran^ 
thum Bast., anglicum Huds. , dasyphyllum L., brevifolium DG. 

2, Fleurs jaunes: S. repens ScliL, acre L., sexangulave L. i 

e 

ri 

B. Feuilles aï gueS'Subulé es : S. ForsterianumSmxih^reflexum L, ^ luteolum 
Chab. , nicœense AU. , anopetalum DG. , aristalum Vill. , amplexicaule DC. 



€.* 



^ 



4 

• C'est de ce dernier groupe qu'il s'agit ici, moins les deux dernières espèces 
que je n'ai jamais observées vivantes. - ' 

r J 

Je ne crois pas devoir tenir compte de la couleur verte ou glaucescente des 
rejels stériles. Je suis loin de rejeter les espèces que Ton a créées récemment 
sur cet ordre de caractères, n'ayant pas étudié toutes ces espèces vivantes et 

t ■ 

in loco natali. Mais tout ce que j'ai vu de nos contrées m'a offert une telle 
variabililé sous ce rapport, qu'en acceptant la glaucesccnce et la forme des 
rejels comme caractère spécifique, il faudrait entrer dans un démembrement 
que je n'ai ni raisons suffisantes, ni désir d'entreprendre. 

* Il existe deux autres caractères, à mon avis, plus solides. Ces caractères 
sont la présence ou l'absence de poils glanduleux hyalins obtus a la basé 
des élamines et sur les deux faces intérieures des carpelles ainsi que sur leur 
ligne de déhiscence, et l'attitude droite ou réflexe du corymbe avant la 
floraison. 

' M. Crepin est le premier, à ma connaissance, qui ait mis en relief, dans 
ses excellentes Notes sur la flore de Belgique (fascicule 1), le caractère tiré 
des poils hyalins. Depuis cette époque, je l'ai vérifié et trouvé constawt sur des 
Sedum de toute provenance; mais il est très-difficile à voir sur le secJ Jus- 
qu'à plus ample examen, je crois cq caractère solide. Le Sedum Forsteriahum 
Smith [elegans des auteurs) m'a toujours ofl'ert des élamines et des carpelles 
sans glandes. Le S. anopetalum DC, si distinct du reste, en offre en petit 
nombre. Le S, nicœense AIL, et mon S. liiteolum en sont abondamment 
fournis. Le S, reflexum L. en a toujours, quoique moins abondamment, 
malgré l'affirmation contraire des auteurs de la Flore de France^ comme je 
l'ai constaté sur des échantillons que M. Grenier m'a envoyés de Besançon. 
Quant à l'altitude réflexe ou droite de la tige avant Tanthèse, elle est plus déli- 
cate à observer, et je sais que de savants auteurs en contestent la persistance. 
Cependant je ne puis m*empêcher de l'admettre comme constante. Ayant 
observé quelquefois des tiges qui semblaient s'éloigner de la règle commune 
de leur espèce, comme certains S, reflexum dressés, et certains S. nicœense 
penchés, je les ai transportés dans mon jardin, où ils ont constamment repris 
l'année suivante leur diiedion normale, et je me suis assuré, par un examen 



29Û SOCIÉTÉ DOTANIQIE DE FRANCE. 



a 



obstacle localet accidentel. D'après mes observations, les 5^. anopelalum et 
niVcp^n^eonirinflorescence toujours droite, c'est-à-dire naissant et se dévelop- 
pant droite, quelquefois un peu nutanle (mais non réflexe) avant de fleurir, 
mais reprenant promptement l'attitude dressée. Au contraire, dans les S. For- 



'fl 



lige; mais en se développant il se renverse en crosse, et ne reprend la pose 
dressée qu'au moment de fleurir. J'avoue ne savoir nullement la cause de 
celle singulière évolution. 

+ 

* Quoique toutes ces espèces (à Texception d'une seule) soient tres-connues 
et décrites dans plusieurs ouvrages, on me permettra d'en donner ici la des- 
cription synoptique, a laquelle j'ajouterai ce que je sais de leur synonymie/ 
Je ne parlerai pas des graines, qui se ressemblent dans toules, c'est-à-dire 
sont ovales-oblongues et marquées de côtes longitudinales : elles sont seule- 
ment plus petites dans le S. Forsierîamim. Le S. luteolum est constamment 

stérile, comme nous le verrons. 



Dewùption synoptique des Sedum à feuilles subulées. 

A. — Tige réflexe auant Vanihhe, Fileis des élamines et carpelles Visses et glaires 



r-i 



1. Sedum Forsterianum Smith. — Rejets obconiquesou ovales-globuIcuT, 
très-serrés, allongés et lâches à l'ombre, verts ou plus rarement glauques. 
Feuilles grêles, subulées, atténuées à la base en un appendice asseï long, 
planiuscules à leur face supérieure, fortement ponctuées et couvertes, 
siirtoiît à l'extrémité, d'aspérités hyalines qui, vues à cdntrc-jonr, les font 
paraître denticulées. — Pas de feuilles bractéales. — Corymbe réflexe avant 
l'anthèse, à rameaux un peu scorpioïdes, puis dressés-agglomérés. Sépales 
ovales-lrîangulaîres, petits, obtusiuscules, peu épaissis au bord. Pétales 
d'un beau jaune, ainsi que les élamines. Filets et carpelles glabrescents. 
Anthères d'un beau jaune, couites,ovalcs-oblongues avant l'anthèse, ovales- 
arrondies et subréniformes ensuite. — Fleurit en juin, et souvent dès \9 
commencement; habile les terrains de sable (diluvium siliceux ou grani- 
tique), dans toute la vallée de la Gartempe, de Montmorillon à Saint-Sâvîfi: 

— ■ ^ 

La synonymie de celte espèce et de ses différentes variétés est très- 
difficile; je pense cependant qu'elle peut être établie de la manière sui- 
vante : 

a. S. Forsîerianum Smiih. —Rejets allongés, obconiques; feuill|^ vertes }, 
sépales elliptiques, un peu atténués au sommet {S. elegans G. G. Fl. de 
Fr. I, 626 ; Billot Herb. Gcdl. et Germ.). 

1 

^ S. pruinalum Brotero. — Rejets globuleux ; feuilles glauques : sépales 
elliptiques, arrondis au sommet {S. elegans Lejeune!) Virfi vivuml 



SÉANCE DU 8 MAI J863. 2»6 



y. S. aureum (Wirlgcn, FL d. Preuss. Rhehiprovinz, et Archives de Billot. 
p. 295)* — Rejets obconiques; éperon allongé, écarlé, cuspidé, dont la 
longueur égale la largeur de la feuille; sépales ovales, obtus (SchultZi 
Herb. normale). Vidi vivum I . , 

i. S. (revirense Ilosbach, îii Wirtg. FL d. Prenss. Rheinprov. — Rejets 



pinformes; éperon de la largeur de la feuille; sépales triangulaîres- 
oblongs, obtus, insensiblement atténués de la base au sommet. Non vidi. 

Observations. — 1° Notre plante se rapporte au S. aureum ou au S. Fors- 
terianum type ; mais la forme pi^uinatum existe aussi en France. — 2** Le 
S. Fovsterianum (Smith) d'Angleterre a été confondu par plusieurs auteurs 
anglais avec le S. reflexum. La plante ici décrite serait, je crois, le 5. Forste- 
rianum Smith (non Bentliam), 5. rw/^es^r^Babingt. (non L. nec Smith) (voy. 
n° 2). — 3** M. Wirtgèn a attribué des bractées au S. e/^^<7W5 (Billot, Archiv. 
p; 295); dans i^ Flore des provinces rhénaneSy il dit le contraire. M. Ozanoa 
m'a envoyé dans le temps un 5. eleyans de la HIontagne-Noîre (Aude) avec 



cette note 



tombées 



rouie, » Pour moi, je n'ai jamais vu de bractées dans les formes de ce 
groupe. — 4° Je n*ai jamais observé ces plantes que dans les terrains défor- 
mation siliceuse. Toutefois M. Ozanon m'a envoyé un Sedum elegans 
recueilli sur le calcaire jurassique a Chalon-sur-Saône, — 5** La lige fistu- 
leuse que l'on a aUribuée au S. elegans est un caractère sans valeur, qui 
dépend de l'âge de la plante et se trouve sur toutes les espèces. 



B. — Tige réflexe avant ranthèse. Filels des (lamines munis à leur base, ainsi que lei 

faces latérales des cajpeUes^ de poils hyalins oblus glanduleux/ 

Ô- Sedum reflexu.iî 1. — ftejels ordinairement allongés, serrés et glauques 
au soleil, lâches cl verts h l'ombre ; feuilles presque lisses, cylindracées^ 
mucronées, prolongées à la base en un appendice blanchâtre court, arrondi, 
celles de la lige remontant en fausses-bractées dâtts rinflorescëfttlS. 
Corymbe réflexe avant l'anlhèse, a rameaux scorpioïdes, puis redressés j 
fleurs brièvement pédiceilées^rsirement subscssiles. Sépales ovales-trîangu-' 
laires, acutiuscules, épaissis au bord. Pétales d'un Jaune vif, ainsi que îei 
élamines. Base des fdets et faces internes des carpelles munies de poils 
hyalins obtus. Anthères courtes, ovales- oblongues avant Tanthèse, ovales- 
arrondies ou subréniformes ensuite. — Fleurit de la mi-juin en juillets 
Commun. 

La synonymie de cette espèce vulgaire est fort obscure. Si, comme je lé 



Sedum rupestre L. 



'fl 



qu'une forme robuste, elle serait : 





, I 



296 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

n** 1296, ex Fries (cf. NoviL p. 135). S. Forsterîanum Bentham (non 
Smith). 

3. Sedum luteolum. — Rejets oblongs, serrés^ glauques, s*allongeant et 
verdissant à l'ombre sans perdre entièrement leur glaucescence. Feuilles 
semblables à celles du S. reflexurn^ mais plus robustes et souvent dilatées 
comme celles du S. n/c^^nse, remontant en fausses-braclées dans Finflo- 
rescence, — Corymhe réflexe avant Vanthèse^ à ranieaux scorpîoïdes, 
puis redressés ; {leurs à pédicelle excessivement court et comme nul. 
Sépales ovales-oblongs , acutiuscules, épaissis au bord. Pétales d'un jaune 
pale tirant au verdâtre^ ainsi que les filets. Base des étamines et faces 
latérales des carpelles fortement garnies de poils hyalins. Anthlres d'un 
jaune plus pi^ononcé que les filets et les pétales, oblongues ou linéaire^' 

- oblongues avant l'anthèse, pyramidales-oblongues ensuite. — Ne fruc- 
tifie jamais. — Très-abondant à Villarsprès Lussac-les-Châteaux (Vienne), 

■' sur les rochers calcaires (jurassiques), au milieu des S. reflexum et 
nicœense, dont il est probablement hybride. Fleurit en juillet, un peu 
après le S. i^eflexumy un peu avant le S. nicœense» 

L ■ . 

J'ai longtemps appelée, albescens Haw, cette espèce que j'observe cl cul- 
tive depuis plusieurs années. Ayant pu me procurer vivant le S. albescens du 
midi, je n'y ai vu jusqu'ici qu'un S. reflexum petit, à feuilles très-glauqu(S 
et serrées, à fleurs jaunâtres (les auteurs admettent qu'elles peuvent passer 
au jaune vif), et à rameaux du corymbe peu recourbés. — L*espèce de la 
Vienne n'est pas le S. cdbescens Haw. et auct. — Elle n'est pas davantage le 
8. nicœense, dont elle se rapproche cependant beaucoup ; elle en diffère par 



'■fl 



'fl 



que certains individus s'en rapprochent , mais l'ensemble a la haute taille, les 
étamines fortement hérissées, les rameaux du corymbe fortement scorpîoïdes, 
et surtout la forte souche ligneuse et dure, du S, nicœense. La stérilité con- 
stante de cette espèce et une certaine variabilité de formes tendant vers les 
deux espèces voisines me font croire fortement à une race hybride, peut-être 
même a deux croisements contraires. Mais je n'ai aucune preuve directe de 
ce fait; je suis donc obligé, à mon grand regret, de lui imposer un nom. 

* 

T 
■i 

Ç. — Tige toujours droite avant Vanthèse. Filets des étamines munis à leur base, ainsi 

■ * 

que tes faces latérales des carpelles^ de poils hyalins obtus glanduleux. 

fx. Sedum nic^eense Allioni! {S. altissimum Poîret). ^ Souche forte, sub- 

t ligneuse; rejets serrés, glauques, lâches et verdissant un peu à Tombre, à 

feuilles grosses, lisses, subulées, très-brièvement appendiculées à la base, 

celles de la tige ordinairement élargies et charnues, remontant en fausses- 



i 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 



297 



bractées. — Çorymbe toujours droite à rameaux fortement scorpioïdes ; 
jeunes boutons très-courts et tres-ohtus; fleurs très-distinctement pédi- 
cellées. Sépales petits, ovales-oblongs, aigus, épaissis au bord. Pétales 
très-pâles, souvent presque blancs, ainsi que les filets. Base des filets et 

■ 

faces latérales des carpelles fortement hérissées. Anthères d'un beau jaune, 
ovales-oblongues avant l'an thèse, ovales ensuite. — Abondant 5 Villars 
(Vienne), sur les rochers calcaires. Fleurit à la fin de juillet et au commen- 
cernent d'août. 

t 

Cette plante est certainement le S. nicœense d*Allioni, malgré la très- 
mauvaise figure du Floy^a pedemontana, qui semble représenter autre chose. 
M, Moris [Flora sardoa) affirme que c'est celte plante qui croît à la localité 
classique d'Allioni, et qui est cultivée à Turin depuis le temps de cet auteur. 
Enfin M. Ardoino l'a vue dans l'herbier d'Allioni; il pense que la très- 
mauvaise figure Axi Flora pedemontana a été faite sur une tige cultivée et 
déformée. 

L 

5. Sedum anopetalum DC. . {S. ochroleucum Villars ?). — liejets plus ou 

moins serrés, très-glauques et comme blanchâtres, à feuilles étroites, 

r 

munies d'un appendice très-court, arrondi ou tronqué , celles de la tige 
élargies, remontant en fausses-bractées. — Corymbe toujours droit, à 



rameaux très-légèrement scorpioïdes, puis étalés-dressés ; fleurs grandes, à 
pédicelle très-court. Sépales lancéolés-linéaires , longs (5-6 millim.), 
aigus, légèrement épaissis au bord, munis en dehors et en dedans de 
glandes assez nombreuses. Pétales longs, étroits, dressés, presque blancs, 
ainsi que les filets. Quelques poils hyalins clairsemés aux étamines et aux 
cari>elles. Anthères plus foncées, oblongues-linéaires avant l'anthèse, puis 

+ 

ovales-pyramidales. Fleurit vers la fin de juin, ^sur les rochers calcaires de 
Poitiers. Je n'ai pu m'assurer du synonyme de Villars {S. ochroleucum) 
qui, s'il s'applique à cette espèce, en serait le nom princeps. 

Les descriptions qui précèdent ont été faites exclusivement sur des plantes 

de la Vienne; il est clair que parmi les caractères indiqués il en est dont la 

constance a besoin d'être vérifiée par des observations faites sur une plus large 
échelle. 



f 



IV. 



Sur la durée de l'Orobanctae Hederce Yauch. 



Les observations que j'ai faites sur la croissance et la durée de VOrobanche 
tiederœ Vauch. ne s'accordent pas entièrement avec ce qui a été dit dans le 
Bulletin. 



II y a plusieurs années. 



\fficinalis 



Orobanchc que iM. l'abbé de Lacroix proposa d'appeler 0. Chaboissœi, et ne 
sachant trop à quelle espèce la rapporter, je pris le parti de la cultiver. J'avais 
d'abord soucé à .«ïpmpr piîsAmhlp Ipc AniTi^linnPs et les Orobanches: mais. 



T. X. 



21 



y^ 



-^98 SOCIÉTÉ B0î4NïfiUE DU FRANCE. 

,pour en avoir plus lot fait, je plantai simplement dans le jardin deux pieds 
adultes d'Angélique sur un sol très-argileux, en ayant soin de ramener les 
petites racines sur la surface et de les couvrir d'un mélange formé avec du 
terreau léger, du sable et des décombres calcaires. L'année suivante, ne 
voyant rien paraître, je n'y songeai? 4éjà plus, qu^nd je remarquai, à travers 
^s feuilles fanées, une seule tige d'Orobancke sortant de terré.' En décou- 

.vrant la base, je trouvai cette tige principale montée en fleurs, entourée de 
quelques bourgeons écailleux, insérés an même point sur la racine d'Angé- 
lique; l'année d'après, ces bourgeons donnèrent des ti^es florifères, et je pus 
constater que cette plante n'était que VO. Hedei^œ. Le support étant venu à 
périr, mon expérience en resta là. Je n'ai malheureusement pas observé les . 
premiers phénomènes de la germination; seulement j'ai constaté que cette 
plante se comporte comme une plaîije vivace, germant et formant §a souche 
souterraine la première année, commençant à produire des tiges florifères la 
deuxième année et tout à fait adulte la troisième (1). ,^ 

Depuis, j'ai constaté la même chose sur VOrobanche Ulicis Des Moulins, 
qui croît dans nos bruyères. Si, à l'hiver et au printemi>s. on creuse aii pied 
des tiges qui ont fleuri l'été précédent, on les trouve parfaitement vivaces, 
avec une souche munie de bourgeons assez longs. 

On sait que l'Angélique, comme plusieurs OmbeMifères, ne garde pas long- 
temps sa propri^tç geruûnative. Il serait donc utile de semer, en septembre, 
rOrobanche en même temps que l'Angélique^ Elles se développeraient 
ensemble et offriraient la garantie de durée qui m'a fait défaut. 



w. 



S^ttr le Ciagea e^xatilis Kôch. 



^ Les discussions qui oflit eu lieu dans ces dernières années sur les Gagea 
bohemica et saxalilis, sans beaucoup éclaircir la question, m'ont engagé à 
cultiver ces plantes pour en obtenir des fruits. Je dois rendre compte ici de 
mes essais, quoiqu'ils ne m'aient pas encore conduit à un résultat satisfaisant.^ 
Il y a trois ans, je fis le voyage de Nemours, d'où l'excellent et regrettable 
octeur de ViUiers me conduisit aux rochers de Polienv. Cette année 




justement, le Gagea^ contrarié par l'hiver, n'avait pas jugé à propos de 
paraître. Cependant, comme à quelque chose malheur est bon, je remarquai 



croissait 



et retenant un peu d'eau pendant une partie de l'hiver. * 

J'ai donc tout simplement planté l'année dernière des Gagea saxatilis du 
Palatinat et de Thouars (Deux-Sèvres), dans une petite caisse garnie au foy^ 



mieux 



f) 



HedercB 



au Muséum* 



{Note ajoutée pendant Vimp^e^ion 



I É 



• ^ 



\ 



t * ir- 1 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. ,299 

de terre légère, épaisse de 10 centimètres au plus- Les plantes, protégées 
par une plaque de verre dans les jours froids, ont parfaitement fleuri. Je les 
ai fécondées artificiellement en croisant les pollens des deux localités, et fai 

^obtenu en avril quelques graines, maïs en petit nombre, et jamais plus 
d'une par loge. Les capsules avaient les faces enfoncées (et nullement con- 

.vexes), comme M. Reichenbach a figuré celles du Gagea bohemîca. Si donc il 
y a une différence réelle entre la capsule de ces deux espèces; la con- 
vexité des capsules du Gagea saxatilis tient à la présence des graine» en 
nombre dans chaque loge. La question en est restée là pour moi cette année, 
: Pour avoir des pieds robustes, il faut les ôter de terre en avril-mai, en ne 
laissant que ce que les racines en retiennent, et les conserver en lieu sec jus- 
qu*cn septembre; les bulbes qui ont été trop bien nettoyés perdent une partie 
de leurs tuniques et ne donnent pas de fleurs au printemps suivant. 

Les caïeux sont iros-nombreux. On sait que la plante a deux bulbes, munis 
chacun d'une feuille filiforme; au-dessus du bulbe de l'année précédente se 
développe une série Je petits caïeux superposés suivant un ordre alterne dis- 
tique, dont les inférieurs, en grossissant, émettent une feuille filiforme et 

' remplacent successivement l'ancien bulbe qui périt. ' 



T. 1 » f 



Yl. — ^ttr îc» Àvena LudoViciana DR., fatua L. et barftala ^roter&. 

Je ne reviendrais pas sur les Avena Ludoviciana DR. et faiua L, , si je n'a- 
vais entendu révoquer en doute la constance de leurs caractères par des bota- 

■ L 

nistes très-sérieux. Je dois assurer que la culture m'a parfaitement démontré 
que ce sont deux excellentes espèces. 

K Toutes deux sont communes dans nos moissons, où elles atteignent une 
aute taille et se ressemblent parfaitement. 

Avena fatua L. , a deux à quatre fleurs aristées ; la terminale, ordinairement 

3u rudimentaire, quelquefois contenant une graine petite et à demi avortée, 

- et alors aristée, est portée sur un pédicelle toujours soyeux. On sait que 

toutes les fleurs se désarticulent. La cicatrice d'insertion de la fleur iufé- 



; rleure est plus petite que dans VA, Ludoviciana. 

r 

■i 

AvENA Ludoviciana DR. , a constamment deux fleurs arfstées, jamais pîus; 
la terminale, toujours mutîque, quel que soit son état de développement, est 
portée sur un pédicelle glabre ou seulement ciliélfe quelques poils dans sa 

^jfJBoitié supérieure. La cicatrice d'insertion de la fleur inférieure est plus 



fi 



pédicelle 



non poilu inférieurement, et muni supérieurement de poils soyeux décrois- 
sants ; seulement la partie dénudée est un peu plus considérable dans l'^ . Lu- 
doviciana, Le caractère des arêtes et celui du pédicelle de la fleur terminais 



•~» 



300 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

r 

permettent de distinguer sûrement ces deux espèces avant la maturité, et 
indépendamment de la désarticulation. 

AVENA. BARBATA Brotero, dont les fleurs se désarticulent toutes comme celles 
de l'A , fatua^ se distingue par les deux longues arêtes qui terminent la spa- 
thellule extérieure. Cette espèce, propre à la région maritime du sud-ouest, 
s'avance dans les terres à Thouars (Deux-Sèvres), où elle est de petite taille; 
à Poitiers, où M. l'abbé de Lacroix Ta recueillie daiis lés rochers calcaires 
de la Tranchée; et à Tours, où je l'ai observée gigantesque le long de la 
levée de la Loire, de Saint-Symphorien à Marmoutiers. Elle se rencontrera 
Sans doute sur beaucoup d'autres points de l'intérieur, sur les pentes des 
rochers calcaires; 



Tll. — lies Characées «lu département de la Vienne. 

La région des bruyères de Montmorillon et la zone granitique renferment 
presque toutes nos espèces de Characées. J'en ai jusqu'ici observé treize. 

Chara. — 1** Monosiphonicœ : Gh. coronataZiz (Ch. Braunii Gmel ), très- 
abondant en septembre dans Tétang du Riz-Chauvron. 

2"" Polysîphonicœ monoicœ : Ch. hispida Smith; Ch. fœtida A. Braun; 
Ch. fragilis Desv. 

3° Polysiphonicœ dioicœ : Ch. fragifera DR., à Pindray (1). 

NiTELLA. — 1** Pseudobraclealœ : N. glomerala Desv., à Pindray. 

2** Ebracteatœ dioicœ : N. capîiata Nées; N. opaca Agardh. 

3° Ebracteatœ monoicœ : N. mucronata Braun, p heteromorpha, trouvé à 
Poitiers, par M. l'abbé de Lacroix ; N. translucens Pers. ; N. flexilis L. ; N. 
tenuissima Desv. ; N. gracilis Agardh. 

J'ai observé deux fois une variété très-curieuse du Nitella flexilis^ dans 
laquelle les anthéridies et les nucules ne se développent pas conjointement 
au raêrtie nœud; comme à l'ordinaire, mais sur des rameaux séparés, quoique 
sur le même pied, de sorte que si l'on n'y prend garde, on croit avoir affaire 
à une espèce dioïque. La même anomalie a été observée à Paris, par M. Cosson ; 
et à Bordeaux, par M. Clavaud. 



VIII. — ^ur quelques Hépatiques. 



J'ai rencontré cette année deux Hépatiques rares et qui échappent par leur 



extrême petitesse : 



■ 

Lejeunia minutissima Dum.,déjb trouvé autrefois par M. l'abbé de la- 

r 



(i) M. Durieu de Maîsonneuvé a trouvé cette espèce dans l'étang de Cieux (Haule- 
Vicnne); moi-même, en compagnie de M'. Deloynes, Tai revue dans Tétang des Pïan- 

ron, avec Y hontes tenuissima Bqv. — (Note ajoutée pendant 



9 7 -W^» 

chettes près le Riz-Chauvron 



Vimpression^ septembre 4863.) 



i 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 30l 

croix, à Port-Seguin près Poitiers, y a été retrouvé par M. Deloynes et moi ; 

4 - I ■ 

çt aussi au Riz-Ghauvron, sur le Chêne, le Charme et l'Aulne. 

Jungermannia Turneri, autrefois trouvé à Montmorillon, par M. 1 



abbé 



de Lacroix, a été revu par moi à Pindray, en fructilication, dans le commen- 
cement de mars 1863. 

Le Jungermannia nigrelia De Not. abonde dans tous les endroits frais des 

rochers calcaires jurassiques du centre de la France. Il a été trouvé près de 

Paris, par MM. Bescherelle et Roze. Il fructifie abondamment en septembre'-, 
octobre. 



M. Duchartre fait à la Société la communication suivante ; 



EXPERIENCES SUR LA DECOLORATION DES FLEURS DU SYRINGA VULGARIS L. DANS LA 

CULTURE EN SERRE, par lU. P. DUCTHABTBEÏ, 



J'ai déjà eu l'honneur d'appeler Tattenlion de la Société sur ce fait remar- 
quable que le Lilas-comrnun [Syringa vulgarîs L.), soumis à ce qu'on nomme 
la culture forcée, c'est-à-dire cultivé en serre chaude pendant l'hiver, développe 
des fleurs assez dépourvues du principe colorant qui leur est naturel pour 

w 

J 

paraître blanches. Dans ma première communication sur ce sujet [Bull. Soc. 
bot. de Fr. t. VII, p. 152 et suiv.), analysant les diverses circonstances dans 
lesquelles cette décoloration se produit chez les jardiniers qui ont trouvé dans 
cette culture spéciale les éléments d'une industrie fructueuse, j'ai cherché à, 
délenniner les causes auxquelles on peut attribuer ce curieux effet, sans arriver 
toutefois, je dois l'avouer, à jeter sur cette question tout le jour désirable. Alors, 
en effet, j'avais dû me contenter d'observer la marche des faits sans pouvoir 
faire les expériences variées qui eussent été nécessaires pour les expliquer. Aussi 
me suîS"je empressé de saisir l'occasion qui s'est présentée celte année de 
tenter ces expériences, et les résultats que j'en ai obtenus me semblent assez^ 
curieux pour que je croie devoir les signaler à la Société. Je ne dois pas négli- 
ger de dire avant tout que c'est grâce à l'obligeance éclairée de M. Fournier, 
jardinier-chef chez M. Furlado, à Rocquencourt près Versailles, que j'ai pu^ 
tenter ces divers essais pour lesquels il fallait pouvoir disposer à la fois de 
serres convenablement construites, d'une surveillance intelligente et exacte, 
et de sujets en nombre suffisant, conditions difficiles i réunir. 

Parmi les diverses influences auxquelles on peut attribuer la décoloration du 
Lilas forcé, comme l'appellent les jardiniers, les plus puissantes semblent être 
Taffaiblissement de la lumière et une forte chaleur. C'est en eff'et dans desserres 
chauffées de 33 à 36 degrés centigrades et peu éclairéps, que M. Laurent aîné, 
l'horticulteur parisien le plus avantageusement connu pour ses succès dans celte 
culture spéciale, enferme les pieds de Lilas dont il veut avoir les fleurs déco- 
lorées. Mais auiourd'hui il Fournier obtient des fleurs de Lilas parfaitement 



^ --^ 



302 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



^ % 



décolorées dans une serre où la température ne s'élève guère au-dessus de 
15 degrés centigrades. Une forte chaleur n*est donc pas nécessaire pour cetté 
décoloration. Des deux influences qui m'avaient d'abord semblé les plus active^ 
en cette circonstance, il ne reste ainsi que l'affaiblissement de la lumière, car 
M. Fournier place le Lilas qu'il veut forcer dans une fosse dreusée sous une 
large tablette largement ouverte, il est vrai, du côté du nord, mais néanmoins 
médiocrement éclairée. Il m*a semblé dès lors intéressant de rechercher si 
dans cette même serre peu chauffée, une vive lumière amènerait la fonnalîôn 
dans les corolles du principe jrolorant qui y manque quand elles se dévelop- 
pent à une lumière affaiblie. Dans ce but j'ai fait l'expérience suivante : 

Sur deux touffes de Lilas placées en deux points différents de la serre, oh a 
laissé la moitié environ des branches sous la tablette, c'est-à-dire h une lumière 
affaiblie, tandis qu'on a redressé les autres branches en les retirant de dessous 
cette même tablette. Ces branches ainsi maintenues redressées arrivaient tout 
prèsdes vitres qui couvrent la serre ; elles recevaient donc beaucoup de lumière ; 
même le temps ayant été fort beau tant qu'a duré cette expérience, c*est-à- 
dire pendant la deuxième moitié de février et le commencement de mars 1863,* 
elles ont reçu les rayons directs du soleil pendant plusieurs heures chaque 
jour. Néanmoins les fleurs ont été aussi blanches qlie celles qui s'étaient épS-^ 
nouies en même temps, soit sur les mêmes pieds, soit sur des pieds différents, 
sous l'influence d'une lumière affaiblie. . * 

Répétée de la même manière ou dans des conditions légèrement différentes; 



cette expérience a donné constamment des résultais identiques. Je croîs donc* 
pouvoir en conclure que l'affaiblissement de la lumière n'est pas plus Héces- 
saîre qu'une forte chaleur pour que le Lilas, naturellement coloré, développe 
en serre des fleurs dépourvues de leur principe colorant, * 

Existerait-il dans les serres une cause piflictilière quelconque qiiî ëthpêchât 
les fleurs du Lilas d'y prendre leur coloration naturelle? Telle est la question 
qui s'est présentée à mon esprit, dès qu'il m'a été démontré par l'expérience^ 

- - * 

que le défaut de coloration des fleurs de cet arbuste n'était pas dû aux causes 
auxquelles les idées admises dans la science m'avaient porté d'abord à 
l'attribuer. Pour tâcher de trouver une réponse plausible à celte question, j'ai 
fait les deux expériences suivantes : 
• i^ Un pied de Lilas a été laissé en pleine terre et à l'air libre jusqu'au 12 avril. 
À cette époque ses jeunes boutons de fleurs étaient déjà formés et colorés 
comme ils le sont normalement dans ces conditions. Il a été alors arraché, 
comme le sont tous ceux que l'on force, et ensuite transporté dans la serre ou» 
ses branches sont restées à la lumière. Dans ces nouvelles conditions, le prin- 
cipe colorant n'a pas continué de se produire, et le 19 avril ces boutons étaient^ 
devenus des fleurs blaiKhes, 

3^ Dans les premiers jours du mois d'avril, une touffe de Lilas venant d'être 
arrachée, a été placée dans la serre, La plupart de ses branches sont lestées 



1 



SÉANCE DU 8 MAI 1863. 303 

dans l'aiftiosphère de cette serre et tout près des vitres; quant aux autres, Oiî . 
les a fait passer à travers lîne ouverture qu'on a pratiqué^ dans un des châssis 
en en retirant une vitre. Celles-ci se sont donc trouvées en dehors de la serre 
et à l'air libre. On a bouché avec de la mousse Touverturequi avait été prati- 
c^èë spéciaiemenl èh vue de ccfte expérience. Deux faits se sont dès lors pro- 
duits : d*abord, comnje il était facile de le prévoir, les branches restées danâ 
rathiosphëfe chaude de là sef rè ont développé leurs fleurs beaucoup plus rapi- 
dement que les autres. Le 19 avril elles étaient chafgét^ de fleurs blanches bien 
épanouies, tandis que celles qui avaient été amenées à Tair libre ne portaient 
encore que de petits boutons %rm comme une tête d'épingle, et déjà visiblement 
violacés. En second lieu, lorsque au bout d'environ deux semaines les fleurs 
de CCS dernières branches qui avaient subi pendant leur développement l'in- 
fluence de l'air libre se sont épanouies, elles se sont montrées colorées comme 
celles des Ljbs plantés en pleine terre. Ainsi, le même arbuste a donné, sur 






ses diverses branches, des fleurs, les unes violettes, les autres décolorées, selon 
qu'elles se sont développées à l'extérieur ou h l'intérieur de la serre. 
. Il semble donc résulter de ces expériences une conséquence inattendue; 
c'est que dans l'air même d'une serre il existe une cause qui s'oppose à la 
formation du principe colorant des fleurs du Lilas-commun, ou qui peut-être 
raltère à mesure que la végétation tend à le produire. Or, dans l'état actuel 
de la science, à quelle cause peut-on attribuer un effet si curieux ? Ne serait- 
ce pas à Taction de l'oxygène ozonisé, principe décolorant par oxydation des 
matières organiques, qui, d'après diverses observations, doit exister dans des 
serres remplies de plantes vivantes en plus forte proportion que dans l'at- 
mosphère libre ? C'est sous toutes réserves que je hasarde cette hypothèse, et 
jç désire vivement que d'autres observateurs veuillent bien la soumettre, de 
leur côté, au contrôle de l'expérience. 

M. Chatin est, ainsi que M. Duchartre, disposé à attribuera 
raction de rozone* une certaine parÉ dans la production du phéno* 



mené 



■»|i ïU 



* ^ 



- M: Fermbncl demande si l'on ne pourrait pas faire intervenir 
l'influence de la lumière incidente, l'obliquité des rayons solaires. 

M. Duchartre répond que la disposition des serres hollandaises 
dans lesquelles l'expérience a eu lieu ne lui paraît pas favorable à 
l'hypothèse de M. Fermond. 

M."l*êrmond ajoute que Texcès d'oxygerie, même non à l'état 
d'ozone, peut être pour quelque chose dans le phénomène d'albf- 
nisme. 

M. Cosson fait remarquer que, dans un grand nombre de végé- 
taux, la fixité de la coloration des fleurs est loin d'être en raison de 



304 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



son intensité. Il cite à cet égard le Delphinium orientale, dont \ei 
fleurs, souvent d'un violet foncé, sont assez fréquemment roses ou 
blanches. • 

M. A. Gris présente à la Société un rameau fleuri à' Eucalyptus 
Globidiis qui lui a été adressé par M. Peyremot, professeur de 
botanique médicale à Toulon, et donne lecture de l'extrait suivant 
de la lettre qui accompagnait cet envoi : ' 



LETTRE DE M, PEYREMOT A M. A. GRIS. 



Toulon, 23 avril 1863. 



4 ^^ 

Je vous adresse quelques échantillons pris sur un Eucalyptus Glo- 

bulus Labill, dont je suis le développement avec le plus grand intérêt au 
jardin botanique de Saint-Mandrier près Toulon. 

Les individus de la même espèce que vous avez à Paris n'ayant pas ren- 
contré des conditions aussi favorables, n'ont probablement pas eu une crois- 

* r 

sance aussi rapide que celui dont je vous envoie aujourd'hui une fleur épa- 



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nouie. 



Voici, à l'appui, quelques indications qui vous permettront de juger du prix 



que nous devons attacher à cette précieuse acquisition. 

V Eucalyptus de notre école de botanique a été semé en février 1859. Ses 

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feuilles furent décussées, sessiles, subdécurrentes jusqu'au printemps de 1861, 
époque à laquelle apparurent les preihières feuilles alternes, pétiolées, falci- 
formes, propres à Tarbre adulte. De nombreux bourgeons-fleurs (une cen- 
laine) se montrèrent pendant l'été de 1862, mais la plupart tombèrent avant 
de s'épanouir. La floraison des autres ne commença qu'à l'entrée de l'hiver 
de 1863, et elle dure encore. L'ovaire offre ceci de particulier, qu'il est tantôt 
à quatre, tantôt à cinq loges. Quelques fruits semblent parcourir les phases 
normales de maturation et me font espérer des graines fertiles. 

Cet JFw^a/ypfws atteint aujourd'hui une hauteur de 7^,7/4. La circonfé- 
rence du tronc est de 0",50 au niveau du sol, et de 0",3/4 à deux mètres 
au-dessiis. * 



A Toccasion de cette communication, M. Cosson fait remarquer 
que la Nouvelle-Hollande est lune des contrées qui fourniront peut- 
être le plus de végétaux à racclimatation en Algérie et dans le raidi 
de la France, 



*^. 



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SÉANCE DU 22 MAI 1863. 305 



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SÉANCE DU 22 MAT 1863. 



PRÉSIDENCE DE M. E. COSSON. 



M. A. Gris, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de 
du 8 mai, dont la rédaction est adoptée : 



dans la dernière séance 



Président proclame l'admission de : 



M. Petit (Paul), pharmacien, rue des Quatre-Vents, 16, 

présenté par MM. Eug. Fournier et de Schœnefeld 

M. le Président annonce en outre une nouvelle présentât! 



Dons faits à la Société : 

h 

1" De la part de M. E.-G. Paris : 

Courses bryologiques aux environs de Chambéry. 

i 

2** De la part de M. V. Personnat : 

L'Abeille de Chamonix^ 1863, deux numéros. 

3** De la part de M. Fr. Crepin : 

L'Ardenne. 

Elodea canadensis Rich. {Anacharis Alsinastrum Bab.). 

Petites annotations à la flore de Belgique, V^ fragment. 

à" De la part de M. Willkomm : 

Séries inconfecfa plantarum indigenarum Aragoniœ, par MM. Fr. 

Luscos y Bernai et J. Pardo y Sastron; traduit en latin par M. AYill- 



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komm. 



5° En échange du Bulletin de la Société : 

* 

Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, 1862, n° 1. 
Mittheilungen der naturforschenden Geselhchaft in Bem, année 1862. 
Atti deir I. R. Istituto veneto, L VIII, n° 4. 



/ • r 



Wochenschrift fuer Gœrtnerei und Pflanzenkunde , 1863, quatre 



numéros. 



Journal de la Société impériale et centrale d'Horticulture, avril 1863. 

- J 

Bulletin de la Société impériale zoologique d' Acclimatât ion ^ avril 1863. 
L'Institut, mai 1863, deux numéros. 



I 



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306 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE. FRANCE. 

DroDOse à la Société, au nom du Con 



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au lundi 27 juillet prochain^ à Çhambéry, rouyefture de la session 
extraordinaire qui doit avoir lieu cette année en Savoie. — Cette 



proposition est adoptée. 



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Société de l'avoir admiVdù'nombre"aé''sés'rAerabr 

M. le Président annonce "la mort de M. Grosjea 

Fismes' (Marne), admis dans la dernière séance. ' 

M. Fermond fait à la Société la communication 



qui remercie la 

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ILUTION DES BOURGEONS, par II 



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paEMiÈRE PARTIE. 



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* 4. 



De r hécastoii^le 9 on do lu forcé qui' préside h 1k séparation ûen cHver» 



organes végétaux* 






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1^ 



Comme point de départ de nos études, nous avons cru devoir choisir de 
préférence le bourgeon naissant développé sur des axes vigoureux, après en 
avoir enlevé toutes les feuilles et tous les bourgeons apparents et en prenant 
grand soin d'en suivre attentivement les moindres progrès. Or, quand on 
examine un bourgeon naissant, on recolmaît au microscope qu'il n'est con- 
stitué que par une multitude de petites cellules assez semblables et intime- 
ment liées entre elles; mais bientôt cette petite masse de tissu cellulaire se 
fend par le sommet, et cette féntè se poursuit d'un seul côté pour les feuilles 
alternes (lVlonocolylé4pnes),.oude (jeux côtés pour les feuilles opposées, ou de 
trois, de quatre, de six côtés pour les feuilles verlicillées, en même temps 
qu'une séparation se fait concentriqùement entre lés parties circulaires et la 
partie centrale. Au centre de ces organes, en général peu développés et qui 
alors prennent le riom d'écaillés, se trouve une petFte massé indivise fle tissu 
cellulaire qui se comportera de la même façon, en observant d'ordinaire la loi 
d'alternance; mais les organes qui se sépareront cette seconde fois, mieux 

nourris ou protégés déjà par les premières écailles , acquerront un plus grand 
développement. La masse Inïivise centrale nouvelle subira le même sort et 
donnera lieu à d'autres organes qui se développeront encore mieux, et ainsi 
de suite jusqu'au moment où l'on sera arrivé à retrouver la figure de la 
feuille particulière à l'espèce sur lac^uelle oo fa^J l'observation. Or il arrive 
un moment où cette masse centrale, bien enveloppée parles organes appen- 
diculaires déjà très-développés, est si petite que l'on ne sait plus distinguer 



le' phénomène de séparation' àont nous venons déparier, quoique pourtant 



celle séparation se contftiue encore ; c'est qu'alors, dès quMIe se prononce 
les organes appendiculaires naissants affectent ailfesltôt l'apparence de ra'ame- 



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"bÉANCE DU 22 Mli i868. - ' 307' 

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Ions qui, par leur développement ultérieur, revêtiront la forme connue de 
rdi'êane à^pendiculaîre de Tespèce que Ton analyse. ' '*^ ' ' 

C'est cl ce phénomène ou cette force, qui oblige les parties à se séparer les* 
unes des auti-es et dont *^lus tard nous ferons connaître le mécanisme, que 
nous avons crli devoir domièr le nom à'hccQstosîc (tiré du gfec exa^rroçr 
chaque individu), parce qu'en effet elle sépare, individualise pour ainsi dire' 
plus ou moins profondément les diverses parties, si bien qu'elles ne sont pliis* 
liées les unes avec les autres que par des^'fibîtits trés-rcstrcînts, ifôiVibe on 
peut l'observer dans les feuilles et les bourgeons sur les tiges; les pétales, les* 
étamines, les carpelles et les graines sur Taxe très-court qui les supporte. '1* 

Afin de se rendre compte des phénomènes dus à Thécastosie, il faut corn- 
mencerpar distinguer trois formes de cette propriété générale, savoir 

r » * Vf. f , î • î I •■ A . ■ . » • '5 

1° Celle qui sépare concentriqUèmént les parties Sutôur de l'axe, telles que 
les feuilles, les bourgeons, les sépales, etc. ,' que nous appellerons Aeca^fos/é 
centripète, parce qu'elle tend à marcher yev^ le centre de Taxe. 

2° L'hécastosie qui sépare circulairement en une ou plusieurs les parties* 
que l'hécastosie centripète a déjà séparées, de façon à constituer des organes' 
plans, alternes, opposés, verticillés; ddusla nommons hécastdMe circulaire 
ou plane : circulaire, parce qu'elle agît circulairement et parallèlement à 
Taxe; plane, parce que c'est elle qui divise le limbe des feuilles le plus ordi- 
nairement de figure plane- 

Si l'on veut des exemples très-propres à bien faire comprendre ces deux 
formes de l'hécastosie, on les trouvera dans les bourgeons connus sous le noni' 
de bulbes. En effet, si Ton coupe transversalement un oignon de Scille par 
exemple, on le trouvera constitué par une série de tuniques bien séparées,* 
mais emboîtées les unes dans les autres : c'est Vhêcastosie cen&ipèfe qui les*» 



produites. Ici' pas Ta moindre trace d'hecastosie circulaire. ^ ' -"'* 

Au contraire, dans quelques plantes, (îomme les Cereus, lesEchinocactiis,' 
lés Èchinopsis, etc. , qui ne se composent, pour ainsi dire, que de côtes ver- 
ticales* uïiies entre elles par le corps même du végétal, il n'y a qu'une hécaS' 
tosie circulaire et l'hécastosie centripète est en défaut.' -^ --^ 



/bans un bulbe 3îe'Lis, Thécastosie circulaire est venue se joindre à l'hécàs*^ 
tosie centripète pour en former les écailles que tout le monde connaît. 

Enfin, s'il armait qù'iry eût a la fois défaut d'hecastosie centrîpèt^e et défaut 
d'hecastosie circulaire, on aurait un bulbe indivis connu sous le nom de bulùe 



^ 



idcy dont les Gladiolus fournissent d'excellents exemple*?. 

S*" La troisième forme de l'hécastosie est celle qui fait que les parties qu'ont* 
divisées les hécasTosies centripète et circulaire sont séparéëéi les unes* des autres 
par un tube cylindrique ou prismatique nommé entre-nœud oti mérithalle, 
parce qu'il est, en effet, placé entre les points d'où émergent les organe**' 
appendiculaircîs'et où se trouvent des rendemenls que Ton nomme ffû^^/tf' 
vitaux, èi nous portons notre attention sur ces nœuds vitaux, nous ne tar- 



308 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

dons pas à reconnaître que, bien souvent, selon les espèces où on les observe, 
ils sont le siège d'une articulation qui permet de détacher les mérithalles les 



>* ^ 



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uns des autres, comme s'ils n'avaient été que collés ensemble {Equisetum^ 
VitiSj etc.)* Pareillement, vers la fin de la saison, presque toutes les feuilles, 
les folioles même des feuilles dites composées^ se désarticulent de l'axe qui les 
porte et tombent d'elles-mêmes [Robinia Pseudacacia). Les pédoncules ne 
sont pas exempts de cette désarticulation spontanée quand les fleurs qu'ils 
portent ont rempli leurs fonctions {Asparagus officinalis^ ^sculus ffippo- 
castanwïif etc.). Enfin, c'est grâce à de semblables articulations spontanées 
que les carpelles et certains bourgeons [bulbilles) tombent, que certains car- 
pelles [lommtacés] se séparent par articles et que les graines se sèment 
d'elles-mêmes. 

En présence de ces faits irrécusables, il est donc bien établi que la petite 
masse de tissu cellulaire, unique et homogène dans le principe, n'a pas seu- 
lement subi des séparations verticales^ concentriques et latérales^ mais encore 
des séparations transversales que nous désignons sous le nom d'hécastosie 
transversale. 

Si maintenant nous observons qu'en agissant ainsi, ces trois formes de 
rhécastosie dirigent leur action suivant les trois dimensions de l'étendue : Ion- 
gueur, largeur et profondeur ou épaisseur, nous reconnaîtrons que ces trois 
hécastosies,en se produisant simultanément, ont précisément pour effet de déli- 
miter et circonscrire d'autres petits amas de cellules ayant chacun une vie par- 
ticulière dans la vie générale de l'individu, et leurs mouvements propres dont 
la variabilité entraînera nécessairement des différences dans les parties pro- 
duites. C'est la réunion de ces trois formes de l'hécastosie, prises strictement à 
leur naissance, qui conduit logiquement à la nécessité de reconnaître dans les 
parties végétales des centres vitaux que, pour plus de simplicité et surtout 
à cause de leurs propriétés, nous nommerons pkylogènes. 

Le plus souvent, les mérithalles se succèdent sans phénomènes extraofdi- j 

F 

naires, produisant autour d'eux des feuilles et des bourgeons, puis des fleurs. . 



— . — -j. '^ 



Dans ce cas, si l'on vient à couper transversalement l'axe ou tige, on y 
trouve un seul canal médullaire généralement arrondi. Les hécastosies sont 
normales. 

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Mais il peut arriver que ce phytogène, ne s'étant pas encore constitué à 
l'état de bourgeon, se comporte dans son développement de façon à produire 
des phénomènes anormaux que nous examinerons sous le nom de multipli- 
cations ou chorises. 



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Ainsi, il se peut que ce phytogène, avant de produire les une, deux et trois ^ 
parties latérales et circulaires qui constituent les organes appendiculaires, se 
divise en deux parties par suite de l'action de rhécastosie centripète, et 
qu'alors, au lieu de former un seul axe, il en forme deux qui d'ordinajre 

marchent parallèlement dans leur évolution. Dans ce cas, on a le phéno- 



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SÉANCE DU â2 MAI 1863. 309 



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mène nomtné dédoublement ^ lequel présente trois modifications appré- 
ciables : 

1° Si l'hécastosie est complété, les deux axes seront séparés; ainsi isolés, 
ils se comporteront d'une manière normale, et chacun d'eux offrira dans sa 
coupe transversale un canal médullaire arrondi. 

2"* Mais il se peut que Thécastosie centripète se prononce beaucoup moins, 
et qu'elle se traduise h Textérieur par un aplatissement de Taxe et par une 
rainure longitudinale plus ou moins profonde sur l'une ou sur les deux faces 
de cet axe. Dans cette circonstance, si l'on coupe Taxe transversalement, on 
remarquera qu'il s'est formé deux canaux médullaires dont l'ensemble simule 
un Aw^Yrfe cAeyfre (iMoquin-Tandon), canaux d'autant plus distincts que les 
sillons étaient plus profonds, ce qui accuse un état hécastosîque plus pro- 
noncé. 

S"* Enfin, si l'hécastosie centripète est encore moins prononcée que dans 
l'exemple précédent, quoique manifeste encore, le phénomène ne se traduira 
que par raplatissement de l'axe et par un bourgeon lui-même aplati comme 
Taxe et dans le même sens. La section transversale d'une semblable tige ne 
montre plus deux canaux médullaires, mais un seul qui a alors une forme 
elliptique. Cet état particulier est un commencement de la monstruosité que 
les physiologistes appellent fascie ou lige fasciée. Tous ces phénomènes con- 
stituent des excès d'hécastosie centripète^ puisqu'au lieu d'un élément on est 
forcé d'en reconnaître deux. 

' Par contre, il y a une autre série d'anomalies que nous désignerons sous le 
nom de défauts d^hécastosie, et dans laquelle viennent se ranger tous les phé- 
nomènes connus, sous le nom de soudures, expression que nous ne saurions 
adopter, parce que d'abord elle ne concorde plus avec celles que nous 
employons pour exprimer tous les phénomènes de l'hécastosie, et parce 
qu'ensuite elle donne évidemment une fausse idée de la nature de ce genre de 
phénomènes, puisque, pour qu'il y ait eu soudure, il aurait fallu que les 
parties eussent été séparées auparavant. Or, nous savons bien que, dans le 
principe, tout était intimement lié dans la petite masse de tissu cellulaire ou 
phytogène. ' . , 

Des considérations résultant de celte étude nous ont conduit aux conclu- 
sions suivantes : 

ri 

1^ Les phénomènes de l'hécastosie sont^ en général^ d'autant plus marques 
qu^on les observe chez les végétaux les plus élevés dans les classifications 
méthodiques. 

2** L'hécastosie centripète est d'une importance plus grande que les deux 
autres formes de l'hécastosie^ et se retrouve d'autant plus développée qiCon 
Vobserve chez les végétaux les plus élevés dans les différents groupes. 

3** Lhécastosie circulaire est d'une importance moins grande que l'hé" 

castosie centripète^ et se montre souvent d^autmt plus développée dans les 



310 SOCIÉTÉ botaniquî; de frange. 



1 ■■ ^ 



fieurs qu'on l'observe dans les espèces les plus élevées dans les différents 

groupes. 

^ W Vhécastosie transversale est d'une importance inférieure aixx deux 
^utres , et peut indifféremment se rencontrer dans tous les groupes 

véûélaux. 

{La suite à la prochaine séance,) 

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^"^*TM. J. Gâv fait à la Sociéîé la communication suivante : 



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, \ NOTE SUR DEUX FORMES UEMAUQUABLES DU CYTINUS HYPOCISTIS L., 



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"^*^ Lorsque J*aî présenté renvoi (îe ]VI. Martins a la Société "(séance du 2i àvi^ 

dernier), j'étais sans aucune explication épistolaire de son contenu, et je n'y 

ai yu que ce que portaient les étiquettes, savoir des échantillons du Cytmus 

^flypoàhtisl' cueillis par MM. Barrandon et Roudier, sur deux mères diffé- 

**?ènte§, les uns sur le Cistus monspeliensis^ les autres sur le Cistus albidus^ 



r*-'-' '■ il 



et, distrait par d'autres occupations, j'ai négligé de comparer avec une 
* attention suffisante les deux produits qu'à priori je ne pouvais guère supposer 
''différents. 

Informé, depuis, qu'il Montpellier, le Cistus monspeliensis avait été la 



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seule nourrice jusqu*ici connue du Cytinus Hypocistis; que ce dernier crois- 
sant sur le Cistus albidus était, au contraire, un fait tout nouveau observé 
' pour la première fois cette année, par M^l. Barrandon et Koudier, et seule- 
*mêiitsur les hauteurs de Mirevaf; enfin que ces messieurs croyaient avon* 
observé entre les parasites des deux Cistes des différences notables, qui pour- 

* raient bien être spécifiques, j'ai profité pour étudier cette dernière question 
•*a'mi nouvel et copîeux envoi de plantes fraîches qm m*a été fait par M. Mar- 

"tins, à la date du lO mai. 

*•■■■■ - ' . ^ 

• De cëtle élude, il résulte, en effet, qu'il existe des différences très-appre- 
'xiables entre le parasite du Cistus albidus et celui du Cistus monspeliensts. 
'^^^ l,e premier, celui qui est nouveau pour la flore de Montpellier, est géné- 
ralement plus grand et plus gros, mesurant de lia 16 centimètres de Ion- 






* - ï 



"gueur au Heu de 6 à 8. Sa sommité florale se détache hiieux en tête ^e la 
tige cylindrique, celle-ci s'élargissant plus gradueUement de bas en haut dans 
l'autre plante, sous la forme d'un cône renversé. Ses écailles caulinaîres, ses 
bractées et ses bractéoles, plus longues et plus larges^ sont, dans leur partie 
supérieure, d'un beau rouge cramoisi, qui contraste avec le rouge ferrugi- 

'Deux dont les sommités des mêmes parties sont teintes dans l'autre plante. Ses 
fleurs; enfin (ovaire et périanthe), sensiblement plus grandes, se distinguent 
en outré par leur couleur d'un blanc terne, non jaune serin, et par leur surface 

èniierement glabre, non hérissée extéri'eoreméîit de papilles nombreuses, 



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SÉANCE DU 22 MAI 1S63. - !^ll 



•'IdiîgîiÈ'cuIés*, Coniques ou cyKndriqués, où quelquefois en massue, qui ne sont 
pas des poils cloisonnés à la manière ordinaire, .mais plutôt des lobes du tissu 
sous-jacent (1). ' * ^ h v , * ^^ ' ■/'- -^ 



'' Ces différences sont assurément très-remarquables, et elles suffisent pour 
'établir dans le Cyfinus ffypocîslis deux (ormes qu'il faudra dorénavant men- 
tionner séparément dans nos tlores. Je suis môine très-dis])osé à croire que 

ces formes pourront être un jour élevées au rang d'espèces. Mais, comme les 

tdiiîéreiices signalées dépendeijt toutes de la taille, de la couli^ur ut de la 

•pubescence, caractères de médiocre importance, comme je n'ai rien vu dans 

' la structure de Tovaire et de l'appareil sexuel qui puisse appuyer ces différences, 

-comine enfin le fruit des deux plantes, y compris leurs graines, m'est encore 

inconnu (2), je croîs qu'il serait prématuré de rien décider à cet égard, et je 

•me boriie en conséquence Jx présenter le parasite du Cistus alùidus comme 

variété de Taulre qui, très-répandu dans le bassin de la Méditerranée, oii le 

premier est jusqu'ici tfès-rare, doit être tenu pour le type du Cytinus 

JJypocistis, _ ; '^i«> F- ., ^*. i^, - '-^ , / ^ [ 

" La variété dont il est ici question est donc trôs-raVe dans le bassin de la 

.^Méditerranée ; mais elle s'y trouve ep plusieurs endroits, autres que Wonlpel- 

'lier, et elle a même été signalée deux fois dans ces derniers teai|)s, par deux 

auteurs indépendants l'un de l'autre et travaillant des flores différentes.' 

! Tout aqnonce, en effet, que notre plante est le Cytinus Hypocistis var. 

k€7'mesinus de Gussone, observé par lui eu Sicile et dans les îles voisines sur 

îles Cistus villosus et creticus, quoique la diagnose, d'ailleurs exacte, n'ait 

îpolnt relevé le caractère, pour moi important, des fleurs glabres. ^^ 

C'est, avec plus de certitude encore, le Cytinus Hypocistis var. canariensis 

'Webb Phytogr. can., que l'auteur indique à Ténériffe et à Palma, croissant 

sur les Cistus vaginafus etmonspelièyisis. La certitude ici plus'graride résulte 

non-seulement de ce que l'auteur a introduit dans sa diagnose (d'ailieur^ 

imparfaite, parce qu'elle a été tracée d'après le sec) les mots importants ^r/ir- 

^èmtus vel glaberrimus^ mais encore dèf, nombreux échantillons canariens 

que j'ai vus, et où la glabréité des fleurs est très-prononcée. , \ 

' A Montpellier, c'est sm' le Cistus albidus que croît notre TWiét^ ; en Sicile, 

^ (t) Ajoutons que'Vovaire en vole de maturation exsude quelquefois, dans les échan- 
tillons mis sous la presse, une gomme-résine, blanche et limpide, que je u 'ai pas encore 
vue dans la forme à fleurs pubescenles. 

(2) Les fruits, encore frais, des deux plantes, m'ont été, plus tard, communiqués 
-par M, Marlins, mais ceux de la variété cramoisie s'élanl trouvés en mauvais état, 
^. Arthur Gris, que j'avais prié d'en faire Te^a^en détaillé, n'a pu arriver à aucun 
résultat d'où Ton pût induire une diflérence appréciable entre les deux plantes, ni pour 
le fruit, ni pour la graine. — Je n'ai pas à parler ici des observations curieuses qu*â 
-cette occasion M. Gris p faites sur la placentalion et la structure séminale du C](tinus. 
\\ faudra les comparer à ce que M. Gasparrini a dit siu: le même sujet ia Guss^FZ. 

W. synopa. II, 2 (1844), Add. p. 879, et dans le mémoire spécial que je citerai plus 
loin. 



312 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

1 

c'est sur les Cistus villosus et creticus^ d*après Gussoue que je viens de ciier; 
aux îles Canaries, c'est, d'après Webb, sur les Cistus vaginatus et monspe- 
liensis. Toujours sur des Cistes, jamais sur des Hélianthèmes, et, sauf 
rexception du Cistus monspeliensiSf toujours sur des Cistes à fleurs roses. Celte 
exception m'avait d'abord paru suspecte, et je craignais qu'elle ne couvrît une 
erreur, mais j'ai dû me rassurer lorsque j'ai vu dans Therbier de M. Cosson, 
un pied de notre Cytinus kermesinus (caractérisé du moins par ses fleurs 



adhérent 



\p€l 



Tout annonce 
donc que, du moins aux Canaries, notre Cytinus kermesinus peut vivre sur 
le même Cistus à fleurs blanches, qui, dans le bassin de la Méditerranée, est 
la nourrice habituelle du Cytinus à fleurs jaunes. 

Malgré cette rencontre fortuitedes deuxformes pouvant s'accommoder d'une 
même nourrice, le Cytinus à fleurs jaunes et pubescentes n'en conserve pas 
moins son caractère propre, quant aux plantes qui lui servent d'attache. On 
ne l'a jusqu'ici observé sur aucun des Cistes à fleurs rouges cités pour le ker- 
tnesinus. Sa nourrice habituelle et générale, dans tous les quartiers du bassin 
de la Méditerranée, c'est le Cistus monspeliensis. Use trouve communément 
aussi sur le C. salvifolius^ autre espèce à fleurs blanches, ce que témoigne 
surabondamment un envoi de plantes fraîches, que jefeçoisd'Arcachon, près 
Bordeaux, au moment où j'écris ces lignes, envoi fait par mon jeune ami, 
notre confrère, Henri de Vilmorin. D'autres nourrices sont plus rares et plus 
exceptionnelles, mais s'appuient sur des témoignages dignes de foi. C'est ainsi 

w 

que M. Debeaux indique le Cytinus Bypocistis sur le Cistus Ciusii (espèce 
à fleurs jaunes), à Boghar, en Algérie {Cat. des pL de Boghar^ dans Act. 
Soc. Linn. de Bord. XXIII, 1860, p. 174), ce que confirme un échantillon 



de l'herbier de M, Cosson, récolté à Batna par M. Lefranc. Ici s'arrête la 
liste des Cistes proprement dits, connus comme supports du vrai Cytinus 
Bypocistis. Mais celte forme est moins cistophile que l'autre, et, à défaut 
de mieux, sans sortir de la famille, elle ne dédaigne pas les Hélianthèmes. C'est 



amsi que 



Cosson 



^ 

des Belianthemum glutinosum et halimifolium^ puisqu'elle a été trouvée 
sur le premier à Mostaganem par M. Balansa, et à Aumale par M. Charoy, 
deux localités algériennes ; et sur VB. halimifolium, par M. Durîeu, à Stora 
et la Calle (en Algérie), ainsi que par M. Welwitsch à Yendas (en Portugal)* 

Notre plante se montre donc plus vagabonde que sa variété cramoisie, plus 
indiflerente à sa nourrice, ressemblant en cela à d'autres parasites et notam- 
ment à certaines Orobanches qui vivent indiff^éremment sur un grand noinbre 
de plantes différentes, même de genre. 

En finissant, je dois dire un mot d'une plante que j'ai vue dans la collée* 
lion sicilienne de M. Huet du Pavillon, où elle porte le n° 173, cueillie i 

0$\mtvo Btàonnée^mk Cytinus ffypocistîsvdir. kermesinus Guss. Pouf 



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SEANCE DU '2-2 MAI 1863. 513 

moi, cette plante n'est point la variété de Gussone, et, antant par sa petite 

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taille que par ses fleurs pubesccntcs; elle rciilrc indubitablement dans le 
vrai Cytinm Hypocistis, a (leurs jaunes. Mais réliquelle l'indique comme 
ayant crû sur le Cistus villosus^ c'est-à-dire sur une des deux nourrices 
qu'en Sicile on croyait propres à la variété de Gussone, et que personne 
n'avait jusqu'ici indiquées comme nourrices du type. Y a-t-ileu quelqtie mé- 
pnsc de la part du collecteur ? Ou bien faut-il conclure de son étiquette que 
le Cytinus Hypocistis type, pris par lui mal à propos pour la variété kerme- 
sinus, peut croître aussi sur le Cistus villosus, ce dont Gussone n'avait rien 
dit ? L'avenir pourra seul éclairer ces questions. 

Je résume, ainsi qu'il suit, ce que Ton sait des caractères dislinclifs des 
deux plantes, de leur distribution géographique et de leur synonymie, d'où 
résultera le fait que la connaissance de la forme cramoisie est bien antérieure 
aux publications de AVcbb et de Gussone, puisqu'il faut remonter jusqu'à 
CUisius, c'est-à-dire deux cents ans en arrière, pour avoir la tête de son 
histoire. 

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Cytinus Hypocistis. — Squamîs caulînîs bracteisque apîce ferrugineo- 

purpureis, flore luteo columnaque genilalium papilloso-pubesceniibus. 

Hypocistis /u/ea Glus. Hisp., 1576, p. \lxZ (in Utdianth. halimif. para- 
siiica). — Ejusd. Hist., 1601, p. 72, iisd. fere verbis. 

Hypocistis varia Glus, ffisp. p. 161. — Ejusd. Hist., p. 79, cum îc. 

stirpem in Cisto monspetiensi parasilicam sistente. 

Hypocistis flore luteo. Tournef. CorolL, 1703, p. k^. 

Cytinus Hypocistis h. — Brot. Phyt. Lusit. sélect. I, 1816, p. 122, tab. 

51. — Ad. Brongn. in Ann. se. nat.^ sér. 1, t. I, 182/i, p. 40, a et p, 
tab. h. — Sibth. FL grœc, X, 1840, tab. 938 {Cisto salvifolio adhœrcns). 
Gasparr. in Att. del congr. degli scienz. in Nap., 1846, I, p. 981, 
tab. 3 (ouvrage que je n'ai pu consulter). 

Habitat pcr ouincm fere rogîonem meditci raneam, Hispanîam nempe Lusî- 
taniam, Galliam australem, Italiam saltcm mediam et australem, cum insulis 
adjacentibus, DalmalixMnsulas, Graecinm, Macedonîam, Tbracîam, Bithyniam, 
Rhodum! CretamI Natoliae orain merîdionalem saltcm circa.., (nomen haud 
legcndum) (Heldr. exsicc! ann. 1845), Algeriam, inde ab maris iiiiore usque 
adAumalc, Boghar etBatna (lal. nempe 35 et 36), et Maurîtaniamsaîtem tingi- 
tanam. Etîam in Gailîa occîdenlali auslraliore, vasconica nempe et tarbellica. 
Item in Sabaudîae convalle Maiiriana circa St Jean-de-Maurîenne (siquidem 
speciminî fidendum, quod a b. Hnguenin ann. 1830 communîcât. coram 
est). — De Gypro et SjTia, ut de ^gypto, de agro tripolitano et tunetano, 
testimonîa hucusque nuîla, neque de Canariis insulis. — Plantas nutrices 
vulgo Cistus monspcliensis et C. salvifolius; passim Cistus Clusii Dun. , 
nomînatim in Algeria interiore circa Boghar, teste Debeaux, et circa Batna, 
leste Lefranc in herb. Coss. ; passim Helimthemum halimifolium W. , 8])e- 



T. X. 



2 



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Mil 



SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 



ciatim in I^usitanîa circa Ulysipponem (Clus. 1. c.) et Vendas (Welw, in 
Iierb. Coss.), item in Hispania bœtica circa Cliiclana, copîose (Willk. exsicc! 
n°772), item in Algeria littorali circa Stora et La Calle (DR. in herb. 



f 



Coss,!; rarius H. glutinosiim Pers. , in Algeria circa Mostaganem (Balansa! 
în herb. Coss.) et Aumale (Charoy ! ibid.); rarius H. glutinosiyar, H. gla- 
hrum Ten. , circa urbem Algeriam (herb. Fauché nunc Boiss.), 

P KERMESlNUS. — Plerumque elatior et robustîor, squamis caulinis brac- 
teîsque longîorîbus, latîoribus, apice kermesino-purpureis, flore majore, 
albido, columnaque genitalium glaberrimis, ovario maturescente turgide glo- 
boso, cereo-albo. 

Hypocistis ruhra Clus. Bisp.^ 1576, p. 134, cum ic. siivpem ia Cisto 
albido parasiticam sistente (« purpurea sîve kerraesina, floribus candican- 
tîbus »). — Ejusd; ffîsf.y 1601, p. 68, cum îc. ead. 

Hypocistis purpurea^ flore candicante. Tourn, Coro//., 1703, p. h^. 

Cytiïius Hypocistis \'dir. canariensis Webb Phytogr. canar. 111,1850, 
p. Û29. 

Cytinus Hypocistis ydx. kermesinus Guss. FL sic. synops. II, 1844, 

p. 619. 

Habitat in Galiia australi monspeliensi, hucusque unice prope Mire val (ibi 
hoc anno 1863, exeunte Aprili, a cil. Barrandon et Roudier! primum 
detectus) (1); în Sicilîa passîm, inque insuUs vicinis Alicuri, Feh'curi, Mare- 
tîmoet Pantellaria (Guss.); in Canariis insulis, nempe in Teneriffa (Webb), 
in Teneriffa australi circa Guîmar et Adexe (La Perraudière ! în herb. Coss.); 
în Gomera (Bourg, exsicc! n*' 1015, ann. 1845), et in Palma (Webb). 
Nutrices în Sicilia Cistus albidus etC. creticus (Guss.), Monspelii C.albidus 
(Barrandon), in Canariis insulis Cistus vaginatuset C. monspeliensis (Webb), 
quam quidem niatricem postremam confirmare videtur spécimen herb. Coss., 
a Perralderio in Teneriffa prope Guimar lectum, idemque Cisti cujusdam 
frustulo adhaerens, quod C. monspeliensem potius quam aliam qiiaravis 
generîs speciem aemulatur. 



M. J. de Seynes dit que le Cytinus Hyp 



croissant sur le 

+ 

u Gardon, entre 



Gard 



Gay fait remarquer que la forme en question 



gnalée en France 



Il ajoute que le 



Hypocisti 



Saint-Jean-de-Maurienne, peut en effet s'y 



dans 



— ^ — ^ .- ,-._., — 

Savoie méridionale. Le fait du Cytinus Hypocistis 



(1) In planitie lapidosa et slerili {plateau-garrigue)^ vîco quffi Mireval impendet, per 
ara iter est Monspelio Frgnlim^auin eualii viamque ingresso stratam, non ferream. 



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I 



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SÉANCE DU 22 MAI 1863. 315 

Maurîenne a cependant grand besoin d'être vérifié, ainsi que 
beaucoup d'autres indications du même collecteur (feu Huguenin), 
même celles qui sont appuyées d'échantillons, comme c'est ici lé 
cas« . ■ 



i-» 



M. Roze fait à la Société la communication suivante : 



liOtÊ SUR LE CAMPYLOPUS LONGIPILUS (Brid.?) BryoL eur. I, tab. 93!, 



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M 



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En explorant, le IZt mai dernier, les rocîicrs de grès très-ombrages, situés 

* ^- ■ - - 

dans la forêi de Retz, près de la station de Vaumoisé (dhemin de fer de Paris 
à Soissons),nous avons été, M. Bescherelle et moi, fort agréablement surpris 
de rencontrer sur un de ces rochers le Campylopus longipilus Br. eur. sous 
un aspect tout à fait nouveau. Il se présentait en touffes assez compactes, 
couronnées ça et là de rosettes polytrichoïdes dont la pluie de la veille et 
la fraîcheur de la roche étalaient en étoiles les feuilles terminales. Nous jpiré- 
sumàmes à ceUe vue que ces rosettes ne pouvaient contenir que les périgones, 
inconnus jusqu*ici, de ce Campylopus^ ce qui nous fit chercher avec le plus 
grand soin si la présence de quelque iirne ne viendrait accroître le plaisir 
de notre découverte. Waîs un seul rocher nous offrit des touffes de notre 
i^Iousse, et aucune d'elles ne présentait le moindre fruit. L'examen ultérieur 
nous amena du reste a reconnaître que ces touffes n'étaient composées que 
des tiges mâles de la plante, et que toutes les anthéridies présentes n'y 
trouvaient aucun archégone à féconder. 

L'étude des rosettes a donné les résultats suivants : à rextérieur, une cou- 
ronne de feuilles entières, ovales-lancéolées, à nervure très-large, épaisse, 
terminée en poil hispide, en somme un peu plus développées que celles de lâ 
tige, mais presque en tout conformes à ces dernières; à l'intérieur, 12-15 
périgones gemmacés, composés chacun de 5-6 fouilles concaves, cordifor- 
mes, très-entières, a nervure étroite ou nulle, mais non pilifèrcs, et de 8-10 
anthéridies courtement pédicellées, environnées d'un àèsez grand nombre de 
paraphyses confervoïdes assez longues et teintes en jaune pâle comme les 
feuilles périgoniales. Notons en passant que la complète maturité de ces 
organes paraît n'avoir lieu qu'au mois de juin. 

Espérons que la connaissance des deux sexes du Campylopus longipilus 
sera suivie de la découverte du fruit de cette plante, que l'on n'a certaine- 
ment placée avec quelques autres, toujours stériles comme elle, dans ce genre 
même, que par analogie d'aspect, de structure et de végétation. 

, M. de Schœnefeld présente des fleurs anomales de Fuchsia^ dont 
les pétales, à onglet très-long- ont une apparence stamînoïde et 






« ^ 



316 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

semblent être des intermédiaires entre les vrais pétales et les vraies 

étamînes. 

M. Chatîn fait observer que les traces anthérifères qu*on voit sur 
ces pétales n'offrent ni pollen, ni cellules fibreuses. Il ajoute que les 
anthères de nombreuses fleurs de Pittosporum Tobira^ en apparence 
normales, ne présentent point de pollen. 

M. Fermond fait remarquer que le Pittosporum Tobira fructifie 
généralement bien; il lui paraît donc probable que M. Chatin a 
examiné des fleurs accidentellement stériles. 

\ 

M. Chatin fait à la Société la communication suivante : 



VÉGÉTAUX 



par lUlI. FlIiHOIi et CHATIIV. 



Le travail dont je viens soumettre les résultats à la Société fait suite à la 
fois à raa communication du 23 novembre 1860 [BulL de la Soc. lot de 
France, t. VII, p. 882) : Sur V existence, dans tous les tissus végétaux, d'un 
principe immédiat neutre, et à plusieurs mémoires de M. Filhol : Sur les 
matières colorantes des fleurs. Il peut être résumé en les propositions 
suivantes : 

1** La matière avide d'oxygène, matière provisoirement désignée par A 
{BulL Soc. bot. l c), et qui colore en brun les feuilles d'automne, existe dans 
les fleurs comme dans la généralité des autres organes des végétaux. 

+ 

2*^ L'action suffisamment prolongée de la lumière et de l'air sur la chlore- 
phylle colore celle-ci en brun jaunâtre et lui fait perdre la propriété dépasser 
au vert par l'acide chlorhydrique ; le phénomène est le même, que la chloro- 
phylle soit enfermée encore dans le tissu végétal ou qu'elle en ait été extraite 
par les dissolvants. 

^ 3° Toutes les fois que Tacide chlorhydrique a paru développer la couleur 
verte dans la chlorophylle jaunie à l'air, c'est qu'à la chlorophylle était mêlée 
de la xanthine. 

U^ L'action combinée de la lumière et de l'air sur la xanthine est, comme 
l'a vu M. Frémy, favorisée par la présence des bases, des alcalis surtout; elle 
est au contraire entravée par les acides. Le phénomène donne lieu à une 
absorption d'oxygène et à la production de gaz, sur lesquels nous reviendrons 
dans la seconde partie de ces recherches. 

5° La surface des jeunes feuilles est protégée par des corps gras dont la 
proportion diminue vers la période automnale ou de coloration des feuilles. 
On sait d'ailleurs que M. Payen a signalé dans la cuticule des feuilles plu- 
sieurs matières grasses, et que même, suivant M. Frémy, la cuticule serait 

essentiellement constituée par des substances de cet ordre. 



\ 






SÉANCE DU 22 MAI 1863. 317 

6** Les feuilles vertes, étant exposées à l'air après une immersion préalable 
dans l'éther, prennent la coloration feuille-morte. Le phénomène se produit 
plus rapidement si à l'éther simple on substitue de l'éther ammoniacal. C'est 
que l'ammoniaque, comme les autres alcalis, favorise l'oxydation de la ma- 
tière A, et que l'éther a enlevé de la surface de la feuille la matière grasse 

protectrice. L'oxygène de l'air forme de l'acide carbonique en brûlant une 
portion du carbone de A. 

7*^ La plupart des feuilles panachées de blanc [Aucuba^ Ilex, etc.) se colo- 
rent en brun, comme les feuilles vertes, consécutivement à l'action de l'éther 
ammoniacal; très-rarement [Acer Negundo) elles restent blanches. On peut 
admettre que ces dernières feuilles, sensiblement privées de la matière A, qui 
est un attribut général des sucs nourriciers, sont réellement, par le fait même 
de l'absence de cette matière plus que par celle de la chlorophylle, affectées 
de chlorose. 

8^ Les feuilles de certains arbres {Malus^ etc.) se colorent vers la fin de 
l'été en jaune, puis en rouge; mais jamais d'abord en rouge, plus tard en 
jaune. - 

Les feuilles jaunes, soumises à l'action successive de l'éther ammoniacal et 
de l'air, passent au rouge en absorbant de l'oxygène. 

L'acide sulfureux et d'autres corps 'désoxydants, mis en contact avec les 
feuilles rouges, les ramènent au jaune. 

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9° Les feuilles jaunes sont donc, dans les espèces pouvant offrir la colora- 
tion rouge, le premier degré d'oxydation des feuilles rouges. Nous avons été 
conduits aussi à regarder les fruits jaunes de diverses plantes [Rubus^ Ribes^ 
Prunus^ Malus) comme des arrêts de développement, ou mieux d'oxydation, 
des fruits rouges que produisent d'autres variétés des mêmes espèces. 

10° Les feuilles rouges contiennent habituellement encore, au-dessous du 
rouge qui eh farde la surface, une matière jaune que Ton peut isoler par 
Téther, et qui devient promptement rouge, en s'oxydant au contact de l'am- 
moniaque et de l'air. 

H*' La cyanine^ observée dans les feuilles du Pelargonium zonale par 
M. Chevreul et dans celle de plusieurs autres végétaux par M. Frémy, colore 
en rouge un certain nombre de feuilles ( Vitis^ Ampélopsis, etc.) ; mais c'est 
une substance différente, caractérisée par sa non-coloration à la lumière dif- 
fuse, qui rougit les feuilles du Berberis. 

12** L'éther enlève aux feuilles du Noyer (Juglans regiaet J. ntgrà) une 
matière incolore qui prend, sous Tinfluence de l'ammoniaque et de l'air, une 
belle couleur violette. Cette matière, qui n'existe pas dans les jeunes feuilles, 
se détruit pendant la coloration automnale; nous l'avons retrouvée dans le 
brou de noix. 

13** Les persels de fer développent sur les feuilles, que celles-ci soient 
vertes, blanches, jaunes, rouges ou déjà brunies, une coloration noire plus oa 



318 . . SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 






W\ 




{qpins intense. Cette coloration noire tient dy vert ou du bleu, suivant l'espèce 

du végétal 

L'action des sels ferriques est instantanée, si au préalable Tenduit gras de la 
surface des feuilles a été enlevé par l'éther. 

La solution du perchlorure de fer dans l'éther est un réactif sûr et promp 
dont l'effet s'explique par ce qui précède. L'éther ferré indique encore la 
présence des substances tanniques ou tannoïdes dans les feuilles mortes très- 
brunes ne contenant plus que des traces de ces principes. 

Les feuilles décolorées de l'Ace?' iVe^wniio, qui ne prennent pas la teinte 
feuille-morte sous l'influence de l'éther ammoniacal, noircissent au contraire 

par l'éther ferré, ce qui montre que réiément tannoïde a persisté dans un cas 

où la matière A faisait défapj. 

14° Le quercilrin, matière colorante isolée du quercitron (écorce du 

Çue^'cus tinctoria) par M. Chevreul, qui l'a retrouvé dans les fleurs de 
XyEscuhiS Hippocastanum^ est beaucoup plus répandu qu'on ne le pensait. 

Il existe en effet ]dans toutes, ou presque toutes les parties herbacées des 
^^'égétaux, ainsi que dans une foule d'autres organes, sur lesquels nous aurons 

à revenir plus tard. 
à 15° Avec le quercitrin coexiste assez souvent le tannin, quelquefois l'acide 

gallique, matières qui ont avec lui ce caractère commun de donner une cou- 



leur brune avec les sels de fer. 



16° Ces trois matières : quercitrin, tannin, acide gallique, qu'on peut dire 
de même famille et àont la troisième dérive même, au moins en dehors des 
corps organisés, de la seconde, ont une diffusion ou généralité d'existence 
très-différente : le quercitrin est le plus répandn; le tannin vrai Test beaucoup 
naoins ; l'acide gallique est rare. 



17° Il ressort implicitement des présentes recherches que ce qu'on a dît 
du tannin vert doit être généralement rapporté au quercitrin. Prochainemept 
nous dirons si au mot généralement, aujourd'hui employé par réserve, ne 
devra pas être substitué le mot toujours. Alors il n'y aurait qu'un tannin, ce 
tannin gallique qui doflue avec les sels de fer une coloration bleue, et dont 
M. Pelouze a fait une si belle étude. 



V'if ^v;-Ex 



18° Durant la coloration automnale des feuilles, les trois matières <jui colo- 
rent les sels de fer disparaissent, leur destruction ayant lieu dans l'ordre suî- 



ï 



vaut : quercitrin, tannin, acide gallique. Cet ordre de destruction est le me 
que celui de la diffusion, qui paraît être aussi celui de leur importance p 
siologique* 

19° La liqueur cupro-potassîque, communément employée à constater ja 
présence du glucose, mais qui est aussi réduite par un grand nombre d'autres 
matières organiques, notamment par celles que M, Payen a extraites du tissu 
du bois, et, ce qui est plus inattendu, par la cellulose elle-même, la liqueur 
cupro-potassique donne un moyen facile de reconnaître le mélange du tannin 



I 



SÉANCE DU 22 MAI 1863. 319 

au quercitnn. Énergiquenient réduite par le tannin, la base cuprique de la 
liqueur d'essai n'éprouve aucune réduction en présence du quercîtrin. 

j ■ 

20° Il est donc acquis que les sucs des plantes, et surtout ceux des parties 
herbacées, c^est-à-dire des organes dans lesquels se pressent les phénomènes 
les plus actifs de la végétation, renferment, entre quelques autres, deux 
matières dont le rôle important ressort assez de leur extrême diffusion elle- 
même, savoir : 1° la matière incolore qui, sous l'influence de l'oxygène 
atmosphérique, produit la coloration brune des feuilles d'automne; 2° le 
quercitrin, généralement pris pour du tannin dans tous les travaux publiés 
jusqu'à ce jour. 

h 

' M. le comte Jaubert demande à M. Chatin quelle est la substance 
qui colore en jaune les racines des il/ac/wm et des Morus. 

M. Chatin répond que cette coloration est très-probablement due 
à la présence d'une matière que M. Chevreill a désignée sous le 

nom de morine. 

M. Fermond demande à M. Chatin si la matière A, qui fait Tobjet 
de sa-communîcatîon, ne serait pas la matière anciennement connue 
sous le nom général à^extractif. 

M. Chatin répond que Vextractif des anciens pharmaciens est 
d'une composition complexe et variable, tandis que la matière en 
question est simple et partout identique. 

M. J. Gay fait à la Société la communication suivante : 



VOYAGE BOTANIQUE AU CAERNARVONSHIRE, D/gSS LE NORTH-WALES, FAIT EN AOUT 1862, 

EN VUE D'UNE ÉTUDE PAnnCULIÉRB 
DES ISOËTES DE CETTE CONTRÉE, par M. a. CïAY (1). 

IL 

r 

LaTalléc de Lîanberîs, sa situation» sa divisiouén vallée-haute et Vallée-basse, séparées par 
le Dolbadarn-Hill, ses montagnes y compris le Snowdon, ses anciens glaciers, sa géologie, 
son climat et sa végétation dans le fond du thalweg. 

Le 11 août 1862, je parlais de Paris à sept heures du matin, et, le lende- 
mam 12, à six heures du soir, j'arrivais à Bangor (à 236 milles de Londres) , 
après avoir couché à Londres, sans y rien voir qu'un bout de Hyde-Park, 
et sans avoir fait d'autre observation le long de ma inoute, si ce n'est que la 
moisson du Froment commençait à peine dans le Kent, au sud de Londres, 
lorsqu'elle était à Paris terminée depuis quinze jours. 



(1) Voyez plus haut, p. 270. 



320 * SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRÂ.NCE. 

Bangor esl un petit port de mer, situé à l'ouverture septentrionale du 
détroit de Menai, en face de Tîle d'Anglesey, a rextrémité occidentale de 
laquelle se trouve le port de Holyhead, où commence la ligne de vapeur qui 
conduit à la capitale de l'Irlande. C'est à Bangor que M. Babinglon m'attendait, 
après avoir fait, dans la même journée du 12 août, et grâce au chemin de fer 
(qui traverse le détroit de Menai au moyen du fameux pont tubulaire), fait, 
dis-je, une excursion à Holyhead, pour y cueillir entre diXxive^V Helianthemum 
Breweri Planch., qui a là et à Almwch, dans la même île d'Anglesey, ses 
deux seules localités connues. Il était accompagné du révérend W.-W. New- 
bould, de Turnham-Green près Londres, un auxiliaire très-utile dans l'ex- 
ploration projetée, vu que c'est un homme des plus versés dans les détails^ 
spécifiques de la botanique anglaise, quoiqu'il n'ait rien écrit, que je sache, 
sur la matière, ni, je croîs, travaillé à se former un herbier. 

Il n'y a qu'une huitaine de milles anglais (environ 12 kilomètres) de 
Bangor à Llanberis. Noitis nous y rendîmes tous les trois, le lendemain 13 
août, dans une voiture louée, en traversant par des chemins de campagne le 
terrain raontueux, peu cultivé et peu habité, qui sépare le littoral du groupe 
des montagnes du Snowdon. Dans ce trajet, nous rejoignîmes la route de 
poste qui conduit de Caernarvon à Capel-Curig (16 milles de distance) en 
suivant la vallée de Llanberis, par la rive gauche des deux lacs (1). En peu 
d'heures, nous fûmes rendus à notre destination par cette dernière route, et 
nous nous installâmes très-confortablement dans le Padarn-Yilla-Hotel, tenu 
par Richard Humphrey, un des trois principaux hôtels établis pour le service 
des touristes au hameau de Padarn-Villa, dans la moitié inférieure de la 
vallée de Llanberis, sur la rive gauche du Llyn-Padarn (llyn signifiant lac en 
gallois) et près de son extrémité supérieure. 

Nous voici dans le Caernarvonshire, chef-lieu Caernarvon (lat. Arvonia), 
un des cinq comtés du North-Wales (lat. Cambria septentrionalis). Le Llyn - 
Padarn, au bord duquel nous sommes arrivés, est un lac de forme oblongue, 
courant du nord-ouest au sud-est, mesurant 3 milles environ de longueur sur 
1 mille de largeur, et situé à 104 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il 
occupe tout le fond de la vallée, sauf une étroite lisière de la rive gauche, où se 
trouvent disséminés trois ou quatre hameaux, avec quelques rares cultures 



(1) C'est une route plus ou moins moderne, remplaçant une autre voie qui conduisait 
au Llanberis supérieur par les hauteurs du Llanberis inférieur, rive droite, aune dislance 
notable au-dessus du niveau du lac. C'est nécessairement par cette dernière route que 
DiUen et ses prédécesseurs, venant de Bangor ou de Caernarvon, auront pénétré au 
Llanberis supérieur. Cela est de quelque importance pour juger les localités que Dillen 
indique, et notamment celle du Pont-Wawr, dont il a été question plus haut, lequel 
devait se trouver à Textrémilé supérieure du Llyn-Peris. Il est même tvès-possible, si 
ce n*est probable, que DiUen aura borné son exploration au Llanberis supérieur, c'est-à- 
dire aux environs immédiats du chef-lieu paroissial, et qu'il n'aura pas même visité le 
Llanberis inférieur, c'çst-à-dire le bassin du Llyn-Padarn, alors impraticable et inhabité. 



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SÉANCE DU 22 MAI 1863. 321 

jardinières et quelques prairies plus ou moins marécageuses. Sur la rive droite, 
au contraire, la montagne s'abaisse directement dans le lac, et cette partie de 
la ceinture est complètement inhabitée , parce qu'elle n'est susceptible 
d'aucune culture. Le propriétaire d'une carrière d'ardoise voisine (l'immense 
carrière de Dinorwig) y a pourtant établi un chemin de fer qui sert à 
l'exportation de ses produits, qu'il transporte ainsi, à très-peu de frais, 
jusqu'au détroit de Menai (1). Une autre carrière d'ardoise, moins importante 
quoique déjà considérable, la carrière de Glyn, se trouve sur l'autre rive, 
près du hameau de Frondeg. Toutes deux dépensent beaucoup de poudre 
pour faire sauter la roche à exploiter, et tous les jours, à intervalles souvent 
rapprochés, il en résulte des détonations formidables, capables d'effrayer les 
nouveaux arrivés au Padarn-Villa-Hotel ; car ces étrangers, non prévenus, 
pourraient se croire exposés entre les batteries tonnantes de deux années 

F 

ennemies en présence. 

Au delà de Padarn-Villa-Hotel, où nous sommes descendus, la vallée est 
tout à coup barrée par une colline transversale, nommée Dolbadarn-HiU^ 
sur laquelle se trouve une tour eu ruines {Dolbadarn-Castle] dont on fait 
remonter la construction au vi^ siècle. Derrière ce rempart, la vallée se con- 
tinue en ligne droite, pour aboutir, à quelques milles plus loin, en se rétré- 
cissant de plus en plus, et aussi en élevant de plus en plus son niveau, à un 
faîte d'où la route descend plus ou moins gradueUement, à gauche sur la 
petite ville de Capel-Curig, à droite sur celle de Beddgelert, qui sont l'une 
et l'autre en dehors du domaine que je me suis promis d'explorer. Le point 
culminant dont je viens de parler a, dit-on, environ 304 mètres (1000 pieds 
anglais) d'altitude. La gorge très-sauvage qui y conduit est connue sous le 
nom de Pass ofLlanberîs (2). Plus bas est le village de Llanberis, clief-lieu 
de la vallée, avec son église paroissiale, où le service religieux anglican se 
fait en gallois (dans la partie inférieure de la vallée, dont j'ai parlé dans le 
paragraphe précédent, il y a trois chapelles dissidentes où le culte se fait en 
anglais). A 1 raille au-dessous du village commence le Llyn-Pcris, lac de moitié 
moins long que le Llyn-Padarn, qui couvre la totalité du thalweg et qui se 
décharge dans ce dernier lac au moyen d'un court cariai naturel, ouvert entre 
le Dolbadarn-Hill et la carrière de Dinorwig. Il n'y a aucune culture agricole 
dans cette partie supérieure de la vallée, pas plus que dans l'inférieure. 

Très-peu de chose est le relief des montagnes qui encaissent la vallée infé- 



(1) M. Ashton-Smith est le créateur de ce vaste établissement industriel, qui a 
récemment passé, par héritage, dans les mains de M. Duff, son neveu, un jeune homme 
de vingt ans. 

(2) Ce nom est même quelquefois étendu à la vallée tout entière, haute et basse, 
comprenant les deux lacs; ainsi dans la jolie vignette mise en tête de Ramsay's Old 
Glaciers of Switzerland and iVor//i-WaJe5, London, 1860, in-1 2, charmante gravure 

qui, par parenthèse, donne une idée fort exacte de l'aspect du pays que j'ai visité. 



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322 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

rieure, tant à Touest da côté de Nant-Cwellyn, qu'à l'est du côté de Nant- 

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Francon, les deux vallées parallèles les plus voisines, la dernière également 
très-riche en ardoises exploitées. La montagne s'élève de part et d'autre en 
pente douce, quoique çà et là très-accidentée , couverte de prairies ou de 
pâturages jusqu'à 200 ou 250 mètres, partout où le permet la nature très- 
rocailleuse du terrain. C'est dans cette zone inférieure que, dans des métairies 
clair-semées, sont entretenues, sur la rive gauche du Llyn-Padarn, un certain 
nombre de vaches, destinées seulement à fournir aux habitants le lait et le 
beurre dont ils ont besoin, le fromage n'étant point ici un objet de fabrication. 
De l'autre côté du lac, on aperçoit vers le sommet de cette même zone un 
grand nombre de petites maisons blanches, éparpillées sur la pente d^la 
montagne et qui servent de logement à une'partîe de la nombreuse population 
ouvrière de la carrière de Dinorwig, dont une autre partie non moins consi- 
dérable est transportée tous les soirs hors de la vallée au moyen du chemin de 
fer dont j'ai déjà parlé, pour être ramenée le lendemain à ses ateliers par la 
même voie. Telle est, sur les deux rives du lac, jusqu'à 200 ou 250 mètres 
au-dessus de son niveau, l'aspect général de la montagne. Immédiatement 
après vient le désert, inhabité, inhabitable, qui s'étend jusqu'aux derniers 
sommets de la montagne, sommets qui paraissent former un plateau maré- 
cageux de 1100 à 1300 pieds (335-WO mètres) d'altitude. 

Tout autre est la vallée supérieure , plus étroitement encaissée par des 
montagnes plus élevées, plus déchirées et plus abruptes; gorge étroite et sau- 
vage, où il ne se trouve guère d'autres habitations que celles du village parois- 
sial peu populeux de Llanberis (1). A droite s'élève le massif imposant du 
Snowdon, creusé et raviné de mille manières, dont les ravins sont autant de 
puits ou de cirques, séparés par des pitons d'aspect formidable, le tout for- 
mant un affreux dédale, au travers duquel circulent quelques rares sentiers, 
abrupts et dangereux, au moins ceux qui y donnent accès du côté du village 
de Llanberis et de Beddgelert. Il y a donc plusieurs pitons dans ce groupe. 
Le plus élevé et le plus central se nomme Y-Wyddfa, et il a 3571 pieds 
d'altitude absolue, d'après les cartes anglaises, c'est-à-dire 1088 mètres (2), ce 
qui fait 984 m. au-dessus du Llyn-Padarn. C'est hh m. de plus que le village 
du Mont-Dpre et 247 m. de moins que le plateau de l'Aubrac (voy. mon 



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(i) La paroisse entière de Llanberis, comprenant les deux fractions de la vallée, haute 
et basse, ne compte guère que 1000 âmes de population, y compris 500 ouvriers delà 
carrière de Dinorwig, fixés à demeure dans le voisinage, 500 sur environ 2700 que la 
carrière emploie habituellement. 

(2) C'est la plus haute montagne du Caernarvonshire, après laquelle viennent le 
Caraedd-Uewellyn avec 3469 p., le Car-David avec 3427 p., le Shabod avec 2878 p-, 
le Craîggoch avec 2859 p., le Cnict avec 2214 p., etc. (d'après la carte du Norlh-Wales, 
^ une feuUle, de J. et C. Walker). — Le Ben-Nevis, dans les Grampians d'Ecosse, 
mesure 1325 mètres d'altitude, d'après If^witioire dii Bureau des longitudes; il est donc 
de 237 mètres plus élevé que le Snowdon. 



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SÉANCE DU 22 MAI 1863, 323 



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Excm^sîon bot. à VAubrac, etc., ami. 1861). Donc ce serait une taupinière 
pour tout habitant des Alpes et des Pyrénées, même pour ceux du centre de 
la France; mais c'est le géant du pays de Galles et peut-être de l'Angleterre 
entière, un géant dont le panorama attire tous les ans des milliers de touristes, 
pour le service desquels plusieurs marchands de comestibles se sont établis au 
sommet du cône terminal, où ils bivouaquent au milieu des brouillards et des 
frimats depuis le 15 mai, époque de la fonte des neiges, juscju'au 15 octobre, 
lorsque les neiges commencent à reprendre possession de la montagne, ce' qui 
indique que le cône terminal du Snowdon n^est libre de neige que pendant 
les six mois d'été. — Tel est le côté occidental de la vallée supérieure de 
Llanberis. A l'est et en face du Snowdon est un autre groupe, sensiblement 
moins élevé et moins déchiré, dont Y-Glyder-Fawr paraît être le sommet le 
plus élevé avec 3000 pieds environ d'altitude (contre 3571 qu'aie Snowdon) 
d'après Black (/^i'c/wre5^W(?-Gîa'c?(?, Q*" édit., Edinburgh, 1859). Un des lacs 
les plus élevés de ce groupe, le Llyn-y-Gwn , dont j'aurai à parler plus tard, 

-r 

est estimé avoir 2100 pieds, soit 6ZiO m. au-dessus du niveau de la mer. 

La constitution géologique de cette contrée est des plus intéressantes. On a 
pu voir par ce qui précède combien le schiste y est abondant. Or, les terrains 
schisteux du Caernarvonshire appartiennent géologiquement à l'époque la 
plus ancienne des terrains stratiliés. MM. Sedgwick et Murchîson les ont intro- 
duits, comme types, dans la classification, sous le nom de terrains silurîeii 
et cambrîen. Ce sont essentiellement des schistes argileux, associés à quel- 
ques autres roches de caractères minéralogiques très-variés (même du quartz 
en rognons que l'on rencontre accidentellement dans la montagne, et qu'à 

t. 

cause de son éclatante blancheur autant qu'à cause de sa rareté, on transporte 
souvent h la plaine pour Tornement des portes d'entrée dans les cours et les 
maisons). Leur composition générale est Talumine et îa silice avec un peu de 
chaux et seulement des traces de magnésie. Les débris organiques renfermés 
dans ces terrains consistent principalement en coquilles, qui peuvent êtt^e 

rapportées au genre Producta. On n'y trouve aucun fossile provenant du 
règne végétal. Le sommet du mont Snowdon est formé d'une masse de 
porphyre feldspathîque d'origine ignée, accompagnée de diverses roches 
métamorphiques et enclavée au miUeu des. terrains schisteux qui forment 
d'ailleurs tout le corps de la montagne. Ces détails géologiques sont extraits 
de Delabèche's Manual of geology^ traduit de Tanglais par Brochant de 
Villiers sur la deuxième édition. Paris, 1833, 10*^ section, p. 566). 

La vallée de Llanberis n'est pas moins remarquable comme siège d'anciens 
glaciers, qui ont jadis rempli toute la vallée jusqu'à l'issue du lac Padarn et 
jusqu'à une certaine hauteur sur les flancs des montagnes, glaciers qui ayant 
disparu peut-être avec le commencement de notre époque quaternaire, ont 
laissé après eux tout ce qui accompagne ailleurs le mouvement des glaciers : 
moraines, roches moutonnées, stries d'érosion et de frottement, etc. Ce 



324 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

phénomène a été particulièrement mis en lumière pour les trois vallées 
parallèles de Cwellyn, LIanberis et Nant-Francon, par M. Ramsay, un des 
directeurs du Geological Snrvey de la Grande-Bretagne, à qui je dois aussi 
tcmtes les altitudes approximatives dont j'aurai à faire usage dans la suite de 
cette relation, Voy. son livre : Old Glaciers of Switzerland and ISorth- 
Wales (London, 1860, in-12, avec cartes et nombreuses vignettes), que j'ai 

déjà cité plus haut. 

Le climat de LIanberis est moins régi par l'altitude, qui est insignifiante, 
que par la latitude qui est de 53°, 45' (4**, 55' au nord de Paris; 8^ 15' 
au nord du Puy-de-Sancy) et par le voisinage de la mer, qui amène de fré- 
quents brouillards, dont les montagnes sont habituellement enveloppées, ce 
qui devient une cause de fraîcheur et d'humidité, en même temps que cela 
réduit considérablement le nombre des jours de l'année où les touristes, qui 

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arrivent ici par milliers, peuvent effectuer l'ascension du Snowdon par yn 
temps parfaitement clair. Le climat est donc ici sensiblement plus froid qu'à 
Paris ou à Londres, et c'est sans doute pour cela que je n'ai vu à LIanberis 
ni céréales cultivées, ni arbres fruitiers d'aucune sorte (les arbres fruitiers 
manquent aussi au Mont-Dore, mais là c'est au-dessus de 1200 mètres, et 
on y cultive encore le Seigle, l'Avoine, TOrge et le Sarrasin). 

J'ai dû commencer ma relation par la topographie des lieux, par leurs 

altitudes, leur constitution géologique et leur climat. J'arrive maintenant à la 

flore du pays, telle qu'elle ressort de cette quadruple influence, et telle que 

j'ai pu la connaître après quinze ours d'exploration (du 13 au 27 août 

. inclusivement) . 

De même que les herbes ségétales, la plupart des arbres de nos plaines ou 
de nos cultures les plus vulgaires manquent absolument dans le bassin de 
LIanberis; j'ai déjà nommé les arbres fruitiers. Il en de même du Marronier- 
d'Inde, du Tilleul et des Conifères, car je ne puis compter comme indigènes 
ou même comme naturalisés quelques rares individus du Ptnus silvestris que 
j'ai vus dans l'enceinte murée des héritages, sur la rive gauche du Llyn- 
Padarn. Le Bouleau {Betula alba) est dans le même cas, car les quelques 
sujets bien venus que j*aî vus de cette espèce étaient tous séquestrés dans un 
enclos. 

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La colline de Dolbadarn, qui coupe transversalement la vallée dans toute sa 
largeur, à quelques pas de Padarn-Yilla-Hotel, est aujourd'hui couverte d'une 
véritable forêt, composée en majeure partie de Mélèze avec mélapge de Hêtre, 
de Chêne, de Frêne, d'Ormeau lUlmus monfana Smith), de Bouleau, 
d'IivAne [Alnus glutinosa) et de Sorbier- des-oiseleurs; mais cette forêt est 
tout artificielle. Elle a été plantée de mémoire d'homme par le propriétaire 
de la carrière de Dinorwig, à qui le terrain appartient, et, de toutes les 
essences dont elle se compose, les deux dernières sont les seules que j'estime 
indigènes pour les avoir vues ailleurs dans des conditions où elles ne pouvaient 



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SÉANCE DU 22 MAI 1863; 325 



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pas avoir été plantées de main d'homme. Le Mélèze (d'ailleurs reconnu comme 
complètement étranger aux îles Britanniques) dissimule même ici très-mal son 
origine étrangère, car il est de petite taille, son feuillage jaunissant semble 
annoncer le malaise, et, ce qui est plus caractéristique, il ne donne point de 
graines propres à la germination, ce qu'au reste on observe partout où il n'est 
pas indigène et notamment dans les vastes plantations de cette espèce, que 
M. le comte de Rambuteau a créées dans sa terre du même nom près la 
Clayette, dans le pays granitique du Charollais. — Aux deux arbres que j'ai 
reconnus tout à l'heure comme indigènes, je dois ajouter le plus noble de 
tous, le Chêne [Quercus sessiliflora) , qui existe en taillis sur la rive gauche 
du lac, près du hameau de Frondeg, et qui forme une forêt continue considé- 
rable, forêt non taillée , sur la rive droite du lac, près de son extrémité supé- 
rieure. L'arbre est ^à mal venu et de petite taille, maïs il prend ailleurs de 
belles proportions, là où il est isolé, protégé et soigné. Deux autres arbres 
encore peuvent compter parmi les indigènes : ce sont les llex Aquifolium et 
Acer PseudoplatanuSj dont on rencontre par-ci par-là quelques sujets isolés. 

Telle est la flore forestière de Llanberis, pauvre, mesquine et confinée au 
fond de la vallée. A 100 mètres au-dessus de la surface du lac, plus un seul 
arbre, plus d'ombre : c'est l'âpre nudité de montagnes pelées, désertes, 
et malheureusement stériles pour le botaniste, comme on le verra plus loin. 

Les arbustes ne sont guère plus nombreux que les arbres. Au fond de la 
vallée et en faisant le tour du Llyn-Padarn, j'ai cueilli: Prunus sptnosaL.^ 
Rosa tomentosa Sm. , R, pimpinellifolia DC. , Ruhus pyramidalis Bab. ! et 
Rubus incurvatus Bab. ! (ces deux derniers garantis sur place par l'auteur 
lui-même, qui me les livrait fraternellement de la main à la main). — J'y aï 
u, sans les cueillir, quelques Salix{^^um lesquels manquaient aS. pentandra 
et même S, alba), Corylus Avellana, Myrica Gale, Calluna Erica, Erica 
cinerea et TetraliXy Lonîcera Periclymenum, Cratœgus Oxyacantha^ Rosa 
canina, Rubus idœus, et plusieurs autres congénères, indépendamment des 
deux que j'ai nommés plus haut. — Je n'y ai point remarqué le vulgaire 
Ligustrum vulgare de notre France, qui paraît ne se trouver en Angleterre 
que dans les comtés les plus méridionaux. 

Un dernier arbuste à citer, c'est VUlex Gallii? Planch., dont j'ai re